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 (Yoon) - Don't hug me I'm scared

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Mathias Calloway
Sugar Baby


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
Un petit mot ? : Dream a little, dream of me.
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Message(#) Sujet: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Jeu 25 Jan - 16:02

Don't Hug me I'm scared
Yoon-Jae Kim & Mathias
Les codes sociaux et les valeurs sont à revoir. Les annexions se font toujours dans le noir et c'est la panique, les mecs se frappent à coup de cric. Pour le pouvoir, pour une femme ou pour du fric. Les annexions ne sont pas encore finies. J'scierai la branche sur laquelle je suis assis

Je devrais avoir honte de ce que je fais, du mépris pour mes préférences je devrais éprouver en cet instant, mais alors que sous le couvert de la nuit et sous la cape de l'anonymat je me glisse, je me contente en réalité de glisser entre les ombres et les étoiles, me faisant un voyageur de l'obscurité, qui drapé d'un costume aussi sombre que le cosmos qui semble veiller sur l'humanité pourtant insignifiante aux yeux de l'univers, je vogue dans les dédales d'une maison de passe secrète, d'un endroit qui est tout autant un royaume qui pourrait tenir dans le fond d'une armoire qu'un lieu de fantaisie où les normes sociales ne sont rien de plus que des règles qui ne s'appliquent que pour ceux qui ne veulent vivre et qui préfèrent à la place prétendre être décents au lieu d'être vivants. Ainsi, cigarette au bout des doigts, sourire mutin aux lèvres et éclat de malice dans la prunelle, je grimpe les marches de l'établissement, clé en main et rose à la boutonnière, et me fais la parfaite représentation du client type qui vient soulever les interdits en cet endroit de fausse perdition. Je suis tout ce que l'on imagine quand on en pense aux jeunes riches et jeunes artistes sans le sous qui veulent vivre pleinement cette existence qu'ils imaginent être trop courte et de toute façon vouée à se terminer à l'aube des trente ans tant redoutés. J'ai tout d'attrayant et je bats trop bien des cils pour que l'on ose soumettre l'idée que j'ai tout de l'homme viril qu'est mon père. J'ai cette fragilité qui plait et cette mélancolie qui charme. Dans le regard, j'ai autant des larmes que des promesses et du bout de mes doigts, je suis capable de créer des merveilles. A moi tout seul, je suis presque un cliché, un exemple parfait de ce que la noblesse décadente de cette ville est capable de produire, un être qui n'existe que pour profiter et abuser des plaisirs d'une ville qui ne cherche qu'à broyer en son coeur les pauvres âmes qui viennent s'y entasser. Je ne suis après tout que ça, un moins que rien qui a de la chance d'avoir eu de l'argent à la naissance et d'avoir dans les veines une excuse pour détruire un avenir qui devrait être radieux et pavé d'une réussite que tous devraient m'envier. D'un soupir délicat qui se mêle à une volute de tabac, je chasse toutes ses pensées d'un battement de cils gracieux pour mieux profiter de la chambre que l'on m'a accordé cette nuit et que je partagerais en bonne compagnie. Sans peine, je déverrouille la porte et la referme derrière-moi, faisant quelques pas entre les quatre murs de cette pièce dont je connais chacun des recoins et dont le lit me semble être presque devenu le mien. En silence, sans chercher à rompre la tranquillité de ce lieu qui semble se faire en cet instant aussi solennelle qu'une chapelle au sein de laquelle on réciterait quelques impies cantiques, j'effleure du bout des doigts les meubles alors que je me dirige en un pas souple et un roulement de hanches tout sauf masculin vers la fenêtre au bord de laquelle je m'installe pour mieux fumer cette longue cigarette qui embaume la chambre d'une odeur âcre pourtant vectrice de fragrances exotiques et délicatement épicées. Par la vitre, j'observe un instant la ville avant de planter fermement dans la chair pale de ma lèvre mes dents, permettant ainsi à une goutte vermillon de perler sur la pulpe de celle-ci, offrant de ce fait à ma magie cette liberté qu'elle convoite au moindre battements de mon coeur trop abimé pourtant par le mode de vie destructeur que je m'obstine pourtant à mener, en faisant presque une religion que je laisse devenir une obsession. A nouveau, je crache un peu de fumée et observe les volutes devenir des dragons qui dans l'air dansent et paressent pour moi, se chassant l'un l'autre quand ils ne viennent tout simplement pas former autour de mon crâne un couronne. Je profite de l'instant et esquisse un sourire avant de poser sur le carreau frais de la fenêtre mes lèvres, tachant celui-ci de mon sang avant de murmurer doucement.

"Rien ne sera en cette nuit. De l'extérieur, il n'y aura ni ombre chinoise ni silhouette à observer. Pas un murmure ne sera proféré et à l'aube, on en viendra même à douter qu'il y a eu un jour quelqu'un qui s'est penché par cette fenêtre."

D'un coup de langue, je nettoie ma lippe et observe la vitre se recouvrir de cette magie charnelle qui est la mienne, et qui tout le long de la fenêtre serpente et siffle, se faisant le parfait voile dont nous pourrions avoir besoin cette nuit. J'expire et vide mes poumons alors que la porte s'ouvre derrière-moi et que l'illusion dans la fumée se brise, tuant les dragons entre deux battements de coeur pour ne laisser que des arabesques abstraites tandis que d'un sourire aux lèvres et d'un ronronnement de panthère, j'accueille celui qui aura le déplaisir de devoir supporter ma carcasse bien trop frêle tout au loin de la nuit.

"J'ai l'impression de ne pas être venu depuis des années."

Je ne me retourne pas, préférant observer les étoiles tandis que je fume toujours, bien décidé surement à terminer cette cigarette. En réalité, cela fait peut-être un mois que je n'ai pas imposé ma présence à celui qui pourtant entend bien trop souvent de ma part des confidences qui m'échappent à cause de la douceur de l'extase dans laquelle je baigne encore une fois nos ébats consommés, préférant à la place me perdre dans les bras d'autres, quand je n'étais tout simplement pas juste inapte à faire quoi que ce soit à part tituber jusqu'à mon lit et m'y écrouler pour passer la journée entière à dormir.

"Je n'irais pas jusqu'à dire que tu m'as manqué mais étrangement... Je me sens presque bien d'être ici."

Tout semble être de toute façon mieux que la maison. Je pourrais m'égarer dans un bar et m'installer à une table que j'aurais le même discours, le même ton, la même esquisse de sourire. L'important n'est pas le lieu où je vais me cacher, mais plutôt la fuite. C'est elle qui importe en réalité, c'est elle qui me permet d'oublier et de trouver la force de continuer à exister.
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Yoon-Jae Kim
Gumiho

Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Jeu 25 Jan - 18:14

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Lorsque ses doigts se resserrent autour de mon menton, je gronde furieusement, mes yeux se teintant d’un bleu vif et mes crocs deviennent plus longs. Il se met à rire. Ce genre de rire qui pourrait me glacer le sang si je n’étais qu’un jeune naïf. Mais ce son qui sort de sa gorge m’insupporte davantage et me donne l’envie de me pendre à sa gorge pour lui arracher les jugulaires. Tremblant de colère, je finis au sol sous sa force avant de réussir à me dégager. « JE suis ton maître. JE fais ton emploi du temps comme JE l’entends. Dois-je te le rappeler Yoon-Jae ? » Le fixant longuement, je me redresse et le plaque contre un mur avec assez de violence pour fissurer le plâtre jusqu’au plafond et le voilà qui rit à nouveau, finissant par m’envoyer une gifle relativement forte. Assez pour qu’elle me fasse reculer de moi-même. Le sang écarlate coule doucement sur peau et rapidement, la petite plaie se referme, le bleu se dissipe. Sa main glisse dans ma chevelure blonde et attrape mes cheveux afin de les tirer vers lui, m’obligeant à redresser mon minois afin de le fixer. « Ce n’est pas de ma faute si les gens demandent davantage la catin que tu es et non le danseur sacré que tu souhaite être. » Ma lèvre tremble et lorsqu’il me jette plus loin, je cesse de lutter. « Change-toi. Un de tes clients réguliers t’attend. A Whitechapel. » Il n’a pas besoin de dire son nom, je sais que je vais retrouver Matthias. Partant dans ma petite chambre, j’enfile un pantalon de soir rouge et une chemise blanche, ne cherchant même pas à prendre un manteau, mais juste une longue étole noire pour me couvrir un peu et disparaître dans le voile de la nuit lorsque j’avancerai dans les rues londoniennes.

Arrivant à destination, je dévoile mon visage au fur et à mesure que mes pas me rapprochent de lui, mes narines déjà envahies par l’odeur immonde de son tabac. S’il pouvait perdre cette habitude, cela m’arrangerait tellement. Mais qui suis-je pour lui demander de ne pas le faire avant l’un de nos rendez-vous ? Personne. Et je resterai personne. Poussant la porte, j’observe les silhouettes qui s’enfuient au-dessus de sa tête avant de sourire faiblement. "J'ai l'impression de ne pas être venu depuis des années." Fronçant légèrement le nez, je retire mon étole, laissant mon torse se dévoiler avec ma chemise ample et sans fermeture réelle. Il ne se retourne pas encore, me laissant le temps d’aller vers lui. "Je n'irais pas jusqu'à dire que tu m'as manqué mais étrangement... Je me sens presque bien d'être ici." Un léger rire amer et ironique m’échappe lorsqu’il dit ça. « Heureusement que je ne t’ai pas manqué, je ne revois pas mes clients lorsque je leurs manque. » J’embrasse doucement la pointe de son épaule, puis me recule pour aller vers le lit et m’allonger dessus en m’étirant longuement, mes yeux allant vers ce plafond que je connais par cœur, puis sur sa silhouette. « Tu sembles aller bien. » Dis-je d’un ton neutre avant de tendre une main vers lui pour le faire venir à moi, me chemise baillant sur mon corps fin et musclé, lui offrant déjà une vue qu’il peut apprécier à volonté.

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Dim 28 Jan - 14:48

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J'entends le tissu être froissé, glisser sur la silhouette de Kim mais je ne bouge pas, restant face à la fenêtre pour observer une dernière fois les étoiles dévorées par le brouillard permanent qui obstrue sans cesse le ciel et se fait comme un épais manteau dont la ville refuse de se débarrasser, donnant l'étrange impression que celle-ci cherche en ce voile de fumée une occasion de se dissimuler à la vue des étrangers. Un léger sourire m'échappe autant pour ses mots que pour ce baiser qui trouve mon épaule, tandis qu'entre mes lèvres se trouve à nouveau ma cigarette, qui dans un chant gracieux expire une fois de plus une volute de tabac et un rougeoiement discret que je perçois dans mon reflet. Rien ne m'échappe, mais par envie de faire un peu plus durer cette nuit, je reste longuement à la fenêtre, ignorant un instant la présence de mon compagnon nocturne, préférant à la place terminer ma cigarette avant de l'observer par-dessus mon épaule, un sourire aux lèvres. Il serait aisé de dire qu'il est beau et tentant, enveloppé de cette chemise trop ample et alanguis sur les draps d'un lit qui ne demande qu'à se que je vienne me perdre au creux même de cette étreinte interdite, et si n'importe quel idiot aurait pour lui des mots creux et vides de tout sens, de fades flatteries qui ne sont rien de plus qu'une perte d'énergie, des banalités que l'on se lance dans le but de se rassurer pour faire le silence, je préfère ne rien dire. De tout ça, je pourrais m'encombrer, mais à la place, je reste les lèvres scellées, abandonnant simplement mon mégot désormais écrasé dans un cendrier sur le rebord de la fenêtre pour m'approcher du lit, roulant presque des hanches, donnant ainsi une démarche grotesque à ma maigre carcasse qui fut un jour un corps élancé et élégant à observer. Délicatement, avec grâce presque, je grimpe sur le lit et écouter les draps chanter pour moi alors que sur les hanches même de Kim je viens m’asseoir, posant ma frêle anatomie sur sa personne mieux nourrit, afin d'être à même de poser sur cette joue de porcelaine le bout de mes doigts scarifiés par des années de pratique d'une magie destructrice.

"Je prétends bien aller, comme à chaque fois."

Je bats des cils, évite un sourire et penche la tête sur le côté tandis que de ma paume désormais, j'apprécie la courbe élégante de ce visage si beau que je lui envie, un dont le tracé de la mâchoire est plus doux que la mienne et dont chacun des traits semble avoir été sculpté avec une élégance que je jalouse, surtout en comparaison de ce visage émacié qu'est le mien, fait d'angles et de creux pour mieux lui donner une apparence désagréable à observer. Beau je l'ai été un jour mais en cet instant, comme à chaque fois que je le retrouve, je réalise qu'en comparaison de Kim, je n'ai rien de si exceptionnel dans mon physique, à part peut-être un regard perçant et une lèvre naturellement boudeuse qui peut plaire à ceux qui voudraient avoir dans leurs bras un jeune homme à peine sorti d'une adolescence pas tout à fait terminée. En un soupir, j'exprime la lourdeur du poids de mes angoisses tandis que mes doigts se perdent désormais sur sa gorge, au même titre que mes prunelles ternes, qui après avoir tracés la courbe de sa jugulaire se perdent désormais sur celle de ses clavicules.

"C'est si simple de prétendre..."

Au creux de sa main offerte, je glisse la mienne, entrelaçant rapidement nos doigts pour mieux permettre à ma paume couvertes de fines cicatrices d'épouser la sienne. Mes hanches contre les siennes, je cambre délicatement le dos et permets au creux de mes reins de délicieusement se courber pour celui qui ne doit pas tant avoir envie d'être avec moi mais qui accepte mes manières pour l'argent que j'ai abandonné dans la paume d'un inconnu. Je ferme un instant les yeux et inspire, sentant toujours sur la courbe de ma lèvre exsangue ma magie ronronner au bord de la plaie tandis que les poumons encore saturés du tabac que j'ai fumé, je cherche en ma chair un désir que je ne trouve pas, une pulsion qui ne parcours pas mes veines et qui ne permet pas à mes entrailles de se serrer en une doucereuse étreinte délicieuse. Les lèvres légèrement entrouvertes, je ne découvre en ma personne pas une seule envie de me défaire des vêtements trop grands que je porte, réalisant alors que si je suis venu ici ce soir, ce n'est pas pour trouver un semblant d'extase dans les bras de quelqu'un, mais simplement pour avoir une excuse pour me cacher du monde et pour oublier que demain viendra avec son lots de déceptions et de combats à mener.

"Alors ne parlons pas de ça... Tu n'as pas à faire la conversation si tu ne veux pas. Je ne me fais pas d'espoirs sur l'opinion que tu as de moi ou sur le reste. N'essayons pas de prétendre. Faisons juste et ça ira pour ce soir... Ca suffira."

Je croise rapidement son regard et lui offre une esquisse de sourire, un début de rictus tendre qui disparait bien vite quand je me penche vers lui pour mieux lui voler un rapide baiser, qui n'est rien de plus qu'un frôlement chaste de nos lèvres, une caresse qui manque d'envie et qui n'apporte aucune sensation à mon être étrangement engourdi par une tristesse dévorante et gourmande, qui sans cesse exige plus de moi, plantant ses dents acérées dans mon coeur à la moindre contraction de celui-ci. En ce début d'étreinte, en ce contact pourtant familier, je trouve en cette soirée rien qui n'éveille normalement en moi ce brasier délicat, ce feu béni qui normalement réchauffe mes viscères et chasse au loin les doutes pour laisser place à une éphémère échappatoire, qui à défaut d'être salvatrice, me permet au moins de me perdre un instant et de cesser d'être Mathias.

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Yoon-Jae Kim
Gumiho

Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Lun 19 Fév - 17:17

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Prétendre. C’est vrai. C’est si facile de prétendre. Pourquoi chercher à montrer la vérité lorsqu’elle mous enlaidit tandis qu’un sourire peut simplement nous rendre beau, désirable, attirant ? La vérité n’est pas forcément bonne et je crois que lui comme moi, nous sommes parvenus à une excellence dans le domaine de la prétention. Tous les êtres surnaturels sont sans doute dans ce cas de figure-là. Nos doigts sont entrelacés, nos paumes sont collées l’une à l’autre, assez pour sentir la moiteur de sa peau tiède et son bassin qui vient s’encanailler contre le mien. Pourtant, je sens que ce n’est qu’une étreinte et que cette flamme que je lui connaissais jusqu’à présent ne s’allume pas ce soir. Il n’est pas comme d’habitude. D’ordinaire, j’aimais penser que j’étais son meilleur amant. Celui dont il ne pouvait se passer et qu’il déboursait de l’argent pour accéder à cette gourmandise interdite qui lui va si bien. Mais plus le temps passe et plus il me donne le sentiment d’étouffer quelque chose entre mes bras. Ce soir, ce sentiment est encore plus présent qu’avant et ses gestes me font frissonner mais pour une autre raison que notre sexualité, d’ordinaire si débordante. Souvent, je me demande comment j’arrive aller dans les bras d’inconnus, dans des draps froids, surmontés d’odeur nauséabondes qui restent accrochées à ma peau. Je ne le fais pas pour moi, ni pour mon patron. Juste parce que ça m’assure que Yoon Jun va bien. Ou juste… cela me crée l’illusion qu’il va bien.

« Alors ne parlons pas de ça... Tu n'as pas à faire la conversation si tu ne veux pas. Je ne me fais pas d'espoirs sur l'opinion que tu as de moi ou sur le reste. N'essayons pas de prétendre. Faisons juste et ça ira pour ce soir... Ca suffira. »

Penchant la tête sur le côté, je le fixe, légèrement surpris par cet aveu en demi-teinte. Mes oreilles frémissent et bougent rapidement, trop rapidement pour un œil humain, concentrées à écouter un peu partout, mais surtout, son rythme cardiaque qui pourrait réveiller mes instincts de tueur. Parfois, j’ai envie de le dévorer, littéralement. J’en ai vraiment envie, mais je sais que je ne le ferai pas. C’est cette aura si particulière qu’il dégage. Ce je-ne-sais-quoi mystique. Il y a tellement de personnages étranges à Londres. C’est sans doute la première fois de ma vie où j’ai l’impression, le sentiment, que je peux me fondre dans la masse malgré mes particularités.  « Tu es différent. » Je le tiens un peu mieux pour capter son regard, une certaine douceur dans mes gestes. « Comme si tu avais payé… pour me voir. » Me voir. Être avec moi et non pour profiter de cet échange charnel que je lui donne contre son argent. Dans un autre monde, dans un autre contexte, j’aurai sans doute pris plaisir à être son amant. Le fait d’être une marchandise et rien d’autre ne me permet pas de m’attacher à ceux qui m’achètent. Pourtant, j’ai une once d’attachement pour Matthias. Je ne saurai même pas dire pourquoi. Posant délicatement mes doigts sur sa bouche, je l’empêche de parler ou de… « Non, ne ris pas. » Ce serait bien trop offensant, même si cela ne serait qu’une parade de sa part. « Que souhaites-tu ? Pas mon corps visiblement, du moins, pas sexuellement parlant. Alors quoi ? Pourquoi cette entrevue ? »


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Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Mer 7 Mar - 15:01

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Les codes sociaux et les valeurs sont à revoir. Les annexions se font toujours dans le noir et c'est la panique, les mecs se frappent à coup de cric. Pour le pouvoir, pour une femme ou pour du fric. Les annexions ne sont pas encore finies. J'scierai la branche sur laquelle je suis assis

Tout se met à vaciller autour de ma personne quand Yoon brise ce que je mettais en place entre nous, d'un mot, puis d'un geste et enfin d'une question, qui au lieu de me faire revenir à moi et ainsi me donner l'envie de me confier et de cesser de porter un masque qui est devenu au fil du temps une seconde nature, me pousse à froncer les sourcils et à soupirer, à exprimer dans un silence agacé ce qui bouillonne dans mon coeur. Au sein de mes os, niché au creux de mes entrailles, j'entends cette colère infantile se nourrir de mes blessures et grandir, je la sens, hurler, ronronner, réclamer, une chose que je ne puis lui donner et si un long moment, je résiste, me redressant simplement sur les hanches de mon compagnon pour l'observer le temps d'un silence presque glaçant, je finis par céder, quittant le lit avec la grâce d'un amant éconduit.

"Pourquoi tant de questions ?"

Voilà tout se glisse d'entre mes lèvres alors que je fuis celui auprès duquel je pensais trouver un instant d'oubli, un moment de flottement où j'aurais pu prétendre que le monde n'est rien de plus qu'une illusion dont on se berce, un rêve que l'on espère quitter au plus vite, pour enfin s'éveiller ou s'enfoncer dans une autre réalité. Auprès de lui, je pensais avoir un instant de répit, un moment béni où j'aurais pu laisser les courbes de mon être s'effacer dans celles d'un autre mais voilà qu'à la place, je n'obtiens que ce que je mérité, des questions, un refus et une distance que j'instaure entre nous, non pas par envie mesquine de le blesser mais par besoin de me protéger et d'éviter de me confronter à une déception de plus. Du bout des doigts, je cherche à nouveau dans ma veste mon étui à cigarette, l'extrayant finalement de la poche intérieur de mon veston alors que je tourne le dos au lit, retrouvant ma place face à la fenêtre qui est encore souillée de la marque de mes lèvres ensanglantées. Un soupir m'échappe alors que du plat de ma paume, j'essuie le sang sur le carreau, dissipant ainsi les affres de cette magie qui dans mes veines serpente et persiffle au rythme des battements de mon coeur. Il y aurait tant à dire, tant à avouer, tant à expliquer et pourtant, je m'enferme dans un silence qui n'est que trop familier, dans un carcan qui est devenu une armure que j'endosse quand j'ai l'impression de partir en croisade, à la reconquête d'un être que je fus et qui n'est aujourd'hui rien de plus qu'un souvenir que l'on peut regretter si l'on est du genre à s'enticher des choses pathétiques de l'existence. Dans ce mutisme qui n'est rien de plus que le prélude d'une tempête à venir, je me dissimule, masquant à la vue de Yoon l'amant qui partage ses nuits et son lit, le faisant disparaitre derrière un écran de fumée, un voile de tabac qui s'échappe d'entre mes lèvres exsangues. A nouveau je soupire avant de faire rougeoier la braise au bout de mes doigts, créant ainsi sur la fenêtre, un reflet disgracieux tout de flammes et de cendres fait.

"Pourquoi prétendre en avoir quelque chose à faire ?"

Par dessus mon épaule, je glisse un regard au jeune homme, pincant ensuite les lèvres pour m'excuser, pour le supplier presque de me pardonner d'être ainsi, d'être comme un chien que l'on a trop battu, un loup qui n'est bon qu'à montrer les crocs quand on cherche à panser les plaies sur son museau.

"Pourquoi ne pas simplement accepter mon argent et me baiser ?"

La braise siffle plus qu'elle ne chantonne alors que je souffle par le nez une épaisse fumée âcre qui termine d'abimer ma voix.

"Pourquoi.. ? Pourquoi essayer de me faire croire que je suis important, que je mérite ton attention et autre chose que ton silence ?"


Je me hais en cet instant, me déteste au point de planter un peu plus mes dents dans la plaie encore fraîche de mes lèvres, faisant ainsi fleurir sur la courbe de celles-ci, de nouvelles roses écarlates qui autorisent à ma magie de s'exprimer et d'ainsi faire naitre autour de moi illusions et cauchemars qui déforment une réalité déjà terriblement laide. Autour de moi, je sens ainsi naître une présence, une aura qui m'enveloppe et qui se fait une cape toute de plomb faite, mais qui aux yeux du monde se fait invisible.

"Je ne mérite pas la moindre once de sollicitude ou de compassion. Je suis venu te voir parce que j'avais besoin de ça, de l'indifférence de quelqu'un, de la certitude d'être repoussant et de n'être désirable que si j'ai assez d'argent dans les poches. Je voulais que tu me confirmes ça et non que tu..."

Les mots ne deviennent rien de plus que des sons de frustrations, que des concepts que j'étouffe sur le filtre de ma cigarette et que je ravale sans pudeur pour mieux me draper dans une négation de l'instant présent, dans une bulle hors du temps qui se fait une carapace, une excuse pour à nouveau fuir et me faire ainsi une déception de plus. Au loin, je divague et dérive désormais, fuyant celui que je voulais retrouver en cette nuit pour ne devenir que l'ombre de moi-même, qu'une silhouette nébuleuse qui s'enveloppe de doutes et de questions qu'elle ne formule pas. Il aurait pu tout prendre et ne me laisser qu'avec ce dégoût pour moi-même que j'éprouve. Il aurait pu ne rien dire et jouer le jeu, accepter que je n'aurais été qu'un amant minable de plus, un jeune riche qui dilapide une fortune paternelle pour assouvir des vices que la société condamne. Il aurait pu être bien des choses mais voilà qu'il essaye de se faire ce que je ne veux pas qu'il soi, à savoir un ami, un proche qui s'inquiète et qui tente de comprendre ce qui se passe dans ma tête, qui cherche à décortiquer les pensées que je tente pourtant de faire taire et qui ne sont rien de plus que des parasites qui grouillent dans les fibres même de ma chair. En cette nuit, il tente de me rattraper, de se faire cette main qui se tend mais décidé à ne pas exposer un peu plus les faiblesses et les défauts de ma personne, je continue de fuir, de me faire distant, susurrant doucement des paroles qui n'ont rien de convaincantes.

"Je voulais juste passer une nuit avec toi. Rien de plus. N'essaye pas de voir autre chose en moi."
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Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Sam 24 Mar - 21:16

Don't Hug me I'm scared
Yoon-Jae Kim & Mathias
Les codes sociaux et les valeurs sont à revoir. Les annexions se font toujours dans le noir et c'est la panique, les mecs se frappent à coup de cric. Pour le pouvoir, pour une femme ou pour du fric. Les annexions ne sont pas encore finies. J'scierai la branche sur laquelle je suis assis

"Pourquoi tant de questions ?"

Je le regarde se lever et partir avec la prestance lourde et gracieuse mais colérique, d’un amant évincé, éconduit. Mon regard perçant ne le quitte pas une seule seconde et je grimace d’avance en voyant qu’il cherche son étui à cigarette. Maudite invention. Je déteste ce tabac qui enivre les sens et empêche l’odorat de fonctionner correctement. Grognon, je croise alors mes bras et me contente de le regarder. Non, ce soir, je n’avais pas envie. Je ne voulais pas être encore un jouet et j’avais l’impression stupide de me permettre ce caprice avec lui. Mais pourquoi être dupe ? Pourquoi croire qu’il aurait payé juste pour passer du temps en ma compagnie sans profiter librement de ce que je me devais de lui offrir, avec ou sans envie de mon côté ? Je le regarde essuyer le vitre mais ne bouge pas du lit pour l’instant. Je le sais, si je me lève, je quitterai la pièce sans me retourner, mon orgueil prenant le dessus. Je me fiche d’être battu demain ou toute à l’heure pour cet acte de rébellion.

Son mutisme pénètre mes veines et je continue de le fixer intensément, grâce au reflet dans le miroir. Je ne sais pas vraiment pourquoi je reste statique ainsi, ce que j’ai à y gagner, ni pourquoi je le fais. Prince… Il est loin ce titre où l’’on m’appeler ainsi, o ?u l’on respectait mon rang. Roi, j’aurai dû le devenir, il ne me manquait qu’une compagne pour parfaire la cérémonie. Un rang, du sang royal, du respect. J’étais quelqu’un d’important. D’autres comptaient sur moi. Et maintenant, qui suis-je ? Un pantin. Un chiot docile qui ne bouge plus, même lorsqu’on l’insulte d’une façon ou d’une autre. Je me contente d’être là, un grognement sourd en fond de gorge. Au fond, ce n’est pas lui que je déteste, mais ma passivité.

"Pourquoi prétendre en avoir quelque chose à faire ?"

Son pincement de lèvres et son regard n’échappent pas au mien, mais c’est à ce moment précis que je détourne les yeux, volontairement, comme si j’essayais de lui donner peu d’importance dans cet échange houleux, presque douloureux. C’est tellement stupide comme discussion, comme moment. Pourquoi s’imposer cela ?

"Pourquoi ne pas simplement accepter mon argent et me baiser ?"

Baiser. Sais-tu comme je déteste ce mot Mathias ? Et pourtant, j’étais le premier à user de cette parade pour séduire les humains que je dévorais ensuite pour devenir plus fort. Oh oui, user de la chair et des orgasmes que l’on peut octroyer à autrui pour les rendre doux et fragiles comme des agneaux, je suis passé maître en la matière. C’est sans doute pour cela que mon maître a saisi cette occasion pour assouvir davantage son pouvoir et pour augmenter ses avantages en tout genre.

"Pourquoi.. ? Pourquoi essayer de me faire croire que je suis important, que je mérite ton attention et autre chose que ton silence ?"

Qui est la réelle catin Mathias ? Toi ou moi ? Qui est le chien qui avance la queue entre les jambes ? Toi ou moi ? Qui semble ramper plus que l’autre ? Toi ou moi ? Cette barrière entre nous diminue de plus en plus. En me payant, j’ai ce sentiment que tu te payes aussi d’une certaine façon. Par l’argent, tu t’accordes ce que tu ne t’accorderais point en temps normal. Alors, qui de nous deux est la réelle prostituée ?

"Je ne mérite pas la moindre once de sollicitude ou de compassion. Je suis venu te voir parce que j'avais besoin de ça, de l'indifférence de quelqu'un, de la certitude d'être repoussant et de n'être désirable que si j'ai assez d'argent dans les poches. Je voulais que tu me confirmes ça et non que tu..."

« Parce que tu crois que j’ai choisi cela ? » Ma voix s’élève pour la première fois depuis plusieurs minutes et cette fois-ci, je suis à genoux sur le matelas, les draps froissés sous mon corps. Je le regarde, à moitié déshabillé, le frisson à fleur de peau, les poils hérissés. Dans cette transaction repoussante, ce n’est pas lui qui est dégueulasse mais celui qui possède. Je ne peux jamais vraiment en vouloir à mes clients. Ils profitent d’un service existant et rien de plus. Aussi pervers soient-ils. Le créateur de ce business est celui que j’ai en grippe et celui que je veux repousser aussi fort que possible. Il semble si faible, là, devant sa fenêtre et je sais que je devrai partir. Pourquoi insister ?

"Je voulais juste passer une nuit avec toi. Rien de plus. N'essaye pas de voir autre chose en moi."

« C’est vrai, je ne suis qu’une catin après tout, le reste n’est que mensonge. » Mon regard change l’espace d’un instant, mes pupilles devenant des fentes fines se colorant de bleu ciel au même moment où je tourne ma tête vers son opposé afin qu’il ne le remarque pas. Je me lève, et descends du lit inconfortable pour venir le tourner face à moi sans aucune douceur. « A vos ordres, Monsieur. » J’arrache sa chemise sans aucune tendresse et jette le vêtement au loin avant de faire de même avec son pantalon. Mes doigts attrapent sa cigarette que j’écrase et jette avant de le fixer d’un air ténébreux et décidé. « Puis ce que cela est votre souhait, Monsieur. Baisons. Je suis ici pour cela après tout, n’est-ce pas ? » Et je le plaque à un mur, déçu malgré tout avant de tomber à genoux devant lui, mes lèvres commençant à marquer son corps de morsures légères, suçons en tout genre et coups de langue adroit.


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Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
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Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Mer 28 Mar - 14:29

Don't Hug me I'm scared
Yoon-Jae Kim & Mathias
Les codes sociaux et les valeurs sont à revoir. Les annexions se font toujours dans le noir et c'est la panique, les mecs se frappent à coup de cric. Pour le pouvoir, pour une femme ou pour du fric. Les annexions ne sont pas encore finies. J'scierai la branche sur laquelle je suis assis

De quelques mots seulement, mon compagnon de cette nuit fait naître sur mon échine osseuse un frisson d'agacement, un froissement de chair qui me fait retrousser les lèvres et ainsi dévoiler la pointe de mes canines alors que je lève les yeux au ciel, passablement énervé que la discussion tourne ainsi, à une compétition de celui qui souffre le plus, un pugilat verbal que je vais devoir perdre car en effet, je ne devrais pas venir pleurer sur l'épaule de quelqu'un que l'on force à se vendre. Et même si mon intention n'était pas de me faire plaindre mais plutôt de m'oublier un instant dans les bras de quelqu'un qui n'aurait pas de scrupules à sentir ma peau contre la sienne, Yoon se décide à s'en servir contre moi, déformant mes propos via une foule de sous-entendus qui roulent et croupissent sous cette question que je laisse flotter dans l'air entre nous, la laissant devenir comme une nuée poisseuse d'un tabac trop épais qui au-dessus de nous plane et distille dans nos poumons une toxine puissante qui en plus de nous embrumer l'esprit, éveille surtout en moi le désir de succomber aux envie d'une magie qui me susurre depuis quelques battements de coeur déjà de devenir le monstre qui lui fera ravaler ses paroles et n'imprimera dans son esprit que l'image d'une bête aux crocs difformes et au coeur dévoré par des ronces qui parfois remplacent mes veines. Mais à la place, au lieu de me faire justement cette menace, cet être qui tient tête à des propos et des non-dits qui l'énerve, je me fais la victime de celui qui sans peine quitte le lit et me force à lui faire face pour mieux subir les offenses de ses lèvres et la violence dont son corps pourtant chétif est capable. Les sourcils froncés, le coeur affolé et les dents serrées, je me retrouve alors à me faire le pantin d'une pulsion qui n'est pas la mienne, d'une volonté qui fait frissonner ma peau de dégoût et pour laquelle je montre les crocs comme l'un de mes loups pourrait le faire, grognant même quand plaqué contre le mur, à la merci de la bouche de Yoon, je me retrouve à devoir subir morsures, suçons et coups de langues, qui au lieu d'éveiller en moi l'envie d'un plaisir charnel, font à la place surgir d'entre mes lèvres exsangues une menace à peine voilée.

"Cesse immédiatement."


Dans mes veines, je sens ma magie s'agacer, se rebeller contre celui qui de nous cherche à se jouer pour nous apprendre une leçon bien amère que nous connaissons déjà. Je la sens hurler, chanter, s'enivrer d'un chaos à venir, d'une effusion de sang dont elle sera le prédateur ultime, la bête immonde qui plonge son museau dans les entrailles de ses victimes pour en dévorer le coeur et la chair. Au creux de mes nerfs, j'entends les battements de la meute, la course folle de mes familiers qui dans les fibres de mon être se déverse. Je sens affluer dans le bout de mes doigts la puissance d'une magie qui pulse dans les moindres recoins de ma personne et dont l'excitation vient se concentrer sur la plaie qui gît dans ma bouche. De là, du bord de cette plaie, je sens alors la puissante s'échapper, se dépêcher de faire couler le plus d'hémoglobine entre les fibres de ma chair qui déjà entamait sa cicatrisation pour mieux se déverser sur mon menton, puis sur le sol, où elle s'écrase lourdement tout en réchauffant l'air sur son passage. Un nouveau grondement m'échappe mais cette fois-ci, il n'a plus rien d'humain.

Ce qui glisse d'entre mes lèvres à tout d'animal, il est l'incarnation même de cet être qui vit dans ma chair et qui parfois prend le dessus en roulant sur ma peau et en déformant mon corps pour qu'il lui ressemble un peu plus. Ainsi, d'un geste violent, je repousse sèchement Yoon, le forçant à rompre cette étreinte qui de toute façon me donnait la nausée là où ma peau nue se couvre d'une parodie de pelage, d'un mélange de fourrure sombre et de plumes qui se font les vêtements qui m'ont été retiré de force, mon armure nouvelle qui va de pair avec les crocs immondes qui déforment ma lippe et la blesse un peu plus pour libérer un peu plus de ce sang poisseux qui autorise ma magie à prendre le dessus et à se faire ce protecteur violent qui en cet instant s'exprime à ma place.

"Non."


Sur la surface de ma peau, je sens des épines se rajouter aux caractéristiques animales qui me drapent et me protègent des attentions malignes que celui qui cherche à me punir d'être ainsi et d'avoir osé lui faire entendre qu'en cette nuit, je voulais simplement qu'il prétende un instant que je n'étais rien de plus qu'un client de plus, qu'une obligation dont il pourrait se débarrasser rapidement. De ma cage thoracique, un grognement remonte le long de ma gorge et emplit un instant la pièce le temps d'une vibration sourde et primaire qui fait s'hérisser sur ma nuque mes cheveux. En un craquement sourd, j'entends à mes pieds des ronces émerger du plancher, ainsi que l'un de mes loups, Jaw, le plus puissant de tout, celui dont seul l'os de la mâchoire est apparent là où le reste de sa carcasse démoniaque est couverte d'une épaisse fourrure noire dont seuls les yeux ambrés se font comme deux grenats qui surplombent une nuée de crocs inégaux mais plus tranchants encore que la plus aiguisée des lames. Et alors que lui se tient entre Yoon et moi, je ne peux qu'en cet instant me recroqueviller sur moi-même et geindre face à la situation qui m'échappe, face aux grognements qui glissent d'entre mes lèvres et se font la voix de cette meute qui semble décidée cette nuit à veiller à ce que personne ne me touche sans mon consentement. Ainsi, face à celui que je me voudrais de blesser, voilà que je deviens pourtant une bête plus animale qu'humaine, un être sur la surface duquel glisse et frémit une magie violence et primaire. Une magie qui lance un dernier avertissement à celui qui n'aurait jamais dû me voir ainsi.
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Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared

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