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 High & Dry (Mathias & Abraham)

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Mathias Calloway
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Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Sam 14 Avr - 14:09

High&Dry
Abraham & Mathias
Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Dans un silence presque parfait, je l'écoute, me nourrissant des paroles et récits qui glissent d'entre ses lèves sans jamais l'interrompre, sans jamais ne serait-ce que tenter d'esquisser la moindre syllabe qui pourrait lui donner l'envie d'arrêter, préférant à la place fumer, le regard porté tour à tour sur le médecin puis le masque, qui sans la moindre pudeur, tente de capter mon attention en murmurant des choses bien enjôleuses pour lesquelles ma magie ronronne, se pressant de ce fait un peu plus contre les bords de cette plaie si délicatement parcourue de coutures élégantes. Un soupir je pourrais pousser mais bien trop absorbé par les histoires qui se mêlent et qui forment bientôt un chaos enivrant au sein même de mon esprit exténué, je m'efface à la place, me perdant dans les méandres d'un silence relatif, d'un néant qui n'existe que dans les recoins de ma chair et qui se fait l'abri dont j'ai besoin pour ne pas totalement sombrer dans un agacement qui pourrait donner la mauvaise impression à Van Helsing. Ainsi, quand celui-ci se lève, m'abandonnant pour partir à la recherche d'un meilleur conteur, je ne lui offre qu'un sourire, ne le retenant pas pour mieux me tourner vers le masque, que du regard je fusille.

"Tu es bien bavard d'un coup."

J'aimerais que cela ressemble à une réprimande, à un reproche que je pourrais cracher entre mes dents serrés mais ce qui sort d'entre mes lèvres est teinté d'une tristesse certaine, d'une compassion que l'on ne peut éprouver que si soi-même on a été dans cette position, dans celle d'un trophée que l'on expose à la vue de tous mais que l'on empêche de s'exprimer. De mes lèvres, il ne s'échappe qu'une excuse à peine voilée, qu'un témoignage partagé pour lequel je m'excuse bien rapidement, préférant tout de même laisser ma magie véhiculer ce que le masque lui seul pourra entendre, ce "Je suis désolé", qui provoque chez lui un ronronnement qui couvre le retour du médecin, pour lequel je sursaute presque et lève les prunelles vers lui. Un instant, je ne montre qu'une incompréhension certaine avant de comprendre et de me saisir du carnet qu'il me tend, commençant à le feuilleter bien rapidement tandis qu'il reprend son histoire. Mais cette fois-ci, au lieu de l'écouter, je me perds dans le chant du masque, dans les fredonnements de cette magie qui visiblement veut avoir la parole et fait dont en sorte de couvrir la voix du médecin pour mieux me forcer à lui consacrer toute mon attention. Cette fois-ci, un soupir m'échappe bien alors que je repose le carnet sur mes genoux et interromps le médecin d'un sourire, puis de quelques mots qui ont la douceur et la volupté des arabesques blanchâtres qui s'échappent de ma cigarette presque entièrement consumée.

"Je suis désolé... Je n'arrive pas à rendre justice à votre récit, ne m'en voulez pas mais... Il insiste. Cela en est presque insupportable."


D'un sourire je tente de m'excuser alors que vers le mur où se trouve le masque je me tourne à nouveau, lui offrant ce regard qu'il désirait tant alors que je sens sa magie serpenter jusqu'à moi, s'enroulant amoureusement autour des fibres même de mon être et ainsi danser avec la mienne, dans le parcours même de mes veines. Lentement, presque élégamment, je quitte le fauteuil dans lequel je me trouvais, pour revenir vers le masque, que de son mur je ne détache pas encore, préférant à la place en effleurer la surface du bout des doigts.

"Il veut raconter son histoire à lui, il veut vous expliquer, vous transmettre un savoir qu'il pense que vous pourrez utiliser..."
Je fronce légèrement les sourcils à cette remarque, réalisant que si oui, le médecin pourrait entrevoir une utilité à tout ça, il ne pourrait l'appliquer non pas par manque d'ambition ou de volonté, mais juste à cause d'une lacune malheureuse qui jamais ne pourra être comblée. "Mais il ne comprend pas... Il a tellement peur que sa voix ne devienne qu'un murmure de plus dans le néant qu'il insiste avec la force d'un désespoir qui me brise le coeur. Et plus les minutes passent, plus il craint d'oublier, de cesser d'être et n'avoir pu qu'effleurer la possibilité de me parler... De me faire entendre quelque chose qui pourrait enrichir ce qui a été écrit dans le carnet de votre ami."

Dans ma chair, j'entends alors et ressens un murmure apaisé et pourtant troublé par une émotion certaine, qui m'arrache un sourire tandis que de ma paume, j'apprécie un peu plus la texture du bois ancien, qui pour mon épiderme se réchauffe légèrement, libérant ainsi des arômes étranges qui font naître sur ma langue des saveurs inconnues. En moi, au travers de ma magie, je sens exister les mots de cette entité qui a dû se résoudre au silence depuis bien trop longtemps, des paroles que du bout des lèvres je murmure.

"Vous l'avez reçu en remerciement pour avoir débarrassé un village d'un monstre, n'est-ce pas ? L'homme qui vous l'a offert l'a fait parce qu'il voulait que vous aidiez d'autres à chasser des maux qui détruisent la chair et l'esprit. C'est ce que le masque voulait... Et veut toujours... Il veut vous aider à soigner, à guérir les maladies et à tuer les épidémies... Il veut vous apprendre car il sait que vos mains apportent la vie."

Un instant je bats des cils et me perds alors dans la mélodie enchanteresse du masque, qui en un accord tacite que nous passons, me fait grâce d'une bénédiction qui me fait oublier les secondes qui s'égrènent sans moi. Et ainsi, bercé par le chant de cette entité exotique qui recommence à me conter les beautés d'une nation, d'une civilisation qui est un trésor d'un autre continent, d'un monde que je ne pourrais certainement jamais voir, je me laisse envelopper par cette magie qui se met à valser avec la mienne, à danser au rythme d'une parade enjôleuse qui s'infiltre dans mes veines et commence lentement à défaire les points sur mon poignet, faisant sauter les fils qui échouent au sol tandis que ma chair se referme d'elle-même, pour la volonté seule de doigts invisibles qui pansent mon être et font qu'il ne reste sur mon épiderme qu'une minuscule cicatrice blanche, une preuve d'une histoire, d'un passé qu'il ne faut pas oublier, sous peine de finir par devenir une blême créature qui ne semble avoir rien vécu.

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Abraham Van Helsing
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Jeu 3 Mai - 12:44

High & Dry
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Aidé des dessins et esquisses de Huck je commence le cours de notre récit... m'installant à côté de lui pour qu'il puisse admirer les dessins en même temps que moi, et j'allume ma pipe avant de me lancer. Le bout de mes doigts effleure amoureusement et avec nostalgie ces aquarelles qui me rappellent tant de souvenirs...

Eh bien nous voilà donc dans ce village... les maisons étaient en bois, sur pilotis près du fleuve, et beaucoup d'habitants vivaient de la pêche. Il y avait aussi des champs, gagnés sur la jungle, et très fertiles à cause des limons que les crues apportaient sur la terre, et quelques enclos pour du bétail. Leur vie était simple mais le fleuve comme la forêt pourvoyaient à tous leurs besoins. Et les choses auraient pu continuer à se dérouler aussi bien, paisiblement et tranquillement... sauf qu'à peine arrivés, pour ce qui ne devait être qu'une halte le temps d'acheter des vivres et prendre de l'eau potable... nous avons appris que depuis la lune précédente, déjà trois enfants avaient disparus, comme avalés par la jungle. Les petits de ses contrées connaissent très bien les dangers qu'ils encourent, alors en avoir trois qui disparaissent aussi rapidement, et sans même qu'on retrouve un seul cadavre... beaucoup pensaient que la magie se tramait là-dessous et ils étaient loin d'avoir tort... Du coup nous avons décidé de rallonger notre halte pour mener l'enquête. Grâce à notre traducteur et guide nous avons réussi à communiquer avec eux, et à découvrir que toutes les mystérieuses disparitions s'étaient produites au même endroit... près des chûtes de...

Je suspends mon récit, le reste de ma phrase se dispersant au vent comme un pissenlit qu'on souffle, éparpillant mes idées au loin, alors que je sens sur mes genoux le poids du carnet qu'il a refermé et qu'il me rend. Accompagné d'un soupir. Eh bien voilà, est-il déjà blasé? Tout ça n'est-il pas assez amusant pour lui? Pourtant c'est lui qui a voulu que je lui raconte... Est-il déçu de ma façon de raconter? Je ne sais pas. Je sais juste que je suis un peu déçu de me faire envoyer paître avec de si plates excuses. Sauf que la suite de ses paroles m'intrigue et je fronce les sourcils.

Tu veux dire que c'est le masque qui t'empêche de m'écouter?

Je fixe mes prunelles sur lui, intrigué. Il vaut mieux pour lui qu'il ait une bonne explication parce que je suis sur le point de mal prendre cette excuse qui est de toute évidence un mensonge pour se débarrasser de moi. A moins que... Je le suis du regard alors qu'il va retrouver le masque, le frôlant du bout des doigts. Et à le voir ainsi je le crois... il y a de la fascination dans ses prunelles, de la curiosité mais aussi... comme de la vénération. Et aucun comédien sur terre ne pourrait feindre ce qu'il est en train d'éprouver à cet instant envers ce morceau de bois aux pouvoirs insoupçonnés hier encore... Et un sourire surpris naît sur mes lèvres quand Mathias m'annonce que le masque voudrait m'aider, moi, et partager ses connaissances avec moi... Je laisse donc Mathias continuer de me parler, enfin plus précisément de parler de l'artefact, me sentant étrangement touché par toutes ces révélations. Je me lève alors et le rejoins en face de l'objet, tendant aussi les doigts pour l'effleurer.

Tu as tant de choses à dire alors? Eh bien... Désolé de toutes les fois où je suis passé près de toi sans me douter de rien... Mais je...enfin on... Mathias, saurais tu faire l'interprète? Tout ça est tout bonnement fabuleux et je...

Pourtant j'hésite. Ne serait-ce pas une bien méchante farce qu'il est en train de me jouer? Un tour pour se moquer de moi, le vieux médecin trop crédule, et ainsi pouvoir rire de moi pour les semaines à venir? Raconter à ses amis comment il serait arrivé à me flouer? Pourtant... pourtant je n'ai pas l'impression qu'il mente. Son regard, ses gestes... tout ça est bien trop... authentique pour que je croie à une farce. Et en quelques secondes mes doutes s'estompent, balayés par l'immense curiosité que je ressens à la perspective que ce que dit le masque est vrai... et par tout ce qu'il pourrait m'apprendre. Après tout, s'il est tel que Mathias me le dit, il doit être détenteur d'un savoir immense, de techniques et de remèdes que nous ne connaissons pas à Londres et qui pourraient m'être d'une grande aide... Et là, comme s'il m'avait entendu, comme s'il avait lu dans mon esprit, mon protégé rouvre la bouche, et me donne des informations que seul le masque aurait pu lui révéler, car je n'étais pas encore arrivé à cet épisode là de l'histoire... Tout ceci, ces perspectives d'un savoir encore inconnu me fascinent et me rendent tellement curieux... Alors je cède, enthousiasmé même, et souris au morceau de bois patiné par les ans.

Entendu... nous allons t'écouter et tout écrire... Tes mémoires ne tomberont pas dans l'oubli... Je t'en fais la promesse... et ton savoir sera utilisé au mieux...

Je recule un peu pour l'admirer, ne réalisant toujours pas que j'ai vécu autant de temps près de cet objet sans me douter de rien à ignorer ses appels, ses demandes, à ne pas soupçonner une seconde le pouvoir et le savoir qu'il renfermait... Mais nous allons corriger cela, maintenant. Et nous l'écouterons jusqu'au bout... je lui dois bien ça... Je contemple alors Mathias, et au moment où j'allais ouvrir les lèvres pour lui demander de commencer à me dire ce que le masque lui communiquait, quand mes yeux se sont posés sur ses mains et ses poignets. Et là... me laissant figé de stupéfaction, le vois petit à petit les plaies de la veille qui se referment, lentement, et les fils qui tenaient les lèvres de la cicatrice tombent au sol, comme des feuilles d'arbres devenues inutiles à l'automne. Mais quel est donc ce prodige? C'est juste extraordinaire... et achève de me convaincre de la véracité de ses paroles, car ses pouvoirs à lui sont bridés et il aurait été impossible pour lui de monter un tel coup... ce qui veut dire que ce masque a bel et bien des pouvoirs.

Mathias...regarde il... il t'a guéri! Tes blessures c'est... c'est miraculeux. C'est extraordinaire. Je... il faut... je... allez, dis moi ce qu'il veut, ce qu'il raconte, et j'essaierai de le retranscrire de mon mieux. On lui doit bien ça. Bon sang dire que je l'avais sous les yeux tout ce temps...et que...

Je relève les yeux vers mon jeune protégé et attends, assis à mon bureau, la plume déjà pleine d'encre.
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mer 9 Mai - 18:14

High&Dry
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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

A mes pieds, les fils de soie se font de mauvais souvenirs, des fragments d'un instant qu'il est désagréable de tenter de revivre, des restes d'une plaie qui n'est désormais plus qu'une fine cicatrice sur mon poignet, une petite marque de plus qui sera la preuve d'ô combien ma magie est cruelle. Les yeux clos, et les lèvres entrouvertes, je m'abandonne au toucher délicat de l'artefact, qui loin de simplement guérir ma chair, me promet qu'il pourra aussi s'occuper des plaies sur mon coeur et des fêlures de mon âme qu'il dit être capable de colmater à jamais et de faire de ce qui est aujourd'hui une chose dont j'ai honte, un force qui me permettra de diriger les vents et de faire courber l'échine aux montagnes. Pour les douces paroles du masque, je frissonne ainsi, désireux de vouloir pleinement croire en ses promesses que peu m'ont fait, par négligence surement ou par envie de me voir dépérir peut-être, oubliant un instant le médecin et ma propre condition pour simplement me laisser bercer par les murmures d'une entité qui vient d'un pays dont je ne connais l'existence qu'au travers des livres que j'ai pu étudier. Au rythme des battements de mon coeur et des pulsations de nos deux magies qui s'enlacent et poursuivent une valse langoureuse, je décide de me perdre, de disparaître dans une sensation qui vaut la peine que j'ai eu à survivre aux jours et années qui m'ont conduits en ce moment précis. Pendant des minutes, des heures peut-être, je ne sais dire, je ne fais qu'un avec le masque, devenant autant son réceptacle que son ami, son patient et aussi son confident. Pour lui, je me fais ce qu'il désire, répondant à des besoins que l'on a trop souvent ignoré, non pas par envie de le punir ou de l'oublier mais juste à cause d'une lacune physique, d'une absence de dons qui ne peut être une faute impardonnable, mais un fait du destin presque tragique. En silence, je laisse ainsi la meute lui murmurer les peines qu'elle a, les envies qui sont les siennes et me fait le simple et discret auditeur d'une conversation qui est chuchoté avec crainte et respect, comme si les deux partis craignaient que le moindre bruit ne viennent rompre cet échange qui semble presque être interdit et qui prend fin quand l'artefact ancien est navré d'apprendre à ma magie qu'il ne peut rien faire contre les entraves qui ont été placé ici, qu'aussi désireux qu'il est de nous remercier de lui accorder notre attention, il ne peut rien faire pour nous, à part promettre d'être là pour nous aider à communier, à rassembler les fragments de notre être brisé. Sa voix s'étiole, se fait un écho à ses paroles et finalement, je reviens à moi, seul dans mes pensées, perdu dans le blizzard permanent qui hurle dans ma psyché et au travers duquel je peine à entendre les paroles pourtant enjouées du médecin, qui non loin de moi se fait comme gamin excité.

Vers lui je me tourne, étourdi, presque abasourdi, encore incapable de mettre les mots dans le bon ordre pour formuler une phrase qui pourrait refléter correctement mes pensées, préférant ainsi à la place le fixer, comme pour trouver en sa silhouette l'origine de cette sensation étrange qui refuse de me lâcher et qui me murmure que peu importe mes efforts, je finirais par être seul, entouré d'une meute qui ne voudra que semer la mort dans notre sillage. Une minute passe ainsi, où je ne dis rien, où je ne fais rien, à part vaciller en silence, mon regard dans le sien, à tenter de mettre du sens sur cet engouement étrange qui le fait attendre pour un récit que je ne suis pas sûr d'être capable de lui conter. Pourtant, la main toujours posée sur le masque, j'inspire puis expire avant de complètement sombrer quand quelques mots chassent sans peine le blizzard, tuant la tempête de neige sans peine pour la remplacer par un oasis paisible, un endroit où le seul chant de l'eau est audible. "Laisse-moi faire." chuchote cette voix lointaine qui m'exile dans au bord de l'étang, me laissant en compagnie de quelques fleurs sauvages et de la meute, qui allongée à mes côtés, se laisse caresser par une silhouette étrange, une qui me ressemble étrangement. Je tente de battre des cils, mais dans l'obscurité éphémère, je ne vois rien d'autre que la vague forme de la pièce où je me trouvais et les sonorités envoûtantes d'une voix qui n'est pas la mienne et qui pourtant s'exprime au travers de mon corps, offrant aux oreilles seules du médecin un savoir que je ne peux de toute façon appréhender. Ainsi, confiant que le masque conte à Van Helsing les secrets d'une médecine venue d'un autre pays, je rouvre les yeux, cessant d'être spectateur pour mieux cesser d'ignorer cet autre moi qui continue de flatter ma meute comme si c'était la sienne, et qui loin d'être farouche ou anxieuse, pose ses prunelles sur moi. Un instant, je songe à lui sourire, à entrouvrir les lèvres pour poser des questions qui n'auront jamais de réponses, mais en voyant l'autre me faire signe que ce n'est pas nécessaire, je me ravise, plongeant mes prunelles dans les siennes. Longuement, j'ai l'impression d'attendre de lui quelque chose qui ne viendra pas, de m'entêter pour rien, songeant même un instant à fuir, à le laisser ainsi sans pour autant y parvenir, comme si je sentais la tempête à venir. Sur le côté, il penche la tête avant de sourire, formant alors en silence un mot qui résonne autour de nous et qui fait de la meute une cape qu'il tente de me tendre.

"Brisés." dit-il. "Divisés." répond-t-il à ma place.

"Retrouvés."
dis-je à l'instant même où le charme prend fin, me ramenant auprès du médecin que je contemple avec toute l'angoisse de quelqu'un qui durant presque une heure n'a pas été là, mais ailleurs, perdu dans un néant presque nébuleux dont il est désagréable de s'échapper. J'inspire difficilement, tente de calmer mes tremblements, et finalement, je retire ma main du masque pour bredouiller faiblement, dans l'espoir de ne pas dévoiler une autre faiblesse de ma part.

"Il... Vous avez eu de lui ce que vous vouliez ?"


Je l'espère, mais en réalité, je n'attends pas sa réponse pour effectuer quelques pas loin du mur, allant ainsi m'écrouler sur un des fauteuils du salon pour m'allumer une autre cigarette, que je commence à fumer avec peine à cause de mes doigts tremblants. D'entre mes lèvres, quelques volutes de tabac s'échappent là où mon regard s'égare sur la plaie qui n'est plus et pour laquelle j'esquisse un sourire alors que du bout des doigts, j'en caresse la surface si douce au toucher.

"C'est un être puissant. Veillez à ne pas le contrarier, je n'ose imaginer ce dont il serait capable si il était animé par la seule envie de blesser."

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Dim 13 Mai - 13:50

High & Dry
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Etre à la Ligue m'avait habitué à voir bien des choses depuis mon adolescence... j'avais découvert que l'existence des créatures de cauchemar, ou celles qui n'existaient que dans les contes ou les histoires de bonne femme étaient bien réelles, et vivaient au milieu de nous, simples humains, et pourtant à l'insu de tous. J'ai chassé la goule, traqué la momie, participé à lever des enchantements et des malédictions, mais je n'aurais pas pensé que j'aurais sous mon toit un objet ayant une telle puissance magique sans m'en douter une seconde. Objet qui pour couronner le tout arrive à communiquer avec Mathias, et qui brûle de me raconter son histoire et me transmettre tout son savoir, d'après mon interprète. Et comme si tout cela n'était pas suffisant, voilà que j'ai la preuve flagrante de toutes les capacités de cette curieuse chose venue du fin fond des plaines Africaines, guérissant les plaies de Mathias en quelques secondes à peine, ne laissant qu'un fin fil blanc, semblable à celui d'Ariane dans le labyrinthe. En espérant qu'en suivant ce fil, mon protégé échappe à ses démons car il vaut vraiment mieux que cela... Soudain l'impatience et la curiosité me brûlent, et après avoir contemplé ce quasi miracle, je presse mon jeune hôte de se faire le porte-parole de tout ce que ce témoin silencieux depuis trop longtemps voulait me dire depuis un long moment, semble-t-il.

Et puis le récit commence. Ma plume glisse avec fébrilité sur le papier alors que j'essaie de retranscrire au mieux le flot de paroles qui sort de la bouche de Mathias. Au début ce qu'il raconte est confus, peut-être parce qu'il peine à trouver les mots maintenant qu'il a enfin droit à la parole? Le fait est que plus les mots et les phrases passent, plus je recours aux abréviations, luttant pour mémoriser une phrase alors que je trempe ma plume dans l'encre pendant qu'il est déjà passé à la phrase suivante. Et petit à petit, tel l'ouvrage d'une brodeuse, ou d'une tisserande, ou d'un tableau qui finit par représenter quelque chose à force de petites touches de couleur, les choses, son récit, son discours prennent du sens. Je plonge alors avec délice à une autre époque, celle qui remonte bien avant l'arrivée des Européens qui ont asservi tant de ces nègres, les poussant à une vie de servitude... quand l'Afrique était la partie du monde la plus proche de l'Eden ordonné par notre Créateur, chassant, cueillant, vivant au rythme de la nature et des saisons. Grâce au masque j'écarte le voile nous séparant de cette période sans doute si riche mais totalement méconnue, que j'ai le privilège de découvrir... Ma plume reste pendue à ses mots à défaut de ses lèvres, et je ne sais pas pendant combien de temps je noircis des pages et des pages, raturant, biffant pour mieux reprendre ensuite, hésitant sur l'orthographe de quelques mots de son dialecte et dont je suis ignorant.

J'apprends donc des choses sur la vie de cette dynastie de guérisseurs, qui se passaient leur savoir depuis des générations, respectables et respectés au point que certains malades venaient de plusieurs jours de marche à la ronde pour recevoir leurs soins... je découvre la cueillette et la préparation, ce qui est broyé et ce qui est bouilli, ce qui est réduit en poudre et est dilué. J'apprends le nom de plantes inconnues aux vertus incroyables - et il va falloir que je demande à Huck de m'en ramener si par chance il retourne dans cette contrée- penché en avant, sans quitter mes feuilles des yeux. Il parle, parle et parle encore, avant le silence. Quelques secondes à peine, puis deux mots. Brisés. Divisés. De quoi veut-il parler? Qu'essaie-t-il de me faire comprendre? Et c'est là enfin que je relève la tête, et remarque Mathias toujours planté devant le masque, la main effleurant le bois et le regard vague, avant de sembler se réveiller, et revenir à lui. Il a l'air paniqué et effrayé et je repose ma plume avant de me lever et m'approcher de lui.

Oui bien sûr, c'est magique tout ce que j'ai appris grâce à lui, et grâce à toi. Tu connaissais déjà tout ce qu'il m'a dit? Mais tu... tu es tout pâle. Qu'est-ce qui se passe?

Il attrape fébrilement son paquet de cigarettes et je l'aide à allumer son tabac, surtout quand je vois les tremblements de ses doigts, avant de m'asseoir près de lui, inquiet.

Tu es sûr que ça va? Je vais aller dire à Jenkins qu'il te ramène de quoi manger... Tu es trop faible...

Pourtant il m'ignore sur le coup, un sourire mystérieux aux lèvres alors qu'il caresse ses anciennes plaies maintenant disparues par magie, avant de me mettre en garde. Et étrangement je le crois, lui connaît la magie, il la pratique et sait l'évaluer. Alors s'il me dit de faire attention... je ne vais pas ignorer son conseil. Je hoche doucement la tête.

J'ai cru comprendre oui... nous avons tout intérêt à rester en bons termes lui et moi... à condition que tu continues de servir d'interprète si nous avons encore des choses à nous dire... Mais en attendant mange quelque chose. Jenkins! Pourriez vous ramener un plateau à Mathias? Il a besoin de reprendre des forces.

Une voix s'élève du fond de la maison.

Tout de suite monsieur.

Je me retourne ensuite vers Mathias, toujours curieux.

Alors...c'était comment de communiquer avec lui?
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Dernière édition par Abraham Van Helsing le Mar 29 Mai - 22:40, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Sam 19 Mai - 15:35

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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Ma cigarette aux lèvres et le regard dans un lointain qui n'appartient qu'aux divagations de mon esprit fatigué, je fuis quelque peu le médecin, ignorant ses inquiétudes et ses mots pour simplement feindre que dans une contemplation sincère je me perds un instant, encore sous l'emprise de l'étrange sensation qui m'a pourtant quitté au moment-même où le masque a cessé d'user de mon corps pour conter à Abraham des récits dont je n'aurais connaissances. Ailleurs, je vogue ainsi au gré de mes pensées, bercé par une fatigue morose qui m'empêche presque de fumer, de porter à ma bouche ma main entre tremblante pour arracher au tabac la moindre volute gracieuse, m'abandonnant de ce fait à un silence qui bourdonne à mes oreilles et me murmure qu'il est temps pour moi de disparaître, de m’éclipser discrètement pour rendre sa sérénité à cette demeure et me permettre de plus longuement tenter de comprendre ce mot qui me reste sur la langue, et qui se fait le refrain que chantonne presque ma magie dans mes veines. Retrouvés. La simple consonance de ce mot me fait frissonner et crée sur mon épiderme une désagréable impression que j'aimerais chasser d'un revers de la main et qui pourtant reste, insiste même, quand à nouveau, mon mentor insiste, visiblement curieux de découvrir quelque chose que je ne suis même pas sûr d'être capable de décrire. Vers lui, je lève ainsi presque timidement le nez, afin de pouvoir plonger mes prunelles ternes dans les siennes et ainsi lui exprimer toute l'étrange béatitude qui anesthésie mon esprit au point que je ne suis capable que de bredouiller quelques paroles, quelques mots qui se font le parfait reflet du chaos qui dans ma tête hurle en choeur avec le blizzard.

"Je... Je vais bien... Je crois... Je... Je vais bien..."

Mes pensées ne font plus sens et pourtant, ce mensonge lui persiste, se fait cet automatisme que j'ai quand, trop faible, je ne peux bien plus que prétendre plutôt que d'expliquer quelque chose que je suis de toute manière fatigué de devoir répéter à ceux qui ne veulent m'écouter, mais préfèrent à la place s'arrêter à ce jugement qu'ils se sont déjà forgé. D'entre mes lèvres, c'est un soupir qui s'échappe alors que je passe rapidement une main sur mes yeux, chassant de ce fait de mes paupières une faiblesse physique qui s'acharne à rester, à alourdir ce corps que j'ai l'impression de savoir au bord d'une rupture que je souhaitais tant voir un jour arriver.

"Je ne veux rien... Juste... Quelques secondes... Quelques instants pour..."

D'un vague geste de la main, je conclus ma phrase, faisant mine de balayer l'évidence d'un élégant mouvement du poignet des évidences qui pourtant ne deviennent pas des échos que le silence pourrait reprendre et souffler, mais des restes d'une pensée fragmentée, détruite par une confusion que ma magie accepte comme si c'était pour elle la première étape vers un renouveau que je ne suis pas complètement sûr de vouloir, au grand dam de la meute qui le long de mes nerfs, glisse et s'agite, comme portée par une impatience, par une fureur de vivre qu'aurait inoculé le masque aux prédateurs de ma chair qui se refusent d'un jour accepter de ne plus se battre. Fébrilement, j'arrive enfin à porter ma cigarette à mes lèvres, lui arrachant de ce fait de longues volutes qui deviennent arabesques dans l'air, et qui loin de dessiner les créatures de mes rêves, forment à la place l'étrange silhouette d'une femme dont on peut apercevoir l'emprise qu'elle a encore sur moi, si sous la couche de mon épiderme, on cherche les traces des offenses qu'elle m'a subir, de ses doigts qui ont entravés ma gorge, de ses crocs qui ont pris la peine de malmener ma carcasse déjà abîmée par des années de maltraitance d'un père qui disait m'aimer et ne vouloir que mon bien. En parfaite victime, je frissonne à cette simple pensée, détournant la tête pour ne plus avoir à contempler la braise se consumer avant de tout simplement tuer ce plaisir dont je pensais avoir besoin, en écrasant dans le cendrier le plus proche cette cigarette qui ne laisse sur ma langue que les arômes d'un dégoût profond pour moi-même.

"Je devrais monter me coucher... Je... C'était plus épuisant que ce que je pensais..."

Je tente de sourire, de rassurer le médecin alors que je me lève et vacille quelque peu, en proie à un vertige si léger qu'il a tout d'une simple impression à peine réelle qui me donne pourtant l'impression de repousser toute aide que l'homme pourrait vouloir me porter.

"Je vais bien, ne vous en faites pas... J'ai juste besoin d'être seul, le temps de reprendre mes esprits, de calmer ma magie et ensuite... Je pourrais vous raconter, ou du moins essayer de vous expliquer ce que c'est d'être à lui, même brièvement."

D'un battement de cils, je tente d'ignorer le grondement étrange qui me parvient de l'artefact, faisant même un pas en arrière pour mieux fuir cette scène étrange, cette pièce qui semble désormais n'être rien de plus qu'un décor qui se répète, qu'une farce immonde que l'on chercherait à me faire. Sur ma peau, c'est une sueur glacée qui commence à perler, à se faire l'ultime expression de mon être qui ne supporte plus que l'on joue avec lui, que l'on tente de le rassembler pour la volonté seule de quelqu'un ou quelque chose qui pense aider mais qui en réalité ne fait que s'amuser à penser être capable de reconstruire ce qui a été déjà trop de fois brisé. Le souffle désormais court, c'est ainsi que je fuis, me glissant hors du salon pour bien rapidement grimper les escaliers et ainsi m'enfermer à nouveau dans cette chambre, derrière la porte de laquelle, je m'effondre, la gorge prise par deux mains inapparentes, deux paumes qui par pur plaisir malsain tentent de faire taire à jamais mon souffle haletant et les geignements pathétiques qui sont les miens, ceux qui se font les plaintes du jeune homme hanté que je suis et dont la magie tente de le rassurer, en vain, en se glissant sous sa peau, en faisant d'elle un parchemin parcouru d'arabesques sombres tandis que la meute souffle à son oreille des paroles qui tentent de couvrir les souvenirs d'une nuit qui semble sans cesse vouloir se reproduire.
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Mar 29 Mai - 22:40

High & Dry
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C'est une bien étrange plongée que j'effectue à présent... J'ai vu bien des choses, mais jamais encore je ne me suis retrouvé dicté quelque chose par un objet, qui plus est un masque... Bien sûr j'avais connaissance depuis bien longtemps de l'existence de la magie, qui si je ne la connaissais que de nom sans avoir jamais pu la sentir, si j'ai fréquenté, chassé ou trinqué avec des créatures dont la magie était une partie totalement inhérente de leur être... si j'avais vu à l'oeuvre l'efficacité d'artefacts ou de sortilèges... je n'avais jamais encore été au contact de quelque chose qui pouvait communiquer... qui pouvait exprimer une pensée consciente, et formuler des ''phrases" ayant du sens, tout du moins pour Mathias. Eh oui dire que ce simple amas de bois travaillé, que cet assemblage d'écorce et de clous, tout ensemble, a réussi à emmagasiner le savoir et les connaissances de générations successives de guérisseurs et de griots. Que toutes ces pratiques, toutes ces informations aient fini par imprégner cette simple chose, le nourrir, l'éveiller et aller jusqu'au point où il est devenu une personne, une intelligence sans corps, prisonnière d'un objet que je pensais être qu'un souvenir, et qui au final portait et porte en lui les souvenirs de tout un peuple, et un morceau de l'histoire de l'Humanité. Tout ça est tellement excitant que je ne me plains pas de ma main qui me lance, et de mes doigts qui se crispent sur ma plume, me refaisant revivre l'époque où moi-même étudiant je souffrais de la diction bien trop rapide de certains de mes professeurs... Epoque lointaine, alors que me voilà scribe, nègre même, recueillant sur de simples feuilles de papier tant d'évènements, de conseils, et d'histoires précieux...

Le temps file et j'en perds la notion, la seule chose qui indique sa marche est simplement le flot de paroles de Mathias, et le nombre de feuilles qui sont noircies de mon écriture rendue rapide et serrée par l'effort. Jusqu'au moment où les paroles se tarissent, telles une source en été, et la magie s'estompe, enfin pour moi. Je perds mon interprète et ma Pythie, la porte entre les mondes s'étant refermée. Il me faut quelques secondes pour revenir à moi, retrouver le monde réel et quitter cette Afrique sauvage et luxuriante qui a encore tant à offrir... comme un songe dont on s'éveille difficilement. Les derniers mots que les lèvres pâles de Mathias laissent échapper sont une énigme, presque comme un indice vers la suite, comme une façon de montrer la prochaine porte à ouvrir si je veux la suite de ces aventures. Sauf que mon invité n'a pas l'air de partager mon enthousiasme et ma curiosité... peut-être parce que la magie fait partie de chacune de ses cellules? Qu'elle est aussi naturelle pour lui que l'air qu'il respire ou le sang qui circule dans ses veines? Alors que pour moi c'est une des rares fois où je peux concrètement prendre conscience de cette chose si abstraite pour moi... Je repose donc ma plume et m'approche, voyant ses mains trembler alors qu'il s'allume une cigarette. Je m'enquiers de son état mais il se contente de répéter doucement qu'il va bien... même si le ''je crois'' m'inquiète plus qu'autre chose, je dois l'avouer. Il se passe les mains sur le visage et pendant ce temps j'appelle Jenkins afin qu'il apporte à mon protégé de quoi reprendre des forces après cette séance qui semble avoir été éprouvante pour lui.

Mathias... je m'inquiète vraiment. Repose toi quelques minutes... Jenkins va arriver... Je suis désolé je n'aurais pas dû te laisser parler avec lui aussi longtemps... si c'est pour être dans cet état...

Il reste silencieux, se contentant d'aspirer de longues bouffées de tabac qui dansent paresseusement dans l'air devant lui comme des cobras somnolents, avant d'écraser son mégot dans une coupelle et d'essayer de se lever. Et à voir le mal qu'il a à tenir sur ses jambes... je me précipite vers lui et le soutiens avec douceur.

Attends... laisse-moi t'aider veux-tu? Ce n'est pas normal que tu sois dans cet état... Je t'emmène dans ta chambre et je vais rapidement t'examiner...

Il se dégage de moi, de mon aide, me rejetant poliment, et me faisant comprendre que le moment que nous avons partagé est terminé. Un pas en avant et deux en arrière comme l'on dit... Alors je recule d'un pas moi aussi, comme à la danse, attendant que mon partenaire refasse un pas vers moi avant que nous puissions tournoyer ensemble...

Très bien... Je passerai te voir tout à l'heure. Je monterai t'apporter quelque chose à manger... Va te reposer, j'arrive...

Je le suis du regard, jeune chose si fragile, et pourtant si pleine de promesses que ça en est étonnant qu'il ne le voie pas. Qu'il ne se doute pas de ce qu'il recèle... comme s'il s'empêchait lui-même de voir ce qu'il pourrait devenir... Je respire un peu mieux lorsque je le vois disparaître en haut des marches et que j'entends sa porte se fermer, signe qu'il est bien arrivé dans sa chambre... Je m'allume ma pipe, m'adossant au dossier du sofa pour contempler le masque, et murmurant doucement à son attention.

Tu m'en as caché bien des choses... mais je crois qu'on va pouvoir se parler, toi et moi, à présent...

Jenkins apparaît enfin avec un plateau garni de thé ainsi que de scones, de marmelade et autres sortes de douceurs que je lui prends des mains avant de monter rejoindre Mathias. Mais ce qui m'inquiète c'est surtout d'entendre les gémissements plaintifs qui filtrent sous sa porte. Je pose le plateau sur le tapis et ouvre, le trouvant recroquevillé sur le sol, les mains sur les tempes.

Mathias... Mathias qu'est ce qui t'arrive? Dis moi, qu'est ce qui se passe?

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Lun 4 Juin - 18:39

High&Dry
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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

Ce qui se passe, j'aimerais le hurler, le crier, le chasser de mes entrailles et de mes poumons qui se vident d'un air pourtant vital. Ce qui se passe, j'aimerais en faire une plainte, un recueil de ma douleur qui pourrait se faire le testament de mon esprit désormais complètement corrompu par les doutes, peurs, et autres maux qui n'appartiennent qu'aux âmes torturés des siècles passés, ces êtres brisés qui étaient trop tendre pour survivre en ce monde toujours trop aux coeurs innocents et aux rêves candides des enfants. Au sol, l'échine cambrée, presque tordue, voir déformée par cette meute qui cherche à se libérer, à quitter cette enveloppe charnelle qui est pourtant le berceau de son existence, je me fais ainsi pathétique, triste et bien faible pour le médecin qui au-dessus de ma personne fracassé vient se pencher, sans pour autant poser ses mains sur les courbes de mon être tremblant et soumis aux frissons puissants d'une sensation qui semble transcender sa propre existence, se faisant ainsi une puissance écrasante contre laquelle je ne peux rien faire, à part peut-être supplier entre deux hoquets douloureux que tout cesse pour de bon. Seulement, au milieu du blizzard qui gronde et tempête dans ma tête, je n'y trouve rien, pas même l'ombre ou la silhouette d'une chance de tout faire taire. Au milieu de l'orage qui ne bourdonne qu'à mes oreilles, il n'y a ni main tendue, ni meute pour me consoler mais juste un douloureux néant, un gouffre sans fond qui ne demande qu'à m'avaler, un monstre dénué de crocs que je ne peux affronter. Et si la main je tends, fébrilement, faiblement même, vers le médecin que j'espère être cet être rédempteur dont j'ai tant besoin, je ne parviens pas à croire ou à penser qu'il pourrait en effet faire faire le murmure incessant et assourdissant de mes familiers, qui dans le parcours même de mes veines ne cessent d'exiger sans réaliser que je ne peux rien donner, qu'en cet instant, je suis impuissant, car sous le joug d'une entité toute autre et pourtant familière, qui dans mon esprit, au creux même de mon oreille, murmure ce que je ne peux supporter, des mots qui ramènent à la surface de ma conscience les souvenirs d'une nuit violente, d'un moment bien trop long où je n'ai été rien de plus que la marionnette au service de la volonté malsaine de cette créature de la nuit qui a laissé dans ma chair la marque de ses crocs. A cette simple pensée, je sens les les loups de ma chair se rebeller, pousser un hurlement déchirant alors qu'ils galopent jusque dans mes yeux, se glissant sous la surface de cornée pour mieux s'y refléter, et ainsi faire de mes prunelles rien de plus que des lacs sombres, au sein desquels grouillent les promesses d'une vengeance à venir, d'un sang qui se devra de couler pour expirer les péchés de l'enfant innocent que j'ai été. Douloureusement, je tente de combattre cette rébellion, en vain, avant de tout simplement déposer les armes pour mieux supplier celui dont je parviens enfin à saisir le col de chemise.

"Ils... Ils ne veulent pas se taire..."


D'entre mes dents serrées, les syllabes sont presque inaudibles, pire, elles ne sont rien de plus que des concepts de ce que je ne parviens pas à exprimer, des ébauches de mots qui sont difficiles à prononcer, autant à cause des tremblements qui secouent ma carcasse qu'à cause des remous que provoque la meute en moi. "Elle arrive. Elle arrive. Elle se souvient, Mathias. Elle n'a pas oublié.", qu'ils murmurent sans cesse, qu'ils grognent dans l'espoir de couvrir sa voix à elle, qui loin d'être aussi virulente, se fait au contraire charmante, douce comme un chuchotement amoureux, délicate comme un susurre que l'on offrirait à la peau de cet être tant aimé que l'on pourrait avoir dans ses bras. Elle, elle cherche simplement à faire revenir à la vie la flamme d'une passion trop intense, d'un début de sentiments candides et écœurant qui en cet instant me font monter aux lèvres une bile que je me force à ravaler afin de ne pas perdre le peu de dignité qu'il me reste. Alors à la place, au lieu de me couvrir de ridicule, je préfère attirer comme je peux Abraham à moi, non pas pour échanger avec lui une étreinte qui ne ferait que m'arracher un violent hurlement mais simplement pour qu'avec moi, il s'allonge au sol, histoire d'être là, à mes côtés, quand elle arrivera, celle qui est la fin de toutes choses, l'annonciatrice de ce chaos qu'elle aimerait que je cause dans ce Londres qu'elle déteste tant.

"Je veux juste que cela s'arrête... J'ai payé pour ce que j'ai fait. J'ai prouvé que j'étais désolé, j'ai souffert pour eux." Les sanglots viennent au fil de mes mots, se faisant presque les parures qui manquaient à mon costume de parfait être fracassé. "J'ai fait mes prières, j'ai usé mon être dans l'espoir d'être pardonné..." Un frisson bien étrange se répand sur la surface de ma peau, permettant de ce fait à ma magie de s'exprimer comme elle le peut, en poussant par les pores de ma peau, quelques gouttes de sang qui donnent l'illusion que sur ma chemise, en divers endroits, des coquelicots sanglants y fleurissent. "Ce n'est pas ma faute, je n'ai pas demandé à ce qu'elle soit là, à ce qu'elle revienne. J'ai tenté de la fuir, j'ai tout fait... Et désormais j'ai peur. Parce que je sais qu'elle revient, qu'elle a senti qu'une autre force surnaturelle vient de s'unir avec mon esprit qu'elle estime être sien." En vérité, je ne sais si tout cela n'est qu'une bien morbide impression ou au contraire un fragment de cette réalité angoissante, et si en cet instant, j'aimerais être capable de percer le voile opaque des mensonges qui obscurcissent mon jugement et ma capacité à raisonner, j'admets sans peine la régression à laquelle je m'adonne et pour laquelle je redeviens cet enfant pathétique qui se roule en boule sur son tapis et qui s'apprête presque à ramper sous son lit dans l'espoir que les hypothétiques monstres sous son lit le protègent de ceux qui existent pour de vrai.
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Jeu 28 Juin - 23:16

High & Dry
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Une seconde. Il suffit d'une seconde pour que tout bascule, que tout change. Que le ciel bleu devienne orage. Que le beau vase devienne débris. Que la porte soit ouverte et le canari envolé. Que son sourire s'évade comme les bulles de champagne d'une coupe de cristal. Que d'un début de complicité qui avait commencé à se tisser entre nous il ne reste que des gémissements et des larmes. Cet espoir de pouvoir nous parler, nous entendre sur quelque chose, ce début si prometteur comme l'esquisse d'un chef d'oeuvre, où les premiers coups de crayon du maître laissent déjà deviner toute la beauté de ce qui sera, ou les premières notes encore légères et éparses qui deviendront une symphonie, ou un hymne pour toute une nation. Une promesse, un mouchoir en dentelle imbibé d'eau de rose qu'on ramasse et qu'on fait glisser entre ses doigts... tout ça réduit à néant alors que j'espérais prolonger cette accalmie, cette trêve muette qui semblait avoir été conclue et qui nous avait permis de discuter pour la première fois. Un pont lancé sur une rivière en furie... Et à le voir ainsi, recroquevillé sur le sol, à gémir et sangloter comme un enfant, je me dis qu'une autre petite part du mystère qu'il représente a été dévoilée, mais que cela soulève aussi de nouvelles questions... Sans réfléchir je pose le plateau censé lui faire reprendre des forces et tombe à genoux près de lui, attrapant la main qu'il me tend comme un naufragé tombé à l'eau un jour de tempête, et le ramène à moi, doucement mais fermement. Sors de la mer furieuse Mathias... arrête de lutter contre la tempête et les vagues qui sont bien trop violentes pour toi et monte sur le radeau... Laisse moi t'aider et tout ira mieux...

Je soupire en l'attirant doucement contre moi, une main autour de ses épaules et une dans son dos, sentant son souffle court et son coeur emballé alors que ses mains bien trop fines se cramponnent à ma chemise avec l'énergie du désespoir et que ses mâchoires serrées arrivent enfin à prononcer laborieusement quelques mots.

Qui Mathias? De qui parles-tu? Qui ne veut pas se taire? Dis moi...

Mais il se bat avec des ennemis invisibles, pris par je ne sais quelle panique dont l'origine m'est inconnue. Je n'en vois que les symptômes, que les conséquences, et c'est tout, me laissant terriblement démuni car il n'est pas blessé ni malade... Il est loin, tellement loin... et malheureusement aucun remède de cette maison ne saurait guérir ces blessures qui ont tout l'air d'être celles de son âme à défaut du corps. Il s'agrippe un peu plus à moi et je le serre plus fort, caressant doucement son dos, murmurant sans cesse que je suis là, que tout ira bien, et que tout s'arranger... Puis comme s'il avait enfin eu le sésame du conte, ses mâchoires se délient assez pour qu'il parle à nouveau, même si les mots sortant de ses lèvres pâles ne m'aident en rien, bien au contraire.

Pour qui es-tu désolé? Pour qui as-tu souffert? Etre pardonné de quoi? Je ne comprends pas... Explique moi Mathias, dis-moi comment je peux t'aider...

Face à sa crise je suis comme Thésée sans le fil d'Ariane, tambourinant à la recherche d'une porte là où il n'y a qu'un mur... je cherche une faille, un rayon de lumière, quoi que ce soit qui pourrait m'aider à comprendre ce qui le met dans cet état mais rien...rien du tout. Je ne peux que rester là, pour l'écouter, pour lui faire sentir qu'il n'est pas seul. Et un hoquet de surprise m'échappe quand je vois sur son torse éclore des roses pourpre, apparues là comme par magie, et sans raison. Mais qu'est ce qui peut bien se passer ici? Sans trop réfléchir je le soulève dans mes bras, m'étonnant de sa légèreté et le dépose sur le lit, revenant près de lui pour ouvrir délicatement sa chemise, et essayer de comprendre pourquoi ces fleurs du mal ont fleuri sur son torse malingre. Rien. Aucune coupure, aucune blessure... c'est presque comme s'il transpirait du sang... mais ça n'est pas possible. C'est bien trop... étrange. Pourtant j'en ai vu, des choses étranges depuis le début de ma carrière, que ce soit en médecine ou à la Ligue, mais ça... Je ne me l'explique pas. Tournant la tête j'appelle Jenkins qui arrive quelques secondes plus tard.

Du laudanum, et de l'eau chaude avec un linge. Le laudanum d'abord. Merci.

Je me repenche vers lui, assis près de lui et tentant encore et toujours de rester en contact avec lui, de saisir un lambeau de conscience comme on tenterait d'attraper un fantôme qui glisserait entre mes doigts, mais je ne m'avoue pas vaincu.

Mathias parle-moi... Parle-moi... Dis moi comment je pourrais t'aider... Dis-moi...

Puis une fois que Jenkins est apparu je glisse simplement une goutte dans un peu de thé, que je porte à ses lèvres.

Bois un peu de ça... ça va aller mieux après... Détends toi... voilà...

Je l'aide à faire glisser le liquide dans sa gorge. Une goutte de laudanum suffira à l'apaiser tout en le maintenant conscient. Je n'ai pas envie de le droguer, juste qu'il se calme... Je le tiens toujours près de moi, caressant ses cheveux, attendant que la drogue fasse effet.

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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Jeu 2 Aoû - 20:56

High&Dry
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Tard dans la nuit, quand il n'y a plus un chat, qu'il n'y a plus un bruit. Alors je pense à toi je sais que tu m'oublies. Toute une vie sans te voir ce n'est plus une vie

J'aimerais ramper, avoir la force de me relever pour aller me cacher sous ce lit qui est à quelques pas de moi et ainsi retrouver l'étreinte d'ombres qui pourraient me dissimuler et peut-être même me protéger de celle qui semble, en cet instant, vivre dans ce recoin de mon esprit que je pensais être mien. Sous l'ombre du lit, dans un coin, j'ai envie de me faufiler, comme une bête apeurée dans les bras d'une certitude illusoire, d'une idée idiote qui pourrait me chuchoter qu'ici je ne crains rien, qu'ici je suis sous la protection d'une force ou d'une entité qui fera à jamais reculer l'instant où elle posera à nouveau ses crocs autour de mon coeur. Ici, sur le sol de cette chambre, j'ai l'envie, le désir, le besoin de ramper vers cet espoir qui se mue en un gémissement quand Abraham se tourne vers moi, me suppliant presque de lui expliquer ce qui est pourtant une évidence. En un battements de cils, je me trouve à croiser son regard et à observer l'incrédulité dans ses prunelles alors que mes lèvres s'entrouvrent sans laisser échapper le moindre son ou mot qui pourraient, justement, aiguiller le médecin sur l'origine de ce mal qui me ronge et qui force ma magie à s’exprimer au travers de ce suintement sanguin aussi morbide que douloureux, m'empêchant de ce fait de lui hurler, ou même de lui murmurer, ce qu'il ne comprend pas, faisant ainsi de moi une pauvre victime inutile, un patient dont il doit s'occuper à nouveau, par crainte de le perdre. Ainsi, toujours dans ses bras, je ne me débats quand il fait appel à Jenkins et encore moins quand entre mes lèvres, il fait couler un thé chaud mais point brûlant qui a pour effet de faire gronder la meute dans mes veines. "Pas encore. Pas encore." souffle-t-elle avec violence. "Tu avais promis de ne plus faire ça. Mathias. Tu avais promis." Je ferme doucement les yeux et accepte l'étreinte du médicament, son indolent baiser qui me plonge dans une transe familière et doucereuse, qui si elle déplaît à cette magie qui s'endort en compagnie de mes craintes et autres angoisses, m'arrache pour ma part un soupir de soulagement, un sourire du corps qui ne parvient jamais à mes lèvres et qui pourtant occasionne un relâchement musculaire presque béni et un arrêt de ce saignement étrange. En réalité, c'est tout en mon corps qui s'arrête et se mets au rythme de la volonté de Bram, se suspendant au fil des silences que le médecin place entre ses mots, entre les différents sons qui composent une demande à laquelle je ne réponds au début que par un soupir, puis par un reniflement qui devient quelques syllabes tremblantes.

"J'ai suffisamment été à genoux dans la poussière pour implorer le pardon de ceux que j'ai tué... Je jure que j'ai payé, que pas un jour ne se passe sans que je ne sois malade à l'idée d'avoir retiré à des familles entières un père ou un fils..."

Doucement, je reprends mon souffle tandis que sur mes rétines, les images de cette nuit se rejouent, encore et encore, s'accompagnant des cris, des supplications de ceux qui pensaient que je serais là pour les protéger, pour être le soutien agressif, une force dissuasive qui s'est en réalité faite ce qui n'a pas hésité à les massacrer. A mes oreilles, j'entends encore les reproches, les hurlements des proches, les larmes et mes propres sanglots.

"Je ne voulais pas... Je le promets."


Mais tout ceci sont les mots qu'un coupable, les repentances de quelqu'un qui ne mérite pas le pardon, les supplications d'un monstre qui depuis longtemps aurait dû être enfermé.

"C'est elle qui m'a forcé à le faire. C'est elle, qui avait une main sur mon coeur qui a dicté mes actes. Je n'ai jamais voulu tuer. La meute n'a fait que l'écouter, que céder à ses promesses..."

Elle avait parlé d'une couronne, d'un royaume, de notre indépendance et de cette âme immortelle que je pourrais retrouver et pleinement embrasser, afin de ne plus jamais être la marionnette de qui que ce soit. A la meute, elle avait fait miroiter la chasse éternelle, le plaisir de jamais manquer de proie, la promesse d'être à jamais à mes côtés. A nous, elle avait jurer que nous pourrions être heureux, à condition d'exterminer les humains qui ne méritaient pas d'être vivants à mes côtés. A nous, elle avait promis tout et même plus. Selon elle, nous étions des déités qu'il fallait vénérer, des entités qui méritaient l'or et le sang de l'humanité. Selon elle nous étions plus qu'un sorcier et ses créations. Nous étions les envoyés d'une désolation. Des créatures faites pour porter le message d'une fatalité que les êtres vivants ne peuvent entendre. Elle avait charmé plus que nos coeurs ou nos âmes et c'est de ça dont je suis le plus coupable. Une faible inspiration parvient à soulever mon torse si maigre et enfin, je reprends, l'esprit plus clair mais la voix plus faible, comme adoucie par la crainte de la venue prochaine de mon bourreau.

"C'est elle que je sens, celle qui m'a fait ça, qui m'a laissé pour mort, cloué au mur de cette chambre... C'est elle que je sens d'un coup, qui me rappelle que nous sommes liés par ce sang qu'elle a fait couler dans ma bouche après avoir déchiré ma gorge de ses crocs. C'est elle qui vient. Qui sent que je laisse d'autres puissances toucher à ce qu'elle estime être sien... Elle va venir, Abraham... Elle revient toujours."


C'est son pouvoir, sa plus grande chance aussi, celle d'exister à jamais sur ma rétine. D'un frisson, je me laisse envahir par le son de cette voix que je n'ai pas entendu depuis des mois et qui pourtant, en cet instant, résonne à mes oreilles déjà saturées par les battements furieux de mon coeur. "Tu ne fais pas sens Mathias. Tu ne fais jamais sens quand tu es comme ça. Tu ne sais pas lui dire. Laisse-nous. Laisse-nous expliquer. Nous savons, nous. Nous parlons le langage de tes pensées. Nous connaissons ta souffrance, nous savons les maux qu'elle engendre et nous pouvons lui dire. Laisse-nous faire Mathias. Laisse-nous prendre soin de toi." De sa transe médicamenteuse, de son absence, la meute sort et s'éveille afin de chuchoter des paroles qui me font un instant hésiter, presque trembler et qui finalement, devienne une offre que j'accepte, une porte de sortie par laquelle je m'engouffre alors que je clos les yeux pour répéter les paroles de la meute.

"Amélina. C'est la vampire qui est la cause de tout. Celle qui a charmé plus qu'un coeur et qui a exigé du sang. Elle est le mal original. La source même de ce qui pousse un homme à perdre la raison. La rose noire qui nous a lié à elle et qui désormais veut nous récupérer."


Au médecin, je m'accroche un peu plus, venant chercher dans son étreinte quelque chose que les enfants espèrent déceler chez une mère ou un père, froissant ainsi sa chemise de mes phalanges désespérés tandis que j'enfouis mon visage contre ce coeur que j'entends battre dans sa cage thoracique.

"J'ai peur de son retour... J'ai peur de ce qu'elle pourrait me forcer à faire et surtout... J'ai peur de la sentir dans ma tête, à m'appeler, à me dire qu'il est temps de se retrouver..."

Les larmes reviennent, mes joues se souillent à nouveau de mes sanglots et enfant je redeviens, quand au milieu de mon souffle clairsemé de pleurs naît ce qui semble être mes dernières volontés.

"J'ai peur qu'elle fasse de moi un monstre... J'ai tellement peur Abraham... Je ne sais plus quoi faire... A part mourir, je ne sais plus quoi faire pour lui échapper. Aide-moi... Aide-moi je t'en prie..."
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Message(#) Sujet: Re: High & Dry (Mathias & Abraham) Hier à 16:39

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Mathias & Abraham.
Qui pourrait reconnaître aujourd'hui que le jeune homme qui s'agrippe à ma chemise en sanglotant, pâle comme la mort et aux joues bien trop creuses est Mathias Calloway, le fils du grand sorcier de Londres, aîné et héritier d'une immense fortune et beau à donner envie de se servir de lui pour faire un nouveau portrait de Dorian Gray ou à détourner les jeunes filles de leurs ouvrages de couture pour souffler à leurs esprit des pensées bien impures? Qui pourrait s'imaginer que la coqueluche de Londres, celui sans qui une fête n'est pas une fête et qui connaît tous les tenanciers de bordel, ainsi que la moitié des filles qui y travaillent par leur prénom, qui est aussi à l'aise dans un dîner royal à six services que dans une fumerie d'opium est la pauvre chose désespérée qui reste tout contre moi, comme s'il avait la peur panique, maladive même, que je ne m'éloigne d'un pouce. Que je le laisse seul. Chose qui est hors de question pour l'instant... surtout quand je vois son torse se couvrir de sang, tremper sa chemise sans aucune blessure, et que son torse malingre demeure intact sous le linge mouillé que je fais courir sur sa peau. Rien... pas une griffure, pas une entaille... comme si son hémoglobine était venue là par magie...

Heureusement une goutte de laudanum dans sa tasse portée à ses lèvres semble l'aider... et en quelques secondes c'est comme si tout son corps se relâchait et se détendait, marionnette à qui on aurait coupé les fils. Et il peut enfin se reposer...au moins un peu... Son souffle se fait plus profond, comme s'il venait de gagner une guerre contre ses poumons qui avaient capitulé et qui le laissaient maintenant respirer correctement... Je l'installe plus confortablement, le débarrassant de sa chemise maculée avant de m'asseoir près de lui, et glisser une main tendre dans ses cheveux sombres dans un geste apaisant. Je suis là... tout va bien... Tu n'es en guerre contre personne ici jeune homme... personne à part toi... Et je l'observe alors que son corps lui permet enfin de parler, d'articuler quelques mots qui tout d'abord m'arrachent un froncement de sourcils d'incompréhension. De quoi parle-t-il? Et petit à petit, comme le vent du Nord qui chasse le brouillard de l'océan, je commence à entrevoir de quoi il parle... à comprendre de quoi il est question. La vampire. La fameuse démone qui l'avait mis sous sa coupe il y a un an maintenant, et qui l'avait laissée dans une parodie sanglante du Christ, épinglé au mur d'une chambre d'hôtel sordide. Dès que Morgan avait été prévenu, il m'avait immédiatement fait chercher, et même moi, qui ai pourtant l'estomac solide, j'ai senti mon sang se glacer dans mes veines face à ce spectacle macabre. Son visage d'ange portait la même expression que notre Seigneur pendant son Calvaire, et de longues trainées sanglantes coulaient de ses poignets sur les murs... Je me rappelle du long moment qu'il avait fallu pour le descendre, en évitant l'hémorragie et de déchirer ses tendons, puis des longues heures passées à son chevet, à administrer toutes sortes de drogues, à recoudre ses poignets, et à continuer de faire battre son coeur bien affaibli. C'est seulement à l'aube, quand ses joues et ses lèvres avaient repris un peu de couleur que j'ai su qu'il était hors de danger, et qu'il a pu être ramené chez lui...Je me rappelle la scène comme si c'était hier, même si lui ne doit pas se souvenir de moi et de mes passages...

Je ne pensais pas que cette histoire ressortirait ainsi... qu'elle était encore aussi vive et douloureuse à son esprit... plus encore l'incident qui a commencé sa lente spirale destructrice qui l'a amené à être pensionnaire malgré lui de mon humble demeure... Je continue mes tendres caresses dans ses cheveux alors que je le contemple et l'écoute. Et moi qui croyais que tout cela avait glissé sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard... Moi qui avais imaginé que cela ne l'avait pas affecté outre mesure... vu qu'il a continué sa vie d'avant, entre bordels et bals, salles de jeu et fumeries avec toujours cet air canaille et ce sourire qui donnait l'impression qu'il connaissait un secret qui vous était inconnu. J'en avais été surpris, me demandant s'il était si fort de caractère, ou au contraire, si froid que tout ceci ne l'avait pas touché...

Je sais... je sais mon garçon... Tu étais sous son emprise et elle a profité de ta faiblesse. Ce qu'elle a fait... était... indigne. Immoral. Elle t'a pris au piège et s'est servi de toi... Personne n'aurait mérité de vivre ça... Personne tu m'entends?

Il se redresse péniblement pour revenir tout contre moi et je le garde fermement mais doucement près de mon torse, à le laisser vider son sac, épancher son coeur, et mettre des mots sur quelque chose qui visiblement le ronge de l'intérieur depuis bien trop longtemps... Pourquoi ici? Pourquoi à moi? Est-ce parce qu'il n'a personne d'autre à qui parler de cet horrible événement? Cela ne ferait que conforter mon idée que Morgan n'est pas le père aimant et dévoué qu'il prétend être... et je soupire en hochant doucement la tête.

Je sais... j'étais là ce soir... c'est moi qui t'ai soigné... mais tu étais bien trop faible pour te souvenir...

Ses doigts fins s'accrochent avec l'énergie du désespoir à ma chemise ruinée et je lui fais doucement lever le menton pour croiser mon regard.

Mathias... ici tu es en sécurité... ton père lui même a posé des barrières magiques pour que tu n'utilises pas tes pouvoirs, et que tu ne puisses pas sortir en dehors du mur d'enceinte. Même si elle t'appelle, tu ne pourras pas la rejoindre, et elle ne pourra pas te faire utiliser tes pouvoirs à ton insu d'accord? Et c'est une vampire... je te garantis que même les dix plaies d'Egypte réunies ne pourraient me pousser à l'inviter sous mon toit. Cela fait deux choses qui te garantissent d'elle mon garçon... Ca ne va pas recommencer je t'assure. Tu ne seras plus ton pantin. Et ce qui s'est passé cette nuit là ne se reproduira plus jamais... Tu n'es pas un monstre, tu es humain Mathias... un être humain peut faillir, Dieu l'a créé ainsi... et il lui a aussi fait le merveilleux cadeau du rachat et de la rédemption... Je crois en toi fils... abandonner maintenant est beaucoup trop facile, et ça serait la voir gagner... Alors que si tu suis mon enseignement... je te rendrai assez fort pour l'affronter et la tuer de tes mains. Pour imposer la paix à son âme tourmentée et qu'elle rende des comptes à son Créateur... mais jamais...jamais je ne te laisserai mourir. Tu vaux tellement mieux que ça... Tu as encore tellement de choses à vivre... ça serait Lui faire insulte que de gâcher ainsi une de ces créations... Tu ne crois pas?

J'ai un sourire doux alors que je caresse toujours son dos.

crackle bones
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