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 (James) - Chasing the moon

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Mathias Calloway
Sugar Baby


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
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Message(#) Sujet: (James) - Chasing the moon Lun 11 Déc - 17:35

Chasing the moon
James & Mathias
If I get high enough will I see you again? I fill my lungs every night not long to wait and if I do this thing right I dream of our escape

C'est le coeur en vrac et en me rongeant les ongles que je me fraye un chemin jusque dans les entrailles de cette institution que je fuis depuis des mois. Le regard fuyant, la mine basse, c'est comme une ombre que je me glisse entre les autres membres de la Ligue, me cachant dans l'angle mort de leurs regards tandis qu'à mes côtés, tous ne peuvent percevoir que le cliquetis familier des griffes de mes compagnons à quatre pattes. Caché à la vue de tous par ma magie, trottent non loin de ma personne deux loups au pelage sombre mais malheureusement inégal, qui par son absence dévoile leurs muscles et os, donnant l'impression à ceux qui peuvent les observer qu'ils sont la parfaite représentation de ce que les chiens de l'enfer doivent être. Tout chez eux est répugnant, repoussant et révulsant. De leurs crocs immenses à leurs babines mutilés, rien n'inspire chez eux la moindre envie de les caresser ou de les flatter. Tout chez eux hurlent qu'ils sont des monstres qu'il faut tuer et si je n'arrive pas à donner tort à mon père qui fut le premier à vouloir les blesser, je ne peux m'empêcher de ressentir un léger pincement au coeur à les voir ainsi, à battre de la queue et à veiller sur moi comme le ferait les plus fidèles des chiens. Les autres ne voient peut-être en eux que le mal, mais alors que le trio insolite que nous formons s'enfonce un peu plus dans les entrailles de la Ligue, je ne peux qu'apprécier leur présence à mes côtés, trouvant en eux le confort et la sécurité que je ne trouve nulle part ailleurs. Ils sont étrangement ma famille la plus proche, mes meilleurs amis et ce qui définit peut-être le mieux ce que devrait être le concept de maison. Ils sont l'essence même de ce que je devrais trouver chez les autres et qu'ils sont pourtant les seuls à m'offrir. Ils ont dans le regard l'absence de jugement et de ressentiment que je trouve dans les prunelles de tout ceux qui naviguent avec moi dans cette existence. Dans leurs pupilles parfois laiteuses je trouve l'amour inconditionnel que personne n'aura jamais pour moi. Eux sont toujours heureux de me voir, toujours prêt à tout faire pour me savoir en sécurité et pas trop malheureux. Eux se soucient de moi. Eux ne me voient pas comme un poids.

Un jappement me fait revenir à moi, et alors que je lève le nez vers Ulna, qui non loin de moi bat de la queue et tente d'attirer mon attention, surement dans le but de me remettre dans le droit chemin. Je souris doucement à la créature et m'approche d'elle, la laissant même me lécher le bout des doigts quand ceux-ci se trouvent à portée de son museau. Sous la caresse de sa langue, je plisse légèrement le nez et étouffe un rire, me contentant de lui grattouiller rapidement le sommet du crâne, au seul endroit peut-être où la louve a encore un peu de fourrure, avant de me remettre en route, sentant son compagnon, Radius, trottiner sur mes talons. En leur compagnie je retrouve le courage de marcher sans chercher à me cacher, trouvant ainsi plus aisément mon chemin jusqu'aux quartiers qu'occupent certains membres de la Ligue qui, comme celui que je viens troubler en cette fin de journée, trouvent en son sein un point de chute. Un temps, j'avais été moi-même tenté de quitter la demeure familiale pour venir m'installer ici, mais depuis l'incident... Je réalise qu'il n'y a nulle part où je puisse aller. Je suis prisonnier de mes erreurs et condamné à vivre là où ne veut pas de moi. Au sein de la Ligue même, je suis actuellement un indésirable qui vient tirer de sa tranquillité un ami qui se porterait sûrement mieux si je ne faisais pas parti de sa vie. L'idée même m'arrache un frisson et au lieu de la chasser je la laisse s'insinuer dans mon esprit et faire son nid, lui permettant de ce fait de faire fleurir dans ma psyché une pensée vénéneuse qui distille sans peine un poison dangereux pour mon coeur fêlée. Une pensée qui me murmure que peut-être je devrais quitter sa vie et cesser de lui imposer ma présence et les problèmes qui collent à ma peau comme l'odeur du tabac que je fume en abondance. Peut-être serait-ce mieux pour lui de ne pas avoir à se soucier de ce que je suis... Peut-être serait-il mieux sans moi. Peut-être le monde irait mieux sans moi. Après tout, à qui suis-je utile ? Pour qui ai-je de l'importance ? Personne. Je ne suis rien. Je ne suis que Mathias, le sale gosse à problème. L'enfant terrible. L'héritier déchu. Celui qui se laisse mourir. Celui dont personne ne veut. Celui qui ne sera bientôt plus là.

Je soupire lourdement quand j'arrive devant les quartiers de James, refoulant au loin les pensées sordides qui accompagnaient mon périple pour mieux me recomposer et trouver le courage de doucement toquer à sa porte. Mes phalanges heurtent le bois de celle-ci et alors que j'attends qu'elle s'entrouvre, je sens mon coeur s'affoler un peu plus dans ma cage thoracique, me donnant ainsi l'impression que celui-ci cogne bien durement contre mes côtes, tandis qu'à mes côtés, mes deux familiers se contentent de s'assoir et de sagement lever le museau vers la porte, comme si ils attendaient de rencontrer avec une certaine impatience l'humain qui a le droit à toute l'affection que je n'offre d'habitude à personne. Du coin de l'oeil, je les observe se lécher les babines et après un soupir, je me remercie de les avoir rendu invisibles aux yeux de tout le monde, me disant que pour ne pas complètement effrayer James, il vaut mieux que pour l'instant ceux-ci restent cachés... Non pas que je ne le pense pas capable de les supporter mais plus par crainte d'être rejeté. Je sais que ma magie n'a rien de sublime ou de délicate. Je sais qu'elle est répugnante, comme en témoigne mes deux familiers. Je sais que je dois être le seul à l'apprécier et c'est pour ça peut-être que pour l'instant, j'ai encore envie que James n'en ait qu'un concept. Un autre soupir traverse mes lèvres. C'est idiot de ma part de vouloir le protéger de quelque chose qui fait part de moi. Je devrais lui faire confiance au lieu de prévoir les réactions ou mots qu'il n'aura peut-être jamais. Peut-être que lui accepterait les monstres que mon sang crée. Peut-être que lui trouverait la beauté derrière la laideur de cette magie entropique. Peut-être que lui pourrait.

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James Hook
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mer 13 Déc - 1:40

HOOK
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Chasing the moon
Qui peut bien lui vouloir quoi que ce soit à cette heure? La liste de gens qui savent qu’il s’est retiré ici est courte, et celle de ceux pouvant avoir l’envie de cogner à sa porte l’est encore plus. En fait, il n’a besoin que des doigts de sa seule main pour les compter, et il lui reste des doigts libres. Si la porte de ses quartiers s’ouvre sans empressement, c’est un sourire amusé qui s’affiche rapidement sur le visage de James lorsqu’il identifie la dernière personne qu’il aurait cru vouloir s’aventurer jusqu’ici.

- Et bien, tu t’ennuyais de moi à ce point?

Le corsaire ne se gêne pas pour détailler son visiteur de la tête aux pieds sans se départir d’une certaine lueur complice dans son regard bleu, puis il s’efface pour inviter Mathias à entrer afin de profiter d’un peu plus d’intimité qu’un couloir peut offrir. Surtout les couloirs de la Ligue, où toutes sortes de créatures et êtres aux capacités aussi variées que l’imagination est vaste peuvent rôder.

- Je t’offre un verre? J’ai une…

Une étrange odeur vient assaillir James, en même temps que ses autres sens sont sollicités par des bruits et sensation de déplacement qui n’ont rien de normal. D’un geste ferme sans être brutal, il attire à lui le sorcier, l’emprisonnant contre lui de son bras valide et allant effleurer la ligne de son cou de son nez, finissant de ses lèvres près de son oreille afin de lui murmurer:

- Ça sent le chien crevé, et nous ne sommes pas seuls. Soit tu m’expliques, soit il faut nous préparer à se défendre.

Il se confirme que l’odeur ne vient pas d’un Mathias qui aurait passé de sales derniers jours loin d’une baignoire ou se serait endormi dans un chenil. Bien que ses sens ne soient pas à leur meilleur dans le fond d’un sous-sol au lieu d’à l’air libre, il pourrait certifier avoir entendu des cliquetis pouvant être produits par une personne aux effets et armes peu silencieux ou au rythme des pattes d’animaux griffus. Une chose est sûre: si c’est un autre membre de la Ligue qui se joue de lui, même un Calloway père qui use de sa magie pour suivre son fils à la trace, sans se gêner d’envahir son espace personnel, le recrutement risque d’être ouvert pour le poste occupé par l’espion en question.

Rompant leur étreinte, laissant délibérément sa joue effleurer celle de Mathias, furtif souvenir d’une nuit où leurs corps s’étaient connus plus intimement, le corsaire s’éloigne et reprend son offre, là où il aurait pu sembler qu’il n’avait eu que l’envie se sentir à nouveau son amant contre lui.

- Je disais donc que j’ai une bouteille de whisky irlandais pas trop mauvais, pour une fois que les miens font quelque chose digne de mention.

Est-ce surprenant que la bouteille d’alcool voisine les armes du corsaire? Non pas du tout en effet, et c’est vers la petite console où sabre, couteaux, pistolet et alcool trônent que James se dirige. Entre lui et son double objectif il y a une table devant laquelle il était visiblement assis vu la chaise de travers, un encrier et des plumes, plusieurs feuilles de papier couvertes de symboles ou de lettres -ce n’est pas vraiment visible à cette distance- et un livre entrouvert.

- Alors ce sera quoi?

James s’est à demi retourné vers son invité surprise, prêt à réagir en fonction de la réponse que Mathias lui fera, sa main valide arrêtée dans les airs à mi-chemin entre la bouteille ou les armes. La gauche du corsaire n’est pas visible, puisqu’il ne porte ni son fameux crochet ni sa main automate, et qu’il a simplement rabattu la manche de sa chemise noire sur son bras lorsqu’on a cogné à sa porte.

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mer 13 Déc - 22:47

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A l'instant même où la porte de ses appartements s'ouvre et me révèle la silhouette familière et tant aimé du corsaire auquel j'ai abandonné mon être il y a quelques nuits déjà, je cesse de respirer, incapable de remplir mes poumons d'un air qu'il a chassé d'un simple regard et d'un sourire amusé qui balaye en moi tout doutes et me donne simplement l'impression d'être la personne qu'il voulait tant voir en cette fin de journée. Pour lui, pour ses mots et ses prunelles qui se perdent si délicieusement sur ma personne pourtant repoussante, j'esquisse un sourire qui trahit ma gêne et le plaisir pourtant évident que j'ai à le retrouver, et à me sentir comme attendu. J'aimerais penser que c'est le cas. Que je suis celui qu'il voulait en cette nuit, mais conscient de ne pas être si important, je tue rapidement cette bouffée d'espoir qui manquait de combler les fêlures de mon coeur, préférant à la place esquisser un sourire bien pâle qui jamais ne monte à mes prunelles et semble tout aussi faux que la tentative pathétique que je formule à voix haute.

"Si tu espères me faire avouer que je me suis langui de toi, il va falloir m'offrir plus qu'un verre, James..."

Je me rends presque malade tant je me dégoûte. Il doit voir à quel point je suis désespéré. Il doit sentir que j'ai besoin de cette affection qu'il m'a donné, de cette attention dont il a fait preuve pour moi. Il doit me trouver misérable à ainsi venir le chercher, comme si il était le seul vers qui je pouvais me tourner. J'inspire légèrement et tente de chasser mes pensées au loin, pénétrant simplement dans ses quartiers, tandis que sans m'attendre, mes deux familiers se glisse à ses côtés, se faufilant sans peine à l'intérieur pour commencer à inspecter chaque meubles, pas par besoin particulier, mais par envie de connaître le terrain si jamais ils devaient en venir à se montrer agressif envers le corsaire. Sans chercher à les retenir, et par envie sûrement de ne pas attirer l'attention sur eux, je les laisse filer, n'ayant pour eux qu'un rapide coup d'oeil avant de me concentrer à nouveau sur James en espérant qu'il n'aura pas à se douter de leur présence avant que cela ne soit nécessaire. Et si cet espoir pathétique me permettait de penser que je pourrais gagner du temps et profiter un peu de lui avant de devoir lui révéler ô combien ma magie est monstrueuse, celui-ci vole en éclats à l'instant même où il m'attire vers lui et laisse son souffle se perdre dans mon cou, me faisant ainsi comprendre qu'il est déjà trop tard. Ma main sur son torse se crispe un peu et après un battement de cils frénétique, je plante mes dents dans ma lèvre inférieure et lui échappe, fuyant sa présence et son regard avec honte tandis qu'autour de nous, les deux loups tournent comme les deux prédateurs qu'ils sont. Leurs griffes cliquettent sur le sol et alors que les mots de James se mêlent à ce son familier et glissent sur ma personne, je croise simplement les bras sur ma poitrine et mets un peu plus de distance entre nous alors que je réalise que la fin de tout est sur le point d'arriver. Il va me voir. Il va la voir. Et comme les autres il va être révulsé par ce dont je suis capable. Comme tous, je vais devenir une menace à ses yeux. Je baisse un peu plus la tête alors que sa question reste en suspens dans l'air. J'ai été idiot de penser que ça aurait pu être différent. J'ai été stupide de croire que je pouvais avoir le droit à une relation qui ne serait pas une déception. J'ai été naïf de penser que je pouvais prétendre à être heureux avec quelqu'un. Je m'en veux, et en cet instant, alors que mes dents s'enfoncent dans ma lippe, que mon souffle se bloque et que le silence dure, je peine à faire le deuil de cette relation qui s'apprête à finir. Je bats une dernière fois des cils et après un dernier frisson, je finis par murmurer.

"Un verre."


Je déglutis difficilement. Je prends une grande inspiration et jette un coup d'oeil aux loups, qui curieux, posent leurs prunelles sur ma personne. Pour eux, j'ai un léger sourire et alors que je reprends, je sens mon coeur recommencer à battre.

"Je.... Je pensais que tu ne sentirais rien. Je suis désolé. Je pensais avoir encore un peu de temps avant de t'en parler."

Je devrais plutôt avouer ma propre lâcheté mais quelle importance ? C'est de toute façon terminé. Il ne pourra les accepter. Personne ne peut. Personne n'est capable d'aimer le pire chez les autres, alors qui pourrait s'enticher de quelqu'un dont le mal prend forme d'une simple goutte de sang versée ? Sur ça, il ne pourra fermer les yeux et alors que les secondes se pulvérisent entre nous, je pince simplement les lèvres, remontant la manche de ma chemise pour dévoiler mon poignet droit, sur lequel il est aisé de remarquer la plaie encore ouverte parmi les cicatrices plus ou moins anciennes. Un peu de sang souille encore ma peau blanche, mais déjà, de l'entaille, il ne suinte plus d'hémoglobine, celle-ci ayant déjà commencé à coaguler.

"L'odeur... Les sons.... C'est moi. Enfin... Ca vient de moi."


C'est si dur de lui en parler. Si compliqué de lui avouer qu'à ses côtés se trouve deux loups, prêt à lui sauter à la gorge au moindre battement suspicieux de mon coeur, ou à la moindre larme qui pourrait rouler sur ma joue. Et c'est encore plus douloureux que d'imaginer, d'essayer d'anticiper à l'avance sa réaction quand en réalité, je suis complètement perdu dans le propre flot de mes émotions, qui comme l'océan déchaîné, noient sans peine ma raison et ma conscience, me forçant ainsi à simplement subir les caprices de mon angoisse et de mes doutes. Nerveusement, je passe une main dans ma nuque et cherche mes mots, les lèvres entrouvertes et le regard fuyant.

"Je sais que... Tu es au courant pour ma magie. Tout le monde au sein de la Ligue l'est ou a au moins une idée de ce dont je suis capable... Je... Je ne voulais pas avoir à l'utiliser devant toi mais... Je n'avais pas le courage de venir seul ici... J'avais besoin d'eux." D'un geste de la main, je désigne vaguement les deux loups qui lui tournent toujours autour. "Ce sont mes familiers qui... Ont cette odeur. Tu ne peux les voir mais... Ils sont à tes côtés. Il y en a deux." Je prends une légère inspiration. "Je peux te les montrer si tu le souhaites..."

J'espère qu'il va refuser. Qu'il va me dire qu'il n'a pas besoin de les voir pour être avec moi ce soir. J'aimerais qu'il balaye mon offre d'un revers de la main et qu'avec lui je puisse partager un verre avant d'en venir à la réelle raison qui m'a poussé à venir le trouver en ce début de soirée.


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James Hook
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Jeu 14 Déc - 4:24

HOOK
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Mathias

Chasing the moon
Il y a quelque chose qui ne va visiblement pas avec Mathias. Il semble sur le point… de s’écrouler, et d’exploser en même temps, de fondre en larmes et de vouloir le haïr dès qu’il osera prononcer une autre parole. Le seul problème que James voit à cette situation, c’est qu’il ne comprend pas du tout ce qui a pu déclencher une telle réaction chez le jeune homme, ni pourquoi il y a subitement une telle tension qui court entre eux. Après que son regard ait glissé du sorcier à cet endroit dans le vide où ce dernier a jeté un furtif coup d’œil, James se détourne pour ouvrir la bouteille de whisky et en remplir deux verres.

Bien déterminé à ne pas interrompre Mathias et le laisser déballer son sac à son rythme, le corsaire revient ensuite lentement vers lui, lui tend sa main dans laquelle il tient les deux verres pour qu’il en prenne un, puis l’écoute, tout simplement, attentif à ses paroles et à tout ce qu’il ne dit pas mais hurle par ses moindres gestes nerveux. Son regard descend lentement vers le poignet qui se dénude pour montrer la ligne carmine qui en marque la peau pâle, revient sur ces lèvres qui se pincent et se mordent, ce regard qui cherche à fuir. James ne sait pas sur quel piédestal son jeune ami l’a placé pour autant craindre de lui parler comme ça. Pourtant s’il y a quelqu’un à qui il devrait être confiant de révéler même les pires méfaits, c’est bien lui…

Le corsaire secoue la tête et dépose finalement les verres sur la table avec son fouillis personnel de feuilles et d’encre, puis il va glisser sa main valide sur la nuque du sorcier en une caresse qui se veut rassurante, avant de laisser glisser ses doigts vers l’avant sur la ligne de la mâchoire pour finir par lui relever le menton du bout de l’index, pour le regarder droit dans les yeux.

- Mathias, regarde-moi un instant. Tout va bien. Je sais que ta magie ne s’appelle pas la magie des pâquerettes arc-en-ciel, je sais ce que les autres racontent sur toi, et je sais surtout que je n’en ai rien à battre de tout ça. Si tu avais besoin de compagnie pour venir jusqu’ici, ça me va. L’endroit est lugubre et je ne vais pas me plaindre de ta visite, bien au contraire. Et oui, je suis curieux de les rencontrer si tu veux bien… sauf si ce sont des crocodiles, car ils risquent de se prendre un coup dans le museau.

Un petit clin d’œil et un sourire amusé tentent de dédramatiser un peu la situation, suivis d’un furtif baiser déposé sur les lèvres du plus jeune, tant pour le rassurer que parce qu’il en avait envie. Et d’un sifflement identique à ceux utilisés pour appeler des chiens, James s’adresse ensuite aux présences invisibles ayant envahi ses quartiers.

- Allez les Terreurs, on a envie de rencontrer un vieux pirate? On va bientôt vivre ensemble sur le Jolly Roger après tout.

Et sans craindre pour la seule main qu’il lui reste, James la tend, basse et paume ouverte, dans la dernière direction d’où il a entendu le cliquetis de griffes sur le sol. Mathias ne lui ferait pas délibérément de mal ça il en a la certitude, et même si, des accidents peuvent arriver. Cela dit, il ne s’attend pas à deux gentils caniches blancs avec des boucles roses autour des oreilles… de un ce serait ridicule, de deux, ça reflèterait mal la nature angoissée de Mathias.

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Dernière édition par James Hook le Ven 15 Déc - 2:46, édité 1 fois
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Jeu 14 Déc - 19:02

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Mes ongles s'enfoncent presque dans la chair de mes paumes, tandis que le coeur toujours palpitant à cause de l'angoisse qui coule dans mes veines, je reste la tête basse, à observer sans un mot l'un de mes deux familiers, croisant sans peine ses prunelles alors que dans ma tête, je cherche à combattre le blizzard qui tempête et hurle des mensonges dont je fais des vérités. En silence, je lutte ainsi contre mes démons tandis qu'à mes côtés, revient Radius, qui sans un bruit se contente de presser son crâne contre ma jambe, essayant sûrement de me faire comprendre qu'il est là quoi qu'il se passe, et si en toute autre occasion, j'aurais pu apprécier son attention, j'avoue qu'en cet instant, ça ne m'arrache qu'un autre tremblement, qui ne cesse que lorsque James me tire de mes réflexions d'une caresse sur la nuque, puis d'un regard que je soutiens. A l'aide de quelques mots, il parvient à atténuer le chaos qui régnait dans mon esprit et ramène en mon être un semblant de paix qui se fait un sourire quand il vient carrément me voler un baiser qui devient la marque d'affection dont j'avais besoin pour me convaincre que ce n'est pas ma magie qui le fera s'éloigner de ma personne, mais plutôt la lassitude et l'usure. Un soupir m'échappe et alors qu'il siffle les deux loups, dans l'espoir d'attirer leur attention, je m'amuse de constater qu'il n'obtient d'eux, pour l'instant, qu'un vague regard dans sa direction. Ulna, non loin de lui, redresse certes les oreilles mais ne bouge pas, tandis que toujours à mes côtés, son compagnon se contente d'un long soupir qui m'arrache un léger rire, aussi discret qu'une expiration.

"Ce ne sont pas des crocodiles mais étrangement, ils sont moins curieux que je ne le pensais." A nouveau, je remonte ma manche droite et révèle une fois de plus mon poignet alors que de mon veston, je tire la fine dague qui toujours dort contre mon coeur. "Je sais que ça va sembler idiot à dire... Surtout après ta déclaration mais...." Je pose la pointe de la lame sur la plaie encore fraîche et commence doucement à entailler la chair pourtant déjà abimée. "Je crois que j'avais besoin d'entendre ça. J'oublie parfois que certains peuvent ne pas se soucier de cette part de moi mais je crois que je tiens trop à toi et que j'ai bien trop peur de te perdre." L'air siffle entre mes dents et grâce à la douleur que je ressens, je me retiens d'aller trop loin et de lui avouer qu'il m'est précieux pour bien des raisons, me contentant à la place de rester silencieux, étrangement fasciné par le sang qui recommence à perler sur ma peau blanche. Du regard, j'observe la perle se faire rivière et le temps d'un battement de coeur, je me perds dans la couleur vermillon de ce liquide qui rapidement termine sa course sur le plancher à mes pieds. Je prends une légère inspiration et laisse ma magie s'exprimer, lui donnant le droit de se répandre dans la pièce et de venir alourdir momentanément l'air que nous respirons, avant de faire un pas vers le corsaire et de déposer du bout de mon index, une tache de mon sang dans la paume qu'il tend aux loups. Je me recule ensuite et frémis alors que de ma manche, j'éponge le saignement. Quelque chose fourmille dans mes veines et durant quelques secondes, rien ne se passe. Le temps semble se figer et finalement, c'est Ulna qui s'approche de lui, lentement, à pas prudents comme si elle craignait un quelconque piège. Du regard, je la surveille et finalement, elle tend le museau vers la seule main offerte de James, la reniflant tout d'abord avant de souffler sur le bout de ses doigts.

"Ne bouge pas. Elle est juste là."

Je murmure doucement, par crainte surement de rompre un instant qui semble si fragile. Elle hésite, et finalement, laisse sa truffe trouver sa paume et la goutte de sang qui y résidait. Et ainsi, lentement, sous les prunelles du pirate, elle se dévoile, ne se faisant plus une présence invisible mais un être qui lui fait face, une silhouette décharnée et mutilée qui bientôt bat doucement de la queue pour lui et s'autoriser même à lécher sa peau, lui faisant comprendre que désormais, si l'envie lui prend d'effleurer du bout des doigts la fourrure qui couvre parfois son corps, il peut s'y risquer. A cette vision, je souris faiblement et m'autorise un léger soupir de soulagement, malgré la crainte qui reste tout de même et qui me souffle qu'il est toujours possible que le corsaire regrette cette décision. Sur ma poitrine, je croise les bras et par angoisse, je comble le silence, retardant l'inévitable comme un enfant qui se cache les yeux pour ne pas avoir à affronter la réalité. Ou tout du moins, je tente. J'entrouvre bien les lèvres mais rien ne vient. Pas un mot ne franchit la barrière de celles-ci et conscient que je ne peux rien faire à part attendre sa réaction, je me contente de me rassurer par la présence de l'autre familier à mes côtés, qui doucement, en sentant ma peine se permet un léger couinement. Pour lui, j'ai un léger sourire et pour James, un pincement au coeur. J'ai envie qu'il comprenne. De lui, je ne désire que d'autres paroles rassurantes et la promesse qu'à l'aube je serais toujours ce gamin, cet ami, ce Mathias auquel il tient. A ses yeux, je ne veux pas devenir un monstre ou un hématomancien dont il faut se méfier. Je ne veux pas qu'en moi il voit le moindre danger ou part sombre qu'il faudrait abattre. Je veux qu'il continue de penser qu'il n'y a rien d'obscur dans ma personne mais que je ne suis rien de plus que son Mathias, cet être vulnérable et ce sale gosse qu'il faut surveiller. Voilà ce que je veux rester, un être qu'il peut apprécier.


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Ven 15 Déc - 6:14

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Vous vous sentiriez un peu con vous aussi de tendre la main dans le vide et à parler à des trucs invisibles. James glisse un regard en coin au sorcier au constat que ses familiers ne sont pas très curieux de faire sa connaissance, et réplique sur un ton plein d’auto-dérision:

- Il faut croire que mon charme n’opère pas sur les créatures magiques.

D’un mouvement lent, il se tourne légèrement vers Mathias, pour l’observer avec beaucoup de curiosité… et un peu de crainte de le voir sortir une lame. Ce n’est pas parce qu’il sait que le jeune homme a le don de la magie du sang que ça le rassure de le voir s’entailler la peau comme ça. Les dents serrées pour se retenir d’intervenir, de dire à son ami d’arrêter, qu’il n’a pas à faire ça rien que pour contenter sa curiosité, James est bien incapable de décrocher son regard du fil de la lame qui glisse et coupe la chair. Fascination morbide il doit l’avouer, incompréhension face à ce filet de sang qui semble pourtant aussi rouge et humain que le sien, mais qui pourtant semble faire vibrer la fibre même de l’air. James en entend à peine les paroles du sorcier, et ce n’est que lorsqu’il est près de lui qu’il quitte cette espèce de torpeur et qu’il lève les yeux vers celui qui vient de déposer une marque carmine dans le creux de sa main. Là, il est le gamin encore capable de s’émerveiller de quelque chose, celui qui est mort avant même d’avoir pu réellement exister, tué par la nécessité de survivre coûte que coûte. Un petit souffle s’échappe de ses lèvres, un sourire incertain alors qu’il sent un tout léger contact contre la paume de sa main. Puis, alors que la créature se dévoile, le corsaire s’accroupit et dépose un genou sur le sol pour mieux faire connaissance avec cet étrange être.

- Hey… bonjour Milady. Il était temps que notre ami commun arrête de garder jalousement votre présence que pour lui…

Il en a vus des trucs étranges pendant ses voyages d’un coin à l’autre du monde. Des choses horribles à donner froid dans le dos même au plus endurci des hommes, des choses fabuleuses quasiment trop belles pour exister, les rêves tordus nés d’esprits malades, d’autres issus des plus belles qualités de l’humain mais… jamais ces choses n’avaient été liées à quelqu’un de sa connaissance. Des inconnus qu’il n’avait eu aucuns scrupules à tuer, détrousser, berner, capturer… tant qu’il accomplissait sa mission et parvenait à ses fins, la personne derrière tout ça relevait du domaine de l’indifférence pour James. Mais là, le comment et le pourquoi devenaient très concrets. Fasciné, James laisse courir ses doigts sur la forme décharnée de l’animal, une louve on dirait bien, caresse doucement ses flancs où malgré des côtes saillantes il peut sentir encore la force de la bête, et il revient tout lentement vers la tête fuselée pour la gratter gentiment derrière une oreille, tandis qu’il arrache avec peine son regard du canidé pour regarder son ami.

- Mathias c’est… Il ne trouve visiblement pas les mots pour décrire à quel point tout ça le dépasse, et il finit par secouer légèrement la tête. C’est fabuleux comme don. Comment… comment tu fais pour ne pas trouver les simples humains comme moi pathétiques?

Vous vous sentiriez comment vous, si le type en face était capable d’invoquer des créatures bien réelles avec quelques gouttes de son sang? Et ça, ce n’est que la pointe de l’iceberg que Mathias veut bien lui laisser voir… Une dernière caresse à la louve avant que James ne se relève, regarde le creux de sa main encore marqué d’une trace de sang maintenant séché, baisse le regard vers son bras gauche, là où aucune main ne se fait miroir de la droite, secoue à nouveau la tête puis regarde à nouveau Mathias.

- Excuse-moi, c’est la première fois que je vois de la magie opérer devant moi. Et je réalise que j’ai bien peu de moyens comparé à toi.

Il se sent minable? Faible? Démuni? Oui, pas mal tout ça et d’autres termes que James n’arrive pas vraiment à identifier. Est-ce que ça le dérange? Ce ne serait pas très normal ni sain que ça ne soit pas le cas. Ça fait… étrange de se dire que le jeunot devant lui pourrait décider de terminer sa vie d’un claquement de doigts et qu’il ne pourrait rien y faire. Un sacré coup d’humilité il va sans dire, mais de la crainte? Non. Mathias avait ce don avant qu’il ne le lui dévoile, ça ne change rien au fait qu’il ne l’a jamais utilisé pour lui faire du mal, et qu’il n’y a aucune raison que ça change pour le moment.

En deux pas James peut attraper son verre de whisky intouché, qu’il lève avec un sourire encore un peu émerveillé vers le sorcier, et le vide d’un trait; besoin de reprendre son aplomb, même si l’alcool ne semble pas suffisant sur le coup.

- Qu’est-ce que tu sais faire d’autre? Il y a des limites à ta magie? …excuse-moi.

Réalisant plutôt tardivement que cette magie n’est possible que par une contrepartie sanglante, le corsaire fait un rapide aller-retour jusqu’à la salle de bain attenante à sa chambre, et revient avec un linge trempé d’eau tiède. Sans demander son avis au plus jeune, il relève son bras tailladé de son avant-bras gauche -du moins ce qu’il en reste- et nettoie lentement la plaie nouvellement rouverte pour satisfaire sa curiosité.

- Manquerait plus que tu chopes une infection. Tu désinfecte régulièrement cette lame au moins? Ça prend du cran, pour se taillader soi-même la peau comme ça.

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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Ven 15 Déc - 17:50

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Le temps suspend son envol alors qu'en silence, j'observe James faire connaissance avec Ulna, qui bien docilement se laisse flatter et pousse même pour le corsaire un soupir de contentement, une expiration sereine et agréable face au contact de cette main étrangère qui se glisse pourtant si plaisamment dans sa fourrure. A cette simple vision, j'esquisse un léger sourire et me détends, comprenant que mes craintes n'étaient rien de plus que des mensonges susurrés par une angoisse qui voulait détruire ce moment presque béni où, tel un enfant curieux du monde qui l'entoure, James s'émerveille de ce don qui est le mien. Et si je lui offre un sourire un peu gêné, j'avoue faire disparaître celui-ci bien vite quand il ose penser que je puisse le mépriser pour son humanité. Les lèvres entrouvertes, je tente de faire taire cette idée nuisible qui pourrait faire naître dans le coeur de mon ami la pensée que de haut je puisse le contempler, mais me retrouve à rester silencieux, peut-être trop conscient de ce qui se joue en cet instant dans les méandres de son esprit. Ainsi, toujours à distance, par respect peut-être pour son besoin d'encaisser ce choc, je me contente de laisser mon regard glisser vers son poignet gauche, où sans honte, je fixe le vide où devrait se trouver sa main. En silence, je comprends mieux ses interrogations et encore indécis quant à la réponse que je devrais lui offrir, je préfère simplement plonger mon regard dans le sien et lui offrir un vague sourire, qui suffit visiblement vu l'agitation qui émane de lui. En d'autres circonstances, j'aurais peut-être pu m'amuser de tout ça, rire légèrement de cette flamme presque enfantine qui brûle si vaillamment en lui et le pousse à exprimer une curiosité loin d'être gênante mais qui témoigne d'un réel intérêt pour mes dons. Si mon humeur n'avait pas été aussi sombre, peut-être que j'aurais même poussé le vice à l'éblouir d'autres illusions mais réfréné par la crainte d'en faire trop, je préfère me faire discret, presque timide face à lui, attendant simplement qu'il ait l'esprit plus calme pour lui montrer ce qui se cache sous la surface. D'un battement de cils, je chasse mes soucis et soupire simplement, le coeur un peu plus léger alors que je réalise qu'effectivement, lui est en mesure de comprendre cette magie qui est la mienne. Lui est digne de confiance. Lui m'apprécie entièrement. A cette simple idée, un sourire se dessine sur mes lèvres exsangues et tandis qu'il s'approche, linge humide en main, pour jouer les médecins avec moi, je ris quelque peu, et porte à son poignet ma main.

"James... Ce n'est rien... Ce n'est pas nécessaire."

Et pourtant je le laisse faire, quelque peu charmé par cette attention que je n'ai plus l'habitude de recevoir. Le regard baissé et le sourire aux lèvres, je ne peux contenir le léger rougissement qui donne un peu de couleur à mon visage alors qu'il commence à laver mes plaies et à poser des questions qu'un grand frère, ou une mère peut-être pourrait poser. Le temps d'un battement de cils, je laisse un ange passer avant de murmurer doucement ce que seul un amant attentionné devrait avoir le droit d'entendre.

"Ne t'en fais pas... J'ai l'habitude, j'ai dû commencer quand je n'avais que six ans alors maintenant, me scarifier n'est plus quelque chose que je redoute mais une nécessité."

Un mal nécessaire qui au lieu de me dégoûter a fini par devenir une habitude, une échappatoire aussi quand ce n'est pas une consolation. C'est quelque chose dont j'ai besoin, et si j'ai conscience que pour certains ce n'est rien de plus qu'une pratique auto-destructrice dont j'use pour abimer un peu plus mon être, je ne peux étrangement pas m'imaginer arrêter de m'entailler ainsi. Pire, il serait impensable pour moi de cesser tant le plaisir qui se dégage de cet acte pourtant violent est la seule chose qui arrive à me faire dire qu'il est encore bon d'être vivant. Que la douleur que je m'inflige est la seule qui soit acceptable et l'unique qui soit capable de me faire oublier les fardeaux qui pèsent sur mes épaules. D'entre mes lèvres, il glisse un léger soupir alors que le linge réchauffe quelque peu ma peau et endort la douleur qui jusque-là irradiait autour de la plaie de mon poignet et après quelques minutes de flottement, à simplement écouter le silence, je finis par relever doucement les yeux vers lui, croisant ainsi son regard pour mieux lui sourire.

"Ca ne fait plus mal à force tu sais... Et c'est si peu comparé à ce que je peux faire. C'est vite oublié, surtout si c'est pour enfin cesser de te cacher ce que je suis."

A cela, je n'ajoute qu'un mordillement de lèvres avant d'oser tuer la distance qui nous sépare pour délicatement lui voler un baiser d'une tendresse qui me surprend et qui s'accompagne d'une caresse délicate de sa joue. Puis, incapable encore de trop m'éloigner, je viens poser mon front contre le sien, permettant ainsi à nos souffles de se trouver et de se mêler.

"J'aurais dû le faire plus tôt mais je t'en prie, ne dis pas que tu es pathétique. Cette magie n'a rien de bon et rien de beau. Elle n'est pas préférable à ton humanité que j'envie parfois. Tu n'es pas faible ou bien moins puissant que moi... C'est même tout l'inverse." Je souris faiblement. "Tu as la force de vivre, celle de faire de ton existence ce que tu veux. Tu es capable d'affronter la fatalité et de la vaincre. Tu n'as pas besoin de dons ou de magie. Tu as déjà tout. Et pour ça, je t'admire et t'apprécie plus que tu ne le penses. C'est toi qui devrait me mépriser, ne serait-ce que pour mes mauvaises habitudes et pour la façon dont je me tue au fil des nuits. Tu devrais être celui qui trouve l'autre pathétique et pourtant..." Je prends une légère inspiration, me reculant légèrement pour mieux croiser son regard. "Et pourtant tu es là, à prendre soin de moi."

Je lui offre un dernier sourire avant de venir repousser sa main pour mieux dévoiler à nouveau la plaie qui recommence à paresseusement saigner et ainsi permettre à ma magie de circuler entre nous. Délicatement et de mes doigts tremblants, je viens me saisir de son bras gauche, venant déposer à l'endroit où les cicatrices commencent, quelques gouttes de sang, qui rapidement recouvrent sa peau.

"Tu voulais savoir ce que je pouvais faire... Eh bien..."


L'air recommence à s'alourdir à nouveau entre nous et après quelques secondes de lourdeur, la magie fait son oeuvre et crée autour de l'avant-bras mutilé, une main qui se construit comme la plus fine des dentelles et qui une fois terminée, se fait la parfaite jumelle de celle qui tient encore le linge humide qui il y a quelques secondes à peine se trouvait sur ma blessure. Timidement, j'ose à nouveau poser mes prunelles dans les siennes et esquisse un sourire plus que discret.

"Je peux aussi faire ce genre de choses. Je ne peux contrôler les autres ou même les influer mais... Je peux de mon sang faire venir à moi ce que je veux... Des cauchemars les plus horribles aux petites choses comme celle-ci. Ma seule limite est ma santé et par extension ma propre vie."


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Sam 16 Déc - 21:49

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Il comprend mieux maintenant la provenance de toutes ces cicatrices sur la peau de Mathias. Le plus triste de ce constat étant qu’il est seul maître d’œuvre de ces fines lignes plus pâles, et qu’elles sont une nécessité pour laisser son don s’exprimer. Le corsaire ne pense pas qu’il serait capable de faire pareil, s’il était à la place de Mathias. Il n’a pas peur d’avoir mal, la douleur est une bonne amie de tous les jours dans son cas, mais qu’elle soit causée par une tierce partie rend la chose acceptable, permet de s’en distancer, de se créer un rempart entre la cause et l’effet. Dans le cas de Mathias… et bon sang six ans… comment des parents ayant toute leur tête et leurs moyens peuvent avoir accepté ça, voir encouragé? Il semblerait que les humains deviennent tous fous à lier lorsqu’ils ont une progéniture, qu’importe le milieu social.

Le visage de James se déride un peu lorsque Mathias avoue indirectement être soulagé de ne plus avoir à lui cacher ce qu’il est. À cela il hausse un sourcil surpris, mais avant qu’il ait le temps de lui dire qu’il n’avait pas à lui cacher quoi que ce soit par crainte d’un quelconque jugement de sa part, le sorcier s’enhardit et apporte de ses lèvres un baiser plutôt déstabilisant par tout ce qu’il exprime sans le dire. Trop interdit, et préoccupé par ce que cet apport inattendu de tendresse peut amener comme complications, James reste silencieux par la suite, à simplement écouter et observer le sorcier. Il lui fait là de bien gentils compliments, non mérités selon lui car ils ne sont que le résultat d’une tête de mule résolue à aller de l’avant peu importe ce qui arrive et non de toutes les jolies choses aux concepts trop compliqués à comprendre.

Il baisse lentement les bras après que Mathias ait repoussé sa main et si d’abord James éprouve de la curiosité face à ce que le sorcier désire lui montrer de ses capacités, la curiosité est vite remplacée par un petit mouvement de recul de la part du corsaire qui n’aime visiblement pas que l’on touche à son bras estropié. Mathias joue avec le feu sans même s’en rendre compte, certains et certaines se sont déjà pris un revers de claque bien senti pour moins que le toucher qu’il ose en ce moment. Et si James dompte pour le moment son instinct de préservation qui lui hurle de repousser brusquement le sorcier, c’est les dents serrées qu’il baisse le regard vers ce qui prend forme par la volonté de son ami.

Impossible de feindre de ne pas être fasciné par ce qui se produit, la délicatesse avec laquelle la magie prend forme, ni le moment où il regagne des sensations dans une main qu’il n’a plus depuis une quinzaine d’années. S’il ne sait pas trop comment réagir alors qu’il bouge les doigts, un sentiment tumultueux vient rapidement l’envahir. Il refuse. Il détourne obstinément la tête et refuse d’accorder un regard de plus à cette main. Il ne se bercera pas d’illusions, ni ne se laissera tenter à apprécier quelque chose qui ne pourra être qu’éphémère.

- Non. Pas ça. Je ne veux pas que tu gaspilles tes forces pour un truc aussi trivial que ça. Et j’ai besoin de la pitié de personne.

C’est exactement pour cette raison qu’il déteste cordialement l’automate qui remplace à l’occasion sa main gauche, car il ne peut voir en ce cadeau qui lui a été fait qu’une condescendance hypocrite et une pitié qu’il méprise et ne veut pas. La valeur de l’objet et la nécessité occasionnelle sont les seules choses qui ont empêché James de le balancer par-dessus bord. Il n’osera jamais l’avouer, encore moins à lui-même, mais ça le blesse profondément lorsque les gens ne le définissent que par ce qu’il ne possède plus, plutôt que par ce qu’il est. Qu’on lui accorde certains égards ou attentions à cause de sa main manquante va piquer le peu de fierté qu’il possède, celle de l’orphelin qui refusait de se résoudre à mendier comme bien d’autres pour survivre. Et malgré sa grande ouverture d’esprit l’amenant à ne pas juger et à accepter les autres tels qu’ils se présentent, James ne peut comprendre la différence entre la simple générosité née d’une gentillesse désintéressée et la pitié; n’ayant jamais connu la première et ayant toujours farouchement refusé la seconde.

Revenant sur Mathias avant qu’il ne pense qu’il lui en veut ou est fâché contre lui, James desserre les dents et lui adresse un tout léger sourire en coin.

- Je pense t’avoir toujours accepté comme tu es sans chercher à changer qui tu es. Fais pareil avec moi. Comme toi, j’ai l’habitude depuis les années que je vis comme ça, je me débrouille quand même bien à ce que tu dis. T’as pas besoin d’utiliser ta magie sur moi ou pour moi, je te demanderai jamais ça. D’accord?


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mar 19 Déc - 13:09

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Tout me fait l'effet d'une gifle qu'il aurait pu m'infliger. Son regard qui se détourne, ses mots qui ne cachent pas la colère et le dégoût qu'il ressent face à cette main que j'ai osé recréer à l'aide de cette magie immonde, qui au fil du sang qui s'écoule devient vivante, tout n'est qu'un puissant revers de la main que je ne parviens pas à encaisser. Alors, bien rapidement, c'est à mon tour de baisser la tête et de fuir sa personne, m'autorisant un pas en arrière tandis que se plante dans la chair pale de mes lèvres, mes dents. Violemment, je tente de faire taire la peine qui broie mon coeur par une douleur plus physique alors qu'il s'installe entre nous un silence gênant qui me fait presque suffoquer et regretter ce geste idiot qui a été le mien. Il aurait dû paraitre évident que James n'allait pas apprécier cette attention, et qu'une fois de plus, je me suis permis de faire sans penser un instant que cela pourrait le blesser. Une fois de plus, j'ai prouvé mon incompétence à être un ami digne de ce  nom, et tandis que les secondes se pulvérisent et se font de cet instant le dernier que nous passerons sûrement ensembles, je retiens mon souffle, espérant peut-être ainsi arrêter le temps et empêcher l'inévitable de se produire. Comme un enfant, je ressens presque l'envie de me boucher les oreilles pour ne pas avoir à attendre les dures paroles qui vont très certainement traverser ses lèvres sous peu et se faire comme un claquement de fouet dans la chair. D'un battement de cils, je me referme alors à lui et tente d'ignorer les mots qui fusent dans mon esprit et qui devraient se faire ma défense mais ne sont au final que mon silence. Il serait aisé de lui dire que je pensais bien faire, que je ne cherchais pas à faire preuve qu'une pitié qui je n'éprouve pas, mais rien ne vient. La bouche close, le regard fuyant et les épaules basses, je me fais cet enfant que l'on vient de réprimander là où à mes côtés, j'entends mes deux familiers grogner et retrousser les babines, se faisant les échos de ma magie, qui pour une étrange raison n'apprécie pas que l'humain refuse ses dons. D'un claquement de langue, je devrais les faire taire mais je n'en fais rien une fois de plus. Je reste désespérément mutique et ce malgré les paroles rassurantes de James et ce sourire que je contemple à peine. Pour lui, je n'ai qu'un haussement d'épaule puis un léger geste de la main qui ne sert en réalité qu'à libérer son bras mutilé de l'étreinte de ma magie alors que vienne à mes côtés les deux loups, crocs en avant et écume sur les babines.

"Je suis désolé."


C'est tout ce que je suis capable de murmurer tandis que je serre les poings, m'agaçant d'être ainsi. Il était évident que j'allais briser ce qu'il y avait entre nous. Il était évident que du bout de mes doigts, j'allais tuer cette amitié qui m'était si précieuse. Il était évident que j'allais être celui qui met de la distance entre nous. J'aurais dû m'en douter, m'y préparer et pourtant, j'arrive à être surpris, déçu même et peiné que tout se termine ainsi. Je serre les dents et le long de ma plaie, je sens quelque chose couler et siffler, me donnant l'impression que de ma chair sort non plus un sang vermillon mais une vipère prête à mordre. Le temps d'un frisson, c'est toute ma magie qui serpente le long de mon avant-bras et qui bouillonne, faisant vibrer sans peine l'air à mes côtés, créant un son dissonant qui se mêle parfaitement aux grognements menaçants des loups. La tête me tourne et alors que je m'enfonce dans la vérité que je me crée, je murmure simplement, sans être totalement conscient que je perds le contrôle de la situation.

"C'était une erreur. Je savais que je n'aurais pas dû venir..."


Je m'emballe et m'enfonce dans les méandres de l'angoisse, non pas parce qu'il a été particulièrement mauvais avec moi mais juste parce que derrière son sourire, je perçois la vérité. Je sais qu'il me ment quand il ose prétendre que tout va bien, que ce n'est pas si grave. J'ai vu dans son attitude que j'ai fauté et qu'il m'en veut un peu d'avoir été comme tout les autres avant. Et si je devrais simplement m'excuser et passer à autre chose, je reste là, à trembler et à laisser ma magie s'exprimer sans chercher à la contrôler. Je ne veux pas le blesser mais elle veut. Elle ne supporte pas d'avoir été ainsi rejeté. Elle le voit comme mon père la considère. Un loup aboie à mes côtés et je reviens à moi, faisant taire l'animal d'une tape sur le museau qui lui arrache un couinement.

"Je suis désolé James... Je n'aurais pas dû... C'était trop tôt. Je..."


Un soupir m'échappe et de ma main libre, je dissimule la plaie, faisant taire la colère de cette magie que je voudrais muette alors qu'enfin, j'adresse un léger sourire à James.

"Je crois que je cherchais juste à t'impressionner. Je n'éprouve aucune pitié à ton égard... Bien au contraire. Je t'apprécie juste tant que... Que j'ai envie que tu me vois autrement que comme un sale gosse qui se laisse aller... Je voulais...."


Je pince les lèvres et ferme les yeux. Tout le but de ma visite n'était pas de lui montrer ce que j'étais mais voilà que nous nous sommes égarés.

"N'en parlons plus. Je n'userais plus de ma magie sur toi, je suis désolé."

Je lui offre un timide sourire avant d'ajouter.

"En réalité j'étais venu te trouver parce que j'ai besoin de ton aide. Tu es mon seul ami et... La seule personne à qui je fais confiance et..."

Et je ne sais que lui dire de plus. Je regrette d'être venu et maintenant que je laisse place au silence, je me dis qu'il vaudrait mieux que je disparaisse et ne revienne que plus tard, quand j'aurais l'esprit plus calme et le coeur moins affolé.


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James Hook
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mer 20 Déc - 5:41

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Lui aussi, il est désolé, et lui il n’est même pas capable de murmurer ce bout d’excuse alors qu’il retrouve avec soulagement son bras normal des quinze dernières années et le ramène aussi protectivement qu’instinctivement contre lui. Ses mâchoires se serrent à quelques reprises en voyant que Mathias prend sur lui le blâme imputable à ses défaillances à lui, qu’il observe et entend le grondement des loups qui se sont resserrés contre le sorcier. Oui James sait que la magie du jeune Calloway peut devenir incontrôlable à n’importe quel moment, celui-ci en serait un excellent, mais il n’a même pas l’envie de craindre qu’elle échappe à Mathias. Ce serait comme avoir peur de l’épée que porte un autre homme à sa ceinture. Peur d’avoir peur.

Il est le plus âgé des deux, celui qui a le plus d’expérience, et c’est à lui de redresser la situation et à faire des concessions. Il n’est pas arrivé au statut de Capitaine pour ses beaux yeux mais parce qu’il s’est montré capable de garder la tête froide en toutes occasions et qu’il n’a jamais négligé des détails. Comme en ce moment. Qu’est-ce qui est le plus important? Son petit amour-propre un peu froissé ou la visible anxiété que sa maladresse a causé à son ami?

Alors au lieu de tenir bêtement son bout, d’en rajouter une couche simplement par orgueil ou pour prouver son point, de confronter Mathias en lui disant qu’il a tort, James fait plutôt l’inverse et se radoucit, descend d’un cran son propre énervement de la situation, adopte une position plus tranquille et moins menaçante alors qu’il s’assoit sur le coin de la table et tend son bras valide vers le sorcier pour l’inviter à s’approcher de lui.

- J’ai pas envie de clore le sujet. Tu me permets de ne pas laisser ça sur un malentendu? C’est probablement la seule et dernière fois de ma vie que je fais ça. S’il te plaît?

Doux, voilà. Si les hommes de son équipage voyaient cette scène, ils jureraient que ce n’est pas leur Capitaine mais un sosie ou un doppelgänger. C’est vraiment parce qu’il tient à ce sale gamin… qu’il enlace tendrement, et enroule une jambe autour des siennes pour le conserver contre lui sitôt qu’il a consenti à se rapprocher. Plus bas que Mathias pour une fois, c’est James qui redresse la tête pour regarder l’autre, et lui concède implicitement qu’il n’y a aucun jeu de domination qui se déroule en ce moment.

- Si je pouvais te donner mes yeux, pour que tu saches comment je te vois, tu ne te ferais plus aucune inquiétude à l’idée que je puisse te mépriser. Tu as le don de m’impressionner à chaque fois que nous passons du temps ensemble; par ta magie oui, qui est la chose la plus fabuleuse que j’ai pu voir de ma vie. Tu crées des choses par ta seule volonté, tu les invoques, tu leur prêtes vie: créer est beaucoup plus difficile que détruire, et tu as ce don. Tu m’impressionnes pour autre chose aussi: ça. Il pose sa main sur le torse de Mathias, là où bat son cœur. Même si je soupçonne que ta vie n’a pas été celle du sale gosse de riche trop gâté que tu te plais à montrer en façade, il y a quelque chose, là, qui est resté très innocent, très doux, qui a, par je ne sais quelle chance, échappé à la laideur de ce monde de pourris. Ça m’émerveille comme un gamin, ça me charme. Tu m’en révèles des petites facettes à chaque fois. Là encore, alors que tu ne voulais que me faire plaisir, et j’ai pas été… Avoir trop de mots en tête et être incapable de trouver le bon… James passe sa langue sur ses lèvres à la recherche de la bonne manière de formuler tout ça, et finit par simplement secouer la tête et s’expliquer autrement. Mathias… tu peux pas porter les lacunes et les peurs des autres sur tes épaules et te blâmer pour leurs incapacités à se regarder en face.

Voilà, ça, c’est dit. James a un petit sourire de dérision pour lui-même. Et ça l’embarrasse de parler de lui comme ça, et d’être sincère, et de concéder qu’il n’est pas le connard inébranlable que jamais rien n’atteint, et qui se fiche éperdument des autres tant qu’il a son précieux Jolly Roger. Pour cacher tout ce gros tas de gêne, il rattrape la compresse ayant servi tout à l’heure à nettoyer la blessure de Mathias, la replie pour utiliser un côté propre et prend à nouveau le bras scarifié du sorcier pour éponger à nouveau cette plaie rouverte avec la plus grande délicatesse dont il est capable.

- Je dois t’avouer que je ne sais juste pas comment réagir, que je peux être maladroit, que j’ignore comment répondre à quelqu’un qui ne veut ni me tuer, ni m’affronter, ni me prendre quelque chose ou m’obliger à faire quelque chose, ni profiter de mon argent. C’est nouveau. C’est déstabilisant. Et j’ai aucune idée quoi faire ou quoi dire qui ne soit pas un réflexe de protection. Il faut être patient avec moi.

Plus détendu maintenant qu’il a terminé les aveux, il laisse la compresse sur le poignet du sorcier, ayant besoin de sa main valide pour la faire glisser jusqu’à la nuque de l’homme face à lui, faire courir ses doigts dans ses cheveux courts, et ramener tendrement son geste vers la joue, pour caresser ces jolies lèvres toujours aussi désirables de son pouce.

- Alors… si tu veux accorder ta confiance à un ancien criminel, voleur, meurtrier, menteur, traître, malhonnête, trafiquant, pirate... mutilé, même pas un homme entier avec deux mains, qui a courbé l’échine pour sauver sa misérable vie, qui peine à lire quatre mots d’affilée, dont la main tremble à tenir une simple plume alors qu’elle n’a aucune hésitation à plonger une lame en travers de quelqu’un… né parmi les plus pauvres des pauvres sans même un toit sur la tête, qui n’a aucune éducation, qui ne connaît de Dieu que le mot… esclave à la solde d’un pays qu’il déteste viscéralement… Et beaucoup trop orgueilleux pour oser avouer que tout ça l’étouffe par moments, mais qui s’entête parce qu’il n’a rien d’autre… Si tu m’accordes ta confiance malgré tout ça, ça m’est beaucoup plus précieux que n’importe quel cadeau que tu pourrais me faire ou magie que tu pourrais déployer à t’en saigner à blanc. Et je vais t’aider, peu importe ce dont tu as besoin.

Il laisse retomber sa main lentement, la laisse caresser la taille de Mathias au passage en signe d’affection, et va chercher le verre d’alcool encore plein posé près de l’autre, vide, à côté de lui sur la table.

- Rajoute: qui aime un peu trop l’alcool dans ma longue liste de défauts aussi.

Avec un sourire taquin James lève brièvement le verre et fait un clin d’œil au sorcier avant de boire l’alcool d’un trait, et reposer le verre à sa place précédemment occupée.

- Donc? Besoin d’aide au sujet d’une très belle femme j’espère?

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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Jeu 21 Déc - 16:55

Chasing the moon
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C'est sa main tendue qui me fait sortir de mon angoisse et cette spirale destructrice qui menaçait de me dévorer et de me faire sombrer dans un travers qui m'est bien trop familier, un défaut de ma personne qui s'avère trop souvent être dangereux pour ceux qui croisent ma route. C'est sa paume et ce regard tendre qui me font doucement revenir en ce monde et font taire pour une raison que je ne comprends pas encore cette magie qui grondait pourtant en ma cage thoracique, m'ordonnant de punir cet humain qui se refusait à elle. Sans que je ne comprenne réellement cette sensation qui fleurit au niveau de mon coeur et qui doucement fait couler dans mes veines l'impression d'être aimé, je m'avance vers James, déposant avec délicatesse mes doigts dans le creux de sa main, me faisant ainsi bien docile alors qu'à lui il m'attire, autorisant une fois de plus nos deux corps à se trouver et à former une étreinte qui me réchauffe jusqu'aux os et qui une fois pour toute termine de tuer les doutes que j'éprouvais. Il est sûrement idiot de ma part d'ainsi apprécier d'être entre ses bras, à sentir son être si délicieusement se presser contre le mien, mais tel un rappel de cette nuit que nous avons passé tout les deux, je ne peux que frissonner et aimer me sentir en sécurité contre lui, à voir dans ses prunelles une affection qui n'a jamais été sincère chez les autres. Ainsi, en silence, je hoche de la tête pour lui faire comprendre qu'en effet nous ne devrions pas rester sur un tel malentendu, et ne sachant pas vraiment quoi faire de mes mains en cet instant, j'ose après une seconde d'hésitation à les poser sur ses épaules, avant que l'une, un peu hardie aille carrément se perdre dans sa nuque. L'instant n'est sûrement pas propice à une telle tendresse de ma part, mais à l'instant même où il commence à m'inonder de paroles que je ne mérite pas, ma main s'immobilise et mon coeur lui même semble cesser de battre alors que les lèvres entrouverts, je parviens à peine à respirer, ne sachant pas tellement comment lui dire d'arrêter. Car même si je suis touché par ses mots et par ce qu'il pense voir en moi, j'ai envie de le faire taire, de sceller en lui toute cette gentillesse et cette affection que je ne mérite pas, mais je ne peux. Bien malgré moi, je reste silencieux et accepte sans dire mot ses caresses, sa douceur et ce qui est exprimé en sous-texte, me contentant d'un soupir peut-être, d'un battement de cils gracieux et d'une ébauche de sourire qui finit par illuminer mon visage fatigué. Pour lui et ses gestes trop doux, je ferme les yeux et ravale les larmes qui menace de couler le long de mes joues creusées, me contentant de les chasser d'un revers plus ou moins discret de la main alors qu'enfin, je trouve la force de murmurer quelques paroles, qui se perdent à moitié dans un rire gêné que j'étouffe sans trop de mal.

"De moi tu peux tout avoir, James. Tu devrais avoir que je suis incapable de te refuser quoi que ce soit, et que je t'aime beaucoup trop pour ne pas t'admirer pour tout ce que tu dis ou penses être des défauts ou des tares. Parfois, j'aimerais aussi que tu puisses te voir comme je te vois à chaque fois... Parfois, j'aimerais que tu réalises que j'ai toute la patience du monde pour toi."

Je tente de lui glisser un sourire, mais légèrement mal à l'aise, je préfère à la place renifler et détourner le regard, toujours en espérant chasser le noeud dans ma gorge et empêcher ma vue de se brouiller un peu plus. Il ne réalise pas comme j'avais besoin d'entendre tout ça et même si il doit se douter que j'ai été touché par cela, je n'arrive pas à imaginer qu'il puisse comprendre ce soudain besoin que j'ai de simplement me glisser dans ses bras et trouver le temps d'une seconde, d'un moment incertain, un instant où pleurer sur son épaule serait acceptable. Mais de tout ça, je me retiens, préférant garder pour moi cette sensation si délicieuse qu'il est de savoir que quelqu'un en ce monde m'aime et cherche en moi quelque chose que je peux lui offrir sans concession. Alors à la place, je baisse simplement la tête et murmure doucement, des aveux que je ne pensais pas avoir à faire en cette soirée.

"Merci... Merci de comprendre et d'être là malgré tout. Je sais que ce n'est jamais simple d'être avec moi, que c'est fatiguant de toujours devoir veiller sur ma personne mais je te promets de ne pas te décevoir. Je ferais de mon mieux pour toi. Alors cesse de t'inquiéter. Je t'aime pour ce que tu es, et non ce que tu devrais être."
Je penche la tête sur le côté. "C'est pour ça que je suis là ce soir, parce que c'était toi que je voulais voir. Et non quelqu'un qui ne serait ni un voleur, un ancien criminel ou un homme qui aime trop l'alcool pour son bien. C'était toi que je voulais et c'est toujours toi que je veux."

Les joues un peu chaudes, je me racle la gorge avant de simplement changer de sujet, ne préférant pas plus m'attarder sur les émois de mon coeur mais plutôt me concentrer sur la vraie raison qui m'a poussé à venir le déranger en cette soirée. Le malentendu désormais derrière-nous, je prends une grande inspiration mais reste contre lui, trouvant en sa présence le courage de lui expliquer la réelle présence de mes familiers, qui désormais plus calmes, se contentent de fixer James en silence, les crocs toujours à l'air.

"J'ai besoin de toi pour m'aider à retrouver quelqu'un. Une femme en effet, une amie de la nuit avec qui je passe un certain temps quand le besoin de fuir la maison se fait sentir. Je sais que tu as surement mieux à faire que courir après une inconnue, mais... Je suis inquiet. Cela fait deux jours que je ne l'ai pas vu, et même les autres filles avec qui elle travaille ne peuvent me dire ce qu'il est advenu d'elle... Tout ce que je sais, c'est qu'un soir, elle n'est jamais rentrée chez elle."

Nerveusement, je glisse une main dans mes cheveux, et sursaute presque quand je sens se presser dans le creux de mes reins la truffe d'un de mes familiers,  qui dans une tentative pleine d'empathie, tente de calmer la pointe de tristesse qui serre à nouveau mon coeur.

"Je sais que ça va sembler idiot, ou complètement pathétique, au choix, mais... Cassandre à beau travailler dans un établissement que je fréquente, c'est étrange de sa part d'ainsi disparaitre. Il y a une semaine à peine, je parlais encore avec elle de son envie de quitter la ville et d'aller refaire sa vie dans un autre pays... Ce n'est pas le genre à simplement ne plus donner de nouvelles." Un soupir m'échappe et après un sourire un peu penaud, j'ose enfin croiser le regard du corsaire. "Enfin... Disons que seul je n'arriverais pas à la retrouver alors... Je me suis dit que toi, le meilleur traqueur de la Ligue, tu pourrais peut-être m'offrir quelques heures de ton temps et m'aider à m'assurer qu'elle va bien ? Je sais que c'est beaucoup demander mais... Personne ne se soucie d'elle, juste à cause de ce qu'elle est... Personne ne s'inquiète de ne plus la voir. Et je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit... C'est une fille bien, vraiment... Je m'en voudrais si il lui arrivait quelque chose..."


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Dim 24 Déc - 4:09

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Le plus triste de tout ça, est que même si pour l’heure Mathias est apaisé et à nouveau en confiance, les paroles prononcées s’envoleront trop rapidement face aux angoisses qui semblent assaillir le jeune homme de manière incessante. Qu’est-ce qui s’est passé, dans le cossu manoir des Calloway, pour que l’aîné des fils ne soit qu’une carte morcelée et fragilisé par la tempête? James sait que leurs personnalités sont à l’opposé l’une de l’autre, mais il aimerait être en mesure de comprendre qu’est-ce qui peut briser un être à ce point. Il a eu une existence difficile depuis le premier cri qu’il a poussé, pourtant son esprit n’est pas la proie à un tel… dégoût de lui-même comme c’est le cas avec Mathias.

Un petit sourire en coin pour dissimuler l’embarras et le poids que les paroles du sorcier viennent placer tout délicatement sur ses épaules, à mesure que l’autre homme lui formule ses mots d’appréciation, en entremêlant le verbe aimer à ses phrases, et une promesse qui n’a pas lieu d’être. James n’est pas du genre à tolérer les attaches et les liens, et ce qui se développe petit à petit entre eux le rend inconfortable… sans savoir si c’est par besoin d’apprivoiser ce concept nouveau qui pourrait lui plaire, ou parce que son instinct lui hurle de s’éloigner afin de conserver au moins cette liberté, la seule qu’on ne peut lui enlever et qu’il a l’intention de conserver.

Pour le moment il préfère ne pas s’attarder à creuser pensées et sentiments, déjà que ce n’est pas son genre de se perdre dans le sentimentalisme.

- T’inquiètes donc pas; veiller sur une centaine d’hommes d’équipage, ça c’est fatiguant.

Gamins comme vieux loups de mer, novices à trop expérimentés pour leur propre bien: les uns étaient à former, les autres avaient un opinion sur tout et se prenaient parfois pour le capitaine à bord. Sans parler des conflits faciles à éclore quand les hommes étaient confinés sur un bateau qui semblait devenir étroit pendant des mois à naviguer. Certains n’étaient pas spécialement mentalement stables, d’autres agressifs, taciturnes, mêlés à des plus normaux, des pacifistes… il y en avait de tous les genres dans cette poudrière qu’était le Jolly Roger. Alors un seul Mathias Calloway sur qui veiller? C’était quasiment des vacances.

Pour la suite… une pute disparue, une parmi tant d’autres, sans proches ni famille pour se soucier d’elle. Malheureusement il était rare que ce genre d’histoire se termine bien pour les gens du bas peuple, des proies faciles pour toutes sortes de prédateurs, malades, criminels, assassins dérangés… parfois ce n’était qu’un client avec la main trop lourde, le corps était caché dans une ruelle sordide, jeté à l’eau… James en avait vu beaucoup pendant son enfance, et même si la perspective de retourner se mêler au côté sordide et malsain du milieu où il avait grandi ne l'enchante pas, il n’en hoche pas moins la tête pour signifier qu’il va apporter son aide à son ami.

- Meilleur Traqueur ça reste un point contestable, mais je vais t’aider. Allez…

D’une légère impulsion et son bras droit glissé autour de la taille du sorcier, il écarte doucement ce dernier afin de pouvoir se lever et se dirige vers ses armes, qui attendent sagement sur la console avec la bouteille d'alcool de tout à l'heure.

- Depuis combien de temps elle est disparue? Tu sais où elle habite? Est-ce qu’elle avait des rivales, des clients problématiques? Elle avait un patron ou travaillait à son compte? Tes loups peuvent-ils flairer une piste comme le font parfois les chiens?

Les questions ne sortent pas nécessairement en ordre de pertinence, mais ne connaissant pas la Cassandre en question, aussi bien tenter d’en apprendre le plus possible sur elle. De ces gestes relevant de l’habitude et de la routine, James se prépare, enfile prothèse et crochet, s’assurant que le tout est solidement fixé à son avant-bras, avant de passer aux autres armes, sans oublier le grand manteau de cuir qui le caractérise tout autant que le crochet de métal argenté. Quasiment prêt alors qu’il inspecte une dernière fois que ses armes sont en état de fonctionnement, il jette un regard vers Mathias.

- Tu as une idée où commencer tes recherches?

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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Sam 30 Déc - 18:23

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Autour de moi, je sens les deux loups tourner et s'impatienter, remplissant le silence qui nous enveloppe du bruit de leurs griffes sur le plancher quand ce n'est pas carrément leur respiration sifflante que j'entends glisser d'entre leurs naseaux plus ou moins abimés. Un frisson glisse le long de mon échine et après une seconde à ne point comprendre d'où il vient, je réalise enfin qu'il n'est que la création du soulagement qui s'empare de mon coeur quand James accepte de m'aider, m'offrant une précieuse nuit de son temps que je ne devrais pourtant pas gâcher avec mes requêtes insignifiantes. Le souffle me revient et après un léger sourire que j'esquisse, je me fais docile pour sa demande implicite, me reculant simplement face à cette paume qui me repousse, pour mieux trouver ma place dans un coin de sa chambre, lui laissant ainsi l'espace dont il a certainement besoin pour se préparer et ainsi s'armer à ce que nous pourrions rencontrer lors de notre chasse. En silence, je me fais donc plus curieux et discret, arpentant ainsi du regard sa chambre tandis qu'à mes pieds, les loups se font ce que le bout de mes doigts s'interdisent, à savoir effleurer avec plus ou moins de délicatesse et de respect pour l'intimité du corsaire, ses affaires. Draps, manteaux, vêtements, carnets… La truffe de mes deux familiers s'égarent un peu partout, collectant ainsi des informations qu'ils soufflent directement au creux de mon esprit, sous la forme de mots et de sensations qui m'arrachent bien malgré moi quelques timides esquisses de sourire. "Chaud" me disent-ils quand ils s'approchent du lit. "Doux" quand ils s'approchent de son manteau de cuir. "Important." Je fronce les sourcils et considère alors du regard ce qui jusque-là était un amoncellement de papiers et d'ouvrages sur son bureau. Radius cherche à se saisir d'un morceau de parchemin mais d'un claquement de langue, je l'en empêche, me doutant que mon ami n'apprécierait pas que l'on puisse fouiller dans ses affaires et encore moins lui dérober ce qui semble l'occuper de suffisamment régulièrement pour qu'Ulna me fasse sentir le poids des heures qu'il passé penché au-dessus de tout ça. Un loup revient vers moi, lèche le creux de ma paume, puis la courbe de mon poignet encore blessé alors que James débite des questions que j'écoute d'une oreille et auxquelles je réponds du bout des lèvres.

"Deux jours seulement. C'est encore récent." Et pourtant ça n'arrive pas à me rassurer. Bien au contraire. "Bien sûr qu'elle avait des rivales mais ce n'était jamais rien de plus sérieux qu'un client un peu plus généreux après une nuit. Elle a une patronne, oui, qui normalement veille justement à ce que rien de fâcheux n'arrive à ses protégées… Mais là, je ne comprends pas ce qui a pu se passer. Je sais qu'en ce moment, elle avait un favori qui la couvrait de cadeaux, ce qui ne plaisait pas à sa patronne mais pour le reste…" Je laisse un ange passer alors qu'Ulna continue de lécher le sang sur ma plaie, se nourrissant de cette magie qui la maintient à mes côtés, s'autorisant ainsi à me sentir ô combien elle aime être là, avec moi, à me protéger de ce qui pourrait me blesser. Pour elle, j'ai un sourire et une caresse que je glisse derrière son unique oreille. Un ronronnement proche d'un grognement lui échappe et si pendant une seconde, je m'amuse de cette réaction qui pourtant ne devrait plus m'étonner, je reviens bien vite à moi quand James, enfin prêt, me demande si j'ai la moindre idée d'où commencer nos recherches. Gêné, je passe une main sur ma nuque et hausse une épaule.

"Eh bien… Les loups peuvent la traquer… Mais je pensais tout d'abord aller là où elle travaille… Afin d'en savoir plus sur ce mystérieux client et aussi récupérer une étole ou un gant qui lui appartenait… Vu qu'elle dormait là-bas…"

D'un battement de cils, je tente de chasser le mauvais pressentiment qui s'occupe d'enserrer mes entrailles et me susurrer que cette quête que nous nous apprêtons à entreprendre en cette nuit n'aura pas la conclusion que j'espère, à savoir celle de la voir saine et sauve, dans les bras peut-être d'un homme qui voulait simplement revivre entre ses bras un amour de jeunesse et qui en une pulsion juvénile a décidé de reproduire l'une de ses histoire de l'Antiquité, où pousser par les affres d'une passion si peu maitrisée, les jeunes amants s'enfuient sans souffler mot à qui que ce soit et sans laisser la moindre traces. De ça, j'aimerais me convaincre mais l'angoisse m'en empêche, préférant projeter contre ma rétine les images d'une femme égorgée, qui dans un caniveau de la ville serait là, à se noyer dans ce sang qui était un jour capable de colorer ses veines et sa peau. L'idée même m'arrache un haut-le-coeur que je réprime tandis que je fuis l'endroit où je me trouvais, pour inconsciemment, faire un pas vers James.

"Un fiacre nous attend dehors. L'établissement se trouve à Whitechapel, peut-être le connais-tu d'ailleurs… ? Il se nomme la Perle Noire. C'est… Je ne sais pas comment en parler… En plus de jolies filles avec qui passer un peu de temps, il est aussi possible de fumer opium et autres douceurs de ce genre…" Je préfère ne pas m'étendre sur le sujet, craignant à devoir lui révéler que bien trop souvent, je me suis perdu dans les dédales de cet établissement et qu'en son sein, j'ai trouvé plus que les plaisirs éphémères de la chair, mais aussi le délice des substances chimiques, qui dans mes veines et mon sang ont réussis plus d'une fois à faire taire le chant incessant de mon être pour le remplacer par un silence médicamenteux qui a su se faire aussi doux que la caresse d'un être aimé. Je me souviens qu'en ces instants, je m'enveloppais dans la chaleur de mon propre corps et parvenais à apprécier le son des battements de mon coeur et le rythme paresseux de mon sang, qui lentement, presque délicieusement, parcourait mes veines et aidait à répandre un peu plus en mon être un flot nouveau de sensations cotonneuses. De tout ça, je ne dis rien, me contentant de rappeler à moi mes deux familiers pour leur ouvrir la porte et les laisser s'échapper, en profitant d'ailleurs pour me soustraire à l'intimité de sa chambre pour retrouver les couloirs hostiles de la Ligue.
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Dim 31 Déc - 6:24

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James

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Mathias

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Aussi bien amener également de quoi faire parler patronne et collègues, et ce genre de femmes ne connaissaient qu’un seul langage: l’argent. Et attendu qu’il a toujours connu Mathias davantage fauché que lui en dépit de la fortune des Calloway, James préfère se fier sur ses propres avoirs pour amadouer ces dames. Terminant ses préparatifs et de cacher ses pièces là où les habiles doigts de voleurs ne pourraient les atteindre -non mais vous pensiez que le manteau n’est là que pour l’apparence?- le corsaire écoute avec davantage d’attention qu’il n’y paraît les informations fournies par son ami. Rien de concret, que de quoi se perdre en suppositions pendant des heures, alors aussi bien aller voir en personne.

Et alors qu’il se rapproche de Mathias et regarde le manège de la louve qui lui est visible, James ne peut s’empêcher de hausser un sourcil et d’avoir un léger rire au nom de la maison où ils vont se rendre.

- Je connais une Perle Noire, mais les créatures qui la hantent sont assurément moins jolies que celle dont tu me parles.

L’histoire de la Perle et sa malédiction serait longue à raconter, et difficile à croire sans aucun doute, même pour une personne appartenant à la Ligue. Mieux valait pour eux de se rendre à cet établissement qui avait pied à terre et de laisser de côté les vieilles histoires de pirates. En plus que là, Mathias semble replonger dans des doutes dont lui seul a le secret, rien qu’à voir comment son regard s’est fait fuyant quand il a évoqué les douceurs offertes par la maison de plaisir mentionnée. Et si en d’autres circonstances James n’aurait pas relevé cet… égarement, pour ce qui les attend peut-être il n’a aucune envie d’un Mathias qui cherche à disparaître sous un tapis pour une raison ou une autre.

Avant que le jeune homme ne franchisse la porte, le voilà ramené vers l’arrière, doucement mais fermement, et plaqué entre le mur et le corps de James qui de ses lèvres va voler un baiser fougueux à celles de Mathias. La porte pour sa part se retrouve fermée d’un léger coup de pied; mieux vaut éviter un arrêt cardiaque à un membre de la Ligue ayant le malheur de passer par là. Quant aux loups… non mais on peut avoir un peu d’intimité non? Cinq petites minutes, le temps de goûter à nouveau cette bouche, la peau pâle de son cou sous laquelle il peut sentir les veines palpiter et s’affoler, laisser sa main glisser dans la courbure de ses reins, trahissant une envie de l’amener vers le lit cette fois encore, s’il n’y avait pas plus urgent. Et le plus urgent demandait à avoir un sorcier libre de doutes et d’incertitudes. Et à défaut de l’enivrer d’alcool -ce qui prendrait un peu de temps- James préfère lui retourner les sens d’une autre manière. Ça devrait changer un peu drastiquement l’état d’esprit de l’autre homme un moment. Et James interrompt l’étreinte ainsi dérobée, pour darder son regard dans celui de Mathias.

- Hey. J’ai honte d’absolument rien de ce que j’ai pu faire jusqu’à maintenant, alors je ne m’inventerai pas davantage de honte à ton sujet. T’as pas à avoir peur que je te juge pour quoi que ce soit, et j’ai besoin que ton esprit soit présent avec moi, et sans craintes, si tu veux qu’on retrouve ton amie. D’accord?

Sa main quitte la taille du sorcier et le corsaire s’éloigne pour reprendre une distance décente et rouvre la porte, invitant ledit sorcier à le précéder dans le couloir afin qu’il puisse verrouiller la chambre, même s’il se doute que quelqu’un à la Ligue doit avoir un double ou un passe-partout pour toutes les serrures de la place. M’enfin, il faut essayer d’avoir confiance en ses employeurs.

Le trajet menant à l’extérieur est plus long que James l’espérait, non pas parce qu’il croisent d’autres membres, qu’il ne se gêne aucunement de dévisager et suivre du regard au besoin, se faisant l’élément dissuasif silencieux envers quiconque ferait mine de vouloir aborder le jeune Calloway. L’avantage de se traîner sa gueule et un crochet à la gauche, contrairement au minois adorable de Mathias, c’est que les gens ont tout de suite moins envie de traîner les pieds et discuter en votre présence.

Le trajet est long parce qu’il a hâte de retrouver l’extérieur, l’air quasi frais de Londres et les étoiles. Ça faisait trop de jours qu’il était penché sur ses manuscrits et parchemins, il avait oublié à quel point il a besoin de n’avoir que le ciel au-dessus de sa tête pour se sentir réellement bien. Une grande bouffée d’air et un instant à simplement savourer ce faux sentiment de liberté font fermer les yeux au corsaire, qui les rouvre pour adresser un sourire à son ami.

- Je vais devoir songer à habiter ailleurs que dans un sous-sol, avant de devenir dingue.

Le fiacre les attend comme énoncé, et une fois à l’intérieur et la voiture en marche, James plonge sa main au fond d’une de ses poches pour en tirer un rouleau de tissu blanc, et faire signe à Mathias de tendre son bras meurtri.

- Laisse-moi t’arranger ça… on va plier ta manche pour cacher le sang qui la tache, et je vais te faire un bandage que tu pourras défaire facilement en cas de besoin. J’ai pas envie qu’on puisse te suivre à la trace dans toute la ville. Ni que tu effraies les dames.

Un sourire taquin aux lèvres, il attend que le sorcier veuille bien lui confier son bras.

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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mer 3 Jan - 18:41

Chasing the moon
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Je pensais pouvoir m'enfuir, m'échapper des quatre murs de cette chambre et abandonner derrière-moi les doutes ou les incertitudes qui pouvaient être les miennes, fuyant ainsi une conversation qui prenait un tournant peu désirable, mais à peine ai-je mis un pied dehors que je suis brusquement ramené dans l'intimité de James, me retrouvant plaqué contre un mur, prisonnier de son corps que je désire encore tant. La porte est bien rapidement claqué par un coup de pied habile du corsaire, et si j'entends les grognements de mes familiers qui n'aiment pas se retrouver ainsi séparés de ma personne, j'avoue ne pas longtemps m'en soucier étant bien trop obnubilé par ce baiser fougueux qu'il vient me voler et qui éveille sans peine en moi de longs frissons qui ne sont qu'un prélude au plaisir, aux souvenirs d'une nuit torride qui font naître dans le parcours complexe de mes veines et de mes nerfs, une envie dévorante, sourde et impétueuse qui me fait soupirer, presque gémir pour lui alors qu'il laisse ses lèvres se perdre sur ma jugulaire là où sa main vient épouser à la perfection le creux de mes reins si délicieusement cambré pour sa simple volonté. En silence et du bout de mes lèvres exsangues, je frissonne et frémis pour celui à qui je m'offre si docilement et pour qui je chasse au loin mes doutes et mes craintes pour ne devenir que cet amant au coeur chancelant et aux pulsions digne d'un jeune amoureux incapable de garder pour lui la passion dévorante qui ronge sa chair et le pousse ainsi à se blottir dans les bras de cette personne capable de lui faire oublier, ne serait-ce que le temps d'une nuit, la laideur d'un monde dans lequel il a pourtant trouvé un semblant d'amour. Pour lui, pour James que j'apprécie peut-être trop, je me fais subitement bien doux et enfin libre de mes démons, ne devenant pour le jeu de ses doigts et de son souffle, un Mathias bien plus calme, dont les battements de coeur restent certes incertains mais dont l'esprit est plus calme et simplement occupé par une sensation délicieuse qui fait naître sur mes lèvres un sourire qui n'a rien de triste ou de factice. Pour lui, en cette nuit qui s'annonce longue et pénible, je me fais plus lumineux que je ne l'ai été jusqu'ici, redevenant d'une certaine manière ce gamin aux prunelles pétillantes de malice et au sourire facile. Pour lui, j'ai l'impression de redevenir cet être heureux que j'ai été un jour et qui n'existe que lorsque je me retrouve prisonnier de l'étreinte de ses bras, un être éphémère qui comme les étoiles semble disparaitre aux premiers rayons du soleil.

Un dernier soupir se glisse d'entre mes lèvres alors qu'il me repousse délicatement, forçant ainsi nos regards à se croiser et à nos souffles de se mêler. A ses mots, je n'ai qu'un faible hochement de tête, acceptant implicitement de cesser de me laisser ronger par mes démons, lui promettant de ce fait en silence de cesser de me laisser dériver au loin pour mieux rester à ses côtés. D'un dernier baiser, j'aimerais sceller notre instant de paix, mais accepte de le laisser filer, quittant de ce fait pour de bon cette chambre qui est la sienne, lui laissant le plaisir de la verrouiller tandis que je retrouve mes familiers que je gratifie d'une gratouille chacun, afin de me faire pardonner de cet instant auquel ils n'ont pu assister, m'autorisant même à murmurer chaudement pour eux, dont les museaux viennent rapidement trouver ma joue.

"Mais oui… Je suis content de vous voir aussi… Vous m'avez manqué…"

Ceci pourrait être un mensonge mais ce n'est pas le cas. D'une façon que je n'arrive pas à expliquer, ils sont plus qu'une part de moi, qu'une création de ma magie. Ils sont eux seuls des consciences qui vivent au sein de ma personne et sans qui je me sentirais incomplet. Ils font parti du tout qui forme l'être que je suis. Ils sont autant une partie de mes pensées qu'un morceau de ma chair. Ils sont plus que les fruits de mes entrailles ou de mon imagination. Ils sont moi et d'une certaine façon, je suis eux. Au travers de leurs yeux je ne suis pas capable de voir, mais dans les recoins de ma bouche, parfois, j'ai la saveur des odeurs qu'ils perçoivent tandis que dans le creux de mon oreille, j'ai les échos des murmures qui sont les leurs, et qui en cet instant sonnent à l'unisson des battements de mon coeur. "Tu es là. Là. Mathias. Tu es là." Voilà ce que tout deux me soufflent alors que je suis là, accroupis face à eux, à laisser mes mains scarifiées se promener sur leur carcasse décharnée et parfois couverte d'une fourrure à la douceur familière. Et pour eux, je n'ai que sourires et attentions, qui prennent éventuellement fin quand en compagnie de James je me dois de rejoindre le fiacre qui nous attend encore dehors, non loin des quartiers de la Ligue. Après une dernière caresse sur le cou de Radius, je me mets en route, déambulant avec James sur mes talons dans le dédale de couloirs de la Ligue, le regard vissé au sol pour mieux esquiver les regards des rares membres que nous croisons, non par honte d'un jugement qu'ils ont de toute façon déjà rendu sur ma personne mais simplement par envie d'éviter la moindre conversation qui pourrait remonter aux oreilles de mon père ou d'un membre du Conseil. Je souhaite rester une ombre fuyante qui évite la moindre responsabilité que l'on voudrait lui confier et ainsi ne pas devenir un problème que James devrait gérer si quelqu'un venait à lui demander pourquoi il a été aperçu en ma compagnie. D'un pas rapide, je me presse vers la sortie et soupire de soulagement quand l'air frais de la nuit vient gifler ma peau sensible, m'arrachant ainsi un semblant de rire expiré qui se mêle parfaitement à la remarque de James.

"C'est vrai que tu m'étonnes… Te connaissant je pensais que tu aurais demandé une des chambres sous les toits…"

La dernière chose que je lui offre avant de me diriger vers le fiacre qui nous attend est un sourire et un regard à peine éclairé d'une ombre de malice alors que sur le pavé, courent et dansent les deux familiers, se chassant l'un l'autre comme pour me faire entendre qu'eux aussi en avait assez de se retrouver coincé dans les sous-sols d'un lieu au sein duquel je n'ai jamais eu ma place. D'un sifflement, je les rappelle à moi et sans perdre plus de temps que nécessaire, nous grimpons tout les quatre dans le fiacre, qui rapidement se met en route et s'attelle à nous mener jusqu'à notre destination. Un léger soupir glisse d'entre mes lèvres, et avant que je ne puisse me laisser envahir par les souvenirs de ma dernière soirée à la Perle Noire, voilà que James me garde à lui en m'intimant de lui offrir mon bras blessé pour mieux s'occuper de panser une fois de plus cette blessure qui semble pourtant vouée à rester ouverte, faisant ainsi écho à celles de mon âme. Le temps d'un instant, j'hésite et lui offre finalement mon bras, tandis que de ma main libre, je retrousse comme je le peux ma manche désormais souillée d'un sang à la teinte brunâtre. En face de nous, j'entends les deux familiers grogner et du coin de l'oeil je constate l'évidente réserve qu'ils émettent à la vision du corsaire si attentionné. Je fronce les sourcils mais voyant qu'ils ne se calment pas, je me contente de les ignorer pour mieux m'occuper de James.

"Ne t'en fais pas… Je vais bien."

C'est un mensonge mais ce n'est pas grave. Il n'a pas besoin de le savoir. Ce n'est pas pour moi qu'il devrait s'inquiéter mais plutôt pour lui, qui semble être d'un coup la cible des deux loups.

"Ce n'est qu'une entaille et… J'en aurais sûrement besoin pour appeler les trois autres plus tard."

Ce serait une mauvaise idée, surtout quand je vois la façon dont Ulna et Radius, qui allongés sur la banquette en cuir face à nous, montrent les crocs et couchent les oreilles face aux gestes doux et attentionnés de James, qui cherche simplement à m'empêcher de me vider de mon sang. Je me tourne vers eux et siffle.

"Assez. Je ne vous chasse pas. C'est pour mon bien, vous entendez ?"

"Non." Voilà la réponse qui claque sèchement au creux de mon esprit et me laisse dans la bouche le même effet qu'une gifle paternelle. "Non." Voilà ce qu'ils répètent. Ils n'aiment pas ça. La magie n'aime pas ça. Et en cet instant, dans l'intimité de ce fiacre, je me fais seul contre eux, qui veulent voir le sang se répandre toujours un peu plus. Je serre les dents et soupire.

"Il veut mon bien."

"Non. Personne ne le veut."

Je bats des cils et me tourne simplement vers la fenêtre du fiacre, observant la ville qui défile paresseusement sous nos yeux.

"Nous devrions bientôt y être."

Un loup soupire et j'en fais de même.
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Jeu 4 Jan - 12:05

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Un petit sourire amusé et un haussement de sourcil qui en dit long sur les choses que James ose demander à la Ligue répondent à la taquinerie de Mathias au sujet du logement qui lui a été donné. Il y a des choses beaucoup plus importantes que le corsaire a le culot d’exiger des membres du Conseil, des choses concernant l’avenir du sorcier d’ailleurs. Alors il ne fera même pas une vague pour une simple chambre qu’on a eu l’amabilité de lui prêter. Après tout, rien ne l’empêche d’acquérir une propriété à Londres et d’en faire son pied à terre… si ce n’est qu’il déteste viscéralement cette ville.

Maintenant dans la voiture et occupé à débuter le complexe pansement qui se dénouera en tirant tout simplement sur un bout du bandage, il ne dit tout d’abord rien aux douces protestations de Mathias au sujet de sa blessure et de son état. Un homme peut saigner longtemps avant la fin, des litres de sang. Lui-même en avait perdu beaucoup lorsqu’il avait perdu sa main. Ce n’était pas tant de perdre le sang sur le coup qui était le plus mal -ouais bon ça se nettoie mal- mais c’était les contrecoups après qui étaient la partie la plus redoutable de l’histoire. La faiblesse que l’on ressentait, le mal-être engourdissant qui nous submergeait, la fièvre, la léthargie… un état qu’il désire éviter à Mathias. D’accord, une simple estafilade est loin d’une hémorragie, mais impossible pour lui de calculer combien de fois aujourd’hui le sorcier s’était entaillé la peau pour puiser la magie tirée de son sang.

Du coin de l’œil il voit bien le manège de la louve décharnée qui a accepté de se révéler à lui. Le bref moment cordial qu’ils ont partagé tout à l’heure semble bien loin, alors qu’elle montre les crocs et gronde sans le lâcher du regard. Tout ça parce qu’il a refusé que Mathias use de sa précieuse magie pour lui?

Terminant le bandage et toujours sans avoir soufflé un mot de l’échange entre Mathias et ses protégés, James se cale dans la banquette de la voiture, pour faire face aux deux invocations. Il ne ressent aucune crainte en dépit de cette apparence cauchemardesque, ni même une once de répulsion même si l’odeur de vieille carne crevée qu’ils dégagent est loin d’enchanter ses narines. Il a vu pire par le passé. Et ces loups sont une partie de Mathias, et tout comme Mathias, ils peuvent être raisonnés.

- Bon les Terreurs, on va mettre quelque chose au clair tout de suite. Vous êtes nés de son sang, et vous serez toujours plus proches de Mathias que je ne le serai jamais, alors votre crise de jalousie, vous la mettez en sourdine. Votre vie est liée à la sienne et je vous accepte sans aucunes réserves, et je ne lui demanderai jamais de vous faire disparaître; alors laissez-moi prendre soin de lui et m’assurer qu’il reste bien en vie, pour que vous aussi restiez en vie.

Voilà qu’il parle à des loups magiques maintenant, dont un lui est invisible. Avant de rejoindre la Ligue il se serait sans aucun doute traité de sombre crétin d’agir de la sorte, mais après avoir eu affaire à quelques créatures pas très naturelles, il préférait traiter avec les fruits de la magie de Mathias comme une entité propre et s’adresser directement à cette magie plutôt que la prendre comme une tierce partie sans importance.

Considérant le sujet clos et sans appel, James ramène son attention sur le sorcier et leur objectif de ce soir.

- Décris-moi un peu l’endroit avant qu’on y mette les pieds: combien d’entrées, le type de clientèle en général, comment est la Madame en charge, sont-ils du genre à faire crédit aux bons clients, doit-on laisser nos armes à l’entrée, si les filles pratiquent parfois à l’extérieur ou si tout doit se passer dans la Maison, tous les trucs qui te viennent en tête quoi.

Une fille qui en tue une autre, une histoire d’extras avec des clients en-dehors des règles du bordel, une Madame trop permissive ou trop sévère, une dette trop importante… il y avait un million de raisons pour que des putes aient des problèmes, ça ne prenait qu’une petite étincelle parfois.


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Ven 5 Jan - 21:08

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Je ne trouve aucun réconfort dans le paysage de cette ville qui depuis trop longtemps est la frontière de mon monde, l'horizon d'une réalité aux limites exiguës. Dans les creux et monts des bâtiments et de l'incessant brouillard qui même la nuit tente de cacher à la vue des voyageurs nocturne que nous sommes l'éclat délicat des étoiles, je ne trouve rien qui n'arrive à me faire oublier la rage sourde qui fait bourdonner à mes oreilles les grognements de mes deux familiers, qui pour une raison qui m'échappe encore, en veulent à James de juguler la légère hémorragie de mon poignet, osant même montrer les crocs et gronder au sein même de mes veines. D'eux, je ne perçois plus vraiment des mots mais des sensations, des semblants d'émotions qui viennent se mêler aux miennes et qui créent en mon être un chaos que je ne parviens pas tout à fait à maitriser. L'envie de soupirer à nouveau me saisit, mais à la place, je ne peux qu'écouter les remontrances de James, qui au lieu de raisonner cette magie qui est parfois plus têtue que je ne le suis montre un peu plus les crocs. D'un claquement de langue, je tente de la réprimer à nouveau, mais comprenant que ça ne sert à rien, j'abandonne, décidant que si le pire doit arriver, James saura quoi faire. Je me perds une seconde dans le chant de mon coeur avant de me tourner vers le corsaire quand il cherche à m'arracher des secrets qui ne devraient pas en être. Un haussement d'épaule m'échappe, et après quelques secondes à simplement fouiller dans les limbes de ma mémoire, je parviens à lui répondre, une main tendue vers les loups pour tenter de les distraire de quelques caresses.

"Ce n'est pas le genre de bouge que je fréquente quand je n'ai plus un sous en poche. C'est plutôt le genre que la partie riche de la société peut s'offrir. Les filles sont magnifiques, l'intérieur aussi et ce qui est à consommer n'est pas le genre de douceurs qui rendent le corps malade. Il me semble qu'il y a une entrée à l'arrière, pour les livraisons et ce genre de choses mais elle est interdite aux clients." Je me retiens de lui dévoiler comment j'ai découvert celle-ci. "Tout se fait au sein de la Perle Noire, la gérante n'aime pas savoir ses filles courir dans la ville et risquer de se faire malmener par le premier abruti qui pense pouvoir traiter les femmes comme un bout de chair que l'on cogne pour le plaisir des yeux." De la poche de mon veston, je tire une cigarette que je glisse à mes lèvres et que je n'allume pas tout de suite, me doutant que de toute façon, je n'aurais pas le temps de correctement la fumer avant notre arrivée. "Pour les armes, je n'ai jamais eu de problème mais c'est surement parce que je venais sans rien." Et pour être honnête, connaissant Nausicaa, la fameuse gérante de la Perle Noire, je pense qu'elle s'occupe personnellement de fouiller quiconque lui semble trop suspect. Car d'une femme passive et soumise elle n'a rien, bien au contraire. Elle incarne à elle seule la fureur d'un océan qui aurait pu la voir naître et dans ses prunelles, il est aisé de distinguer la colère d'une femme qu'on a trop souvent voulu domestiquer au lieu de l'aimer et de la respecter. Et c'est tout ça qui fait d'elle la parfaite gérante de cet établissement et le Cerbère que certains clients craignent. Sans elle, la Perle Noire ne serait qu'un bordel de plus, un lieu de perdition qui se laissera aller à l'image des clients qu'elle accueille. "Ils font rarement crédit. Enfin…" J'ai un léger sourire alors que je penche la tête vers James, laissant nos tempes s'effleurer tandis que je dévoile sans peine l'angle délicat de ma mâchoire et le fin tracé de ma jugulaire. "Il m'est arrivé d'avoir le droit à un crédit ou deux… Mais uniquement parce que selon Nausicaa, j'ai la malchance d'être bien trop charmant pour mon propre bien."

Je me souviens encore du soir où elle m'avait susurré ça avec un sourire délicat, où d'entre ses lèvres rouge, les mots avaient glissé sur ma personne pour n'y laisser qu'un frisson délicieux. Je me souviens que c'était elle qui m'avait tiré d'entre les draps d'un lit dans lequel j'avais passé des heures, à me languir, à fumer et chercher un plaisir illusoire entre les bras d'une fille, et qui difficilement m'avait remis sur pieds pour mieux me renvoyer à mon père. De cette nuit étrange, je n'en garde qu'une vague image dont seule elle semble résister aux faiblesses de ma mémoire mais dont elle ne semble pas se lasser, puis que régulièrement, quand elle m'accorde un instant de son précieux temps, elle se presse de me rappeler ô combien elle a eu l'impression de tirer ce fils qu'elle n'a jamais eu d'ennuis dans lequel il aurait pu se fourrer. Du bout des dents, je mâchonne sans vraiment m'en rendre compte le bout de ma cigarette, suçotant de ce fait le tabac qui laisse sur ma langue un goût âcre.

"Tout devrait normalement bien se passer. La gérante me connait et je pense que savoir que l'on veut retrouver Cassandre va la rassurer. ll faut juste… Montrer patte blanche."

En disant cela, je me tourne vers les deux loups, alors que le fiacre s'immobilise. Sans attendre, j'entrouvre la porte de celui-ci et laisse Radius et Ulna se ruer dehors et faire le tour de l'établissement, se permettant de vérifier que rien ne se cache dans les ombres d'une ruelle alors que je reste avec James dans l'intimité de ce fiacre que nous partageons encore.

"J'ai peur de ce que nous pourrions trouver alors… Si jamais les choses dégénèrent et que je deviens incontrôlable…" Je n'arrive pas à le dire mais mon sourire désolé se fait les mots que je ne peux prononcer. "Je te fais confiance pour ne pas me laisser te blesser… Mais normalement, tout devrait bien se passer, n'est-ce pas ?"

Je l'espère en silence alors que je sors du fiacre, refermant légèrement ma veste autour de ma personne tandis que je m'expose à la fraîcheur de cette nuit londonienne et aux regards de mes familiers, qui à mes côtés reviennent et se font la parfaite extension de ma personne, deux ombres nouvelles aux prunelles menaçantes et teintées d'un besoin maladif de me protéger et de s'assurer que plus rien ne pourra jamais m'atteindre. Sans vraiment attendre James, je pénètre au sein de la Perle Noire, passant les lourdes portes, puis les rideaux de velours sur lesquels sont brodés bateaux et sirènes, rappelant ainsi aux habitués comme aux nouveaux clients que l'établissement tient son nom d'une légende de marins. Bien rapidement, les odeurs lourdes du tabac, de l'alcool, de l'opium et des femmes me parviennent, m'enveloppant comme une cape que l'on passerait sur mes épaules tandis que se dévoile à mes yeux l'intérieur luxueux de l'établissement aux soieries nombreuses et aux nymphes délicieuses qui naviguent entre les clients, glissant entre leurs doigts liqueurs et sourires tandis qu'au loin, la musique feutrée d'un piano est perceptible mais assez présente pour se faire réellement appréciable. Du regard, je parcours la salle et pousse un léger soupir tandis que les loups se resserrent un peu plus à mes côtés, inondant mon esprit de l'inconfort qu'ils ressentent à n'être que deux au milieu de cette masse humaine.
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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Sam 6 Jan - 4:34

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Donc, on parlait d’un établissement qui avait un minimum de prestance et qui ne laissait pas entrer n’importe qui. On venait d’écarter une strate de la société pour laisser la pire selon James: les mieux nantis de ce monde. Il ne dit rien pendant que Mathias lui livre d’autres informations lui permettant de se faire une idée de la place, semblable à bien d’autres qu’il a visité en bref. Il esquisse un léger sourire lorsque le sorcier vient chercher un contact contre sa tempe, auquel il répond d’une brève caresse de sa main sur la joue du plus jeune, geste d’affection mais un peu distrait par les différentes possibilités qui s’imbriquent au sujet de l’amie de ce dernier.

- Même si une bonne patronne va toujours avoir le bon mot pour faire sentir ses clients les plus payants spéciaux… elle n’a pas tort.

Ne jamais croire un traître mot qui peut sortir de la bouche d’une putain, ça c’était la règle numéro un à ne jamais oublier. Ils étaient tous uniques, ils étaient tous celui pour qui elles avaient un faible, ils étaient tous le seul à leur donner réellement du plaisir, ils avaient tous droit à ce moment de tendresse qu’elles murmuraient ne donner qu’à eux. C’était lourd quand on connaissait tous les dessous du métier, et plus souvent qu’autrement James leur disait de laisser tomber leur numéro de charme et de le réserver aux autres clients. Aucun temps à perdre avec ce genre de conneries, surtout avec une fille qu’il ne reverrait jamais. En général elles étaient froissées qu’il voit clair dans leur jeu et leur dise d’y couper court mais le paiement substantiel qu’il leur laissait toujours faisait mourir très rapidement toute envie de bouder en échange d’une dévotion beaucoup plus intéressante que leurs paroles creuses.

Un petit rire plein d’ironie échappe à James au sujet de montrer patte blanche et il tourne la tête pour dévisager Mathias. Il n’a pas le temps de lui formuler qu’il s’est entouré de la mauvaise personne pour avoir l’air inoffensif que la voiture s’immobilise et que la porte laisse sortir les deux bestioles.

- J’ai confiance en toi et en ta magie Mathias. Ce qui a à arriver arrivera, c’est tout.

Vu le nombre incalculable de situations dangereuses dans lesquelles il s’était retrouvé depuis le début de sa vie, ce n’est pas ce soir que James va commencer à se faire du stress pour quelque chose qui peut échapper à son contrôle. Remplissez une maison close de gens et c’est assuré qu’un truc va aller de travers; l’important était de rattraper la situation si elle dégénérait.

L’extérieur passe rapidement à l’examen visuel: les rues avoisinantes, l’éclairage, les entrées des égouts les plus proches, les odeurs flottant dans l’air, de quel côté de la rue les passant naviguent à cette heure, l’architecture de l’édifice et de ceux le flanquant, ce qui se trouve en face… si pour le moment rien ne vient particulièrement frapper James, il conserve ses observations en note avant de suivre Mathias à l’intérieur.

Intérieur très charmant d’ailleurs, avec une thématique qui n’est pas pour lui déplaire il va sans dire. À nouveau le regard de James furète là où celui des clients réguliers ne s’attarde normalement pas. Une vigie à l’entrée stratégiquement placé pour intercepter tout indésirable avant même qu’il mette le second pied dans l’établissement, des acolytes disséminés à d’autres endroits clefs du salon principal, des tables et un bar positionnés pour optimiser l’espace et permettre une retraite sécuritaire aux employées en cas de grabuge… on pouvait dire que c’était un endroit bien pensé et bien tenu. La beauté des dames qui louvoient gracieusement entre tables et clients n’attire pas son attention ce soir, il n’est pas ici pour ça. Se penchant vers Mathias dans le but de lui murmurer de faire demander la patronne, une main qui se pose sur son bras gauche et une voix qu’il n’a pas entendue depuis des siècles le fait se retourner vivement.

- Kieran? Mar sin, tá tú Hook, mo mhac?

Il n’y a qu’une seule personne sur cette terre qui s’adresse à lui en gaélique, la langue qu’il a apprise à parler avant l’anglais. Avant même qu’il ait la confirmation de ce que tout son être sait déjà, la femme qui a osé un geste sur lui se retrouve saisie à la gorge et violemment poussée vers le mur le plus proche. Si elle a instinctivement saisi d’une main le bras qui la malmène de la sorte, son autre main se fait vive pour indiquer, paume en l’air, que les gardiens silencieux de la Perle Noire n’ont pas à intervenir. Au temps pour montrer patte blanche, mais à peu près tout est le moindre des soucis de James en ce moment, alors que lui et la femme se dévisagent sans ciller, leurs visages à quelques centimètres l’un de l’autre, jaugeant l’autre comme deux ennemis prêts à s’affronter jusqu’à la mort s’il le faut. De son regard bleu le corsaire s’imprègne des moindres traits de ce visage qui se superpose à un autre dans sa mémoire. Les fines rides autour de ses yeux qui eux avaient perdu toute flamme, celles autour de sa bouche qui trahissaient qu’autrefois elle avait aimé rire et sourire, ses lèvres encore pleines et sa chevelure blonde qui camouflait les cheveux blancs qui s’y entremêlaient ne pouvaient dissimuler que dans sa jeunesse cette femme devait être d’une beauté éblouissante. Aujourd’hui, la fin quarantaine, elle était encore d’une grande beauté mais le poids d’une existence misérable parsemée d’alcool, de nuits difficiles auprès d’un trop grand nombre de clients, et de malnutrition avaient laissés leurs marques sur la mince silhouette, un peu trop maigre, un peu trop fragile… comme bien des filles exerçant ce métier.

Ce visage est surtout pour James le rappel de mauvais souvenirs; de ceux que l’on désire conserver dans le coin le plus obscur de notre tête afin de complètement les oublier. Des souvenirs de froid et de faim, d’un mal qui avait rongé toutes notions de honte et de bonté, d’une fatalité menaçante, celle de n’être jamais davantage que ces cadavres vivants qui hantaient les bas-fonds de Dublin, morts avant même d’avoir vécu, les oubliés de tous. S’il y avait eu des moments de tendresse entre eux, la haine sourde qui le prend à la gorge les a complètement effacés devant tous les cauchemars qu’elle lui avait fait vivre, soit par sa présence ou pire: par son absence. La revoir aujourd’hui alors qu’il ne s’y attendait pas, après deux décennies de distance, venait d’invoquer le Diable et tous ces mauvais souvenirs qu’il pensait éteints.

Ses doigts toujours crispés et serrant la gorge délicate de la femme tels une serre, James se demande pendant une fraction de secondes s’il n’accomplit pas ce qu’il aurait dû faire il y a longtemps. Refermer sa main jusqu’à ce que les os craquent, que ses yeux bleus soient éteints, jusqu’à ce que le corps retombe mollement, dénué de vie, et que ce Diable soit définitivement mort pour que plus jamais il ne vienne le hanter. La haine pourrait enfin dormir.

Mais son regard plongé dans ces yeux qui sont une partie des siens y déchiffre une lassitude pour ce monde qui rendrait la mort douce et salvatrice, ce soupçon de tendresse qui ne fut jamais rien d’autre qu’un murmure à contrecœur dans le noir, de regrets qui dépassent même James en nombre d’années, une étincelle de fierté de cette rencontre qui ne sera jamais formulée. Cette femme aura toujours un ascendant sur lui, qu’il le veuille ou non. Elle est la seule qui sait réellement qui il est, d’où il vient; elle le connaît mieux que quiconque le ne connaîtra jamais. Pour cela, ses doigts relâchent leur étreinte et la laissent filer sans autres paroles. Ils n’ont rien à se dire l’un l’autre maintenant qu’ils se sont reconnus, aucune parole ni rien ne peut exister entre eux, pas même un regard en arrière alors que la femme s’éloigne, une main sur sa gorge qui portera des marques longtemps.

Les dents serrées et le regard plus noir que jamais, James fait un pas de recul et lève sa main valide pour signifier aux gardes qu’il s’en tiendra là.

- Fais demander la patronne.

Il ne regarde pas Mathias, évite son regard. C'est mieux ainsi, tant qu'il n'a pas calmé la colère sourde qui gronde en lui.


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mar 9 Jan - 16:29

Chasing the moon
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Tout ne devient que chaos bien trop vite. Alors que mon regard se perd encore dans la contemplation d'une masse humaine qui comme moi vient trouver entre les bras et les cuisses des sirènes de cet établissement un semblant de raison pour laisser demain venir à eux, voilà que James rompt cette promesse implicite de ne pas faire de vagues pour saisir à la gorge une des filles de Nausicaa. De moi, il n'obtient qu'une inspiration sifflante là où mes familiers se glissent entre nous, dévoilant les crocs pour mieux dissuader quiconque voudrait m'approcher. Face à cette scène à la violence inattendue et plus dérangeante que je ne le pensais, je me fais silencieux et distant, fuyant d'un pas seulement celui que jusque-là j'idéalisais et dont je ne soupçonnais pas cette rage sourde qui en cet instant lui fait délibérément broyer, entre les doigts qu'il lui reste, la trachée d'une femme qui d'après les quelques mots qu'elle lui a soufflé, semble venir de son passé. D'un regard fuyant, je me fais ainsi le témoin d'une scène que je voudrais savoir irréelle, devenant de ce fait un voyageur, un témoin silencieux d'un fragment de réalité à laquelle je n'appartiens même plus. Au loin, retranché dans les propres limites de mon corps désormais tremblant, j'assiste à tout ça, l'esprit en panique et le coeur en vrac, redevenant sur l'instant un gamin qui craint la colère d'hommes capables de le brutaliser et de faire naître d'autres cicatrices sur sa personne. Le temps lui-même semble cesser son envol et entre deux battements de coeur, je perds pied, me faisant bien moins qu'une ombre alors que James finit par lâcher l'inconnue, lui crachant simplement un ordre qui fait naître sur mon échine un frisson désagréable et qui laisse sur ma langue une saveur désagréable qui ne s'estompe pas quand je réalise que lui aussi cherche à fuir autant mon regard que ma personne. Et si il serait de bon ton que je vienne vers lui pour le rassurer et lui murmurer que rien de tout ceci n'est grave et que je m'inquiète de savoir ce qui a pu le troubler à ce point, je préfère rester loin de lui et attendre que la rage dans ses prunelles meurt avant de revenir chercher sa compagnie. Je baisse les yeux et rassure mes loups d'une caresse tandis qu'autour de nous, la vie reprend son cours, ignorant un peu plus les deux êtres perdus que nous sommes en cet instant, et qui s'évitent, devenant ainsi deux étrangers l'un pour l'autre. Deux silhouettes qui refusent de se retrouver et qui dénotent avec l'accumulation de corps entremêlés qui font pourtant la réputation de l'établissement. Difficilement, je déglutis et avant que je ne puisse entrouvrir les lèvres pour tenter d'expirer un murmure composé de banalités affligeantes, une voix s'élève au milieu de la marée humaine, prononçant alors mon prénom avec un charme qui rappelle le roulement des vagues en plein été.

"Si ce n'est pas Mathias Calloway en personne… J'aurais dû me douter qu'il n'y avait que toi qui pouvait créer de tels remous en une soirée si calme."

Vers le haut de l'escalier se porte mon regard et trouve ainsi la source de ce flot mélodieux en la personne de Nausicaa, qui comme à son habitude, main sur la hanche et rouge sur les lèvres, m'observe de son regard vert bouteille, en une attitude maternelle qui me force à baisser les épaules et à esquisser un sourire juvénile et timide. Pour James, je n'ai ni regards, ni pensées, me contentant d'un haussement d'épaule qui se fait les excuses que je ne peux prononcer à la place du corsaire. A cela, je n'obtiens qu'un haussement de sourcils et un ordre auquel j'obéis bien vite.

"Monte donc. Il parait que tu as à me parler."


Il est difficile de refuser quoi que ce soit à une femme comme elle. Tenter serait comme chercher à emprisonner une vague entre ses bras. Ce serait un acte désespérément vain qui n'apporterait pas grand chose et qui laisserait à l'océan la simple impression et satisfaction que vous n'êtes rien de plus qu'un être humain comme les autres, une banalité qui n'aura pas le temps de voir la beauté d'un monde qui ne s'intéresse de toute façon pas à lui. Ainsi, sans un mot, je m'exécute, traversant la foule des habitués sans vérifier que James me suit, pour mieux atteindre l'escalier que je grimpe, puis la porte de son bureau que je franchis. Derrière-nous, le monde décadent de la Perle Noire disparaît, et désormais prisonnier des quatre murs du bastion qu'est cette pièce, je me fais le jeune enfant dont elle vient encadrer le visage de ses mains, pour d'un sourire me donner l'impression que je n'ai toujours pas quitté l'époque bénie de mes dix ans.

"Regarde-toi. Tu as encore maigris, bientôt il n'y aura plus que des os à embrasser."


J'ai un sourire, puis un roulement des yeux au ciel qui se veut charmant.

"Alors ne m'embrasse pas. Tu n'auras pas à les sentir."

D'une tape affectueuse sur la joue, elle s'éloigne et se tourne ensuite vers James, lui glissant un regard dont l'éclat me fait frémir mais m'empêche de réellement répondre à la question qui s'échappe d'entre les lèvres de celle dont les intentions me sont toujours étrangères, malgré l'évidente complicité qui nous unit.

"Un ami je suppose. Pas le genre que ton père apprécierait mais le genre qui me fait douter de ta présence ici. Qu'est-ce que vous pourriez bien chercher à part quelque chose que je ne peux vous donner ?"


Sur mes lèvres, je passe ma langue et évite de contempler du coin de l'oeil les deux loups, qui profitant du lourd tapis qui recouvre les lattes en bois du plancher, se permettent de naviguer entre les meubles de son bureau en silence, fouillant à la recherche d'un indice, d'une trace de celle qui ce soir se fait comme les étoiles que l'on cherche à apercevoir en pleine journée. Mais d'eux je n'obtiens rien, juste une curiosité étrange qui les fait se questionner à propos de cette femme qui nous observe et dont l'attention semble toute dirigée vers James.

"Je me doute de ce que tu vas me demander Mathias, mais lui… Je serais curieuse de savoir ce qui le pousse à venir ici. A part peut-être l'envie de martyriser l'une de mes protégées…"


En un geste élégant, Nausicaa s'installe derrière son bureau et nous refuse les fauteuils qu'elle réserve à ses invités, nous faisant ainsi comprendre qu'en cette soirée, nous ne sommes pas des hôtes qu'elle veut chérir mais plus des enfants qu'elle s'apprête à réprimander et qui feraient mieux de ne point contrarier celle que l'océan lui-même à dû un jour recracher.

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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mer 10 Jan - 4:47

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Chasing the moon
Cette sensation de pluie qui glisse sur la peau, fuyante, glaciale, un frisson saccadé, un espace qui se crée autour de lui. Cette vieille sensation souvent ressentie par le passé, encore aujourd’hui avec les gens normaux et ordinaires, ces gens effrayés par tout ce qui changeait leur morne quotidien et qui reculaient hâtivement loin de lui: la peur. Pas la sienne, de qui il est devenu un inconnu depuis le temps, mais celle des autres à son égard. Les histoires de pirates, de bandits et autres sont toujours belles et romancées dans l’imaginaire des gens, en omettant de raconter ce qui arrive quand on plonge sa lame en travers de quelqu’un, que son fil tranche la chair profondément pour laisser jaillir le contenu de l’enveloppe charnelle. La violence n’est que batailles épiques, ou perpétrée par les vilains de l’histoire. Il a prévenu Mathias qu’il n’avait rien d’un héros. Il a été plus qu’honnête à son propre sujet.

Mais James ne montrera pas que la réaction de fuite de la part de celui qui dit si haut être son ami l’affecte davantage qu’il ne le voudrait. Jamais il n’acceptera un point faible dans son armure, et le sentiment ténu se retrouve égorgé promptement et abandonné, aussi subitement qu’il est apparu.

Sans émettre le moindre son le corsaire suit les deux protagonistes, sans y être invité et sans accepter un refus non plus. Il a accepté d’aider, soit. Il se tient à distance, indifférent aux cajoleries doucereuses qui s’échangent en paroles entre l’autre homme et la patronne; un jeu comme tant d’autres pour qui veut conserver les faveurs monétaires d’un client fortuné à son établissement. Le regard de la dénommée Nausicaa lui est rendu sans en être intimidé; les iris bleus voyant à travers elle et ses minauderies, sachant pertinemment que ses menaces voilées ne sont justement rien d’autres que des menaces, et que si une potentielle exécution venait à se faire à ce sujet que rien ne serait un danger pour quelqu’un comme lui.

Peut-être que devant d’autres clients la patronne a prestance et charme, mystère et autorité, mais il ne donnera aucune prise à tout ceci, qu’une politesse froide, ce tout léger mépris sous entendant qu’il est trop bien pour son établissement depuis qu’il a vu qu’elle travaille ici. Alors lui ne se présentera pas et ira simplement droit aux faits.

- Vous n’aurez plus à être chagrinée de ma présence en vos murs après ce soir.

Aucune excuse. Aucune justification. Aucune explication. Si elle désire en avoir, James n’a aucun doute qu’elle ira voir la principale concernée dont elle ne tirera pas grand-chose non plus. Non, à moins d’un virage à cent quatre-vingt degrés, cette femme ne changera jamais moralement, pas davantage que lui, chassera toutes questions pouvant mener à admettre les torts du passé du revers de la main, et abandonnera ce souvenir, comme le reste. Ils étaient faits du même moule, ça il ne fallait pas se tromper.

- Mathias s’inquiète au sujet de mademoiselle Cassandre. Avec votre permission et sous votre supervision si vous le désirez, nous aimerions examiner sa chambre et ses effets personnels afin de trouver des indices sur sa localisation actuelle. Si vous vous sentez encline à étendre votre générosité encore davantage, j’aurais quelques questions à son sujet, ne connaissant aucunement la demoiselle. Votre temps sera bien évidemment largement dédommagé.

Froid, toujours, son regard brille comme la glace taillée brille au soleil. En d’autres circonstances il aurait été charmant et charmé par les lieux et sa magnifique Madame. Mais quand on voit un fantôme à l’endroit où on s’y attend le moins, tout change.


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Jeu 11 Jan - 13:30

Chasing the moon
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Je n'aime pas ce qui en cet instant alourdit l'air entre nous, entre ce trio qui semble sans cesse chercher à fuir les deux autres, me laissant avec l'étrange impression que mes doutes avaient raisons et qu'en cette nuit rien de bon ne pourrait se produire. De justesse je retiens un soupir et en silence, je me fais docile, écoutant le souffle régulier de mes familiers revenus à moi, qui d'un battement de queue et d'un regard me font comprendre qu'ici je ne trouverais rien, à part la colère de celui que j'idéalise et l'hostilité de celle qui ne voulait pas réellement me voir causer des problèmes au sein de son refuge pour âmes perdues. Alors que les mots s'échangent, que les menaces se font banales conversation et que les mots se font lourds de sens, j'avoue lentement glisser dans une autre temporalité, faisant de mon regard une fuite discrète, un moment d'égarement dans lequel je me perds tandis que je sens peser sur mes épaules le regard de Nausicaa, qui après un silence si difficile à supporter, se décide enfin à entrouvrir les lèvres.

"Inspectez la chambre tant que vous voudrez… Comme moi vous n'y trouverez de toute façon que ce qu'elle n'a pas souhaité emmener avec elle."

D'un geste de la main, elle semble balayer quelque chose qui n'est pourtant pas en suspension dans l'air,  chassant ainsi plus les mots et l'agacement évident qu'elle ressent à la simple évocation de Cassandre. Nerveusement, je commence à jouer avec le bandage qui recouvre ma plaie, me raclant simplement la gorge avant d'être capable de prononcer le moindre mot, ne glissant à James qu'un regard en coin, comme si je m'excusais à l'avance d'être encore à ses côtés malgré l'évident impair que j'ai fait et qui cause l'inconfortable distance que nous maintenons l'un envers l'autre.

"Nous ne te dérangerons pas longtemps… Je suis juste inquiet. Ce n'est pas son genre de disparaitre sans rien dire, encore moins avec un prétendu inconnu qui lui ferait quelques cadeaux. Je sais qu'elle n'est pas comme ça… Je…"

Un claquement de langue de sa part m'interrompt, tout comme le regard de Nausicaa, qui au lieu de refléter cette fausse tendresse qu'elle offre à tout ses clients n'est teinté qu'une déception froide et cruelle qui en cet instant me rappelle bien trop celle que je vois déjà dans les prunelles de ce père qui a cessé de m'aimer au moment-même où j'ai décidé d'être ce que je voulais au lieu de rester ce qu'il voulait que je sois.

"Tu es décevant Mathias. Tu n'apprends donc rien. Tu penses réellement qu'elle te racontait tout, à toi ? Que tu étais le privilégié qui avait le droit aux confidences les plus intimes ? Je t'en prie. Tu étais un client dont elle espérait beaucoup, rien de plus. Elle aurait pu fuir avec toi si tu avais été assez idiot pour lui offrir une bague et lui promettre une vie meilleure. Chose qu'elle a trouvé dans les bras d'un autre."

Je baisse la tête et pince les lèvres, réalisant qu'elle a surement raison, que je n'ai jamais été rien de plus qu'une éventualité qu'elle a considéré. Je soupire, change d'appuie sur mes jambes et dérange un peu plus le bandage autour de mon poignet en un geste qui trahit mon inconfort. Une fois de plus, j'aimerais fuir, disparaitre et ne jamais revenir. Comme à mon habitude, alors qu'on me crache au visage une réalité que je ne veux pas savoir comme la mienne, je cherche à faire comme les enfants qui se bouchent les oreilles et qui ferment les yeux, espérant ainsi que le monde autour d'eux va changer. Mais ce n'est qu'une fuite en avant de plus, un déni de réalité qui fini par décevoir et par blesser. Au loin, j'entends un soupir, puis la voix de Nausicaa.

"Il n'y a rien de plus à dire à ce sujet. Elle a fuit, sans laisser un mot pour retrouver son amant. Mathias ne devrait pas s'inquiéter, elle va surement réapparaitre dans quelques jours avec le coeur brisé et des excuses au bout des lèvres."

Je ferme les yeux un instant et serre les poings, geste qui force mes familiers à venir lécher mes phalanges et murmurer au creux de mon esprit qu'ils peuvent intervenir, que je n'ai qu'un mot à souffler et que l'impudente sera puni. Et si un instant, je manque de succomber à l'appel si tentant de cette magie qui ne chercher qu'à causer chaos et destruction, je me reprends à l'instant même où elle se lève, nous faisant signe de la suivre.

"Mais je vous laisse le plaisir de perdre votre temps dans sa chambre. Une fois que vous aurez terminé, vous serez libres de quitter mon établissement et de ne plus vous y présenter, du moins, pas l'un avec l'autre."

D'un hochement de tête, j'acquiesce et sans un mot de plus, je la suis dans le dédales des couloirs de l'étage, dont les murs ne sont pas couvert d'une tapisserie typiquement anglaise, faite de fleurs et autres roses aux couleurs pastels et pourtant agressives pour la rétine, mais d'une collection de fresques antiques, qui relatent les péripéties de dieux et de créatures, qui au gré des vagues paressent et s'enlacent, les cheveux parsemés de fleurs et de coquillages. Du regard, je contemple un instant les silhouettes plus ou moins humaines qui s'entrelacent et se font presque motifs tandis que du bout des doigts, en un geste discret, je tente de saisir la manche de James, non pas par envie d'attirer son attention mais par simple besoin de me rassurer, de savoir qu'il n'est pas loin et que quand nous serons de nouveau tout les deux, il n'y aura plus cette distance étrange qui semble être déterminée à nous séparer. Du bout des doigts, j'effleure ainsi le cuir de son manteau mais me retrouve à devoir le lâcher, quand la porte de Cassandre s'ouvre à nous et dévoile à nos regards curieux une pièce aux lourds rideaux de velours et à la décoration qui ne semble appartenir qu'à une nymphe. Sur les murs l'écume d'une mer tranquille accueille notre présence d'une couleur aussi douce que de la mousseline tandis qu'il traîne encore sur les différents meubles en bois quelques parfums, plumes, vêtements et autres éventails. Mes lèvres s'entrouvrent face à la fragrance doucereuse qui vient chatouiller mes narines là où mes deux familiers se glissent dans la chambre et commencent à en inspecter chaque recoins tandis que Nausicaa s'esquive après une dernière remarque.

"Fermez la porte en partant, Messieurs et ne dérangez pas trop sa chambre, elle en aura besoin quand elle reviendra."

La porte se referme sur nous, et de nouveau seul avec James, je fuis un instant son regard tandis que mes doigts se perdent sur les draps de soie du lit.

"Elle ne semble pas vouloir nous en dire plus. J'aimerais dire que ça ne lui ressemble pas mais…" Je hausse une épaule et pousse un soupir. "Ce n'est pas le cas. Parce contre, ce qui m'étonne… C'est toi." Je me tourne légèrement vers lui, posant sur sa personne un regard inquiet. "Ca ne te ressemble pas de sauter à la gorge de la première venue…  Que s'est-il passé ?"

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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Ven 12 Jan - 5:31

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Redevenu silencieux, James écoute la suite de l’échange entre les deux autres, les mots prononcés comme ceux qui ne le sont pas, les gestes et ce qu’ils transportent avec eux. La patronne perd aisément son masque lorsque Mathias insiste au sujet de la fille manquante au registre. Comment interpréter cette attitude? Celle de la gérante désabusée du comportement de ses employées, une tentative de discréditer pour ventiler la colère éprouvée suite à ce départ et les pertes monétaires qui vont s’ensuivre, ou banaliser le tout pour donner le moins possible de crédit aux soupçons de Mathias et ainsi camoufler autre chose? Les possibilités pouvaient être plus nombreuses encore, mais se perdre en conjectures ne servait strictement à rien.

Il doit par contre concéder un point à cette Nausicaa à travers cette discussion qui ne rime à rien: il n’y a pas d’histoires qui finissent bien au sujet des filles de la nuit. Les histoires d’amour se concluent en déceptions amères, les beautés se fanent, les espoirs meurent toujours un peu plus chaque nouvelle nuit, jusqu’à ce que tout n’ait plus qu’un goût de cendres et de désillusions. Jamais un client n’est tombé amoureux d’une putain, au point de la soustraire à cette vie amère. Les hommes manquent foncièrement de courage, et les femmes rêvent trop.

S’inclinant légèrement pour remercier silencieusement la Madame de sa générosité en leur permettant de fouiller la chambre de la belle disparue -c’est mieux que des mots sarcastiques vous conviendrez- James emboîte le pas à leur guide. Ce n’est pas tant la décoration fort jolie des couloirs qu’ils traversent qui retient son attention pendant le trajet mais tous ces autres petits détails qui pourraient peut-être donner des indices tels que la manière et la vitesse avec lesquelles Cassandre se déplace, les réactions des gens potentiellement croisés, le son que font les pas sur le sol, l’emplacement de fenêtres… il a grandi dans des endroits comme celui-ci, a appris à y entrer et sortir à sa guise pour échapper à bien des choses innommables.

Sitôt la porte refermée, James verrouille cette dernière puis se dirige vers les lourds rideaux pour voir s’ils dissimulent une fenêtre ou ne sont qu’un trompe-l’œil pour donner de la prestance à une pièce modeste. Les tentures sont tirées grâce à son crochet -ça peut être pratique parfois ce truc- en même temps qu’il jette un bref regard vers Mathias qui se risque à quelques paroles, puis ramène son attention à la fenêtre qui se révèle protégée par une élégante et solide grille de fer forgé, empêchant quiconque ayant forme humaine d’entrer ou de sortir de ce côté.

- Ce n’était pas la première venue.

Le ton utilisé est d’une indifférence certes un peu forcée, tentative d’atténuer cette haine qui ronronne encore au fond de lui comme un feu dormant sur des charbons. Le sentiment égorgé tout à l’heure a un soubresaut, lorsque James a un autre regard vers le sorcier, mais le droit d’exister est à nouveau refusé à cette émotion trop étrangère pour recevoir un tel privilège. Même face à Mathias, il n’a pas l’intention de présenter excuses et explications pour son geste, et préfère revenir au but de leur présence ici, en désignant la louve qu’il peut voir d’un geste.

- Dis-moi s’ils trouvent quelque chose.

De son côté il va examiner les cachettes potentielles qu’un meuble, un faux fond, une latte de plancher désajustée, ou encore un vide anormal dans un objet, peuvent révéler suite à un examen.

- Regarde les objets présents, et dis-moi s’il y en a auxquels ton amie tenait particulièrement, et qu’elle n’aurait pas pu laisser derrière elle.



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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Sam 13 Jan - 13:11

Chasing the moon
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A sa réponse, je comprends que le sujet est clos et que je ne saurais rien de ce qui le trouble. Aux mots qui traversent ses lèvres et qui sont teintés d'une indifférence presque douloureuse à entendre, je comprends que la distance qui nous sépare désormais est vouée à rester et que pour le reste de cette soirée, nous ne serons rien de plus que deux hommes qui tentent de retrouver une femme, deux membres de la Ligue en mission officieuse, qui dans les rues de Londres vont errer à chercher entre les pavés et le smog typique de la cité une femme qui n'a peut-être pas envie d'être retrouvée. A cette pensée, je pourrais expirer un soupirer, murmurer d'autres mots mais préfère à la place observer un silence tandis que mon regard dérive sur les deux loups, qui sans un bruit, sans une once d'impatience ou de frénésie, se contentent d'inspecter la pièce, posant leur truffe sur les meubles, draps, soieries et autres accessoires qui sont à leur portée. Entre deux respirations, deux instructions du corsaire, j'entends les murmures discret de mes familiers, qui entre deux battements de coeur susurrent un trop plein d'informations que je n'arrive pas à traiter. Au sein de mon esprit, tout se mêle et se retrouve, formant un chaos qu'il est presque douloureux à supporter. Mes pensées deviennent celles des monstres et les leurs se font des faits que j'énonce à haute-voix, comme si c'était la réponse qu'attendait tant James.

"Différents clients. Certains malades, d'autres fumant trop. Il y en a un qui a bu dans son lit récemment, l'oreiller sent encore l'absinthe."

J'inspire et ferme les yeux, les sourcils froncés à cause de cette sensation étrange, qui au rythme de mon sang et de la course frénétique de ma magie, force mon coeur à se contracter plus vite et mes poumons à se vider de l'oxygène dont j'ai pourtant tant besoin pour ne pas suffoquer. Mes doigts se ferment, mes poings se forment et mes phalanges craquent légèrement alors que j'ai l'impression que mes lèvres se teintent d'un bleu glacial, comme si l'hiver lui-même avait déposé sur ma lippe exsangue un baiser pareil à la morsure du givre matinal.

"Il y a du sang, du tabac, des ébats."

J'énonce l'évidence, incapable de juguler le flots des mots qui s'échappent désormais de ma personne, se faisant un chant fiévreux que je psalmodie avec un entrain presque dérangeant à observer tant je me fais réceptacle d'une parole qui n'est pas la mienne au lieu de n'être qu'un intermédiaire, un traducteur qui donnerait vie à des mots qui n'ont de sens que pour lui. Mais à la place, par faiblesse peut-être, pas ignorance surement, je me laisse engloutir par la situation, cédant au besoin des loups de se faire entendre, abandonnant les propres limites de ma personne pour me confondre avec la leur, permettant ainsi à ma magie de lentement circuler sous et sur ma peau, créant de ce fait au niveau du bandage une anomalie physique, un début de métamorphose qui n'a rien de spectaculaire ou de fascinant à observer. D'entre mes veines, il n'y a que des ronces qui se glissent sous les bandes et des arabesques sombres qui sur ma peau se font tatouages.

"Du parfum. Des fleurs séchées. Un mouchoir sale. Un collier de perles. Des bijoux. Des bagues."

Ma voix vacille désormais, vibre pour la danse et les murmures des familiers. Ma peau me semble brûlante et pourtant couverte d'une sueur glacée. Mon coeur recommence à palpiter et un peu plus, je m'oublie dans la pièce, cessant d'exister pour mieux ne vivre qu'au travers d'eux, qui en cet instant, se font autant mes yeux que ma voix.

"Des lettres. Ses robes. La poussière."

Tout s'accélère, et désormais les mots ne plus de sens, se faisant une bouillie incohérente de sons que je murmure et geins presque entre deux respirations sifflantes. Et finalement, d'entre tout ça, d'entre ce mélange désagréable à l'oreille, cette cacophonie incohérente et dissonante, c'est un seul mot qui m'échappe, un seul prénom, qui malheureusement semble trop familier à mon oreille pour que ce soit rassurant.

"Mathias."

Je rouvre les yeux et reprends alors mon souffle, découvrant face à l'un des tiroirs de sa coiffeuse, Ulna et Radius, qui sagement assis, attendent que je retrouve suffisamment mes esprits pour dévoiler ce que referme le meuble. Mais vacillant, désormais chancelant sur mes propres jambes, je ne me retrouve bon qu'à me laisser retomber sur un des fauteuils de sa chambre, couvrant un instant mes yeux d'une main alors que je retrouve difficilement mon souffle.

"Il n'y a rien. Elle a pris tout ce qui lui importait."


"Pas tout." souffle l'un des loups à mon oreille. "Pas tout." insiste-t-il en levant le museau vers le tiroir. Je secoue la tête, inspire et pose alors mes prunelles sur James, lui souriant faiblement.

"Il ne reste ici que ce qu'elle n'aurait pas à regretter. La seule chose qu'elle a réellement abandonné, c'est le carré de soie qui doit être là-dedans."


D'un geste du menton, je désigne la coiffeuse.

"Le reste a disparu avec elle."

Au sein du tiroir, je sais ce que se trouve ce qui fut un jour un carré de soie que je portais sur le coeur. Un morceau de tissu aux couleurs délicates sur un coin duquel était brodé mes initiales et un dragon qui entre ses griffes détient une rose qui un jour fut déposé entre ses doigts pour sécher larmes et sanglots sur ses joues et que j'ai fini par lui laisser tant elle semblait incapable de s'en détacher. Un soupir m'échappe et la tête désormais appuyé contre le dossier du fauteuil, je contemple la pièce, murmurant doucement pour James.

"Je ne comprends pas. Elle aurait laissé un mot et pourtant… Rien. C'est comme si elle souhaitait que l'on ne la retrouve pas ou tout du moins, qu'on pense que son départ n'a rien de précipité."

C'est même tout l'inverse. Tout en cette chambre semble nous crier que Cassandre avait prévu depuis un long moment de quitter sa vie de prostitué pour trouver mieux ailleurs, dans les bras peut-être d'un homme qui lui a promis de la traiter comme une reine pour le reste de son existence.

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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Dim 14 Jan - 5:36

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Il semblerait que cette fille de petite vertu en soit une des plus banales vu l’absence de ces mille et unes cachettes que ces femmes aimaient se créer pour y dissimuler leurs rêves, leurs espoirs et leurs économies pour appuyer les deux premiers. Une idéaliste, ou une employée qui n’avait pas de craintes de se faire voler le peu qu’elle possédait. C’est plausible, mais si peu commun, pas impossible mais presque.

Et il y a un côté énervant dans toute cette mise en scène. Tout semble être là, tous les éléments trop parfaitement ajustés, tout ce qui doit être présent y est, tout ce qui doit manquer n’y est plus, comme le confirme la voix de Mathias qui en ce moment écoute des voix que lui seul peut entendre. Pourtant un mot de cette énumération détonne particulièrement, le nom du sorcier lui-même, qui fait marquer une pause à James et se tourner vers son complice de fouilles. Son regard glisse vers la coiffeuse devant laquelle la louve est assise, revient sur le sorcier qui semble encore plus mal en point que d’habitude. Pendant que Mathias vocalise tout haut ses inquiétudes et déductions sur la situation, le corsaire va ouvrir le tiroir désigné par le museau lupin et en tire, tel que décrit, un mouchoir de soie qui sans contredit appartient à l’aîné des fils Calloway vu ses initiales dessus.

- Elle l’aurait laissé là parce qu’elle aurait fait une croix sur toi, ou tout au contraire parce qu’elle savait que tu la chercherais et c’était le seul indice qu’elle pouvait laisser sans éveiller de soupçons. Que ce soit l’un ou l’autre, il n’y a jamais de fins heureuses pour les filles de ce monde, et je n’en ai encore connu aucune pour contredire ce fait.

Faisant passer le bout de tissu sur la pointe de son crochet argenté afin que les loups puissent sentir la soie et ce qu’elle peut éventuellement dissimuler, c’est tout le tiroir qui est retiré du délicat meuble par James qui a toujours un peu de mal à croire en ce départ trop parfait.

- En quelles circonstances lui avais-tu remis ce mouchoir? Un simple oubli, ou dans un effort de la consoler de quelque chose? Et si oui, pourquoi pleurait-elle?

N’ayant rien trouvé dans ou sous le tiroir, James pousse un petit soupir de frustration et s’approche de Mathias, pour lui remettre le mouchoir, puis poser le dos de sa main sur son front bien pâle.

- Elle t’a parlé de cet admirateur?

Éloignant sa main pour aller prendre à l’intérieur de son manteau son inséparable flasque contenant un rhum au goût légèrement épicé, James tend cette dernière au sorcier après avoir retiré le bouchon de ses dents, geste qui révèle une bien longue habitude.


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Message(#) Sujet: Re: (James) - Chasing the moon Mer 17 Jan - 15:39

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James & Mathias
If I get high enough will I see you again? I fill my lungs every night not long to wait and if I do this thing right I dream of our escape

Je quitte le refuge de ma paume qui couvrait jusque-là mes yeux pour mieux porter mon regard luisant d'une fatigue presque abrutissante sur James, qui en cet instant m'étonne et se permet de se fendre d'une remarque qui ne m'arrache qu'un haussement de sourcils et un sourire qui n'a rien d'agréable à observer, un rictus presque mauvais qui trahit malheureusement l'inconfort grandissant que je ressens au fil des minutes qui s'écoulent. Pour lui, j'aimerais rire et trouver la force de me faire autre chose que méprisant, mais alors que je peine à redevenir maître de mon propre corps et de ma propre chair qui me semble encore appartenir aux loups qui reniflent avec attention le carré de soie, je préfère à la place observer un silence qui m'apparait durer des heures et qui en réalité ne dure que le temps d'un battement de coeur vacillant. Entre les deux contractions de mon myocarde, je n'entends presque plus rien, trop absorbé par l'étrange parfum qui vient envahir mes sens et qui est, en réalité, l'expression même des fragrances que les familiers sont capables de détecter et de pister. Pour cette odeur doucereuse et presque repoussante qui fait monter en moi une envie de rendre un peu de bile, je n'exprime qu'une fugace grimace avant que tout ceci ne disparaisse au son de mon coeur qui pulse et du sang qui coule dans mes veines, chassant ainsi ce lien trop fusionnel que je partageais avec Ulna et Radius, me permettant de ce fait de pleinement revenir au sein de cette chambre et de ce monde auxquels j'appartiens. Fébrilement, je bats des cils et après un soupir discret, une expiration à peine esquissée, je me contente de secouer la tête tandis qu'entre mes doigts chute le carré de soie que je froisse sans peine au creux de ma paume, essayant de le faire disparaitre entre mes phalanges serrées.

"Que crois-tu ? Que j'étais important, spécial ou particulier ?"

Ma voix elle-même semble différente, non pas à cause du ton dont j'use mais plus par le fait de ce moment d'égarement malsain qui fut le mien et qui en cet instant encore fait glisser le long de mes vertèbres une étrange sensation, une impression désagréable qui me donne l'impression que quelqu'un ou quelque chose est en train de souffler sur ma peau livide. D'un pincement de lèvres, je tente d'ignorer tout ça, plongeant à la place mes prunelles dans celles du corsaire.

"J'étais son ami, mais pas le genre auquel elle aurait eu besoin de faire des adieux. J'étais là pour la consoler, pour la faire sourire, pour l'écouter me conter ses rêves aux creux d'un oreiller en plumes... Je n'étais rien de plus. Ni un amant, ni un espoir d'une vie meilleure. Je n'étais que ça... Qu'un confident. Et il est rare que l'on regrette les idiots qui se pendent à vos lèvres."

Je ne me fais pas d'illusion sur ce que j'ai été à ses yeux. Jamais je n'aurais prétendu être plus qu'un ami qu'elle pouvait retrouvé quand celui-ci avait fini d'apprécier les courbes délicates de l'une des nombreuses douceurs de cet établissement, une présence que l'on vient chercher par besoin de ne plus rester seul et non un être dont on apprécie réellement la conversation et la prunelle. D'un soupir, je chasse l'air arrogant de mon visage et m'assombris simplement tandis qu'autour de nous, voguent les loups, qui truffes sur le plancher, cherchent déjà la piste de la belle envolée alors que j'attrape la flasque que me tend James et que je porte à mes lèvres pour quasiment la vider d'une traite, cherchant en réalité dans l'alcool, une ivresse qui me permettra de fuir cette soirée.et ce trop plein de questions que je n'arrive pas à ordonner dans mon esprit. La brûlure du rhum me fait légèrement entrouvrir les lèvres, et alors que mes entrailles se laissent consumer par un feu familier, j'expire et réponds par un automatisme que je ne contrôle pas et qui m'étonne presque.

"Elle pleurait. Quand j'ai quitté la chambre dans laquelle je me trouvais, elle s'est jetée dans mes bras, glissant son nez dans mon col qui puait encore le tabac et le stupre."

Les mots glissent d'entre mes lèvres, se font des aveux que je n'ai proféré avant cet instant, devenant ainsi une confession bien trop intime, un fragment d'un passé qui fut le mien et que j'aurais aimé ne jamais complètement dévoiler. Heureusement, je me retiens d'ajouter que de la nuit, je n'avais pas quitté cette fameuse chemise à laquelle elle était si résolument accrochée.

"Je ne comprenais rien à ce qu'elle disait. Elle sanglotait si fort au point que j'en ai eu le coeur brisé de voir ses épaules se secouer ainsi... Je n'ai pu que l'entraîner ici, la faire s'assoir sur son lit et la prendre dans mes bras pour la bercer tandis qu'elle serrait entre ses doigts le carré de soie."

Je m'autorise une pause, battant lentement des cils en un geste purement mécanique alors que j'ai presque l'impression de l'entendre à nouveau, de percevoir dans l'angle mort de mon regard sa silhouette tremblante, m'arrachant de ce fait un frisson délicat qui fait s'hérisser les fins cheveux sur ma nuque.

"Elle n'a jamais voulu me dire ce qui l'avait tant fait pleurer cette nuit. Plus je posais la question, plus elle me suppliait de me taire et de simplement la tenir dans mes bras, le temps qu'elle se calme. Je suis resté ainsi presque une heure avant de l'aider à s'allonger et de disparaitre, lui laissant ainsi le carré de soie. Et après ça, je n'ai jamais pensé à le lui réclamer, pensant que de toute façon, elle avait dû s'en débarrasser."

Mais preuve que non. Entre mes doigts, il y a ce morceau de tissu, ce carré trop précieux pour elle qui est là, me hurlant ainsi au visage que j'ai peut-être mal compris cette amitié que nous avions et que je n'ai jamais été ce confident de passage, cet ami de certains soirs, mais au contraire ce frère qu'elle n'a jamais eu, cet homme qui n'aurait jamais cherché à lui faire de mal et qui aurait été là pour sécher ses larmes et pour se délecter de ses rires. Tout ça étais-je peut-être sans que je m'en rende compte. Lentement, je me redresse et fait mine de quitter le fauteuil dans lequel je m'étais écroulé, faisant un pas vers les familiers qui déjà retournent vers la porte et couinent légèrement pour me faire entendre qu'il n'y a plus rien à faire ici, à part se mettre en chasse et courir dans les pas de celle dont l'absence semble trop parfaite pour être acceptable.

"De son admirateur de je ne sais rien. Juste qu'il lui donnait le sourire et qu'il lui offrait autant des bouquets merveilleux que des bijoux qu'elle ne portait que pour lui. Il n'était pour moi qu'une silhouette sans nom, un homme que je savais beau selon elle et au regard ambré."

Du bout des doigts, j'ouvre la porte et laisse les deux loups galoper dans le couloir et rapidement descendre les escaliers, n'ayant ainsi pour James qu'un regard.

"Je ne sers à rien mais eux ont une piste. Ils la sentent. Le mieux que nous puissions faire pour l'instant c'est de les suivre et espérer qu'eux pourront la retrouver."


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