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 Deux verres pour une nuit

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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Deux verres pour une nuit Mer 13 Déc - 7:47

« Prépare-moi deux verres, glisse le lycanthrope à l’oreille de son barman. Absinthe glacée. » Il va déroger à son plaisir de la boire distillée sur un cube de sucre, mais c’est pour une bonne cause. Ses prunelles sont fixées sur l’un de ses clients, seul à sa table depuis trop longtemps. Seul, et désirant apparemment le rester, vu la charmante compagnie qu’il a évacué non pas une, mais bien deux fois, de sa table, après quelques phrases et quelques sourires à peine. C’est donc à lui, Charles Vesper, que revient la mission de savoir ce qui tracasse le fidèle client qu’est Mathias Calloway, en cette nuit.

Il mentirait, s’il prétendait que ce n’est pas dans ses habitudes de s’inquiéter du bien-être de ses clients. Charles ne les voit pas uniquement comme des sources d’argent, mais il n’a pas envers eux l’attachement qu’il pourrait éprouver pour un ami. L’habitude a pourtant fait qu’il se mêle de tout, contrôle tout, et qu’à force de se faire au métier et de connaître et reconnaître les habitués… oui, il se soucie tout de même un peu de ceux qui peuplent son bordel nuit après nuit.
Au Golden Lie, ce n’est pas lui, l’étoile de la soirée. Ce sont ses filles, ce sont ses clients, mais ce n’est jamais lui.
ll y est une ombre, dont les yeux d’or brillent derrière les verres, au détour des murs et des tentures, s’attardent sur quelques silhouettes, quelques gestes, avant de s’évaporer. Il y est une présence invisible, mais pourtant palpable. Rassurante pour ses filles, ses Charity, Honor, Chastity ou Prudence ; mise en garde pour les clients qui voudraient se montrer trop entreprenants, trop brusques, ou trop goujats pour payer leurs consommateurs, quelles qu’elles soient. Et pour d’autres, pour ceux qu’il apprécie… quelque chose d’aimable. D’amical, presque. Qui encourage la confidence, la fidélité et les paiements d’autant plus généreux.

En affaires, il paraît qu’il n’existe ni famille, ni amis, et Charles a peut-être un peu trop épousé la chose.

Les deux verres glacés sont déposés sur le comptoir et l’homme les attrape d’une seule main, puis se dirige jusqu’à la table isolée où le jeune homme est installé. Il a reconnu son parfum, à celui-là, avant même qu’il passe la porte dorée de l’établissement. Il en est venu à le trouver agréable, dans sa familiarité. Un signe de tête, en guise de salutation, et les deux culs-secs prennent place sur le bois verni de la table. « Votre soirée se déroule-t-elle selon vos goûts, Mathias ? », s’informe le propriétaire au jeune sorcier, seul sur la luxueuse banquette. Il utilise son prénom avec confiance, pour qu’ils se connaissent depuis déjà longtemps, sans pourtant manquer de la moindre once de respect à l’égard de son client. Mathias Calloway n’est pas n’importe qui et envers lui, Charles est exemplaire. Un sourire mince flottant sous sa moustache soigneusement travaillée et taillée. « J’espère que notre compagnie se fait toujours agréable et que nous saurons répondre à vos besoins et désirs. »

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Jeu 14 Déc - 16:42

Two drinks for the night
Charles & Mathias
Je fais des ronds et je me marre en pensant à ce vieux Ronsard et nous dans cent années, en cendres... Je fais un "hic" et je me marre en pensant à ce con d'Icare et nos ailes brûlées

Il y a de soirs où rien ne semble avoir d'importance, où tout est fade et la moindre compagnie ne vaut pas celle du silence et de la mélancolie. Il y a des soirs comme celui-ci, où les nuits semblent trop longues et dénuées de tout intérêt. Il y a des soir où rien n'a de saveur et même les plaisirs de la ville qui normalement sont de bons échappatoires à la langueur et la monotonie d'une existence qui ne semble n'être rien de plus qu'une succession d'heures et de déceptions qui n'apportent rien de plus qu'une lassitude que je n'arrive plus à chasser, ne peuvent rien pour moi. Voilà la vie que je mène, une où incapable de me tirer d'un cercle vicieux composé de moments de débauche et d'autres de peine, je navigue dans les flots d'un temps qui passe sans moi et d'un monde qui se fait sans se soucier de moi. Je suis un naufragé, un échec de cette vie, et une déception aussi. Je suis tout ce que l'on ne veut pas être, tout ce que l'on n'espère jamais connaître. Je suis l'exemple à ne pas suivre et en cette soirée qui ressemble bien trop à d'autres nuits que j'ai pu subir, je noie mes espoirs et mes envies d'un verre dont l'alcool n'a plus aucun goût pour ma langue trop abimée par le tabac que je fume en abondance. Je reste volontairement seul, n'échangeant que quelques mots avec les charmantes créatures qui m'approchent, avant de les chasser d'un léger sourire et d'une promesse de se retrouver une autre nuit,  quand j'aurais le coeur à me perdre entre leurs bras et draps. Un frisson dévale mon échine, et d'un soupir, j'en envie à me demander ce que je fais encore ici. Car si je sais la raison qui m'a poussé à venir me réfugier en cet établissement qui est devenu au fil du temps comme une seconde maison, j'avoue ne pas comprendre pourquoi je m'entête à rester ici vu le peu de plaisir que j'en tire. Pire, j'ai l'impression de presque me punir, à rester seul malgré la foule qui m'entoure, comme si inconsciemment, je cherchais à m'infliger les tourments que mon père devrait me faire subir pour mon comportement. D'une certaine manière, j'ai l'impression qu'en cette soirée, je joue plus à faire comme si il était là au lieu de simplement m'oublier le temps d'un instant, et ne pas avoir à me soucier de ce lendemain qui arrivera fatalement. Sur la table en bois, j'abandonne mon verre à peine entamé pour mieux fermer les yeux et prendre un instant pour ravaler mes sentiments, ne les rouvrant que lorsqu'à mes côtés, je sens et entends une silhouette familière s'installer.

Un léger sourire, faible et pale, se dessine sur mes lèvres et après un léger rire qui n'est rien de plus qu'une expiration discrète, je rouvre les yeux, croisant ainsi le regard de la seule personne que je pouvais encore m'attendre à tenter sa chance avec moi en cette nuit encore jeune. D'un haussement d'épaule presque nonchalant, je réponds à sa question, n'étant pas sûr d'avoir envie de prononcer des mots qui pourraient lui donner envie de chercher à me réconforter, préférant à la place abandonner ma consommation pour le verre d'absinthe glacée qu'il vient de déposer entre nous. Mes doigts se referment sur le cul-sec et après un fredonnement, je trouve le courage de susurrer quelques mots pour ce charmant ami qui vient me rejoindre dans mon antre de mélancolie nocturne.

"Vous savez que oui. La question me semble inutile et pourtant... Vous la posez, comme si vous craigniez que ce soir ce ne soit pas le cas." Dans ses prunelles je pose un instant les miennes, avant de laisser, sans honte et sans pudeur, mon regard dériver sur cette lippe si joliment mise en valeur par une moustache qui me fait jalouser sa pilosité faciale, surtout quand je la compare à l'être imberbe que je suis, incapable d'avoir une once de virilité. "Ai-je l'air si triste en cette soirée ?" Sûrement. Mais la tête légèrement penchée sur le côté, dévoilant ainsi une partie de ma gorge pourtant dissimulée sous mon col et ma lavallière, je cherche en lui un semblant de conversation qui arriverait à m'empêcher de broyer du noir, mais alors que mes mots flottent encore entre nous, je me contente de simplement avaler d'une traite l'absinthe si gracieusement offerte, laissant ainsi l'alcool brûler ma gorge et réchauffer mon coeur. Et avant qu'il ne puisse réellement répondre à cette question dont je connais déjà la réponse, je reprends, une fois mes lèvres nettoyées de la liqueur qui s'y trouvait. "Je ne comptais pas rester alors que je ne consomme pas ce soir. J'avais simplement envie de vous voir." Je lui glisse un sourire charmeur, décidant qu'il est préférable de lui mentir à voix basse que d'avouer que je voulais simplement fuir la demeure familiale et mettre le plus de distance possible entre moi et ce père aux exigences auxquelles je ne peux répondre. Les yeux dans les yeux, j'admets lui cacher la vérité et choisir de fuir pour me réfugier dans un jeu sans fin, une danse verbale à laquelle nous nous adonnons parfois, où pendant des heures nous valsons au rythme des mots de l'autre, prétendant chercher à gagner les faveurs de l'autre quand en réalité, j'avoue ne pas savoir ce que nous cherchons à obtenir. Je ne saurais dire si c'est l'envie de se savoir désiré ou celui de savoir si l'autre est aussi joueur que nous qui fait l'essence de cet étrange passe-temps qui est le notre. Je ne sais si comme moi il apprécie simplement ce frisson qui court parfois le long de mon échine quand je l'entends ronronner pour moi et prétendre en avoir quelque chose de ma personne, feignant l'envie d'obtenir de ma personne une partie de mon être ou peut-être un baiser que je pourrais déposer au coin de ses lèvres. Je ne sais, et au lieu de m'angoisser, cette incertitude réchauffe mon être, me faisant dire qu'au moins, je ne pourrais être déçu de cette relation.


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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Lun 25 Déc - 8:27

Le sorcier lui sert un sourire presque énigmatique, un haussement d’épaule nonchalant, sans pourtant piper mot. Le verre n’est pas repoussé, ni bu aussitôt. Accepté, tout simplement, à la satisfaction du proxénète. « Vous savez que oui. La question me semble inutile et pourtant... Vous la posez, comme si vous craigniez que ce soir ce ne soit pas le cas. Je préfère ne pas vous prendre pour acquis. » Politesse extrême. Celle de l’homme d’affaires avisé, qui traite chacun de ses clients comme des rois, afin que ceux-ci fassent du Golden Lie un arrêt obligatoire, un moment unique et nécessaire dans leur vie, une expérience toujours renouvelée qui devient un besoin. Un oasis hors du monde, dans le tamisé de ses lampes et l’odeur de l’opium, du tabac, qui embaume la pièce comme un rêve éveillé.

Le regard sans gêne, scrutateur, du jeune homme le conforte. Charles est un homme charismatique, et bien tristement, il en a une conscience suffisante pour se plaire dans l’idée de plaire. Aux hommes et aux femmes. « Ai-je l'air si triste en cette soirée ? » Triste ? Charles penche la tête, imite involontairement le geste de son vis-à-vis, révélant ainsi qu’il l’observe depuis longtemps. Triste n’est sans doute pas le mot qu’il mettrait à cette moue parfois presque enfantine, ni à ce sourire un peu distant. Mélancolique, bien plus. Quelque chose dans ces yeux absents, dans cet air parfois souffrant, de ces mêmes poètes évaporés qui viennent parfois mourir d’amour et de chagrin sur ses banquettes de cuir et de velours. Une question qui n’en est pas une, qui n’a attend pas de réponse. L’absinthe est bue, d’une traite, et le lycanthrope imite son client, d’un geste leste du bras et de la main. Il claque le verre sur le bois verni, claque la langue dans une mauvaise habitude. Feu et glace mêlés dans son gosier. « Je ne comptais pas rester alors que je ne consomme pas ce soir. J'avais simplement envie de vous voir. » Ses yeux d’or semblent lui davantage dans les lueurs du bordel, son expression se faire un peu plus carnassière. Souplement, il prend place sur la banquette, en face de son nouveau compagnon de la soirée. Il sait qu’au moindre problème, on viendra murmure à son oreille. Confiance totale en son équipe, en ceux qui l’apprécient autant qu’ils peuvent le craindre. Savant mélange. « Vous avez ce que vous désiriez. » Mensonge ou vérité, quelle importance ? Mathias est là, n’est-ce pas ? C’est ce qui compte. Un signe des doigts au bar, afin qu’on leur apporte un verre. Il sait quels alcools préfère son client, et son barman en a la liste très exhaustive, afin de satisfaire chaque habitué. Une attention comme une autre. Un point de plus en faveur de l’expérience inoubliable de son établissement. « Je n’ai pas l’habitude de boire avec mes clients, mais votre compagnie est toujours appréciée, et appréciable, Mathias, Vous êtes mon exception préférée. Un demi-sourire, amusé. À moins que vous comptiez m’abandonner une fois les beaux jours revenus ? Les jupons des demoiselles ont certainement plus d’intérêt que mon museau velu. » L’homme ne connaît pas sa nature et ne peut pas comprendre le double sens de cette phrase, de ce jeu de mot qui le fait rire, lui et uniquement lui. Si tous savaient… prendraient-ils autant de plaisir, à se complaire dans les oeuvres d’un monstre de la nuit ?

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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Ven 29 Déc - 21:28

Two drinks for the night
Charles & Mathias
Je fais des ronds et je me marre en pensant à ce vieux Ronsard et nous dans cent années, en cendres... Je fais un "hic" et je me marre en pensant à ce con d'Icare et nos ailes brûlées

Je sais qu'en cette soirée, qu'en cet instant, je m'abime dans les méandres d'une valse dangereuse et doucereuse qui ne m'apportera rien de plus qu'une amertume qui m'accompagnera jusqu'au petit matin et un dégoût de moi-même qui jamais réellement ne s'estompera et se fera comme une vieille amie que j'accueille avec plus ou moins de plaisir. Cette haine de moi-même ne serait qu'une seconde peau que je n'ai plus besoin d'enfiler et qui se fera comme l'odeur du tabac que je fume, un arôme de plus qui parfume mon corps et se fait comme une signature, un trait de caractère presque dont je m'embarrasse, provoquant ainsi l'incompréhension de ceux qui ont le malheur de perdre leur temps avec moi, comme le fait en cet instant Charles, qui au lieu de gérer et de cajoler d'autres clients qui pourraient sans peine dilapider un peu plus de cette fortune qui est la leur, voilà qu'il est là, à ronronner pour la pauvre chose que je suis, le tout en prétendant que j'ai ce quelque chose que les autres n'ont pas. Cette particularité qui me donne un semblant d'intérêt qui me fait sortir de la masse aux yeux de ce cher Charles, qui syllabe après syllabe provoque chez moi un sourire, puis un léger rire que je ne cherche pas à étouffer et qu'au contraire, je laisse monter jusqu'à mes épaules qu'il secoue faiblement.

"Cessez de me donner de l'importance… Je suis sûr que vous vous plaisez à dire ça à tout les jeunes hommes qui ont le regard un peu terne le soir… Si vous voulez me faire croire que je suis spécial, Charles, il va falloir faire mieux que ça."

En réalité, si il veut me convaincre, il va devoir s'armer d'une patience que personne n'est capable de posséder, afin de pouvoir chasser de mon esprit cette idée tenace qui y réside, celle qui me fait sans cesse prendre pour acquis la certitude que j'ai de n'être qu'un poids pour tout ceux qui posent sur moi leurs prunelles. De ça il doit me débarrasser si il veut espérer que je crois les douces paroles qui glissent d'entre ses lippes délicieuses. Alors pour l'instant, je me contente de me faire distant et insaisissable, restant faussement sur mes gardes quant en réalité mon silence se fait la preuve que la douceur de mes sourires n'a rien de factice et que contrairement à ce que j'essaye de faire croire à tout le monde, je ne suis qu'un gamin qui a désespérément besoin de l'attention d'hommes qui ne seront jamais son père. D'un battement de cils, je tente de chasser cette idée de mon crâne et de ne pas me laisser dévorer par cette pensée que je sais être la vérité, celle qui murmure doucement qu'aucun d'entre eux ne sera jamais capable de me donner ce que mon géniteur semble me refuser depuis ma venue au monde. D'une main qui trouve sans peine la poche intérieure de mon veston, je tire mon étui à cigarette pour en glisser une entre mes lèvres et ainsi renier les tares qui sont les miennes. Aucun ne pourra en effet me donner l'amour que je crois mériter, et si cette idée devrait me plonger dans une spirale de tourments et d'envie de blesser un peu plus l'épave d'être humain que je suis déjà, je préfère en cette soirée ne pas m'en soucier et simplement profiter de ce doucereux mensonge qu'est Charles. Pour lui, je bats des cils et souris, allumant ma cigarette d'un geste gracieux à l'aide d'une allumette rapidement consumée. Je laisse le tabac chanter un instant, se faire une mélodie qui se fond sans trop de problèmes dans la cacophonie feutrée qui enveloppe déjà avec élégance le Golden Lie, avant de me racler la gorge et de reprendre.

"Les beaux jours ne sont pas liés aux jupons de demoiselles qui pourraient vouloir s'installer sur mes genoux. Mais pour être franc… Si les jours de pluie me permettent de passer du temps avec vous, je ne suis pas sûr de vouloir voir le soleil revenir."

Je ne sais pas ce que je fais. Je m'enfonce dans une mélancolie qui frôle le pathétique et qui me fait devenir ce Mathias que beaucoup détestent, celui qui joue avec les convenances et qui ose tenter de charmer tout ce qui peut respirer et vaguement ressembler à un homme. Je redeviens ce jeune homme agaçant qui ne termine jamais ses nuits avec autre chose que l'envie d'arracher sa propre peau pour mieux mettre à nu cette chair pourrissante qu'il détruit chaque jours des vices qui font ses habitudes. Je suis cet être en cet instant, cette carcasse qui prétend être humain, cette charogne qui revêt de beaux costumes pour cacher la maigreur de son corps et la laideur de son caractère. Je ne suis que ça en cette nuit, une âme qui cherche à se perdre un peu plus plutôt qu'à se retrouver, un jeune homme qui croise les jambes et expire de délicieuses volutes de fumée quand il ne referme pas ses doigts graciles et frêles autour d'un verre de whisky.

"Sans compter que vous me manqueriez. Les femmes ont des avantages mais aucune n'apprécie réellement boire en ma compagnie. De plus…" Je me permets de siroter une gorgée de whisky avant de reprendre. "Je ne suis plus bon à grand chose ce soir." J'ai un sourire fade qui ne fait que mettre un peu plus en valeur la pâleur de mes lèvres. Tout n'est qu'une erreur. Mes mots, mes actions, mes regards, la moindre de mes respirations, tout n'est qu'un faux pas que je fais en sa présence, un problème que je lui dévoile et que je devrais garder pour moi au lieu de lui avouer des choses qui se lisent déjà sur le moindre des creux de mon visage. Tout ne devrait se faire que silence et secrets que je ne révèle à personne mais voilà, dans un autre accès de faiblesse, je ne fais que dévoiler un peu plus les cassures de ma personne. Alors, pour tenter de les effacer, ou tout du moins de faire comprendre qu'il n'est pas nécessaire de tenter de m'arracher d'autres morceaux d'une vérité que je ne suis pas complètement sur de vouloir cracher.

"Enfin… Si. Je sais me faire une excellent exception si l'on me donne tout le whisky du monde et un semblant d'attention… A tel point que je commence à me demander si je ne devrais pas songer à travailler pour vous…" Du bout de l'index je fais chuter quelques cendres dans le cendrier à mes côtés. "Je pourrais faire un merveilleux objet de plaisir nocturne, vous ne pensez pas ?" J'ajoute à cette idée qui n'est que pure provocation un sourire faussement lumineux qui pourtant dévoile sans trop de peine l'émail de mes dents.




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Dernière édition par Mathias Calloway le Dim 4 Mar - 13:59, édité 1 fois
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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Mer 14 Fév - 6:13

« Cessez de me donner de l'importance… Je suis sûr que vous vous plaisez à dire ça à tout les jeunes hommes qui ont le regard un peu terne le soir… Si vous voulez me faire croire que je suis spécial, Charles, il va falloir faire mieux que ça. Ne soyez pas si sceptique », le gourmande gentiment le lycanthrope. Mathias a parfaitement raison, mais jamais Charles n’avouera une telle chose. Il vend du rêve, des bons moments, un instant hors du monde et de ses tracas. Un mensonge doré, littéralement.

L’odeur piquante de la cigarette éveille en lui une semblable envie de fumer, et de la poche de sa chemise, il sort sa pipe, ainsi que sa blague à tabac. Puis, de gestes lents et minutieux, il entreprend de bourrer sa pipe ouvragée juste comme il faut, d’un mélange savant d’un tabac fort mâtiné de quelques brins d’une herbe un peu plus amusante. Rien qui engourdisse trop son esprit ou ses sens, tout qui amplifie sa bonne humeur naturelle. On vient leur porter les verres demandés en silence, les quelques glaçons tintant contre le verre fin. Whisky. « Les beaux jours ne sont pas liés aux jupons de demoiselles qui pourraient vouloir s'installer sur mes genoux. Mais pour être franc… Si les jours de pluie me permettent de passer du temps avec vous, je ne suis pas sûr de vouloir voir le soleil revenir. Il y a aura toujours le couvert de la nuit, pour se sauver du soleil », semble le rassurer Charles. Il ne compte pas partir de sitôt et il sait bien qu’une fois la chaleur des premiers jours appréciée, les habitués reviendront à leurs premières amours. Ils reviennent toujours, plus fidèles au Golden Lie qu’à leurs maîtresses. « Sans compter que vous me manqueriez. Les femmes ont des avantages mais aucune n'apprécie réellement boire en ma compagnie. De plus… Je ne suis plus bon à grand chose ce soir. » Les sourcils sombres du lycanthrope se froncent, dans son visage, alors que ses yeux d’or partent à la recherche plus attentive de signes supplémentaires d’un mal être. Le jeune homme a toujours cette pâle mine de celui qui ne dort pas assez, qui consacre ses nuits à autre chose qu’au sommeil, comme le ferait le commun des mortels, mais cet aveu en est un, à demi-mot, de quelque chose de plus sérieux. Plus profond. L’alcool encourage les confidences, attise les vérités qui ne peuvent être cachées plus longtemps, et en cet instant, son client offre une vulnérabilité nouvelle. Différente. Il serait aisé d’en profiter, d’une façon ou d’une autre. « Enfin… Si. Je sais me faire une excellent exception si l'on me donne tout le whisky du monde et un semblant d'attention… A tel point que je commence à me demander si je ne devrais pas songer à travailler pour vous… Je pourrais faire un merveilleux objet de plaisir nocturne, vous ne pensez pas ? » Un rire complice, amusé. Un brin séducteur, aussi, alors que Charles calle la pipe entre ses lèvres et l’allume d’une cigarette craquée subrepticement. « Je suppose que tout dépend du plaisir dont vous vous réclamez, Mathias. » Un peu osé. Non-dits nombreux.

La barrière n’a jamais été sautée, entre eux, les deux hommes se contentent toujours de jouer, mais il ne saurait se mentir. Si un jour vraiment, l’opportunité devait leur venir… peut-être bien que oui, il accepterait en effet de se jouer de Mathias Calloway.

« Je crains que votre père n’apprécie pas trop de me voir vous engager dans mon établissement… pour ce qu’il en sait, il doit déjà trouver que je vous corromps bien trop. » Pas assez encore à son goût. La fumée de sa pipe se mêle à celle de la cigarette de Mathias, au-dessus de leurs têtes. Une gorgée de whisky, pour hydrater sa gorge asséchée par le tabac doucement fumée. « Et à mon âge, j’ai passé le goût des remontrances, surtout venant d’un homme qui affiche le même nombre d’années au compteur, et encore plus alors que tout est fait dans le plus grand des consentements. »

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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Dim 4 Mar - 16:01

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Je fais des ronds et je me marre en pensant à ce vieux Ronsard et nous dans cent années, en cendres... Je fais un "hic" et je me marre en pensant à ce con d'Icare et nos ailes brûlées

Sur ma personne, les sensations, les impressions et les paroles de mon hôte ne font que glisser, effleurant les courbes de ma silhouette malingre tandis que le regard plongé dans celui de Charles, je me contente de fumer, les doigts sagement repliés bien loin du verre de whisky pourtant tentant. Tout autour de moi ne devient qu'un voile trouble dont je m'enveloppe, un brouillard de tant de choses que j'ignore et dont je ne me soucie pas, préférant à la place dissocier et disparaitre dans les limbes de mes pensées, fuyant ainsi sans peine ce monde étrange que je n'ai jamais réellement compris et qui n'a été de toute façon qu'un enchaînement de déceptions et de moments violents qui ont menés à cette rupture que je vis en cet instant, une fêlure qui se fait une brisure qui termine de faire de mon être une ruine humaine, un vestige d'un jeune homme qui a pu être vivant et intéressant. D'un soupir discret et presque inaudible, qui se fond et s'unit avec la volute de tabac que j'expire, j'invite ainsi le silence à prendre le relais, à installer un moment de flottement et de battement entre nous le temps que je sirote un peu de whisky et trouve le courage de répondre à tout cela quelque chose qui ne sera pas qu'un chapelet d'inepties ou de banalité, mais plutôt, je l'espère, un prélude à une conversation qui pourrait chasser au loin la tristesse dans mon regard et purger les fibres corrompues de mon être de la peine qui s'y trouve. Du bout des lèvres, presque prudemment, je bois un peu de l'alcool ambrée, grimaçant légèrement quand je sens la fraîcheur des glaçons sur la chair de ma lippe, avant d'inspirer subtilement pour mieux échauffer cette voix éraillée par la fatigue qui s'élève finalement dans l'atmosphère pour se mêler à la fumée de ma cigarette et de sa pipe.

"Je ne saurais dire. Je peux offrir bien des plaisirs mais certains ont des désavantages non négligeables... Tout dépend de ce que l'on attend de moi je suppose."

Sans peine, je bats des cils, inspire, fume et expire pour ensuite sourire, l'esprit de nouveau au loin alors que sous la table je croise les jambes comme une femme, permettant de ce fait à mon pantalon de dévoiler un peu plus l'os apparent de ma cheville et ainsi confirmer aux regards les plus candides que ma maigreur n'a rien d'esthétique mais tout de maladif. Au bout de mes doigts, la braise continue de chanter, et si un instant, je l'observe se consumer, j'en viens à rapidement détourner le regard pour observer la foule des clients qui autour de nous vivent et s'enivrent avec une passion et une fureur de vivre que j'envie tant que je me retrouve bientôt à pincer les lèvres et à me mordre l'intérieur de la joue jusqu'au sang, goûtant ainsi à celui-ci pour mon plus grand déplaisir.

"En vérité je ne sais pas. Peut-être n'ai-je rien à offrir."

Ce ne serait pas grave, ni même triste. Ce serait ainsi. Tout dans ce monde ne peut avoir une utilité ou un but et si il existe en effet des êtres capables d'inspirer, d'émerveiller ou de combler les autres, il y a malheureusement ceux qui ne sont bons à rien, qui ne peuvent que ramper dans la fange et tendre les paumes vers ceux qui ont tout à donner, dans l'espoir d'obtenir de ses déités factices un amour et un sens dont l'existence ne peut les gratifier. Voilà ce que je suis, un mendiant de ce monde, un nuisible qui ne demande que le droit d'avoir une importance quelconque, un être repoussant qui n'est même pas bon à rendre son père fier de lui. Un peu de cendres tombe à nouveau dans le cendrier, et après quelques secondes à penser à ce parent qui ne peut que se désoler de moi, je reprends  doucement, les doigts de nouveau refermés sur le verre désormais frais.

"Je ne pense pas que mon père dirait que vous êtes une mauvaise influence... Il sait que pour ce qui est de me corrompre, je n'ai plus besoin de personne." Je souris légèrement alors que sur ma rétine, danse les souvenirs d'une femme aux accents chantants et aux prunelles emplies d'une curiosité pour l'enfant de seize ans que j'étais. "Non, je pense qu'au contraire il s'inquiéterait de savoir si vous participerez à ma chute, si vous serez un argument de plus pour ce que l'on pourrait passer autour de mon cou un jour." J'expire. "Il n'y aurait pas une remontrance à votre égard... Juste... L'inquiétude d'un père qui ne veut pas...."

Les mots restent coincés dans ma gorge, se bloquant à la barrière de mes lèvres pour mieux retrouver leur place au creux même de mon coeur. Et c'est là que l'épiphanie me frappe, me coupant presque le souffle tandis que j'en oublie ma cigarette, l'abandonnant à l'étreinte de mes phalanges tandis que je vacille dans l'incertain, perdant mes certitudes et mes croyances pour découvrir que peut-être, l'amour paternel que je pensais m'être interdit. Le temps de quelques secondes, je frémis ainsi, perdu dans la crainte qu'en effet, je sois celui qui se soit éloigné, qui avec les années a fini par tourner le dos à celui qui ne voulait que son bien. Peut-être suis-je le fautif... ? A nouveau, un soupir m'échappe alors que je me frotte les yeux et termine enfin ma phrase.

"... Perdre son fils aîné."

Pour une raison que je ne comprends pas, il est douloureux d'avouer cela en cette soirée, comme si cette idée devenait une ancre qui allait chercher à me retenir en ce monde au sein duquel je ne veux plus évoluer, comme si cette soudaine réalisation allait devenir une raison pour moi de cesser de m'abimer et de revenir vers celui qui me tendait la main depuis si longtemps. Un autre soupir m'échappe et c'est là que je sens dans mes veines s'éveiller cette magie, cette essence qui rampe et se fait une vipère en cet instant, déversant sur ma langue son poison et sa colère. "Il ne t'aime pas. Un père aimant ne taille pas la chair de son enfant. Il ne hurle pas, il ne gifle pas." dit-elle, susurre-t-elle au rythme des battements de mon coeur, reprenant ainsi le chant de mes angoisses et la mélodie qu'entonne sans cesse mes doutes, devenant ainsi une pensée parasite de plus, une affirmation prononcée par cet être qui vit dans mes veines et qui est devenu au fil du temps plus qu'une part de moi-même, plus qu'un outil que je me dois de maîtriser, mais plutôt une présence, un être à part entière qui n'existe que pour moi.

"Vous n'auriez rien à craindre de lui je pense... Vous n'êtes responsable de rien après tout, Charles. Ce n'est pas vous qui me poussez à consommer et à me faire du mal. Rien n'est de votre faute. Le seul qui aurait à recevoir des remontrances, c'est moi."

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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Sam 17 Mar - 4:26

« Je ne saurais dire. Je peux offrir bien des plaisirs mais certains ont des désavantages non négligeables... Tout dépend de ce que l'on attend de moi je suppose. » Sourire coquin, coquet, qui répond bien à ses propres sous-entendus. Mathias observe le Golde Lie, et Charles observe Mathias, attentif à ses réactions. À ce si jeune visage déjà si épuisé par la vie, sans qu’il comprenne pourquoi, pour ne jamais avoir vécu de telles choses. Il a de la chance, certainement, ce lycanthrope entouré de gens aimants, cet homme qui a tout au bout des doigts. Qui a dans les veines une bête qui vit pour lui, autant que lui pour elle. Une odeur délicate, connue, vient effleurer ses narines, élargit le rond de sa pupille, jusqu’à laisser de son iris qu’un mince cercle doré. Le sang. « En vérité je ne sais pas. Peut-être n'ai-je rien à offrir. Ne dites pas une telle chose. »

Il est bien trop arrogant lui-même pour laisser les autres se déprécier.
Pour les laisser croire qu’ils ne sont que des nuisibles, dans cette existence où ils ont tous un rôle. Soit ça, soit ils n’en ont tous aucun, dans ce monde indifférent à leurs actes, car au final, ils meurent tous. Même les vampires.

Il y a une certaine tendresse, dans les mots de Mathias à l’égard de son géniteur. Et encore une fois cette détestable manie de se flageller, de prendre tous ses malheurs sur ses épaules. Il l’aime, ce père surprotecteur, brimeur de liberté, empêcheur de tourner en rond, aussi violent qu’il est aimant. C’est bien le drame, n’est-ce pas ? D’aimer les monstres ? « Vous n'auriez rien à craindre de lui je pense... Vous n'êtes responsable de rien après tout, Charles. Ce n'est pas vous qui me poussez à consommer et à me faire du mal. Rien n'est de votre faute. Le seul qui aurait à recevoir des remontrances, c'est moi. Je crois que c’est plutôt votre père, qui aurait bien des remontrances à recevoir, dit-il, le nez froncé. Collaborateur en dilettante de la Ligue, il n’a jamais eu le déplaisir de rencontrer Morgan Calloway, et il espère bien ne jamais le faire. Mais cessons de parler de ce sujet… déplaisant, Mathias. Je ne veux pas que vous veniez ici pour vous tracasser, ou que vous m’associez à de si tristes pensées. En ce sens, je vous pousse certainement vers le vice. » Le lycanthrope se rapproche encore un peu de son client, la narine frémissante, curieuse, de ce qui n’a pas quitté son esprit à lui depuis quelques minutes. Jusqu’à ce qu’il déclare, doux et calme : « Vous saignez. » L’odeur alléchante vient de ses lèvres, il l’a enfin deviné. Il l’a sentie, l’a fleurée, et sur la cigarette qui repose entre les phalanges du jeune sorcier, une mince trace rouge, un cercle qui trahit ce qui se passe à l’Intérieur de cette bouche. « Qu’avez-vous besoin ce soir, Mathias ? Je suis votre serviteur, vous le savez bien. »

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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Ven 23 Mar - 13:05

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Je retiens en ma personne toute réaction quand Charles soulève l'idée absurde que mon père serait celui que l'on devrait sermonner, préférant à la place porter ma cigarette à mes lèvres et ainsi faire chantonner la braise tandis que de mes narines s'échappent de tendres et voluptueuses arabesques blanchâtres. Personne ne pourrait et ne peut réellement reprocher à mon père d'avoir essayé de faire de moi quelque chose de correct. Sa violence, ses mots, ses colères, je ne suis après tout le seul à m'en désoler, à en pleurer et à en exiger un dédommagement que personne ne souhaite m'accorder et surtout pas ce géniteur qui considère que je n'ai pas été suffisamment brisé pour devenir quelqu'un de bien. De cette éducation parfois brutale, je n'ai hérité que des plaies purulentes que je suis le seul à pouvoir panser. Des cicatrices laides et immondes qui n'attisent dans le coeur et les prunelles des autres qu'une indifférence certaine, un dédain presque virulent avec lequel je dois faire. D'entre mes lèvres, à cette simple idée, un soupir m'échappe, se faisant le témoin d'une réflexion interne, d'une réalisation silencieuse que je ne cherche pas à concrétiser au travers d'un aveu de plus qui pourrait se perdre dans l'atmosphère lourde d'excès et de vices de cet établissement dans lequel je vais me réfugier quand seul je ne peux rester. De tous, je suis le coupable, celui qui refuse de grandir, l'enfant qui accumule les caprices pour que l'on prenne le temps de lui tendre la main, de le prendre dans ses bras pour lui murmurer un amour dont il se pense privé. De tous, je suis le difficile, l'enfant terrible qui n'a tout bonnement pas reçu assez de gifle pour grandir. La vérité est là, mon échine n'a pas été suffisamment brisé et désormais, au lieu d'être devenu un homme au coeur aussi dur que l'épiderme, je ne suis rien de plus qu'une bête mutilée et inutile, une carcasse semi-humaine qui erre et traîne son lot de déceptions dans son ombre, semant ainsi sur son chemin et dans les prunelles des autres une pitié certaine. Voilà ce que je suis, le coupable de cette famille, le poids dont on s'encombre parce qu'il est le fruit d'une union trop courte. L'inutile d'une vie vouée à se terminer prématurément. Un gamin dont on a honte. Et pour Charles, un simple client de plus, une âme de passage qui à l'aube venu, disparaitra sans laisser rien de plus derrière lui qu'un cendrier plein de mégots et de cendres aussi fraîches qu'une poudreuse annonçant le règne d'un hiver décidé à durer.

Du bout des doigts, je me permets de faire chuter quelques cendres de ma cigarette avant de poser mes prunelles sur mon hôte, quand celui s'approche, franchissant le peu de distance qui entre nos deux corps formaient une certaine intimité qui m'était plaisante, pour mieux distiller dans mon crâne un doute, une perplexité qui me fait froncer les sourcils et pincer les lèvres, signe d'un inconfort certain qui entraine chez moi un mouvement de recul délicat, une légère fuite qui s'accompagne d'un regard fuyant quand dans ses prunelles j'ai l'impression de saisir un éclat animal.

Un instant, je songe à me lever, à prétexter que la nuit est déjà bien trop entamée pour qu'il soit raisonnable de m'attarder ici, mais le coeur étrangement charmé par la question qui franchit ensuite ses lèvres ornées d'une moustache à la pilosité parfaite, je me retrouve à simplement chanceler, voir vaciller pour le ton doux et chaud d'un homme qui tout d'un coup me semble se métamorphoser en un être hybride, humanoïde, capable de ravir mon souffle et de faire fleurir en moi une curieuse sensation, une étrange impression qui me fait me sentir comme une biche que l'on tiendrait au bout de son fusil. Ainsi, comme la belle créature des sous-bois, je bats presque idiotement des cils, mes lèvres exsangues délicatement entrouvertes pour laisser poindre le bout de ma langue qui sur celles-ci vient se perdre un instant, déposant de ce fait sur ma lippe charnue une once de ce sang vicié qui dans ma bouche coule encore avec un entrain que je souhaiterais juguler mais contre lequel je ne peux rien, à part peut-être ordonner à ma magie de rester tranquille et de ne pas chercher à effrayer ou à émerveiller celui qui accepte encore de s'approcher de la carcasse répugnante que je suis devenu.

"Je vous l'ai dit. J'avais envie de vous voir."

A ce mensonge, je m'accroche, faisant de cette demi-vérité une affirmation que Charles se doit d'accepter car de moi il n'aura rien de plus et certainement pas un aveu pathétique qui sonnerait comme un geignement triste qui est le chant funèbre de ceux qui ne sont bons qu'à ramper pour l'amour de ceux qui ne pourront que les considérer avec dédain et mépris. Sur mon échine, je laisse serpenter un frisson avant de me saisir d'un mouchoir de soie dans ma poche et d'essuyer ma lippe couverte d'une pétale vermillon d'un sang trop fluide pour être sain, tachant de ce fait un carré brodé de mes initiales d'un peu d'hémoglobine qui ne trouve rien de mieux de créer sur le tissu précieux un petit lotus sanguin, qui sous mon regard presque abasourdi, se met à fleurir. Vivement, je froisse la fleur et l'étouffe dans le creux de ma paume avant que ne m'échappe un bredouillement murmuré du bout de mes lèvres désormais dépourvues de la moindre souillure.

"Je n'étais bon à rien ce soir alors je pensais…"

Je m'interromps soudain, quand dans ma bouche je sens quelque chose qui ne devrait être là, un objet étranger qui me fait froncer les sourcils et porter à nouveau à ma bouche mes doigts, qui d'entre mes lèvres, tirent un pétale blanc cette fois-ci, d'une fleur qui dans les muqueuses de ma bouche fleurit et grandit, espérant ainsi se faire cueillir par quelqu'un qui pourrait tomber en pâmoison face à l'ingéniosité de cette magie qui circule dans mes veines et est la créatrice de ce délicat lotus que je sens naître dans le creux de ma joue. Entre mes doigts, le pétale chatoie et se fait comme un ouvrage de nacre, un bijou presque virginale que je lâche et qui chute gracieusement jusqu'à la table tandis que je réalise que je ne suis plus maître de mon corps et de ma raison, mais qu'en l'espace d'un instant d'égarement, je me suis fait la victime, le soumis d'une magie qui se fait la reine de ma chair, l'impératrice de cette nuit qui ne devait n'être que la mienne.
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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Mar 1 Mai - 1:42

Charles a appris la prudence. Il a appris à ne pas indiquer quelconque signe de sa véritable nature, celle qui le berce depuis son enfance. Il a appris à réfréner ses instincts et ses ardeurs, à ne pas laisser ses sens affûtés dicter sa conduite, à faire de la bête sauvage un animal apprivoisé. La chose n’est jamais parfaite, pourtant, et parfois, certaines choses font ressortir ce qu’il a toujours été, ce qu’il ne pourra jamais complètement effacer. Certains détails. Comme le sang. Son odeur, qui se mue presque en saveur, du moment où il inspire son parfum familier.
Ce sang si alléchant, comme celui de Mathias Calloway. Chargé de magie, de puissance, de pouvoir, un sang qui doit être aussi délicieux sur la langue qu’il l’est à la narine.

Il voit bien le léger recul du sorcier, un aveu, peut-être, qu’il a aperçu dans ses yeux dorés l’animal qu’il a appris à dompter. En retour, lui-même se recule un peu, laissant à nouveau une distance, disons, sécuritaire. Tout (ou presque) est permis, dans l’enceinte du Golden Lie, mais il est hors de question d’effaroucher Mathias. Ou d’en révéler trop par rapport à sa nature. Le secret, il le garde pour lui aussi bien qu’il le peut, et il a appris à craindre l’avis des autres à propos de sa lycanthropie. Un loup avertit en vaut deux. « Je vous l'ai dit. J'avais envie de vous voir. » Mathias s’en tient à sa version officielle, bien que ses mots ne résonnent plus de leur précédente vérité. Charles veut détourner le regard et c’est donc uniquement de biais qu’il le voit tamponner ses lèvres délicatement, en retirer les taches écarlate qui y ont fleuri. S’il savait à quel point le terme est approprié ! « Je n'étais bon à rien ce soir alors je pensais… »

Les doigts sont portés à nouveau à la bouche et cette fois, Vesper est incapable de ne pas dévisager le sorcier, qui sort d’entre ses lèvres… une fleur. Blanche comme une perle, aux pétales intacts et soyeux. Elle retombe sur la table sans un bruit, à peine un chuintement discret que seul le lycanthrope sait entendre. « Fascinant. » Il pense à l’histoire de la demoiselle qui à chaque mot voyait sortir de sa bouche roses, perles et diamants, et il y a certainement de cette virginale jeune fille dans l’air doux de Mathias Calloway. Mais il voit bien que pour le jeune homme, la chose n’a rien de fascinante. « Suivez-moi. » L’homme l’entraîne à travers le bordel, jusqu’à une alcôve reculée. Vide, cachée de rideaux lourds, celle-ci ne contient aucune table et à peine une chaise et une lampe esseulées. Prudemment, Charles détoure les contours d’un des murs, pour en tirer une porte. « J’espère que vous garderez mes secrets pour vous », lui souffle-t-il avec une certaine malice, et pourtant un sérieux indéniable. Par la porte se dessine un bureau faiblement éclairé. Deux fauteuils, quelques papiers rangés, un cendrier. La porte se referme derrière les deux hommes et aussitôt, le lycanthrope baisse la voix. « Nous serons ici au calme, le temps que vous… repreniez vos esprits. Je suis désolé de vous avoir brusqué, ce n’est pas dans mes habitudes. »

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Message(#) Sujet: Re: Deux verres pour une nuit Mar 8 Mai - 16:19

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En une fraction de secondes, c'est le monde tout entier qui se délite autour de moi, qui ne devient rien de plus qu'une poussière volatile que je ne peux retenir, qui glisse entre mes doigts pour mieux me laisser en tête-à-tête avec ce pétale qui entre mes doigts me nargue et se fait le rictus moqueur de cette essence qui dans mes veines ronronne et se presse toujours avec entrain sur les bords de la plaie. Dans la bouche, sur ma langue, celle-ci déverse ce sang qui se fait les racines de cette fleur qui sans cesse continue d'envahir ma personne pour mieux me faire entendre qu'il n'est pas question que ce soir je m'offre à des plaisirs illusoires qui loin d'apaiser mon âme, ne feront qu'abimer un peu plus ce corps que je maltraite déjà depuis trop longtemps. En mon être, je n'entends que les murmures incessants de la meute, les reproches des loups qui en ont assez d'être anesthésié par des drogues ou des alcools qui peinent désormais à embellir mes pensées et ne sont plus que des excuses pour sombrer dans un sommeil que je fuis d'ordinaire. Eux, qui dans mes nerfs me transmettent leur volonté de protéger le louveteau que j'ai toujours été à leurs yeux, forcent la fleur à toujours grandir entre mes dents, à se faufiler entre mes gencives pour mieux paralyser ma bouche et ainsi m'empêcher de pousser le moindre cri, où même de supplier Charles de faire quelque chose. Ainsi, victime d'une pulsion étrange de mes familiers, je me retrouve à cracher au milieu de l'établissement, sur la table au bois sombre, des pétales blancs qui n'augurent rien de bon, et qui n'arrivent bien qu'à faire perler à mes yeux écarquillés que des larmes qui ne demandent qu'à couler.

Heureusement, l'esprit surement moins affaibli que le mien, Charles finit par m'attraper par la main, m'arrachant de ce fait à ma contemplation paniqué pour mieux m'ordonner de le suivre dans les tréfonds de l'établissement, dans les entrailles du Golden Lie, en ne fendant pas la foule mais en se glissant plutôt au travers de portes dérobées, de passages secrets dont je pourrais m'émerveiller si je n'étais pas là, à sangloter, une main sur la bouche pour contenir l'explosion florale qui fait son nid entre mes mâchoires. En larmes et tremblant, c'est donc le corps secoué par la peur que je découvre cette pièce à l'abri de tout, au sein de laquelle les murmures de Charles se font rassurants mais vains, des souffles délicats qui se font dévorer par les battement bruyants de mon coeur incapable de supporter la puissance de la mutinerie qui s'opère dans les fibres de mon être. En sa compagnie, je redeviens ainsi l'enfant qui ne comprend rien et ne contrôle rien, la jeune victime d'une meute trop décidée à dominer l'humain irresponsable et fragile que je suis. Pour lui, je me fais cette petite chose qui sanglote, qui renifle et qui tente de supplier qu'on lui vient en aide et qui finalement, se retrouve être terrassé par un haut-le-coeur puissant. Un instant, je tente de ravaler ce qui sur ma langue laisse un goût amer, avant de me résoudre à vomir à mes pieds les lotus et un peu de sang, remplissant de ce fait la pièce d'une terrible odeur écoeurante qui me fait me recroqueviller un peu plus sur moi-même et gémir quelques mots bien douloureux à prononcer.

"Je ne comprends pas ce qui se passe... Je ne contrôle rien... J'ai peur... Je ne sais pas ce qu'elle veut."

J'aimerais supplier qu'il fasse venir à lui quelqu'un de la Ligue, quelqu'un qui serait en mesure de juguler ce phénomène éprouvant et répugnant mais incapable de le faire, handicapé par les fleurs qui continuent d'émerger de cette plaie dans ma bouche, je ne peux que régurgiter à nouveau un mélange étrange de sang, d'alcool et de pétales tandis que sous ma peau, j'entends ma magie murmurer, me dire d'abandonner et de complètement m'offrir à elle, afin qu'elle puisse prendre soin de moi, veiller sur moi et me tirer de cet endroit qui ne peut rien m'apporter de bon. A mon oreille, elle me murmure de m'entailler à nouveau la chair, de faire naître sur mon poignet une balafre plus grande, une plaie ouverte qui mettrait à nue mes os et mes nerfs pour simplement lui permettre de m'envelopper pleinement, de m'enrouler dans la pelisse de louveteau qui devrait être mon armure depuis mon plus jeune âge.

"Elle ne veut pas se taire..."

Un autre sanglot m'échappe alors que je me tourne vers le propriétaire des lieux, posant mes prunelles terrifiés sur sa personne, suppliant en silence qu'il fasse quelque chose, qu'il jugule cette anomalie magique qui menace de complètement dévorer ma personne ou tout du moins de me retirer le droit d'exister, d'être présent en cette pièce pour n'être rien de plus qu'une manifestation d'une entité décidée à faire de moi ce qu'elle veut. A nouveau, je gémis, poussant une plainte déchirante alors que d'entre mes lèvres, d'autres fleurs s'échappent, plus sombres, comme corrompues par la volonté sordide et morbide de ce qui ne peut être contrôlé. A genoux, je tombe, au milieu du sang et des fleurs tandis que je glisse mes doigts dans ma bouche, tentant d'arracher le coeur même de cette épidémie, ne parvenant malheureusement pas à faire disparaitre les racines qui s'infiltrent toujours plus profondément en moi, me forçant ainsi à meurtrir un peu plus les muqueuses de ma bouche et ainsi donner à ma magie ce dont elle avait tant besoin. De ce nouvel afflux de sang qui poisse mes phalanges et réchauffe ma lippe tremblante, la magie se sert pour invoquer un espèce de démon dans mon ombre, une silhouette démoniaque au crâne de loup aux multiples membres qui m'enveloppe, me protégeant du regard de celui qui devrait me venir en aide. Dans son étreinte, je m'enferme, sanglotant toujours alors qu'il pousse un grognement puissant, produisant un son qui fait trembler le sol et grave dans les tympans de Charles quelques mots que lui seul peut comprendre.
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