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 (Marie) - Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission.

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: (Marie) - Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission. Jeu 29 Mar - 7:58

Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission.
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Wine comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y'a pas de galère. J'le dirais ni à ton père ni à ta mère. Ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

L'angoisse est une vipère aux crocs pernicieux et tenaces. C'est un serpent, un cobra de la chair qui ne connait pas un prédateur et qu'il est souvent difficile de chasser quand dans les entrelacs d'une cage thoracique elle s'est installée. C'est un parasite qui fait de nous une proie, un chasseur qui n'a pas à patienter pour nous voir nous consumer et qui mord régulièrement, afin que son poison ne cesse jamais de couler dans nos veines. L'angoisse est tout ça, et en cet instant, en cette journée qui lentement s'écoule, je la sens se mouvoir dans mon torse, se glisser entre mes côtes et s'enrouler autour de mon coeur, sifflant son chant funèbre dans le creux même de mes nerfs alors que difficilement, j'évolue dans les couloirs de la Ligue, aux côtés du majordome de mon mentor. L'homme d'un certain âge ne m'adresse pas un regard, se faisant le simple garant de ma bonne conduite, le dépositaire de la confiance de celui qui me tient au bout d'une laisse et qui en cette journée, n'a même pas daigné me soutenir alors que je suis convoqué pour ce qui ne va certainement pas être une simple discussion comme la missive le précisait, mais plutôt un interrogatoire dont la nature même risque d'éveiller en ma personne une colère qui ne sera rien de plus qu'un prétexte pour ma magie de prouver aux autres à quel point je n'ai rien d'un sorcier dont les talents pourraient être utiles, mais tout d'un monstre qu'on aurait dû depuis bien longtemps abattre ou enfermer dans une des cellules de la Ligue. Et si un instant, j'avais songé à faire venir à moi la meute pour me rassurer, l'idée avait été enterré à l'instant même où Jenkins m'avait aidé à enfiler mon manteau. "Il serait peut-être sage de vous présenter seul, Monsieur Calloway." avait-il dit avec un sourire à la douceur presque désagréable. "Ce n'est surement rien mais il serait peut-être plus prudent de ne pas donner l'impression que vous venez avec votre meute car vous vous préparez à un affrontement." Ainsi, à cause de cette réflexion qui avait su faire son chemin dans ma psyché embrumée par les doutes et incertitudes qui enveloppaient cette convocation soudaine, me voilà dépourvu de ma seule armure, à avancer vers ma propre mort le menton haut et les épaules tremblantes, mon enveloppe charnelle volée par ce serpent qui à chacun de mes pas grandit et se fait presque une malédiction du corps, une excroissance envahissante qui bientôt me susurre que cette carcasse sera l'oeuf dont elle sortira et que de moi, il ne restera après son passage que les vestiges de quelqu'un que personne ne regrettera. Des fragments d'un homme dont les restes se feront des pétales emportés par le vent, une poussière de cendres qui dans le néant se dispersera sans rien laisser derrière-lui, pas même un souvenir qui pourrait ancrer dans l'esprit de quelqu'un ce qu'il a été un jour. Dans la trace de mes pas, rien ne reste et si une seconde, je songe à contempler par-dessus mon épaule le vide qui se fait mon ombre, je préfère à la place expirer un dernier soupir, une expiration vaine qui se fait la seule réponse que j'offre au majordome quand celui-ci m'abandonne sur le pas de la porte, me disant qu'il sera là quand tout sera terminé. D'un sourire je le remercie et me glisse alors dans le bureau qui servira de salle d'interrogatoire, sentant alors un frisson désagréable dévaler mes vertèbres, un qui me donne la vague impression que dans la gueule d'un dragon je viens de pénétrer et que sous peu, je vais me retrouver prisonnier de crocs qui n'auront pas la moindre pitié pour l'être chétif que je suis. Derrière-moi, j'entends la porte se refermer et le silence se faire mon seul hôte, un qui ne se trouble pas des battements furieux de mon coeur et qui ne semble pas se soucier de mes prunelles anxieuses, qui dans la pièce se perdent, scrutant le moindre recoin dans l'espoir de trouver dans les ténèbres la source de cette effluve particulière, cette fragrance subtile et menaçante qui fait courir dans les tréfonds de la moelle de mes os un avertissement à peine voilé.

Les épaules tendues, l'air incertain et les lèvres pincées, je reste dos à la porte, mon échine sagement appuyée contre le bois de celle-ci tandis que sous ma peau, je sens s'infiltrer une magie bien plus ancienne que la mienne et tout aussi dangereuse. D'un battement de cils, je m'imprègne de cette essence qui n'est qu'une trace du potentiel de celui ou celle qui abrite dans sa chair une telle entité, apprenant à craindre avec respect cet aîné qui arrive à faire courber l'échine à ma propre magie, qui me surprend à se faire silencieuse un instant avant de commencer à gronder à la surface de mon épiderme, presque offensée que l'on puisse chercher à la rendre docile. A cette impression, un vague rictus amusé m'échappe quand soudainement fatigué par l'attente pourtant de courte durée, je chasse le silence de murmures doucereux, de paroles qui ne se font que le témoin d'une impatience anxieuse, d'une envie de bien vite quitter cette situation qui ne fait que nourrir le cobra qui se réchauffe près de mon myocarde.

"Ca ne sera pas long… C'est surement pour parler de mon mentor et des éventuels progrès que je fais. Ce n'est surement rien de grave… Je n'ai rien fait. Absolument rien."

L'air siffle presque entre mes dents, comme si il m'était bien difficile de dire ça, comme si encore hanté par des erreurs du passé, je m'attendais en réalité à enfin recevoir la punition que je mérite pour avoir fait tuer d'autres traqueurs sur le terrain. En réalité, je n'arrive pas à me convaincre que je sois là pour autre chose, à part répondre de mes actes et expliquer pourquoi je n'ai pas été un soutien pour les humains qui m'accompagnaient mais un bourreau presque, un danger de plus qui dans le dos les a poignardé sans la moindre hésitation. A nouveau, un soupir m'échappe, se fait une plainte de plus quand enfin, j'ai l'impression d'entendre quelqu'un s'approcher et enfin rompre cette tension qui forçait mon corps à trembler.
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Message(#) Sujet: Re: (Marie) - Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission. Sam 31 Mar - 2:29

Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission.

Une large assiette rouge remplie de terre. Deux chandelles bénites plantées dans cette terre. Un tissu noir cousu de fil blanc. De la sauge brûlée aux quatre coins. Le sel répandu sur le sol. Sous la chaise qu’il occupera, le symbole de Papa Legba est tracé à la craie, pour faciliter la communication, la parole et la compréhension. Un tabac épicé brûle paresseusement dans une coupelle, dans une autre de l’eau fraîche, les symboles favorables du Loa.

La pièce est sombre car c’est dans les ténèbres que les mots sont le mieux murmurés. Les chandelles sont jusqu’à l’arrivée du jeune homme la seule source de lumière. Assise dans ses ombres, le serpent Zombi drapé sur ses épaules, Marie attend avec la patience de celles qui ont l’éternité à leur portée. La table qui sera entre eux est vide hormis une étroite nappe noire sur laquelle sont brodés et cousus divers symboles religieux, des médailles aux effigies de saints, de petits coquillages et des fragments de petits os polis. Les mains croisées sur cette broderie Marie est là, le corps physique qu’elle occupe est là, et son esprit rôde dans les couloirs de la Ligue, escortant en silence son invité aux côtés de ce majordome à l’air grave.

Alors qu’il entre, ce Mathias Calloway qui traîne avec lui bien des croix, l’esprit s’attarde, caresse un instant cet épiderme pâle, à la fois vivant et mort, avant de retourner en des murmures dans le corps d’Héloïse-Marie, qui ouvre les yeux. Tous les esprits sont rassemblés en un. La discussion peut débuter.

Lentement Marie se lève pour aller au-devant du jeune Anglais, s’arrête une fois face à lui, mains tendues devant elles, les paumes tournées vers le ciel, un bienveillant sourire que seule une mère de nombreux enfants peut avoir aux lèvres. Quelques battements de cils invitent les deux lampes au gaz de la pièce à s’éveiller et à teindre les lieux d’une lumière diffuse. Zombi, toujours drapé sur ses épaules, enroulé autour d’elle comme une armure, gratifie l’inconnu de quelques paresseux bouts de langue tirée en sa direction, ses yeux noirs comme l’infini fixant cet homme blanc comme la neige.

- Merci d’être venu aussi promptement.

Elle l’invite d’un geste gracieux de la main qui désigne le fauteuil faisant face à l’autre, séparés par la table, et elle va rejoindre son siège. Marie s’attarde en chemin près de la console derrière son propre fauteuil pour tremper le bout de ses doigts dans la coupole d’eau et en asperger le tabac qui brûle lentement des quelques gouttes ainsi recueillies, avant de s’assoir. Paresseusement le grand serpent qui se faisait son armure va enrouler ses anneaux autour du dossier du fauteuil, se lovant sur ce perchoir inhabituel et semble monter la garde au-dessus de sa maîtresse.

- Mon nom est Marie, et j’aimerais discuter avec toi de certaines choses. Tout d’abord, tu as parlé de ton mentor et de tes progrès; comment vas-tu Mathias et comment vis-tu ta situation actuelle?

Douce, la voix aux accents créoles se veut respectueuse, enveloppante et intéressée. L’anxiété du jeune homme qui a franchit cette porte est palpable, sa magie bourdonne de manière assourdissante, et pourtant ce n’est pas en ennemie que Marie s’est présentée, car déjà elle a son idée sur l’issue de cette discussion. Elle joints ses mains devant elle et s’adosse confortablement dans son fauteuil, ses yeux charbonneux observant avec douceur son invité. Elle oublie souvent que ses traits ne sont plus ceux usés de la matriarche aux rides sévères mais ceux frais et avenants d’une jeune femme de vingt ans.
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Dernière édition par Marie Laveau le Mer 4 Avr - 20:54, édité 1 fois (Raison : Correction orthographe)
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Marie) - Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission. Sam 31 Mar - 8:04

Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission.
Marie & Mathias
Wine comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y'a pas de galère. J'le dirais ni à ton père ni à ta mère. Ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

Dans l'air, il danse trop de fragrances pour que je puisse séparer chacune d'entre elles et ainsi identifier celle qui me fait tourner la tête, qui force ma magie à se calquer au rythme d'une entité autre, d'une forme qui dans l'ombre évolue et se fait la maîtresse de cette mise en scène presque angoissante qui ne fait que créer des remous étranges dans la fibre même de mon être. Dans l'atmosphère rendue lourde par une essence et des effluve mystiques et exotiques, je sens mouvoir quelque chose de puissant et d'ancien, une sorte de présence envoûtante qui n'inspire chez moi qu'un respect craintif qui ne fait que nourrir le monstre de l'angoisse qui vit dans ma cage thoracique et qui entame déjà son long voyage pour briser mes côtes et ainsi se frayer un chemin jusqu'à la surface de mon être qu'il pourra déchirer et réduire en quelques fragments sanguinolents d'une carcasse sur laquelle personne ne viendra pleurer. Dans les ténèbres, je vois les ombres bouger, être possédées par celle qui enfin en émerge, serpent sur les épaules et les paumes en avant, en un geste qui loin de m'inspirer la confiance qu'elle tente d'instaurer entre nous, ne fait que m'arracher un sourire crispé, un rictus de politesse qui accompagne le léger mouvement de tête dont je la gratifie et qui se fait la réponse à cette banalité qu'elle se doit de formuler si elle veut continuer de sembler reconnaissante de ma venue. Du regard, je contemple un instant le python aux yeux sombres, qui du bout de sa langue semble m'inspecter tandis que ses anneaux puissants se meuvent langoureusement sur la silhouette de la belle inconnue, qui m'invite à m'assoir dans ce fauteuil qui a tout de la chaise d'interrogatoire et rien du siège confortable dans lequel je devrais m'installer pour mener au mieux cette discussion qui s'annonce déjà désagréable quand elle évoque ma situation et l'évolution de celle-ci. Là, d'un roulement d'yeux qui n'a rien d'élégant, je fais entendre par mon silence que cela ne me plait pas, mais ne réponds réellement que lorsque je m'installe dans le fauteuil précédemment offert.

"Je vous en prie, le ton de votre missive ne me laissait pas réellement le choix de refuser cette entrevue."

En d'autres circonstances, je me serais fait charmant et délicieux pour la belle créature qui me fait face. J'aurais joué mon plus beau rôle de charmeur des dames, enfilant mon costume le plus flatteur pour exécuter avec brio mon interprétation du jeune homme fier de lui et conscient de sa beauté qui fait chavirer les coeurs et frémir les corps. Pour elle, si la nuit avait été autre et que je n'étais pas aussi sobre j'aurais pu être ce Mathias que l'on apprend à aimer, avec lequel on fantasme, on s'amuse et on s'abandonne à des facéties nocturnes, des erreurs que l'on ne regrette qu'une fois l'aube venue. Pour elle, j'aurais pu être tant si je n'étais pas autant brisé par cette existence que je mène. J'aurais pu devenir ce qu'elle veut et non cette ruine charnelle à l'apparence vaguement humaine qui lève les yeux vers elle et sourit à peine, tandis que sous son épiderme, sa magie chante et gronde des avertissements que je suis bien le seul à entendre.

"Mais c'est attentionné de votre part de me demander comment tout cela se passe… Peu de gens le font. Merci."

Voilà enfin un peu de sincérité et de douceur qui se glissent dans les syllabes que je forme avec prudence, comme si je craignais que mes propres mots puissent se faire des assaillants insoupçonnés, des traîtres qui se serait dissimulés sous la courbure de ma langue.

"Je n'ai pas encore repris l'entraînement. Pour l'instant je suis juste son invité. Je dors chez lui, mange parce qu'il me l'ordonne, me sèvre parce qu'il la décidé et m'ennui parce qu'il travaille toute la journée. Je ne pourrais parler de progrès parce qu'il n'y en a aucun. Je suis simplement là parce qu'il a pour ordre de veiller sur moi mais honnêtement… J'ai l'impression de n'être qu'une acquisition de plus dans sa demeure, un bibelot qui trône dans un coin de son salon et auquel il n'accorde son attention que quelques heures par jour, quand il n'est pas trop occupé."

D'entre mes lèvres, il m'échappe un soupir presque douloureux, une marque d'une tristesse certaine, d'une plaie que je ne soupçonnais pas l'existence jusque-là. D'un froncement de sourcil, je fais part en silence de mon désespoir quand je réalise qu'il est douloureux pour moi de ne même pas avoir le droit à l'attention d'un homme qui se doit pourtant de prendre soin de moi, de ne pouvoir que grappiller quelques secondes à sa personne quand il ne se doit pas de vivre pour d'autres. Et alors qu'un ange passe entre nous, je m'autorise un instant où la tristesse peut se permettre de se peindre sur mes traits et de souiller mon visage angélique d'une moue juvénile qui me fait perdre quelques années, et enfin, quand l'instant du deuil et de la souffrance est passé, voilà que je commence à fouiller dans la poche de mon veston pour me saisir de l'écrin d'argent au sein duquel dort quelques cigarettes.

"Permettez."

Entre mes lèvres, je glisse l'un des rouleaux de tabac, ne l'allumant pas de suite, préférant attendre son autorisation.

"Enfin, je me doute que pour vous, c'est toujours mieux que rien. Au moins je n'arpente pas les rues à la recherche de plaisirs qui ne font que tuer ma raison et je cesse d'être un danger de tout les instants. Et j'entends parfaitement que cela doit être rassurant pour la Ligue, de savoir que l'hématomancien dangereux que je suis est sagement prisonnier de quatre murs qu'il ne peut faire tomber."

Car la voilà l'ironie de cette tentative pour m'aider et soit-disant me sauver. On dit vouloir me remettre sur pieds, refaire de moi un jeune homme qui pourrait s'aimer et vouloir aider une société qui pourrait apprécier l'étendue de ses talents, mais au lieu de le faire en m'accordant une confiance que je n'ai jamais eu le droit de recevoir, on préfère à la place faire de moi un reclus de l'existence, une bête que l'on tient bien loin des autres pour s'assurer qu'elle ne morde plus jamais quand dans les faits, elle n'a rien fait de pire que de montrer les crocs quand elle se sentait menacée. On dit vouloir m'aider en m'enfermant, en me privant de tout ce qui fait ma personne, et même si je suis conscient d'avoir dans mes veines de quoi massacrer une bonne partie de la ville, je ne peux me résoudre à devenir ce dragon que l'on enchaîne dans un donjon, ce loup dont on arrache les crocs pour s'assurer qu'il ne soit bon qu'à grogner. D'un soupir, je décide de clore ce chapitre et après un silence qui ne dure pas plus d'un battement de coeur, je reprends d'une voix plus douce et quelque peu teintée d'une lassitude certaine.

"Si la réponse vous convient, je vous demanderais juste d'en venir aux faits et de me dire pourquoi je suis ici aujourd'hui, ou tout du moins de me dire ce que j'ai pu faire de mal cette fois-ci."
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Marie Laveau
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Message(#) Sujet: Re: (Marie) - Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission. Mer 4 Avr - 22:16

Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission.

De ses yeux d’encre, elle le voit se faire un doux enfant un brin boudeur qui souligne qu’il n’est pas ici pour le simple plaisir d’y être mais parce qu’il y a été contraint. Marie Laveau n’est plus reine ici, dans cette Londres qui affiche une toute autre tête couronnée et d’un tout autre genre également. Elle doit ainsi se rappeler, par ce tendre reproche, de mettre davantage de soieries et de dentelles dans ses prochaines missives adressées aux Anglais, là où avant un simple mot d’elle savait faire accourir la personne désignée sans plus de cérémonie. C’est pour cela qu’elle écoute son jeune interlocuteur sans l’interrompre un seul instant, lui laissant ses pauses et ses soupirs qui trahissent bien de la lourdeur pour une âme aussi jeune. D’un geste aérien de la main elle lui donne tout l’aval désiré pour qu’il mêle l’odeur de son tabac à celui déjà présent dans la pièce, le mélange des deux odeurs à la fois semblables et distinctes par leurs composantes, ne pourra que plaire au Loa Legba. Quand Mathias se fait las de parler de sa situation et présente son désir de passer à autre chose, Marie pourtant s’avance sur sa chaise pour poser ses mains, si jeunes alors qu’elle sent un âge tout autre l’habiter, sur la table et machinalement lisser d’un geste la nappe noire et suivre de l’index l’un des motifs brodés.

- Je te présente mes excuses si le ton de ma lettre a pu sembler un ordre. Je n’ai ici pas davantage d’autorité que toi, mais j’ai vraiment besoin de ton assistance pour l’affaire qui me préoccupe. Si tu me permets une dernière parenthèse avant d’aborder ce sujet, j’aimerais beaucoup te rendre visite, discuter, peindre, jouer aux cartes ou tout autre divertissement qui sera agréable. La solitude et l’ennui sont des petites morts qui sont si faciles à chasser, et que pourtant bien peu de gens prennent la peine de combattre. Ce serait pour moi un plaisir d’apprendre à te connaître Mathias.

Les malades, les prisonniers, les gens seuls et sans familles, ceux exclus de la société avec ou sans réelles raisons, ces gens Marie a toujours su les apprécier et s’en entourer. Ce sont souvent eux qui ont le plus besoin, et qui n’implorent pas quelques tours de sorcellerie pour obtenir une faveur ou un avantage, comme quoi, plus la vie nous accorde ses bienfaits, moins on sait les reconnaître et les apprécier. Elle fait signe au jeune homme qu’il n’a pas à donner de réponse tout de suite à sa proposition, et enchaîne plutôt, tel que demandé par ce dernier, mais d’abord, une consigne prononcée sur ton le plus amical pour s’éviter une redite du ton direct de sa missive.

- Ce dont j’aimerais t’entretenir maintenant ne sera pas une discussion aisée je le perçois d’avance. Mon souhait est que tu sois à l’aise de me répondre, alors si à un moment je me fais trop exigeante, dis-le simplement. Je ne suis pas ta supérieure hiérarchique mais une sœur, et même si j’ai les moyens de t’extirper tous tes secrets, je ne suis pas favorable à ce genre de pratiques et rien ne m’en donne le droit.

Les cartes étant posées à plat entre eux, elle entrelace à nouveau ses doigts à la peau basanée entre eux, des doigts qui ne portent aucune bagues scintillantes qui étalerait une richesse ou un état, assorties en quelque sorte à sa robe d’un sobre bleu foncé et au collier à son cou qui n’est composé que de simples billes de verre colorées. Elle n’a jamais eu d’attirance pour la richesse et ses démonstrations vulgaires.

- On m’a parlé de ton don et de quelques-unes des créatures dont tu t’entoures, une meute de loups entre autres. Est-ce que tu peux me parler d’eux? Ont-ils des noms? Des personnalités différentes? Des capacités spéciales propres à chacun? Sont-ils pour toi des amis ou les perçois-tu davantage comme des outils de ta magie? Qu’as-tu besoin de dire ou de faire pour les appeler à toi?

lumos maxima

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Marie) - Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission. Dim 8 Avr - 8:38

Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission.
Marie & Mathias
Wine comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y'a pas de galère. J'le dirais ni à ton père ni à ta mère. Ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

J'embrase le tabac au bout de mes lèvres à l'instant même où elle m'en donne l'autorisation, ne faisant ainsi pas languir plus longtemps la cigarette qui bien rapidement commence à fredonner le chant funèbre d'une entité qui se fait cendres et qui ne laisse dans l'atmosphère déjà pourtant lourde de fragrances et d'arômes, que quelques volutes qui dansent le temps d'un instant éphémère pour ne devenir que des souvenirs chassés par mon souffle régulier bien qu'angoissé. En silence, j'entame ainsi un geste qui se fait une habitude nécessaire, fumant dans un silence presque parfait qui n'existe qu'entre les pauses que la jeune femme fait, quand entre deux phrases elle se doit de vérifier si je l'écoute encore, m'arrachant de ce fait tantôt un sourire, tantôt un haussement de sourcils quand elle n'obtient carrément pas de moi un froncement de sourcils qui trahit une gêne certaine. Les lèvres désormais pincés, douloureusement ourlés sous la forme d'une moue boudeuse, d'une grimace juvénile qui me fait rajeunir, je détourne le regard, soudain bien mal à l'aise que le sujet de cette entrevue tourne autour de la meute qui dans mes veines glisse et sommeille, anesthésie par les odeurs qui enivrent mes sens et par cette magie que je sens omniprésente dans la pièce, cette essence qui dans les ombres même de ce monde semble ramper avec une aisance qui n'éveille en mon coeur que la sensation d'être soudain prisonnier d'un prédateur qui de moi pourrait faire ce qu'il veut. Ainsi, alors que s'installe entre nous un flottement presque désagréable à supporter, je prends le temps de fumer, de faire voler quelques arabesques de plus avant de renifler légèrement et de plonger mon regard dans les prunelles de l'inconnue bien trop attentionnée pour que ça ne soit pas un piège dans lequel je devrais m'empresser de chuter. Au bout de mes lèvres, j'entends la braise crépiter, se faire le murmure d'avertissement qui devrait émaner de la meute dans ma chair et ainsi devenir cet orateur discret qui devient presque mon porte-parole, cette autre personne qui pourrait vivre dans un coin de mon crâne et qui aurait pour volonté seule de faire échapper d'entre mes lèvres une raison que je ne possède pas, une sagesse que l'âge ne me permet pas encore de posséder.

"Je me demande qui a pu raconter cela..."

Amis, connaissances ou simples membres de la Ligue, n'importe qui aurait pu en réalité lui conter les aventures de cette meute cauchemardesque qui vit dans ma chair et se fait l'ombre dans mes pas, la présence imperceptible qui sous les couches de mon épiderme, navigue autour de mes nerfs et se permet d'observer le monde au travers de mes prunelles ternes. Le monde entier aurait pu parler de mes cerbères des enfers, de ses familiers qui font de moi par instant l'un des cavaliers d'un apocalypse chaotique et meurtrier, un annonciateur d'une fin à venir, d'un désastre pour l'humanité, mais par principe peut-être, ou par envie surement de garder l'attention de quelqu'un qui souhaite m'arracher des secrets qui n'en sont pas, je préfère me faire évasif, murmurant de fausses interrogations pour ne pas avoir à parler de ce qui est évident et pourtant intime.

"Il ne faut pas croire ce que l'on se murmure dans les couloirs de la Ligue, et encore moins se fier à ce que mes "proches" auraient pu dire quand au fonctionnement de mes dons. Tous aiment noircir le tableau, dire que j'ai dans les veines ce que l'être humain devrait craindre quant en réalité, je n'ai rien qui ne soit capable de faire trembler plus qu'un mur."

Je bats presque des cils, osant même un sourire pour accompagner ce mensonge odieux que j'ose offrir à la curieuse tandis qu'au bout de mes doigts, le tabac se consume sans cesser de fredonner un quelconque chant, comme si celui-ci tentait de charmer un silence qui ne cesse de vouloir s'inviter au milieu de cette conversation qui devrait pourtant tout avoir de la confession de l'être troublé que je suis. La vérité, je pourrais la lui offrir mais je préfère à la place prétendre n'être un danger que pour moi-même, au lieu de me vanter, de lui expliquer que sous le coup d'une impulsion, d'une pulsion, je pourrais apporter la mort sur un monde qui ne devrait pas à supporter la menace d'êtres tels que moi. Sur mon échine, je sens un frisson s'y glisser, s'enrouler autour de mes vertèbres pour mieux les faire prisonnières d'une sensation désagréable, d'une impression que dans mon ombre, quelque chose rampe et s'apprête à me saisir à la gorge. En un réflexe que je maîtrise pas, je portes ainsi à ma jugulaire une main, pour mieux caresser du bout de mes doigts l'endroit où se trouvait à une époque la marque des crocs de celle qui avait fait plus que briser mon coeur encore trop tendre et candide pour ce monde, tandis que je reprends, plus prudemment, presque craintivement.

"Mais j'ai bien une meute." Je tire une fois de plus sur ma cigarette, expirant une volute qui se fait un rond de fumée presque parfait. "Ce sont mes familiers. Des loups que j'ai crée quand j'étais plus jeune pour me protéger. Normalement je suis celui qui a le dessus, mais avec les années... Ils ont effectivement développés une conscience propre. Maintenant je ne cherche même plus à les commander, je les laisse faire. Ce qui me semble normal, j'ai confiance en eux."

C'est le terme qui me semble le plus approprié pour décrire ma relation avec eux. La confiance. Je pourrais passer des heures à lui raconter ce que c'est de vivre avec ma magie, de sentir en permanence les envies et les désirs d'un être qui n'est tangible et réel que parce qu'il loge dans le creux même de mes veines mais ce ne serait qu'une perte de temps, qu'un long discours vain dont Marie ne pourrait rien garder, à part peut-être mes divagations plus ou moins lyriques. Ainsi pour lui épargner un chaos verbal qui ne serait fait que de sensations, d'impressions et de ressentis, je préfère rester volontairement nébuleux, gardant pour moi ce qui pourrait être trop intime pour ne livrer que le minimum de la réalité, une esquisse à peine de ce dont je suis capable, juste afin d'entretenir ce mythe du bon à rien que je me dois d'être.

"Ils ne viennent que si mon sang coule. Ils ont des noms, parce que ce sont mes familiers et oui, comme des animaux, ils sont tous différents. Ulna aime par exemple que je l'emmène quand je monte à cheval, alors que Skull lui va préférer dormir avec moi dans mon lit la nuit, afin de me protéger de mauvais songes ou des monstres qui pourraient se trouver sous mon lit."
J'esquisse un sourire, repensant à une nuit où mon petit frère lui-même était venu se glisser sous mes draps afin de profiter de la protection du loup, soit-disant parce qu'il ne voulait pas avoir à affronter le monstre qui vivait dans son coffre à jouets. "Donc si votre question était de savoir si ils étaient indépendants et capables de prendre des décisions par eux-même. Oui, surtout si ça implique de me désobéir pour mon propre bien." Vers elle je me tourne un peu, sourire au coin des lèvres. "Mais pourquoi tant de questions ? Vous avez besoin d'eux ou je dois m'attendre à me faire réprimander ?"

Car c'est toujours pour cela qu'on m'interroge auprès de ma magie, pour me dire que celle-ci est dangereuse et que je ferais mieux de rester prisonnier d'entraves qui font de moi un inutile de plus dans ce monde.
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Message(#) Sujet: Re: (Marie) - Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission. Dim 22 Avr - 21:36

Pas de pardon. Pas de rachat. Pas de rémission.

Un enfant. Voilà à quoi Marie Laveau pense alors qu’elle observe les diverses réactions de son invité si particulier. Celui-là a au fond de son regard les mêmes ombres qui dansent dans les yeux des orphelins qu’elle recueille. Celui qui se demande s’il aura un avenir, en n’y croyant qu’à demi. Celui qui a vu trop d’horreurs, ou celui qui en a vécu beaucoup trop pour son jeune âge. Celui qui n’arrive pas à comprendre de quoi sera fait demain sans parents pour l’appuyer, ou pire celui qui est heureux de ne plus avoir de parents car la vie ne pourra en être que plus douce. Un orphelin, même si celui-ci a titres, frère et père. Parfois les liens du sang ne voulaient rien signifier et on pouvait être un étranger sous son propre toit.

Mais avant que Marie ne planifie adopter celui-là également, elle a une mission à mener à bien. Et d’un geste aérien de la main elle balaie les doutes formulés par Mathias au sujet de ses détracteurs et ce qui peut être murmuré à son sujet. S’il y a quelque chose qu’un maître espion sait, est de distinguer le vrai du faux, et que parfois il faut se rendre soi-même sur place pour attester de la véracité de certains faits. Ce qui amène un doux sourire à la Créole, qui adresse un tendre reproche au jeune homme qui la sous-estime avec ses paroles qui ne trompent ni elle, ni lui.

- Si je m’intéressais à ce que les autres racontent à ton sujet, ce seraient eux que j’aurais invité ici et non toi. Qu’est-ce que des humains peuvent comprendre des sorciers et leurs dons? Uniquement ce que leurs têtes sont capables d’accepter, les mensonges qu’ils s’inventent pour se réconforter et donner un visage amical à ce qu’ils peuvent tolérer, ou faire des monstres avec ce qu’ils ne peuvent concevoir. De par mon expérience, même entre sorciers il est difficile de comprendre ce que peut vivre l’autre en dehors des bases qui nous sont communes.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Un sacrifice est nécessaire à tout bénéfice, en parts égales, et peu importe la forme que prennent ces sacrifices, c’est toujours le sorcier qui paie le plus lourd tribu. Le regard toujours posé sur son interlocuteur, la main basanée de Marie va caresser distraitement la tête du serpent qui a lentement fait glisser son corps écailleux jusqu’à son épaule pour quémander une marque d’affection. Les doigts glissent sur la peau froide de l’animal, suivent avec soin une ligne où les écailles ont une texture légèrement différente, pendant que Zombi scrute Mathias de ses yeux aussi sombres que les abysses, s’étire davantage, tendant son long corps serpentin pour atteindre la table et y transférer lentement son corps massif. Enfin, la sorcière repose ses deux mains ensemble sur cette même table où le reptile s’installe entre eux et secoue la tête à la dernière question qui reste en suspens dans les air quelques secondes.

- Je n’ai ni droit, ni raison, ni désir de te réprimander Mathias. Je préférerais que tu me perçoives comme une amie plutôt qu’une figure d’autorité, mais c’est à moi d’en faire la preuve, n’est-ce pas?

Se penchant pour récupérer une boîte de bois rectangulaire jusqu’alors posée au sol et ignorée de tous, Marie la pose d’abord sur ses genoux, puis échange le coffret et le serpent, ce dernier ne protestant que de qu’en sortant sa langue fourchue à quelques reprises, avant d’entreprendre d’aller explorer le sol.

- Depuis un moment, des corps sont retrouvés aux aurores, à demi dévorés, déchiquetés. Sur chacun, il a été possible d’identifier cinq types de morsures distinctes, causées par des chiens de grande taille… ou des loups. Les seuls loups de Londres sont au zoo, ou ici avec toi; mais ces découvertes auraient dû cesser au moment où tu as été confiné chez le Docteur Van Helsing. Or, rien n’a changé dans le nombre, la fréquence ou l’état dans lequel les victimes sont retrouvées. C’est pour ça que j’ai besoin de ton aide Mathias: qui te connaît suffisamment bien toi et ta Meute pour les imiter? Tous les indices pointent vers tes loups mais quelque chose ne s’additionne pas dans cette histoire, et je crois que tu pourrais avoir une partie de la réponse.

Ouvrant la boîte à mi-discours, cinq moulages de plâtre blancs sont révélés, chacun représentant une dentition lupine distincte, qui semblent sourire de manière macabre à Mathias.

lumos maxima
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