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 Deux verres pour une nuit

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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Deux verres pour une nuit Mer 13 Déc - 7:47

« Prépare-moi deux verres, glisse le lycanthrope à l’oreille de son barman. Absinthe glacée. » Il va déroger à son plaisir de la boire distillée sur un cube de sucre, mais c’est pour une bonne cause. Ses prunelles sont fixées sur l’un de ses clients, seul à sa table depuis trop longtemps. Seul, et désirant apparemment le rester, vu la charmante compagnie qu’il a évacué non pas une, mais bien deux fois, de sa table, après quelques phrases et quelques sourires à peine. C’est donc à lui, Charles Vesper, que revient la mission de savoir ce qui tracasse le fidèle client qu’est Mathias Calloway, en cette nuit.

Il mentirait, s’il prétendait que ce n’est pas dans ses habitudes de s’inquiéter du bien-être de ses clients. Charles ne les voit pas uniquement comme des sources d’argent, mais il n’a pas envers eux l’attachement qu’il pourrait éprouver pour un ami. L’habitude a pourtant fait qu’il se mêle de tout, contrôle tout, et qu’à force de se faire au métier et de connaître et reconnaître les habitués… oui, il se soucie tout de même un peu de ceux qui peuplent son bordel nuit après nuit.
Au Golden Lie, ce n’est pas lui, l’étoile de la soirée. Ce sont ses filles, ce sont ses clients, mais ce n’est jamais lui.
ll y est une ombre, dont les yeux d’or brillent derrière les verres, au détour des murs et des tentures, s’attardent sur quelques silhouettes, quelques gestes, avant de s’évaporer. Il y est une présence invisible, mais pourtant palpable. Rassurante pour ses filles, ses Charity, Honor, Chastity ou Prudence ; mise en garde pour les clients qui voudraient se montrer trop entreprenants, trop brusques, ou trop goujats pour payer leurs consommateurs, quelles qu’elles soient. Et pour d’autres, pour ceux qu’il apprécie… quelque chose d’aimable. D’amical, presque. Qui encourage la confidence, la fidélité et les paiements d’autant plus généreux.

En affaires, il paraît qu’il n’existe ni famille, ni amis, et Charles a peut-être un peu trop épousé la chose.

Les deux verres glacés sont déposés sur le comptoir et l’homme les attrape d’une seule main, puis se dirige jusqu’à la table isolée où le jeune homme est installé. Il a reconnu son parfum, à celui-là, avant même qu’il passe la porte dorée de l’établissement. Il en est venu à le trouver agréable, dans sa familiarité. Un signe de tête, en guise de salutation, et les deux culs-secs prennent place sur le bois verni de la table. « Votre soirée se déroule-t-elle selon vos goûts, Mathias ? », s’informe le propriétaire au jeune sorcier, seul sur la luxueuse banquette. Il utilise son prénom avec confiance, pour qu’ils se connaissent depuis déjà longtemps, sans pourtant manquer de la moindre once de respect à l’égard de son client. Mathias Calloway n’est pas n’importe qui et envers lui, Charles est exemplaire. Un sourire mince flottant sous sa moustache soigneusement travaillée et taillée. « J’espère que notre compagnie se fait toujours agréable et que nous saurons répondre à vos besoins et désirs. »

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Dernière édition par Charles Vesper le Mer 14 Fév - 5:57, édité 1 fois
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Jeu 14 Déc - 16:42

Two drinks for the night
Charles & Mathias
Je fais des ronds et je me marre en pensant à ce vieux Ronsard et nous dans cent années, en cendres... Je fais un "hic" et je me marre en pensant à ce con d'Icare et nos ailes brûlées

Il y a de soirs où rien ne semble avoir d'importance, où tout est fade et la moindre compagnie ne vaut pas celle du silence et de la mélancolie. Il y a des soirs comme celui-ci, où les nuits semblent trop longues et dénuées de tout intérêt. Il y a des soir où rien n'a de saveur et même les plaisirs de la ville qui normalement sont de bons échappatoires à la langueur et la monotonie d'une existence qui ne semble n'être rien de plus qu'une succession d'heures et de déceptions qui n'apportent rien de plus qu'une lassitude que je n'arrive plus à chasser, ne peuvent rien pour moi. Voilà la vie que je mène, une où incapable de me tirer d'un cercle vicieux composé de moments de débauche et d'autres de peine, je navigue dans les flots d'un temps qui passe sans moi et d'un monde qui se fait sans se soucier de moi. Je suis un naufragé, un échec de cette vie, et une déception aussi. Je suis tout ce que l'on ne veut pas être, tout ce que l'on n'espère jamais connaître. Je suis l'exemple à ne pas suivre et en cette soirée qui ressemble bien trop à d'autres nuits que j'ai pu subir, je noie mes espoirs et mes envies d'un verre dont l'alcool n'a plus aucun goût pour ma langue trop abimée par le tabac que je fume en abondance. Je reste volontairement seul, n'échangeant que quelques mots avec les charmantes créatures qui m'approchent, avant de les chasser d'un léger sourire et d'une promesse de se retrouver une autre nuit,  quand j'aurais le coeur à me perdre entre leurs bras et draps. Un frisson dévale mon échine, et d'un soupir, j'en envie à me demander ce que je fais encore ici. Car si je sais la raison qui m'a poussé à venir me réfugier en cet établissement qui est devenu au fil du temps comme une seconde maison, j'avoue ne pas comprendre pourquoi je m'entête à rester ici vu le peu de plaisir que j'en tire. Pire, j'ai l'impression de presque me punir, à rester seul malgré la foule qui m'entoure, comme si inconsciemment, je cherchais à m'infliger les tourments que mon père devrait me faire subir pour mon comportement. D'une certaine manière, j'ai l'impression qu'en cette soirée, je joue plus à faire comme si il était là au lieu de simplement m'oublier le temps d'un instant, et ne pas avoir à me soucier de ce lendemain qui arrivera fatalement. Sur la table en bois, j'abandonne mon verre à peine entamé pour mieux fermer les yeux et prendre un instant pour ravaler mes sentiments, ne les rouvrant que lorsqu'à mes côtés, je sens et entends une silhouette familière s'installer.

Un léger sourire, faible et pale, se dessine sur mes lèvres et après un léger rire qui n'est rien de plus qu'une expiration discrète, je rouvre les yeux, croisant ainsi le regard de la seule personne que je pouvais encore m'attendre à tenter sa chance avec moi en cette nuit encore jeune. D'un haussement d'épaule presque nonchalant, je réponds à sa question, n'étant pas sûr d'avoir envie de prononcer des mots qui pourraient lui donner envie de chercher à me réconforter, préférant à la place abandonner ma consommation pour le verre d'absinthe glacée qu'il vient de déposer entre nous. Mes doigts se referment sur le cul-sec et après un fredonnement, je trouve le courage de susurrer quelques mots pour ce charmant ami qui vient me rejoindre dans mon antre de mélancolie nocturne.

"Vous savez que oui. La question me semble inutile et pourtant... Vous la posez, comme si vous craigniez que ce soir ce ne soit pas le cas." Dans ses prunelles je pose un instant les miennes, avant de laisser, sans honte et sans pudeur, mon regard dériver sur cette lippe si joliment mise en valeur par une moustache qui me fait jalouser sa pilosité faciale, surtout quand je la compare à l'être imberbe que je suis, incapable d'avoir une once de virilité. "Ai-je l'air si triste en cette soirée ?" Sûrement. Mais la tête légèrement penchée sur le côté, dévoilant ainsi une partie de ma gorge pourtant dissimulée sous mon col et ma lavallière, je cherche en lui un semblant de conversation qui arriverait à m'empêcher de broyer du noir, mais alors que mes mots flottent encore entre nous, je me contente de simplement avaler d'une traite l'absinthe si gracieusement offerte, laissant ainsi l'alcool brûler ma gorge et réchauffer mon coeur. Et avant qu'il ne puisse réellement répondre à cette question dont je connais déjà la réponse, je reprends, une fois mes lèvres nettoyées de la liqueur qui s'y trouvait. "Je ne comptais pas rester alors que je ne consomme pas ce soir. J'avais simplement envie de vous voir." Je lui glisse un sourire charmeur, décidant qu'il est préférable de lui mentir à voix basse que d'avouer que je voulais simplement fuir la demeure familiale et mettre le plus de distance possible entre moi et ce père aux exigences auxquelles je ne peux répondre. Les yeux dans les yeux, j'admets lui cacher la vérité et choisir de fuir pour me réfugier dans un jeu sans fin, une danse verbale à laquelle nous nous adonnons parfois, où pendant des heures nous valsons au rythme des mots de l'autre, prétendant chercher à gagner les faveurs de l'autre quand en réalité, j'avoue ne pas savoir ce que nous cherchons à obtenir. Je ne saurais dire si c'est l'envie de se savoir désiré ou celui de savoir si l'autre est aussi joueur que nous qui fait l'essence de cet étrange passe-temps qui est le notre. Je ne sais si comme moi il apprécie simplement ce frisson qui court parfois le long de mon échine quand je l'entends ronronner pour moi et prétendre en avoir quelque chose de ma personne, feignant l'envie d'obtenir de ma personne une partie de mon être ou peut-être un baiser que je pourrais déposer au coin de ses lèvres. Je ne sais, et au lieu de m'angoisser, cette incertitude réchauffe mon être, me faisant dire qu'au moins, je ne pourrais être déçu de cette relation.


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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Lun 25 Déc - 8:27

Le sorcier lui sert un sourire presque énigmatique, un haussement d’épaule nonchalant, sans pourtant piper mot. Le verre n’est pas repoussé, ni bu aussitôt. Accepté, tout simplement, à la satisfaction du proxénète. « Vous savez que oui. La question me semble inutile et pourtant... Vous la posez, comme si vous craigniez que ce soir ce ne soit pas le cas. Je préfère ne pas vous prendre pour acquis. » Politesse extrême. Celle de l’homme d’affaires avisé, qui traite chacun de ses clients comme des rois, afin que ceux-ci fassent du Golden Lie un arrêt obligatoire, un moment unique et nécessaire dans leur vie, une expérience toujours renouvelée qui devient un besoin. Un oasis hors du monde, dans le tamisé de ses lampes et l’odeur de l’opium, du tabac, qui embaume la pièce comme un rêve éveillé.

Le regard sans gêne, scrutateur, du jeune homme le conforte. Charles est un homme charismatique, et bien tristement, il en a une conscience suffisante pour se plaire dans l’idée de plaire. Aux hommes et aux femmes. « Ai-je l'air si triste en cette soirée ? » Triste ? Charles penche la tête, imite involontairement le geste de son vis-à-vis, révélant ainsi qu’il l’observe depuis longtemps. Triste n’est sans doute pas le mot qu’il mettrait à cette moue parfois presque enfantine, ni à ce sourire un peu distant. Mélancolique, bien plus. Quelque chose dans ces yeux absents, dans cet air parfois souffrant, de ces mêmes poètes évaporés qui viennent parfois mourir d’amour et de chagrin sur ses banquettes de cuir et de velours. Une question qui n’en est pas une, qui n’a attend pas de réponse. L’absinthe est bue, d’une traite, et le lycanthrope imite son client, d’un geste leste du bras et de la main. Il claque le verre sur le bois verni, claque la langue dans une mauvaise habitude. Feu et glace mêlés dans son gosier. « Je ne comptais pas rester alors que je ne consomme pas ce soir. J'avais simplement envie de vous voir. » Ses yeux d’or semblent lui davantage dans les lueurs du bordel, son expression se faire un peu plus carnassière. Souplement, il prend place sur la banquette, en face de son nouveau compagnon de la soirée. Il sait qu’au moindre problème, on viendra murmure à son oreille. Confiance totale en son équipe, en ceux qui l’apprécient autant qu’ils peuvent le craindre. Savant mélange. « Vous avez ce que vous désiriez. » Mensonge ou vérité, quelle importance ? Mathias est là, n’est-ce pas ? C’est ce qui compte. Un signe des doigts au bar, afin qu’on leur apporte un verre. Il sait quels alcools préfère son client, et son barman en a la liste très exhaustive, afin de satisfaire chaque habitué. Une attention comme une autre. Un point de plus en faveur de l’expérience inoubliable de son établissement. « Je n’ai pas l’habitude de boire avec mes clients, mais votre compagnie est toujours appréciée, et appréciable, Mathias, Vous êtes mon exception préférée. Un demi-sourire, amusé. À moins que vous comptiez m’abandonner une fois les beaux jours revenus ? Les jupons des demoiselles ont certainement plus d’intérêt que mon museau velu. » L’homme ne connaît pas sa nature et ne peut pas comprendre le double sens de cette phrase, de ce jeu de mot qui le fait rire, lui et uniquement lui. Si tous savaient… prendraient-ils autant de plaisir, à se complaire dans les oeuvres d’un monstre de la nuit ?

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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Ven 29 Déc - 21:28

Two drinks for the night
Charles & Mathias
Je fais des ronds et je me marre en pensant à ce vieux Ronsard et nous dans cent années, en cendres... Je fais un "hic" et je me marre en pensant à ce con d'Icare et nos ailes brûlées

Je sais qu'en cette soirée, qu'en cet instant, je m'abime dans les méandres d'une valse dangereuse et doucereuse qui ne m'apportera rien de plus qu'une amertume qui m'accompagnera jusqu'au petit matin et un dégoût de moi-même qui jamais réellement ne s'estompera et se fera comme une vieille amie que j'accueille avec plus ou moins de plaisir. Cette haine de moi-même ne serait qu'une seconde peau que je n'ai plus besoin d'enfiler et qui se fera comme l'odeur du tabac que je fume, un arôme de plus qui parfume mon corps et se fait comme une signature, un trait de caractère presque dont je m'embarrasse, provoquant ainsi l'incompréhension de ceux qui ont le malheur de perdre leur temps avec moi, comme le fait en cet instant Charles, qui au lieu de gérer et de cajoler d'autres clients qui pourraient sans peine dilapider un peu plus de cette fortune qui est la leur, voilà qu'il est là, à ronronner pour la pauvre chose que je suis, le tout en prétendant que j'ai ce quelque chose que les autres n'ont pas. Cette particularité qui me donne un semblant d'intérêt qui me fait sortir de la masse aux yeux de ce cher Charles, qui syllabe après syllabe provoque chez moi un sourire, puis un léger rire que je ne cherche pas à étouffer et qu'au contraire, je laisse monter jusqu'à mes épaules qu'il secoue faiblement.

"Cessez de me donner de l'importance… Je suis sûr que vous vous plaisez à dire ça à tout les jeunes hommes qui ont le regard un peu terne le soir… Si vous voulez me faire croire que je suis spécial, Charles, il va falloir faire mieux que ça."

En réalité, si il veut me convaincre, il va devoir s'armer d'une patience que personne n'est capable de posséder, afin de pouvoir chasser de mon esprit cette idée tenace qui y réside, celle qui me fait sans cesse prendre pour acquis la certitude que j'ai de n'être qu'un poids pour tout ceux qui posent sur moi leurs prunelles. De ça il doit me débarrasser si il veut espérer que je crois les douces paroles qui glissent d'entre ses lippes délicieuses. Alors pour l'instant, je me contente de me faire distant et insaisissable, restant faussement sur mes gardes quant en réalité mon silence se fait la preuve que la douceur de mes sourires n'a rien de factice et que contrairement à ce que j'essaye de faire croire à tout le monde, je ne suis qu'un gamin qui a désespérément besoin de l'attention d'hommes qui ne seront jamais son père. D'un battement de cils, je tente de chasser cette idée de mon crâne et de ne pas me laisser dévorer par cette pensée que je sais être la vérité, celle qui murmure doucement qu'aucun d'entre eux ne sera jamais capable de me donner ce que mon géniteur semble me refuser depuis ma venue au monde. D'une main qui trouve sans peine la poche intérieure de mon veston, je tire mon étui à cigarette pour en glisser une entre mes lèvres et ainsi renier les tares qui sont les miennes. Aucun ne pourra en effet me donner l'amour que je crois mériter, et si cette idée devrait me plonger dans une spirale de tourments et d'envie de blesser un peu plus l'épave d'être humain que je suis déjà, je préfère en cette soirée ne pas m'en soucier et simplement profiter de ce doucereux mensonge qu'est Charles. Pour lui, je bats des cils et souris, allumant ma cigarette d'un geste gracieux à l'aide d'une allumette rapidement consumée. Je laisse le tabac chanter un instant, se faire une mélodie qui se fond sans trop de problèmes dans la cacophonie feutrée qui enveloppe déjà avec élégance le Golden Lie, avant de me racler la gorge et de reprendre.

"Les beaux jours ne sont pas liés aux jupons de demoiselles qui pourraient vouloir s'installer sur mes genoux. Mais pour être franc… Si les jours de pluie me permettent de passer du temps avec vous, je ne suis pas sûr de vouloir voir le soleil revenir."

Je ne sais pas ce que je fais. Je m'enfonce dans une mélancolie qui frôle le pathétique et qui me fait devenir ce Mathias que beaucoup détestent, celui qui joue avec les convenances et qui ose tenter de charmer tout ce qui peut respirer et vaguement ressembler à un homme. Je redeviens ce jeune homme agaçant qui ne termine jamais ses nuits avec autre chose que l'envie d'arracher sa propre peau pour mieux mettre à nu cette chair pourrissante qu'il détruit chaque jours des vices qui font ses habitudes. Je suis cet être en cet instant, cette carcasse qui prétend être humain, cette charogne qui revêt de beaux costumes pour cacher la maigreur de son corps et la laideur de son caractère. Je ne suis que ça en cette nuit, une âme qui cherche à se perdre un peu plus plutôt qu'à se retrouver, un jeune homme qui croise les jambes et expire de délicieuses volutes de fumée quand il ne referme pas ses doigts graciles et frêles autour d'un verre de whisky.

"Sans compter que vous me manqueriez. Les femmes ont des avantages mais aucune n'apprécie réellement boire en ma compagnie. De plus…" Je me permets de siroter une gorgée de whisky avant de reprendre. "Je ne suis plus bon à grand chose ce soir." J'ai un sourire fade qui ne fait que mettre un peu plus en valeur la pâleur de mes lèvres. Tout n'est qu'une erreur. Mes mots, mes actions, mes regards, la moindre de mes respirations, tout n'est qu'un faux pas que je fais en sa présence, un problème que je lui dévoile et que je devrais garder pour moi au lieu de lui avouer des choses qui se lisent déjà sur le moindre des creux de mon visage. Tout ne devrait se faire que silence et secrets que je ne révèle à personne mais voilà, dans un autre accès de faiblesse, je ne fais que dévoiler un peu plus les cassures de ma personne. Alors, pour tenter de les effacer, ou tout du moins de faire comprendre qu'il n'est pas nécessaire de tenter de m'arracher d'autres morceaux d'une vérité que je ne suis pas complètement cracher.

"Enfin… Si. Je sais me faire une excellent exception si l'on me donne tout le whisky du monde et un semblant d'attention… A tel point que je commence à me demander si je ne devrais pas songer à travailler pour vous…" Du bout de l'index je fais chuter quelques cendres dans le cendrier à mes côtés. "Je pourrais faire un merveilleux objet de plaisir nocturne, vous ne pensez pas ?" J'ajoute à cette idée qui n'est que pure provocation un sourire faussement lumineux qui pourtant dévoile sans trop de peine l'émail de mes dents.




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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Mer 14 Fév - 6:13

« Cessez de me donner de l'importance… Je suis sûr que vous vous plaisez à dire ça à tout les jeunes hommes qui ont le regard un peu terne le soir… Si vous voulez me faire croire que je suis spécial, Charles, il va falloir faire mieux que ça. Ne soyez pas si sceptique », le gourmande gentiment le lycanthrope. Mathias a parfaitement raison, mais jamais Charles n’avouera une telle chose. Il vend du rêve, des bons moments, un instant hors du monde et de ses tracas. Un mensonge doré, littéralement.

L’odeur piquante de la cigarette éveille en lui une semblable envie de fumer, et de la poche de sa chemise, il sort sa pipe, ainsi que sa blague à tabac. Puis, de gestes lents et minutieux, il entreprend de bourrer sa pipe ouvragée juste comme il faut, d’un mélange savant d’un tabac fort mâtiné de quelques brins d’une herbe un peu plus amusante. Rien qui engourdisse trop son esprit ou ses sens, tout qui amplifie sa bonne humeur naturelle. On vient leur porter les verres demandés en silence, les quelques glaçons tintant contre le verre fin. Whisky. « Les beaux jours ne sont pas liés aux jupons de demoiselles qui pourraient vouloir s'installer sur mes genoux. Mais pour être franc… Si les jours de pluie me permettent de passer du temps avec vous, je ne suis pas sûr de vouloir voir le soleil revenir. Il y a aura toujours le couvert de la nuit, pour se sauver du soleil », semble le rassurer Charles. Il ne compte pas partir de sitôt et il sait bien qu’une fois la chaleur des premiers jours appréciée, les habitués reviendront à leurs premières amours. Ils reviennent toujours, plus fidèles au Golden Lie qu’à leurs maîtresses. « Sans compter que vous me manqueriez. Les femmes ont des avantages mais aucune n'apprécie réellement boire en ma compagnie. De plus… Je ne suis plus bon à grand chose ce soir. » Les sourcils sombres du lycanthrope se froncent, dans son visage, alors que ses yeux d’or partent à la recherche plus attentive de signes supplémentaires d’un mal être. Le jeune homme a toujours cette pâle mine de celui qui ne dort pas assez, qui consacre ses nuits à autre chose qu’au sommeil, comme le ferait le commun des mortels, mais cet aveu en est un, à demi-mot, de quelque chose de plus sérieux. Plus profond. L’alcool encourage les confidences, attise les vérités qui ne peuvent être cachées plus longtemps, et en cet instant, son client offre une vulnérabilité nouvelle. Différente. Il serait aisé d’en profiter, d’une façon ou d’une autre. « Enfin… Si. Je sais me faire une excellent exception si l'on me donne tout le whisky du monde et un semblant d'attention… A tel point que je commence à me demander si je ne devrais pas songer à travailler pour vous… Je pourrais faire un merveilleux objet de plaisir nocturne, vous ne pensez pas ? » Un rire complice, amusé. Un brin séducteur, aussi, alors que Charles calle la pipe entre ses lèvres et l’allume d’une cigarette craquée subrepticement. « Je suppose que tout dépend du plaisir dont vous vous réclamez, Mathias. » Un peu osé. Non-dits nombreux.

La barrière n’a jamais été sautée, entre eux, les deux hommes se contentent toujours de jouer, mais il ne saurait se mentir. Si un jour vraiment, l’opportunité devait leur venir… peut-être bien que oui, il accepterait en effet de se jouer de Mathias Calloway.

« Je crains que votre père n’apprécie pas trop de me voir vous engager dans mon établissement… pour ce qu’il en sait, il doit déjà trouver que je vous corromps bien trop. » Pas assez encore à son goût. La fumée de sa pipe se mêle à celle de la cigarette de Mathias, au-dessus de leurs têtes. Une gorgée de whisky, pour hydrater sa gorge asséchée par le tabac doucement fumée. « Et à mon âge, j’ai passé le goût des remontrances, surtout venant d’un homme qui affiche le même nombre d’années au compteur, et encore plus alors que tout est fait dans le plus grand des consentements. »

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