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 (Effie) - I can't envision that for a minute

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Mathias Calloway
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Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
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Message(#) Sujet: (Effie) - I can't envision that for a minute Sam 25 Nov - 17:14

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Effie & Mathias
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C'est dans un soupir et à contre-coeur que je ferme le dernier bouton de mon veston, terminant ainsi de me préparer pour la corvée qui m'attend en bas, dans le salon de la demeure familiale. Face au miroir qui trône dans ma chambre, je m'accorde un instant pour contempler mon reflet et ainsi scruter d'un oeil las ce que me renvoie la glace. Certains pourraient dire du jeune homme qui se tient là, le dos pas franchement droit, qu'il a tout de celui qui vient d'être tiré de son lit et qui malgré la douche brûlante sous laquelle il a traîné pendant de longues minutes n'est toujours pas réveillé. D'autres parleraient des cernes qui gâchent presque la délicatesse de ce qui était un jour de beaux yeux bleus tandis que les derniers se contenteraient de raconter les derniers ragots que l'on se murmure dans les soirées mondaines. Ils parleraient de ce jeune homme que l'on croit avoir vu, affalé sur un matelas miteux dans une fumerie d'un des bas-quartier de la capitale. Tous iraient surement de leur commentaire pour dire à quel point il trouve ça répugnant que l'héritier de la famille Calloway s'abaisse à ne plus avoir de vertu et que pire, il serait de ceux qui aiment le même sexe qu'eux. Voilà ce qu'ils diraient, tous, de ce Mathias qui en cette journée, que je n'ai pas envie d'affronter, a été tiré du lit pour rencontrer la dernière brillante idée de son père. Un soupir m'échappe, long et plein d'une frustration que je n'arrive même plus à exprimer correctement. Je suis furieux, malade et révulsé par ce que mon père m'impose une fois de plus, mais étant complètement impuissant et désormais acculé au pied du mur, tout ce que je peux faire est serrer les dents et tout faire pour une fois de plus gâcher les si beaux plans de mon paternel. J'accorde un dernier regard à mon reflet, et après un sourire que je force, je me décide enfin à quitter ma chambre, le coeur lourd et l'esprit battu par un blizzard d'émotions contraires et de pensées néfastes, je déambule ainsi dans les couloirs du manoir, bercé par la seule consolation que je pourrais toujours user de ma magie et de mes familiers pour faire fuir la fiancée qui dans le salon m'attend probablement.

Probablement, car comme à mon habitude, je suis en retard, ou tout du moins, j'ai fait en sorte de l'être. J'ai refusé de me lever, puis j'ai cuvé ma gueule de bois, avant de trainer dans la salle de bain et d'enfin mettre une éternité à porter mon choix sur la chemise que j'enfilerais. Tout ça pour contrarier mon père et pour faire attendre celle qui doit se languir, assise dans l'un des sofas du salon. Tout ça pour me permettre de gagner un peu de temps, juste quelques secondes afin de rassembler le peu de courage qu'il me reste et de me préparer à être le plus désagréable possible. Car c'est là tout le but de ce thé que nous devons partager tout les deux. Elle pense venir apprendre à me connaitre, moi je me tiens prêt à la dégoûter de l'homme que je suis et de lui faire comprendre que jamais je ne serais son mari et qu'elle ferait mieux de fuir et de se trouver un meilleur parti, comme mon frère ou n'importe quel autre jeune riche de cette ville. Alors que je descends les immenses escaliers en bois sombres, je laisse la détermination de l'instant dicter mes pas et mes battements de coeur. Cela fait des années que je n'accepte plus rien de mon père et surtout pas ses lubies ou autres règles idiotes. Je ne suis plus un enfant et encore moins une chose dont il peut disposer à sa guise. Cette union n'est pas celle que je veux, et alors qu'enfin, je passe la double porte en verre qui sépare le hall et les escaliers du salon, je me force à esquisser un sourire qui si il peut tromper certains ne fonctionnera pas avec ceux qui en cherche l'éclat dans mes prunelles bleues.

"Pardonnez du retard. J'aurais aimé ne pas autant vous faire perdre votre temps mais..." Je hausse une épaule. "J'aime bien trop me faire attendre."

Mon père serait là il m'en collerait une. Sèche et sévère. Une gifle qui serait sans appel. Il dirait aussi que je suis grossier mais bien heureusement, nos parents se trouvent dans la pièce d'à-côté, à discuter de choses et d'autres pendant que nous sommes censés dévorer la myriade de douceurs et d'en-cas qui sur la table basse s'empilent et s'amassent. Sous mes yeux et au grand déplaisir de mon estomac encore chagriné par tout l'alcool que j'ai hier soir ingurgité, s'étale tartelettes et sablés, fruits confis et autres sandwich aux concombres. Difficilement, je ravale la bile qui menace de remonter et me laisse simplement tomber sur le fauteuil qui fait face au sofa dans laquelle la jeune inconnue est installée. Une légère expiration m'échappe et alors que je fouille dans les poches de mon veston pour mon étui à cigarette, je me permets de la scruter du regard. Elle est plutôt jolie malgré ses cheveux gris, et la douceur que l'on lit dans ses prunelles est presque plaisante à observer. Dans l'ensemble elle a tout d'une femme qu'un homme pourrait désirer mais voilà, je ne suis pas comme le commun de la gente masculine. Je suis brisé, tordu et animé par des pulsions qui dégoûtent la société. Ma magie est répugnante et mes envies répressibles. Je suis un monstre. Une abomination. Une anomalie. Et bientôt, elle va saisir sa malchance de savoir que ses parents veulent l'unir à cet être décharné qui lui fait face.

"J'espère que vous ne vous êtes pas gênée pour une tasse de thé ou un en-cas. Je n'aimerais pas savoir que vous contemplez tout ça avec gourmandise dans l'espoir d'en profiter avec moi." Je lui offre un léger sourire alors qu'enfin mes doigts tombent sur l'écrin en argent au sein duquel réside mes cigarettes. "Je fume, j'espère que ça ne vous incommode pas trop." Comme si ça m'importait. Sans attendre sa réponse, je glisse entre mes lèvres une cigarette que j'allume d'une allumette que je mouche ensuite d'un geste élégant du poignet. Une première volute de tabac s'échappe dans l'air et enfin, je daigne cesser de me montrer grossier. "Mathias Calloway... Faussement enchanté de vous rencontrer mais tout de même charmé de constater que vous êtes éblouissante."

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Dernière édition par Mathias Calloway le Lun 27 Nov - 10:00, édité 1 fois
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Effie Gottschalk


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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Dim 26 Nov - 7:16


     
I can't envision that for a minute

Mathias Calloway & Effie Gottschalk

     
De mes vingt années d’existence, je n’ai pas encore pu déterminer si mes parents sont les êtres les plus géniaux que cette terre ait portés ou s’ils sont les plus perfides. Ma blonde mère, si douce et délicate dans les moindres aspects de sa personne est une sadique monumentale, rien qu’à voir comment elle a serré les lacets de mon corset au point que je sens que si je bouge ou respire, mes côtes vont sauter comme les cordes d’un violon qui se brisent. Mon père lui, aussi gris de cheveux que mon frère et moi malgré qu’il ne soit pas très âgé en dépit de son statut de paternel, m’a bien expliqué par le menu les conséquences qui seraient miennes si je me défilais de ce thé et des futures rendez-vous galants qu’ils décideraient pour moi. Ils n’ont pris aucune chance et se sont blindés ces deux bandits; ils ne voulaient pas risquer le même incident qu’avec le fils Von Ingersleben, qui avait fini en position fœtale dans un coin, à pleurer et morver et se faire pipi dessus. Je l’avais prévenu de ne pas poser une main sur moi. Lui me considérait déjà comme sa femme et avait vraisemblablement dans l’idée de vérifier la marchandise. Je m’en moquais bien qu’il soit le seul prétendant de mon âge et sorcier de sang à des milles à la ronde. Je ne pondrai pas des héritiers pour un idiot incapable de résister à quelques petits sortilèges de rien du tout. Croyez-moi ça ne me plaît pas de peiner mes bien-aimés parents, mais je ne me marierai pas pour leur faire plaisir, et encore moins avec un pauvre type qui me prend pour sa propriété.

C’est une horrible vengeance pour cet incident passé dont je n’ai aucun remords que celle-là, celle-là même qui fait en sorte que je suis assise droite comme un i dans un des salons du Manoir Calloway. Je prendrais bien une autre position mais j’en suis incapable, corset trop serré pour me tailler une silhouette de guêpe et robe, bien que ravissante avec ses tons de bleu et ses lignes élégantes, est lourde de ses jupons et multiples épaisseurs de tissus… quand est-ce que les femmes vont réaliser que le pantalon, c’est un must ? Ma chevelure est remontée en un lourd chignon duquel j’ai tiré quelques mèches pour qu’il fasse moins parfait, au grand dam de ma mère je ne vous raconte pas. Les manches longues de ma robe dissimulent les cicatrices de mes bras, même une fois mes gants retirés et remis au domestique venu nous ouvrir.

Et mes parents sont là, à se vanter et se flatter de leur brillante idée dans le salon d’à côté, avec le père de mon promis. Ils sont venus d’Allemagne jusqu’ici non pas pour voir si j’allais bien mais pour m’imposer ce calvaire sans nom. Sympas les parents ! Et j’attends comme la dinde parfaite issue du concours de dindes du coin depuis des heures ! Heureusement que j’ai avalé un bol de porridge avant de m’habiller parce que je serais en train de me faire les dents sur le rebord de la table où sont posées toutes ces victuailles. Merci maman de m’avoir forcé à avaler quelque chose en me faisant la leçon sur l’appétit d’oiseau que doivent démontrer les dames en public. Moi je n’ai jamais compris pourquoi il ne fallait pas voir le fond d’un énorme plat de Knödel quand on en pose un devant nous. Avec une bonne bière, c’est le paradis.

D’un signe discret, un domestique vient me tirer de mes pensées à teneur d’écorchement, de tête arrachée et démembrement de ce fiancé qui me fait perdre mon temps alors que je pourrais être en train de fixer le système pneumatique de l’automate sur lequel je travaille. J’ai promis d’être aimable. Je n’ai pas spécifié combien de temps je le serai, tant pis pour lui. Allons bon, l’amoureux transi va enfin faire son entrée.





Le tout délicat haussement de mon sourcil droit est la seule chose qui vienne exprimer une quelconque émotion sur mon visage fardé du sourire le plus doux que je me connaisse. C’est qu’il ne se prend pas pour un trou du cul le fiancé hein. Il voudrait peut-être que j’aille lancer des pétales de roses pour agrémenter chacun de ses divins pas dans le salon avec ça ?

Ma plus grosse réaction du moment est de n’avoir aucune réaction justement. Le calme plat avant la tempête comme disait mon frère. Je lui retourne son regard alors qu’il m’observe. Il est probablement en train de se tâter à savoir si je ferai une bonne jument reproductrice pour sa divine personne et si je suis digne de porter sa descendance. S’il pose ne serait-ce qu’un doigt sur moi, s’il souffle même un peu trop dans ma direction, il va porter ses bijoux de famille en pendentif je vous le promets.

Je le laisse faire son petit numéro et m’inonder de son délicat mépris de mâle alpha, qui se termine sur le constat que je suis d’une grande beauté. Non mais je suis la plus belle incarnation d’Aphrodite que tes tristes yeux verront de toute leur vie, ducon ! Éblouissante c’est ce que tu racontes aux ingénues à qui tu demandes leur première valse au bal du printemps en te pensant le poète de l’année ???

Mon sourire se fait tout aussi faussement enchanté que ses mots et je bats des cils tout en m’emparant de la théière dont les serviteurs des Calloway sont venus changer l’eau et l’infusion deux fois déjà pour éviter que ce soit froid. Avec la grâce de la nymphe qui me caractérise si bien je verse tour à tour le liquide brûlant dans nos tasses respectives, un nuage de lait, j’ai décidé qu’il goberait son foutu thé avec du lait, et je repose la lourde théière sur la table avec un bruit sec. Je relève le regard, si je le pouvais je le clouerais sur place dans son riche costume fraîchement empesé et sa chemise ma foi tout à fait élégante. Il serait beau garçon, s’il n’avait pas ces cernes sous les yeux, les joues un peu creuses, le regard un peu trouble et que je n’étais pas d’une aussi profonde mauvaise foi. Entrouvrant enfin les lèvres après ma période de mutisme courtois réglementaire, je me prépare à lui écorcher les oreilles avec mon ravissant accent allemand.

« Je connais votre nom Monsieur Calloway, on m’a fait ce grand honneur lorsqu’on m’a annoncé que je serais votre épouse éplorée. Et comme vous n’avez probablement retenu à mon sujet que ma capacité à procréer des braillards, je me présente donc à mon tour : Effie Gottschalk. »

Je m’empare d’un de ces sandwichs à la mie tendre et blanche pour m’en enfourner un, puis deux dans la bouche, créant une bosse dans l’une de mes joues, comble de l’inélégance mais qu’est-ce que j’en ai riiiien à foutre. Une gorgée de thé plus tard je suis prête à repartir à l’assaut. Je me vautrerais bien dans le sofa dans lequel je suis assise mais mon corset ne me permet pas de passer pour une fille de ferme et ainsi proprement décourager ce fiancé.

« Je vais être claire. Si par usage de malheurs et supercheries vous parveniez à me conduire jusqu’à l’autel, la nuit de noces serait une reconstitution intégrale du Massacre de Chios, et vous ne seriez de toute manière pas vivant le lendemain pour en raconter les détails. Alors prenons ce thé et commencez tout de suite à bâtir vos arguments contre cette union car quand bien même vous seriez le dernier hématomancien sur terre, je refuse d’épouser qui que ce soit. »

À défaut de pouvoir m’épandre à mon aise, j’ai posé mes coudes sur la table et mon menton repose sur le dos de mes doigts joints. De loin et avec le sourire charmant que je lui adresse, je pourrais avoir vraiment tout de la jeune fille charmée par ce beau prétendant… sauf que je lui raconte des horreurs d’un ton des plus suaves, question de tout de suite installer les bases de mon règne de terreur en cette maison.

J’attends sa réaction et je l’observe avec beaucoup d’intérêt, pendant que ma main va glaner quelques fruits confits que je glisse entre mes douces lèvres d’une manière sans aucun doute obscène vu que je ne décroche pas mon regard de son visage pendant toute l’opération.

     
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Mar 28 Nov - 18:25

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De toutes les réactions auxquelles je pouvais m'attendre, elle n'en a aucune. Elle ne glousse pas, ne rougit pas, ne fait pas l'ingénue et mieux, arrive à me surprendre en usant d'une honnêteté brutale, qui si tout d'abord m'arrache un haussement de sourcil, finit par carrément me faire sourire. Du bout des lèvres, je tire une fois de plus sur ma cigarette et l'observe en silence se goinfrer des douceurs auxquelles je ne toucherais pas, me disant qu'après tout, elle aurait pu être une jolie rencontre si cette histoire de mariage ne nous avait pas conduit en ce salon. Pire, j'imagine que nous aurions pu être amis si nous nous étions trouvés autrement. Elle aurait pu m'apprendre les secrets de cette magie que je ne comprends toujours pas et moi... Moi j'aurais pu être un guide. Ce genre d'amis qui ne connaissent que les plaisirs éphémères de la vie et qui savent comment détourner les autres de leurs responsabilités. Il est amusant de penser que nous aurions pu être bien autre chose si nos parents n'avaient pas eu cette brillante idée, mais il est quelque peu désolant de constater que malheureusement, il sera difficile de faire changer les choses. Certes, il est encore dans le domaine du possible de faire annuler cette union mais pour cela il faudrait qu'elle cesse de me menacer et que j'arrête de jouer au sale gosse. Ça demande un effort de notre part à tout les deux, et j'avoue qu'en cet instant, je peine à faire grand chose. En réalité, j'aimerais avoir le droit de retourner me coucher et de dormir pendant quelques heures encore. Je souhaiterais pouvoir m'isoler à nouveau et oublier tout ça. Mieux encore, je voudrais fuir la maison et aller me réfugier quelque part, où seul je pourrais en paix fumer et éventuellement tuer le temps en jouant avec l'un de mes familiers. L'idée m'arrache un léger rire. Ce serait bien oui. Je me souviens qu'ils aiment jouer à la balle quand ils ne gambadent pas simplement autour de moi en jappant que je leur ai manqué.

Mais tout ça sera pour plus tard. Pour l'instant, je me dois de faire avec celle qui me fait face, et qui après m'avoir permis de découvrir son accent allemand, moins difficile à entendre que je ne le pensais, se gave désormais des fruits et autres sandwichs qui s'amoncellent sur la table, formant une pyramide de nourriture qui n'est que le reflet de l'opulence qui permet à notre famille de s'offrir ce que le bas-peuple désire tant. Je porte à mes lèvres ma cigarette et expire une volute de tabac, trouvant dans celle-ci la force de faire entendre de ma voix.

"Bien. Je vois que nous sommes d'accord sur ce point-ci."
Je pose mon regard dans ses prunelles et me détends presque, laissant mon assise se faire plus relâchée tandis que j'attrape la tasse de thé du bout des doigts pour mieux la porter à mes lèvres et ainsi en siroter une gorgée. "Je n'ai aucune attention de vous épouser et encore moins d'avoir une femme. Pardonnez-moi de vous avoir ainsi provoqué, je cherchais simplement à voir quel était votre avis sur la question. Maintenant que j'en sais plus, je pense que vous et moi pouvons commencer à parler sérieusement."

Sur ma langue, je ne goûte que le lait qu'elle a versé en abondance et plisse légèrement le nez alors que je repose la tasse sur la table basse qui nous sépare toujours. Au bout de mes doigts, je laisse le tabac se consumer et se faire cendres que je dépose finalement dans un cendrier.

"Et pour les menaces, gardez-les pour mon père. Comme dit, je n'ai pas l'intention de vous épouser. J'essayais simplement de savoir quelle genre de femme vous étiez et je suis ravi de constater que vous n'êtes pas l'une de ses gourdes qui soupire pour le moindre battement de cils et qui ne rêve que d'une chose : se retrouver avec un époux et une bande de gosses insupportables."

Je lève les yeux au ciel à cette simple vision d'un avenir que je ne veux pas être le mien. Un instant, je détourne le regard et inspire calmement, cherchant en mon coeur une once de courage.

"Il faudrait briser les plans de nos parents. Je ne sais pas comment mais je propose de nous unir pour en venir à bout." Je lui souris. "Je sais que je n'ai pas fait une très bonne impression jusque-là mais je sais être un allié de choix si on ne s'arrête pas à ce que l'on voit."

Ce que beaucoup font, et ce qu'elle doit faire en cet instant. Je suis persuadé que face à moi, elle se fait les mêmes réflexions qui font les murmures que j'entends parfois à la dérobé. Elle doit se dire que je suis trop maigre, que j'ai l'air malade et sûrement rongé par mes vices. Elle doit se dire que si un jour j'ai été beau aujourd'hui je suis surtout attrayant parce qu'il me reste un peu de charme et non à cause de mes pommettes bien trop saillantes. Sans être dans sa tête, je sens bien dans ses prunelles que c'est tout ce qu'elle pense de moi, que j'ai tout du riche héritier qui pense que tout lui est dû. Là où dans les faits, je ne cherche qu'à fuir tout ça, rêvant de liberté quand je ne m'abîme pas dans un des lieux sordides de cette ville.

"Alors... Qu'en dites-vous ?"


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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Dim 10 Déc - 18:04


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Ce que ça fait du bien de bouffer ! Je suis un ogre. Une ogresse se prénommant Fiona, voilà ma réelle identité. J’aime m’amuser et profiter des bonnes choses de la vie, au lieu de devoir avoir la diète d’un oiseau anorexique et devoir avoir l’air d’un cadavre pâlot et larmoyant comme la mode actuelle le dicte aux filles de ma génération. Ce pauvre fiancé va le découvrir… et il a de la chance qu’il n’y ait pas un bock de bière sur cette table, je lui ficherais la honte de sa vie en lui démontrant la vitesse à laquelle je suis capable de le vider.

Mais voilà, mon petit plan pour le dégoûter totalement de moi, ou le terroriser, ou m’en faire un ennemi juré se fracasse comme un vase tombant d’une fenêtre du troisième étage. Ses paroles ne sont pas celles que j’attendais et espérais pour poursuivre sur ma lancée. Il me coupe la chique directe et mes lèvres ne peuvent que former un petit O bien surpris… et émerveillé alors qu’il me dit ce que même dans mes rêves les plus fous je n’aurais pas osé imaginer. Enfin un mec qui parle franchement, qui a des idées aussi arrêtées que les miennes, et qui a autant de mépris que moi pour le mariage. Je crois que je viens de trouver mon meilleur ami !

Je lui souris, mon regard a perdu de son acier pour le couvert d’un regard des plus amical. Je sens tout mon corps se relâcher un peu, du moins autant qu’il le peut avec ce corset de merde. Je n’ai pas à tuer personne aujourd’hui ?

« Je crois que vous et moi allons devenir très proches, mais pas du tout comme nos parents l’entendent. »

Et j’étire mon bras pour lui voler sa cigarette qu’il vient de cendrer, je me l’approprie et me la colle au bec, alors que dans la même lancée je dégage ma tasse de thé sur le côté pour en prendre une vierge. Ensuite, même si j’ai l’air de me trousser moi-même sous ma robe, je vais en fait chercher une charmante petite flasque que j’ai fixée à ma cuisse, et je verse une bonne rasade de son contenu dans la tasse.

« Je n’oserais pas menacer votre père direct, parce qu’il fiche la trouille et qu’on a bien informée qu’il est en mesure de me faire mettre à genoux et avouer mes pires péchés en une seule pensée. J’essaie de travailler sur un contre-sortilège, mais nos magies sont si différentes… Schnapps ? »

Gracieusement je lui offre ma tasse, remplie de deux doigts de l’alcool préféré de toute l’Allemagne en dehors de la bière. Je crois que j’ai besoin d’un petit remontant pour me faire un peu décrocher de mon attitude de garce terrifiante, moi qui m’étais tellement préparée pour fracasser cette rencontre.

« Je me bats avec mes parents depuis que mon frère aîné a décidé de prendre le large et que les responsabilités familiales me sont retombées dessus. J’aime ma famille de tout mon coeur, mais je ne veux pas vivre dans une cage avec un époux que je ne saurais que mépriser. Je veux voir le monde, je veux rencontrer les gens à la peau brune de l’Afrique, discuter avec les Peaux-Rouges de l’Amérique, voir les sculptures des dieux pleins de bras des Indes, voir ce que les gens de la Chine savent faire d’autre que d’ouvrir des blanchisseries. Je ne veux pas de cette vie sage et rangée que les autres filles de mon âge désirent ardemment parce qu’elles n’ont toujours vu que ça. Je ne veux pas mourir entre les murs froids et ternes d’une maison où j’aurai été misérable toute mon existence. »

C’est bien la première fois où je suis aussi diablement honnête avec un homme qui n’est ni mon frère ni mon père. Peut-être parce qu’il a fait le premier pas sur l’honnêteté et que d’entendre bien crûment les mots « je n’ai pas l’intention de vous épouser » m’a enlevé un énorme stress et que ce type-là, je peux réellement le considérer comme un ami sans que j’aie à me méfier qu’il veuille me coller la main au cul ou me charmer et me berner dans l’espoir de toucher à la fortune de ma famille. J’ai pas à l’impressionner, on est dans la même horrible galère, et j’ai bien l’intention de ramer dans le même sens que lui.

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Mer 13 Déc - 18:37

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A sa réponse, je n'ai bien qu'un simple sourire tandis visiblement calmé par la nature de mes propos, celle qui se doit d'être ma fiancée selon mon père, se calme et s'adoucit même, allant jusqu'à déclarer avec un enthousiasme certain qu'à défaut de faire un beau couple, nous serons d'excellents amis. Et si l'envie de la contredire manque d'avoir raison de mon silence, je finis par chasser au loin cette pulsion qui me dicte de lui assurer que je ne suis qu'une déception de plus qui viendrait gâcher son existence, préférant à la place expirer une gracieuse volute de tabac ainsi qu'un rire contenu mais d'une sincérité qu'il est rare d'observer chez moi dernièrement. Proche effectivement nous le serons, et ce sera sûrement au grand dam de parents qui ne supporteront de voir qu'au lieu de marier leurs enfants, ont aidés à former le duo qui aura raison de leurs ambitions. Car c'est ce que nous serons. Une bataille qu'ils ne pourront remporter, un échec brillant et pourtant si amer. Nous serons cette preuve qu'ils n'ont plus rien à nous imposer et que l'époque où nous étions jeunes et malléables n'est plus. La non-venue de cette union sera la preuve que nous sommes désormais les adultes qu'ils auraient aimé encore savoir trop jeunes pour se rebeller. Que des esprits faibles et dociles il ne reste plus rien. Voilà ce que nous serons. Non pas des époux faussement heureux d'un mariage désiré par d'autres qu'eux, mais deux êtres résolument décidés à faire de leur vie l'aventure qu'ils veulent vivre. Nous ne serons pas raisonnables et encore moins complices de ce jeu qui se joue sans nous.

Je suis tiré de mes réflexions par le vol de ma cigarette, qui après avoir passé tant de temps entre mes lèvres et mes doigts, terminent finalement dans la main gracile de ma compagne, qui se permet même de joindre au tabac, un peu d'alcool tiré d'entre ses jupons. Pour ses manières, j'hausse un sourcil et l'observe, surpris, décidant ensuite de suivre le mouvement et de simplement accepter la tasse qu'elle m'offre pour mieux y tremper mes lèvres et goûter à cette liqueur tandis qu'elle me conte ses rêves et ses espoirs, avec une franchise qui loin de m'agacer fait plutôt naître en moi l'envie de la remercier pour ce qu'elle me laisse entrevoir de sa personne. De ma langue, je nettoie mes lèvres du schnapps, comme un chat pourrait nettoyer ses moustaches après un bol de crème alors que du bout des doigts, je me saisis d'une autre cigarette que je porte à ma bouche sans peine, en un geste mécanique qui trahit ma nature de fumeur plus qu'occasionnel.

"Et je vous comprends parfaitement... Moi aussi je ne souhaite pas passer ma vie dans une demeure à me demander quel est le sens de cette existence vide de tout rêves." J'embrase sans peine le tabac qui se trouve au coin de mes lèvres et après avoir mouché mon allumette, je me permets de déposer mon étui à cigarettes sur la table qui nous sépare, le laissant ouvert pour lui faire comprendre que si l'envie s'en fait ressentir, elle peut toujours en fumer une autre plutôt que de venir la dérober sur le bord de ma lippe à peine colorée par le sang qui ne s'y trouve plus. "Quant à mon père..." Je m'autorise un léger soupir. "C'est notre plus grand problème. Vos parents sont un bataille que je peux gagner sans peine... Mais lui ?" L'air siffle entre mes dents. "C'est autre chose. Il me connait. Il sait comment me briser et surtout, il est en permanence dans ma tête... A tel point que je sais qu'en cet instant, il est sûrement en train de pester sur le fait qu' il regrette de m'avoir comme fils."

J'ose esquisser un sourire, mais à l'idée même de penser que ceci pourrait être vrai, je sens mon coeur se serrer tandis que dans mon esprit, je sens une voix, un murmure s'élever d'entre le brouillard de mes pensées, me confirmant ainsi ce que je savais déjà. Il est là. Dans ma tête. Il m'écoute et depuis l'autre pièce, alors qu'il soutient sans peine une discussion avec deux autres personnes, il m'espionne, se glissant dans les méandres de ma psyché pour mieux en découvrir tout les secrets qu'il connait pourtant déjà. A cette réalisation, je sens ma magie s'agacer dans mes veines et  gronder contre mon coeur, me faisant de ce fait froncer les sourcils sans le vouloir. Mes doigts se crispent, mes épaules se raidissent et le temps d'un battement de cils, je l'oublie elle, préférant m'occuper de chasser ce père indésirable qui se permet de tricher. Parce que c'est ce que tu fais en cet instant, n'est-ce pas ? Tu es là, à lire ce dont tu ne devrais pas avoir conscience. Tu as accès à mes pensées alors que de là où tu te trouves, tu ne devrais entendre que mes mots. Tu triches. Et j'en ai assez que tu te permettes de fouiller dans mes pensées comme si c'était les tiennes. C'est mon intimité, mon endroit paix. Alors sors de ma tête. Sors. Sors. Sors. Je le répèterais autant de fois qu'il le faut. Sors. Contrairement à toi, ça ne va pas m'agacer. Sors. A ma voix, ma magie se mêle et rapidement, c'est à elle que je laisse le plaisir d'interférer avec la curiosité maladive de mon père tandis que je reporte mon attention sur ma charmante nouvelle amie, lui offrant un léger sourire en guise d'excuses.

"Pardonnez-moi... Comme je le disais... Il est là." Je laisse un ange passer avant de reprendre. "Honnêtement, je n'ai aucune idée de la façon dont nous pourrions le neutraliser. Et je pense qu'il vaut mieux ne pas essayer. Nous devrions plutôt tenter de trouver un moyen de rendre cette union indésirable et si je pensais que ma réputation à elle seule suffirait... Je crois malheureusement qu'il va falloir soit que l'un de nous deux quitte le pays, ou se trouve un autre partenaire avec qui passer le reste de ses jours ou.... Ou vous allez devoir vous salir à votre tour."

En un geste lent, je porte ma cigarette à mes lèvres pour faire chanter la braise tandis que plongé en pleine réflexion, je viens à me dire que c'est sûrement ce qui serait le plus efficace. Car si j'adorerais faire pire, je dois admettre me trouver déjà à la limite de ce qu'il est raisonnable de cumuler comme tares. Déjà bien trop de rumeurs courent sur ma personne et si une de plus s'ajoutait à celles-ci, je risque non pas les foudres de mon père mais une jolie corde autour du cou. Ainsi il est préférable que je ne m'enfonce pas plus dans la débauche et la luxure, mais que je la laisse, elle, et l'aide peut-être, à se forger une réputation digne de l'aventurière qu'elle rêve d'être. Un sourire se glisse sur mes lèvres, et après une expiration délicate, je reprends d'une voix douce, brisant le silence de cet après-midi qui n'a déjà plus rien d'une charmante rencontre autour d'un thé.

"Ma chère... Je crois que nous allons entreprendre de faire de vous une femme libérée de toutes obligations sociales. Nous allons entreprendre de faire de vous la raison pour laquelle mon père ne voudra plus de cette union et qui nous permettra à tout deux de vivre notre vie comme nous l'entendons. Et pour cela... Je crois qu'il est grand temps que je vous traîne dans quelques fumeries et autres repaires moins recommandables."



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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Dim 24 Déc - 8:43


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J’ai un sourire enjôleur pour mon hôte quand il laisse ses cigarettes à ma portée. C’est fou ce qu’il se fait galant maintenant qu’il sait qu’il n’aura pas à vivre une existence longue et pénible avec moi pour femme. Je me verse pensivement une rasade de schnapps dans la dernière tasse vide du service. Comment contrer un télépathe ? Un bouclier, une rune, un cercle de protection, un brouillard… j’ai beau tourner et retourner tout ça dans ma tête, je n’ai aucune idée par quel bout attaquer un art qui m’est inconnu. Jetez-moi dans une arène contre n’importe quel hématomancien et je n’en fais qu’une bouchée mais un mentaliste… Je redresse la tête quand l’arrogance fait parler mon précieux nouvel ami. Lui ? Se prendre contre mes parents ? À ce qu’on m’en a dit, il est novice dans l’art du sang, sans mentor digne de ce nom pour lui apprendre. La magie sauvage pouvait être forte et imprévisible mais je n’ai aucune envie de le voir sombrer par manque de contrôle. Je ne veux pas l’épouser, mais ça ne veut pas dire que j’ai envie de le voir six pieds sous terre non plus. Nous sommes si peu…

« Ne sous-estimez pas mes parents; ils sont passés maîtres dans l’art de créer des scellés rendant notre type de magie inefficace. Ne leur laissez jamais l’occasion de vous prendre la moindre goutte de sang et de vous attirer là où ils veulent. Mon pauvre Forcas, mon familier favori, en a déjà fait les frais, il a mis un long moment à se rétablir. »

Je vois encore ce pauvre petit amour tremblant et ayant du mal à tenir sur ses pattes après un retour de flamme plutôt cuisant. Je m’en voudrais que mon nouvel allié subisse un tel revers, pas si je peux prévenir et tenter de trouver un moyen de contourner ce fâcheux problème…

Et j’ai un petit blanc. Ma peau frissonne subitement. Je sens mes veines rouler comme des centaines de petites vagues qui composent mon être. Je pose mon regard sur mon vis-à-vis de table. Je sais qu’il est l’épicentre de cette réaction. C’est comme si sa tête et son cœur n’étaient pas deux choses séparées et que sa magie en profite pour s’alimenter directement à la source. Il est l’outil au lieu d’être l’artisan. Est-ce qu’il sait à quel point c’est dangereux pour lui et pour les autres ? Je voudrais lui tendre la main mais sur le coup je ne peux que joindre les miennes ensemble et attendre que le moment passe. Je le gratifie d’un sourire maternel lorsqu’il s’excuse. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est comme le petit frère que je rêvais d’avoir et à qui je pourrais apprendre la magie… sauf que le petit frère fait au moins deux têtes de plus que moi et a quelques années de plus au compteur. Bah.

Je suis très intéressée par la suite de ses suggestions. Quitter le pays peut se faire, même si je viens d’arriver et que j’aimerais profiter de Londres encore un peu. Je plisse du nez à la suggestion de me retrouver endimanchée avec un autre partenaire. Non mais on ne revient pas à la case départ pour l’un d’entre nous là ? Pour l’autre… je tends l’oreille… maiiiiiiis… je fais une petite moue. Il y a un truc fondamental qu’il ne comprend pas, ce beau Mathias.

« Oh. Là. J’émets des réserves. L’idée est très séduisante… si j’étais un homme. Vous ne savez peut-être pas ce que c’est que d’être regardé comme un morceau de viande ou une jument qu’on ne désire que monter. Je n’ai aucune intention d’affaiblir mes sens et mes défenses pour laisser le premier venu profiter de ma personne. Ma vertu, j’y tiens et je n’ai aucune envie de finir humiliée dans une ruelle parce que je vais être en train de me baver dessus faute d’une conscience plus éveillée. Le seul homme qui pourra me toucher sans que je lui casse les bras sera celui qui aura su gagner mon admiration la plus complète. Alors il faudra trouver une autre idée qui ne mettra pas mes sens et mon jugement en péril. »

Trouver une autre idée oui mais sur le coup rien ne me vient en tête. Je gronde un peu pour exprimer mon mécontentement et je termine ma tasse, me léchant les lèvres du bout de ma petite langue rosée.

« Je suggère que nous jouions leur jeu pendant un moment. Si on ne trouve pas la bonne parade, ils vont simplement trouver une autre victime avec qui nous caser. Il y a eu un autre prétendant avant vous, un pauvre con qui lui était très enthousiaste à l’idée de m’épouser. Si vous prononcez mon nom devant lui aujourd’hui je crois qu’il se fait dessus automatiquement. Je n’ai pas envie de tomber sur plus vieux, plus puissant ou retords. Nous nous entendons pour la finalité de ces projets de mariage, pourquoi ne pas miser sur le temps que nous avons ? Et… je pourrais vous apprendre à mieux maîtriser votre magie également, nous synchroniser pourrait être un avantage intéressant. »

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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Mar 2 Jan - 16:33

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C'est à mon tour de plisser le nez et d'hausser ostensiblement les yeux aux ciel quand sans détours ni patience, elle balaye mes idées d'un revers de la main, osant soulever l'argument de son genre pour se protéger de ses endroits dans lesquels je vais pourtant régulièrement et au sein desquels je n'ai jamais rien perdu de plus précieux que quelques pièces et une vertu à laquelle je n'étais pas bien attaché. D'un soupir donc, je fais part de mon agacement et de la pointe de colère qui se glisse dans mes veines et qui devient l'étincelle dont ma magie avait besoin pour s'enflammer et pour entamer sa folle course sous ma peau, s'éveillant ainsi un peu plus dans le parcours de mes nerfs, créant ainsi sur la surface de ma peau d'étranges frissons, qui au lieu de me faire trembler, me font serrer les dents presque douloureusement. Pour elle, qui en plus de repousser mes idées comme si elles avaient été proférés par un idiot à peine capable de ne pas se baver dessus, j'admets froncer les sourcils et émettre un claquement agacé de ma langue, lui faisant tout d'abord comprendre d'un silence que je suis loin d'apprécier cette proposition qu'elle semble soumettre comme si c'était la seule solution à ce problème qui se joue en cet instant. En un geste délicat, je porte ma cigarette à mes lèvres, et après avoir expiré une volute de fumée que je ne regarde pas danser dans l'atmosphère, je desserre finalement les dents, lui exprimant alors à haute voix tout ce que mon silence lui hurlait depuis lors.

"Non."

C'est sec et sans appel. C'est un refus sur lequel je ne suis pas sûr de revenir. Une décision prise par l'enfant encore borné que je suis et qui se souvient de ses jours, où coincé, prisonnier de son père, il devait se soumettre à la volonté de celui-ci, à son envie de voir le sang de son fils âgé de six ans seulement couler alors qu'au milieu des larmes et des cris de celui-ci il répétait que c'était pour son bien. Voilà la réponse que j'ai pour elle, celle d'un gamin encore apeuré à l'idée que l'on vienne mutiler ce corps qu'il hait déjà bien assez. Celle d'un jeune homme encore perdu avec lui-même et qui ne parvient pas à se détacher de ce passé qu'il connait trop bien et qu'il sait prompt à se répéter sans cesse, donnant ainsi l'impression que toute son existence ne tourne qu'autour d'un épicentre de douleur et non d'un avenir qu'il pourrait construire. D'un battement de cils, j'arrache un autre baiser cendreux à ma cigarette, poissant de ce fait un peu plus mes poumons, qui depuis un moment déjà ne doivent plus être autre chose qu'une masse goudronneuse qui colle à mon myocarde dévoré par une magie sauvage et indépendante.

"Si vous voulez que nous jouions les parfaits amoureux à défaut de trouver mieux, soit. Il aurait pu être intéressant que je vous accompagne dans certains lieux de perditions de cette ville, afin de faire courir le bruit que vous n'êtes pas la bonne influence dont j'ai besoin… Mais si ça ne vous enchante pas, soit, nous ferons comme vous le souhaitez. De toute façon, de ce que j'entends, j'ai cru comprendre qu'il était difficile de vous faire changer d'avis, alors nous ferons comme vous le décidez."

Je pourrais m'entêter, la convaincre que ce serait la meilleure chose à faire, mais j'avoue qu'en ce jour, je n'ai pas la force de lutter et aucune envie de me lancer dans une autre bataille qui me forcera à donner de ma personne et de mon temps. Un peu de cendres chutent dans la coupelle de ma tasse et je reprends, le regard fuyant.

"Mais pour ce qui est de ma magie… C'est non. J'ai assez souffert des enseignements des autres et je préfère ne pas réitérer l'expérience. Alors certes, votre proposition est touchante, mais je me dois de refuser. Ne le prenez pas mal, ce n'est pas contre vous. J'en ai simplement assez que l'on tente de brider cette magie que je suis le seul à comprendre."

Dans ma voix, il n'y a ni trace d'arrogance ou de mépris, mais juste la doucereuse tonalité d'une peine qui est autant la mienne que celle de cette essence, qui dans mes veines coule et murmure pour moi seul des vérités dont elle seule à le secret. Je sais que sa proposition part d'un intention qui devrait me réchauffer le coeur et m'arracher au moins un sourire, mais en ingrat de nature que je suis, ou en être depuis trop longtemps malmené par les ambitions d'un père qui pense pouvoir faire de moi ce qu'il veut, je préfère refuser et maintenir à distance cette personne qui pourrait chercher et réussir à maîtriser ce loup aux nombreux crocs, qui dans ma chair vit et qui au sein de mon corps chasse. De la possibilité même qu'elle puisse domestiquer cet animal qui vit avec moi, je m'effraie, craignant de perdre d'une certaine manière cette présence avec laquelle j'ai appris à vivre, cette bête qui souvent la nuit, vient ronronner contre mon coeur et réchauffe mes entrailles de ses grognements sourds et charnels. En réalité, j'ai peur de perdre cette particularité qui fait que je ne me suis pas encore totalement écroulé sur moi-même. J'ai peur de perdre ce monstre qui se glisse dans le chemin tortueux de ma pensée et qui bien souvent a été cet ami, cette chose dont j'avais besoin pour ne pas totalement sombrer. J'ai peur de ce que je serais sans elle, sans cette voix qui a fait de moi ce que je suis pourtant aujourd'hui. En vérité, j'ai peur de ce que je serais sans elle, et c'est pourquoi, par besoin de ne pas plus déranger mon existence déjà rythmée par des décisions plus ou moins douteuses, je me ferme à la seule personne qui pourrait m'aider, fuyant son enseignement et les bienfaits de celui-ci pour mieux me complaire dans la dangereuse médiocrité qui est la mienne. D'un geste élégant du poignet, je porte une fois de plus ma cigarette à mes lèvres et n'ajoute que très brièvement quelques mots pour clore une discussion que je ne veux pas avoir.

"Faisons ainsi alors. Dansons pour eux. Sourions pour eux. Soyons ce qu'ils veulent. C'est peut-être le mieux que nous puissions faire pour l'instant. Jouer les amoureux et prétendre d'être heureux."
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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Ven 5 Jan - 16:24


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Geeeez ! Premier désaccord et on est loin d’être mariés ! Je lui retourne un regard mécontent. Là il fait ex-ac-te-ment comme mon frère aîné quand il n’a pas envie de me suivre dans mes idées à la con. C’est pas croyable à quel points les hommes de vingt-cinq ans sont de grands bébés ! Ça soupire, ça jette des regards noirs, de longs silences boudeurs, et ça va s’énerver les veines pour pas grand-chose ! Et ce sont les femmes qui sont supposées être trop émotives et avoir du mal à son contrôler ? Je dirais que dans ma famille nous sommes les plus raisonnées surtout !

J’écrase ma cigarette volée dans le cendrier et je vais pour ouvrir la bouche et le remettre à sa place ce grand enfant quand il prend les devants et me coupe le sifflet.

Mais c’est qu’il vient de m’insulter, là ? Oh il ne paie rien pour attendre ! Je rouvre la bouche à nouveau, avec une bonne engueulade en vue qui s’annonce mais encore là il me prend de vitesse. C’est pas croyable, j’ai trouvé mon maître. Mais… mais… je cligne des yeux et j’en perds toute véhémence.

« …souffert ? »

J’ai l’impression qu’un iceberg vient de me tomber dessus tellement j’ai l’impression que tout mon sang vient de se figer dans mes veines. Du coup j’en oublie de me récrier, de lui dire sèchement que je ne suis pas la tête de mule qu’il prétend, de taper du pied et au fond lui prouver qu’il a raison.

Souffert. Ce mot m’étourdit et ne fait pour moi aucun sens. Mon regard bouleversé qui se rive au sien cherche des explications à ce qui est pour moi un non-sens. Souffert. Souffert. Aux mains de quel monstre mon pauvre ami est-il tombé ? N’avait-il pas une mère hématomancienne pour lui apprendre ? Comment est-ce que ces moments d’apprentissage que je chérissais tant, avec mon frère et sous le regard bienveillant de mes parents, pouvaient être pour un autre synonyme de souffrance ?

J’en oublie le reste de ses mots et je reste un bon moment figée, les lèvres entrouvertes et le regard emplit d’une profonde tristesse. Je n’ai que l’envie de pousser cette table de côté et de le serrer dans mes bras en lui disant qu’il a été lésé, abusé et malmené, et que ça n’arrivera plus tant que je serai là. C’est ça, l’instinct maternel ou quoi ?

Je glisse ma délicate main sur mon front pour me reprendre, j’en ai des sueurs froides tellement ça me bouleverse ce simple mot. Comment lui faire comprendre qu’il n’est pas seul ? Que sa réalité n’est pas celle de d’autres hématomanciens et qu’il pourrait, s’il le voulait, changer tout ça ? Je tire de ma manche mon petit canif à la lame plus affutée que la langue de n’importe quelle commère. Je défais les premiers boutons de ma manche, révélant ainsi que ma peau de satin pâle est couverte de fines cicatrices. Sans aucune hésitation je taille ma peau, un petit trait à l’horizontale qui ne manque pas de faire perler mon sang d’un riche rouge. De la douleur ? Rien qui n’égale de se coincer les doigts dans une porte, ou se cogner le gros orteil contre un meuble. Ça, ça fait mal pour vrai.

De mon sang, du bout de mes doigts qui se mettent à tisser dans les airs des arabesques gracieuses, mon hémoglobine s’étire et s’évapore en une brume rouge délicate, prenant peu à peu forme. Une fée, qui n’est que fumée et volutes sanguines, qui danse en prenant pied au creux de ma main ouverte, ses yeux sont deux puits de ténèbres, ses petite dents aigües adressent un sourire cauchemardesque et ses longs doigts effilés ressemblent à des petites griffes. Moi je ne vois que beauté dans cette grâce avec laquelle ses ailes plus délicates que celles d’un papillon s’agitent, dans les voilages aériens qui enrubannent son mince corps. Mon cœur bat à l’unisson du sien. Elle est moi, je suis elle. Et nous tournons toutes les deux nos yeux vers Mathias, la fée s’incline gracieusement en tournoyant sur elle-même.

« Notre magie est particulière, jugée sévèrement par les ignorants, mais chez moi, elle n’a jamais été autre chose qu’une amie. Elle vit en nous, avec nous, et c’est la chose la plus merveilleuse qui soit. Certes elle est gourmande, elle me dévorerait si je la laissais agir à sa guise mais nous en sommes venues à une entente, à partager un même corps. Je sais qu’avec elle je n’ai peur de rien car nous nous rendons plus fortes, elle berce mes angoisses et mes doutes, me les fait oublier. Elle est la seule qui sera toujours là pour moi même si tout le monde me tourne le dos. »

D’un geste je laisse mon petit monstre sauter sur la table. Heureuse, elle émet de petits bourdonnements et sifflements et part en exploration des victuailles et ustensiles. Je ne peux que la trouver adorable comme toujours, même si cette petite sauvage est en réalité capable de traverser le corps d’un homme avec ses griffes et ses crocs. Je souris et je souris aussi à Mathias à qui j’ose tendre gentiment la main en signe d’amitié et de paix que je désire entre nous.

« Mais je dois être Effie avant d’être une sorcière, avant d’être n’importe quoi d’autre. Et je ne laisserai pas ma magie, et encore moins mes parents, me dicter ma vie et me dire quoi faire. Je ne peux pas comprendre vos réticences parce que pour moi notre magie n’est que joie et merveille, mais si vous changez d’idée, ça me fera plaisir d’être là. »

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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Dim 7 Jan - 15:37

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Je ferme les yeux et regrette de m'être éveillé en cette journée. Dissimulé dans l'ombre de mes pensées, à ignorer et fuir celle qui semble tant décidée à faire de moi son allié et son élève, je me réfugie dans l'obscurité formée par mes paupières closes, m'échappant ainsi de cette conversation que je ne veux pas avoir avec elle. Tout aurait pu être si simple si nous avions continué à prétendre que nos magies n'avaient rien de semblables et que de l'autre il n'y avait rien apprendre. Il aurait été si simple de taire cette évidence et de continuer à se voiler la face, prétendant que l'autre n'avait rien dans son sang que l'on puisse comprendre. Il aurait été si simple de taire ce que nos êtres hurlaient. Entre mes lèvres, je sens une volute de tabac s'échapper et ainsi s'élever dans les airs tandis que ma fiancée observe un silence que je trouve pesant et qui fait monter le long de ma trachée mon myocarde que je vomirais presque avec plaisir si cela pouvait m'éviter de trop longuement supporter la nausée qui en cet instant me fait tourner la tête. Sur le plancher, je suis prêt à recracher cette masse musculaire informe et goudronnée si cela pouvait faire cesser l'innommable sensation qui désormais fait presque trembler mon corps et couvre ma peau translucide d'une couche de sueur glacée. Difficilement je ravale ma salive et inspire tandis qu'autour de moi, la fabrique même de l'air que je respire à grand peine change, me faisant ainsi rouvrir les yeux et découvrir que face à moi, Effie se sert de sa magie. L'oeil fou et les lèvres entrouvertes, ma cigarette toujours coincée entre mes phalanges tremblantes, je découvre alors dans la paume de sa main une petite créature diabolique, qui tourne et souris, osant se faire taquine tandis que sa créatrice se lance dans un laïus qui ne produit chez moi qu'un froncement de sourcils là où ma magie prend ses paroles pour une menace et entame de ce fait ses avertissements, roulant violemment dans mes veines pour mieux les teinter d'une couleur sombre qui tranche presque avec ma lividité naturelle. Sous ma peau, de l'encre coule désormais et à mes oreilles, je n'entends que faiblement sa voix, tant celle-ci est dévorée par les battements sourds de mon coeur et les grognements de cette essence, qui n'apprécie pas l'idée qu'une jeune impudente puisse tenter de la brider. Un frisson dévale mon échine alors que je me redresse un peu, trahissant mon inconfort en changeant de position dans le fauteuil  pour mieux plonger mon regard dans celui d'Effie et ainsi mieux ignorer la petite fée qui entre les tasses et les biscuits s'égare, faisant délicatement tinter la porcelaine fragile.

"Joie et merveille ?"


Ma voix n'est qu'un sifflement que je crache difficilement d'entre mes dents serrées. J'aimerais rire, pouffer, glousser, hurler mais rien de tout ceci ne serait suffisant pour lui faire entendre ô combien je la méprise en cet instant et ô combien je suis furieux qu'elle ose déclarer que c'est une belle chose que de se couper les veines pour permettre à des créatures cauchemardesques d'exister. Mais à la place, par retenue certainement, je n'esquisse qu'un sourire qui bien vite s'évapore alors que je me saisis de la dague qui dort contre mon coeur et qu'à mon tour, je m'entaille profondément le poignet, faisant ainsi lourdement goutter sur le plancher vernis du salon, mon sang noir et épais.

"Il n'y a rien de beau dans cette magie, rien qui ne soit bon et qui apporte autre chose que de la douleur. Vous vous émerveillez de cette chose qui danse sur la table simplement parce que vous n'avez pas le choix. Vous vous devez d'aimer ce que vous faites... Sinon ça reviendrait à détester votre nature profonde."

Et ça, seul les esprits brisés le font. Seuls eux osent ainsi s'aventurer dans les méandres et limbes d'une haine viscérale qui a vu le jour au sein même de leurs entrailles. Eux seuls peuvent saisir toute l'horreur de leur propre personne et éprouver cette rage dévorante pour son propre corps, cette colère sous-jacente qui sans cesse fait bouillir les nerfs et rend l'âme repoussante. Eux peuvent entrevoir ce qui en cet instant se mêle aux affres de ma magie, qui en un sifflement presque imperceptible se fait entendre et alourdit l'air entre nous, serpentant le long de ma plaie et de mon bras, tandis qu'à mes pieds, l'hémoglobine devient silhouette, créant pour mon plus grand déplaisir ma meute. Le plancher émet un craquement et d'entre les veines du bois s'extrait cinq loups, cinq démons aux crocs et os apparents, cinq molosses des enfers qui crachent et suintent une bave puante et bouillante comme de la poix. A mes pieds, non loin de mes doigts souillés, mes cinq familiers décharnés grognent et ouvre grand leurs abominable mâchoire, dévoilant ainsi toute l'horreur contenue dans leurs entrailles, distillant au passage une odeur de viande avarié dans la pièce, couvrant de ce fait les fragrances du thé et du tabac pour mieux les remplacer par la puanteur qui émane de leurs carcasses décharnées. D'une main, je caresse l'un d'entre eux, celui dont le crâne entier est à nu et dont les orbites sont un vide profond dans lequel il est dangereux de se perdre, lui arrachant de ce fait un jappement heureux là où les quatre autres grognent de concert autant pour la belle que pour la petite fée sur la table. Mes doigts se perdent dans la fourrure d'un autre, et enfin, je daigne à nouveau entrouvrir les lèvres, déposant au passage mon regard sombre dans celui d'Effie.

"Comment pourriez-vous m'aider ? Vous ne savez pas ce que je suis et vous ne savez pas ce qu'elle est." Je désigne d'un vague geste de la main les loups qui montrent les crocs et se nourrissent du sang qui coule à mes pieds. "Jamais je ne pourrais comprendre le lien qui vous unit à cette chose alors comment vous pourriez m'aider avec eux ?"

La louve, Ulna, répond à sa place, posant sa large tête sur mes genoux pour mieux susurrer à mon esprit. "Elle ne peut." D'une caresse derrière les oreilles, j'accueille cette pensée dans ma psyché avec un sourire triste aux lèvres.

"Ils sont moi et je suis eux. Leurs pensées sont les miennes et mes émotions les leurs. Nous ne formons qu'un tout. Je peux dire que je suis Mathias si j'ose prétendre avoir le dessus sur eux. Ca ne fonctionne pas ainsi entre nous. Ca n'a jamais fonctionné ainsi." Je bats des cils et soupire. "Personne ne peut m'aider. Il aurait fallut le faire quand j'étais plus jeune, maintenant..." C'est trop tard. J'ai pris l'habitude de la sentir si sauvage dans mes veines. J'ai appris à faire avec son envie de se venger de ceux qui ne m'ont rien fait. J'ai fini par apprécier de l'entendre ronronner dans ma chair et se faire comme cet autre frère que j'aurais pu avoir, un jumeau qui ne parlerait qu'à moi et qui ne vivrait que dans mon ombre. A cette pensée, j'esquisse un sourire triste alors qu'autour de moi les loups s'agitent et tournent, devenant les prédateurs qui entourent d'une jalousie maladive l'enfant qui les a fait venir à la vie.

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Message(#) Sujet: Re: (Effie) - I can't envision that for a minute Hier à 2:57


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Roh mais on dirait mon frère ! Je suis certaine que lui et Mathias sont en fait des jumeaux séparés à la naissance, c’est pas croyable ! Parler en grandes généralités comme si elles étaient des faits de la vie, dire que personne ne les comprend, prendre son expérience personnelle à lui comme la même expérience que vivent tous les sorciers de notre espèce. Et essayer de faire la grosse terreur des bacs à sable. Prends ton ticket Calloway, j’ai vécu bras-dessus-bras-dessous avec ton clone, c’est pas toi qui va m’impressionner !

S’il n’était tout d’abord pas impressionné, mon regard pétille d’excitation lorsque je le vois produire une dague et imiter mon geste. Je suis super curieuse de ce qu’il va tenter de faire pour prouver son point. Oh oui je vois la sauvagerie de sa magie, je la sens à travers mes propres veines et par ce miasme noir qui auréole Mathias. Il n’est pas né encore celui qui saura me faire peur ou m’impressionner dans un art où je me sais supérieure à la moyenne. J’attends et j’observe avec impatience, je retiens une exclamation ravie lorsque les loups se matérialisent… je crois que ça froisserait définitivement mon pauvre ami.

Je l’écoute à nouveau, un large sourire aux lèvres, plutôt fière de son exploit. Cinq loups, pour un sorcier sans réelle formation, c’est plus que bien ! Je joins gracieusement mes mains en un léger applaudissement, et sans hésiter je me décolle de mon fauteuil pour m’agenouiller au sol et tendre les bras à ces grosses bêtes bien puantes et décharnées. Ne sont-elles pas magnifiques ? Tous ces détails destinés à donner la frousse de leur vie au premier venu, dissuasif à souhait, et pourtant je ne peux pas éprouver de peur.

« Arrêtez de tenter de me faire la leçon Monsieur Calloway, vous êtes ennuyant comme un vieux professeur. Présentez-moi plutôt vos amis. Bonjour les bébés ! Moi c’est Effie, et elle sur la table c’est Gretch. Ce que vous êtes beaux ! Vous allez veiller sur Mathias, n’est-ce pas ? »

J’entends ma petite démone de fée émettre des sifflements de protestation et de sombre jalousie à l’encontre des loups. Elle ne supporte pas de ne pas être la reine du spectacle je le sais. Elle grimpe sur le sommet de la théière en guise de protestation et mouline de ses petits bras dans les airs, ses délicates ailes s’agitent furieusement et elle profère une myriade de petits bruits gracieux pour Mathias et sa meute. Moi ça m’amuse, elle fait toujours ça quand elle est confrontée à une autre créature invoquée, la plupart du temps mon beau Forcas qui finit immanquablement par lui donner une pichenette d’agacement. Moi, je n’ai pas peur de ces loups qui pourtant pourraient me fondre dessus et me déchiqueter de quelques aisés coups de crocs et griffes. Le malheur serait pour eux s’ils en venaient à faire couler mon sang et je sais qu’ils le savent, je sais qu’ils le sentent. Je tends vers eux ma main où une mince rigole de mon sang marque la peau pâle de ma paume, tout sourire et les yeux brillants d’enthousiasme.

Mais avant qu’une avancée soit faire d’un côté ou de l’autre, la porte du salon s’ouvre et j’entends la voix de ma mère avant même que cette dernière n’entre, bien lourde de reproches qui sont sur le bord de ses lèvres.

« Fiona… ! »

Mes épaules s’affaissent en même temps que je soupire et tourne la tête vers elle. Elle est là, ma douce et blonde mère, avec son petit visage en cœur, ses quelques taches de rousseur sur le nez et les pommettes qui lui donnent un air plus jeune qu’elle ne l’est, et ses yeux verts emplis d’inquiétude face à ce que sa diablesse de fille peut bien faire. Ça doit être toute qu’une scène, avec moi agenouillée au sol, ma robe bien froissée, une meute de loups des enfers et mon fiancé qui semble être le roi tout puissant de la petite cour que nous formons. Ah et Gretch ma fée qui a couru se réfugier dans une tasse pour se faire oublier de l’autorité maternelle.

« Monsieur Calloway me présentait simplement ses familiers, Mama. » dis-je en me relevant et en lissant négligemment le tissu de ma robe.

Je vois un nuage de déception dans le regard de ma mère, un bien triste sourire qu’elle adresse ensuite à Mathias, baisse les yeux vers les loups et me regarde avec cette fois sévérité.

« Veuillez nous pardonner de partir aussi tôt Mathias, il vaut mieux s’en tenir là pour aujourd’hui… avant qu’Effie ne se mette à invoquer toute sa ménagerie rien que pour crâner. »

Je roule des yeux et d’un regard c’est moi qui m’excuse à mon fiancé. Ma mère adore exagérer, et me prêter de mauvaises intentions et un désir de briller sans cesse. Ce qu’elle prend pour de l’arrogance n’est que de la confiance en mes capacités… et puis elle est encore plus crâneuse que moi à ses heures ! Je porte à mes lèvres mon poignet pour en lécher la plaie puis coince mon mouchoir entre la manche que je reboutonne et ma peau pour que le saignement cesse rapidement sans gâcher ma robe. Puis, rapide et vive, je vais déposer un baiser sur la tempe de mon pauvre fiancé avant de m’éloigner en riant gaiement.

« On se reverra Monsieur Calloway ! »

Et je lui ai chipé une cigarette au passage, que ma mère confisque sitôt que je suis à sa portée. « Une dame ne fume pas. » et ma réponse fuse aussitôt à mi-voix « Je ne suis pas une dame. » alors que la porte du salon se referme derrière nous.

Et sortant de sa tasse finalement, Gretch, que je n’osais pas sortir de là devant ma mère sous peine d’être privée de toute liberté jusqu’à ce que je sois mariée, bondit sur ta table et se remet à mouliner des bras et des ailes face à Mathias, l’invectivant dans son petit langage composé de mots incompréhensibles et de sifflements.

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