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 (Yoon) - Don't hug me I'm scared

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Mathias Calloway
Sugar Baby


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
Un petit mot ? : Dream a little, dream of me.
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Message(#) Sujet: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Jeu 25 Jan - 16:02

Don't Hug me I'm scared
Yoon-Jae Kim & Mathias
Les codes sociaux et les valeurs sont à revoir. Les annexions se font toujours dans le noir et c'est la panique, les mecs se frappent à coup de cric. Pour le pouvoir, pour une femme ou pour du fric. Les annexions ne sont pas encore finies. J'scierai la branche sur laquelle je suis assis

Je devrais avoir honte de ce que je fais, du mépris pour mes préférences je devrais éprouver en cet instant, mais alors que sous le couvert de la nuit et sous la cape de l'anonymat je me glisse, je me contente en réalité de glisser entre les ombres et les étoiles, me faisant un voyageur de l'obscurité, qui drapé d'un costume aussi sombre que le cosmos qui semble veiller sur l'humanité pourtant insignifiante aux yeux de l'univers, je vogue dans les dédales d'une maison de passe secrète, d'un endroit qui est tout autant un royaume qui pourrait tenir dans le fond d'une armoire qu'un lieu de fantaisie où les normes sociales ne sont rien de plus que des règles qui ne s'appliquent que pour ceux qui ne veulent vivre et qui préfèrent à la place prétendre être décents au lieu d'être vivants. Ainsi, cigarette au bout des doigts, sourire mutin aux lèvres et éclat de malice dans la prunelle, je grimpe les marches de l'établissement, clé en main et rose à la boutonnière, et me fais la parfaite représentation du client type qui vient soulever les interdits en cet endroit de fausse perdition. Je suis tout ce que l'on imagine quand on en pense aux jeunes riches et jeunes artistes sans le sous qui veulent vivre pleinement cette existence qu'ils imaginent être trop courte et de toute façon vouée à se terminer à l'aube des trente ans tant redoutés. J'ai tout d'attrayant et je bats trop bien des cils pour que l'on ose soumettre l'idée que j'ai tout de l'homme viril qu'est mon père. J'ai cette fragilité qui plait et cette mélancolie qui charme. Dans le regard, j'ai autant des larmes que des promesses et du bout de mes doigts, je suis capable de créer des merveilles. A moi tout seul, je suis presque un cliché, un exemple parfait de ce que la noblesse décadente de cette ville est capable de produire, un être qui n'existe que pour profiter et abuser des plaisirs d'une ville qui ne cherche qu'à broyer en son coeur les pauvres âmes qui viennent s'y entasser. Je ne suis après tout que ça, un moins que rien qui a de la chance d'avoir eu de l'argent à la naissance et d'avoir dans les veines une excuse pour détruire un avenir qui devrait être radieux et pavé d'une réussite que tous devraient m'envier. D'un soupir délicat qui se mêle à une volute de tabac, je chasse toutes ses pensées d'un battement de cils gracieux pour mieux profiter de la chambre que l'on m'a accordé cette nuit et que je partagerais en bonne compagnie. Sans peine, je déverrouille la porte et la referme derrière-moi, faisant quelques pas entre les quatre murs de cette pièce dont je connais chacun des recoins et dont le lit me semble être presque devenu le mien. En silence, sans chercher à rompre la tranquillité de ce lieu qui semble se faire en cet instant aussi solennelle qu'une chapelle au sein de laquelle on réciterait quelques impies cantiques, j'effleure du bout des doigts les meubles alors que je me dirige en un pas souple et un roulement de hanches tout sauf masculin vers la fenêtre au bord de laquelle je m'installe pour mieux fumer cette longue cigarette qui embaume la chambre d'une odeur âcre pourtant vectrice de fragrances exotiques et délicatement épicées. Par la vitre, j'observe un instant la ville avant de planter fermement dans la chair pale de ma lèvre mes dents, permettant ainsi à une goutte vermillon de perler sur la pulpe de celle-ci, offrant de ce fait à ma magie cette liberté qu'elle convoite au moindre battements de mon coeur trop abimé pourtant par le mode de vie destructeur que je m'obstine pourtant à mener, en faisant presque une religion que je laisse devenir une obsession. A nouveau, je crache un peu de fumée et observe les volutes devenir des dragons qui dans l'air dansent et paressent pour moi, se chassant l'un l'autre quand ils ne viennent tout simplement pas former autour de mon crâne un couronne. Je profite de l'instant et esquisse un sourire avant de poser sur le carreau frais de la fenêtre mes lèvres, tachant celui-ci de mon sang avant de murmurer doucement.

"Rien ne sera en cette nuit. De l'extérieur, il n'y aura ni ombre chinoise ni silhouette à observer. Pas un murmure ne sera proféré et à l'aube, on en viendra même à douter qu'il y a eu un jour quelqu'un qui s'est penché par cette fenêtre."

D'un coup de langue, je nettoie ma lippe et observe la vitre se recouvrir de cette magie charnelle qui est la mienne, et qui tout le long de la fenêtre serpente et siffle, se faisant le parfait voile dont nous pourrions avoir besoin cette nuit. J'expire et vide mes poumons alors que la porte s'ouvre derrière-moi et que l'illusion dans la fumée se brise, tuant les dragons entre deux battements de coeur pour ne laisser que des arabesques abstraites tandis que d'un sourire aux lèvres et d'un ronronnement de panthère, j'accueille celui qui aura le déplaisir de devoir supporter ma carcasse bien trop frêle tout au loin de la nuit.

"J'ai l'impression de ne pas être venu depuis des années."

Je ne me retourne pas, préférant observer les étoiles tandis que je fume toujours, bien décidé surement à terminer cette cigarette. En réalité, cela fait peut-être un mois que je n'ai pas imposé ma présence à celui qui pourtant entend bien trop souvent de ma part des confidences qui m'échappent à cause de la douceur de l'extase dans laquelle je baigne encore une fois nos ébats consommés, préférant à la place me perdre dans les bras d'autres, quand je n'étais tout simplement pas juste inapte à faire quoi que ce soit à part tituber jusqu'à mon lit et m'y écrouler pour passer la journée entière à dormir.

"Je n'irais pas jusqu'à dire que tu m'as manqué mais étrangement... Je me sens presque bien d'être ici."

Tout semble être de toute façon mieux que la maison. Je pourrais m'égarer dans un bar et m'installer à une table que j'aurais le même discours, le même ton, la même esquisse de sourire. L'important n'est pas le lieu où je vais me cacher, mais plutôt la fuite. C'est elle qui importe en réalité, c'est elle qui me permet d'oublier et de trouver la force de continuer à exister.
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Yoon-Jae Kim
Gumiho

Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Jeu 25 Jan - 18:14

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Lorsque ses doigts se resserrent autour de mon menton, je gronde furieusement, mes yeux se teintant d’un bleu vif et mes crocs deviennent plus longs. Il se met à rire. Ce genre de rire qui pourrait me glacer le sang si je n’étais qu’un jeune naïf. Mais ce son qui sort de sa gorge m’insupporte davantage et me donne l’envie de me pendre à sa gorge pour lui arracher les jugulaires. Tremblant de colère, je finis au sol sous sa force avant de réussir à me dégager. « JE suis ton maître. JE fais ton emploi du temps comme JE l’entends. Dois-je te le rappeler Yoon-Jae ? » Le fixant longuement, je me redresse et le plaque contre un mur avec assez de violence pour fissurer le plâtre jusqu’au plafond et le voilà qui rit à nouveau, finissant par m’envoyer une gifle relativement forte. Assez pour qu’elle me fasse reculer de moi-même. Le sang écarlate coule doucement sur peau et rapidement, la petite plaie se referme, le bleu se dissipe. Sa main glisse dans ma chevelure blonde et attrape mes cheveux afin de les tirer vers lui, m’obligeant à redresser mon minois afin de le fixer. « Ce n’est pas de ma faute si les gens demandent davantage la catin que tu es et non le danseur sacré que tu souhaite être. » Ma lèvre tremble et lorsqu’il me jette plus loin, je cesse de lutter. « Change-toi. Un de tes clients réguliers t’attend. A Whitechapel. » Il n’a pas besoin de dire son nom, je sais que je vais retrouver Matthias. Partant dans ma petite chambre, j’enfile un pantalon de soir rouge et une chemise blanche, ne cherchant même pas à prendre un manteau, mais juste une longue étole noire pour me couvrir un peu et disparaître dans le voile de la nuit lorsque j’avancerai dans les rues londoniennes.

Arrivant à destination, je dévoile mon visage au fur et à mesure que mes pas me rapprochent de lui, mes narines déjà envahies par l’odeur immonde de son tabac. S’il pouvait perdre cette habitude, cela m’arrangerait tellement. Mais qui suis-je pour lui demander de ne pas le faire avant l’un de nos rendez-vous ? Personne. Et je resterai personne. Poussant la porte, j’observe les silhouettes qui s’enfuient au-dessus de sa tête avant de sourire faiblement. "J'ai l'impression de ne pas être venu depuis des années." Fronçant légèrement le nez, je retire mon étole, laissant mon torse se dévoiler avec ma chemise ample et sans fermeture réelle. Il ne se retourne pas encore, me laissant le temps d’aller vers lui. "Je n'irais pas jusqu'à dire que tu m'as manqué mais étrangement... Je me sens presque bien d'être ici." Un léger rire amer et ironique m’échappe lorsqu’il dit ça. « Heureusement que je ne t’ai pas manqué, je ne revois pas mes clients lorsque je leurs manque. » J’embrasse doucement la pointe de son épaule, puis me recule pour aller vers le lit et m’allonger dessus en m’étirant longuement, mes yeux allant vers ce plafond que je connais par cœur, puis sur sa silhouette. « Tu sembles aller bien. » Dis-je d’un ton neutre avant de tendre une main vers lui pour le faire venir à moi, me chemise baillant sur mon corps fin et musclé, lui offrant déjà une vue qu’il peut apprécier à volonté.

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Dim 28 Jan - 14:48

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J'entends le tissu être froissé, glisser sur la silhouette de Kim mais je ne bouge pas, restant face à la fenêtre pour observer une dernière fois les étoiles dévorées par le brouillard permanent qui obstrue sans cesse le ciel et se fait comme un épais manteau dont la ville refuse de se débarrasser, donnant l'étrange impression que celle-ci cherche en ce voile de fumée une occasion de se dissimuler à la vue des étrangers. Un léger sourire m'échappe autant pour ses mots que pour ce baiser qui trouve mon épaule, tandis qu'entre mes lèvres se trouve à nouveau ma cigarette, qui dans un chant gracieux expire une fois de plus une volute de tabac et un rougeoiement discret que je perçois dans mon reflet. Rien ne m'échappe, mais par envie de faire un peu plus durer cette nuit, je reste longuement à la fenêtre, ignorant un instant la présence de mon compagnon nocturne, préférant à la place terminer ma cigarette avant de l'observer par-dessus mon épaule, un sourire aux lèvres. Il serait aisé de dire qu'il est beau et tentant, enveloppé de cette chemise trop ample et alanguis sur les draps d'un lit qui ne demande qu'à se que je vienne me perdre au creux même de cette étreinte interdite, et si n'importe quel idiot aurait pour lui des mots creux et vides de tout sens, de fades flatteries qui ne sont rien de plus qu'une perte d'énergie, des banalités que l'on se lance dans le but de se rassurer pour faire le silence, je préfère ne rien dire. De tout ça, je pourrais m'encombrer, mais à la place, je reste les lèvres scellées, abandonnant simplement mon mégot désormais écrasé dans un cendrier sur le rebord de la fenêtre pour m'approcher du lit, roulant presque des hanches, donnant ainsi une démarche grotesque à ma maigre carcasse qui fut un jour un corps élancé et élégant à observer. Délicatement, avec grâce presque, je grimpe sur le lit et écouter les draps chanter pour moi alors que sur les hanches même de Kim je viens m’asseoir, posant ma frêle anatomie sur sa personne mieux nourrit, afin d'être à même de poser sur cette joue de porcelaine le bout de mes doigts scarifiés par des années de pratique d'une magie destructrice.

"Je prétends bien aller, comme à chaque fois."

Je bats des cils, évite un sourire et penche la tête sur le côté tandis que de ma paume désormais, j'apprécie la courbe élégante de ce visage si beau que je lui envie, un dont le tracé de la mâchoire est plus doux que la mienne et dont chacun des traits semble avoir été sculpté avec une élégance que je jalouse, surtout en comparaison de ce visage émacié qu'est le mien, fait d'angles et de creux pour mieux lui donner une apparence désagréable à observer. Beau je l'ai été un jour mais en cet instant, comme à chaque fois que je le retrouve, je réalise qu'en comparaison de Kim, je n'ai rien de si exceptionnel dans mon physique, à part peut-être un regard perçant et une lèvre naturellement boudeuse qui peut plaire à ceux qui voudraient avoir dans leurs bras un jeune homme à peine sorti d'une adolescence pas tout à fait terminée. En un soupir, j'exprime la lourdeur du poids de mes angoisses tandis que mes doigts se perdent désormais sur sa gorge, au même titre que mes prunelles ternes, qui après avoir tracés la courbe de sa jugulaire se perdent désormais sur celle de ses clavicules.

"C'est si simple de prétendre..."

Au creux de sa main offerte, je glisse la mienne, entrelaçant rapidement nos doigts pour mieux permettre à ma paume couvertes de fines cicatrices d'épouser la sienne. Mes hanches contre les siennes, je cambre délicatement le dos et permets au creux de mes reins de délicieusement se courber pour celui qui ne doit pas tant avoir envie d'être avec moi mais qui accepte mes manières pour l'argent que j'ai abandonné dans la paume d'un inconnu. Je ferme un instant les yeux et inspire, sentant toujours sur la courbe de ma lèvre exsangue ma magie ronronner au bord de la plaie tandis que les poumons encore saturés du tabac que j'ai fumé, je cherche en ma chair un désir que je ne trouve pas, une pulsion qui ne parcours pas mes veines et qui ne permet pas à mes entrailles de se serrer en une doucereuse étreinte délicieuse. Les lèvres légèrement entrouvertes, je ne découvre en ma personne pas une seule envie de me défaire des vêtements trop grands que je porte, réalisant alors que si je suis venu ici ce soir, ce n'est pas pour trouver un semblant d'extase dans les bras de quelqu'un, mais simplement pour avoir une excuse pour me cacher du monde et pour oublier que demain viendra avec son lots de déceptions et de combats à mener.

"Alors ne parlons pas de ça... Tu n'as pas à faire la conversation si tu ne veux pas. Je ne me fais pas d'espoirs sur l'opinion que tu as de moi ou sur le reste. N'essayons pas de prétendre. Faisons juste et ça ira pour ce soir... Ca suffira."

Je croise rapidement son regard et lui offre une esquisse de sourire, un début de rictus tendre qui disparait bien vite quand je me penche vers lui pour mieux lui voler un rapide baiser, qui n'est rien de plus qu'un frôlement chaste de nos lèvres, une caresse qui manque d'envie et qui n'apporte aucune sensation à mon être étrangement engourdi par une tristesse dévorante et gourmande, qui sans cesse exige plus de moi, plantant ses dents acérées dans mon coeur à la moindre contraction de celui-ci. En ce début d'étreinte, en ce contact pourtant familier, je trouve en cette soirée rien qui n'éveille normalement en moi ce brasier délicat, ce feu béni qui normalement réchauffe mes viscères et chasse au loin les doutes pour laisser place à une éphémère échappatoire, qui à défaut d'être salvatrice, me permet au moins de me perdre un instant et de cesser d'être Mathias.

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Message(#) Sujet: Re: (Yoon) - Don't hug me I'm scared Hier à 17:17

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Prétendre. C’est vrai. C’est si facile de prétendre. Pourquoi chercher à montrer la vérité lorsqu’elle mous enlaidit tandis qu’un sourire peut simplement nous rendre beau, désirable, attirant ? La vérité n’est pas forcément bonne et je crois que lui comme moi, nous sommes parvenus à une excellence dans le domaine de la prétention. Tous les êtres surnaturels sont sans doute dans ce cas de figure-là. Nos doigts sont entrelacés, nos paumes sont collées l’une à l’autre, assez pour sentir la moiteur de sa peau tiède et son bassin qui vient s’encanailler contre le mien. Pourtant, je sens que ce n’est qu’une étreinte et que cette flamme que je lui connaissais jusqu’à présent ne s’allume pas ce soir. Il n’est pas comme d’habitude. D’ordinaire, j’aimais penser que j’étais son meilleur amant. Celui dont il ne pouvait se passer et qu’il déboursait de l’argent pour accéder à cette gourmandise interdite qui lui va si bien. Mais plus le temps passe et plus il me donne le sentiment d’étouffer quelque chose entre mes bras. Ce soir, ce sentiment est encore plus présent qu’avant et ses gestes me font frissonner mais pour une autre raison que notre sexualité, d’ordinaire si débordante. Souvent, je me demande comment j’arrive aller dans les bras d’inconnus, dans des draps froids, surmontés d’odeur nauséabondes qui restent accrochées à ma peau. Je ne le fais pas pour moi, ni pour mon patron. Juste parce que ça m’assure que Yoon Jun va bien. Ou juste… cela me crée l’illusion qu’il va bien.

« Alors ne parlons pas de ça... Tu n'as pas à faire la conversation si tu ne veux pas. Je ne me fais pas d'espoirs sur l'opinion que tu as de moi ou sur le reste. N'essayons pas de prétendre. Faisons juste et ça ira pour ce soir... Ca suffira. »

Penchant la tête sur le côté, je le fixe, légèrement surpris par cet aveu en demi-teinte. Mes oreilles frémissent et bougent rapidement, trop rapidement pour un œil humain, concentrées à écouter un peu partout, mais surtout, son rythme cardiaque qui pourrait réveiller mes instincts de tueur. Parfois, j’ai envie de le dévorer, littéralement. J’en ai vraiment envie, mais je sais que je ne le ferai pas. C’est cette aura si particulière qu’il dégage. Ce je-ne-sais-quoi mystique. Il y a tellement de personnages étranges à Londres. C’est sans doute la première fois de ma vie où j’ai l’impression, le sentiment, que je peux me fondre dans la masse malgré mes particularités.  « Tu es différent. » Je le tiens un peu mieux pour capter son regard, une certaine douceur dans mes gestes. « Comme si tu avais payé… pour me voir. » Me voir. Être avec moi et non pour profiter de cet échange charnel que je lui donne contre son argent. Dans un autre monde, dans un autre contexte, j’aurai sans doute pris plaisir à être son amant. Le fait d’être une marchandise et rien d’autre ne me permet pas de m’attacher à ceux qui m’achètent. Pourtant, j’ai une once d’attachement pour Matthias. Je ne saurai même pas dire pourquoi. Posant délicatement mes doigts sur sa bouche, je l’empêche de parler ou de… « Non, ne ris pas. » Ce serait bien trop offensant, même si cela ne serait qu’une parade de sa part. « Que souhaites-tu ? Pas mon corps visiblement, du moins, pas sexuellement parlant. Alors quoi ? Pourquoi cette entrevue ? »


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