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 (Joséphine) - But it's fun to fantasize

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Mathias Calloway
Sugar Baby


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
Un petit mot ? : Dream a little, dream of me.
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Message(#) Sujet: (Joséphine) - But it's fun to fantasize Jeu 7 Déc - 21:08

But it's fun to fantasize
Joséphine & Mathias
J'aime tes yeux Ma jolie, quand on s'y plonge on y vit Mieux vaut mourir de rire que mourir d'adieu Je retourne au terrain vague Tes reins font des vagues vahiné

La braise chante au bout de mes doigts, chassant ainsi avec les volutes de fumée les souvenirs pénibles de ce début de soirée, tandis que le fiacre dans lequel je me trouve m'emporte loin de la demeure familiale que je fuis en cet instant, pour mieux me conduire vers ce lieu de perdition dans lequel mon père ne voulait pas me savoir. Par la fenêtre de celui-ci, j'observe la ville enveloppée dans son manteau étoilé, appréciant le calme de celle-ci malgré la fraîcheur de la nuit et les mots qui résonnent encore à mes oreilles. D'un battement de cils, je tente d'oublier la discussion encore houleuse que j'ai dû avoir avec mon père alors que je m'apprêtais à partir, n'arrivant pas tout à fait à faire taire dans mon esprit ses éclats de voix et les reproches qu'il me hurlait tandis qu'entre nous se dressait mon frère, qui au lieu de fuir nos combats, s'est entêté comme à chaque fois à tenter de nous calmer, venant mêler sa voix et ses mots à nos cris. Comme toujours, tout n'a été que ressentiment et mots que l'on regrette. Au lieu de nous expliquer comme des adultes, il a fallut que père me traite comme un enfant et que moi j'entre dans son jeu, m'emportant trop facilement pour mieux lui cracher au visage l'échec qu'il fut en tant que parent. Longuement, j'expire une volute de fumée, laissant celle-ci danser pour mon regard, tandis qu'encore tremblant, je ne parviens pas tout à fait à me calmer et à abandonner derrière-moi l'injustice de ce père que j'ai une fois de plus déçu et irrité, restant ainsi incapable de réellement apprécier l'idée de me rendre à ce bal, que durant des semaines pourtant j'ai attendu. De cet évènement qui devait me permettre de fuir un peu plus un monde dans lequel je n'ai pas l'impression d'avoir ma place, je n'ai désormais plus aucun espoir, ayant l'impression que d'entendre mon père une fois de plus me traiter d'échec en devenir et de bon à rien, a eu raison de l'engouement qui m'avait fait me préparer si élégamment pour cette nuit. Alors que j'encrasse mes poumons du tabac que je fume, je regrette presque d'avoir perdu mon temps à choisir le costume sombre que je porte en cet instant, tout comme le loup noir, qui si délicatement fait ressortir le bleu glacé de mes prunelles vitreuses. Même de ça, de ce déguisement que je porte, je n'éprouve plus la moindre once de fierté, ne m'amusant plus des perles qui au niveau de mes oreilles pendent jusqu'à ma mâchoire, et des plumes qui si joliment encadrent mon visage. De tout ça j'ai désormais presque honte et alors que le fiacre s'immobilise, je soupire une dernière fois, me disant qu'après tout, si je ne suis pas capable de me raisonner, cette soirée le fera. Dans la foule de personnes masquées, je pourrais me fondre et je ne serais rien. Juste un inconnu au loup noir, une silhouette maigrichonne qui flotte un peu dans son costume et qui sirote du bout des lèvres un peu de champagne quand elle ne valse pas pour oublier ses soucis d'une nuit. Parmi eux, parmi ceux qui auront eu une invitation pour cette soirée privée et anonyme, je m'effacerais, cessant ainsi d'être la déception d'un père et la honte d'une famille pour n'être rien de plus qu'une âme perdue qui souhaite jouer avec les convenances et les interdits.

Après avoir toqué à la porte de l'immense maisonnée qui nous accueille en cette soirée et donné à un homme masqué lui aussi le pliage en forme de lotus que j'ai reçu, je me glisse enfin dans les entrailles de cette fête qui se voudra sans fin, me délectant tout d'abord de la musique qui m'enveloppe une fois le vestibule passé avant de ma laisser envouter par les arômes délicats d'alcools et de mets qui en abondance trônent sur d'immenses tables. Face à moi, c'est tout un parterre d'inconnus qui valsent, rient, conversent et s'enivrent, dans une allégresse commune qui fait tourner les têtes comme la plus pure des liqueurs le ferait, créant ainsi chez tout nouveau venu un frisson d'excitation et d'impatience que l'on éprouve généralement lorsque l'on est enfant. Sur mes lèvres, un léger sourire se dessine et enfin, je m'avance, descendant quelques marches pour arriver dans le salon, où au plafond du quel pend d'immenses lustres en cristal tandis qu'au mur se trouvent des peintures d'ancêtres dont les portraits eux-mêmes ont été masqués. Fasciné, je laisse mes yeux courir sur les différents masques d'animaux dont on a affublés les huiles avant de saisir à la volée, sur le plateau d'un domestique à tête de chien, une coupe de champagne que je porte à mes lèvres. Sur ma langue, l'alcool laisse un goût délicieux tandis que parmi les étrangers je me glisse, acceptant les sourires, les mots que l'on me susurrent, les mains qui se tendent, les verres qui s'entrechoquent et les regards qui semblent vouloir me retenir. Bien vite je termine mon verre, l'abandonne sur un plateau pour me saisir d'un autre. Père trouverait cela répugnant, qu'ainsi je me mêle à une foule avide de vices et d'envies. Il dirait que c'est indigne de mon rang et de la personne que je suis. Il dirait sûrement que tout ceci n'est qu'un caprice de plus de ma part, une fantaisie que je m'autorise pour lui faire honte, mais alors qu'une inconnue vient vers moi, effleurant du bout des doigts les plumes de mon loup, j'oublie tout ça et préfère partager avec elle une danse et un rire, oubliant mes bonnes manières pour simplement valser avec elle comme si demain n'allait jamais arriver. Durant un instant, je m'enivre ainsi, perdant le compte des secondes et des minutes avec l'inconnue au masque de renard, riant simplement quand notre danse se termine et qu'une autre femme vient l'attraper par le poignet, l'entraînant dans une autre valse tandis que je m'efface, continuant de me perdre dans les entrailles de ce lieu qui semble n'avoir point de fin.

Dans les salles adjacente à celle où je me trouve, j'entrevois par le biais de portes ouvertes des pièces, des bibliothèques où l'on joue aux cartes et l'on fume tandis que dans d'autres, on se permet de se perdre dans des excès inavoués quand d'autres pièces ne sont tout simplement pas closes pour protéger du regard des curieux les deux amants qui s'étreignent surement. Perdu au milieu de la foule, un verre à la main, voilà de quoi je me délecte, voilà pour quoi je souris, pour une part de la société qui comme moi, aime ignorer les convenances de cette époque, préférant vivre librement et sauvagement plutôt que de s'enfermer dans des cases dans lesquelles ils ne rentrent pas. Ils sont cette jeunesse dorée, au coeur libre et au sang brûlant. Il sont les anciens qui n'ont jamais voulu vieillir et qui se fichent de savoir si l'on approuve leurs choix de vie. Ils sont comme moi, désireux d'aimer qui ils veulent et peu soucieux de la manière dont il s'abiment. Sans goûter apprécier la qualité du champagne dans ma coupe, je vide celle-ci d'un trait avant de me diriger vers les jardins, passant sans peine par l'une des immenses portes pour retrouver avec un frisson la fraîcheur de cette nuit sans lune. Désormais seul, je m'autorise une cigarette que je glisse sans peine entre mes lèvres et que j'allume d'un mouvement gracile du poignet, cherchant le temps de quelques secondes, un moment de paix, n'écoutant plus que les battements furieux du bal derrière-moi et le chant de la cascade de perles à mes oreilles.



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Joséphine de Cagliostro


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Message(#) Sujet: Re: (Joséphine) - But it's fun to fantasize Ven 8 Déc - 12:46

But it's fun to fantasize
Joséphine & Mathias
JJe rêve aux landes, aux brumeuse collines,
Où s'amasse l'ombre glacée du soir,
Car, perdus parmi les froides montagnes
Gisent ceux que j'ai aimés autrefois.

L'origami à ma table ne peut pas me voir, non pas car dénué de tout sens, mais parce que j'observe la ville, du toi de la maison que j'habite en plein cœur du quartier le plus en vogue de la capitale. Ni plus, ni moins, le goût des belles chose j'ai toujours eut. La nuit est fraîche, figeant un peu plus ce visage qui ne devrait plus être mien, mais ne m'empêchant pas de darder les fourmis qui s'agite ici bas. Ils vivent leur vie sans lendemain, sans le soucis d'un autre jour, obnubilé par leurs vies pragmatiques. Il sont un ou à deux. Des milliers, des millions. Et moi ? Qui suis-je ? A errer d'une vie à l'autre, d'une ville à l'autre. Vagabonde, un ombre parmi les autre, un visage qu'on oublie, mais moi, je ne vous oublie pas.
Je redescend, un saut au balcon par lequel je rentre, hésitant un court instant sur la toilette du soire, ms doigts filant sur les tissus coûteux qui compose ma garde-robe, jusqu'à s'arrêter sur un somptueux consume trois pièces, simple, efficace, emprunté aux hommes. Nue devant le miroir, je m'habille, prenant soin de chaque étapes délicate. Ma poitrine n'est pas évoquée sans corset, la taille certes élégante, fine, je me ris déjà de ce que je vais berner. Féline, je porte ce masque ramené de Venise en forme de tête de chat, ne cachant que la moitié de ma face. Dans la poche intérieur de ma veste, une effluve rare et enivrante, dans mon pantalon, suivant la cambrure de mes reins, une miséricorde, lame courte qu'on portait fut un temps à la main gauche. Une femme ne sort jamais trop précautionneuse, l'homme est un loup pour l'homme et encore plus la gente féminine, l’ennui c'est qu'ils ne savent pas que je suis bien plus dangereuse que j'en ai l'air.
Un Fiacre me conduit au lieux de mon vice, l’origami ne trône plus seul, mais en compagnie de ma main. Une nuit pour oublier, pour m'oublier. D'un regard à la fenêtre, j'observe la ville défilé, et je m'y sens étrangère, partout je suis passé, je n'ai laissé que mon absence, l'emprunte des choses brisées, sans attache, sans rien, depuis bien trop longtemps. La lâcheté est sans doute une affaire de famille et pourtant j'ai toujours trouvé qu'il y avait plus de courage à abandonné qu'à rester, à fuir quand le moment sembler que juste qu'à rester jusqu'au bout. Fuir, partir, c'est accepter ses limites, c'est accepter que le monde peut se faire sans vous, c'est accepter que nous ne sommes rien, pour rien et pour personne. C'est dur, douloureux en un sens, cette limite, cette absence, le cœur qui me manque. Ne plus ressentir les choses, si ce n'est que le froid à ma gorge nue, aussi sûrement que la chaleur étouffante m’étreint une fois sur le lieux des vices et des mascarades.
Le lieux est saturé d'odeurs, d'envies, de désirs qui loin d'être refrénés se donnent libre cours, assouvis pleinement sous le sceaux du secret d'un masque. Je les étudies, sens leurs pensées les plus inavouable et ça me ferais presque perdre pied. Ma nuque se tend, se déploie alors que d'un balancement de hanche assurée je conquière le monde. Une salle après l'autre, un verre après l'autre, les tension de mon dos s'efface, je souris, j’aguiche de mon attitude féline, ils et elles vont et vienne, une marée humaine qui dépose son écume. Je souris, un peu trop, je me perd, peut-être pour mieux me trouver.
La nuque se tend à nouveau, des souvenir qui revienne avec ses émanation d'encens, l’Égypte, il y a quelque années de ça, un homme, et moi qui dansait devant lui. La rêverie me fait voir le monde au ralentis, j'oublie et me rappelle des moment partagés, des draps froissé et de la brûlure cuisante à mon âme, le peu qui m'en restait à l'époque. Je souris est ris, bon dieu, comme si ça aurait pu continuer, ça n'appartenait qu'au rêve, rien de plus, et rien de moins, ça a eut le mérite d'exister pour la beauté du geste.
Après une partie de Poker qui me permis d'ajouter à mes doigts une chevalière et dans mes poches quelques billets, je me décidais à changer de lieux, de pièce, en profitant pour admirer le décors et étudier chaque personne présente comme dans un aquarium, le ban de poisson semble si divergeant et si semblable en même temps.
Mon regard se perd, leurre au fond de mes yeux qui rend aveugle ou amoureux, ma gestuelle délicate attire le regard, comme un objet non identifié, je me tais, bien trop lointaine dans mon cœur inexistant. La vérité c'est qu'aussi entourée que je le suis je ne peux que me sentir seule, c'est étouffant, ça donne le vertige.
C'est à cet instant que je le vois, derrière son loup, ses plumes et ses perles baroque, je le reconnais dans la foule anonyme, un parmi tant d'autre, un qui ressort. Chatte enragée, son parfum percute mes narines en explosion cérébrale. Il a grandis, trop sans doute, mal. Il semble flotter dans son vêtement autant que dans la vie, quelque chose en suspend. Je ressens un flot de culpabilité à être partie, du jour au lendemain, sans donner de nouvelle, une habitude. L'amusement étant qu'il ne peut savoir qui je suis, sans doute dois-je l'éviter, éviter de porter une main à son épaule et de l'inviter à danser. Mais la foule me prend, m'emporte alors que je tente de la fendre, de la disperser pour un rivage ou un autre. Finalement, sans le vouloir ses dans ses bras que je me retrouve. Un regard que je lève vers les siens, léger souffle qui fuit mes lèvres alors que la musique enivre et force à la danse, nous entraînant dans la masse qui valse, nous emporte en diphtongue, je ne quitte son regard que pour le laisser glisser à ses lèvres retroussées qui lui ont toujours donné un air mutin. Ma nuque se tend, se dévoile pour libérer son parfum alors que ma main à son épaule enfonce légèrement ses ongles dans le costume. Sans doute devrais-je juste oublier, m'oublier moi dans ma tenue de garçon, air d'éphèbe qui me colle à la peau, comme l'odeur de sa cigarette à ses lèvres.


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Je suis exubérant, impardonnable. Rien ne peut m'arrêter. Rien ne me fait honte. Je suis irréfléchi, sans espoir, sans cœur, le vice incarné, un enfant sauvage, intrépide, impénitent, perdu à jamais.  @Anne Rice ≈ Cantique Sanglant © alaska.  

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Joséphine) - But it's fun to fantasize Sam 9 Déc - 17:49

But it's fun to fantasize
Joséphine & Mathias
J'aime tes yeux Ma jolie, quand on s'y plonge on y vit Mieux vaut mourir de rire que mourir d'adieu Je retourne au terrain vague Tes reins font des vagues vahiné

Dans le ciel d'encre, les étoiles se font des perles éblouissantes pour mon regard terni par une mélancolie nocturne qui n'est propre qu'aux voyageurs de la nuit et de l'ennui, qui cherchent à trouver dans les arabesques d'un tabac qui se consume, des réponses aux doutes et interrogations qui font leur existence. Comme tout ceux avant moi qui ont été perdu, ou qui se sont perdus, je contemple la nuit, rêvant entre deux fredonnement de la braise contre mes lèvres à une existence qui n'est pas la mienne et aux voyages que cet autre Mathias qui n'est jamais né pourrait effectuer. Le regard dans le vide, l'esprit bien loin des festivités qui se tiennent derrière-moi, je songe en cette douce nuit à cet autre jeune homme que j'aurais pu être, à ce charmant garçon qui si il avait été autre aurait sûrement rendu son père fier et serait à cette heure, non pas là à fumer le peu de santé qu'il lui reste mais chez lui, peut-être, dans les bras d'une personne qu'il aime. J'ai plus d'une pensée pour cet avenir que je lui ai volé, pour ce bonheur que j'ai préféré troquer pour un amour trop passionnel des hommes et une faiblesse consternante quand il s'agit d'abuser des plaisirs éphémères de la ville. Pour cet autre, cette ombre, cette silhouette qui ne verra jamais le jour, j'exhale une dernière volute de tabac pour mieux écraser au sol le mégot trop fumé qui se trouvait entre mes lèvres. D'un battement de cils, je chasse la tristesse et inspire légèrement, refoulant ainsi dans un coin de mon être le désespoir et l'angoisse pour mieux m'en retourner à cette foule qui m'appelle et ainsi me perdre dans les danses qu'elle me promet. Derrière-moi, j'abandonne la nuit et la mélancolie, me plongeant à nouveau dans la folie collective qui semble enivrer les invités.

Un léger sourire se glisse sur mes lèvres, les ourlant très certainement d'un soupçon de charme qui doit me donner cet air de sale gosse qui fait si aisément chavirer le coeur de certaines femmes, tandis que je me glisse à nouveau entre les silhouettes et les robes, devenant de ce fait un solitaire à la recherche d'un partenaire. Du regard, je tente de trouver celui ou celle qui saura me faire oublier la raison dont je suis doté, me faisant comme un faucon parmi les corbeaux, cherchant dans les rares regards qui se posent sur moi, l'envie peut-être de perdre dans mes bras. Et si le temps de quelques battements de coeur, j'angoisse à l'idée que personne ne veuille de moi, c'est là que lui me trouve, jeune éphèbe aux courbes gracieuses, délicieux étranger qui se jette à moitié dans mes bras et dont le regard si élégant capte le mien avec une aisance désarmante. Sans prononcer un mot, d'un soupir seulement, je me contente de l'attirer à moi, posant une main avec douceur dans le creux de ses reins tandis que l'autre trouve sa paume sans peine. L'un contre l'autre, nous commençons ainsi à danser, m'offrant de ce fait la possibilité d'admirer un peu plus l'inconnu dont le coeur bat actuellement contre le mien. Dans ses prunelles qui semblent apprécier la courbe de mes lèvres, j'y trouve une lueur familière qui éveille en moi une impression d'un déjà-vu lointain, qui à défaut d'être agréable m'inspire un soupçon de nostalgie pour une époque que je ne regrette pas. Comme si dans ses pupilles se trouvait les souvenirs d'un passé houleux aux rares instants de paix, comme si dans les yeux de cet autre il y avait un fragment de souvenirs que je n'ai plus. Troublé par cette désagréable sensation, je me concentre alors que la finesse de ses traits, trouvant la beauté dans la forme féminine de sa mâchoire, qui contrairement à la mienne, semble avoir été sculpté avec tendresse par un artiste aux doigts attentionnés, ou dans la courbe de ses lèvres qui forme une moue presque boudeuse. Dans cet inconnu gracile et pourtant plus épais que je ne le suis en cet instant, je trouve tout ce que je cherchais en cette nuit. Avec lui, coeur contre coeur, je retrouve le plaisir d'être contemplé et désiré. Avec lui, et pour lui, je redécouvre le plaisir de valser. En rythme avec les perles qui s'entrechoquent à mes oreilles, je l'entraîne dans l'ivresse et l'allégresse, espérant lui faire oublier le monde qui nous entoure alors que nous valsons comme si la nuit n'allait jamais se terminer. Un sourire aux lèvres, je me fais le parfait cavalier, ignorant les convenances de ce monde qui n'est décidément pas fait pour moi pour mieux apprécier la douce étreinte que je partage avec cet inconnu dont je ne suis même pas sûr de vouloir connaître le nom, par soucis peut-être de ne point briser un instant trop délicat pour supporter le moindre déception qui pourrait glisser d'entre ses lèvres charnues. A la place, je continue de danser avec lui, écoutant simplement le bruit des perles, la musique et le chant de ma magie, me délectant de ce mélange étrange de sonorités bien trop mélodieuses.

Seulement le temps que je pensais éternel finit par se rappeler à moi, tuant cette danse à l'instant même où la musique se fait différente et où tout autour de nous, la foule s'agite, attrapant coupes de champagne et amuses-bouches quand ils ne partent pas à la recherche d'un nouveau partenaire. Je reviens à moi et pose alors mes prunelles dans celles du jeune homme, lui souriant doucement tandis que du creux de ses reins, ma main glisse et s'éloigne. En moi, quelque chose me murmure de le retenir mais ne trouvant pas la force d'entrouvrir les lèvres, je me contente de me faire comme l'enfant égaré que je suis encore, laissant mes épaules retomber et mon sourire se faire plus triste. J'aimerais le retenir, lui donner une raison de rester mais je n'en ai aucune à lui offrir. Car aussi plaisant soit-il de sentir son regard sur ma personne, je me dois de réaliser que pour lui je ne suis rien de plus qu'un fantôme d'une nuit, une silhouette de plumes et de perles qui n'aura jamais de prénom. Peut-être serais-je le temps d'un instant un fantasme d'un soir, mais rien de plus. Et pourtant, je ne parviens pas à le lâcher. Pire, je referme même un peu plus mes doigts autour de sa main, cherchant à gagner un peu de temps tandis que je tente de trouver en mon être une once de courage pour lui parler, pour espérer le charmer de ma voix fatigué et de mes mots peu inspirés.

"Vous semblez familier."
Tout n'est qu'un murmure, un aveu délicat que je fais du bout des lèvres. "J'ai l'impression que nous avons déjà dansé tout les deux..." Je dois sembler pathétique à tenter de transformer les secondes en heures, à faire durer un instant qui va forcément prendre fin, juste par besoin idiot de conserver à mes côtés quelqu'un qui semblait tant vouloir me trouver dans la foule. "Comme si nous vivions en cet instant un rêve d'une vie d'un soir." Un songe qui n'aurait pas dû se faire réalité et qui pourtant se joue, entre nous, de nous.



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Joséphine de Cagliostro


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Message(#) Sujet: Re: (Joséphine) - But it's fun to fantasize Lun 1 Jan - 19:08

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Je rêve aux landes, aux brumeuse collines,
Où s'amasse l'ombre glacée du soir,
Car, perdus parmi les froides montagnes
Gisent ceux que j'ai aimés autrefois.

Le monde s’enivre cette nuit : leur monde. Dans un univers décadent qui met à mal les morales et la société bien pensante. Le monde court à sa perte, et ceux réuni ici ce soir s'y précipitent. Le temps roule et s'écoule, il égraine les esprits, érode les mécanismes du corps jusqu'à condamner à l'immobilité. Je n'aurais su m'y résoudre, et c'est pour cela que je tue l'absence de temps dans ces lieux ou s’encanaille la société des nantis. Le blase me rejoint, lueur sombre qui tranche avec la clarté de mon regard. Je les vois, tous. Les observe, tous. Si semblable dans leur leurre, si commun aux bêtes, marcassins des villes. Lui, il détonne, fragment d'un discours oublié, d'un souvenir effrité mais vivace dans ses grains de sable. Il est beau, il est devenu homme, décharné. Fantôme qui erre en ce monde qui ne lui ressemble pas. Il cherche, tente de fuir une solitude écrasante et oppressante.
Et alors que je tente de fuir, la foule me rappelle à l'ordre, me porte, me transporte jusqu'à lui, me jetant dans ses bras, me plongeant dans son regard. Nous sommes dans un écrin humain, les odeurs, les sons sont saturés, et pourtant, Nous sommes seul en ce bas monde, une bulle se forme autour de nos corps pour préserver l'instant qui en silence s'écoule. Je me cambre légèrement alors que sa main trouve le creux de mes reins, mon autre main se laissant étreindre par la sienne, le temps d'une danse, il me charme.
Mon regard azure dévie, ses lèvres m'attire, légèrement ourlées, toujours aussi mutine en farfadet, air de sale gosse qui ne l'a jamais quitté. Je l'avais fuit, il n'était qu'un gosse, un gamin qui se croyait grand en devant adolescent, aujourd'hui, Je suis contre un homme qui me dépasse en taille, il n'est plus haut comme trois pommes, jamais plus il ne dansera ses petits pieds sur les miens. Ce temps est révolu, et occulté par celui qu'il est devenu. La poire de sang palpite avec frénésie dans ma cage, l’hémoglobine palpite à mes tempes alors que je me laisse porter par lui, charmée, hypnotisée. Il est tout ceux que j'ai connu et tout ceux que j'aurais pu connaître. Je vois, pendant un instant l'éclat d'une vie qui aurait pu être, de la joie qui aurait perduré, mais jamais je ne pourrais y prétendre, la chute est rude quand la musique cesse et que nos corps doivent s'éloigner. Je sais, que jamais le bonheur ne sera fait pour moi, pas plus qu'une vie conjugale, que je suis ce monstre que j'ai créée et qui fut endurcit par la vie. Je suis à tout jamais : la Cagliostro.
Je comptais partir, car c'était tout ce qui me restait à faire, sans doute écrire une lettre pour lui dire de m'oublier, que se revoir ne sera qu'un autre déchirement, que le passé n'a pas à devenir le présent, et encore moins un futur qui ne verra jamais le jour. Pourtant, je sens le regard du jeune homme peser sur moi, comme si, lui aussi, avait senti pendant un bref instant ce lien qui se dessinait autour de nous pour mieux nous encercler dans une fatalité de tragédie grecque. Pire, moi qui ne fus retenue par personne, je sens sa main se raffermir sur la mienne. Je relève mes yeux vers lui, sa voix est plus grave qu'avant, plus fatiguée aussi, mais elle a le dont de me voler un frisson qui parcours mon échine. Je reste muette, un temps, observant le monde autour de nous, cette sensation de suffocation, cette chaleur qui envahit mon corps à le rendre humide sous ma chemise. Je me mord la lèvre, ne sachant si ce n'est pas une nouvelle erreur que je m'apprête à commettre, si les dieux ne finiront pas de m'envoyer dans les limbes. Mais Je le regarde à nouveau, lui. Je l'ai déjà fuis une fois, sans doute que j'aurais l'emporter avec moi, ne pas le laisser à son père. Alors pour une fois, la comtesse ne fuis pas, quitte à aller en enfer, autant affronter le Diable de face.
Doucement je l’entraîne, léger sourire en coin à mes lèvres, dans un coin plus isoler, une porte fenêtre qui donne sur un balcon, contre des rideaux lourds de taffetas pourpre.

- Cela serait voler le titre d'une des plus belles pièces de Shakespeare....


Je le taquine, le pousse par la foule à être plus proche de moi, nos corps se frôlant par à coup d'une danse qui en éveille une autre. Le dos contre le rideau qui colle au mur, je me cambre légèrement, félinement, ne cessant le contacte visuelle.

- Qui sait si le songe ne peut rejoindre une forme de réalité.


Et je préfère faire ce qui traverse mon esprit, mon regard quittant le sien que pour admirer sa physionomie. Il semble fort et fragile, colosse aux pieds d'argiles, il est touchant, et éveille cette envie de contacte, ce besoin que je ressens en cette instant, qui assombris mon regard clair et contre lequel je lutte farouchement. Le prendre dans mes bras, lui faire oublier le monde et la douleur. Seule chose que je m'autorise : jouer avec ses mains, nouer nos doigts pour les délier à nouveau, petite danse, une valse de chair.


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Message(#) Sujet: Re: (Joséphine) - But it's fun to fantasize Ven 5 Jan - 18:08

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Joséphine & Mathias
J'aime tes yeux Ma jolie, quand on s'y plonge on y vit Mieux vaut mourir de rire que mourir d'adieu Je retourne au terrain vague Tes reins font des vagues vahiné

A mes oreilles je n'entends que le chants des perles qui s'entrechoquent et qui délicatement cascadent et encadrent si délicieusement cette mâchoire taillée par la génétique. Sourd face aux bruits assourdissants de cette nuit qui devrait n'être que débauche et rires dissonants, je reste désespérément muet pour cet éphèbe qui d'un regard et d'une danse a su capturer l'essence même de mon être solitaire et à la recherche d'un amour qu'il ne trouvera jamais. Pour cette créature de la nuit, aux formes androgynes, je me fais tout ce que j'ai toujours été quand il s'agit de mettre à nu mon coeur aux pulsions indécentes, qui au lieu de chercher la beauté dans les courbes d'une femme semble sans cesse désirer l'attention d'hommes, qui contrairement à moi, ne voient pas le plaisir que l'on peut tirer à s'abandonner aux plaisirs de la chair en la compagnie de quelqu'un du même sexe. Ainsi, pour le seul désir de cet être que je me refuse à laisser partir, je deviens une ombre qui le suit, une part de sa personne qui se laisse entraîner par la main au travers de la foule masquée et décorée plus absurdement que je ne le suis encore, me faisant tourner la tête par la variété des couleurs et des sensations qui se mêlent dans l'atmosphère et créent une fragrance enivrante et entêtante qui séduit autant mon coeur que ma magie. Du regard, je me laisse un instant subjuguer par le regard d'un renard qui tient entre ses mains une coupe de champagne tandis qu'à ses côtés, sa cavalière toute recouverte d'or et d'argent tente de se faire jalouser par l'astre laiteux qui en cette nuit brille par son absence, donnant ainsi l'impression que de mon regard curieux, je perturbe les retrouvailles de deux amants séparés l'un de l'autre depuis trop longtemps. Pudiquement, je fuis leur intimité, laissant mes prunelles glisser le long de leur personne pour mieux retrouver la silhouette de mon être nocturne, qui sans patience et avec hâte, nous fait nous presser jusqu'à un recoin de la salle dans lequel nous trouvons refuge aux côtés d'une fenêtre donnant sur un balcon. Contre les rideaux de velours, je vois mon inconnu s'y adosser pour mieux me faire face et ainsi plonger son regard de panthère dans mes pupilles juvéniles. Pour lui, j'ai un sourire mutin, puis un rire taquin, qui se mêle parfaitement avec la danse qu'entreprend nos corps, s'effleurant de temps à autres au rythme des battements de nos coeurs et des folies de la foule qui dans mon dos s'enivre d'abus terrestres que les anges au ciel nous envient surement. Nos doigts se trouvent, s'effleurent, se rencontrent et se découvrent alors que le regard perdu dans la contemplation de sa bouche aux lèvres pareilles à deux pétales de roses dont la couleur rappelle celle des cuisses de nymphes que l'on peut observer sur les tableaux de la demeure, je ne sais encore que faire des paroles qui se glissent entre ses soupirs et provoquent en ma personne un déluge de sensations familièrement étranges qui me laissent frissonnant et avec sur le bout de la langue l'envie d'un poème entier de sa part. D'un battement de cils, je chasse au loin le récital burlesque qui se joue derrière-nous, oubliant amants et âmes solitaires qui pourraient se confondre dans la masse alcoolisée et ivre qui s'amuse à prétendre que le paradis qui dans les cieux réside doit parfaitement s'incarner en cette soirée que les étoiles couvent de leurs regards éternels, pour mieux entrouvrir les lèvres et ainsi chantonner, fredonner presque, à mon tour, les murmures délicats de mon être déjà amoureux de cette silhouette de la nuit, de cette création qui prend vie sous la lumière des chandeliers et pour le flot incessant de mon sang dans mes veines.

"Je l'espère, je n'aimerais vivre ma vie au travers d'un rêve qui au petit matin ne serait rien de plus qu'un souvenir que je ne parviendrais pas à retenir."

Pourtant, si pour rester à ses côtés il me fallait accepter de ne jamais rouvrir les yeux et de ne point revenir parmi les vivants, je pourrais me laisser à jamais flotter dans une inconscience éternelle, un néant perpétuel au sein duquel ce bel inconnu serait gravé sur mes paupières et dans ma psyché. Si l'on me proposait de fuir notre réalité pour mieux se complaire dans une vie illusoire, faite de fantasmes et de désirs qui n'auraient point de fin, j'accepterais de laisser derrière-moi la laideur d'un monde au sein duquel je ne trouve que douleur et déception. Si il était la mort venue me chercher pour mieux m'entraîner dans les tréfonds d'un trépas inévitable, je n'aurais pour lui qu'un murmure, qu'une question qui trahirait mon incompréhension. "Pourquoi ne pas être venu me chercher plus tôt ?"

"J'espère que vos doigts que je sens entre les miens ne sont pas une création de mon esprit désespérément en quête de la perle que vous êtes. J'espère que cette chaleur que je ressens dans le creux de ma paume n'est pas le simple fait de mes draps qui m'enveloppent de trop près…"

Délicatement, trop gracieusement presque, je bats des cils et laisse le bout de mes doigts épouser un instant sa paume avant que ceux-ci ne viennent chercher le creux de son poignet et le tracé de ses veines bleutées, que délicatement, j'effleure et découvre.

"J'ai l'impression d'être Galahad face au Graal." Sur le bout de mon index, je trouve enfin la pulsation discrète et délicate de son coeur, de ce muscle tendre qui dans sa cage thoracique se contracte avec toute l'énergie du monde pour faire couler dans sa chair l'essence même qui lui permet d'exister et d'ainsi se faire la figure de la tentation que j'ai tant envie d'étreindre. Mes dents viennent légèrement écorcher ma lippe déjà rendue exsangue par mes besoin auto-destructeur avant que je ne sois capable de prononcer quoi que ce soit d'autre, surement à cause de la bouffée d'embarras qui colore légèrement mes joues pourtant dissimulées derrière mon masque fait de plumes et de perles. "Ou d'être cet ange face au dragon qu'il est incapable de terrasser car il est subjugué par la beauté de cette créature." Vers lui je me penche légèrement, laissant nos souffles se rencontrer tandis que dans un concert produit par les perles qui s'entrechoquent, je laisse nos corps se trouver et un peu plus s'épouser en une étreinte harmonieux et presque trop parfaite pour être réelle.
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