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 High & Dry (Mathias & Abraham)

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Abraham Van Helsing
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Message(#) Sujet: High & Dry (Mathias & Abraham) Lun 7 Aoû - 12:44

High & Dry
Mathias & Abraham.
Ce n’était un secret pour personne que le fils du grand Morgan Calloway s’était totalement dévoyé, et s’adonnait à la débauche la plus éhontée, fréquentant les bordels et les fumeries d’opium bien plus souvent que les gymnases et les bibliothèques. Némo s’inquiétait de le voir se détourner de la Ligue auquel il avait prêté serment, et craignait qu’il ne tombe dans d’obscurs travers. Ou pire, qu’on ne le retrouve dans une situation... irrémédiable, comme la mort, noyé dans son vomi dans une arrière-salle de fumerie sombre et repoussante, les poches vidées par des petites mains avides. Au point que le chef de la Ligue lui-même m'avait mandaté pour le remettre dans le droit chemin après trop d'incartades.

Je connaissais le fils Calloway de loin, le croisais au sein de la Ligue de temps à autres, et surtout, j'entendais les bruits de couloir racontant ses derniers exploits, et ses faits d'armes dans tous les lieux de débauche. A entendre cela, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'un tel comportement cachait une raison bien éloignée de la simple jouissance de tous les plaisirs les plus interdits qu'offrait notre bonne vieille ville de Londres. Il m'intriguait, et m'attristait en même temps, et quelque chose me poussait vers lui, me poussait à l'aider, ou à tenter de comprendre son comportement. Bien que d'ordinaire, jouer les nanny était fort éloigné de mes attributions. Mais si la Ligue l'exigeait...

Une fois rentré, Jenkins m’avait préparé un bain et je m’y plonge avec un soupir de satisfaction. Je prends alors la liste des endroits qu'il fréquente, obtenue grâce à Morgan, et soupire de nouveau, mais de lassitude. « Le jardin céleste », « Le repaire des amazones », « L’antre de tous les plaisirs »… et encore, je n’en suis qu’en haut de la liste. Mon dieu que ces gens manquaient d’imagination et de créativité… ça en était presque risible. Je replie la feuille et la repose sur le guéridon, avant de ferme les yeux et savourer mon bain. Hélas je ne peux m’attarder trop longtemps, et à peine un quart d’heure plus tard Jenkins m’apporte une tenue de ville sobre et pratique pour aller faire une visite des plus dépaysante et bucolique des lieux les plus charmants de Londres. Je m’habille rapidement et descends dans la cour où mon majordome a attelé Molly, dont je flatte l’encolure avant de me hisser vers le siège du cocher.

Voilà notre itinéraire pour la soirée. Ce soir nous nous encanaillons mon cher…

J’entends Jenkins rire. Lui comme moi sommes de vieux garçons tranquilles, qui, si nous n’avons pas peur du danger, ne sommes pas intéressés par les cabarets ou autres formes de débauche. Même si je me doute bien de ce que mon majordome peut faire pendant son soir de repos. Les rues défilent lentement alors que j’allume ma pipe, et des volutes de fumée bleue et épicée volettent mollement avant de sortir par la fenêtre. Bientôt nous nous arrêtons. Premier haut lieu de divertissement londonien, d’après les rumeurs. Je descends de voiture, et un gorille m’ouvre la porte après m’avoir rapidement examiné.

L’établissement, à ma grande surprise, est d’un raffinement certain. Nous sommes loin du bouge infâme que j’avais imaginé. Enfin, nous n’en sommes qu’au premier après tout. Une femme en corset, jupe bien trop courte et bas se tient à un comptoir, à l’entrée. Je m’adresse à elle, demandant si Mathias Calloway est là, mais elle répond qu’elle ne l’a pas vu depuis plusieurs jours. Eh bien, s’il est aussi bien connu dans tous les bouges de la capitale, ma chasse ne devrait pas être si longue après tout. Avant de quitter les lieux, je remarque au moins deux patients fortunés dans la semi pénombre.

Deuxième et troisième halte : infructueuses. Petit à petit il semblerait que nous baissons dans la qualité des établissements. Cela fait plus d’une heure que j’erre dans les rues de Londres, et le nom suivant est « La perle du matin » sur les docks. Je vois se dessiner un repaire de marins… Et mes impressions ne sont pas déçues. J’entre dans le bouge, car je ne peux employer de meilleur qualificatif, et suis pris d’un haut le cœur en sentant l’odeur nauséabonde qui émane des lieux. Je vois quelque chose bouger non loin de là, et j’espère sincèrement que c’est un rat plutôt qu’un cafard. Je demande encore une fois si ce cher Mathias est dans la maisonnée ce soir, et par chance, le barman me désigne le fond de la pièce, que je ne vois pas à cause de la fumée. Je lui glisse une couronne, avant de m’avancer dans la direction indiquée. Ce cher fils prodigue est là, saoul comme un polonais, une femme de peu de vertu à chaque bras, qui sont dans le même état que lui.

Mathias ? On m’a envoyé vous chercher. Je crois que vous avez éclusé bien assez pintes pour cette nuit… Mesdames, je vous serai gré d’aller tenter votre chance auprès d’autres clients plus disposés…

Je leur donne une couronne à chacune, et me penche vers celui à sauver, et commence à tenter de le soulever pour le ramener dans la berline.
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Lun 7 Aoû - 14:35

High&Dry
Abraham & Mathias
Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Les secondes se pulvérisent et se font souvenirs alors que cul-sec, je descends un énième verre de whisky, dont la brûlure caractéristique du breuvage bas-de-gamme m'arrache un soupir brûlant et une grimace qui fait rire les deux femmes à mes bras. D'elles, j'obtiens désormais quelques roucoulements chauds à mes oreilles au lieu des caresses et baisers qui jusque-là me faisaient frissonner et aidaient mon imagination à former dans mon esprit les prémices d'un plaisir charnel à venir. Sur ma langue déjà, je goûtais leur peau et lèvres tandis que sous mes vêtements se perdaient encore leurs mains avides non pas de mon corps mais de l'argent qui quelque part dans mon costume dort et attend son heure pour tomber dans la paume de celles qui pour l'instant prétendent ne vouloir que ma délicieuse personne. L'idée m'arrache un sourire qu'il m'est compliqué de conserver. Enivré je suis mais idiot je n'ai jamais été. Je sais que pour ses femmes, je ne suis rien plus qu'un client qui fréquente bien trop leurs lits. Je suis Mathias Calloway, l'hériter perdu qui cherche à s'abimer dans le genre d'établissements qui jamais n'auront à craindre la colère d'un père, qui plus d'une fois a débarqué dans des bars et fumeries pour tenter de l'arracher aux griffes d'addictions que le fruit de ses entrailles collectionne avec bien trop de passion. Voilà ce que je suis au fond, un être décharné, trop maigre pour son âge et son milieu social, qui laisse la crasse recouvrir sa peau et qui creuse un peu plus les cernes sous ses yeux. Je suis devenu avec le temps ce vampire moderne, cet esthète qui au lieu de chercher une raison à son existence, brûle un peu plus chaque nuits la chandelle par les deux bouts, non pas par envie de mourir mais par désir de se couper à jamais de toutes ses obligations. Pour la Londres nocturnes et friandes de rumeurs, je ne suis plus que ça. Un rien. L'ombre d'un jeune homme qui autrefois fut le joli coeur que tout Londres aimait entendre jouer aux soirées mondaines. De lui, de celui qui avait un sourire enjôleur pour tout ceux qui prenait un instant pour croiser son regard, il n'en reste désormais rien… Ou plutôt, il ne reste que moi, celui qui s'enivre, qui boit pour tuer en lui doutes et angoisses.

"Mathias… Chéri… Tu nous délaisses." ronronne une voix à mon oreille alors qu'une paire de lèvres se referme un peu plus sur ma gorge, s'affairant sûrement à faire naitre sur ma gorge un énième suçon, une autre marque d'affection qui rejoindront celles sur ma peau déjà constellé de traces bleutées.

"Laisse, il doit penser à une autre… Tu le connais. Il prétend nous aimer mais tant qu'il n'est pas entre nos cuisses… Nous n'existions pas."


Agacé, et grandement imbibé, je retrousse les lèvres et dévoile la pointe de mes canines tandis que sous la jupe de l'une des impudentes, je glisse plus franchement mes doigts, effleurant ainsi sans peine et sans honte le delta d'entre ses cuisses, lui arrachant de ce fait un soupir de plaisir qui fait s'emballer mon coeur et bouillir mon sang. Pour ma main, je la sens s'émouvoir et réclamer plus, pressant d'une manière bien impatiente ses hanches contre mes doigts, qui lentement, délicatement, caressent et jouent avec son plaisir. Un ronronne m'échappe quand mes dents trouvent la chair pulpeuse de ses lèvres carmins tandis que sa jumelle se prête au jeu, mordillant ma nuque là où sa main trouve mon entrejambe que si habillement elle masse au travers de mon pantalon.

"Un dernier verre et nous montons. J'en ai assez de me rincer avec un alcool qui peine à me souler."

Un rire tinte à mes oreilles, qui rapidement est suivi de mots aigre-doux.

"Tu l'es déjà… Tu marmonnes plus que tu ne parles Matouchka."

Un sourire m'échappe, faible et sûrement peu agréable à observer à cause de l'alcool qui remplace le sang dans mes veines. Vers elle je tente de me tourner, cherchant à cueillir de mes lèvres les siennes, en vain jusqu'à ce que sa main ne vienne m'aider. Sans peine, je clos les yeux et glisse ma langue entre sa lippe pour mieux trouver la sienne tandis qu'au loin je repousse toutes pensées désagréables, laissant ainsi le bourdonnement de l'alcool faire son oeuvre et distiller dans mon esprit fatigué un simple besoin, celui de se sentir aimé par des femmes que je paye une misère. Je pourrais m'offrir mieux, mais mes fonds s'épuisent et rentrer à la maison est une chose que je ne peux plus me permettre. Père m'ayant mis dehors, ma fierté m'interdit de revenir ramper à ses pieds pour un peu d'argent et le droit de laver la chemise que je porte depuis une semaine déjà. De plus, si l'odeur était désagréable il y a quelques jours, aujourd'hui je fais avec, glissant mon nez non pas dans le col de ma chemise mais le décolleté de mes compagnes, appréciant ainsi non pas l'odeur de ma propre sueur mais celle d'un délicat mélange de whisky et de sel marin. Un soupir m'échappe et ce fait le dernier de cette soirée, alors que d'entre le nuage de fumée, une voix, puis une silhouette vient déranger l'heureux ménage à trois que nous formions depuis de longues minutes déjà.

Difficilement, et avec une peine qui n'appartient qu'aux hommes ivre, je relève le nez vers l'homme vêtu comme un corbeau, qui dans un geste faussement généreux me déleste de mes princesses, qui une fois couronne entre les doigts s'échappent et me laissent avec l'étranger. Je grogne un peu en sentant ses mains puissantes se refermer sur le col de mon costume.

"On allait… Merde…"

Comme un animal je montre les dents alors que sur mes jambes tremblantes je me retrouve bientôt, car arraché à la douce étreinte du canapé dans lequel je m'adonnais aux préliminaires qui dans une des chambres à l'étage me mèneraient. Un puissant haut-le-coeur me saisit alors que je croise le regard de l'étranger peut-être légèrement familier. Je plisse les yeux, entrouvre les lèvres et ma bave un peu dessus pendant que je me défais de la prise du corbeau.

"Je… J'pas besoin qu'on vienne me chercher… J'vais nulle part." Je relève le menton en un geste de défi, chose que je regrette à l'instant même où dans le fond de ma gorge, je sens la brûlure du whisky qui remonte. "J'ai passé l'âge des remontrances et des inquiétudes… Je fais ce qui me plait, quand ça me chante. Et si c'est père qui vous envoie… Dites-lui d'aller baiser plutôt que de m'être sur le dos."

J'esquisse un geste maladroit et recule, me laissant à nouveau tomber dans le canapé pour chercher du bout de mes doigts mon verre de whisky, qui sur la table basse à mes côtés devrait se trouver.
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Abraham Van Helsing
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mar 3 Oct - 20:07

High & Dry
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La salle est bruyante. Les gens parlent fort, rient, s’interpellent d’un bout à l’autre de ce bouge qui se prétend au titre honorable de « taverne », au point que j’ai du mal à distinguer ma cible parmi cette cohue et ce vacarme. Cela fait quelques mois que je n’avais plus vu Mathias, et encore, avant cela, je l’avais à peine croisé lors de mes visites au siège de la Ligue, ou en allant rendre visite à son père, dans sa résidence. Qui aurait pu prédire qu’un enfant né avec de tels privilèges prendrait un tel plaisir, et un tel soin, à tout gâcher ? A persister de faire de sa vie une incarnation parfaite d’au moins deux péchés capitaux…

Je fronce les sourcils en le voyant, un sourire béat aux lèvres et le regard vide et embrumé d’alcool, deux filles de petite vertu assises sur ses genoux, le cajolant et le minaudant, n’attendant que le moment où il sera tellement ivre qu’il ne remarquera pas qu’elles lui feront les poches avant de l’abandonner là. En un seul morceau s’il a de la chance. Je me fraye un chemin entre cette fange de l’humanité pour arriver jusqu’à lui, évitant les cafards, les crachats, les morceaux de verre brisé et les ivrognes qui décuvent sur le sol en terre battue. Ravissant endroit, vraiment. Les deux demoiselles s’illustrent vraiment par leur volonté de bien faire, et leur application à la tâche. L’une d’elle a quasiment sa main dans le pantalon de mon nouveau protégé tandis que l’autre embrasse à pleine bouche le jeune homme. Et pendant ce temps Mathias n’a pas les mains dans ses poches, au sens propre du terme, mais les emploie à glisser sous des jupons à la propreté douteuse et dans des corsets rafistolés mille fois. Illustration frappante de la décadence de Londres.

Avec le calme qui me caractérise je suggère aux deux demoiselles de prendre congé, afin de me permettre de tirer Mathias d’ici au plus vite. Je les vois me contempler sans comprendre pendant une seconde, mais l’éclat des deux pièces que je pose sur la table en fait naître un nouveau dans leurs prunelles. Chacune attrape sa pièce, qui disparaît rapidement dans les méandres de leurs corsages sales avant de se lever et filer sans demander leur reste. Je me penche ensuite vers Mathias pour l’aider à se relever, et l’entraîner avec moi, mais ce dernier arrête mon geste et regimbe. Il me repousse violemment, ce qui me fait reculer d’un pas, tandis qu’il me tient le discours habituel de l’adolescent en pleine rébellion. Je l’écoute sans ciller, le laissant cracher sa haine de son paternel sans perdre mon calme. Après tout il m’en faut plus pour m’énerver. Beaucoup plus. Je le vois qui titube, le regard vague, et la colère au bord des lèvres. Ou le vomi. A savoir ce qui sortira le premier.

Mathias. Vous et moi faisons partie d'un ordre à qui l'on doit rendre des comptes. C'est pourquoi vos récents agissements les ont amenés à prendre certaines mesures. En l'occurence, m’occuper de vous. Vous rappeler vos obligations et vos devoirs. Quant à ces jeunes filles, j’ai payé plus pour les libérer de leurs attentions envers vous. Venez, je vous ramène chez moi, où nous pourrons discuter de façon plus paisible. Allons, venez. Contrairement à vous, j’ai un cours à huit heures à donner à l’université, et des patients à aller visiter. Nous nous expliquerons dans mon salon, pas ici.

Il persiste à vouloir me tenir tête, à accuser son père. Les rapports entre eux ont l’air de s’être encore envenimés depuis les derniers échos que j'ai eus. Qu’importe. L’heure n’est plus à la cajolerie, et j’estime m’être montré bien assez patient. Je saisis Mathias par la manche de sa chemise jaunie de transpiration et maculée de taches, et je le force à me suivre, sous les regards amusés de la foule et des deux filles, qui se sont déjà mises en chasse d’autres pigeons.

Je savoure l’air frais une fois la porte de ce bouge franchi, et guide Mathias vers ma voiture, qui nous attend juste devant l’établissement. Je pousse plus ou moins le jeune homme à l’intérieur, malgré ses protestations. Il est ivre, et ses derniers entraînements datent d’il y a plusieurs mois. Il n’a aucun moyen de pouvoir me tenir tête, et d’envisager de me fausser compagnie. Sitôt la porte de la berline fermée, Jenkins siffle légèrement et Molly démarre de son petit trot tranquille, nous ramenant à la maison.

A partir de maintenant vous allez loger chez moi. Votre chambre est déjà prête et vos malles y ont été portées. Vous allez vous entraîner avec moi tous les jours, et tenter de vous tenir éloigné des maisons de plaisir ainsi que des fumeries d’opium. Aux yeux du monde, votre père vous a envoyé à l'étranger pour vous...remettre les idées en place, si l'on peut dire, et ainsi expliquer votre disparition des milieux mondains pendant quelques temps. Ce ne sera pas facile, ce ne sera pas agréable, mais j’espère qu’au bout du compte, vous estimerez quand même que j’ai eu raison de faire ce que j’ai fait, tout comme La Ligue. Vous pouvez me haïr, je n’en ai que faire, je ne suis pas là pour ça… Pour ce soir, vous irez vous coucher, et demain nous allons discuter de cela plus longuement, au calme…

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Ven 6 Oct - 18:18

High&Dry
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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Mes doigts ont à peine le temps de trouver le verre que je cherchais tant que le médecin insiste, venant me saisir par la manche après une longue tirade qui m'arrache au mieux un regard vide et au pire un léger retroussement de lèvres qui indique que de tout ça je ne retiens que son entêtement à vouloir me sortir d'une situation qui pour l'instant me convient parfaitement. Ce que je retiens de tout ça, c'est que je le déteste déjà, à vouloir me tirer de ce canapé par la manche comme l'on attire à soi un enfant récalcitrant, je le déteste pour vouloir faire le travail de mon père et je le déteste pour le voir ainsi calme dans un lieu qui créé normalement pour le commun des mortels un entêtement proche de la bêtise quand il s'agit d'assouvir ses plaisirs les plus primaires. Je hais le médecin parce qu'il est là, parce qu'il insiste et surtout, parce qu'il essaye de tirer ma carcasse de cet endroit. Pour toutes ça, toutes ces raisons je le hais et tente de me débattre quand à lui il me fait venir avec une facilité qui force non pas mon respect, mais ma colère.

"Vos cours ne sont pas mon problème…." Je crache à moitié alors qu'il commence déjà à me trainer hors de l'établissement. Je porte une main à son poignet et commence à y planter, ou du moins tenter, mes ongles crasseux dans sa chair pour le faire lâcher, en vain. "Je…" Il n'écoute pas. Il n'essaye même pas ou ne prétend. Il se contente de me trainer au travers de la fumée et des clients, me forçant à calquer mes pas aux siens comme si j'en étais capable au vu des litres de whisky que j'ai dû ingurgiter depuis le début de la semaine. Ainsi, difficilement je me retrouve à devoir le suivre, jusqu'à parvenir à l'extérieur, où l'air marin de cette fraîche nuit me fait presque venir aux lèvres un peu de bile. Je ravale tout dignement et d'un simple grognement je lui fais part de mon mécontentement quand il me pousse dans sa berline noire, sur le pas de laquelle je trébuche presque pour mieux m'écrouler sur la banquette de celle-ci. Difficilement, je me redresse et une fois convenablement installé pour mon état, je lui jette un regard mauvais comme l'enfer alors que nous nous mettons en route et qu'une fois de plus, il se permet de me faire la leçon, m'expliquant que pour les jours, semaines et sûrement mois, vu ce qu'il sous-entend, je vais devoir vivre chez lui et me plier à ses volontés comme si il était un père de substitution. L'idée m'arrache un rire amer qui devient un prélude, une esquisse de réponse à sa tirade.

"Vous pouvez exiger… J'en ferais rien. Absolument rien." Je dévoile mes dents en un rictus fatigué. "Je n'obéis plus aveuglément à n'importe qui. Je…." Je retiens un haut-le-coeur et soupire ensuite, me mettant à la recherche de mon étui à cigarettes. "Je me fous de vos ordres ou de qui vous envoie ou…" Autre relent de whisky, je serre les dents un instant avant de reprendre alors que sous mon regard terne, défile la ville. "... Du reste. Vous m'avez pour cette nuit parce que je suis littéralement incapable de me défendre ou de rentrer à pied." Je finis par trouver dans l'une de mes poches mon étui et tire de celui-ci une cigarette que je glisse au coin de mes lèvres. Le papier roulé colle sans peine à mes lèvres luisantes de bave et alors que je referme l'écrin en argent d'un geste sec, je marmonne à nouveau. "Pour ce soir, je me laisse conduire où bon vous semble. J'suis de toute façon à peine capable de fumer." J'attrape mes allumettes et en craque une pour allumer au bout de mes lèvres le tabac, non sans manquer une fois ou deux de me brûler le bout des doigts. "Mais demain." Je jette l'allumette par la fenêtre de la berline. "Demain je serais libre. Personne ne me dit quoi faire ou quand. J'suis grand, responsable et tout ce qui va avec." Je tire sur ma cigarette et laisse échapper une volute de fumée, chose que je regrette vu ma nausée. "Vous n'êtes ni mon père, ni...." Je tique un instant. "... Ni mon père. Donc vous n'avez aucun pouvoir sur moi." Je renifle dédaigneusement alors qu'un peu de cendres tombe sur mon pantalon. "En plus vous êtes juste humain. C'est pas comme si vous pouviez faire quoique ce soit contre moi."

Il peut. Il le fait en cet instant même. Mais alors que je détourne le regard pour observer la ville enveloppée dans son manteau de nuit, je tente de me convaincre en me mordillant le bout de mes doigts abîmés que je peux encore avec l'ascendant sur quelqu'un... Entre mon coeur et mes côtes, je sens ma magie ronronner et doucement s'éveiller, devenant une douce chaleur qui se répand dans mes veines. Je bats des cils un instant, laisse ma langue effleurer l'une des nombreuses cicatrices sur le bout de mes doigts et cherche en moi la force de lui exprimer ce qui m'empêche réellement de le suivre. J'aimerais lui dire la vérité, lui expliquer que je ne veux rien de ce qu'il m'offre car je n'en ai besoin, mais voilà, je reste muet, trop ivre et fatigué pour exprimer plus, comme si tout ce que je venais de lui cracher au visage étaient les seuls mots que je pouvais lui vomir ce soir. Alors, incapable de parler je me contente de soupirer et de fumer, le regard dans le loin et sur la langue un goût amer qui me fait grimacer tout le long de notre voyage. Et quand enfin, nous arrivons devant sa demeure et que la porte s'ouvre, je frisonne et murmure doucement.

"Je n'ai pas besoin d'aide."

Mensonge que cela.
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Abraham Van Helsing
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Ven 27 Oct - 20:51

High & Dry
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J’avais sillonné Londres à une heure aussi tardive pour me lancer dans une mission pour le moins fastidieuse, et fort peu intéressante. Allez remettre le fils d'un des membres les plus influents de la Ligue dans le droit chemin en le tirant du bordel dans lequel il s’était échoué, littéralement, pour le ramener chez moi, et l’avoir ainsi à l’œil pour sa remise sur pied. Je m’étais approché du premier rejeton des Calloway, et j’avais commencé à le relever pour l’emmener à l’extérieur, quand il avait tenté de me repousser. Et quand je dis tenté, c’était loin de définir sa maigre et maladroite tentative pour ôter mes mains de son bras, accompagnant le tout d’une invitation fort polie, à mon grand étonnement, de retourner d’où je venais et de m’occuper de mes propres affaires.

Enfin, si ce petit freluquet s’imaginait que j’allais renoncer aussi facilement au but que je m’étais fixé, il se trompait lourdement, et il sous-estimait grandement la ténacité d’Abraham Van Helsing. Il recommençait à regimber, de façon aussi hargneuse que possible vu les grammes d’alcool qu’il avait dans le sang, mais je mis rapidement un terme à ses jérémiades en l’emmenant à l’extérieur sans lui laisser le choix. D’ailleurs, vu la facilité avec laquelle j’étais arrivé à le mener dehors, j’avais pu constater que, soit il était vraiment grisé, soit il manquait terriblement d’exercice et d’entraînement, ou, chose la plus plausible, les deux en même temps. Je m’étais même demandé s’il avait vraiment tenté de résister…

Intérieurement, je souris en le ramenant à l’extérieur, en constatant les regards amusés et les réflexions qui ont fusé dans notre dos au spectacle du rejeton fortuné qui se fait presque traîner par l’oreille par son maître mécontent. Je le pousse dans la berline sombre et discrète, portant simplement les armoiries de ma famille en relief sur les portières, mais de la même couleur que l’ensemble, et referme la porte sur moi avant que Jenkins ne se mette en route pour rentrer. A peine installé, je suis surpris par sa réaction. D'emblée il m'annonce qu'il cède, mais uniquement pour cette nuit. Et uniquement parce qu'il est trop saoul pour envisager autre chose. Et sa façon de demeurer de glace, et de me promettre que rien de ce que je pourrais dire ou faire ne pourrait l'atteindre m'intrigue, me dérange et ne présage rien de bon.

Mathias, je n’ai pas de comptes à vous rendre. Votre avis m’importe peu, voire pas du tout. Et, quand à votre entraînement… le simple fait que j’ai pu vous tirer aussi facilement de ce bouge est une preuve plus que suffisante que vous avez perdu les bases les plus élémentaires. Un traqueur bien entraîné ne m’aurait même pas laissé approcher à moins de quelques mètres. Quant à leur utilité… savoir se défendre et être prêt à affronter toute circonstance est loin de ce qu’on pourrait appeler ‘’perdre leur temps’’. Comme je vous l'ai dit, c'est la Ligue qui m'a confié la mission de m'occuper de vous. Pour l’instant, je vais m’occuper d’appliquer les recommandations de Nemo, qui seront les seules que je vais suivre. Les vôtres… votre avis comptera quand vous aurez mérité qu’on le prenne en compte.

La voiture s’arrête devant la lourde grille, que Jenkins va rapidement ouvrir avant de reprendre les rênes et de ramener la voiture devant le perron. Je descends, et saisis son avant-bras pour l’aider à me rejoindre. Il ne manquerait plus que l’héritier se blesse en descendant d’un fiacre avant même que les choses sérieuses ne commencent pour lui. Il se retrouve enfin dans la cour, et je le laisse tanguer doucement jusqu'à la porte d'entrée, puis au hall doucement éclairé et dans lequel règne une chaleur agréable. Mon entrée n’est pas très spacieuse, mais est carrelée de noir et de blanc, et les murs recouverts de bois sombre. Un lustre éclaire une console surmontée d’un miroir, et d’une patère sur laquelle je suspends mon manteau et mon haut de forme, glissant ma canne dans le pot à parapluies. Je m’avance de quelques pas, et désigne la pièce d’un mouvement de la main.

Bienvenue chez moi. Vous êtes ici chez vous, le temps de votre entraînement. Je vais vous montrer votre chambre.

Je le reprends encore par le bras, le promenant comme une poupée de chiffon dans l’escalier de bois sombre recouvert d’un tapis persan, et l’emmène dans le couloir sur lequel s’ouvrent plusieurs portes. J’en ouvre une. Une des chambres d’amis, prête pour lui, dans laquelle ses deux énormes malles attendent déjà son bon vouloir.

Voici la chambre que vous allez occuper à partir de maintenant. C'est la vôtre, vous pourrez l'aménager comme bon vous semble, et y mettre vos effets personnels à votre convenance. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit. Nous nous retrouverons demain pour l'entraînement, et ensuite nous déjeunerons ensemble avant que je ne parte pour l'université. Ma chambre est la porte en face de la vôtre, s'il y a un souci. A demain Mathias.

Voilà. Il est à présent dans ma demeure, et le sort qui le retient ici a été mis en place à la seconde où il a franchi le portail donnant sur ma demeure. A partir de cet instant il est retenu ici. Il a accès à la maison et au jardin, rien de plus. C'est son père qui a conçu le sort, ce qui le rend d'une redoutable efficacité, car il a la mesure exacte des capacités et des talents de son cher héritier. Je referme la porte et redescends jusqu'à mon bureau. Je soupire. Les prochains jours qui s'annoncent vont être longs. Très longs.

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Ven 17 Nov - 21:32

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Abraham & Mathias
Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Le coeur au bord des lèvres, j'écoute à peine son sermon, laissant les mots se faire des sons que je ne tente pas de décrypter alors qu'exténué, je ravale tant bien que mal bile et colère pour me faire docile quand par le bras il m'attrape pour me tirer hors de sa berline. Un léger grognement m'échappe, et cigarette toujours au bout des doigts, je me laisse sans peine promener jusqu'à son perron,  ignorant en chemin son jardin tant je suis occupé à ruminer en silence une vengeance que je n'exécuterais surement jamais. Car si en cet instant, ma magie gronde et se fraye sous ma peau un chemin jusqu'au bout de mes doigts, je n'ai point la force de faire naitre quelque geste de rébellion que ce soit, préférant simplement laisser au médecin le droit de remporter sur moi cette bataille d'une nuit. C'est ainsi que sans peine, je me retrouve sur son perron, puis son hall d'entrée la porte une fois passée. Un simple soupir m'échappe quand la chaleur ambiante de sa demeure m'enveloppe et alors qu'il me lâche le temps de se dévêtir de son manteau, je m'adosse au mur le plus proche, laissant ainsi reposer sur celui-ci mon front brûlant. D'entre mes lèvres, il glisse une autre expiration avant que je ne ferme les yeux, oubliant ainsi de contempler ce que Van Helsing désigne comme ma nouvelle demeure le temps de mon séjour ici. Un sourire, ou plutôt un rictus fatigué fleurit sur mes lèvres alors que mollement, je tente de bredouiller quelques mots.

"Trop aimable."


Sans résister, je le laisse de nouveau m'emmener là où ça le chante, trainant des pieds alors qu'il tente de me faire monter un escalier. J'ai envie de râler, de lui faire remarquer qu'un canapé aurait suffit et que de toute façon je ne suis pas bien sûr d'avoir envie de m'allonger dans un lit qui n'est pas le mien une fois de plus, mais incapable d'aligner deux mots sans à moitié me baver sur le col, je préfère m'enfermer dans un mutisme pataud, acceptant ainsi sans peine et sans trop de crainte le sort qui m'est réservé ce soir. En d'autres circonstances, j'aurais été plus difficile à gérer et encore plus à supporter. J'aurais hurlé, fait une scène et crié à la mort de mes libertés. J'aurais peut-être déclaré que l'on cherchait à abuser de moi et par masochisme peut-être, j'aurais même osé sous-entendre que le médecin souhaitait simplement passer une nuit à mes côtés et avait ainsi mis en place mon enlèvement mais j'avoue que de tout ça, je suis incapable ce soir. Non, à cause de l'alcool dans mes veines et des opiacés qui embrument mon esprit, je ne suis rien de plus qu'une carcasse dont on dispose comme on l'entend, un sac d'os que le bon docteur abandonne finalement sur le pas de la porte d'une chambre qu'il indique être à la mienne. Un rire m'échappe, un regard fuse vers lui et d'un geste de la main lui fait comprendre le peut d'intérêt que je lui porte avant que ne se ferme derrière-moi la porte. Une fois seul, je sens s'abattre sur mes épaules déjà affaissées le poids d'un silence et d'une solitude que je ne suis pas sûr d'être en mesure de supporter. Ma gorge se serre et alors que mon regard se perd dans la couleur vive de couvre-drap du lit dans lequel je vais très certainement m'échouer, je porte à mes lèvres ma cigarette que je termine de fumer et dont les cendres tombent sur le tapis à mes pieds. Durant de longues minutes, je laisse ainsi le tabac se consumer et terminer d'encrasser mes poumons avant d'écraser ce qu'il reste du mégot sur la table de chevet non loin de moi. Lentement, je porte ensuite mes doigts à ma chemise et entreprend de lentement me dévêtir, laissant chuter au sol mes vêtements un à un, jusqu'à être complètement nu. Un frisson dévale mon échine et enfin, je me glisse sous les draps, m'enroulant dans ceux-ci en tremblant comme si j'étais transis de froid. La tête dans l'oreiller, mes dents claquent, ma magie susurre qu'elle pourrait mettre fin à tout ça et le coeur au bord des lèvres, je me retrouve à simplement prier que je ne vomirais pas dans la nuit, jusqu'à ce qu'enfin le sommeil vienne me réclamer.

Quand je m'éveille le lendemain, le soleil semble déjà haut dans le ciel. Pire, la journée elle-même semble être déjà passée sans moi et ma tête qui hier me semblait si légère est douloureuse au point qu'un gémissement proche d'un grognement m'échappe quand je tente une première fois de bouger. Pendant de longues minutes, je savoure malgré moi ma gueule de bois avant d'être capable de me redresser et d'enfin me glisser hors du lit. Je tente de m'étirer mais regrette ce geste à l'instant même où mes muscles se mettent à hurler, préférant ainsi m'enrouler dans mes draps avant de quitter la chambre. Une fois dans le couloir, je regarde un peu autour de moi, les yeux toujours à moitié clos alors que je commence à déambuler dans le couloir, passant devant de nombreuses portes sans jamais trouver âme qui vive dans la demeure. Je décide alors de descendre les escaliers, toujours nu sous mon draps, arrivant finalement jusquà ce qui semble être le salon, où je trouve le médecin, pipe aux lèvres et journal en mains, plus flegmatique que n'importe quel anglais de cette ville. Je me racle la gorge pour attirer son attention si ce n'est déjà fait et lui fait ainsi entendre ma voix encore rauque.

"Alors ce n'était pas un rêve." Je resserre un peu plus le linge blanc autour de mes maigres épaules. "Je veux rentrer chez moi." Pas vraiment. Disons que je veux partir de chez lui, pour le reste, je me déciderais en chemin. "Ordres ou pas, je ne resterais pas. Sans vouloir vous vexer, je suis assez grand pour me passer d'une nany qui va vérifier que je fais bien mes devoirs. Si quelqu'un à la Ligue n'est pas content, ils peuvent m'envoyer une lettre. Sans compter que bon... Vous ne pouvez rien contre moi. Vous êtes juste... Humain."

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mer 22 Nov - 18:14

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Le fils Calloway se laisse emmener, et promener, avec beaucoup plus de facilité que ce à quoi je m’attendais. Littéralement, c’est presque une poupée de chiffon, étourdi par l’alcool, titubant et les idées fort peu claires. Je l’emmène dans la chambre que j’ai fait préparer pour lui, une chambre spacieuse et confortable, dans laquelle brûle un bon feu de cheminée. J’espère, en lui proposant un cadre chaleureux et accueillant, le rendre un peu moins rétif à l'idée de demeurer sous mon toit, et tenter de faire en sorte qu’il se sente bien. Chose qui, visiblement, n’est pas quelque chose qu’il semble éprouver envers le manoir qui l’héberge.
Il m’écoute le regard vide, et concluant mes recommandations par un rire tellement plein de mépris que son acidité pourrait à elle seule ronger le tapis. C'est donc sur ce son rauque et discordant que je referme la porte après lui avoir souhaité une bonne nuit, regagnant ensuite ma propre chambre, me déshabillant et achevant de me préparer pour cette première nuit que mon peut-être protégé passe sous mon toit. Une fois dans mon lit, mon esprit vagabonde et repasse en détail la mission qui m'a été confiée. Aux yeux de tous, Mathias apparaît comme un incapable mais quelque chose dans son attitude, son comportement, m’ont fait penser qu’il n’était pas qu’un jeune aristocrate qui fait sa crise d’adolescence à rallonge. Très à rallonge. Après, il est fort possible que je me trompe, et que je ne rencontre qu’une personne creuse et dénuée d’intérêt, qui s’adonne au vice faute de mieux ou d’autre chose. Une incarnation du désoeuvrement et de la vacuité des héritiers riches... Mais il faut que j’en sois sûr. Sûr qu’il n’y a rien à sauver en lui, rien à faire.

C’est finalement au cours de ces réflexions que je finis par sombrer dans un sommeil lourd. Le lendemain, le réveil sonne pour moi aux aurores, et j’enfile ma tenue de sport avant de quitter ma chambre. J’ouvre doucement la porte voisine, mais en voyant Mathias si profondément endormi, je me dis que rien n’est précipité, et qu’au final, le laisser passer une vraie nuit de sommeil ne lui fera pas de mal. D’après les rumeurs, cela ferait des jours qu’il aurait quitté le manoir après une énième dispute avec son père, sans en repasser le seuil une seule fois, errant de bouge en fumerie, et de fumerie en bordel.

Je fais une demi-heure d’exercices de gymnastique avant de prendre une douche rapide et de vêtir ma tenue de ville avant de m'attabler pour le petit déjeuner. Toujours aucun signe de Mathias. Décidément. J’avale scones et porridge en lisant l’édition du matin du « Times », avant de partir donner mon cours. Deux heures plus tard je retourne à mon cabinet, enchaîne les consultations avant de déjeuner avec le directeur de la faculté de médecine. En retournant à mon bureau, début d’après-midi, toujours aucune nouvelle de Mathias. J’avais mandé Jenkins de venir me prévenir au réveil du jeune homme, mais il faut croire qu’il était littéralement entré en hibernation.
Je commence mes visites, qui sont heureusement peu nombreuses, et il n’est que dix-sept heures quand je rentre enfin chez moi. Tout est calme. Tout est là. Jenkins m’a prévenu, en venant me chercher, que notre invité n’a toujours pas quitté sa chambre. Pendant une seconde un doute m’assaille. Celui qu’il ait tellement bu qu’il soit tombé dans un coma éthylique. Comment expliquer le corps de l’héritier Calloway, ivre mort, dans mon lit ? Je serais tout juste bon pour faire mes valises et aller m’exiler à Calcutta ou à New-York… Et je crains que mon hindi soit quelque peu rouillé.
A peine entré, je grimpe à l’étage, mais des ronflements sonores me rassurent avant même que je n’aie besoin d’ouvrir la porte. Il est vivant. Je redescends pour ôter mon haut de forme et mon manteau, ranger ma canne, et je demande à Jenkins d’apporter le thé dans le salon. Je m’y installe, enlève mon veston et retrousse les manches de ma chemise pour être plus à l’aise, et relis quelques cours, plume en main, sur un léger fond de Wagner. Le tic-tac de l’horloge s’égrène lentement, les minutes, les quarts d’heures s’enchaînent et toujours aucune nouvelle de Mathias. Ayant fini mon travail, je me lance dans l'édition du soir du Times que je parcours en fumant ma pipe.
Je relève le nez quand j’entends enfin des pas descendre dans l’escalier, et je hausse un sourcil en remarquant sa tenue pour le moins...curieuse?

Une des règles ici est d'être toujours vêtu. Et quand je dis vêtu, je parle de porter de vrais vêtements sur le dos. L'époque romaine est terminée depuis longtemps vous savez? Installez-vous... nous avons des choses à nous dire maintenant que vous êtes réveillé...et dispos. Enfin d'une certaine manière.

Je lui désigne le fauteuil en face du sofa dans lequel je suis paisiblement installé et remplis une deuxième tasse de thé encore fumant.

Quoique vous décidiez, vous ne pouvez pas partir. Votre père est venu hier poser des scellés magiques qui vous contraignent à présent à rester dans l'enceinte de ma demeure, jardins compris, mais pas plus loin... Et quant à la Ligue... comme je vous l'ai expliqué hier, elle m'a confié la mission de m'occuper de vous. Vous semblez lancé dans une quête effrénée pour vous abîmer le plus rapidement possible dans le vice et dans la fange. Mais j’ai l’intuition que ce n’est pas par pur divertissement. Je pense que vous avez beaucoup de potentiel, mais qu’il est laissé en friche. Ce qui est regrettable. Je vous propose de vous aider. Vous aider à redonner du sens à votre vie. A en faire quelque chose de plus profond et de plus utile que d’écumer les lieux de débauche à Londres. Parce que je pense que vous méritez mieux. Malheureusement, la Ligue ne nous a pas laissé le choix. Je serai votre mentor, et vous serez mon protégé. Passons sur les termes de ''maître" et d' "élève", nous avons passé l'âge. Nous pouvons faire les choses simplement. Ou de la façon plus compliquée, qui va s'avérer beaucoup moins agréable et beaucoup plus longue... Reste à vous de décider comment vous souhaitez que les choses se passent... dans l'entente ou l'affrontement...

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Ven 24 Nov - 13:16

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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Je lève les yeux au ciel quand la première chose qu'il souligne est ma tenue qu'il semble trouver peu convenable, comme si c'était la chose la plus importante à régler alors que je me tiens devant lui, à l'insulter sans craindre son courroux. De simple humain je le traite et sans broncher, il accepte, ou ignore, je ne saurais dire, que je me montre aussi impertinent sous son toit, moi qui ne porte en cet instant qu'un draps et ma crasse sur les épaules. Ainsi, agacé par son flegme et sa capacité à ne pas me répondre, je me laisse donc tomber dans le fauteuil qu'il m'offrait, ne m'autorisant qu'un soupir tandis que pour ma personne, le médecin emplit une tasse d'un thé aux arômes de bergamote qui de bon matin fait monter à mes lèvres mon coeur. D'une moue je refuse la tasse que je prends tout de même entre mes doigts encore un peu gourds, et alors que ce cher Van Helsing commence à m'abreuver de sa leçon de moral, j'avoue me fermer et me renfermer à chacun des mots qui traversent ses lèvres et qui m'atteignent plus que je ne voudrais jamais l'admettre. Pour la vérité qu'il soulève, je détourne le regard et serre les dents, toujours incapable d'entendre ce que mon père me hurlait il y a quelques soirs déjà. Lui non plus ne comprend pas. Lui aussi pense des choses qui ne sont pas. Il croit voir en moi un potentiel que je n'ai pas et comme tout le monde, il se méprend sur la nature de mes actes. Il pense qu'il y a quelque chez moi qui mérite d'être sauvé, comme beaucoup il pense que je ne fais que fuir, que me cacher derrière l'opium et l'alcool pour oublier cette vie que je devrais mener. Comme trop, il pense me comprendre et connaitre la moindre de mes pulsions, comme si j'étais un être aisé à décrypter. Par ses mots, je comprends son erreur et son arrogance, à croire qu'il y a en moi encore un espoir, une chance qu'il faut saisir et un jeune homme qu'il faut simplement prendre par la main. Il n'est qu'un idiot de plus, qui se persuade que j'ai envie que l'on m'aide et que l'on prenne soin de moi, sans voir ou penser un seul instant que j'ai choisi de me détruire. Qu'à force de me contempler dans le miroir et d'en voir le reflet d'un être anormal, j'ai pris cette décision d'abimer ce corps qui n'est pas le mien et de tuer ce Mathias que je hais tant. Cet enfant qui n'a jamais été libre d'être ce qu'il voulait et qui passivement, comme une victime répugnante a laissé son père lui dicter pensées et gestes, comme si il n'était rien de plus qu'un amas de chair, une carcasse dont l'on dispose comme on l'entend. Et le médecin est comme les autres. Il se persuade que l'on peut faire quelque chose de moi et qu'une simple menace suffit à me faire rentrer dans le droit chemin. Chose qui m'arrache un rire méprisant et un rictus plus que mauvais.

"Vous êtes pathétique."

Voilà tout ce qui m'échappe alors que d'un mouvement gracieux du poignet, je laisse tomber au sol ma tasse de thé, qui sans peine se déverse sur le plancher et se brise même, répandant ainsi au sol des fragments de porcelaine qui rapidement se mêlent au liquide encore chaud.

"Vous pensez sincèrement être le premier à me menacer, à me dire que je vais devoir être forcé de faire ce que je n'ai pas envie de faire ? Pitié. Vous passez après mon père qui pendant des années à fait de moi son gentil chien qui donne la patte quand il siffle. La Ligue vous charge de me remettre dans le droit chemin ? Je n'en ai pas envie et je ne ferais rien qui puisse leur faire plaisir. Et si c'est ma vie qui est en jeu, eh bien soit. Je n'y suis de toute façon pas attaché, et si comme vous dites, je me laisse aller aux pires des vices, c'est par choix, et non par simple fainéantise."

Il ne mérite rien de mon comportement qui devrait m'attirer coups et blessures mais c'est un mal nécessaire que je lui inflige, afin qu'il comprenne qu'il n'y a rien à sauver chez moi et qu'il trop tard pour perdre son temps à vouloir me tirer de la spirale destructrice dans laquelle je me noie depuis trop longtemps. Il faut qu'il comprenne que je suis une peine perdue, qu'il vaut mieux pour lui qu'il me déteste et me hurle de profiter du peu de temps qu'il me reste avant la fin. C'est souhaitable et même si ce n'est pas ce que j'aimerais, c'est ce qu'il y a de mieux. Parce que c'est mon choix et parce que je suis maître de ce qui arrive. C'est tout le but de cette entreprise, que de me détruire, de m'isoler et de me laisser dépérir. C'est un choix que j'ai fait, une décision que j'ai prise pour n'être serait-ce qu'une fois maître de ma personne.

"Donc non. Je n'obéirais pas et je ne ferais rien de ce que vous demandez. C'est mon droit. Et tant pis si ça implique pour vous d'échouer et de devoir dire au Conseil que vous n'avez pas été capable de gérer un jeune sorcier potentiellement dangereux."

A mes pieds, le thé s'étend et rencontre le draps, teintant celui d'une légère nuance brune qui restera surement malgré les lavages. Pour le médecin, je relève le menton et le toise de toute ma hauteur, cherchant à lui faire sentir la détermination qui lui très certainement dans le bleu vitreux de mes prunelles fatiguées.

"Le mieux, Docteur, c'est que vous me laissiez rentrer chez moi, puis que vous fassiez une lettre à la Ligue et annonciez que vous ne pouvez me prendre sous votre aile. De là, je me débrouillerais et je verrais ce qu'ils feront de moi."

C'est triste de me rendre compte que l'idée d'être enfermé ou traqué ne me dérange pas plus que ça. Pire. J'accepte l'idée d'être un monstre que l'on chasse, me disant qu'après tout je ne me sentirais réellement vivant qu'en sentant la fin approcher.


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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Lun 4 Déc - 11:46

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Je repose mon journal et nous sers du thé avant de reprendre mes explications plus en détail. La veille, dans ce bouge puis dans ma berline, il n'était clairement pas en état d'écouter, et encore moins de comprendre les enjeux de ce qui était en train de se dérouler, et surtout ce qui allait se dérouler à partir de maintenant, entre lui et moi, au sein de ma demeure. L'alcool et sans doute autre chose obscurcissaient clairement son esprit et vu la facilité avec laquelle j'ai pu le ramener jusqu'ici, l'entretenir de choses aussi graves. Maintenant il semble un peu dégrisé, mais par contre son goût pour la provocation lui colle encore clairement à la peau, tout comme la crasse, à ce que je vois. Je ne pensais pas devoir spécifier que prendre au moins un bain par jour était un minimum non négociable, mais compte tenu de ce que je vois... Il s'installe néanmoins en face de moi, presque déçu que je ne me mette pas en colère ou que je ne lui hurle pas dessus. J'ai passé l'âge pour ça... et une fois sa tasse en main j'éclate d'un rire amusé en l'entendant me dire que je suis pathétique.

Dixit la personne qui se tient face à moi enroulée dans mes draps et qui n'a pas rencontré de savon depuis bien trop de jours... Soyons sérieux voulez-vous?

Pourtant là où il me surprend c'est en laissant retomber volontairement la tasse ainsi que la soucoupe sur le parquet, cette dernière se brisant en répandant son liquide fumant sur le bois parfaitement ciré. Qu'il fasse un coup d'éclat en se présentant à moi dans cet accoutrement passe encore, mais là c'est totalement stupide et puéril. Je lève les yeux au ciel en soupirant avant de répondre.

Avez vous terminé? Eh bien je vais demander à Jenkins, mon majordome, de passer dans une boutique de jouets et de vous ramener des cubes ainsi qu'un jeu de chamboule tout histoire que vous ayez de quoi vous défouler. Et épargner ainsi la porcelaine qui ne vous a rien fait... Par contre je désapprouverai que vous vous mettiez à tirer la queue des chats ou d'embêter les chiens du quartier en accrochant des boites de conserve à leur queue...

Je croise ensuite son regard, l'écoutant, stoïque, jusqu'à ce qu'il termine sa longue tirade d'enfant gâté à qui on a toujours passé tous ses caprices et qui ne supporte pas qu'on lui dise non. Et je reprends la parole, d'une voix toujours aussi posée, ne dévoilant aucune marque d'énervement ou de colère. Cela lui ferait bien trop plaisir de me pousser à bout, et je pense que c'était presque devenu un sport pour lui, de créer toutes sortes de situations qui mettaient Morgan hors de lui... Pourtant la fin de son discours m'étonne, lorsqu'il dévoile à demi-mots qu'il ne tient pas plus que cela à son existence. Bon sang mais que peut-il se passer dans sa tête pour penser à de telles choses?

Mais très cher je ne vous ai jamais menacé. J'énonce un fait. La Ligue vous impose de vous ressaisir, et Némo a décidé que ce serait moi votre Mentor. Vous avez choisi d'entrer dans la Ligue, vous avez prêté serment, et il est temps maintenant de le respecter. Pourquoi y êtes vous entré si la hiérarchie et les missions ne vous intéressent pas? A entrer en guerre contre l'Institution que vous vous êtes engagé à servir, vous ne gagnerez rien de bon. Vous ne gagnerez rien du tout d'ailleurs. Quant à moi, je ne fais que suivre ce qu'on me demande de faire, n'y voyez pas un hobby ou un passe temps que de veiller sur vous et veiller à ce que toute ma vaisselle ne termine pas en mosaïque... Et en vous comportant ainsi, en ne respectant pas votre engagement, vous avez perdu le droit de donner votre avis. Vous pourrez me dire ''non'' autant de fois qu'il vous le plaira, même l'écrire sur votre front que rien ne changera. Votre attitude dépasse votre petite personne et a des répercussions qui peuvent mettre de vies en danger. Compromettre notre ordre. En cela... les choses ne vous appartiennent plus. Quant au reste... sachez que je n'échoue pas. Jamais même. C'est vous qui êtes ici contre votre gré, moi je suis chez moi, libre d'aller et venir comme il me semble. Votre séjour ici se prolongera indéfiniment, et seule votre coopération sera la clé pour pouvoir sortir, et faire à nouveau les activités qui vous plaisent.

Je bois une gorgée de thé, laissant filer quelques secondes avant de reprendre suite à sa suggestion de lettre.

A vos paroles, je comprends que vous ne me connaissez pas, ou très peu. La tenacité est une de mes qualités, et il va falloir que vous aussi, vous appreniez à ne pas baisser les bras à la première contrariété. De plus je ne veux pas ternir mon image et décevoir mes pairs en donnant l'impression d'abandonner alors que cela ne fait même pas vingt-quatre heures que vous êtes arrivé ici.

Je jette un coup d'oeil à l'horloge.

Le dîner va être servi dans une heure. Je vous conseille de monter, vous détendre dans un bon bain et d'enfiler une tenue propre et confortable qui ne consiste pas en un simple rectangle de tissu. Puis nous partagerons ce repas et nous discuterons un peu plus avant de comment les choses vont s'organiser à partir de maintenant ici, pour vous. Rien de très compliqué rassurez vous...

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mar 5 Déc - 16:08

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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

J'ai envie de le frapper. De hurler. De briser le reste du service à thé qui se trouve sur la table basse. J'ai envie de tout envoyer en l'air, de lui faire sentir toute la colère que je ressens à son égard en cet instant. Comme un enfant que je ne suis plus, j'ai envie d'exploser et de lui faire voir à quel point rien de ceci ne me plait pas, mais à la place, je préfère tout ravaler, me contentant de serrer les dents tandis que le médecin se permet de m'infantiliser, osant prétendre qu'il va me faire chercher des cubes afin de m'occuper. Pire, il se croit doué d'une répartie fine et assassine quand entre deux phrases, il insiste sur cette vaisselle sur laquelle il va devoir veiller en plus de s'occuper de moi. Entre mes doigts crispés, ce sont les draps que je malmène tandis qu'entre nous, je laisse un long silence s'installer, se faisant la seule réponse que j'ai à son sermon qui me donne envie de lui cracher dessus comme le ferait quelqu'un dont l'éducation est à faire. Les épaules raides et le regard sombre, je sens s'agiter sous ma peau ma magie qui gronde et ne demande qu'à s'exprimer. Je la sens se presser contre la barrière de mon être et réclamer son droit à faire taire le médecin et aussi tentante l'idée soit-elle, je préfère à la place me lever simplement et cracher difficilement quelques mots teintés de la rage qui me fait presque trembler en cet instant.

"Gardez vos cubes et vos leçons de moral. Vous pensez tout comprendre de moi mais en réalité vous n'avez pas la moindre idée de ce qui me pousse à faire ce que je fais. Comme tout les autres vous êtes juste bon à juger. Vous ne cherchez pas à comprendre, alors par pitié, gardez votre air suffisant et étouffez vous avec. Vous me rendrez un service."

Et sans ajouter quoi que ce soit de plus, je tourne les talons, abandonnant dans le salon le médecin pour retourner à l'étage, me réfugiant dans la salle de bain. Derrière-moi, je claque la porte et pousse ensuite un long soupir, me laissant glisser le long de celle-ci pour mieux prendre ma tête entre mes mains et tenter de ne pas céder. Les larmes me viennent mais je les ravale, refusant d'offrir à mon geôlier le plaisir de savoir que tout ceci fait plus que d'atteindre à cette liberté pour laquelle je prétends montrer les dents. Ainsi, dans le silence relatif de cette salle de bain, je renifle bruyamment, essayant en vain de me donner un semblant de courage pour traîner ma carcasse puante dans la baignoire qui me fait face, et si pendant quelques secondes je lève les yeux vers celle-ci, je finis par simplement me recroqueviller au sol, me réfugiant dans le confort relatif du drap qui entoure encore ma personne, cherchant en celui-ci quelque chose qui sera capable de faire taire la peine et la peur qui se font rois de mon coeur. Dans l'étreinte du linge blanc, je chercher quelque chose que celui-ci ne pourra me donner. Je cherche le réconfort de savoir que l'histoire ne va pas se répéter, qu'une fois de plus on ne va pas tenter de me faire devenir quelqu'un que je ne suis pas, mais à mesure que mon coeur se contracte pour mieux faire circuler mon sang dans mes veines, je sais que tout va recommencer. Que le cercle vicieux de mon existence va reprendre et que malgré les années qui ont passés, je vais redevenir un enfant que l'on va attraper sèchement par le poignet pour le traîner dans une pièce, où là, malgré les hurlements, la douleur et les supplications, on ne l'écoutera pas. Je sais que je vais redevenir ce gamin que l'on maltraitait, que l'on forçait à se scarifier pour son bien-être. Je sais que lui aussi va faire de moi une pauvre chose que l'on brise un peu plus, une tasse déjà fêlée que l'on va continuer d'user jusqu'à finalement la voir céder. Je sais que personne ne veut réellement mon bien et en cet instant, après un long moment à ravaler mes sanglots, alors que je me lève et abandonne derrière-moi les draps pour mieux me diriger vers la baignoire, je sais qu'une fois de plus je vais souffrir pour le plaisir égoïste de quelqu'un qui pense faire ce qui est juste. Une fois de plus, je ne serais entre les mains de quelqu'un qu'un objet que l'on façonne et non un être qui pourrait avoir envie d'être autre chose que la mission d'un médecin qui ne me voit très certainement que comme un poids dont il ne veut pas s'encombrer.

Un soupir m'échappe alors que j'ouvre les robinets de la baignoire, laissant ainsi l'eau pour l'instant tiède remplir la large cuve tandis que j'écoute son chant familier, me permettant ainsi de ne pas trop m'attarder sur ce corps maigrelet que je n'arrive même plus à contempler. Cela doit faire des mois que je n'ose plus vraiment croiser mon regard dans la glace quand je suis nu, ne supportant plus vraiment la vue de mes côtes saillantes ou de mon ventre qui me semble famélique et répugnant. A la place, comme je le fait en cet instant, je préfère détourner le regard ou le couvrir rapidement de quelques vêtements et quand il me faut me laver, je ne peux que me demander comment certains ou certaines peuvent encore apprécier de se glisser dans mes bras la nuit, comment ils peuvent ne pas être révulsé par la vue de ce corps décharné qui est désormais le mien. A cette simplement pensée, je passe une main sur mon visage et me glisse ensuite dans l'eau chaude, tentant de chasser les souvenirs de cette nuit avec James, ne voulant pas les gâcher avec les doutes nouveaux qui m'assaillent en cet instant. Alors que je me saisis de l'éponge et que je commence à humidifier ma peau crasseuse, je m'interdis d'imaginer que celui-ci ait pu me trouver sale et repoussant, et que par pitié, il se soit dévoué à me baiser. Je me refuse à imaginer qu'il ait pu se forcer ou prétendre que j'étais une femme alors que nos corps s'effleuraient si délicieusement, préférant à la place me concentrer sur l'éponge qui glisse le long de mon coeur et qui emporte avec elle les souvenirs de soirées que j'ai passé à fuir le monde réel, préférant me réfugier dans l'opium et les filles, comme si ceux-ci étaient capables de m'apporter ce dont j'ai besoin. Le temps d'un instant, je ferme les yeux, soupire et me laisse simplement glisser sous la surface de l'eau, trouvant dans le silence aquatique la paix dont j'ai désespérément besoin. Les yeux clos, je fais alors le tri dans mon esprit et n'écoute plus que les battements de mon coeur, me berçant de ceux-ci alors qu'ils chassent au loin la peur et la douleur. Autant que je le peux, je reste sous l'eau, ne remontant à la surface et parmi les vivants que lorsque le souffle me manque et alors que je chasse les gouttes d'eau de mon visage, je me sens soudainement bien vide. Creux au possible et juste bon à effectuer presque mécaniquement les gestes élémentaires qui m'ont un jour été inculqués. Ainsi, sans vraiment m'en rendre compte, je termine de ma laver, savonnant autant ma peau que mes cheveux, ressortant ainsi de l'eau désormais un peu sale, propre mais fatigué. Je crois sentir mon estomac grogner mais je l'ignore, me séchant simplement avant de m'enrouler à nouveau dans les draps le temps de traverser le couloir de sa demeure pour mieux rejoindre cette chambre qui est la mienne. Derrière-moi je ferme la porte et après avoir abandonné les draps au sol, j'accepte de m'habiller sommairement, n'enfilant qu'un pantalon et une chemise, couvrant de ce fait ma carcasse repoussante. Je récupère ensuite mes cigarettes et sans un mot, je m'installe face à la fenêtre et en glisse une entre mes lèvres que j'allume rapidement, expirant ainsi une première volute de fumée qui se meurt bien rapidement dans l'atmosphère. Autour de moi, le silence se fait assourdissant et le regard dans le loin, je laisse les minutes s'écouler sans moi, ignorant même le médecin qui voulait tant me revoir une fois que je serais plus présentable. Non, à la place, je préfère me saisir d'un coupe-papier qui traînait dans ma chambre, entaillant le bout de mes doigts permettant à mon sang de perler au bout de ceux-ci. Sans prononcer un mot, je tente de faire venir à moi l'un de mes familiers mais comprends rapidement que quelque chose ne va pas quand malgré les secondes qui passent, je reste seul.

Ma cigarette au bout des lèvres, je fronce les sourcils et m'entaille un peu plus l'index, faisant ainsi désormais couler le long de mon doigt un long filet de sang, mais toujours rien. Je grogne un peu, peste contre ma magie que je sens pourtant présente et impatiente. Mais rien. Il n'y a que moi et cette chambre qui d'un coup semble se faire oppressante. La panique me gagne, mon rythme cardiaque s'accélère et presque frénétiquement, je m'entaille un peu plus la main, n'écoutant que l'angoisse dans mon coeur qui me hurle que je dois donner plus pour qu'enfin ma meute me vienne en aide. Je perds la raison et commence à trembler, le regard désespérément vissé sur ce liquide vermillon qui désormais goutte lourdement le long de mon poignet.


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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Dim 17 Déc - 21:41

High & Dry
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Alors c'est ainsi. A peine arrivé, ou devrais-je dire, à peine conscient, voilà déjà que notre discussion tourne en affrontement dans mon salon. Il a l'air d'être en guerre contre le monde entier, et à vrai dire j'ai d'autres choses à faire que d'ajouter cette ''occupation" à mon emploi du temps bien chargé. Il tente de m'insulter? Il se montre grossier? Je ne lui ferai pas le plaisir de m'énerver. Il en serait trop content, et à ce que je sais de lui, c'est une seconde nature pour lui de rechercher ainsi constamment le conflit et l'affrontement. Pourquoi? Pourquoi un jeune homme plein d'avenir comme lui, à qui tout sourit et qui pourrait avoir Londres à ses pieds se comporte-t-il comme le dernier des sales gosses? Pourquoi ruine-t-il tout ce qui lui est offert? Il me rappelle les enfants bien trop choyés qui brisent leurs vieux jouets pour en avoir de nouveaux, sauf qu'ici je ne comprendre pas ce qu'il cherche à prouver. Et à gagner. D'ailleurs, comme s'il lisait dans mes pensées le voilà qui me crache au visage avec toute la rage dont son corps malingre est capable à cette heure que je ne sais pas pourquoi il fait ceci, et que je ne suis bon à juger. Avant de rire, retirant ma pipe de mes lèvres quand il me dit de m'étouffer avec mon air suffisant. Il tente tellement d'être désagréable et méchant que ça en devient drôle. Je lui fais ensuite une leçon de morale, certes, lui rappelant les engagements qu'il a pris seul, sans contrainte, sans qu'on le force. Et les devoirs qui en découlent. Comme attendu il se drape dans sa dignité, montant comme un enfant en colère, et j'en suis presque à me dire qu'il fait exprès de taper aussi fort les pieds sur le tapis de l'escalier afin de bien me prouver que j'ai froissé son altesse. Enfin sang bleu ou pas, fortune ou pas, c'est à moi qu'on a demandé de l'aide, car d'après Némo Morgan n'aurait plus d'emprise sur lui et il faut bien que quelqu'un le sorte de cette spirale infernale.

Je me replonge donc dans ma lecture, sans vraiment faire attention au temps qui passe. Je ne relève le nez qu'en entendant le gong sonné par Jenkins, et je me lève pour passer dans la salle à manger où le couvert est mis pour deux. Je m'assieds donc, déposant ma serviette sur mes genoux et guettant le bruit de ses pas descendant pour me rejoindre. Pas qui ne viennent pas. Après cinq minutes d'attente je me relève. Peut-être n'a-t-il pas entendu le gong? Ou alors... Pris d'un doute ou d'une intuition je gravis rapidement les marches menant à l'étage, et toque à la porte. Pas de réponse. Inquiet à présent j'ouvre la porte, et je découvre mon protégé, debout près de la fenêtre, pâle comme la mort avec une longue estafilade au poignet qui commence à goutter sur le parquet.

Mathias mais qu'est-ce que...

Et je comprends. Sa magie. Cet idiot a voulu utiliser sa magie ici, et vu son attitude, son visage pâle et son regard vide, quelque chose me dit que Morgan ne l'a pas prévenu de l'interdiction d'exercer et des scellés qu'il a posés un peu partout sur la maison. Bon sang en voilà un qui a raté le prix du père de l'année... Il a préféré l'envoyer ici sans le prévenir, au risque de le voir se mettre dans un état pareil... chose prévisible vu son caractère. Une rage sourde s'empare de moi en même temps que j'attrape un napperon dans lequel j'enroule son poignet sanglant. Je crie par dessus mon épaule.

Jenkins! Ma trousse!

Puis je le fais s'asseoir sur le fauteuil le plus proche et claque des doigts devant ses yeux pour le faire sortir de sa torpeur.

Mathias? Mathias! Regarde moi. C'est normal que ta magie ne marche pas ici, ton père est venu avant toi pour poser des enchantements qui t'empêchent d'utiliser ta magie tant que tu es entre ces murs. Alors ne refais pas ça, tu te ferais du mal pour rien...

Je tourne la tête en entendant le pas rapide de mon majordome dansl'escalier et le remercie d'un signe de tête alors qu'il dépose ma trousse ouverte près de moi.

Compresses et alcool. Stérilisez ensuite une aiguille et préparez du fil de soie.

J'attrape la compresse imbibée d'alcool et ôte le napperon pour nettoyer la plaie. Après un rapide examen je soupire, croisant à nouveau le regard du jeune homme.

Tu as de la chance, tu n'as pas sectionné les nerfs ni les tendons. Je vais te faire quelques points de suture. Jenkins, morphine.

Je lui injecte une dose d'antidouleurs avant d'attraper l'aiguille stérilisée, et commencer à le recoudre avec lenteur et application.

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mer 20 Déc - 20:55

High&Dry
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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Je tente de respirer mais j'ai l'impression que mes poumons ne font que se vider. En un cri silencieux, je cherche à calmer les battements de mon coeur mais rien ne semble le faire taire, pas même le tic-tac de l'horloge dans ma chambre. Les doigts crispés autour du coupe-papier désormais souillé de mon sang, je me sens sombrer, ou tout du moins, je sens céder sous mes pieds la réalité et ce que je pensais ne m'être jamais retiré. Au rythme de l'hémoglobine qui goutte sur le plancher, je sens ma raison vaciller et les larmes me venir, brouillant ma vue déjà rendue mauvaise par l'angoisse et la peur, qui sans peine me coupent de ce monde auquel j'ai déjà l'impression de ne pas appartenir, me privant des attaches qui me faisaient encore rester dans un semblant de réalité. Mais désormais, alors que les secondes s'égrènent sans moi et que la porte de ma chambre s'ouvre, je ne suis pas là. Mon corps certes réside dans cette pièce, mais mon esprit lui se perd et s'emmêle avec la colère de cette magie qui ne peut en cet instant s'exprimer, et qui au lieu de simplement se déverser autour de moi, préfère bouillonner dans mes veines et créer dans ma chair des ronces qui semblent meurtrir celle-ci. Ainsi, pour le médecin qui vient s'enquérir de mon état et qui hurle, je ne suis rien. Rien de plus qu'une ombre de Mathias, un résidu de l'être déjà abimé que j'étais à mon arrivé. Pour lui, je ne suis qu'une carcasse sans vie qu'il déplace selon ses envies dans la pièce et dont il fait ce qu'il veut quand il le veut. Pour lui, j'ai le regard dans le vide et les lèvres simplement entrouvertes pour laisser échapper une respiration irrégulière, ne revenant à moi que lorsqu'il commence à recoudre la plaie qui si joliment pourtant ornait ma paume et mon poignet déjà couverts de cicatrices. D'un battement de cils, je reprends presque vie et balbutie quelques mots qui ne sont rien de plus que des murmures sans forme. Une collection de sons qui n'ont pas sens et qui n'en trouve qu'un qu'au moment où je sens une fois de plus le fil de soie courir dans ma chair et créer sur ma peau des frissons qui font monter mon coeur à mes lèvres.

"Vous... Vous..."

Je suffoque, étouffé par cette magie qui remonte dans ma gorge et serpente sur ma peau à une vitesse qui me donne le tournis tandis qu'elle gronde dans un recoin de mon esprit qu'il n'est pas normal qu'un humain se permette ainsi de la brider, retrouvant de ce fait ce côté sauvage et indomptable qu'elle a acquise au fil des années. Sous ma peau, elle se fait comme de l'encre dans l'eau, teintant mes veines d'une couleur sombre avant d'atteindre mes yeux et de faire du blanc de ceux-ci un lac sombre. Du fond de mes entrailles, un grognement semble m'échapper et les dents désormais serrées, c'est elle qui s'exprime au travers de ma voix, me donnant en réalité le courage de hurler à la face du médecin ce que je pense de son initiative et de son alliance avec mon père pour neutraliser l'essence même de ce qui fait mon être.

"Vous n'aviez aucun droit ! Aucun !"


Ma frêle personne tremble presque sous la violence de ses mots que je hurle à grand peine alors que je retire vivement mon poignet de son étreinte médicale, abimant de ce fait sans peine la chair déjà meurtris de ma personne, forçant l'aiguille à déchirer veines et nerfs tandis que le fil casse et s'emmêle à mon sang qui de nouveau coule se répand autant sur mes vêtements que sur l'accoudoir du fauteuil dans lequel il m'a fait m'assoir. De mon autre main, je le menace alors du coupe-papier que mes doigts serraient avec tant de crainte jusque-là, poussé par la rage que fait naitre en moi la réalisation qu'ici je ne serais rien de plus qu'un être vulnérable, un enfant sans armure qui devra une fois de plus courber l'échine et accepter qu'on lui dicte la façon dont il doit vivre. Et c'est ça qui me rend fou. Le fait qu'il m'ait sous son toit pour me sauver, non pas parce qu'il tient à moi, mais parce que l'on lui a ordonné. C'est ça qui brise mon coeur et chasse les larmes de mes yeux, les faisant lourdement rouler le long de mes joues. Sans la moindre élégance, je me retrouve alors à pleurer devant lui, tandis que mon bras prêt à frapper se met à trembler, se faisant le prélude aux secousses qui rapidement s'emparent de mon être et font se mêler en ma personne deux émotions contraires qui luttent et finissent par me faire lâcher l'arme de fortune que j'avais en main. Sur l'épais tapis qui recouvre le plancher de ma chambre se meurt le bruit de la chute du coupe-papier alors que mes hurlements reprennent et que ma main désormais libre vient couvrir une partie de mon visage désormais déformée par la douleur et les sanglots qui glissent d'entre mes lèvres, tout comme les hurlements qui les accompagne.

"Vous n'aviez pas le droit ! Ce n'est pas juste... ! Je sais que... Je sais que je vais pas bien, mais je méritais pas ça ! J'ai fait de mal à personne ! C'est injuste ! Je ne voulais pas ! Je ne voulais pas !"

Les mots deviennent des larmes alors que contre mon coeur, je garde ce poignet mutilé et sanglant, qui tache et imbibe ma chemise de mon sang. En effet, je ne voulais pas devenir un problème, je ne voulais devenir un cas que l'on enferme et que l'on prive de ce qui fait l'essence même de sa personne. Je ne voulais pas devenir une chose que l'on cache dans l'enceinte d'une maison qui n'est pas la sienne, comme on le fait avec ceux que l'on prétend vouloir guérir de troubles mentaux ou de leur amour pour les gens du même sexe qu'eux. Je ne voulais pas être fait prisonnier à cause du blizzard permanent qui tempête dans mon esprit et des pulsions qui sont les miennes. Je voulais qu'on me vienne en aide, qu'on m'aime, qu'on me chérisse, qu'on voit en moi celui que je me suis efforcé à tuer... Alors que je glisse, je voulais qu'une main vienne me rattraper, mais en cet instant, du sang sur le coeur, je réalise que je n'aurais le droit à rien de tout ça, et que sous la surveillance du médecin, je ne serais rien de plus qu'un patient qu'il traite, un jeune homme qu'il va remettre dans le droit chemin sans un instant se demander ce qui a pu me pousser à me blesser. Avec lui, et pour lui, je ne serais rien de plus que le fils d'un homme influent, un enfant qui refuse de grandir et qui doit simplement recevoir plus de gifles pour devenir quelqu'un de bien. Je ne serais que ça, un sale gosse à éduquer, un gamin que l'on prive de sa magie sans réaliser qu'on lui retire là la seule part de lui qui l'empêchait de complètement se détester. Un autre sanglot quitte mes lèvres, et finalement, incapable de retenir la tristesse qui broie mon coeur, je me recroqueville au sein du fauteuil et préfère à la place fuir Van Helsing, le haïssant bien trop en cet instant pour supporter la pitié qu'il pourrait oser me cracher au visage.



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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Sam 23 Déc - 18:45

High & Dry
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Toute arrogance, tout défi ou dédain a quitté son visage pâle et creusé et il se tient maintenant devant moi, le regard vide, exsangue, et le souffle bien trop rapide pour être normal. Il a l'air de faire une crise de panique, ne semblant pas réaliser ce qui semble se passer. Un état de choc même, qui l'a fait se taillader les poignets qui saignent maintenant abondamment sur le parquet, des gouttes retombant sur le sol avec une régularité mécanique, comme une seconde horloge matraquant le temps qui passe. Et la mort qui pourrait se rapprocher pour lui, si je n'interviens pas bientôt. Heureusement Jenkins part à la rescousse, et revient peu après pour m'aider à préparer de quoi le soigner, le plus vite possible. Par chance il est tellement perdu qu'il se laisse manipuler comme un pantin dont on aurait coupé les fils en même temps que la volonté, ce qui me permet de l'asseoir dans un fauteuil. Bon sang Morgan... il va falloir qu'on ait deux mots lui et moi. Déjà pour m'avoir laissé le chercher tout seul, faisant connaissance avec lui en même temps que je lui expliquais qu'il allait devoir vivre sous mon toit et obéir à mes ordres, et en plus il pousse l'ironie jusqu'à faire venir ses bagages avant même son arrivée, mais sans toucher un mot au principal concerné sur les dispositions mises en place pour son séjour ici. Sans s'imaginer que son fils pourrait peut-être mal réagir. Pas une seconde. Je pense à tout cela, alors que j'attrape l'aiguille stérilisée et que je commence à faire courir cette dernière sur son poignet abimé, m'activant à faire des points dignes d'une couturière de métier, concentré sur mon ouvrage.

Sauf que c'est ce moment qu'il choisit pour sortir de sa léthargie et commencer à s'agiter sur son fauteuil. Je lève le regard vers lui une seconde avant de continuer.

Tout va bien, reste calme quelques minutes encore et ça sera terminé. Tout va bien, il faut juste que tu me laisses finir...

Mais au lieu de se calmer voilà qu'il s'agite de plus en plus alors que je suis au beau milieu de ma suture, tout en répétant que j'avais aucun droit de faire ceci.

Mathias doucement... ce n'est pas moi qui ai posé ces scellés, et on en discutera calmement dès que j'aurais fini mais en attendant reste tranquille. Il faut que je te soigne. Une fois que ça sera fait on descendra prendre un bon thé et on parlera de ce que tu veux. D'accord? Quel...bon sang!

Sa main glisse d'entre les miennes alors qu'il se retire vivement, déchirant sa peau que je venais de suturer et faisant redoubler le sang qui s'échappe de ses blessures. C'est pas vrai! Je me relève, entendant le fauteuil retomber sur le tapis sous mon mouvement rapide, et remarque seulement que le gamin a reculé et a attrapé le coupe-papier du secrétaire, me menaçant avec de ses mains tremblantes et ensanglantées. Je lève doucement les mains en signe de paix pour l'instant recule d'un pas.

Mon garçon... ce n'est pas moi qui ai demandé ça, c'est Némo, et ton père a dû venir mettre tout ça en place avant ta venue. Pour que tu ne puisses pas t'en prendre à moi ou à mon majordome avec tes pouvoirs. Et je suis d'accord que ce n'est pas normal que ton père ne t'ait pas prévenu de tout ça. Ecoute moi. Ecoute moi Mathias... Tu n'as rien fait de mal d'accord? Rien de grave...

Je m'approche doucement quand je vois sa main trembler au point de lui faire lâcher le coupe-papier, et qu'il se cache le visage de ses mains couvertes de sang. D'un geste rapide je l'attire contre moi. Pauvre gosse... Je pensais qu'il était simplement trop gâté pour son propre bien mais sa réaction, si extrême et si disproportionnée me font entrevoir le contraire. Et ça va être à moi de découvrir de quoi il retourne, et comment l'aider. Je soupire et appuie son front contre mon épaule, ignorant le sang qui doit sûrement recouvrir ma chemise alors que je caresse doucement son dos. Il est si fragile à cet instant, si vulnérable et si perdu... bien loin du petit crétin arrogant qui a surgi enroulé dans son drap un peu plus tôt. Là il apparaît comme un enfant abandonné et malheureux, ce qui me fait de la peine.

Tout va bien... tout va bien. Ton père ne t'a pas prévenu et il aurait dû le faire. C'est injuste de t'avoir précipité ici sans rien t'expliquer je suis d'accord. Mais ne t'en fais pas... Je vais t'aider. Je vais t'aider mon garçon tu entends? Je me suis engagé à veiller sur toi et moi je tiens mes promesses... C'est vrai que tu n'as fait du mal à personne et que tu as juste besoin de te reprendre en main parce que c'est toi que tu mets en danger. D'accord? Pleure si ça te fait du bien... et ensuite il faut que tu me laisses soigner ta blessure... D'accord? Allez mon garçon tout va bien se passer. Tu verras je ne suis pas ton ennemi bien au contraire...

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mer 27 Déc - 15:14

High&Dry
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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Tout n'est que mensonge et faux-semblant. Alors que recroquevillé sur le fauteuil, je sanglote, hurlant la douleur qui en cet instant broie mon coeur, je me ferme aux paroles du médecin, refusant de croire les mots qu'il n'exprime surement que par pitié ou par envie de prétendre être compatissant pour mieux profiter de l'être faible et vulnérable que je suis en ce moment qui me semble ne plus réellement faire corps avec une journée que je n'ai même pas vu filer. Pour lui, pour ce cher docteur que l'on respecte et à qui l'on donne visiblement ma personne comme si je n'étais qu'un chien que l'on confiait à qui voulait s'encombrer de lui, je me fais fuyant, distant et dissonant. Pour lui, je ne suis que sanglots et hémorragie, me révélant de ce fait à lui, exposant sans pudeur ou crainte mon coeur fêlé. Pour lui, je redeviens cet enfant que j'ai toujours été en réalité, ce gamin aux yeux toujours embués de larmes et de regrets, qui lourdement sanglote, écrasé par un chagrin qui depuis trop longtemps déjà entravait mon coeur et mon âme, faisant ainsi germer au sein même de mon être une peine qui aujourd'hui enfin s'exprime et cesse de ce faire une ombre que l'on croisait parfois dans mon regard déjà terne. Pour Van Helsing, je ne suis donc que ça, une ruine, un vestige de cet être qu'était un jour Mathias, une coquille vide qui désormais se fend et craquèle sous son regard, devenant ainsi une pauvre chose qu'il prend en pitié à l'instant même où les battements de mon coeur me semblent devenir assourdissants. Là, alors qu'il entreprend de m'attirer à lui et de forcer entre nous une étreinte qui m'arrache au mieux un hurlement déchirant, je tente de le repousser, le griffant, le mordant quand d'entre mes lèvres il ne se glisse pas quelques supplications et geignements, qui si au début ne sont rien de plus que des sons deviennent des mots au fil des larmes qui douloureusement roulent en abondance sur mes joues creuses.

"Lâchez-moi.... Lâchez-moi..."


Je suis pathétique. triste à voir, et au bord de la rupture, je ne dois être rien de plus qu'une silhouette tremblante, un débris de ce qui fut un jour un être humain, et alors que les bras du médecin se referment autour de mes maigres épaules, je réalise à quel point je suis en mauvais état. Mes deux mains cramponnées au col de sa chemise désormais maculée de mon sang épais et surement vicié par les mauvaises habitudes que je collectionne, je reste alors immobile et pourtant tremblant. Je voudrais le repousser, je voudrais avoir la force de lui hurler dessus, de lui cracher au visage des mensonges qui ne seraient que des inventions destinées à le maintenir à distance mais en cet instant, je n'en ai pas la force. Bien au contraire, alors que je renifle bruyamment et garde la tête basse, mon front contre son épaule, je fais preuve d'une extrême faiblesse qui en plus de faire taire les injures qui voulaient se glisser au milieu de mes supplications, tue aussi mon envie d'être seul et de garder au loin cette personne, qui de trop près déjà est en train de constater le désastre humain que je suis. Ainsi, incapable de me résoudre à l'idée de me faire un ennemi de plus, je finis par céder, par chanceler et par simplement me laisser aller à cette étreinte qu'il a initié et que je finis par apprécier et remercier. Tout contre lui, je sombre ainsi, enroulant mes bras autour de lui pour mieux cacher mon visage déformé par les sanglots et les larmes et ainsi espérer trouver en sa personne un semblant de réconfort. Mes pleurs redoublent et tandis que ses paumes épousent sans trop de peine la courbe malingre de mon échine, je cherche en Van Helsing un fragment de ce que mon père aurait dû être pour moi et si au début, je ne trouve rien de plus que la sollicitude que quelqu'un qui n'a qu'un coeur, je finis par me convaincre qu'il a déjà cette qualité que mon géniteur aurait dû avoir. Une qui normalement pousse un père à prendre son fils dans ses bras lorsqu'il souffre et non le réprimander parce qu'il n'est pas assez solide pour ce monde trop dur pour ceux qui ont le coeur fragile et l'âme trop souvent tourmenté. En cet instant, le médecin à tout de ce que je cherche chaque jours dans le regard de celui dont j'aimerais tant avoir l'amour et si cette pensée devrait me mettre en colère ou me faire m'inquiéter de mon état, elle se fait en réalité une réalisation dévastatrice qui d'un souffle, termine de balayer le peu d'amour-propre qu'il me restait, me faisant ainsi m'effondrer un peu plus dans le creux de ses bras.

Ainsi, pendant de longues minutes, décomptées par le flot régulier de mon sang qui s'échappe de mon poignet à peine suturé et désormais mutilé, je ne fais que ça, qu'exprimer ma peine au travers de larmes qui se font les mots que je suis incapable de prononcer. Ce sont les perles salées et brûlantes qui deviennent mon appel à l'aide, cette demande implicite que l'on m'aide à cesser de vouloir me détruire ainsi. Voilà ce qu'elles sont en cet instant, les aveux d'un jeune homme qui craint la mort qu'il cherche pourtant à attirer, les confessions d'un gamin qui voulait simplement qu'on l'aime et peut-être aussi la défaite d'un être qui n'est même plus sûr de vouloir encore errer dans les méandres de cette existence qui n'a pourtant été pour l'instant que déception et blessures. Voilà ce que mon silence et mes larmes hurlent à ma place. Que je suis fatigué, que je n'ai plus envie et qu'au fond, je voulais juste que quelqu'un m'attrape par la main et me dise que ce n'est pas grave, que ce n'est pas trop tard et qu'il est encore possible de sauver ce que je suis. Je ne demande que ça, que quelques mots qu'il me donne par pitié sûrement mais que j'accepte tout de même, n'ayant simplement pas la force de lui tenir tête. Et finalement, après de longues minutes à n'être rien de plus qu'un enfant sanglotant, je finis par me calmer, sentant mes larmes s'assécher et mon sanglots se calmer, ne devenant que des expirations un peu lourdes et des reniflements plus ou moins discrets. Contre lui, je reste et mes mains qui étaient dans son dos glissent lentement pour mieux quitter sa silhouette. Le sang lui-même semble ne plus vouloir couler avec autant d'assiduité, et si pendant une seconde, je crois m'en tirer sans peine, un vertige revient tout de même me rappeler que je reste blessé et dépendant de cet homme qui est le seul à pouvoir me soigner. Alors, en un murmure difficilement articulé, je joins une demande à mon mouvement de recul qui me permet de tenir face à lui.

"J'ai... J'ai besoin de m'allonger... Je ne me sens pas bien."


Le coeur au bord des lèvres, je chancèle et cherche à lui échapper, non par envie de me glisser rapidement sous les draps de ce lit qui n'est pas le mien mais par besoin plutôt de quitter sa personne et de remettre entre nous la distance qui n'aurait jamais dû disparaitre, répondant ainsi à une pulsion contradictoire à mes envies de ne pas être complètement livré à moi-même, prouvant ainsi que comme tout être humain, je ne suis fais que de contradictions et de paradoxes. Contre le torse de Van Helsing, je presse ma main blessée et tente de prendre appuie sur lui, me retrouvant ainsi à simplement chanceler et chuter quand j'essaye de me mettre debout, créant ainsi sur mes rétines des taches noires qui bien rapidement obscurcissent mon champ de vision et me plongent dans un néant de demi-inconscience qui me coupe du reste du monde.



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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Lun 1 Jan - 18:15

High & Dry
Mathias & Abraham.
Bon sang... je ne m'étais pas attendu à ça. Je ne m'y étais pas préparé. Je pensais... je ne sais pas trop à quoi je pensais, c'est vrai, lorsque Némo m'avait plus ou moins imposé de m'occuper du gamin. C'était une mission comme une autre, rien de plus, et j'avais envisagé la chose comme un problème mathématique auquel il fallait apporter une solution, formant déjà la liste de ce qui me semblait nécessaire ou non pour arriver au but. Des faits. Purement des faits, cette déesse Science à laquelle je crois presque autant que je crois en Dieu, et dont je vois plus souvent les miracles que ceux du Créateur. L'empêcher d'aller dans les lieux de débauche qu'il fréquente. L'obliger à retrouver une hygiène de vie correcte, et une hygiène tout court. Lui faire avoir des vraies nuits de sommeil. Le remettre sur le chemin de l'entraînement. Lui faire retrouver une condition physique optimum grâce à une alimentation saine, équilibrée et de l'exercice. Je ne sais pas pourquoi mais spontanément je me suis fait une liste et je l'ai comparé à une affaire à régler... et pas...comme l'enfant qu'il est encore et qui semble avoir désespérément besoin d'aide. Il n'est pas un dossier à traiter ni un cas à traiter. Il n'est qu'un enfant, un grand enfant perdu qui panique à la première inquiétude et qui a besoin qu'on le rassure. Enfin, on dirait que c'est ce qui s'est passé quand il n'a pas pu utiliser sa magie, et plutôt que de poser la question, ou de se mettre en colère, le voilà qui... craque. Petit garçon qui voulait jouer à la grande personne, petit garçon trop choyé qui pourtant était bouleversé qu'on lui enlève sa magie. Pourquoi? Je n'en sais rien... Parce qu'il a trop pris l'habitude de la sentir et l'utiliser? Je serais curieux de le savoir mais ce n'est pas le moment. Là, alors qu'il sanglote comme un gamin terrifié, et que ses blessures sont toujours ouvertes, il a surtout besoin de quelqu'un. Je pense que son premier choix aurait été sa mère, mais malheureusement il n'y a que moi ici, moi et ma maladresse. Car autant j'aime m'occuper de mes neveux et nièces autant avec quelqu'un d'aussi grand... mais pourtant je fais... suivant mon instinct, et je me dis que là... je dois m'occuper de lui comme ce qu'il a l'air d'être... un gamin terrifié. Et s'il est trop grand pour que je lui donne une sucette ou un soldat de plomb... une accolade me semble être la bonne chose à faire tout de suite.

C'est pour ça que malgré ses protestations, je me fie davantage à ses larmes et ses sanglots, et que je l'empêche de se détacher de moi, bien décidé à attendre qu'il se calme avant de le lâcher, dans un premier temps, puis de parler un peu avec lui dans un deuxième temps. Et ça marche. Il n'aura fallu que quelques secondes à peine pour qu'il pose son front contre mon épaule et cesse de lutter. Au contraire, ses mains s'agrippent à ma chemise et je me contente de le tenir fermement, caressant doucement son dos en répétant que je suis là, qu'il n'est pas tout seul et que ça va aller. Ce qui est vrai... Je découvre juste ce qui semble être un abîme de solitude et de détresse, chez celui qui hier encore me regardait de haut et jouait au grand seigneur. Un masque semble-t-il...qu'il a l'air d'avoir laissé tomber ce soir car trop dur à porter... Et tout ce que je vois derrière ne me rassure pas... ne faisant que me confirmer à quel point Némo avait bien fait de le tirer de cette spirale dans laquelle il semblait s'enfoncer vite et bien...

Et comme toute tempête elle se calme, les nuages de ses yeux se vident de leur pluie et ses prunelles ne lancent plus d'éclairs. Il n'y a qu'un ciel gris et fatigué... Il recule et se détache de moi, me laissant contempler enfin nos chemises maculées de sang.

Bien sûr... Viens, je t'aide...

Il tente de se relever et je le retiens de justesse avant qu'il ne tombe. Il a perdu beaucoup de sang et la fatigue n'a pas aidé. Il est bien trop faible et n'a que la peau sur les os... Je soupire et le guide jusqu'au lit, où grâce à Jenkins on l'allonge.

Maintenant je vais finir te te faire tes points de suture pour arrêter le sang. Mais avant je vais t'injecter de la morphine. Tu ne sentiras plus rien d'accord?

Jenkins n'a pas bougé pendant ce long moment où j'ai calmé le petit, et me tends la seringue déjà remplie. Je veux que le produit agisse rapidement alors je pique dans le haut du bras, massant doucement ses muscles pour que le produit fasse effet plus vite. Puis quand je le sens se détendre, j'attrape la nouvelle aiguille, équipée d'un nouveau fil que mon majordome m'a préparée. Mathias est à moitié conscient et c'est tant mieux... Je suture rapidement et proprement ses plaies, nettoie ses poignets avant de les bander soigneusement. Puis on lui ôte sa chemise avant de la remplacer par un haut de pyjama, plus ample et confortable et le rallonger, remontant les couvertures sur lui. Une fois cela fait je me penche vers lui.

Tu vas te reposer d'accord? Mais je ne suis pas loin... A moins que tu veuilles que je reste avec toi?

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mer 3 Jan - 20:46

High&Dry
Abraham & Mathias
Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Je me sens glisser dans le lointain. Les yeux pas complètement clos, le coeur au bord des lèvres et les oreilles bouchées par mon souffle bien trop lourd, je dérive et navigue dans les flots dangereux d'une semi-inconscience tout juste bonne à faire perler sur ma peau une sueur glacée. Loin d'Abraham, je me trouve déjà quand il me rattrape et m'enlace avec toute la tendresse que l'on trouve généralement chez les médecins, flottant déjà dans les limbes d'un état secondaire qui m'enveloppe et menace de me jeter en pâture aux démons de l'inconscience, qui tapit dans un recoin de mon esprit, n'attendent et n'espèrent que ça, claquant des crocs en rythme avec les battements trop lents de mon myocarde. Pour lui, qui me tient si fermement contre lui, je ne suis rien de plus qu'une coquille vide, qu'un réceptacle vide qui se délite et qui se laisse aller à la faiblesse. Contre son corps qui me semble brûlant, pour sa respiration et ses mots qui se perdent dans le silence, je me fais une carcasse échouée qu'il doit traîner et amener vers son linceul. Incapable de me porter, je me fais ce poids dont il doit endosser la responsabilité et qui n'est bon qu'à fermer les yeux et entrouvrir les lèvres pour expirer des mots qui jamais ne viennent et restent des concepts que mon esprit défaillant vomit à la face de ma psyché affolée. Dans mon crâne, tout n'est qu'un blizzard qui hurle et tempête, transformant ainsi le chemin de mes pensées en un chaos assourdissant qui me fait regretter mes propres sanglots. En silence, je souffre de ce désordre dissonant qui détruit ma capacité à être humain et me fait ainsi pour Van Helsing un cadavre de plus dont il doit prendre soin. Sous ses yeux et pour ses attentions, je me fais ainsi docile et fragile, parfaitement amorphe et incapable de répondre à la moindre de ses actions, préférant me faire sourd à tout ce qui m'entoure, pour mieux accueillir, peut-être, le néant qui déjà cherche à m'étreindre. Ainsi, à la morsure de l'aiguille, je ne dis rien, gémis à peut-être mais ne bouge pas, attendant simplement que la drogue termine d'achever le peu de résistance que j'offre à la mort que je pense percevoir dans le lit à mes côtés, sagement enroulé dans les draps avec moi. Un soupir m'échappe, discret et délicat comme une arabesque de tabac et je tremble un peu. Je sens qu'elle est là, à observer le travail du médecin et l'habileté dont il use pour suturer ma chair abimée. Je la sens, juste à côté de moi, à respirer, à laisser traîner sur mon torse ses doigts glacées alors que mon nouveau mentor s'acharne à tenter de sauver la cause perdue que je suis. Je l'entends, tout contre moi, à psalmodier son chant mortuaire tandis que l'on bande mon poignet. Je l'entends, susurrer, ronronner pour tenter de charmer ma magie qui dans mes veines se rebelle déjà et grogne à ma place, luttant elle pour que je reste encore là. En parfait témoin d'une vie à laquelle je ne participe pas, je me contente de me recroqueviller sous les draps, le coeur au bord des lèvres.

Et c'est là que je le sens. Tout contre moi, son souffle non loin de ma peau frissonnante et encore luisante de cette sueur trop fraîche pour ne pas être quelques flocons que produit mon corps tremblants. Pour lui, qui brise la distance que nous gardions jusque-là, je rouvre faiblement les yeux et laisse ceux-ci rouler difficilement dans leurs orbites afin d'être capable de poser mon regard vitreux dans le sien. J'ai envie de lui dire que je ne comprends rien. Que je suis perdu et que j'ai froid. Mais rien ne vient. Tout dans ma bouche n'est que cendres alors que la tête me tourne violemment et que mon esprit me hurle qu'il est temps de cesser de lutter. Autour de moi, je sens les draps se poisser d'un fluide que je confonds avec du sang et après un haut-le-coeur que je réprime difficilement, je lève difficilement ma main pour mieux me saisir de sa manche.

Restez. Voilà ce que j'aimerais susurrer. Voilà ce que mes lèvres entrouvertes tentent de prononcer au lieu du gémissement que j'expire avec une faiblesse presque désolante. J'aimerais lui expliquer que de l'enfant brave et du jeune homme arrogant, il n'y a plus rien et que comme un gamin hanté par ses cauchemars, j'ai besoin d'une présence à mes côtés pour chasser les monstres qui dorment sous le lit dans lequel je me trouve. J'aimerais lui dire que je n'ai pas le courage d'être fort et de dormir seul, dans cette chambre qui n'est pas la mienne au sein de draps qui n'ont pas une odeur familière. J'aimerais pouvoir être autre chose que cette pauvre bête blessée qui se fait si petite entre les immenses oreillers de plumes et lui montrer autre chose que la fragilité de la personne chancelante et vacillante que je suis. En cet instant, je souhaiterais être plus qu'un enfant dont il faut prendre soin, mais incapable d'endosser à nouveau le rôle de l'héritier arrogant que tout le monde semble adorer détester, je préfère raffermir du mieux que je le peux ma prise sur sa manche et ainsi l'attirer à moi, ou tout du moins tenter, espérant que celui-ci comprendra qu'en cet nuit, je ne suis pas assez brave pour affronter les démons de la nuit seul et que contre la silhouette de quelqu'un, j'ai besoin de me lover, afin de ne point succomber à l'angoisse qui déjà broie mon coeur. Un autre geignement glisse d'entre mes lèvres tandis que je ferme les yeux, glissant à nouveau, et pour de bon cette fois, dans un lointain coma induit par le sang manquant qui ne circule plus dans mes veines. Son prénom manque de m'échapper mais ne devient qu'un soupir. Une expiration délicate qui s'accorde parfaitement aux battements réguliers de mon coeur. Une demande silencieuse qui se fait une supplication de mon être. Une demande faite par un enfant qui ne supporte plus de puis des années d'être seul dans son lit et qui si normalement ferait appel à ses familiers pour avec quelqu'un à qui se raccrocher, doit en cette soirée mendier la bonté de cet inconnu au visage duquel il crachait il y a quelques heures à peine. Une larme perle au coin de mes yeux alors que je réalise qu'il va probablement refuser, préférant s'amuser de mon malheur plutôt que de tenter de prendre soin du sale gosse qu'il a vu en moi. J'aimerais sangloter, pleurer face à cette vérité que je sais être l'avenir qui sera le mien, mais à la place, je ne peux que frissonner, trembler et espérer qu'il ne me laissera pas avec cette solitude qui ne demande qu'à me retrouver.


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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Lun 8 Jan - 0:29

High & Dry
Mathias & Abraham.
Mon aiguille glisse, perce et se faufile sous la peau déchirée du jeune Calloway alors que ce dernier est totalement abandonné sur son lit, les yeux clos, comme une poupée qui aurait perdu ses couleurs et son rembourrage. Une poupée qui semble vide, respirant à peine, comme si elle avait été abandonnée parce qu'elle ne plaisait plus assez. Et me voilà assis près de lui, son poignet sur mes genoux, à faire de la dentelle digne d'une nonne de Bruges, nouant, raccrochant, réparant les entailles et les accrocs qu'il a faits dans sa peau bien trop blanche avec patience et application. Petit à petit, point après point les bords de ses plaies disparaissent, se rapprochent comme des lèvres qui se ferment, arrêtant de hurler la panique et la détresse de celui qui est allongé devant moi. Le pauvre... le pauvre... Je le plains vraiment après cette crise, cet orage qui a déferlé dans le ciel de ses yeux, et qui m'a aussi montré qu'il n'était pas un sale gosse turbulent mais une jeune personne fêlée et sur le point de se briser. Et en le voyant ainsi, totalement épuisé par cette crise, et aussi par le narcotique que je lui ai administré, je me dis que peut-être, peut-être ce n'était pas une si mauvaise idée qu'il soit là. La vie avec Morgan n'a pas l'air de lui avoir réussi vu dans quel état il se trouve... alors espérons que j'arrive à faire quelque chose de lui.

Ainsi pendant de longues minutes aucun autre bruit ne règne dans sa chambre que le crépitement du feu dans la cheminée, nos souffles réguliers, et le tic tac de la pendule sur sa table de nuit. Mes doigts tachés de sang font un ballet régulier autour de son poignet, entre entrechats et pointes avant de finalement terminer leur numéro. Un noeud, un coup de fil et voilà l'héritier recousu et tiré d'affaires. Bien sûr il va être affaibli, alors qu'il aurait eu besoin de tout sauf de ça vu son état actuel mais ses jours ne sont pas en danger. Il est là, glissant et sortant de l'inconscience, posant parfois sur moi ses yeux clairs accompagnés de mouvements de lèvres auxquels je réponds en posant ma main libre sur son épaule avec un sourire.

Doucement... doucement mon garçon. Tout va bien, tu ne risques rien... Ne ta fatigue pas...

Je plonge ensuite une éponge dans une bassine d'eau tiède et avec douceur je la fais courir sur sa peau rougie, observant les gouttes vermillon rouler sur le linge que j'ai posé sous son bras, et effaçant doucement toutes les marques et les traces, et créant comme une sorte de message étrange rédigé dans un alphabet ancien, ne laissant que les points.Les bandes arrivent, enserrent amoureusement ses points de suture comme des gardiennes de gaze fidèles, croisant les bras comme des gardes zélés, et je fais les derniers noeuds garantissant la solidité du tout. C'est seulement là que je me rends compte de l'ampleur du carnage, trop concentré sur le fait de le calmer, puis le soigner... Nos chemises, nos vestes et le parquet sont maculés de sang, qui commence déjà à sécher par endroits. Et hors de question de le laisser porter des vêtements souillés. Ce n'est pas hygiénique et ça serait aussi le négliger totalement. Alors aidé de mon fidèle Jenkins nous ôtons les couches de tissu trop larges pour son corps malingre, que le manque de sang rend encore plus pâle, et l'habillons d'un de mes pyjamas, chaud et doux, qui bientôt recouvre ses côtes saillantes et son ventre creusé. On fait de même pour le bas, même si on lui laisse son caleçon sous le bas de pyjama dont je noue le cordon sur son nombril. Je déplie ensuite ses membres avant de les recouvrir d'une couverture et d'un édredon, arrangeant ensuite les oreillers sous sa tête pour qu'il soit le plus confortable possible. Une fois ça fait je soupire et m'étire, retenant un baillement. Je vais aller me changer et dîner rapidement avant d'aller me coucher... La journée a été longue... Sauf qu'au moment de me relever, je suis surpris de sentir sa main attraper ma manche. Je croise son regard et j'y lis de la peur...et de l'inquiétude. Le pauvre. Je souris et le regarde avec tendresse.

C'est bon, tout va bien. Tu es tiré d'affaire, et tes blessures ne saignent plus. Maintenant tu vas te reposer et tout ira mieux demain d'accord? Ne t'en fais pas... c'est terminé...

Sauf qu'il me tient encore, et à l'expression de son visage je crois deviner ce qu'il veut, même si ça me surprend.

Tu voudrais que je reste? Si oui serre plus fort. Sinon lâche ma manche d'accord?

Il serre. Il ne veut pas rester seul. Très bien. Je hoche la tête.

Pas de problème. Par contre laisse moi juste me changer et prendre une douche et je reviens d'accord? Jenkins va rester entre temps pour nettoyer et ranger... Je fais vite.

Je disparais après un dernier sourire encourageant et traverse le couloir pour rentrer dans ma chambre, et abandonner mes vêtements sales le temps d'une douche rapide, les remplaçant par un pyjama également. En temps normal je ne déambule pas ainsi avant l'heure du coucher mais ce soir est une soirée exceptionnelle donc... je peux me permettre une incartade. Je pousse donc la porte juste à temps pour voir Jenkins ressortir avec un seau rempli d'eau rougie. Je viens près du lit et tire mon fauteuil près de lui.

Tu vois, je suis de retour, comme promis. Eh bien... Et si je te faisais un peu de lecture? Allons-y...

J'attrape le journal du matin que Jenkins lui avait ramené, sans doute dans le but de se distraire un peu plus tôt et qui n'a pas été ouvert. Je me racle un peu la gorge et commence.

"Un fait divers passionne Londres. En effet..."

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mer 10 Jan - 14:15

High&Dry
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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

En cet instant, j'ai peur. Comme le gamin que je n'ai jamais cessé d'être, j'ai peur de me retrouver aux prises des draps à la senteur inconnue qui s'enroulent autour de ma silhouette malingre et souffrante. J'ai peur des cauchemars qui pourraient surgir au détour d'un battement de cils et que je ne pourrais combattre que de mes cris et autres geignements pathétiques, à défaut d'être assez courageux pour m'éveiller et pour fuir ses visions qui ne sont que le produit de mon inconscient. De tout ça, je m'effraie et tremble alors qu'entre mes doigts vacillants se trouve encore la manche du docteur Van Helsing, à laquelle je me raccroche comme si l'univers tout entier tournait autour. A ce point d'accroche, cette ancre dans un monde qui m'échappe, je me tiens comme si je craignais de glisser trop loin de cette réalité, mettant le peu d'énergie qu'il me reste dans ce geste qui a tout de la tentative désespérée. D'un battement de cils, je tente de lui faire entendre ce que ma voix et mes lèvres ne parviennent pas à formuler, et heureusement, il entend, comprend et se fait même plus doux que je n'aurais pu l'espérer. Un hoquet de soulagement m'échappe et après une inspiration douloureuse, je fais preuve d'une docilité que je regretterais demain, serrant un peu plus l'étoffe de sa chemise entre mes phalanges tandis que je ferme à nouveau les yeux, incapable de plus longuement lui laisser l'opportunité de contempler dans mes prunelles ô combien je suis brisé. A la place, je laisse ses mots glisser sur ma peau et se faire comme des caresses alors que je me berce de la simple certitude qu'il reviendra et que cette nuit, je n'aurais pas à affronter les faiblesses de ma personne seul. Le temps d'un battement de cils, d'un moment qui me semble durer une fraction de seconde, je le vois disparaitre puis revenir, me laissant avec l'impression que le temps ne s'est pas écoulé quand en réalité, j'ai longuement erré entre deux strates de ma conscience, somnolant à moitié malgré mon envie de résister une seconde de plus pour ne pas totalement sombrer. Sans m'en rendre compte, j'ai laissé le temps m'échapper et quand le médecin revient pour s'installer à mes côtés, je ne sais pas si je suis encore conscient. Certes, mes paupières s'ouvrent et se referment, mon souffle est encore assez régulier pour donner l'impression que je suis en vie mais mon esprit, ma psyché me semblent si loin. Malgré mes prunelles qui se portent sur sa personne, j'ai l'impression de ne pas le voir ou tout du moins de ne pas complètement réaliser qu'il est revenu et qu'au lieu de me sermonner sur ma faiblesse ou mon besoin évident que l'on s'occupe de moi, il me lit le journal, recréant un rituel que je n'ai jamais réellement eu avec mon père. Un soupir m'échappe et après une expiration qui se veut témoin d'une gratitude que je ne peux prononcer, je ferme enfin les yeux et me recroqueville un peu plus sous les draps, glissant ainsi dans un sommeil lourd et sans rêve, un état d'inconscience délicat exempt de tout songes dont je pourrais avoir peur. Sans un bruit, sans une larme, sans un cri, je vogue dans les méandres du néant et ne m'éveille que le lendemain, en un début de matinée qui se rappelle à moi via les rayons taquins du soleil, qui entre les rideaux et volets de la chambre, se glissent pour mieux venir réchauffer la peau pâle de mon visage exsangue.

Difficilement, je bats des cils et grogne un peu alors que je m'extrais des affres du sommeil et de l'étreinte des draps desquels je me suis enveloppé tandis qu'en me redressant, les sutures à mon poignet se rappellent à moi en un doux picotement plus proche d'un tiraillement, qui au lieu de simplement me faire soupirer, m'arrachent une grimace douloureuse. Et finalement, au prix d'un effort qui ne devrait pas être si fatiguant de bon matin, je parviens à me redresser, découvrant alors que sur le fauteuil non loin de moi se trouve encore, ou déjà, Van Helsing, qui à côté d'un plateau de thé attend, lisant des nouvelles que j'espère ne plus être celle de la veille. D'abord silencieux, car incapable de savoir quoi dire à celui qui est rester toute la nuit à mes côtés, je finis par simplement amener à ma poitrine mon bras blessé, permettant ainsi à mes doigts frêles de se refermer sur le bandage si soigneusement noué. Ignorant toujours le médecin, non pas par envie ou besoin de me montrer ingrat, je me concentre sur le pansement qui enserre ma chair afin de ne pas avoir à croiser le regard de celui que je devrais remercier pour ses attentions et sa patience. Sans réellement m'en rendre compte, je fronce les sourcils et pince les lèvres, réalisant alors la faiblesse qui fut la mienne hier et qui a provoqué cette erreur monumentale que je regrette en ce jour nouveau. En cet instant, je me déteste un peu plus d'avoir craqué face au médecin. Je me hais d'avoir été faible au point de trouver refuge dans ses bras et suis révulsé à l'idée qu'il puisse désormais considérer avoir la moindre prise sur ma personne. Un frisson dévale mon échine à cette simple pensée et si je croise rapidement le regard de Van Helsing c'est pour mieux le fuir et ainsi prétendre chercher sur ma table de chevet mes cigarettes, afin d'éviter les mots que je devrais avoir pour lui, ceux qui témoigneraient de la gratitude que j'éprouve et de la peine de voir qu'en une nuit il a été plus paternel que mon père ne l'a jamais été, car trop fier ou trop craintif de lui montrer qu'en effet il a une prise sur l'enfant amoché que je suis. Ainsi, j'observe un silence presque gênant à conserver, un qui ne se fait même pas une réponse à quelques syllabes qu'il aurait pu prononcer mais une simple fuite en avant pour ne pas avoir à affronter ma propre faiblesse et personne contre laquelle je suis furieux d'avoir été aussi docile.

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Lun 15 Jan - 22:53

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Mathias & Abraham.
C'est drôle. C'est drôle comme celui qui montrait tant les dents il y a quelques heures à peine s'est à ce point abandonné contre moi, sous le coup de la panique et d'autres choses que je ne devine qu'à peine sans pouvoir les expliquer, puis maintenant. Il est là, si pâle et si frêle dans mon pyjama, amoureusement bordé sous les couvertures et l'édredon de plumes que je peine à lui donner son âge. Il fait jeune, plus jeune que ce qu'il devrait, et son visage de cire au lieu d'être de porcelaine est bien trop creusé pour donner l'illusion du bonheur et de la bonne santé. Et son regard, même avant les drogues, est trop vide et lointain contribue encore plus à cette impression. Sauf que je ne comprends pas ce qui se cache derrière ce masque de gamin arrogant et prétentieux. Le voir craquer aussi facilement montre que son être compote des fêlures, et pas qu'un peu... mais quelle en est l'origine? Après tout il a tout ce dont la plupart des hommes sur cette terre : la richesse, un nom, la beauté et l'intelligence... et je ne crois pas que ce soit le simple fait d'avoir grandi sans sa mère qui est la cause de tout. J'ai perdu le mien et même si sa mort a laissé un grand vide dans mon existence, je n'ai pas suivi le même chemin que lui a pris...

Et lui qui me crachait au visage et avait fait tout ce qui était humainement possible en dix minutes pour se rendre insupportable est maintenant agrippé à ma manche comme un naufragé à sa planche de bois...ou un enfant dans les jupes de sa mère. Et en m'asseyant près de lui après m'être moi aussi changé et en le contemplant de longues secondes, je me rends compte qu'il n'est encore qu'un grand enfant. Un grand enfant sur lequel, semble-t-il, on aurait fait peser un trop lourd poids sur ses épaules, trop tôt. Peut-être n'était-il pas encore prêt? Peut-être ne l'y avait-on pas assez bien préparé? Je ne sais rien mais maintenant l'énervement de notre rencontre a laissé place à deux sentiments diffus : la curiosité et la compassion. Et l'avoir ici semble vraiment être la meilleure décision à prendre pour lui. Le laisser finir de grandir? Tenter de mieux lui faire comprendre ce qu'on attend de lui? Mais je crois surtout que le plus important c'est de lui donner une ancre. D'ailleurs... s'il sortait autant, est-ce que c'était juste pour s'amuser et se divertir, ou est-ce qu'il voulait fuir la maison? Autant de questions auxquelles j'aurai tout le temps de répondre. Mais au moins je sais qu'ici il sera à l'abri...

Me voilà!

J'entame donc la lecture du journal, installé près de lui. Et après quelques articles sur la bourse ou les décisions de la Reine quant au réaménagement de Trafalgar Square, je baisse un peu les grandes feuilles de papier avant de sourire en remarquant qu'il dort profondément. Tant mieux. Il a surtout besoin de repos, ainsi que de vrais repas qui consistent en autre chose qu'en opium, en cigarettes et en whisky, et de reprendre une activité physique. Mais pas tout de suite. Je referme donc l'exemplaire du Times et sors pour demander à Jenkins de m'apporter mon dîner; Je retourne m'asseoir en l'attendant, continuant ma lecture jusqu'à ce qu'il arrive, et la terminant le temps de manger mon repas. Il est à peine vingt-et une heures quand j'ai terminé tout ça et je descends récupérer une pile de copies à corriger. Quand je remonte, il dort toujours paisiblement, et ses traits se détendent enfin, comme is une partie de ce qui l'affectait était oublié par le sommeil... Pendant une bonne heure je commente et rature avant d'essuyer ma plume, la reposer sur le secrétaire, refermer mon encrier et souffler la bougie après m'être enroulé dans une couverture pour dormir un peu.

Habitué à m'endormir un peu partout et n'importe quand je ne mets pas trop longtemps à m'endormir, ne me réveillant qu'une fois ou deux pour remettre un peu de bois dans le feu ou changer de position dans le fauteuil. Quand le soleil se lève j'ouvre les yeux, grogne un peu en m'étirant et contemple Mathias qui dort toujours si tranquillement. Rien qu'une longue et profonde nuit de sommeil semble lui avoir fait du bien, lui qui ne semble pas en avoir faite depuis... depuis longtemps disons. Je descends donc faire une petite séance d'entraînement pour me dérouiller, me douche, m'habille et remonte dans la chambre de mon protégé pour prendre le petit déjeuner en espérant qu'il soit réveillé. Ce qui n'est pas le cas. Tant pis. Mon valet parfait m'apporte bien vite le plateau largement garni pour nous deux, ainsi que le Times que je commence à feuilleter tout en mangeant distraitement un scone recouvert de marmelade.

J'entends un froissement de tissu et je baisse les pages du quotidien, découvrant avec plaisir que notre blessé est réveillé. Je lui souris, sincèrement content de le voir émerger, et replie le journal sur mes genoux.

Bonjour mon cher! Tu as bien dormi? Content de voir que tu vas mieux...

Sauf qu'au lieu de me répondre il me regarde presque avec panique, finissant de s'extraire de son cocon moelleux pour chercher ses cigarettes et autre sur la table de chevet. Ne disant toujours rien. De longues secondes passent sans que je comprenne ce qui se passe. Je penche légèrement la tête sur le côté avant de reprendre.

Mathias, est-ce que tu es sûr que ça va bien? Viens, assieds toi et mange un morceau. J'ai commencé sans toi mais il faut que tu manges! Les scones sont encore chauds et il y a du thé et du café...

crackle bones
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