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 Un aller simple pour Londres

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James Hook
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Message(#) Sujet: Un aller simple pour Londres Jeu 14 Sep - 19:54

HOOK
James

FINN
Huckleberry

Un aller simple pour Londres
Le Jolly Roger n’est pas le genre de vaisseau que l’on croise régulièrement dans les ports du monde actuel. Tout en lui est fait pour rappeler une ancienne époque: pour rappeler la peur qui sévissait sur les mers aux siècles derniers. Également, un clair avertissement pour les pirates de dégager de la zone où le Jolly Roger navigue. Sous son apparence peu moderne, il se cache pourtant une technologie à la fine pointe de la science. Le bateau a été amélioré en continu par ses anciens capitaines, puis par son Capitaine actuel en échange d’une part du butin redonné à la Couronne Britannique et des prisonniers remis aux autorités. Si le navire est capable de sillonner les mers et battre en vitesse et en maniabilité la majorité des autres vaisseaux, c’est par la voie des airs qu’il fait le plus de ravages. En effet, ce navire hybride renferme bien des secrets sous sa coque, dont d’ingénieux mécanismes propulsés par la vapeur le rendant capable de défier les lois de la gravité (tgcm).

En ce moment, le navire aux voiles noires et battant pavillon Anglais mouille dans le port de Saint-Louis, non sans avoir payé une quote non négligeable aux autorités locales pour profiter d’un tel droit… et avoir récolté par en-dessous une somme agréable de la part de navires marchands qu’il a escortés jusqu’ici sans soucis d’être attaqués par des pirates.

Mais, même si tout porte à croire que le profit est la seule raison ayant amené le navire-corsaire jusqu’ici, ce n’est pourtant pas le cas. Non pas que le Mississippi n’ait pas ses charmes, mais son Capitaine a reçu une demande de son autre engagement non officiel d’accueillir un confrère de la Ligue à bord et de l’amener jusqu’à Londres… sans faire d’autres détours. Ça, ça voulait dire que même si une prime alléchante passait sous son nez, il allait devoir la laisser filer, et ce n’était pas vraiment pour plaire à James. En prime, rajouter au désagrément qu’il devait attendre que le dénommé M. Finn se présente, sans date et heure exacte donnée. Heureusement, Saint-Louis était doté de nombreux endroits bien accueillants (lisez ici: bordels, tavernes et autres) pour passer le temps et occuper l’équipage pendant ce temps.

Nous sommes donc au petit matin, le soleil est levé depuis à peine une heure et notre Capitaine, encore un peu de travers de la soirée mouvementée d’hier si on prend en compte ses cheveux en bataille, est accoudé sur le bastingage. Une tasse de café bien fumante retenue par le crochet à la gauche (quoi il faut bien que ça se montre utile ce truc!), James observe chaque passant, chaque homme qui ne semble pas avoir sa juste place sur les quais d’un port. Est-ce que son colis sera ce gros bedonnant qui semble souffler au moindre pas? Ou ce Créole à l’œil vif? Allez savoir, tant que l’homme en question ne pose pas le pied sur la passerelle, toutes les possibilités sont ouvertes. Et si James a appris quelque chose au sujet de la Ligue, c’est que ses membres viennent d’horizons différents, et en toutes sortes de formats et de couleurs.

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Huckleberry Finn
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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Dim 17 Sep - 0:41

Un aller simple pour Londres.

Huck Finn - James Hook
(Fin février - début mars 1900)

La mission à la Nouvelle Orléans avait été particulièrement éprouvante pour mes deux amis, mais peut-être plus encore pour moi. J'avais donc décidé de me séparer de mes compagnons tandis qu'ils reprenaient la mer pour Londres, afin de rester quelques jours de plus sur ma terre d'origine. J'avais jeté mon dévolu sur un magnifique bateau à aubes pour remonter le Mississippi jusqu'à Saint Louis, effectuant ainsi le trajet inverse à celui de ma fuite insensée et dangereuse qui remontait à une vingtaine d'années maintenant.
J'avais pris le temps de renouer avec mes racines, et pourtant je ne m'étais jamais senti aussi seul, aussi étranger à un pays... Je n'étais plus à ma place ici. Les us et coutumes avaient bien trop changé depuis mon enfance, et tout ce qui avait résulté de cette escapade était une mélancolie sans pareil. J'avais été surpris en recevant un télégramme de la Ligue pour me signifier qu'un bateau m'attendrait au port pour le retour à Londres, et ce sans date de retour. Sous-entendu, revenez nous mais prenez votre temps, Finn. Mais pas trop non plus.
Je soupçonne Mina d'être derrière cela. Elle est une vraie mère pour chaque membre, protectrice et attentionnée, et peut être plus encore lorsqu’il s’agit de ses amis. Elle veille sur ses petits telle une louve sur ses louveteaux. Je n'ai pas attendu plus longtemps, j'ai préparé mes bagages le soir même afin de partir au petit matin. Après tout, rien ne me retient ici.
Le soleil se fait encore timide lorsque j'atteins le port, trainant ma jument à l'humeur belliqueuse par la bride. Si le capitaine refuse de prendre Khamsin à bord de son navire... Eh bien je me débrouillerais autrement pour rentrer. Mais hors de question que je l'abandonne derrière moi.
J'examine chacun des fiers bâtiments, m'attardant sur leur nom, avant d'atteindre celui que je cherche. Le Jolly Roger. En levant les yeux pour l'observer plus attentivement, je m'aperçois, d'une part, qu'il détonne particulièrement au milieu de tous les autres... et d'autres part, qu'il semble sortir tout droit d'un autre siècle... Un bateau de la Ligue, ça ? Ca ressemble plutôt au navire d'un pirate. Il n'inspire pas vraiment confiance. D'autant moins qu'il me semble reconnaitre des éléments propres à la navigation aérienne...
Plutôt mourir que mettre le pied là-dessus.
Hors de question.
Jamais.
Je laisse échapper un soupir tendu avant de me diriger vers la passerelle. Je m’engage lentement dessus, et sans me retourner, tends la main derrière moi afin d'effleurer les naseaux veloutés de Khamsin. Elle ne semble pas gênée le moins du monde par l'étroitesse du chemin de bois, habituée à voyager dans toutes les conditions possibles et imaginables depuis près de quatre ans maintenant.
J'arrive sur le pont mais m'arrête avant que la jument n'ait pu y descendre. J'aborde un marin, au hasard, celui qui observe les gens passer sans paraitre réellement les voir, une tasse accrochée à son crochet, accoudé au bastingage avec une nonchalance qui me laisse penser qu'il n'est peut-être pas qu’un simple matelot. Un lieutenant ? Le Second ?

-Bonjour. Je voudrais voir le capitaine, il m'attend. Je suis Huck Finn.

Y'a mieux en matière de salutations et de présentation, mais je ne pense pas que l'homme s'en formalisera. Il semble aussi bien réveillé que moi. Peut-être même encore moins, en fait.



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James Hook
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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Dim 17 Sep - 8:21

HOOK
James

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Un aller simple pour Londres
Et bien, il semblerait que notre homme daigne enfin se présenter. C’est pas trop tôt! Malgré son soulagement intérieur de voir enfin un de ces touristes qu’il suivait du regard mettre le pied sur son navire, Hook ne le montre pas. Au contraire, il laisse l’homme s’approcher, traînant une bien jolie monture dans son sillage, et le suit du regard tout en buvant une gorgée de café. S’il y a une chose de bien avec les Amériques, c’est ce breuvage moins insipide que ce foutu thé anglais comparable à de la chaussette essorée. Rien de mieux pour finir de se remettre d’aplomb le matin qu’une bonne tasse de café bien noir. Posant le contenant de fer blanc sur le rebord de bois du bastingage, James se redresse et tend sa main valide au tant attendu Monsieur Finn.

- James Hook. Heureux de vous avoir enfin à bord.

C’est une solide poignée de main qui serre celle de Huck, rugueuse, habituée à manier l’épée et les cordages du navire. Le regard bleu de James, rivé dans celui de ce collègue de la Ligue, semble le défier silencieusement de dire une bêtise… reste à voir si ce léger plissement au coin des yeux est une invitation à la rigolade ou au contraire un avertissement de garder pour lui tout commentaire. Impossible de le savoir sans doute, car à peine James s’est-il détourné pour interpeller quelqu’un qu’un grand gaillard à la démarche chaloupée et affichant une balafre à la joue gauche s’approche, non sans jeter un œil inquisiteur au nouvel arrivant et son cheval.

- Monsieur Smee! Tous les hommes à bord et prêts à appareiller dans vingt minutes. Je veux un rapport sur les derniers vaisseaux aperçus dans la région et l’inventaire de la cargaison; j’espère que votre ravitaillement est plus avisé que la dernière fois.
- Et les… dames dans votre cabine, Capitaine?
- Vous pensez que j’envisage en ramener une en Angleterre?
- Bien Capitaine.

Et c’est subitement le branle-bas de combat sur le Jolly Roger, l’apparente quiétude qui y régnait envolée, pour faire place à un zèle efficace de la part du moindre homme sur qui le regard de Finn peut tomber. Revenant d’ailleurs à Finn, Hook se retourne à nouveau vers lui et fait un signe de tête en direction de la monture de ce dernier.

- J’espère que vous avez tous les deux le pied marin. Confiez-la à Wallace, il s’en occupera personnellement pendant le trajet.

À peine la phrase terminée qu’un gamin blond d’environ treize ans, le nez et les joues couverts de taches de son, se présente et adresse un sourire rayonnant à Huck, tendant une main pour qu’il lui confie les rênes de sa jument.

- Belle bête m’sieur. Elle doit courir comme la foudre!
- À la cale, Wallace.

Reste à voir si Huck voudra confier sa fidèle compagne au jeunot, des madriers sont déjà en train d’être installés pour faciliter la descente du cheval au niveau inférieur. Le seul ne semblant pas affecté par tout ce remue-ménage reste James, qui termine sa tasse de café (tenue de la droite), d’un air quasi nonchalant… mais son regard bleu pour sa part ne semble rien manquer des actions des membres de son équipage.

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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Sam 23 Sep - 9:08

Un aller simple pour Londres.

Huck Finn - James Hook
(Fin février - début mars 1900)

Le capitaine lui-même. Je ne pouvais pas mieux tomber. Je lui rends fermement sa poignée de main en scrutant son visage à l’expression indéchiffrable. Eh ben, ça promet s'il compte jouer les Monsieur Mystère tout le long de la traversée.

-J'espère que vous n’avez pas eu trop à attendre tout de même.

À en juger par ce qu’il vient de dire, si, et ma réponse peut sembler être une provocation. Ou l’une de ces politesses hypocrites anglaises. Voire peut-être les deux. Eh bien tant pis.
Tout en examinant le navire, j'écoute sans en avoir l’air l'échange entre le capitaine et son second. Enfin, l’homme que je suppose être son second. Quelques ordres et c’est le branle-bas de combat général. À qui court, à qui s’occupe des voiles ou des cordages, à qui fait… je ne sais quoi d’autre. Le Jolly Roger est devenu une véritable fourmilière où chacun sait ce quelles sont ses tâches, une mécanique bien huilée, chaque homme rodé à son travail depuis le temps.
Et moi, je reste là, à attendre, les bras ballants, alors qu’une certaine envie de me joindre à eux pour apprendre le fonctionnement de tout cela monte petit à petit en moi.
Je tourne de nouveau mon attention vers Hook.

-Marin, oui. Aérien, moins pour ma part. Elle, elle supporte n’importe quoi.

Je flatte l’encolure de Khamsin, qui dresse vivement la tête, les oreilles couchées vers l'arrière. Tout ce remue-ménage ne lui plaît pas. Je confie les rênes au dénommé Wallace, jeune garçon blond qui semble admirer ma monture et tout à fait émerveillé de pouvoir s’en occuper.
Je me penche légèrement vers lui.

-Elle va plus vite encore.

Je lui fais un clin d’œil.

-Mais fais attention, elle a très mauvais caractère. Et il peut lui arriver de mordre. Reste prudent.

Inutile que le petit se retrouve avec un bleu ou des doigts cassés, même s’il semble vif et attentif. Un point rassurant. Je récupère mes fontes lourdement chargées, que je glisse à cheval sur l’une de mes épaules, puis mes armes, prenant soin de garder le canon de ma Winch baissé vers le plancher du pont.
Je passe une main sur la croupe de la jument, non sans tendresse, avant de la laisser partir. Elle suit relativement docilement, s’écartant vivement en faisant quelques pas de côté quand un homme passe trop près d'elle, mais le gamin semble la gérer sans trop de peine. Heureusement que j’ai réussi à lui faire perdre l’habitude de taper, sinon, il y aurait déjà eu au moins trois blessés.
Je me tourne vers le capitaine.

-Où puis-je m’installer pour être sûr de ne pas déranger vos hommes ?

Dans l'idéal, je préférerais rester au grand air, mais, si pour les laisser appareiller tranquillement, il faut que je m'enferme je ne sais où, je le ferais.



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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Sam 30 Sep - 20:59

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Un aller simple pour Londres
- Juste assez longtemps pour bien apprécier les saveurs locales, est la réponse de James à la courtoisie discutable de Finn au sujet de l’attente. Et apparemment les saveurs locales n’ont pas trop contrarié l’attente du Jolly Roger, si on se fie au regard un brin espiègle de son capitaine.

Et le regard espiègle se fait un peu taquin lorsque l’aveu sur les préférences de navigation est fait. Il a une sacrée chance, ce Finn, que le navire soit aussi à l’aise par la mer que par les airs… ou pas. Pendant que James observe les mouvements de l’équipage d’un œil et essaie de déchiffrer -non sans mal il ne le cache pas- ce qui est écrit sur le rapport que vient de lui remettre son Second en échange de sa tasse vide de café, il tend tout de même l’oreille au bref échange entre Huck et le petit Wallace. Le mousse adresse à nouveau un sourire rayonnant à l’aventurier avant de s’éloigner tranquillement avec la monture, une main posée sur la bride avec la fermeté de l’expérience à diriger des bêtes récalcitrantes, et l’autre main qui va déjà chercher une grosse pomme bien juteuse dans le fond de sa poche.

Les deux nouveaux amis éloignés, le Capitaine reporte toute son attention sur Huck et hoche la tête à sa question, mais la réponse qui s’ensuit est sur un tout autre sujet.

- Je vous demande de ne traiter aucun membre de mon équipage comme des enfants, même si certains sont aussi jeunes que Wallace. Chacun d’entre eux a mérité sa place sur ce navire et est capable de tuer sa part d’ennemis dans une bataille. Les traiter avec trop de gentillesse serait condescendant.

Lui-même n’était pas vraiment plus âgé que le moussaillon blond lorsqu’il avait fait ses débuts en mer. À cet âge on veut être un homme; on l’est déjà selon le milieu social qui nous a vu naître. Wallace n’aura jamais la vie aussi difficile qu’il l’a lui-même eue à l’époque, ça James compte bien y veiller tant qu’il sera membre de son équipage. Mais le Jolly Roger est une arme de guerre qui se doit de fonctionner au millimètre près, pas un salon de thé pour se faire des amis et être douillets les uns envers les autres.

Considérant le point clair et sans ouverture à la discussion, le Capitaine invite d’un geste éloquent de son crochet à se déplacer vers la porte menant aux cabines situées sur le pont. Les seules vraies cabines dignes de ce nom en fait, car les étages inférieurs sont davantage utilisés pour la cargaison, l’armement, le dortoir de l’équipage et l’infirmerie.

- Vous aurez la cabine de mon Second pour le trajet, il s’est assuré de la propreté des lieux et les draps ont été changés.

Joignant le geste à la parole, Hook ouvre la seconde porte sur la droite et invite son passager à entrer. La cabine, modeste mais impeccable dans ses moindres recoins, est composée d’une banquette et d’un matelas qui semble plutôt confortable, un petit bureau et chaise ainsi qu’un coffre fixé au plancher pour ranger les effets personnels de l’occupant. Une fenêtre entrouverte laisse entrer l’air frais du matin et un tapis oriental légèrement usé vient rehausser un peu le décor de ses riches couleurs.

- Les trois autres cabines sont occupées par mes officiers et mon navigateur. Au fond, ma cabine, vous êtes le seul que j’autorise à entrer sans d’abord frapper ou sans que je sois présent.

Parlant de la cabine du Capitaine, quelques rires cristallins s’en échappent alors que la porte s’ouvre, révélant les visages d’une jolie rousse à l’air espiègle et une magnifique femme à la peau d’ébène. Le sourire de la rouquine s’illumine davantage lorsqu’elle aperçoit Huck et Hook dans le couloir et elle va aussitôt enrouler ses bras autour du cou de James pour l’embrasser vivement, puis relâche son étreinte pour dévisager Huck de son regard mutin.

- La prochaine fois Capitaine, emmène ton ami à la Maison, on aura de quoi bien l’occuper également!

Son regard gris semble vouloir dévorer Huck sur place, jusqu’à ce que d’un signe de tête James lui intime de sortir, ce qu’elle fait après avoir soufflé un baiser à l’aventurier. La seconde femme pour sa part a un peu plus de retenue, se contentant de saluer élégamment son client de la nuit dernière, un sourire, un regard charmeur et charmé -mais on sait tous que ces dames sont de bonnes actrices- avant de sortir à son tour.

Ne semblant pas le moins embarrassé du monde en dépit du léger raclement de gorge qui s’ensuit, James regarde son collègue de la Ligue.

- Désolé pour ça. Dans un monde idéal elles étaient parties avant que vous n’arriviez. Nous levons l’ancre dans les prochaines minutes, vous pourrez sortir sur le pont après notre départ sans risques de vous prendre un marin dans la gueule.

Comme pour appuyer ses paroles, il est facile de sentir le navire bouger lentement pour se détacher du quai auquel il est amarré. D’un regard entendu, James retourne sur le pont pour veiller au bon déroulement des opérations.

Et si Huck regarde par la fenêtre de sa cabine quelques minutes plus tard, il constatera que Saint-Louis s’éloigne bel et bien, mais plutôt vers le bas que par l’horizon.

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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Jeu 19 Oct - 16:21

Un aller simple pour Londres.

Huck Finn - James Hook
(Fin février - début mars 1900)

Passons outre la réponse un brin provocatrice du marin.

-Tant mieux.

Qu'il en profite, des spécialités locales. D'un point de vue purement objectif -du moins, autant que peut l'être quelqu'un du coin quand on parle de spécialités locales- il a dû se régaler.
Je sens que ce voyage va être sacrément amusant. Youpi.
Je hausse les sourcils, pris au dépourvu par la réplique du capitaine, alors que mon regard suit le mousse et ma jument. Je me tourne vers lui. C'est qu'il est en train de me remonter les bretelles le bougre ou bien ?! Je croise les bras. Je ne trouve rien à répondre ceci dit, c'est son navire, et je respecterai les règles établies au mieux.

-Bien capitaine.

Je ponctue ma phrase d'un hochement de tête décidé.
J'emboîte le pas à mon interlocuteur alors que nous nous dirigeons vers les cabines. Ils m'ont attribué les quartiers du second. Je n'en attendais pas tant. Un hamac dans la cale au milieu des marins m'aurait largement suffi. Je pénètre dans la pièce et j'avoue être agréablement surpris par l'espace et l'aménagement des lieux. Le confort est de mise. J'éviterais de trop m'étaler tout de même, pour ne pas non plus déranger l'intimité du second, et ce, bien qu'il ait vidé l'endroit. Je ne m'y sens pas chez moi.
Hook, lui, continue son discours comme si de rien n'était, le plus naturellement du monde. Règle numéro un, ne pas prendre les membres d'équipage pour des enfants ou des imbéciles, règle numéro deux... Y'en a pas. Permission spéciale de débarquer n'importe quand dans sa cabine à lui. Intérêt ?

-Très bien.

Je ne vois pas pour quelles raisons il me permet cela, mais soit. Sait-on jamais. Quant à frapper à la porte avant d'entrer... C'est quelque chose que je n'ai jamais réussi à faire, à intégrer à mes habitudes, au grand dam de mon entourage d'ailleurs. Ça, au moins, c'est une bonne nouvelle, je n'ai pas à m'en embarrasser.
Je tourne mon attention vers la cabine du capitaine pour voir deux femmes de mauvaise vie, comme on dit si bien, en franchir le seuil. Un peu gêné par le regard insistant et les paroles de la rousse, je sens mes joues rosir, plus encore lorsqu'elle me souffle un baiser. Par réflexe, j'incline la tête pour les saluer, elle et sa compagne à la peau brune, les mains croisées dans le dos. C'est proprement ridicule, et je ne serais pas surpris de voir le capitaine afficher un sourire ironique face à ce spectacle.
Je reporte mon attention sur lui alors qu'il se racle discrètement la gorge. Ennuyé ? Il n'en a pas l'air, pourtant.

-Dans un monde idéal, notre employeur commun n'aurait pas besoin d'exister.

J'acquiesce, une fois de plus. Se retrouver au beau milieu d'un panel d'homme en pleine agitation du départ ne m'enchante pas spécialement de toute façon.

-En effet, il serait préférable d'éviter un tel accident.

Je m'appuie d'une main contre la coque du navire, surpris de le sentir soudain bouger sous nos pieds. Déjà. Hook regagne son poste, du moins, je suppose, et je retourne à la cabine qui m'a été attribuée, laissant enfin mes affaires choir sur le plancher. Curieux, je m'avance vers la fenêtre pour contempler la ville qui s'éloigne.
Mauvaise, très mauvaise idée, vraiment. Mon estomac prend manifestement la décision de descendre faire un tour dans mes talons dans l'instant. Je recule, maladroit, m'emmêle les pieds dans le tapis, et ne parviens à rester debout que par miracle.
Je. hais. voler. Profondément.
Les oiseaux volent, les insectes volent, les dragons volent, mais pas les bateaux, pas plus que les dirigeables bon sang ! C'est... c'est contre nature, c'est insensé, cela ne peut pas fonctionner ! Et rien qu'à voir le quai devenir de plus en plus petit, je me dis qu'on survivra pas et qu'on finira bien par s'écraser. On est forcément trop lourd... Seigneur dieu, qu'ai-je fait pour me retrouver dans un de ces engins de malheur, moi qui ai toujours préféré la mer, sa sauvagerie, son impitoyabilité et sa beauté indomptable...
Un poil effrayé, je me décide à m'asseoir sur la couchette, et je retire mes bottes avec un certain soulagement. Je m'empare d'un crayon et de mon carnet, et, en attendant de pouvoir quitter cette cabine, j'esquisse de vagues formes sur une page sans vraiment prendre garde à ce que ces traits dessinent.


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Ven 3 Nov - 19:03

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Et bien, il semblerait que ses confrères de la Ligue ne soient pas tous aussi légers de mœurs que le jeune Calloway. Manifestement, ce Monsieur Finn n’est pas du genre à fréquenter les dames à la jupe légère vu comment il renvoie un regard de biche effarouchée à la rouquine. James ne la décevra pas en lui disant qu’il n’y aura pas de prochaine fois vu les minces probabilités qu’il repasse à Saint-Louis dans un avenir rapproché… et dans un avenir plus lointain, il y aura plus jeune et fougueux qu’elle sur le marché.

Mais en effet, il ne peut dissimuler un petit sourire taquin alors qu’il tourne son regard sur Huck une fois la charmante compagnie de la nuit dernière partie. Il ne se permettra pas de passer un quelconque commentaire là encore, même s’il trouve bien mignonne l’attitude de son invité. Mieux vaut rebondir sur le commentaire très à propos de ce dernier sur leur employeur commun.

- Et je n’aurais pas le plaisir de faire votre connaissance. Un monde idéal serait bien ennuyant somme toute.

Le compliment détourné est ponctué d’une amicale tape sur l’épaule de son confrère de la Ligue avant de le laisser s’installer à son aise dans la cabine qui lui a été attribuée pour le voyage.

De retour sur le pont et après une brève discussion avec le navigateur de bord et le premier lieutenant, adopter la voie des airs pour le trajet jusqu’à Londres est le cours d’actions qui s’avère le plus judicieux et chaque membre de l’équipage s’absorbe ensuite à ses tâches respectives. L’œil attentif du Capitaine ne rate absolument rien en dépit du branle-bas-de-combat qui se déroule. Chaque geste inutile, chaque erreur, chaque retard dans la chaîne de commandement et d’exécution des manœuvres de départ est noté et seront relevés à ses officiers s’ils ont le malheur d’en rater. Le Quartier-maître se chargera ensuite de sévir où il sera nécessaire afin de rectifier les défaillances; la force d’une chaîne s’évalue en fonction de son maillon le plus faible après tout, et le Capitaine du Jolly Roger avait des standards très élevés quand il s’agissait d’assurer la sécurité et la vie de chacun des hommes à bord.

Un peu plus tard, lorsque le navire a pris son altitude et a adopté le bon couloir aérien pour faire voiles vers Londres, James retourne à la cabine où il a laissé son invité. Il daigne cogner deux brefs coups à la porte avant d’entrer sans attendre de réponse, et il s’appuie de l’épaule contre le cadrage de la porte restant entrouverte.

- Vous pouvez sortir sans craintes maintenant, et visiter le bateau à votre guise si vous le désirez. J’ai cru comprendre que vous n’êtes pas fan de la navigation aérienne, je suis navré que la course actuelle puisse vous déplaire. Malheureusement mes hommes avaient déjà lancé la rumeur que nous repartirions par la voie des airs; normalement nous serions repartis par l’eau afin de tomber sur le plus de pirates possibles. J’ai reçu la consigne de vous ramener à Londres sans détours, c’est ce que je ferai. Cela dit si nous sommes attaqués préparez-vous à vendre chèrement votre peau, car l’ennemi sera sans aucun doute en surnombre.

Ah, les chasseurs de primes, puissances étrangères et autres ennemis rêvant de mettre la main sur le Jolly Roger! Il fallait bien garder la vie intéressante après tout, même si James n’avait aucune intention de revivre la séquence emprisonné pendant des mois dans une cellule obscure et humide. Et ça c’était la version fun du sort qui lui serait réservé s’il perdait une bataille. Aussi bien ne pas y penser et plutôt tendre à Finn un objet composé d’un masque destiné à couvrir le nez et la bouche de son porteur, et flanqué de deux petites cartouches d’oxygène de chaque côté.

- Gardez ça sur vous et utilisez-le en cas de besoin. Vos poumons ne sont pas habitués à l’air plus rare des hautes altitudes. L’orgueil ne vous sauvera pas d’un évanouissement, et nous sommes tous passés par là avant d’être adaptés à ces hauteurs.

Crochet tendu le temps que Finn récupère le masque, James reste sur son appui par la suite, décidé apparemment à garder son invité en otage encore un peu.

- Depuis combien de temps êtes-vous membre de la Ligue? Comment ça s’est passé pour vous?

Ici, en ce moment, il sait qu’il n’y a pas d’autres oreilles dans les parages et qu’il peut prononcer le mot Ligue à haute voix sans aucuns risques. Le reste du temps… il est beaucoup plus parano et prudent sur le sujet. Il a rarement l’occasion de discuter avec un autre membre de cette organisation plus que secrète, et comme ce Finn semble tout de même sympathique, il a bien envie de profiter un peu.

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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Jeu 30 Nov - 19:07

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Huck Finn - James Hook
(Fin février - début mars 1900)

Petit à petit, les courbes que je traçais sans but finissent par esquisser les formes d’un navire. Certainement pas le Jolly Rogers, je n’ai pas eu assez le loisir de l’observer pour m’aventurer à le dessiner de façon précise. Et je ne me risquerais pas à donner une raison au capitaine de me jeter par-dessus bord simplement parce que j’aurais eu l’audace de le vexer en donnant une mauvaise représentation de son bateau. Ce serait une façon stupide de mourir. Mais peut-être pas désagréable, au fond. Seul l'impact serait douloureux.
Je remonte mes jambes sur le lit pour finalement m'installer en tailleur. Les mouvements du Jolly Rogers, en fin de compte assez semblables au tangage et au roulis que l'on peut rencontrer en mer, ne me dérange pas et mon crayon se fait aussi sûr que si j'avais les pieds sur la terre ferme. Je complète mon esquisse par une multitude de petits détails avant de m’attaquer aux ombres.
Deux coups donnés sur le battant crèvent soudain le silence et je lève les yeux sur le capitaine alors qu'il s'appuie nonchalamment contre le chambranle de la porte. Il semblerait que je n’aie pas vu le temps passer.

-Vous n'avez pas à vous justifier devant moi capitaine. C'est votre navire, vous naviguez comme vous l'entendez, je suis déjà bien assez heureux que vous m'ayez accepté à bord pour me ramener à Londres. Quant à me défendre en cas d'attaque... Ça me parait assez évident.

La marine, la piraterie, des vies qui semblent à des années-lumières de la mienne, mais qui m'ont toujours attiré. Le charme de l'aventure, encore et toujours. À vrai dire, devenir marin ne m'aurait pas déplu à idée. Courir sur le pont, grimper dans les cordages, affronter les embruns, essuyer les tempêtes et... Enfin à condition de ne pas prendre la voie des airs bien sûr. Ca non.
J'effleure le métal froid du crochet alors que je récupère l'étrange masque qu'il me tend. Je n'en avais encore jamais vu en vrai. Même pendant mes expéditions dans l'Himalaya. Je tripote l'objet, l'examine en tous sens.

-Je suppose qu'on appuie là -je lui désigne quelque chose qui ressemble vaguement à un bouton- pour actionner les cartouches...?

Je n'ai pas la moindre prétention de tenter de jouer au plus fort. Je n'ai aucune envie d'être sujet à l'ivresse des hauteurs pour un prétexte aussi stupide que l'orgueil. Ce serait se mettre en danger inutilement.
Je ne peux retenir le sourire en coin qui étire mes lèvres.

-Eh bien...

Je pose le masque à côté de moi, sur le matelas, et referme le cahier, invitant tacitement Hook à se rapprocher. S'il en parle, c'est qu'il sait que nous sommes à l'abri des oreilles indiscrètes. Du moins, je le suppose.

-Mon ami d'enfance fait depuis longtemps parti des Membres du Conseil... Et mon... frère... y est Mentor, depuis longtemps lui aussi, et c'est lui qui m'a finalement appris tout ce qu'il y avait à savoir et m'a poussé à la rejoindre. Et vu que je n'ai pas été trop mauvais... Ils m'ont gardé.

Je souris, amusé.

-Et vous capitaine ?


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Dim 3 Déc - 5:55

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Un aller simple pour Londres
Un léger haussement du sourcil gauche trahit les pensées du Capitaine de voir son invité déjà bien installé à ses aises dans la cabine. Pour un type qui ne semble pas apprécier les hauteurs, il ne semble pas trop sujet au stress. Tant mieux sans doute. Il est vrai que le doux roulis du navire alors qu’il est porté par les courants aériens se rapproche énormément de ses mouvements en mer. Seuls les habitués du Jolly Roger peuvent ressentir la différence.

Un petit sourire amusé vient tout d’abord répondre à la tirade de Monsieur Finn sur les justifications et l’évidence de devoir se battre en cas d’attaque. Voilà un homme qui comprend bien les choses, James sent qu’il va finir par l’apprécier, dans son genre un peu bourru et direct.

- Je me sens un peu obligé de me justifier voyez-vous. Déjà parce que vous êtes mon invité et pas un de mes hommes, ensuite vu la liste de recommandations et d’avertissements qui étaient joints à la demande de vous accueillir à bord et de vous emmener à Londres, je préfère m’assurer que vous n’aurez rien à me reprocher une fois arrivé.

Ne pas se lancer à la poursuite de navires pirates. Ne pas attaquer les navires battant pavillon ennemi. Ne pas prendre de risques et faire voiles discrètes. Ne pas se laisser embarquer dans une quelconque aventure pouvant être proposée par Monsieur Finn. Le garder à l’œil et avoir un bon médecin de bord. Il en oublie sûrement, mais c’était suffisant pour déduire que ça chaufferait pour lui s’il arrivait malheur à un seul cheveu de son passager.

Par contre c’est un petit signe négatif de la tête qui répond à l’invitation silencieuse d’entrer davantage dans la cabine. Bien que le côté intéressant d’une conversation conviviale soit présent, il préfère rester à demi dans le couloir, alerte à ce qui se passe à l’extérieur et paré à clore la conversation sur la Ligue au cas où une oreille indiscrète apparaîtrait.

- Je comprends mieux pourquoi on tient tant à vous. Bien que je ne connaisse pas vraiment les Membres du Conseil et les divers Mentors de la Ligue, vous avez là une filiation impressionnante.

Le regard de James se tourne un instant vers la porte menant au pont principal, attentif à des mouvements ou des sons que lui seul semble entendre, puis il tourne à nouveau la tête vers Huck pour poursuivre.

- Rien d’aussi honorable pour ma part. C’était la Ligue ou la pendaison. J’étais pirate il y a… trop longtemps déjà. On a fini par m’attraper, m’emprisonner et me récupérer en tant que laquais de l’Angleterre. La Ligue est venue dans le décor après, mais maintenant que je connais un peu plus ses rouages, je me doute qu’elle devait être derrière tout ça.

Le tout ça restant délibérément vague, ne voulant pas accuser peut-être à tort la Ligue d’être à l’origine de sa capture, James préfère ne pas connaître les détails de toute manière. Et aussi bien changer de sujet, alors que d’un mouvement du menton il indique le cahier maintenant refermé de Huck.

- Vous êtes naturaliste? Quels sont vos autres talents?


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Mar 12 Déc - 8:15

Un aller simple pour Londres.

Huck Finn - James Hook
(Fin février - début mars 1900)

Je hausse les sourcils. Une liste d'avertissements et de recommandations ? Vraiment ?

-Je serais curieux de voir quel genre de... recommandations vous ont été... suggérées à mon égard.

Est-ce en rapport à la mission précédente qui m'a durement éprouvé ? Quelque chose de plus général ? Pour ma propre protection ou la leur ? Si je continue de servir fidèlement la Ligue, cela ne veut pas dire que je sais forcément toujours sur quel pied danser vis-à-vis de ses nombreuses réglementations, de ses membres et de biens d'autres choses. Je ne suis parfois pas vraiment d'accord avec ses principes, mais je ne peux y échapper.
J'incline légèrement la tête.

-Avoir une filiation impressionnante, comme vous le dites si bien, ne fait pas pour autant de moi quelqu'un d'important.

Bien au contraire. Même si je soupçonne certaines personnes de me protéger un peu plus que nécessaire et de couvrir toutes mes maladresses. Et d'autres de peut-être un peu trop surestimer mes talents.
Le capitaine tourne son attention vers l'extérieur, semble regarder en direction de l'escalier. A-t-il aperçu l'un de ses marins ou vérifie-t-il simplement que nous sommes bien seuls afin de pouvoir continuer la conversation en toute tranquillité ?
Son attention se reporte ensuite sur moi alors qu'il me conte de façon très succincte son recrutement. Peu glorieux effectivement. Mais cela lui a au moins permis de sauver sa vie. Ce qui, en soit, est plutôt une bonne chose.

-Seul un fou aurait choisi la mort. Surtout par pendaison. C'est l'une des plus horribles qui soit.

J'en ai vu des pendus. C'est moche, et le mot est faible. Chez moi -si toutefois je peux encore vraiment considérer les États-Unis comme ma patrie- quand ce ne sont pas les balles qui vous cueillent lors d'un règlement de comptes, c'est en général la corde qui vous attend, et la loi n'a souvent pas vraiment grand-chose à voir avec cet évènement. Au moins, quand vous avez la chance de chuter d'une certaine hauteur avec une longueur de corde appropriée, vos cervicales se brisent. Si ce n'est pas le cas... Eh bien je vous souhaite la plus courte agonie qui soit et bon courage pour l'au-delà.
Avec le recul, je comprends pourquoi les Anglais nous traitent d'arriérés barbares.
Je me redresse un peu.

-Ca n'a pas dû être agréable pour vous. J'en suis désolé.

Mon regard tombe sur l'objet qu'il me désigne du menton. Mon cahier. Il en intrigue plus d'un, lui et ses prédécesseurs remplis jusqu'à la dernière page.

-En quelque sorte. Je fais des recherches pour moi-même ou le compte d'une certaine personne quand je ne suis pas occupé par les missions que m'assigne notre employeur commun. J'ai pris le réflexe de recenser absolument tout ce que je découvre, tout ce que je fais, et j'illustre chacune de mes trouvailles. Je dessine aussi sans but des fois.

Un léger sourire étire mes lèvres.

-Mes autres talents ? Vous tenez vraiment à ce que je vous liste mes capacités ?

Je me lève pour lui faire face tandis que mes yeux l'examinent des pieds à la tête sans la moindre retenue. Comme si je cherchais à le jauger autant que lui semble le faire. De façon détournée, certes, mais tout de même. Chacun de ses mots semble être une sorte de mise à l'épreuve.

-En quoi cela vous intéresse-t-il capitaine ? Est-ce juste pour votre curiosité naturelle ? Ou essayez-vous de déterminer qui je suis et si je mérite effectivement ma place sur ce bateau en tant que simple passager, si je suis à la hauteur de votre cargaison habituelle ?


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Dim 17 Déc - 3:06

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Un aller simple pour Londres
Un sourire amusé et un regard un brin espiègle est tout ce qui répond à l’interrogation de son passager au sujet des recommandations qui lui avaient été faites. Qui aimerait savoir qu’on et considéré comme un aventurier peut-être un peu trop téméraire, casse-cou et/ou à la santé fragile? Il y a des choses qui sont meilleures non dîtes, et si ça lui permet de taquiner un peu son invité…

Invité qui aime bien se dénigrer, ou est modeste, ou un mélange d’un peu des deux. Aucune personne commune, ordinaire ou dotée de faibles capacités n’est recrutée par la Ligue: son nom le dit bien: extraordinaires. Et vu la panoplie de règles qui gèrent l’organisation, ce Huck n’en est pas membre par pure bonté de cœur de la part de ses amis hauts placés. Alors soit, peut-être n’était-il pas important en termes de grade, mais il l’était au niveau de ses talents et aux yeux de ses amis. Mais franchement, James n’est pas là pour jouer à la morale perchée sur l’épaule de Finn, et si ça lui plaît d’enfoncer son propre clou, ce n’est pas le corsaire qui ma l’en empêcher. Pour le reste…

- Je me demande parfois ce qui est pire entre la mort et une vie servitude. La mort est une finalité sans surprise, alors que perdre sa liberté laisse une chaîne au cou. Quant au comment mourir… j’ai vu ma foi bien pire que la pendaison. Je ne pouvais pas me résoudre à laisser le Jolly Roger entre les mains de quelqu’un d’autre.

Oui, bon, la blague, entre les mains, c’est bon on a tous comprit qu’il lui est impossible d’utiliser ce genre d’expressions comme le commun des mortels et que ça ne l’amuse plus du tout depuis le temps. Passons à autre chose voulez-vous, comme à la réponse de Finn au sujet de son cahier à dessin, qui amène un bref avertissement à l’artiste en herbe.

- Je vous serai gré d’éviter de dessiner le Jolly Roger et tout ce qui se trouve dessus. Vous avez vos secrets, j’ai les miens.

Mais ensuite… oh là, qu’est-ce qu’il lui fait là le petit bonhomme? Un sourcil haussé, James lui retourne son regard, amusé de le voir tenter de prendre sa mesure. Il y a toujours ces petits affrontements quand un nouveau monte à bord, quand il apprend que son Capitaine est un ancien pirate et que, comme tout bon homme sensé, refuse de servir Sa Gracieuse Majesté sous les ordres d’un ancien criminel qui n’est sûrement qu’une chiffe molle qui a payé pour éviter de finir comme les autres bandits de ce monde. Remplissez un bateau d’hommes, et ça va tout de suite se mettre à jouer à qui a la plus grosse pour se faire leur petite hiérarchie interne. Parfois James se demande s’il n’est pas rendu trop vieux pour ce genre de conneries, puis un Huck apparaît comme ça, et vient donner quelques petits coups de bâton sur son ennui.

Amusé de relever le défi, James quitte son appui contre la porte, et comble la distance les séparant d’un pas lent, s’arrêtant à quelques centimètres de Finn. Dans le fond de son regard brille le prédateur prêt à se repaître de la proie qui lui fait face, dissimulant difficilement le plaisir qu’il aurait à affronter son passager, jouer avec lui, pour mieux lui porter le coup fatal alors qu’il s’y attendrait le moins. La voix de James se fait ronronnante alors qu’il murmure des mots destinés à mettre quelques points sur les i avec son collègue.

- Est-ce que je vous intimiderais, pour que vous soyez autant sur la défensive, Monsieur Finn? Mes raisons sont beaucoup plus terre-à-terre que ce que vous imaginez. Je connais la valeur de chaque homme sur ce navire, et chacun a suffisamment d’importance à mes yeux pour que je sois prêt à sauter dans le vide pour le rattraper s’il tombait. Vous par contre… je le ferais certes parce que j’y suis obligé, mais j’aimerais que ce soit motivé par beaucoup plus que mes obligations envers la Ligue.

Mais l’affrontement ne sera pas pour aujourd’hui, car d’un mouvement sec le Capitaine se détourne et fait deux pas rapides vers la porte de la cabine. Ce n’est qu’une fraction de secondes après que l’on entend le navire grincer et que l’équilibre de ses passagers les moins habitués est mis à l’épreuve.

- Mettez vos bottes, prenez vos armes et rejoignez-moi sur le pont Monsieur Finn. Nous sommes attaqués.

Un bref regard par-dessus son épaule pour Huck, et James quitte pour le pont, là où, à travers les épais nuages qui créent une brume blanche autour d’eux, la silhouette de deux navires volants se dessinent.


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Dim 21 Jan - 19:15

Un aller simple pour Londres.

Huck Finn - James Hook
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Il ne répond pas. Tant pis, ce n'est pas d'une importance capitale, savoir qu'il m'amène à bon port sur ordre de la Ligue est déjà suffisant. Pour le reste... Eh bien, si je fais des choses qui vont à l'encontre des recommandations qu'il a reçu à mon propos, il ne pourra pas s'en plaindre.
La conversation dérive sur son propre engagement. Elle prend même une certaine tournure philosophique à laquelle je ne m'attendais pas vraiment.
Je reste coi quelques instants. Des souvenirs peu agréables viennent effleurer mes pensées, caresser mon esprit à rebrousse-poil, et je sens une sueur froide dégouliner le long de mon dos.

-La servitude est bien pire. En effet. Du moins, la plupart du temps. Je lui préférerais la mort.

Oh oui. Je l'ai même souhaité, appelée de toutes mes forces, cette mort, durant ces deux longues années passées en Arabie. Peut-être même aurais-je eu un geste malheureux s'il m'en avait été donné l'occasion.
J'ai un léger sourire qui contraste parfaitement avec la chair de poule qui s'est hérissée le long de mon échine.

-Vous semblez tenir autant à votre navire que moi à ma jument. Et bien entendu, je ne me serais de toute façon pas permis pas d'esquisser le Jolly Rogers sans en demander au préalable votre autorisation. Quoiqu'il en soit, vous ne trouverez aucune illustration de votre navire dans mon carnet.

Et le voilà qui m'interroge... Mais c'est qu'il commence à m'échauffer, le capitaine. Je finis par me demander s'il regrette de m'avoir pris à bord, s'il me questionne par simple curiosité, ou s'il cherche à me jauger, et je n'hésite pas un seul instant à venir le titiller. Par jeu, mais peut être aussi un peu par réel défi.
Visiblement, j'ai fait mouche.
Je me lève alors qu'il s'approche. Bien campé sur mes pieds, je plante mon regard dans le sien. La lueur qui y brille ne m'effraie pas le moins du monde. Et pourtant, je l'ai vu plus d'une fois dans les yeux des bêtes sauvages, plus particulièrement dans ceux des prédateurs. Ceux qui n'ont que peu de soucis à se faire quant à leur survie, ceux qui se croient forts, parfois bien plus qu'ils ne le sont. À tort, à raison, peu importe.
Je ne peux m'empêcher de sourire férocement.

-Pas le moins du monde, capitaine Hook. Mais maintenant que je connais les raisons qui vous motivent, je comprends beaucoup mieux votre interrogatoire un poil détourné.

Mais le voilà qui bat en retraite, un instant avant que le navire ne fasse une sorte d'embardée. Je me retrouve à battre des bras pour rétablir mon équilibre. Je parviens à me stabiliser sans trop de peine une fois la surprise passée.
Une attaque. Oh, joie.
J'acquiesce d'un simple signe de tête. J'enfile mes bottes et m'empare de ma carabine, mes colts n'ayant pas quitté leurs holsters, toujours accrochés à la ceinture qui tombe un peu sur mes hanches, et je rejoins l'équipage sur le pont après avoir vérifié que mon couteau était bien à sa place lui aussi.
Je sens mon estomac se contracter durement à la vue des nuages qui nous noie de brouillard blanc. Au loin, deux navires volants semblent sortir tout droit de nulle part. Ou peut être des enfers.
Dans le plus grand des calmes, je fais pivoter ma Winch et prends quelques secondes pour la charger. Je suis peut-être tout ce qu'il y a de plus faible et incompétent en matière d'escrime, mais donnez-moi un fusil, et je fais des ravages. Autant à distance qu'en corps-à-corps. Un coup de crosse asséné à un endroit bien précis peut mettre à terre n'importe quel homme ou n'importe quelle femme. Et même si l'objectif premier est manqué, cela ne fait jamais de bien.



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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Dim 11 Fév - 6:54

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Mais c’est qu’il est en train de comparer le Jolly Roger à une jument? Il a bien entendu? La lueur qui brille dans le fond du regard de James est le seul indicatif de ses pensées actuelles, à savoir comment il va balancer Finn par-dessus bord pour que cela ait l’air d’un accident. Non il ne va pas réellement le faire, parce que ça chaufferait pour lui à la Ligue s’il arrivait malheur à ce précieux passager, mais l’imagination a toujours eu un petit côté satisfaisant, à défaut de pouvoir passer aux actes. Inutile de spécifier également que depuis qu’il est le laquais de l’Angleterre et de la Ligue, il sollicite énormément son imagination.

Aussi bien laisser tout ça de côté, surtout qu’une fois sur le pont, les priorités changent drastiquement. D’un pas rapide, James gagne le pont supérieur où son Second et officiers l’attendent, l’air diablement sérieux. Une longue-vue est tendue au Capitaine qui scrute aussitôt les silhouettes dissimulées dans les brumes.

- Sparrow? C’est Sparrow, Capitaine?
- Sparrow s’allierait pas avec quelqu’un.
- Mais au nombre de fois qu’il a juré de détruire le Jolly Roger, il a p…

- Messieurs!
James a un regard noir vers ses officiers qui laissaient leur nervosité avoir le meilleur d’eux-mêmes, et ramène ensuite son regard bleu à la longue-vue, qu’il rend trois secondes plus tard à son Second qui n’a toujours pas broché contrairement aux autres.

- On éperonne celui à tribord. Abordage et première vague lourdement armée. Maintenez le bouclier à bâbord, alignez-y tous les tireurs que nous avons, prêts à faire feu dès que nous baisserons le champ magnétique. S’il faut leur rappeler de tenir compte du vent lors de leurs tirs, ils seront également de corvée jusqu’à notre arrivée à Londres.

- On… les aborde?

- Vous préférez être pris en tenailles entre deux ennemis?

La question de James ne trouve aucune réponse, plutôt une prise d’actions immédiates de la part des hommes sous son commandement direct, qui se mettent à héler leurs ordres à leurs hommes respectifs. Loin d’être le chaos que l’on pourrait s’imaginer, chacun semble trouver sa place et ses tâches à travers l’activité intense qui règne, que ce soit du côté des canons qui sont chargés et alignés, des hommes de front qui s’arment et enfilent lunettes de protection et masques à oxygènes, d’autres qui grimpent aux mâts et se munissent de harnais et de cordes.

Sauf peut-être Huck? Huck qui peut sentir une main se poser sur son épaule, la droite de James -heureusement vous direz, sinon ce serait plutôt douloureux- qui lui adresse un sourire qui trahit son enthousiasme face à la bataille imminente.

- Je veux que vous vous postiez avec les autres tireurs, puisque vous semblez apte à manier cette arme. Pas d’héroïsme, vous êtes pas payé pour ça. Quand les boucliers magnétiques seront désactivés, attendez-vous à des bourrasques violentes au départ, ça se calmera ensuite. Enfilez votre masque… et ne tombez pas.

D’un geste du menton James indique à son passager un groupe d’une trentaine d’hommes en train d’armer et vérifier leurs carabines, dont le jeune Wallace qui fait en ce moment montre d’un calme et d’un sérieux qui vont au-delà de son âge. Pour sa part, le Capitaine rejoint le groupe de tribord, se retrouvant rapidement équipé à son tour d’un masque, lunettes et harnais. Après l’agitation, un calme énervant règne sur le vaisseau dont on n’entend plus que le bruit des moteurs…

Puis l’enfer se déchaîne.

Les premiers tirs de canons qui font vibrer le bouclier du Jolly Roger sous les impacts, des tirs de semonce pour débuter, impressionnants par leur force même s’ils ne sont pas destinés à endommager le vaisseau. Un tremblement secoue ensuite tout le pont, un craquement sonore semblable à la foudre résonne alors qu’un des bateaux ennemis est harponné avec violence puis, la terrible force du vent face à laquelle les hommes du groupe de Huck se prémunissent en se tenant d’une main au bastingage pour éviter d’être tirés vers l’arrière. Le combat ne tarde pas à faire rage sur la droite, coups de feu, coups de canon, bruits de lames qui s’entrechoquent. Si on entend que très peu de cris, ce n’est dû qu’au fait que la grande majorité des combattants ont eu la sagesse d’enfiler un masque à oxygène, donnant à la scène une saveur d’irréalisme… alors que le sang qui ne tarde pas à se répandre d’un côté comme de l’autre est, bien réel.

De son côté, Huck peut voir se dessiner plus en détail les contours d’un navire dont la figure de proue est un diable grimaçant, sa coque peinte d’un rouge sang. Plus petit que le Jolly Roger, aux allures plus modernes également. À côté, Wallace passe son arme à l’épaule, le Second du Capitaine qui est aux commandes de ce côté, sans masque pour sa part, donne l’ordre d’abaisser le bouclier à son signal, et aux tireurs de se préparer pour une première salve. En face, l’équipage ennemi ne semble attendre que ce signal pour fondre sur leur cible.


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Mar 20 Mar - 22:25

Un aller simple pour Londres.

Huck Finn - James Hook
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C'est l'effervescence sur le pont du navire. Une fois l'instant de surprise passé, tout le monde court dans tous les sens, dans un bazar assez dantesque. Enfin, à première vue, parce que je comprends rapidement que chacun trouve sa place. Tout le monde… Sauf moi.
À défaut de savoir où me mettre, je reste planté au milieu comme une poterie à observer les autres. Ça évite au moins les collisions fortuites. Grimpeurs, canonniers, je ne sais même plus où donner de la tête, et j'avoue que mon estomac se contracte légèrement à la vue de ces hommes qui escaladent le mat alors qu'on est à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol, perdus dans les nuages. En mer, passe encore, j'aurais même tenté l'ascension, mais dans les airs, même pas en rêve.
N'y penses pas. Les planches sous tes pieds seront largement suffisantes.
Je me tourne en sentant une main se poser sur mon épaule. Hook.
Je me contente d'acquiescer et d'accepter ses ordres, sans lui rendre son sourire. Pour l'instant, je ne suis pas encore pris dans la tourmente, l'appel de la bataille me laisse de marbre.
J'enfile mon masque, l'ajuste, le souffle court et m'aligne tout au bout de la file des tireurs, juste aux côtés de Wallace.
Et j'attends. Calme. Posé. Le temps s'étire, les minutes semblent durer une éternité. Il se raccourcit soudain, les heures deviennent des secondes. Il s'étire à nouveau, se raccourcit encore, s'étire... Comme un élastique avec lequel un petit enfant jouerait.

L'attente est insupportable.

Les premiers tirs de canons se font entendre. Je crispe les doigts sur le bastingage, mon autre main serrée autour de ma carabine. La situation a beau être inédite pour moi, je n'en garde pas moins tout mon sang froid. Je me sens même presque détaché.
Une secousse incroyable, un craquement terrible. Je frissonne et m'agrippe avec encore plus de force. Peut-être plus que nécessaire.
De façon absurde, la seule chose qui me vient à l'esprit sur le moment c'est d'espérer que Khamsin est bien à l'abri et stable sur ses membres au fond de la cale. Ma pauvre bête… Pourvu qu’il ne lui arrive rien.
Pensée très vite effacée lorsque j'aperçois la figure de proue de nos ennemis pourfendre les nuages pour venir droit sur nous, comme si elle comptait bien nous couper en deux.
J'épaule, attentifs aux ordres du Second. Je vise déjà. Respirant lentement. Doucement, pour bouger le moins possible. Le vent forcit encore. Je me sens vaciller. Je me stabilise et déjà, nous devons faire feu.

Je tire. De façon à tuer. Pas de quartiers. Eux n'auraient certainement pas plus de pitié pour nous. Je ne sais pas ce qu'il se passe autour de moi. Concentré sur les silhouettes qui s'agitent sur le pont d'en face. Je fais mouche à chaque pression sur la détente.
Par chance, jusqu'à maintenant, seuls quelques éclats de bois m'ont touché et ont égratigné ma peau.
Je ne me détourne que pour recharger rapidement une fois mes six cartouches utilisées. Accroupi à couvert, j'évite soigneusement de regarder le combat qui se déroule près de nous. Je me redresse, mais alors que je me tourne pour faire face à nos ennemis, j'avise un homme, un des rares sans masque, qui fonce droit sur le gamin, sabre au clair, prêt à lui transpercer le dos.

Rêve connard.

La crosse de ma Winch vient fracasser son nez et... C'était une dent ce truc qui volait ? Ah oui. Elle n'était pas toute seule d'ailleurs. Ses petites soeurs ont suivi dans un joyeux bordel de rouge et de blanc. Joli. Je ne perds pas de temps à vérifier s'il est juste assommé. Je plante mon couteau dans sa gorge sans chercher plus loin.
Problème réglé. Au suivant.
Apparemment, il était le seul à avoir franchi la ligne des défenseurs. Tant mieux. Je ramène ses armes vers nous, au cas où l'un de ses compatriotes réussisse le même exploit, histoire qu'il ait moins de chance de pouvoir nous avoir.
Je reprends ensuite sagement ma place. Moins tranquille cette fois. Entre deux tirs, je jette de furtifs regards dans notre dos à tous. Pas par manque de confiance envers mes camarades. Mais bien parce que sans le hasard qui m'a fait recharger quelques minutes plus tôt, je n'aurais pas vu le sabreur foncer droit sur nous. Pas sûr que j'aurais eu le temps de réagir s'il s'était attaqué à moi ou n'importe qui d'autre après avoir tué Wallace.
Se laisser surprendre une fois, pas deux, merci bien. Le prochain je le verrais venir. Si prochain il y a.

Un tir. Deux tirs. Trois tirs.
Un regard.
Un tir. Deux tirs.
Un regard.
Un tir.
Rechargement.
Un, deux, trois, quatre tirs.

Je me retourne juste à temps pour esquiver la lame du sabre qui s'abat sur moi. Je lève le bras pour parer, et si le fil entaille profondément la chair, mon visage est préservé et par mon geste et par le masque. D'un coup bien habilement placé entre les deux cuisses de mon assaillant -certes pas glorieux mais diablement efficace- je parviens à me dégager et me relever assez vite pour engager un corps à corps avec lui. Je pare plusieurs attaques avec ma carabine, le coeur lourd en voyant qu'il en abime le bois que j'avais soigneusement gravé de volutes et de formes animales et végétales. Je profite d'un espace dégagé pour reculer de quelques pas, juste le temps de saisir mon colt. Je dégaine et fais feu. Il s'effondre sans un bruit, peut-être un soupir, rendu inaudible par son masque.
Je jette un regard à ma manche imbibé de sang, mais ne perds pas plus de temps à examiner la plaie. Heureusement, l'adrénaline qui court dans mes veines atténue grandement la douleur. Espérons juste que la blessure ne soit tout de même pas trop grave.
Voyant que nous sommes plus ou moins submergés, j'abandonne la ligne des fusiliers pour me jeter dans la mêlée, alternant les tirs précis et les coups de crosse violents.  


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Jeu 22 Mar - 21:40

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Un aller simple pour Londres
Une autre secousse fit trembler le Jolly Roger, le vaisseau ennemi audacieusement harponné au début du combat s’inclina, se tordit dans un bruit de métal froissé et de bois se brisant, et tomba en chute libre vers le sol. Les moteurs n’avaient pas tenu sous la force de l’impact, ou quelqu’un avait réussi à les couper, ou peut-être un peu des deux à voir à quelle vitesse les hommes du Jolly Roger attaquant de ce côté s’étaient tous retirés à l’unisson du navire ennemi, un compagnon d’armes blessé ou un ennemi ayant une certaine valeur passé en travers du corps pour leur sauver la vie.

Le pont devient rapidement glissant et poisseux du sang répandu, même si la frénésie du combat ne se tarit pas. Des corps, des blessés qui essaient de ramper hors de l’agitation, qui se font piler dessus par les combattants encore sur pied, d’autres qui se font achever par le camp adverse d’une lame en travers du corps quand ce n’est pas carrément leur retirer leur masque à oxygène et jeter par-dessus bord.

La ligne des fusiliers est rejointe par les combattants en ayant fini avec l’autre navire. Tourbillon noir à travers les uniformes bleus et blancs des marins de Sa Majesté, ayant depuis un moment perdu lunettes de protection et masque, il ne fait aucun doute que le Capitaine du Jolly Roger mène cette seconde charge. Même si les hommes sont blessés du combat contre leur premier adversaire, c’est avec la même adrénaline qu’ils viennent au secours de leurs frères fusiliers qui peuvent battre en retraite derrière eux.

Et le calme finit par revenir. Un étrange calme alors que le seul adversaire restant a hissé le drapeau blanc, que les prisonniers sont délestés de leurs armes et regroupés sur un des ponts, des fers aux mains et aux pieds et leurs capitaines, un dont la joue est lézardée d’une large cicatrice ayant rendu son œil droit aveugle et l’autre un grand type à la barbe blonde et au crâne rasé, sont agenouillés devant leurs hommes, tenus en joue par quatre tireurs. Les autres fusiliers, dont Huck, se font ordonner de surveiller les prisonniers assis en rangs sur le pont.

Alors que James remonte le pont avec un de ses officiers, un des pirates crache un "Traître!" à son passage, mais n’aura jamais l’occasion de poursuivre ses éloges car le sabre de Hook lui tranche la gorge net alors que ce dernier s’est retourné d’un mouvement fluide, le sang s’échappant de la jugulaire aspergeant tout autour. Et sans dire un mot sinon un regard défiant un autre audacieux de dire un mot de plus, James rejoint son Second et ses officiers à l’avant-pont, où chacun lui fait son compte-rendu de la situation et de ses effectifs. Huck peut voir son collègue de la Ligue parcourir rapidement du regard les hommes encore debout, s’arrêter précisément sur lui, et lui adresser un signe de tête avant de ramener son attention vers ses officiers.

- Monsieur Smee vous allez prendre le commandement du Red Devil avec le nombre d’hommes nécessaires et l’amener jusqu’à Londres où les autorités décideront quoi faire de lui. Le Lieutenant Jones sera mon Second sur le Jolly Rogers pendant ce temps. Lieutenant, commencez les manœuvres d’amerrissage avant que nos moteurs rendent l’âme à leur tour. Je veux un rapport détaillé de notre situation mécanique dans une heure, ingénieur mort ou pas.

Le vent cesse dès qu’une partie de l’équipage change de navire et que le lien entre les deux vaisseaux est rompu, rétablissant ainsi les boucliers magnétiques du Jolly Roger qui entame pour sa part une descente calculée vers la mer à des centaines de mètres sous eux. Pendant que les manœuvres débutent sous les bruits des moteurs qui peinent sous l’effort demandé après avoir été salement rudoyés, James s’adresse ensuite aux prisonniers, regardant chacun des hommes bien droit dans les yeux, et ne dissimulant pas une envie certaine de leur faire subir le même sort que leur bavard compagnon de tout à l’heure.

- Vous allez être amenés à Londres, Capitale de notre bienveillant Empire Britannique et remis aux autorités afin d’être jugés pour piraterie et pour avoir attaqué un navire battant pavillon de sa Royale Majesté, entre autres crimes. Attendu que plusieurs d’entre vous n’aurez qu’une peine minime à purger et que vos chers Capitaines s’en sortiront sans doute avec un peu de prison et une rançon à payer, et que ça ne fera que vous encourager à vous engager pour le prochain capitaine pirate qui se présentera pour venir chercher vengeance… J’ai quelque chose qui vous dissuadera davantage de venir me chercher des ennuis à l’avenir.

Indiquant le capitaine barbu d’un geste de la main, James ne fait que rajouter:

- Préparez-le.

D’un autre geste, James pointe Huck et lui fait signe de le suivre. Le jeune Wallace s’empresse de venir le remplacer à son poste, barbouillé de sang, blessé, l’œil amoché mais c’est un sourire rayonnant qu’il adresse à Finn avant de lui murmurer que sa jument va bien. Sur le pont, on semble installer des poulies et cordages, des hommes souriant largement à la besogne, d’autres ayant la mine plus sombre, sinon carrément terrifiée, sachant ce qui allait venir.

James pour sa part conserve une expression fermée, sinistre même, alors qu’il dirige Huck vers sa propre cabine et l’invite à entrer. Spacieuse, rien à voir avec ce qui fait désormais office de garde-robe qu’est la cabine ayant été attribuée à Huck, les appartements du Capitaine rivalisent avec les grands récits sur la piraterie. Une grande fenêtre ouvrée épouse d’abord le regard, avec un haut fauteuil de bois sombre sculpté de sirènes, krakens, requins et autres créatures marines et un bureau semblable trônent devant, cartes, livre de bord, parchemins et autres papiers recouvrant ledit bureau. De lourds rideaux de velours sombre finissent de donner un aspect à la fois austère et sombre à la pièce. Une penderie faite du même bois ouvré que le reste et un râtelier où plusieurs armes attendent d’être utilisées, un grand lit dont les piliers de coin courent du plafond au plancher, ses draps blancs impeccablement faits composent ce qui doit être le coin repos de James. Tournant le regard, une table ovale pouvant accueillir six convives, un autre grand meuble contenant une quantité impressionnante d’alcools en tous genres mais aussi quelques coffres aux bois exotiques dont un entrouvert laisse voir de scintillement de l’or, un globe terrestre détaillé avec une précision impressionnante et une bibliothèque… pratiquement vide en dehors d’ancien livres de bord posés à plat sur une des tablettes. Le plancher est de bois sombre également, parcouru d’un large tapis persan cousu de fils d’or et de minuscules billes précieuses qui chatoient paresseusement sous la lumière tamisée des lampes suspendues au plafond. Aucune flamme vive, pas de chandelier ne vient réchauffer la pièce de ses couleurs orangées, réduisant le risque d’incendie il va sans dire. Hormis la porte principale, une autre porte mène vers ce qui semble être une salle de bain.

Poussant fermement Huck à l’intérieur s’il fait mine d’hésiter, James va pour sa part retirer son manteau tout d’abord, découvrant que même si l’épais cuir l’a protégé de bien des coups, il traîne plusieurs blessures pour faire compétition à Finn. Il va ensuite du côté du bar pour s’emparer d’un large bol d’argent et y verser de l’eau fraîche grâce à un pichet posé aux côtés des bouteilles, puis c’est au tour de bandages propres et d’une trousse de premiers soins d’être posée sur la table.

- Nous avons un moment avant de toucher la mer, profitez-en pour nettoyer vos blessures… et s’il faut vous recoudre, croyez-moi vous préférerez ma broderie à celle de mon chirurgien. Je m’occuperai de vous.

Ouais, à une main. Ça ne semble même pas le stresser.



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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Jeu 12 Avr - 17:23

Un aller simple pour Londres.

Huck Finn - James Hook
(Fin février - début mars 1900)

Les rangs des ennemis s'éclaircissent bientôt plus rapidement que ceux de mes alliés. Ce qui n'empêche pas certains de tenter à tout prix de remporter la victoire, acharnés de façon désespérée, peut-être galvanisés en quelque sorte par les corps de leurs camarades qui jonchent le pont dans un embrouillement fait de membres, de troncs et de têtes pour la plupart sanguinolents.
L'un d'entre eux se jette sur moi -il a sûrement remarqué que je ne me battais pas au sabre, comme tous les autres, et a voulu saisir sa chance d'avoir une victime de plus à son actif. Je suis projeté contre le bastingage. Je laisse échapper un grognement de douleur quand mes côtes embrassent durement le bois de la rambarde. Acculé, je n'ai aucunement la place nécessaire pour utiliser mon fusil, que je lâche, pour immédiatement venir saisir l'homme à la gorge.
S'il y a bien une chose que j'ai retenue des leçons d'escrime de Bram et de ses tentatives vaines de m'inculquer un peu de cet art difficile à maîtriser, c'est qu'en cassant la distance, en se rapprochant le plus possible de l'adversaire, il devient beaucoup plus difficile voire impossible pour les deux combattants d'utiliser des armes longues.
Or, c’est tout ce que mon adversaire et moi-même avons en notre possession, puisque j’ai perdu mon couteau quelque part dans un corps et que mes colts sont vides.
Je colle donc mon corps contre le siens. On roule au sol et s'engage alors une lutte sauvage qui n'a rien de glorieuse. Déjà que l'honneur n'avait pas tellement sa place dans la bataille, mais alors là... On dirait deux chiffonniers, deux chiens des rues affamés qui se battent pour un vieux reste de souris décharnée en putréfaction. On tente de s'arracher mutuellement le masque, on cogne, le tout sur un fond de grognements et de cris rageurs étouffés. De vrais animaux.
Petit à petit, je le sens faiblir. Je finis par avoir le dessus. Et c'est accroupi au-dessus de son torse que je l'achève de la même façon qu'avait commencé cet affrontement: mes doigts serrés sur sa gorge.

Je me redresse, chancelle un peu. Les combats s'arrêtent progressivement. Je passe ma langue sur ma lèvre fendue, essuie le sang qui coule de mon crâne sur mon front jusqu'à l'un de mes yeux et observe les deux, non, le navire restant. Où est passé le deuxième ?
Peu importe, les autres se rendent. Je récupère ma Winch, rappelé à l'ordre par le Second qui a besoin des fusiliers pour surveiller les prisonniers. Je me rapproche et mets donc en joue les quelques hommes restants, mon arme dans la main gauche. La position n'est pas très confortable ni harmonieuse, mais j'ai le bras droit tout engourdi et je peine à bouger correctement mes doigts à cause de la douleur, qui a fini par me rattraper.

Le calme revient doucement après cette tempête de corps mouvants. Calme troublé par un seul mot, craché avec un mépris incroyable, et qui me pousse à tourner mon regard vers l'imprudent. Je grimace à la vue de sa gorge soudain béante comme un sourire bien heureux.

Dégueulasse.

Je lève les yeux sur Hook sans vraiment savoir quoi penser. Je hoche très légèrement la tête en réponse à son signe. Peut-être a-t-il décidé que je valais le coup, que j'avais un peu plus ma place sur ce pont, que je n'étais pas un simple passager indolent qui ne servait à rien et passerait ses journées à se plaindre du manque de confort.
Je retourne à mes prisonniers, appuyant fugitivement le fusil contre mon corps pour tenter de soulager un peu mon bras de son poids. C'est une oreille distraite que je prête au discours du capitaine, lui jetant tout de même un regard de temps en temps.
En voilà un que je n'aimerais définitivement pas avoir en travers de mon chemin.
Wallace vient prendre ma place. Il a lui aussi eu sa part de blessures, mais son sourire étonnant efface la maturité du guerrier que portaient ses traits un peu plus tôt. Je murmure une réponse à son attention, un simple merci, certes, mais empli de respect pour ce jeune camarade au grand courage. Je rejoins ensuite le capitaine, qui n'a pas l'air d'humeur à attendre trop longtemps que je ramène ma poire jusqu'à lui, retirant péniblement mon masque. Je le glisse à ma ceinture, m'efforçant de ralentir mon souffle court et saccadé.

On atteint rapidement sa cabine et je me fige sur le seuil, saisi par la sobre richesse qui la compose. Un mélange surprenant, mais agréable, et j'avoue que si Hook ne m’avait pas légèrement poussé pour que je passe la porte, je serais peut-être encore planté là comme un abruti à tout examiner avec attention et curiosité sans oser m’en rapprocher.
J'appuie ma Winch contre l'un des murs, près de l'entrée.
Bonne nouvelle, on va regagner la mer. Béni sois-tu Seigneur, amen !
Je prends place sur l'une des chaises, à table, et commence par dégager mon bras blessé de ma chemise, n'hésitant aucunement à en déchirer un peu plus la manche à coup de dent et à l'aide de la main gauche. Foutue pour foutue...

-Je crois que j'aurais effectivement besoin d'aide pour celle-ci... Le reste est moins grave et attendra.

Du moins, je suppose.

-Merci Capitaine.

Ne réfléchissons pas tout de suite à comment il compte s'y prendre à une main et avec un crochet à la place de l'autre. S'il se propose, c'est qu'il peut s'en charger.
Enfin, j'espère.
Une fois la plaie propre, c'est mon visage que j'entreprends de débarbouiller rapidement. Je plante ensuite un regard décidé dans celui de mon "hôte".

-Si vous m'en donnez l'accord, et si vos marins ont suffisamment de patience pour m'apprendre à naviguer, j'aimerais me joindre à l'équipage.

Est-il nécessaire de préciser qu'au vu des pertes qu'ils ont subi, une aide, même maladroite, serait toujours utile ? Non. L'homme qui se tient en face de moi est, de un, loin, très loin d'être complètement stupide, de deux, pleinement conscient des dommages causés à son navire et à son équipage et de trois, peut être un poil flatté ou intrigué par ma demande, suffisamment pour y réfléchir en tout cas.


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Message(#) Sujet: Re: Un aller simple pour Londres Aujourd'hui à 4:17

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Un lent haussement du sourcil droit accueille le mal que se donne Finn à déchirer la manche de sa chemise. Il fait des manières, ou est énormément pudique, mais franchement James trouve que le bougre se donne bien des misères rien que pour conserver un bout de tissus malmené sur le dos. Ou bien il a un jumeau siamois malformé attaché à son dos et il n’ose pas le dévoiler. Peu importe, s’il a envie de faire la précieuse, c’est son affaire.

James pour sa part nettoie et panse rapidement ses blessures, aucune ne met réellement sa vie en péril, et tant que le saignement est contenu il sait qu’il peut faire encore un bon moment avant de ressentir le besoin de prendre son tour auprès du médecin de bord. Il termine de passer une nouvelle chemise, noire bien entendu, quand son passager demande une permission qui tombe à point, et c’est en rapprochant de la table tout en nouant les cordons de sa chemise de sa main valide qu’il accepte.

- Mes hommes sont habitués à former de nouvelles recrues; on commence tous quelque part. Tant que vous faites preuve de rigueur, de discipline et que vous suivez les ordres à la lettre, il n’y aura pas de problèmes. Merci de votre offre. Même une aide inexpérimentée sera la bienvenue en ce moment.

Puis, prenant place près de Huck, le corsaire va fouiller dans la trousse de soins pour en tirer une fine aiguille droite et un fil de catgut et… oui vous vous demandez comment un type avec une seule main fait pour enfiler un fil dans le chas d’une aiguille? Huck a droit à une démonstration privée rien que pour lui. D’abord… désinfectez vos doigts en les trempant dans l’alcool destiné à cet effet, ensuite tenir l’aiguille à l’envers, coincée entre le pouce et l’auriculaire -ou l’annulaire si vous êtes plus confortable, on ne chipotera pas sur un détail- et enfilez le fil en utilisant l’index et le majeur. Bien entendu, avant de perfectionner la technique, vous allez en râler votre vie, mais cette étape étant déjà passée pour James, il s’exécute en quelques secondes, tirant le bout du fil entre ses dents, déposant ledit fil sur la table pour en couper le bout qu’il a ainsi touché d’une paire de ciseaux, et une fois l’aiguille passée à l’alcool, il est tout à fait prêt pour recoudre notre baroudeur blessé.

D’un geste de la tête, James lui fait d’ailleurs signe d’approcher son bras blessé, et d’un regard qui ne s’émeut pas de la gravité de la plaie, il inspecte les chairs ainsi mises à vif, étudiant le meilleur angle pour attaquer la suture.

Un nouveau geste, où la pointe du crochet qui sert de main gauche au corsaire est également trempé dans le désinfectant, et ledit crochet est posé avec une grande délicatesse le long de la berge de l’entaille ornant le bras de Huck, qui peut sentir une toute légère pression qui n’entrouvre que légèrement sa blessure. Pendant ce temps, la main droite de James s’applique à piquer de manière parallèle à la coupure, ressort l’aiguille aussitôt, et va ensuite piquer au niveau exact d’où l’aiguille est sortie sur l’autre berge de la blessure, et tire doucement sur le fil, s’assurant ainsi que la peau se rejoint parfaitement et ne laissera quasiment pas de cicatrice. Les mêmes étapes sont reprises autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que la plaie soit complètement refermée, ne laissant qu’un trait rouge sur la peau, les surjets de la suture pratiquement invisibles. Se redressant et semblant prendre sa première respiration depuis tout le temps qu’a duré la précise couture, James dépose fil et aiguille sur la table et va prendre dans la trousse une petite boîte ronde faite d’écorce d’arbre blanc. À l’intérieur, une pâte blanchâtre à l‘odeur pas nécessairement agréable -mais pas de quoi répugner non plus- se retrouve délicatement étalée sur la nouvelle future cicatrice par l’index du corsaire qui effleure à peine la blessure.

- Interdit de toucher à ce que j’applique, même si ça risque de démanger un petit moment et de créer une croûte. Ça va terminer de désinfecter votre plaie et créer une fine couche de protection solide qui empêchera la peau de bouger et aux saloperies d’entrer et créer une infection. Ça va tomber tout seul dans deux ou trois jours. Ne tirez pas non plus sur le fil, il va se dissoudre dans votre corps par lui-même.

De toute manière, si Finn n’écoute pas les consignes le pire sera pour lui. Il ira voir le médecin de bord qui, s’il a de très grandes qualités et connaissances, n’est pas très doué pour recoudre les plaies, et possède une technique qui rivalise avec celle utilisée pour refermer une dinde farcie, avec un résultat moins appétissant, mais efficace. S’adossant enfin contre sa chaise, James se permet de dévisager son passager, et de passer à un autre sujet que les recommandations banales et ennuyantes dignes d’une infirmière.

- Ça fait un moment que vous n’avez pas combattu, ou vous n’êtes pas du tout un guerrier de corps-à-corps?

Il apprendra bien assez vite comment Finn s’en est sorti pendant la bataille via son Second et les autres membres de l’équipage qui étaient rangés du même côté que ce civil, mais avoir l’histoire directement de la bouche du concerné était toujours plus intéressante.


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