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 (Flavien) - Be good, won't you ?

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Nikola Tesla


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Even though I walk through the darkest valley, I will fear no evil.
Un petit mot ? : Show me your teeth, baby
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Message(#) Sujet: (Flavien) - Be good, won't you ? Dim 4 Fév - 7:33

Be good, won't you ?
Flavien & Nikola
And it's over, it's over. I'm circling these vultures, got me praying and it's hunger. Feeling something rotten. Last time I saw you said "What's up?" and pushed right through then I tried to catch you but we're always on the move

L'air frais de la nuit encore jeune vient fouetter cette peau qui recouvre la chair faussement humaine que je porte, créant ainsi sur mon épiderme une réaction proche d'un frisson, un froissement de nerfs étrange qui m'arrache tout au plus une indifférence déjà marquée et arboré avec une certaine fierté. Vers le ciel, je hausse vaguement les yeux pour mieux observer les étoiles que de ma cellule je ne peux voir, m'étonnant de constater que malgré l'absence de lune, aucune n'est à recenser à cause du brouillard épais qui s'élève au-dessus des toits et qui enveloppe sans peine la beauté de ce ciel nocturne. D'un soupir, je pourrais me plaindre et me désoler auprès des humains qui m'entourent et m'escortent, que leur espèce a tout de même un certain don pour masquer ce qui pourrait attirer son oeil mais je préfère à la place conserver un silence pesant, un mutisme qui se fait une seconde peau sous mes vêtements, une armure que les membres de cette Ligue ne parviennent pas à briser et dont ils ne savent plus quoi faire. Tous, les uns après les autres, se sont désolés de mon silence, cherchant à m'arracher des mots qui ne sont jamais venus et qui ont dû être cherchés dans mon esprit par un sorcier, qui vicieusement força la muraille de ma psyché pour venir déloger dans les limbes de mon esprit d'incube les réponses à des questions que ses supérieurs se posaient. Lui, a pu trouver dans mes songes et mon silence ce que je ne voulais dire, révélant ainsi aux autres que démon j'étais bien mais que malheureusement, je n'étais qu'une petite proie, un incube qui se glisse dans les songes inavouables des humains, un assassin de l'enfer et non un de ses commandants. Sur l'instant, j'avais osé me fendre d'un rire et d'une remarque qui à son esprit avait sifflé. "Les plus puissants de mon monde ont mieux à faire de perdre leur temps avec des créatures comme vous. Cessez de vous penser importants." Les mots qui avaient suivis n'avaient aucune importance, car pleins d'un orgueil froissé et d'une volonté de me convaincre que je ne comprenais rien au monde qui m'entourait et à ses humains qu'il fallait selon-lui apprendre à connaître avant de les mépriser. De tout ça, je ne me suis pas soucié et alors que l'on me fait grimper dans une berline, escorté de deux traqueurs chevronnés et toujours entravé dans ce carcan magique qui m'empêche d'user de mes pouvoirs et d'ainsi me faire un danger pour la populace, je refoule un peu plus tout ça, conscient de toute façon que ceci n'est qu'un contre-temps de ma longue existence, une fâcheuse situation qui prendra de toute façon fin. Ainsi, durant le trajet, je reste silencieux, n'écoutant que d'une oreille les bavardages de mes geôliers, qui alors qu'ils fument cigarettes sur cigarettes ne font que se plaindre de cette mission qui est la leur, marmonnant entre deux volutes de tabac qu'il n'y a rien de plus dérangeant selon eux que de devoir tenir compagnie à la chose que je suis.

"Surtout pour juste l'emmener tenir compagnie au conservateur..."

Le claquement de langue angoissé qu'il émet suffit à m'arracher un sourire tandis que son compagnon enchaîne, ses doigts jouant nerveusement avec le paquet d'allumettes qu'il tient encore dans sa paume.

"Nous devons juste le confier aux bons soin de Monsieur de Sombreval, ne rien toucher afin de ne pas compliquer notre cas et nous serons tranquilles... Monsieur Calloway a dit que deux autres traqueurs viendraient le récupérer à l'aube."


Un arôme délicat commence à se distiller dans l'enceinte du fiacre, une fragrance délicieuse qui se mélange étrangement bien à celle du tabac que les deux humains fument. J'inspire longuement et écoute en moi rouler les sensations qui s'éveillent dans ma chair au contact même de cette peur qui émane des deux hommes et qui fait naître en moi l'envie de planter en eux mes griffes pour les retenir et pour me nourrir de cette terreur si étroitement liée au désir. Je ne pourrais dire exactement ce qui anime chez eux cette flamme que j'ai envie de goûter du bout des lèvres mais en silence je l'apprécie, me laissant porter jusqu'au musée. Les yeux clos, je me laisse distraire par la conversation éparse que les deux soutiennent sans grande conviction, s'échangeant de temps à autre des phrases qui sont vides de sens et dont le but n'est pas d'informer l'autre de quelque chose qui pourrait être important mais juste de combler le silence qui les gêne et d'étouffer toutes les questions qu'ils ont à mon sujet. Celles qui tournent autour du genre et de la nature même de cette chair que j'expose. Tous veulent savoir ce qui se cache sous les fibres de cet être qui respire et qui pourtant jamais ne mange, préférant observer un silence glaçant qui s'entrecoupe parfois de légers rires méprisants. Tous aimeraient comprendre, tous voudraient m'arracher cette vérité qu'ils ne sont point prêt à entendre, mais étrangement, pas un n'essaye réellement de satisfaire sa curiosité, préférant naviguer à l'aveugle dans l'incertitude et ainsi faire de moi un mystère supplémentaire qu'il observe de loin, une créature étrange que l'on préfère oublier pour ne pas affronter la réalité. A nouveau, j'expire un peu d'air et alors que je m'apprête à entrouvrir les lèvres pour demander une cigarette, le fiacre s'immobilise et la porte de celui-ci s'ouvre, révélant ainsi à ma vue un bâtiment immense, à l'architecture presque intéressante pour l'être habitué aux paysages imposants et complexes de mon monde que je suis. Sans rechigner, sans chercher à rendre la tâche des humain plus compliquée, je me glisse avec élégance hors de la berline, laissant le bout de mes chaussures doucement trouver le pavé, me déplaçant alors avec la grâce d'une panthère qui se sait le maître de la chaîne alimentaire. En un roulement de hanches gracieux, j'évolue ainsi avec eux, pénétrant au sein du Musée, sans un bruit, sans même émettre un froissement pour mieux me délecter du silence qui enveloppe les alentours et de la douce odeur de la poussière et du marbre qui me parvient et qui durant un instant masque une autre fragrance. Au détour d'un des couloirs qui forme le dédale de ce lieu qui se fait le gardien d'une histoire que les humains ne doivent même pas respecter, je perçois finalement ce doux arôme qui en moi réveille autant des sensations contraires qu'une curiosité sincère qui pour la première fois depuis mon arrivée sur cette terre, me fait espérer qu'enfin je vais trouver en ce plan de l'existence quelqu'un ou quelque chose qui sera digne de mon attention. Presque pressé, j'accélère alors le pas, suivant la douce odeur de cendres et de feu, le coeur excité à l'idée de rencontrer cet être exceptionnel qui devrait vivre avec nous au sein de ce lieu que les ignorants appellent enfer. Sur mes talons, j'entends les deux humains tenté de me rattraper, m'ordonnant de ralentir sous peine de me voir être blessé en guise de réprimande, mais je n'en fais rien, avançant simplement jusqu'à le trouver lui. Un sourire s'esquisse sur mes lèvres et dévoile sans peine mes crocs alors que je le trouve au milieu d'antiquités, dos à nous, seigneur d'un passé qu'il protège et pour lequel il doit être prêt à tuer. Sur ma peau, je sens un frisson s'égarer et tandis que les humains me rejoignent, ce sont eux qui se font assez bruyants pour déranger la tranquillité de cet instant. L'un d'eux se racle la gorge tandis que l'autre tente de se montrer humble face au roi de cet endroit.

"Bonsoir... Désolé de vous déranger Monsieur Sombreval... Nous vous apportons simplement votre... Hôte de ce soir, comme la lettre vous l'indiquait..."


J'hausse un simple sourcil, étonné de ce que l'on pourrait attendre de moi ici, avant de simplement me demander si ils n'espèrent pas que ce fameux conservateur ne fasse qu'une bouchée de moi.

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Apocalypse 21:8
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Flavien Sombreval
Dragon

Message(#) Sujet: Re: (Flavien) - Be good, won't you ? Jeu 1 Mar - 17:37


Be good, won't you?
Nikola & Flavien
J'avais planté là les deux membres de la Ligue, le pirate et le médecin, afin d'éviter que la tentation ne soit trop forte. Parce que oui, me retrouver face à un tel trésor, ce mystérieux objet chargé de tant de promesses et de tant de pouvoir avait remué chaque parcelle de mon être d'un désir ardent et enflammé mon sang millénaire. Après tout ce n'est qu'un morceau de métal, un cylindre complexe fait de rouages et de verre mais ce qu'il recèle, et surtout les possibilités qu'il renferme le rendent inestimable. Un vrai trésor, digne de trôner sur mes étagères, au milieu de pièces tout aussi fabuleuses venant des quatre coins du monde et du temps. Bien sûr je ne l'utiliserai pas. Je ne suis pas fou, et surtout, je n'aurai aucun intérêt à le faire. Je ne veux pas faire couler le sang ou lancer une guerre civile - à part bien sûr dans la perspective de pouvoir profiter du chaos pour me servir dans les collections du musée et mettre à l'abri, sous ma protection, les pièces que j'estimerai être dignes de cet honneur. Mais non je n'ai aucune volonté de l'utiliser. L'artefact a beaucoup plus de valeur alors qu'il est intact et qu'il a conservé toute sa puissance et un flacon plein est toujours plus intéressant qu'un flacon vide. Alors que je me glisse hors du siège de la Ligue, mes yeux scintillent légèrement en repensant aux paroles du pirate, disant qu'un simple coffre ne suffirait pas à assurer la sécurité de cette chose face aux convoitises. Alors où pourrait-il être mieux que chez moi, dans un appartement anonyme et gardé par un dragon? Une des espèces de créatures les plus puissantes et les plus mortelles? Il faudrait peut-être que j'en touche un mot à miss Harker, celle qui a l'air d'être une des patronnes de ce lieu... et qu'avec de la chance il pourrait être chez moi. A moi. En quelque sorte. A moi au milieu du reste de mon trésor, à sa place, une pièce de plus pour rendre ma collection encore plus parfaite...

Une fois dehors je hèle un fiacre, pestant de ce secret de notre existence qui doit être préservé, et qui m'interdit surtout de me transformer et de regagner le musée en volant. Mais non. Je m'engouffre à l'intérieur et affronte le cocher bougon qui finit enfin par me ramener dans mon cher musée. Mon antre. Je m'occupe de répertorier de nouvelles pièces venant d'Inde, quelques bijoux et des statues de toute beauté. Je me revois il y a un siècle... peut-être deux, arpentant les pistes du Bundelkund à dos d'éléphant avec un turban entourant soigneusement mon crâne et un baghnakh serti de pierreries à ma ceinture... De belles années que j'ai passées là bas, avant que la couronne britannique décide de proclamer que ce pays était le leur, ignorant totalement les populations locales et les maharadjas qui y vivaient depuis...des millénaires? Une sorte d'âge d'or que j'ai pu contempler, entre chasses au tigre dans la jungle et fêtes somptueuses en l'honneur du dieu Ganesh... Mes souvenirs s'envolent bien loin et je sens presque l'odeur du patchouli et de l'encens lorsqu'on vient frapper à la porte. Je grogne et Jérôme, en assistant bien dressé trottine et va ouvrir, avant de me ramener deux espèces de pingouins qui ont l'air... par ma foi d'escorter un prisonnier? Je me redresse en fronçant les sourcils.

- Quelle lettre?
- Mons...


Devant mon regard assassin mon assistant me désigne l'enveloppe soigneusement posée sur mon bureau, enveloppe que je n'ai pas vue parce que j'étais trop occupé à me mettre au travail de suite, sans m'encombrer de détails inutiles. Je leur fais signe d'attendre alors que je retourne à mon bureau, déchire l'enveloppe d'un mouvement sec. Bla bla bla veuillez collaborer...bla bla bla...permettre d'accéder au miroir référence bla bla bla... contact avec l'au-delà bla bla... démon... bl...non pas bla bla bla. Un démon? Vraiment? Je suspends ma lecture et lève les yeux au-dessus de la feuille de papier pour détailler le ''prisonnier''. Bel homme, pâle aux traits fins et gracieux. Il me rappelle certains acteurs qui à l'époque Elizabethaine devaient jouer les femmes car ces dernières étaient interdites sur scène... Et j'avoue être curieux. C'est le premier démon que je croise... je pensais que leur existence n'était qu'un mythe, une légende... et j'avoue que je brûle d'impatience de passer un peu de temps avec lui pour en apprendre plus... Je baisse à nouveau les yeux. Contact vers l'au-delà...bla bla bla... important pour la Ligue...bla bla bla...contrôle du monde des enfers...bla bla bla. Classique. Je froisse la lettre et reporte enfin mon attention sur le trio.

Bien. J'ai lu votre lettre. Sauf que vous êtes dans mon musée, et cela va donc se passer à ma manière. Déjà vous allez nous laisser seuls, je n'ai pas besoin de vous dans mes pattes alors que je travaille. Ensuite, vous allez m'ôter ces chaînes et vite. On n'est pas dans un bagne ici, et je n'ai pas envie d'effrayer les visiteurs! Vous imaginez si des rumeurs commencent à circuler comme quoi on emmène des gens enchaînés dans les sous-sols du British? Combien de temps faudra-t-il avant que des journalistes n'arrivent et mêlent leur nez partout? Pas longtemps. Alors réfléchissez si vous voulez que votre précieuse Ligue demeure. Idiots. Maintenant laissez moi avec lui. Je vous ferai chercher quand on en aura fini.

Je les regarde ôter enfin les fers du prisonnier avant de les congédier d'un geste de la main, me retenant de rire face à leur mine outrée. Et c'est seulement quand la porte du bureau se referme et nous laisse seuls que je souris enfin.

Bon débarras. Ils peuvent être pire que des sangsues parfois... mais on devrait être tranquilles quelques heures. Fabien. Fabien Sombreval et vous?

Je m'approche et lui tends la main.

Alors comme ça vous avez besoin d'utiliser le miroir magique? Intéressant. Vous avez déjà fait ça avant ou c'est une première?

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Nikola Tesla


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Message(#) Sujet: Re: (Flavien) - Be good, won't you ? Mer 14 Mar - 9:18

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Je souris légèrement alors que je me fais témoin de l'autorité de cet homme qui vit dans les antres d'une cave, et dont l'odeur de souffre et de cendres éveille en moi une envie de me rouler contre lui pour me nourrir de cette chaleur qui émane de sa personne et qui a la force familière des êtres qui vivent au sein de ce plan duquel je viens. Ainsi, pendant que les deux humains s'affairent à défaire les chaînes et entraves qui faisaient de moi un animal en cage, une bête que l'on souhaitait restreindre, je n'arrive à quitter des yeux celui qui nous fait face, l'homme qui porte sur sa peau les affres et les fragrances d'un brasier éternel, d'une tempête de feu qui dévore tout sur son passage et qui ne laisse derrière elle qu'une terre brûlée et stérile qui se fera la désolation de ceux qui oseront la fouler. Pour lui, j'hume l'air tel le prédateur que je suis et m'enivre de tout ce que je perçois chez lui, de son désir de savoir et de son envie de comprendre tandis que les humains disparaissent bien rapidement, nous laissant ainsi entre divines entités. Car c'est ce que nous devons être. Des éléments plus grands encore que les montagnes de ce monde, les témoins de force qui laissent les humains en vie parce qu'ils sont indifférents du sort des créatures qui rampent et qui ne vivent pas plus longtemps qu'un de nos battement de coeur. A nouveau, je souris légèrement et dévoile mes crocs avant de rouler des hanches gracieusement tandis que je m'approche de l'inconnu dont je ne saisis pas la main et dont j'ignore pour l'instant les questions, préférant à la place détailler sa personne de mes prunelles à la couleur changeante. Il y a bien des questions que je pourrais lui poser, bien des interrogations que je pourrais formuler, mais à la place, je me complais dans un mutisme qui me semble être approprié, effleurant sa paume du bout de mes doigts pour mieux sentir les forces qui tempêtent dans ses veines et se font les ouragans qu'il doit être capable de créer. Puissant il l'est, à en juger par l'odeur qu'il dégage et par ce doux arôme de désir qui suinte d'entre les pores de sa peau, que malheureusement je ne peux absorber et que je dois laisser se perdre dans l'air qui nous sépare et qui semble se réchauffer de nos deux auras. Sur le côté, je penche légèrement la tête avant de serrer sa main entre mes doigts fins, lui offrant un simple sourire qui s'efface bien vite quand à côté de lui je passe, oubliant sa personne pour me concentrer sur son antre.

"Vous n'êtes pas humain."


Vers le plafond, je lève légèrement le nez tandis qu'autour de moi s'amassent les trésors d'époques humaines qui se font le témoin de ce que ses êtres que je considère comme des proies ont pu créer et léguer à ceux qui évoluent désormais sur ce plan de l'existence. Certains attirent mon regard mais celui qui m'intrigue le plus est ce miroir dont il parle et qui ne se trouve même pas dans cette pièce, surement car il n'a aux yeux de ce fameux Flavien, pas l'importance qu'il accorde à ce qu'il amasse ici pourtant avec la frénésie que l'on connait à toutes les pulsions nerveuses. Dans le silence, mes paroles se perdent et si un instant, je songe à ne pas me fatiguer à faire la conversation, voilà que je me retrouve à de nouveau desserrer les lèvres pour celui qui se fait le premier interlocuteur que j'ai depuis le début de mon emprisonnement dans les sous-sols de la Ligue.

"Nikola."

Je reste laconique, presque minimaliste, comme si cela était fatiguant, voir épuisant pour moi de formuler des phrases composées de plus d'une dizaine de syllabes. Je fronce légèrement les sourcils à cette réflexion et réalise alors qu'en effet, c'est éreintant de parler, et que contrairement à penser, c'est une action qui me demande un effort que je n'ai pas envie de produire tant il me semble être dénué de tout intérêt et vide de tout sens. Penser au lieu de parler, voilà qui me semble plus intelligent et plus intéressant. Les mots sont vides après tout, vain et sans la moindre nuance des émotions complexes et des ressentis que l'on peut éprouver. Ils sont une perte de temps, une traduction bancale de ce qui se peut se passer dans la tête de quelqu'un. Le langage humain est en vérité un handicape dont j'aimerais bien me passer mais que je suis obligé d'user, car cette enveloppe charnelle qui est la mienne ne sait que faire ça dans ce monde. Alors par obligation, me voilà à tenter de mettre des mots sur ce qui traverse mon esprit à toute vitesse, en vain tant je passe d'une idée à l'autre. Je pourrais lui demander bien des choses mais je décide d'aller à l'essentiel, d'oublier les questions qui pourraient se faire redondantes pour simplement n'évoquer que l'important, abandonnant ainsi dans un recoin de mon esprit toutes les demandes que je pourrais avoir à propos de sa nature et de ce miroir dont il me parlera de toute façon bien assez vite.

"Je suis plutôt jeune, que ce soit ici ou là-bas. Mais j'ai déjà eu le plaisir d'arpenter une facette de ce plan."

Tout ce qui doit glisser d'entre mes lèvres fines ne doit être à ses oreilles que énigmes ou des puzzles qu'il se doit de déchiffrer mais pour moi c'est une concentration, une distillation parfaite de mes pensées et de mon passé. Un résumé succinct qui n'a pas besoin de fioritures ou de détails. Après tout, de nous deux, j'ai l'impression qu'il est celui qui en sait le plus, vu que pour ma part, j'ai simplement été tiré de ma cellule de force et donnés aux bons soins de ceux qui m'ont fait venir jusqu'à lui. Un frisson dévale mon échine osseuse, à la manière d'une caresse dont on pourrait flatter mes vertèbres tandis que je me retiens de glisser un regard à Flavien pour préférer à la place me délecter de l'odeur qui plane dans cette pièce et qui réchauffe la moelle de mes os. Une expiration plus tard, je murmure alors.

"On m'a fait venir ici. Autant que vous me montriez ce qu'ils veulent de moi."

Même si j'aimerais que les choses traînent, afin de pouvoir profiter le plus possible de cette liberté illusoire que l'on m'offre en cet instant, où je n'ai pas à supporter le poids de chaînes et d'entraves pour laquelle la chair que j'endosse est faible.

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Flavien Sombreval
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Message(#) Sujet: Re: (Flavien) - Be good, won't you ? Mer 11 Avr - 9:22


Be good, won't you?
Nikola & Flavien
J'aime quand les humains reconnaissent ma supériorité naturelle. Je suis une créature pluri centenaire, et la naissance de ma race remonte à loin, bien loin. Ils n'étaient que des misérables têtards baignant dans le bouillon primitif alors que mes ancêtres déployaient leurs immenses ailes dans le ciel encore neuf et sillonnaient le monde qui leur appartenait encore totalement. Ceux de la Ligue savent. Ils connaissent mon pouvoir et mes capacités. Ils sont au courant que ma vie n'est qu'un contrôle permanent de ma vraie nature afin de garder une apparence similaire à la leur, et de ne pas laisser la créature en moi prendre le dessus et transformer leur ville en une copie moderne de Pompeï. Parce que oui, Pompeï est le résultat d'une violente colère de mon ancêtre Fragana par rapport à un de ces humains détenant une once de pouvoir et qui se croyait être le roi du monde. Il l'a payé cher, comme toute la ville, et le coup du volcan n'est bien sûr qu'une excuse pour cacher cette juste punition aux yeux de ces ignorants. M"fie-toi de l'eau qui dort... mais crains le courroux du dragon avant tout. Je lis dans leurs yeux qu'ils ont compris le message, et ne cherchent pas à discuter davantage, libérant ce mystérieux prisonnier qu'on a amené pieds et poings liés comme un vulgaire voleur de poules.

Et je dois avouer que si au début la perspective d'être encore dérangé dans mon travail pour jouer les larbins de la Ligue m'avais mis dans un état de profond énervement, le fait de découvrir la nature de mon visiteur a rapidement apaisé mon courroux, laissant place à une curiosité plus grande encore. Un démon... Je sens son aura magique quasi immédiatement, et puis son odeur, un parfum de soufre et de camphre...une odeur capiteuse mais sûrement perçue de moi seul. Ce que j'apprécie...avoir l'exclusivité de quelque chose m'a toujours plu...J'attends donc que nous soyons seuls pour serrer la main du nouveau venu, frissonnant agréablement en sentant sa magie venir s'enrouler à la mienne, un peu comme un lierre amoureux qui se lancerait dans la conquête de mon bras, grimpant et remontant lentement... Il ouvre enfin la bouche, et une voix un peu rauque, qui tranche avec son apparence androgyne, teintée d'un fort accent slave résonne dans la pièce, ce qui me fait éclater de rire. Pour accentuer le spectacle je permets à mes prunelles reprendre leur couleur d'or habituelle, et laissant un léger filet de fumée s'échapper de mes narines.

En effet je ne le suis pas. Je suis un dragon... Nous sommes bien en vie même si nous restons discrets depuis quelques siècles... Enchanté donc, Nikola.

Les démons avaient toujours fait presque partie de mon folklore, des légendes que l'on se racontait, ou celles qu'on entendait sortir de la bouche de certains de leurs hommes d'Eglise, des sortes d'hystériques convaincus que le monde entier était voué à la damnation et qu'ils brûleraient tous dans des flammes horribles, torturés par ces créatures fourchues et cornues jusqu'à la fin des temps. Ah c'est vrai qu'en ce temps là ils avaient le sens de la formule et du decorum. Et dire que la plèbe les croyait aveuglément... Bien sûr je savais qu'ils existaient, mais pas de la façon dont on en parlait dans ce monde... Et je suis amusé de me dire qu'il aura fallu attendre sept cent ans et plus pour pouvoir enfin en connaître un en chair et en os. Je hoche la tête à sa réponse quant à ma question à propos du miroir.

Vraiment? Intéressant... Et comment êtes vous arrivé dans cette dimension, et surtout, entre leurs mains, si je puis me permettre? J'arpente la Terre depuis de nombreux, nombreux siècles et pourtant vous êtes le premier de votre espèce que j'ai la chance de croiser. Vous m'intriguez...

Eh oui je suis de nature curieuse, surtout envers lui, dont j'ai entendu parler de la race à tout bout de champ, mais sans pouvoir juger moi-même de leur vraie nature. Et même si je me doute que la Ligue ne me laissera pas le fréquenter, enfin disons plutôt l'inverse, j'espère quand même secrètement avoir plus de temps pour échanger avec lui, et ne pas nous retrouver ainsi, à devoir nous hâter pour contenter ces rabat-joie qui se prennent pour les sauveurs de l'humanité. Les Templiers ont essayé en leur temps, et on voit comment ils ont fini... Enfin... poussant les portes et arpentant les couloirs, je sors mon trousseau de clés et ouvre la remise très secrète des objets que la Ligue entrepose soigneusement ici, sous bonne garde. La mienne. Je referme derrière nous afin que nous ne soyons pas dérangés, et allume les lampes à pétrole afin que l'on y voie clair étant donné que l'endroit n'a aucune fenêtre, pour dissuader d'eventuels voleurs. Je le guide entre les caisses, les étagères, les boites et les vitrines jusqu'à un grand miroir recouvert d'un drap, que je découvre d'un geste théâtral.

Voici ce dont ils vous parlaient. Le fameux miroir qui permet de voir entre les mondes. Mais... est-ce que vous savez vous en servir? Avez vous déjà utilisé quelque chose de semblable par le passé?

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Nikola Tesla


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Devise : Even though I walk through the darkest valley, I will fear no evil.
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Message(#) Sujet: Re: (Flavien) - Be good, won't you ? Mar 17 Avr - 15:32

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D'où je ne suis, je ne peux que sentir ça, l'odeur, la fragrance de sa curiosité et de son impatience. Jusqu'à mon nez, ce sont les arômes étranges d'une possessivité qui me parvient et qui arrive à faire naître sur mes fines lèvres un sourire amusé, un rictus presque arrogant que je fais pourtant disparaître d'un fugace battement de cils afin de laisser le dragon et conservateur de ce musée dans les limbes du mystère qui m'entoure et qui se fait la jungle des interrogations dans laquelle il se perd. Ainsi, en silence, j'ignore ses interrogations et me contente d'un regard vide de toute réponse, préférant à la place humer un peu plus son parfum chaud pour mieux réchauffer mes os et de ce fait fantasmer un peu plus sur la possibilité de venir me lover contre lui pour un instant échapper à cet emprisonnement qui a fini par faire de ma chair une chose fragile qui tremble par instants et qui n'est plus capable des miracles que j'étais jadis apte à effectuer sous le regard émerveillé de mes proies. Sur lui, j'aimerais pouvoir user de mes talents pour le charmer, pour devenir à ses yeux, le temps d'un instant, l'objet de ses désirs, l'être qu'il accepterait de réchauffer contre sa peau brûlante, mais conscient de ne pouvoir exiger cela et encore moins de l'obtenir, je préfère à la place pincer les lèvres et le suivre quand vers le miroir il me guide, me faisant naviguer dans les dédales sinueux de cette bâtisse qui semble abriter en son sein la myriade de reliques que les humains aiment à voir comme des trésors. Marchant dans ses pas, je flâne presque, laissant mon regard se perdre dans les moindres recoins, les sens aux aguets pour la sensation familière qui se distille dans les ombres de ce lieu. Derrière-lui, je prends un instant pour m'imprégner de cet arôme qui devient plus entêtant encore quand il ouvre une porte,  dévoilant à mes yeux d'autres artefacts dont la nature seule arrive à capter mon attention et à la retenir. Du bout des doigts, je suis tenté un instant d'explorer ce lieu à ma guise mais me retrouve à devoir le suivre pour ne pas me perdre au milieu des reliques de peuples et de créatures dépouillés par les humaine, pour mieux faire face à l'immense miroir qu'il fait émerger de sous le draps, dévoilant de ce fait à mes prunelles désormais écarquillées, un vestige de mon espèce, un témoin d'un passé où nous étions encore capables de voyager.

"Impossible..."

Un murmure m'échappe alors que je m'approche du miroir, dont la surface opaque vibre à ma simple présence, reflétant de ce fait non pas mon image mais la parfaite représentation de l'incube que je suis. Dans la surface liquide de ce qui devrait être solide, j'apparais ainsi sous les traits du démon que je suis, l'être aux cornes immenses et à la peau de cendreuse qui loin de regretter son monde, ne peut que se navrer de ce plan duquel il est désormais prisonnier. Sur le côté, je penche la tête, laissant ma paume effleurer la surface du miroir avant qu'enfin, il ne glisse d'entre mes lèvres les réponses à des questions qui n'ont pas encore été posés.

"Nous savons tous nous en servir... Nous pensions juste qu'ils n'existaient plus."


Dans ma chair, j'entends presque les murmures de ma terre natale, le chant des miens qui toujours dans les limbes de notre monde, grondent dans l'espoir d'un jour pouvoir se trouver du côté de cette paroi de verre qui nous sépare de ce plan qu'il serait aisé de conquérir. Après un soupir, je romps le contact avec l'artefact, laissant sa surface argenté reprendre une forme plus lisse alors que je me tourne vers Flavien, posant mes prunelles dans les siennes.

"Vous possédez quelque chose de réellement précieux. Quelque chose dont je ne veux pas révéler les secrets." Je pourrais mentir, oser prétendre que cela pourrait se faire l'occasion de marchander ma liberté, mais conscient que je n'y gagnerais rien à part un refus, je préfère être clair dès le début et ne point laisser la moindre ambiguïté entre nous. "Il vaut mieux d'ailleurs pour ce monde que je ne dise pas à quoi cela sert." Je détourne à nouveau le regard et soupire quelque peu, les bras désormais croisés sur mon maigre torse. "Mais si ça peut vous rassurer, ceci est la réponse au pourquoi je suis le premier démon que vous croisez depuis votre naissance."

Sans eux, sans la porte qui me fait face et qui ose se faire passer pour un simple miroir, nous sommes longtemps restés dans notre recoin de l'univers, à rêver de conquêtes, à fantasmer sur le chaos que nous pourrions apporter à des espèces et civilisations plus faibles et primitives sans pourtant être capables de faire plus que de se glisser dans des failles entre les plans pour le temps de quelques instants évoluer dans des mondes qui ne sont pas le nôtre. Sans eux, sans les créations des anciens que l'on dit avoir été à l'origine même d'univers qui se sont écroulés sous le poids de siècles et d'éternités. Sans eux, nous ne sommes que des légendes qui n'existent que dans l'esprit de créatures comme lui, de sages qui sont aussi les gardiens de ce qui se pourrait un jour s'oublier. D'entre mes lèvres, il s'échappe un autre soupir alors que je reprends, la voix voilé par un agacement certain.

"Nous sommes puissants et en cette terre, nous pourrions être des dieux, des divinités devant lesquelles les humains ramperaient... Mais il nous est compliqué de quitter notre monde, même si parfois... Des accidents arrivent."

Je souris à mes propres mots, amusé de constater qu'ici mon arrivée est synonyme de désastre alors qu'à mes yeux, c'est presque un miracle, une preuve que les miens peuvent se mettre en marche. Mais pour l'instant, au lieu de me réjouir, je préfère me considérer comme un éclaireur, comme un pionner de l'exode futur de mon peuple, observant ainsi en silence le miroir tandis que sur mon échine, je sens un autre frisson s'y glisser.

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Apocalypse 21:8
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