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 Leçons de science et leçons de vie

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Wilhelmina Murray
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MessageSujet: Leçons de science et leçons de vie   Dim 20 Aoû - 8:55

Londres se fait grise et humide, aujourd’hui, la neige fondant bien vite sur ses pavés mouillés. Par la fenêtre de la voiture, Mina observe les bâtiments défiler en silence. Sur ses genoux, ses mains se tordent doucement, nerveusement, retirent et remettent ses gants tour à tour, incapables de se décider sur la bonne tenue à arborer. Pourtant, ce n’est rien d’inhabituel, que cette rencontre. Ou plutôt, quelque peu. Abraham lui a promis une leçon et bonne élève, elle a étudié, révisé, prête à montrer l’étendue de ses connaissances et de son désir d’apprendre, toujours aussi vif. Promis un cours privé sur ce que le monde cache de plus inattendu, et peut-être, elle l’espère, si elle est douée, un cours complémentaire à cet apprentissage théorique.
Elle en a assez, de la théorie.

Fébrile comme jamais, elle a ridiculement changé trois fois de chapeau et refait son chignon le double de fois, avant de quitter la chambre de bonne qu’elle loue à une charmante vieille dame, qui ne lui demande en plus à l’occasion que quelques menus travaux de ménage et de cuisine. Ainsi qu’aucune visite d’aucun jeune homme, bien évidemment, mais de toute façon, elle est une jeune dame bien comme il faut.

Le prix de son indépendance, bien peu cher payé pour tout ce qu’elle acquière.

Le paysage change, à peine. Elle connaît le chemin par coeur, jusque chez Abraham. Sa fabuleuse mémoire en a retenu tous les détails, tous les détours. Elle pourrait s’y rendre les yeux fermés, et bien chaussée. « Nous sommes presque arrivés », prévient la jeune femme au chauffeur, qui ralentit jusqu’à ce qu’ils arrivent devant l’hôtel particulier du docteur Van Helsing. Qui, comme le clame son titre avec beaucoup de justesse, est médecin. Qu’une jeune dame visite un homme est certes regardé de travers, mais pas lorsque celui-ci affiche une profession si respectée. Pourquoi donc pourrait-elle visiter un homme, si ce n’est que pour sa santé, ou celle de sa charmante famille ?
La voiture la dépose tout juste devant le portail de fer, à son insistance. Mina n’a pas envie que cet inconnu mette son nez plus que nécessaire dans ses affaires de l’après-midi. Elle attend même que le chauffeur soit parti avant de passer la grille et de traverser la cour pavée, jusqu’à la porte d’entrée. À peine ses jointures ont-elles effleuré le bois qu’elle s’ouvre sur le majordome de Van Helsing. À croire qu’il l’attendait - et elle sait bien que c’est le cas, qu’il y a même déjà quelques minutes qu’il attend que la fière Wilhelmina se présente. Un sourire chaleureux, comme salutation, alors qu’il l’invite à entrer sans plus attendre, l’air froid de l’hiver se faufilant bien rapidement dans la demeure : « C’est toujours un plaisir, Jenkins. » Il lui retourne la salutation avec la même politesse, puis lui propose de se départir de son manteau, si elle le désire bien. Et bien sûr ! Pas question de mourir de chaud non plus.

Elle en est à retirer son chapeau et à vérifier que son foulard est toujours bien entouré autour de son cou, la soie rouge cachant la peau à jamais marquée, lorsque le maître des lieux arrive, et qu’elle oublie bien vite sa nervosité. Tout ira bien. « Abraham, mon cher », qu’elle salue son ami, s’inclinant en une parfaite révérence. Le salut est bien formel, pour un homme qu’elle tient en si haute estime et amitié, mais même devant le pourtant fidèle Jenkins, tout n’est que sagesse et bonne tenue. Sauf peut-être dans ce sourire plus franc, dans ce regard qui pétille de malice et de joie. Sauf peut-être dans ce prénom, utilisé sans égard pour la convenance et les bonnes manières. Si bien élevée, si comme il faut, si encline à enfreindre tout ce qu’on lui a enseigné. « J’espère que l’hiver ne vous freine pas dans vos nombreuses activités… quoique je ne crois pas que quoi que ce soit puisse vous arrêter. » Et certainement pas le froid, ou la neige ! Il en faut bien plus pour mettre à l’arrêt cet homme plus grand que nature.

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Dernière édition par Wilhelmina Murray le Lun 21 Aoû - 1:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Leçons de science et leçons de vie   Dim 20 Aoû - 23:29

Leçons de science et leçons de vie
Mina & Abraham



Monsieur?

Jenkins, en bon domestique a cette capacité de se déplacer sans bruit au sein de ma demeure, et même si cela fait des années qu'il est à mon service, sa discrétion exceptionnelle fait que j'arrive encore à sursauter lorsque j'entends sa voix s'élever d'un coup, sans être accompagnée d'aucun autre son. Un peu comme si mon majordome était un ectoplasme qui n'aurait pas trouvé le repos dans l'au-delà, ou pour qui sa tâche inachevée consisterait à s'occuper pour l'éternité de cuisiner des plats délicieux, de cirer les planchers et de faire rutiler l'argenterie. Je relève le nez et souris à celui qui à lui tout seul est capable de faire tourner cette maison d'une main de maître.

Oui mon ami?
Mademoiselle Murray restera déjeuner avec nous?
J'y compte bien en effet, nous avons du pain sur la planche aujourd'hui. D'ailleurs pourriez vous installer une cible dans le jardin?
Certainement monsieur. En dessert, une tarte aux pêches conviendra?
Ca sera parfait, ne vous en faites pas.


Et comme une ombre il glisse plus qu'il ne marche hors de l'encoignure de la porte, dans laquelle il s'était tenu respectueusement, me laissant avec ma montagne de traités d'anatomie et de précis de médecine, tentant d'en extraire l'essentiel et de ne pas noyer mes étudiants avec un surplus d'informations apporté trop tôt et trop vite. Mon gramophone laisse échapper du Debussy en sourdine, parfait pour travailler sans me déconcentrer, et les feuilles se noircissent, ainsi que mes doigts au passage, se recouvrant petit à petit de schémas, de notes, parfois raturées et parfois complétées. Ma seule interruption vient de Jenkins, qui m'apporte une théière fumante bienvenue.

Puis j'entends le grincement du portail et ma plume suspends son vol au-dessus des feuilles noircies qui constituent le cours que je suis en train de préparer. Mes yeux se posent ensuite sur l'horloge et j'ai un léger sourire en devinant qui est notre visiteur, ou plutôt notre visiteuse en cette matinée froide et humide typiquement londonienne. Ma très chère Wilhelmina... ou plutôt Mina... J'entends en effet mon valet prononcer son nom et je me lève, abandonnant tout sans aucun scrupule sur mon bureau afin d'aller à la rencontre de mon amie si chère. Lorsque j'arrive, Jenkins l'aide déjà à ôter manteau, chapeau et gants, tout en laissant son fameux foulard rouge autour du cou, foulard qui est devenue en quelque sorte sa marque de fabrique, une partie d'elle-même depuis notre terrible aventure... Elle me fait une révérence impeccable et je ris doucement en secouant la tête, m'inclinant à mon tour avant de venir prendre ses doigts délicats et les effleure de mes lèvres. Il aurait été inconvenant de déposer ses lèvres sur la main d'une dame, seul le geste compte. Je me redresse alors et lui présente mon bras.

Très chère, arrêtez de me traiter comme si j'étais le ministre des finances ou un chancelier de la Reine. Après tout ce que nous avons vécu et traversé, nous avons bien passé le stade des révérences et des baisemains ne trouvez vous pas?

Mina...très chère Mina... celle que j'ai veillée nuit et jour suite à la visite de cet infâme Dracula, lui qui lui avait fait boire un peu de son sang, créant ainsi un lien psychique entre eux deux... elle que j'ai défendue au péril de ma vie, et elle que j'ai tenue loin de ce monstre jusqu'à ce que Jonathan, Quincey, John et Arthur se lançaient dans une course contre la montre avec les bohémiens pour les empêcher de ramener cette chose à son château avant le coucher du soleil... Elle qui s'est montrée si brave et si courageuse durant toutes ces épreuves... et qui comme moi est retournée à sa vie d'avant. Sauf que pour elle, le retour à la vie normale s'est avéré être beaucoup plus complexe qu'avant. Et si au début j'ai refusé de prendre partie dans le différent qui l'opposait à son mari, je me suis rapidement rallié à sa cause à elle en apprenant qu'il bridait ses envies d'aventure et de missions pour la contraindre à rester une femme au foyer... Brider ainsi les aspirations de celle qui partage sa vie, ce n'est pas de l'amour pour moi... et heureusement pour elle, elle semble plus heureuse maintenant, même si elle gardera toute sa vie la marque de ce qu'elle a vécu, plus que tous les autres y ayant participé. Je lui souris, riant même en l'entendant alors que je la guide jusqu'au salon.

Vous savez bien que rien ne m'arrête jamais très chère! C'est seulement plus difficile de nager dans la Tamise quand celle-ci est gelée et les routes sont simplement un peu plus glissantes.

Je l'invite à s'asseoir sur le sofa de velours rouge faisant face à la cheminée pendant que je m'installe pour ma part dans un fauteuil près d'elle.

Avez vous fait bonne route pour venir jusqu'ici? Et je... Mina... vous savez que vous n'avez pas besoin de garder votre foulard en ma présence. Vos cicatrices ne me dérangent pas, bien au contraire. Je les vois comme une preuve de grande force et de grand courage...

A cet instant Jenkins apparaît, déposant devant nous un nouveau plateau chargé de tasses, de lait, de biscuits au chocolat et d'une théière sentant bon l'Earl Grey. Et ce dernier nous laisse après lui avoir demandé comment elle préférait sa boissons, nous servant tous les deux et disparaissant. Je bois une gorgée en soupirant avant de lui sourire.

J'ai pensé travailler sur les goules ce matin, en guise de théorie, et ensuite, après le déjeuner, j'avais dans l'idée une petite séance de tir dans le jardin. Est-ce que cela vous convient?
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HRP : J'espère que tout te va! Si jamais n'hésite pas et je modifierai!
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Wilhelmina Murray
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MessageSujet: Re: Leçons de science et leçons de vie   Lun 28 Aoû - 5:50

Toujours convenable, le baisemain est mimé à la perfection et c’est avec joie qu’elle accepte le bras tendu. « Très chère, arrêtez de me traiter comme si j'étais le ministre des finances ou un chancelier de la Reine. Après tout ce que nous avons vécu et traversé, nous avons bien passé le stade des révérences et des baisemains ne trouvez vous pas ? Elle rit, la bouche élégamment cachée derrière sa main libre. Au contraire du chancelier de Notre Majesté, j’ai la chance de vous côtoyer. » Puis, elle ne dit pas qu’elle craint que si ses manières se font trop familières, que tout s’écroule. Ses bonnes manières font partie de sa carapace, de son personnage, et Mina s’applique à tout maintenir en place. À camoufler les fissures de son mur.

Elle le suit jusqu’au salon, qu’importe qu’elle connaisse déjà le chemin par coeur. La nuit, dans certains rêves, elle parcourt l’hôtel Van Helsing de haut en bas, s’y enfuit avec des vampires aux talons. Son étreinte sur le bras de son ami est un instant plus étroite, mais elle chasse bien rapidement cet affligeant souvenir. Ici, les vampires, elle les combat. Elle apprend à se battre. Avec sa tête. Et tout le reste. Mina rit au trait d’humour d’Abraham, heureuse de constater qu’il est en effet impossible à arrêter.
Le salon est chaud, réchauffé par le feu, chassant toute l’humidité de l’hiver londonien. Du bout des doigts, elle lisse les plis de sa robe et s’apprête à prendre place dans le sofa qui lui est désigné, mais elle s’arrête au milieu du geste, figée par les mots du docteur : « [...] Et je... Mina... vous savez que vous n'avez pas besoin de garder votre foulard en ma présence. Vos cicatrices ne me dérangent pas, bien au contraire. Je les vois comme une preuve de grande force et de grand courage... » Elle porte sa main à son cou, Réflexe qu’elle ne contrôle pas. Elle a craint, un instant, que le tissu soyeux ait bougé, qu’il ait révélé l’irrévélable, et elle se retient de détourner le regard de celui d’Abraham. Il y a du respect, dans les yeux de son ami, et pourtant, elle n’ose pas. Elle voit seulement les yeux effrayés, dégoûtés, de Jonathan. Des mois, un an, plus tard, et ils la hantent toujours. « J’ai fait bonne route, je vous remercie », répond la brune machinalement, tout en évitant soigneusement de poursuivre sur cet autre sujet.

Il y a une intimité, dans le geste qu’elle ne fait pas, dans ce foulard qu’elle ne retire pas, qu’elle n’est pas certaine de pouvoir, devoir, avoir avec Abraham.

(peut-être, plus tard)

Raide comme la justice, elle prend enfin place dans le sofa, son velours rouge si doux sur ses mains. La chaleur du feu l’apaise un tantinet. « Deux laits, un sucre, cher Jenkins », commande-t-elle à voix basse, guettant les gestes minutieux et assurés du domestique, qui la sert sans faillir. Les biscuits attirent son oeil et attisent sa gourmandise, mais c’est sagement qu’elle attend qu’Abraham se serve avant d’elle-même le faire, afin de ne pas sembler gloutonne. Jenkins la devance, cela dit, en déposant un des biscuits sur une assiette avant de s’éclipser. Quel brave homme. Le docteur lui expose son plan du jour et Mina doit se retenir de battre des mains, comme le ferait une enfant à l’entente de celui-ci. Il sait bien plus que les autres tout ce qu’elle désire apprendre, qu’importe les avis un peu poussiéreux et trop conservateurs de la Ligue à propos de son âge et de son sexe. « Un programme fort convenable, je dirais même excitant. Je risque peu de vous impressionner avec ma maîtrise du pistolet, quoique chaque séance donne lieu à une certaine amélioration, mais j’espère le faire avec certaines de mes connaissances. Les ouvrages de la Ligue sont plus qu’utiles, mais je ne vous l’apprends pas. » Une gorgée de thé, thé parfait, une bouchée soigneusement détachée d’un biscuit. Elle réfléchit, quelques secondes, avant de retrouver dans les méandres de sa mémoire les vers qu’elle recherche, et d’une voix qui se veut mystérieuse, elle déclame : « Nous ne nous rappelions pas l’humide marais d’Auber, ni le pays de bois hanté par les goules de Weir. » Juste un vers, deux vers, afin d’inaugurer cette session. Deux vers et un sourire amusé, un signe d’une main, comme une deuxième révérence. « Les écrits de Poe recèlent des trésors les plus sombres, et des plus appropriés. » Écrits condamnés par sa sage famille, mais qui, depuis sa mésaventure vampiresque, la fascinent d’autant plus.

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Abraham Van Helsing
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MessageSujet: Re: Leçons de science et leçons de vie   Jeu 31 Aoû - 16:55

Leçons de science et leçons de vie
Mina & Abraham



Ma chère amie arrive à l'heure convenue et je l'accueille avec chaleur, sincèrement content de la voir dans ma demeure, et de savoir qu'elle va passer la journée en ma compagnie. Les copies à corriger et mes cours à préparer peuvent attendre après tout. Je viens donc la retrouver, plaisant gentiment avec elle sur le fait que ses manières envers moi sont encore bien trop sérieuses et je me demande parfois pourquoi elle fait preuve de tant de retenue. Craint-elle pour sa réputation déjà ternie par son divorce? Ou a-t-elle peur de laisser quelqu'un devenir à nouveau trop proche d'elle? C'est vrai que cette dernière année a été bien difficile pour elle, et de jeune femme sans histoire, de condition modeste, institutrice et fiancée à un notaire, elle est retrouvée bien malgré elle mêlée à une histoire de vampires, victime d'un des pires monstres que la Terre ait jamais porté, et failli devenir comme lui si nous n'étions pas intervenus, au péril de nos vies... Bien sûr que tout ceci ne s'oublie pas, et qu'on ne peut pas tourner la page aussi facilement sur une telle expérience, en tout cas pas aussi facilement que Jonathan l'a fait. J'ai d'ailleurs été surpris par la vitesse à laquelle il a repris l'étude de son ancien patron, et s'est installé dans son ancienne vie comme on enfile ses charentaises, confortablement près du feu. Il a refusé de s'investir dans la Ligue, et ne me donne plus de nouvelles, comme si tout ceci était un cauchemar, un mauvais rêve, une parenthèse dans sa vie qu'il tente au maximum d'oublier en faisant comme si elle n'était jamais arrivée... contrairement à Mina. Mais comment lui en vouloir? Après tout ça, et après la proposition de Némo de siéger au Conseil, redevenir la simple femme de notaire dont le quotidien va consister à surveiller les domestiques, à faire de la broderie et à élever les enfants est quelque chose que certains, ou plutôt certaines, ne peuvent concevoir et je la comprends pour cela. D'ailleurs, le seul qui ne comprend pas est son ex-mari... mais à la voir à présent, je me dis que la décision qu'ils ont prise a été la bonne. Même si elle porte toujours un masque grave et sérieux, elle ne semble plus porter le poids du monde sur ses épaules, et avoir gagné au contraire en légèreté et en joie de vivre, ce qui me ravit. Elle mérite d'être heureuse, elle plus que quiconque, elle qui a tellement sacrifié. Sans elle et les autres, quelle serait la situation de Londres? Nous serions peut-être tous devenus des suceurs de sang et l'Europe aurait plongé dans la chaos... D'ailleurs la seule allusion à notre voyage en Roumanie est détournée et je comprends vite qu'elle n'est pas à l'aise avec le sujet. Elle l'esquive délicatement avant de s'installer près du feu, où Jenkins nous retrouve rapidement avec de quoi nous restaurer et nous réchauffer. Je me sers moi-même et une fois que mon majordome s'est éclipsé je souris et en bois une gorgée, appréciant le goût prononcé du thé avant de garder ma tasse au niveau des genoux.

Puis je souris, sincèrement amusé de la voir réagir ainsi, comme une petite fille à qui on aurait promis une balade à poney ou un tour de manège, avant de ne plus me retenir et rire doucement face à son enthousiasme.

Eh bien très chère, c'est plaisant de vous voir réagir ainsi, je ne suscite pas le même intérêt chez mes étudiants quand je leur annonce le thème du cours! Pour le pistolet et le reste, vous êtes justement là pour apprendre ma douce alors ne soyez pas trop dure avec vous même... Il faut apprendre à marcher avant de pouvoir courir non?

Nous terminons nos tasses et je hoche la tête en l'entendant réciter des vers de Poe avant de sourire de plus belle.

Des vers d'autant plus appropriés et véridiques qu'il les connaît bien, les goules... J'ai cru entendre que ses dernières traques s'étaient plutôt bien passées... Heureusement que le public croit que ce ne sont que des fantaisies qui peuplent ses romans, et pas qu'il raconte des choses qu'il a vu et chassées pour la Ligue... Et maintenant que nous sommes réchauffés et repus, que diriez vous de commencer le cours proprement dit dans mon antre?

J'attrape le plateau sur lequel j'ai disposé nos deux tasses et le reste de ce qu'a amené Jenkins et me dirige à l'étage. J'actionne le passage secret menant au grenier aménagé où se trouvent tous mes livres sur le surnaturel, et tous les objets et particularités que j'ai pu amener de mes missions et mes voyages. Je vérifie que Mina me suit toujours et une fois en haut je dépose le plateau sur un guéridon, nous ressers et attrape un volume sur une étagère, l'ouvrant sur la grande table de travail devant nous.

Que savez vous des goules très chère? Et je complèterai en partant de là...

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Wilhelmina Murray
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MessageSujet: Re: Leçons de science et leçons de vie   Mar 5 Sep - 12:00

Le rire de Van Helsing est doux. Pas moqueur, comme elle le craint une seconde. Simplement appréciateur de son enthousiasme, compréhensif face à son peu de compétences avec le pistolet… ou même, qu’importe l’arme. Même le stylet qu’elle ne quitte désormais plus jamais, à ce moment appuyé contre la chair de son bras, et la nuit, caché juste sous son oreiller. Contre les cauchemars qui menacent parfois de venir la dévorer.
Un rosissement certain fait brûler ses joues (ma douce), mais elle acquiesce bien simplement du chef aux mots rassurants, à la question rhétorique, de son collègue. Il a raison et elle n’irait certainement pas contre sa logique. Il est le professeur et elle l’élève, maître de l’apprentissage.

Son sourire se fait entendu, au commentaire de l’homme sur Poe, qu’elle n’a jamais eu le plaisir de croiser. En contrepartie, elle apprécie ses écrits et ses poèmes, les récits de ses chasses et ses histoires, et elle vit à travers ce qu’il a vécu lui-même. « […] Et maintenant que nous sommes réchauffés et repus, que diriez vous de commencer le cours proprement dit dans mon antre ? Avec plaisir. » C’est bien sagement qu’elle suit Abraham jusque dans son antre secrète, un brin d’excitation au creux du ventre, accentuant le rose brillant de ses joues et celui fasciné de ses yeux. C’est un privilège, que d’être invitée dans cette pièce, et comme à chaque excursion, elle détaille avec avidité (bien dissimulée, ce n’est pas un sentiment digne d’une dame) tous les éléments qui entrent dans son regard.

Elle s’installe devant le guéridon et alors que Bram a le dos tourné, en profite pour grignoter une part de son biscuit, la bouche bien cachée derrière sa main. Gourmande demoiselle. « Que savez vous des goules très chère ? Et je complèterai en partant de là... » De son sac, Mina sort un crayon, puis unpetit carnet, dans lequel elle note soigneusement la plupart de ses lectures, de son écriture soignée, dans des colonnes bien ordonnées, chaque page accompagnée de commentaires divers et d’annotations qui viennent nuancer les connaissances acquises. Bonne élève depuis toujours, elle fait figure de modèle, et son orgueil se flatte de savoir que les étudiants de Bram n’ont pas droit à cet enseignement privé. À ce savoir secret, tabou, qui n’est réservé qu’aux plus braves. Une miette d’orgueil, oui, qu’elle chasse bien rapidement. Elle est loin des braves dont les exploits sont relatés dans les journaux du quartier général de la Ligue.
Un jour, elle en fera partie, et pas seulement pour ce qu’il s’est passé en Roumanie.
Elle retrouve rapidement les pages attribuées à ses lectures sur les goules et d’une voix claire, sa voix d’institutrice, récite les informations inscrites : « On retrouve les premières traces de goules dans les récits sumériens et akkadiens, puis dans la mythologie arabe et perse, dont dans les Mille et Une Nuits, et sont classées comme une sorte de génie. Celles-ci prennent régulièrement la forme de jeunes femmes afin de séduire et dévorer les voyageurs, les faisant cousines des sirènes. Elles affectionnent également les cimetières, d’où elles exhument les cadavres afin de s’en nourrir. Une page tournée, d’un index à peine humecté. Certains auteurs en font la femelle du vampire, mais… nous savons bien ce qu’il en est, n’est-ce pas ? Elle esquisse un demi-sourire figé, glacé, et elle vient doucement effleurer son foulard de soie, du bout des doigts. On les fait sinon servantes des vampires, subordonnées à ces seigneurs de la mort et de la nuit, avides de sang, à leur image. La ligne est mince, selon les récits, entre démons et morts-vivants. » Il y a probablement un peu des deux. Quelques espèces différentes peut-être, aux particularités divergentes, rendant plus difficile leur traque. C’est effrayant. C’est excitant. Ses yeux bleus remontent sur le docteur, attendent son approbation, ses commentaires, ses ajouts. La mine du crayon déjà effleure le papier, prête à rédiger.

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MessageSujet: Re: Leçons de science et leçons de vie   Sam 9 Sep - 15:57

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Le petit escalier de service menant à mon repaire grince légèrement sous mes pas alors que je monte le premier, le plateau en main. Bien peu de gens savent ce qui se cache derrière une de mes bibliothèque, et surtout, ce qui va se trouver à l'étage du-dessus. Une petite ruse que j'ai mise en place lors de mon installation ici, il y a quelques années à présent, tout comme mon père l'avait fait dans notre demeure d'Amsterdam, à la petite différence que sa cache se trouvait dans la cave, et la mienne au grenier. Ce n'est que quelques années après y avoir pénétré la première fois, tout jeune adolescent, qu'il m'a expliqué les trésors d'ingéniosité qu'il avait dû déployer pour créer un sous-sol parfaitement sec et étanche alors que nous vivions le long des canaux, à quelques pas à peine des barques et des péniches... c'est pour cela que j'ai préféré transformer mon grenier en repaire, car il est à mes yeux bien moins suspect d'avoir un grenier "inutilisé" qu'une cave, et son accès y est beaucoup moins facile que de s'aventurer dans des sous-sols : il y aura toujours quelqu'un qui voudra descendre pour chercher quelque bouteille de vin ou autres, et une seconde de maladresse suffit à ce que tout soit découvert. Au contraire, personne n'a l'idée de visiter un grenier, persuadé que comme toutes les pièces similaires, il est encombré de vieilleries poussiéreuses, de lettres jaunies, de vêtements mangés par les mites ou de vieux jouets en tassés dans des malles ou des paniers. Et après avoir mûrement réfléchi à mon projet, j'ai sollicité l'aide de trois entrepreneurs différents, que j'ai renvoyés les uns après les autres, de sorte que personne ne savait exactement sur quoi il travaillait et la nature exacte de ce que je voulais. Une fois tout cela terminé, fixer des étagères et monter des meubles a été un jeu d'enfant, dont je me suis occupé avec Jenkins, avant de rapatrier toutes mes possessions des sous-sols de la Ligue où je les avais entreposés en attendant de trouver un lieu de stockage correct. Et voilà maintenant des rayonnages couverts de vieux et lourds ouvrages en cuir, certains en parchemin rédigés soigneusement à la main par des moines copistes il y a de cela plusieurs siècles, de bocaux contenant des parties de créatures que j'ai traquées et tuées, des boites, des flacons, des vitrines renfermant des artefacts et des amulettes ainsi que bien d'autres choses. Le trésor de quinze ans de vie dans la Ligue....

Je souris alors que je la vois avancer à petits pas à ma suite, observant tout avec le plus grand intérêt, autant fascinée qu'intriguée par ma "collection" aussi étrange qu'hétéroclite. C'est vrai qu'à part Huck, Jenkins et elle, bien peu de personnes ont eu l'occasion de se rendre ici. A mes yeux c'est un endroit encore plus privé que ma propre chambre à coucher, et j'importe qui ne peut pas prétendre à y poser le pied. Elle si, et je dépose mon plateau tout en la laissant fureter avec plaisir avant de commencer notre ''cours'', en profitant pour remplir à nouveau nos tasses. Et alors que je vais chercher un ouvrage qui nous sera utile, je la surprends à piocher rapidement un biscuit et à le manger en se cachant à moitié. Je reviens près d'elle, posant l'épais livre devant elle tout en souriant en coin.

Très chère, ne vous cachez pas si vous avez faim ou tout simplement envie de manger. Ca me fait plaisir de voir que vous appréciez la cuisine de Jenkins, et il en sera tout aussi ravi vous pouvez me croire! Alors ne vous cachez pas et profitez autant que vous voudrez... Vous êtes ici chez vous, vous le savez bien...

Puis, comme une écolière bien attentive elle sort de son sac un carnet ainsi qu'un crayon, et se racle légèrement la gorge avant de commencer à lire d'une voix douce et claire pendant que je prépare ma pipe, la remplissant du tabac indien que j'aime tant, et l'allume, inspirant à quelques reprises pour que le tabac prenne avant d'en inspirer une légère bouffée. Pourtant je réalise soudain qu'elle sera peut-être incommodée par cette odeur forte.

Pardon ma douce, vous permettez? Je n'ai pas pensé à vous demander avant, vous m'en voyez navré. Et oui vous comme moi sommes bien placés pour savoir que ce n'est pas le cas...

Elle termine, d'une voix moins assurée que précédemment, ses doigts fins effleurant son éternel foulard et dans un geste que je ne me permets qu'avec elle parce que nous sommes en privé et que nous nous connaissons bien, je viens poser ma main sur son avant-bras, que je tapote gentiment.

C'est parfait très chère... même si des femmes attirantes qui séduisent puis dévorent les voyageurs peuvent aussi être des succubes. La différence se trouvent au niveau des pieds, ceux des goules sont fourchus... Et si les traces les plus anciennes, tout comme le nom de goules viennent d'Orient, on trouve également des mentions de ces créatures dans la mythologie hindoue, chaldéenne ou encore slave.

Je l'observe écrire rapidement et avec application les informations que je lui transmets, intéressée et attentive.

Elles se tuent facilement en leur coupant la tête ou en y mettant le feu. Ce ne sont pas des créatures magiques, juste des animaux un peu évolués et plus dangereux...

Je laisse s'échapper une bouffée de tabac, dont la fumée bleutée vole quelques secondes devant mon visage avant que je reprenne.

Et pourtant il y a un autre type de goules, à savoir les humains qui ont bu du sang de vampire, par la force ou de leur plein gré. Plus ils en boivent, plus le lien qui se crée avec le vampire est fort... mais heureusement, en tuant Dracula nous vous avons libérée, ce qui n'a pas été le cas de Renfield ou de feue Miss Westenra... En tout cas vos connaissances sont plus que suffisantes très chère. Et quand vous serez assez à l'aise dans le maniement des armes, je vous emmènerai en affronter une si l'occasion se présente.

Je lui souris avec douceur, sachant très bien qu'en ce moment de sombres souvenirs l'habitent, que je tente de dissiper.

Et sur les succubes justement, que savez vous?

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MessageSujet: Re: Leçons de science et leçons de vie   Dim 17 Sep - 7:22

Mina en est à ajouter un autre biscuit sur son assiette - il faut bien, comme son ami l’a dit, qu’elle fasse honneur à la cuisine de Jenkins comme il se doit, et surtout sans se gêner - lorsqu’il bourre sa pipe. L’envie de se sortir une cigarette la tenaille un instant, mais elle l’ignore - fait sa lecture, sagement, et lorsqu’elle termine, inspire une grande bouffée de l’air désormais teinté du parfum du tabac brûlé. Parfum rassurant, pour ses sens, qui lui rappelle ses amis, la Ligue, ses alliés, et cette fois, c’est à elle de sourire, aux excuses de Bram. « Je vous autorise à fumer uniquement si vous me permettez de vous rejoindre dans le vice », qu’elle glisse avec un clin d’oeil de malice, et de son sac, elle sort son élégant étui à cigarettes, afin d’aussitôt céder au vice en question. Bienheureuse soit sa mère, qui ignore tout de ce penchant bien peu élégant pour une dame ! D’une allumette craquée, elle allume la cigarette élégamment glissée entre ses lèvres - et une inspiration plus tard, son crayon prend place entre ses doigts. La leçon peut se poursuivre.

Elle suit chaque mouvement de Bram - son sourire rassurant, sa main qui vient tapoter son bras avec gentillesse, comme on rassure une enfant un peu apeurée racontant le cauchemar de sa nuit passée. Le contact familier la fait frissonner, mais elle ne se dérobe pas. Il valide ses informations et c’est avec empressement qu’elle ajoute les nouvelles qu’il lui distille, bien plus clairement que les récits un peu moisis des journaux qu’elle parcourt avec assiduité. Certains de leurs chasseurs ont certainement le don de la traque, mais pour ce qui est du langage, douce Marie ! Ils sont bien loin d’avoir été gâtés par la nature.

Ses yeux bleus se relèvent sur le docteur, alors qu’il aborde le sujet d’un autre type de goule, et un certain malaise la prend. Un malaise au souvenir de sa douce Lucy, transformée contre son gré en pauvre créature diabolique, obéissante à un seigneur des ténèbres. Abraham le sent, certainement, s’adoucit encore davantage, et termine sa leçon sur les goules sur une note positive : « [...] Et quand vous serez assez à l'aise dans le maniement des armes, je vous emmènerai en affronter une si l'occasion se présente. » Elle ne peut décemment pas être enthousiasmée à l’idée d’aller rencontrer une créature aussi affreuse qu’une goule, pour ensuite l’éliminer, et c’est donc pour elle-même qu’elle garde tout son entrain. Sans pourtant contenir le sourire qui vient éclairer son visage, comme si elle rayonnait de l’intérieur, et à la nouvelle question d’Abraham, elle s’empresse de feuilleter ses notes jusqu’à une nouvelle section de celles-ci.

« Les succubes sont des démons qui prennent la forme de femmes séduisantes afin de charmer les hommes dans leurs rêves, puis de les abandonner, tuer, asservir, punir, dévorer, selon leurs desseins. Leur forme peut être celle d’une épouse ou d’une amante défunte, afin de mieux tromper leurs victimes. Plusieurs des fées et sorcières de nos légendes auraient été des succubes, ou filles de ceux-ci, de par leur nature ambivalente, mais aucune preuve supplémentaire à leur sujet n’a été apportée. Elle n’en a pas plus, malheureusement, et c’est intriguée qu’elle questionne son ami afin d’en savoir plus. Je n’ai trouvé que peu d’informations à leur sujet, dans les journaux de la Ligue. Y a-t-il une façon de les tuer, Abraham ? Ou tous les hommes pris dans leurs filets ont-ils succombé sans avoir le temps de trouver une solution à leur malheur ? » Certainement que si on avait autorisé quelques femmes à se mêler de cela, la chose aurait été réglée bien avant - opinion qu’elle garde par son revers, sans savoir si, effectivement, quelques dames ne seraient pas à remercier pour leurs précieuses connaissances.

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MessageSujet: Re: Leçons de science et leçons de vie   Hier à 13:36

Leçons de science et leçons de vie
Mina & Abraham



Ma douce Mina... Elle qui a vécu tant de choses, et qui pourtant me donne l'impression d'être une toute jeune fille frêle qui n'a jamais rien connu de dur ou d'éprouvant... L'illusion est parfaite, si ce n'est son éternel foulard qui cache sa gorge meurtrie, et ses yeux qui restent en permanence voilés de tristesse, comme un ciel d'été dans lequel se trouveraient en permanence quelques ennuyeux nuages. Pourtant je ne l'ai connue qu'avec cette expression-là, ce regard-là... Elle était beaucoup plus innocente la première fois où nous avons été présentés, rapidement, alors que je volais au chevet de sa meilleure ami malade suite à l'appel à l'aide de mon fidèle élève Seward... J'avais accouru depuis Amsterdam à la lecture de son télégramme, mais malheureusement pour Lucy, je n'avais rien pu faire. Rien à part abréger ses souffrances et délivrer la malheureuse de sa condition. Elle par contre... de jeune fiancée de Jonathan jetée malgré elle dans des aventures cauchemardesques, et qui pourtant s'est révélée être bien plus forte et courageuse que je ne l'aurais imaginé. Loin de moi l'idée de dire que toutes les femmes sont faibles et impuissantes, bien au contraire, mais elle m'a semblée, lors de notre première rencontre, une femme à peine sortie de l'adolescence, bien plus habituée aux salles de classes qu'à la chasse au vampire à travers toute l'Europe. Et pourtant... pourtant des deux Harker, c'est elle, redevenue Murray, qui a décidé de se mettre au service de la Ligue, laissant Jonathan retourner à une vie civile qui avait l'air de lui manquer... nous faisant nous retrouver tous les deux pour prendre le thé tout en discutant de goules. La vie est parfois curieuse n'est-il pas?

Je souris en coin en la voyant allumer une cigarette, et je me mets à rire doucement.

Très chère je ne savais pas que vous fumiez! Et je vous en prie faites comme chez vous!

Nous abordons pourtant un point plus délicat, celui des goules esclaves des vampires, créées en faisant boire du sang de ces créatures à un être humain sans pourtant que le vampire n'en prélève la moindre goutte sur sa victime. Et si je sais le sujet sensible, il faut néanmoins en parler... Parce que c'est un fait, un point qu'elle doit connaître et envisager si un jour elle se trouve à nouveau face à une situation comme celle que nous avons vécue. Je la sens se tendre, et son regard se voiler légèrement, replongeant sans doute dans des souvenirs fort désagréables... Heureusement tout ceci change quand je lui fais la promesse de de l'emmener en affronter une réellement, et ainsi la confronter à l'aspect "réel" de notre métier, tout en l'accompagnant afin qu'elle soit en sécurité. Je ne dis pas ça pour me vanter mais j'ai tué plus d'une goule et de toute façon je n'oserais pas la confronter à quelque chose que je ne suis pas sûr de maîtriser, tout du moins tant qu'elle est en apprentissage. C'est donc une mine d'écolière ravie qui s'affiche sur son doux visage à l'écoute de ma promesse et je ris à nouveau.

Je ne sais pas si vous serez autant ravie quand vous vous retrouverez face à une de ces abominables créatures mais votre enthousiasme fait plaisir.

La sachant ainsi bien renseignée je change de sujet, et une fois qu'elle a terminé de prendre des notes sur les goules, je l'interroge sur les succubes. Je l'écoute avec attention, inspirant lentement une bouffée de tabac que je souffle doucement du coin des lèvres, hochant la tête. Puis à la fin de son discours, je reprends une bouffée de tabac avant de répondre.

Eh bien les lames en argent sont les armes les plus efficaces pour bien des créatures. Lui trancher la tête avec ou lui planter la lame dans le coeur suffit. Mais si vous êtes d'humeur plus... cruelle vous pouvez toujours l'enfermer dans un endroit clos et la laisser mourir de faim en l'empêchant de se nourrir sur quiconque. Attention cependant, ce sont de redoutables tentatrices et le risque est qu'elles arrivent à faire céder le geôlier... Et oui comme pour les vampires, si on rompt le sort en tuant la créature, sa victime est délivrée...

A cet instant on entend la cloche du déjeuner retentir dans la maison et je me tourne vers Mina.

Ma douce, le cours est terminé. Que diriez vous de retourner dans la salle à manger et faire honneur à ce que nous a préparé Jenkins?

Je lui souris et me dirige vers le petit escalier, passant le premier pour pouvoir la rattraper en cas de souci. Nous retournons dans ma chambre puis dans la salle à manger où un couvert pour deux est dressé. Je tire sa chaise et m'installe en face d'elle alors que Jenkins attrape les couverts de service.

Miss Murray, pour le poulet, préférez vous l'aile, la cuisse ou le blanc?

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