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 rencontre en eaux troubles (+ mathias)

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G. Sasha Ashton
Initié


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Tenir droite. Toujours.
Un petit mot ? : J'ai beau être une Lady, je tire très bien.
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Message(#) Sujet: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Lun 2 Avr - 11:58

rencontre en eaux troubles
Sasha soupira. Elle avait un service à demander à Abraham, mais elle ne savait pas comment le lui demander. C'était pour une mission concernant la Ligue, mais comme la missive qu'elle avait reçue précisait que le contenu de sa mission relevait d'un secret absolu, elle devait trouver une manière de demander des renseignements au médecin de manière très discrète. Et, si elle excellait à ce jeu avec le commun des mortels, elle savait Abraham très fin et attentif. Elle devrait donc redoubler de prudence en lui demandant les renseignements qui l'intéressaient.
Complètement perdue dans ses pensées, la jeune femme -déguisée en homme- faillit rentrer dans un passant, qui l'apostropha de manière violente en l'insultant. Sasha avait conscience qu'un jeune homme de son âge aurait répliqué vertement, mais elle n'avait ni le temps ni l'envie de se lancer dans une joute verbale avec un inconnu.
Elle avait quelque chose de bien plus important à faire.
Levant la tête, l'initiée de la Ligue se rendit compte qu'elle était arrivée à destination : l'hôtel particulier d'Abraham Van Helsing. Il était tel que Huck le lui avait décrit, aussi elle n'hésita pas et sonna. Un majordome en pied de cap vint lui ouvrir.
« Bonsoir, je souhaiterais parler à Monsieur Van Helsing. C'est au sujet de la Ligue. »
Huck lui avait dit que le majordome du médecin était au courant des activités de son maître, aussi la jeune femme n'avait pas hésité. L'homme s'inclina rapidement devant elle et lui répondit :
« Monsieur n'est pas encore rentré, mais vous pouvez l'attendre dans le petit salon, en compagnie de son invité. »
Sasha acquiesça et suivit le majordome jusqu'au premier étage, où il l'invita à entrer dans un coquet petit salon aux meubles laqués et aux tapisseries de première qualité.
« Si Monsieur le souhaite, je peux vous proposer un thé. »
La jeune femme acquiesça vivement. La pluie fine et grise qui tombait sans discontinuer depuis quelques heures l'avait glacée jusqu'au os.
« Je veux bien, merci ! »
Sasha entra dans le salon, et observa son environnement. Des canapés en bois vernis et en velours, une table basse sur laquelle trônait un vase rempli de fleurs, une cheminée à manteau en marbre dans laquelle brûlait un feu dégageant une douce chaleur.
Et là, sur l'un des divan, au milieu de cadavres de bouteilles, un corps.
Vivant, apparemment, puisque la jeune femme entendait un vague bruit de respiration et que sa poitrine se soulevait à intervalles réguliers. Ce devait être l'invité dont le majordome avait parlé. Sasha s'installa dans un des fauteuils et détailla l'endormi.
Brun, les cheveux en bataille, une barbe de trois jours lui mangeant le visage, il n'avait pas un faciès désagréable. Par contre, sa chemise imbibée de vin et son pantalon plein de terre faisaient peine à voir.
Le majordome revint quelques minutes plus tard et posa le plateau de thé sur la table de manière assez brutale.
« Le thé est servi. »
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Mathias Calloway
Sugar Baby


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
Un petit mot ? : Dream a little, dream of me.
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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Mar 3 Avr - 9:31

Rencontre en eaux troubles
Sasha & Mathias
I pray for the wicked on the weekend. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah. Swear to God I ain't ever gonna repent. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah

Le monde se fait un carrousel, un manège absurde dont la course effrénée me fait perdre tout contact avec la réalité. Sous mes yeux rendus ternes par un alcool dont j'ai abusé, je danse, valse avec l'univers, bien que je sois allongé sur un canapé, à cuver un breuvage qui tente de me tuer. Dans mes veines, je sens quelque chose de puissant, de presque médicamenteux se mêler à ma magie qui gronde et ronronne doucement, à la fois charmé par la saveur de ce que j'ai ingéré et agacé de découvrir qu'elle est capable d'être faible pour quelque chose qui n'a même pas de conscience. Sous la surface de mon épiderme, au sein même de ma chair, je la sens bouger, voguer et voyager au rythme des battements de mon coeur, s'engourdissant avec langueur pour mieux m'entraîner avec elle dans les affres d'une inconscient bénie, d'un instant d'oubli où le monde disparait et se fait un rêve dont se réveille, un songe que l'on chasse avec plaisir presque quand on sent qu'un être aimé vient caresser notre front pour mieux nous supplier de revenir. Et sans résister, sans craindre la mort ou le néant, je m'abandonne à cet appel délicat, à cette demande qui se fait pressante alors que je ferme les yeux et plonge dans une inconscience presque dangereuse, dans un coma de l'ivresse qui me fait lâcher le verre que je tenais entre mes doigts et qui chute à peine, étant bien prestement rattrapé par un Jenkins qui se désole de ma situation mais dont les mots ne se font bien plus que des réprimandes indéchiffrables, une collection de sons et de syllabes qui ne forment que dans mon esprit débilitant qu'un brouillard qui se fait dévorer par le blizzard qui y règne depuis des années déjà.

Un claquement sourd me fait revenir à moi. En un sursaut, une expiration brutale qui se fait presque un cri, je m'éveille en sueur et en panique, les muscles tétanisés et pourtant rendus fébriles par une angoisse certaine, qui depuis longtemps, a décidé de se joindre à la fête dans mes veines, se faisant le cavalier de l'ivresse qui fait encore tourner ma tête et trouble ma vue. Les lèvres entrouvertes, encore humides d'une salive poisseuse, je laisse une respiration hachée et frénétique m'échapper, tandis qu'à mes côtés, je ne remarque pas de suite les deux êtres qui se doivent de me contempler à mon plus bas. D'un grognement, je retiens la nausée qui vient déposer sur mon palais l'arôme d'une bile acide que je n'ai pas envie de régurgiter, pour mieux lever mes prunelles ternes vers Jenkins, qu'au lieu de remercier pour le thé, je réprimande de ma vois rendue pâteuse par l'abus du vin que j'ai en partie renversé sur ma chemise.

"J'pas demandé de thé."


Mais l'invité du bon médecin, si. Vers lui, ou elle, je ne saurais dire, je me tourne, affichant un air de confusion qui ne doit pas forcément jouer en ma faveur et qui au contraire ne doit servir qu'à forger dans l'esprit de l'inconnu une image bien triste de la personne déjà pathétique que je suis. Ainsi, en un geste qui perd un peu de grâce, je tente de me recoiffer, ou tout du moins de discipliner ma crinière brune pour mieux chasser par la suite de mon visage l'éventuelle bave qui pourrait s'accumuler au bord de ma lippe.

"Vous auriez pu éviter de le... Ou la... J'sais pas ce que vous êtes, désolé, ramener ici. Y'a d'autres pièces dans cette maison."

Le majordome se contente de chasser mes grognements au loin, prétextant que c'est de ma faute si nous en sommes là, que dans ma chambre j'aurais pu être si je n'avais pas commencé à me débattre, à hurler au scandale et à la mort comme un enfant qui refuse d'aller au lit. A cette remarque, je me renfrogne avant de me laisser retomber dans le canapé, laissant cette fois-ci mon dos toucher l'assise de celui-ci, réussissant de ce fait à ne pas me coucher et à garder un minimum de convenance pour l'être qui me fait face et que je commence à détailler du regard là où dans les poches de mon pantalon, je tente de chercher de quoi fumer. Un silence passe, et si d'ordinaire je l'aurais qualifié de dérangeant ou de gênant, j'admets y rester indifférent, préférant à la place le chasser quand je finis par trouver mes cigarettes.

"Vous le connaissez bien ?"

Surement. Mais je n'attends pas de réponse, préférant à la place me battre avec mon étui en argent qui finit par se répandre au sol et ainsi déverser son contenu sur le plancher, permettant de ce fait aux quelques cigarettes qui me restaient de rouler allègrement au sol pour mieux aller se réfugier sous le mobilier qui nous entoure pour ainsi fuir leur funeste destin.

"Merde."

Un juron m'échappe, puis un soupir tandis que je tente de me pencher, vacillant dangereusement vers l'un des rouleaux de tabac qui semble être à portée de mes doigts gourds, juste sous le couvert de la table basse qui nous sépare et sur laquelle, le thé refroidit.

"Vous devez. Il reçoit rarement du monde. J'commençais à penser qu'il n'avait pas d'amis."

Je pense à haute-voix, ne réalisant pas tout à fait que je ne garde pas pour moi des réflexions qui n'ont que peu d'intérêts, profitant de la présence de quelqu'un qui n'hésitera pas à bientôt me dire que je fais de la peine et que pour le bien de tout le monde, je ferais mieux de retourner m'enterrer dans la chambre que je n'aurais pas dû quitter ce matin. Un sourire victorieux m'échappe quand mes doigts se referment sur la cigarette que je porte ensuite à mes lèvres et alors que je me redresse avec toute l'élégance dont est capable un homme aviné, je reprends d'une voix lasse.

"Vous auriez quelque chose pour l'allumer ? Outre votre faciès charmant bien sûr, lui s'occupe déjà du brasier que vous avez allumé dans mon coeur."


Je pourrais me donner des claques, me gifler pour me faire taire afin d'empêcher les immondices de mon langage d'exister. Ivre, je suis d'une bien mauvaise compagnie, le genre qui sourit, qui charme, qui ronronne, qui chantonne. Les veines gonflées d'un alcool de plus ou moins bonne qualité, je deviens l'imbuvable qui pense pouvoir attirer les regards, l'être désespéré qui ne demande qu'à être remarquer, qu'à avoir le droit aux miettes d'attention de ceux qui évoluent dans ce monde sans s'alourdir des vices et des défauts qui sont les miens. Voilà ce que je deviens, un être pitoyable qui se détruit et qui charme juste pour entendre ce dont il est déjà convaincu.

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G. Sasha Ashton
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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Mar 3 Avr - 14:19

rencontre en eaux troubles
Au vu de l'attitude du majordome -Abraham avait dû mentionner qu'il s'appelait Jenkins, si Sasha se souvenait bien-, trouver l'invité du médecin imbibé d'alcool, affalé sur le canapé, du vin renversé sur sa chemise, était chose courante dans la maison. Et d'après le ton poli mais froid, et où pointait l'exaspération, Jenkins aurait mille fois préféré que ledit invité cuve son vin ailleurs que dans le charmant petit salon où il avait conduit Sasha -dans sa chambre, par exemple.
Le majordome servit son thé à la jeune femme dans une tasse en porcelaine de Chine et lui proposa sucre et lait, ce qu'elle accepta. Il se retira ensuite en précisant :
« N'hésitez pas à m'appeler si vous avez besoin de quelque chose ou Monsieur Calloway se permet de vous importuner. Je serai à l'office. »
Sasha retint un petit rire tout en portant la tasse à ses lèvres. Le thé était brûlant mais parfaitement dosé et subtilement parfumé, juste comme elle l'aimait. Tout en sirotant sa boisson, elle observait ledit Calloway, qui s'était à peu près redressé pour se caler contre le dossier du canapé, et se passait la main dans les cheveux, sans doute pour se donner un air moins défait. Peine perdue, pensa la jeune femme.
Elle était incapable d'estimer l'âge dudit individu -son teint verdâtre, la barbe qui lui mangeait le visage et ses cheveux en bataille n'y étaient pas pour rien. Peut-être que rasé et lavé, il pourrait s'avérer beau garçon, songea Sasha.
Lorsqu'il lui demanda si elle connaissait Abraham en ajoutant penser que le médecin n'avait pas d'amis, la jeune femme lui répondit vertement :
« Même si je n'ai eu que rarement l'occasion de traiter avec le docteur Van Helsing en affaires, c'est quelqu'un que j'apprécie et que j'estime beaucoup. Néanmoins, je ne puis me considérer comme son ami, de par la rareté de nos échanges jusqu'à présent. Cependant, ce ne serait pas pour me déplaire si nos relations se développaient ; c'est quelqu'un de cultivé et d'intéressant. »
Elle achevait sa tirade lorsque l'homme assis en face d'elle laissa tomber ses cigarettes sur le sol. Retenant une grimace de dégoût -l'odeur du tabac lui rappelait trop un père qu'elle détestait-, la jeune femme haussa les yeux au ciel en soupirant. Décidément, elle non plus ne comprenait pas pourquoi Jenkins l'avaient menée dans ce salon ! Etant donné la façade, elle avait supposé que le nombre de pièces prévues pour recevoir des invités serait non négligeable.
Lorsque Calloway lui demanda du feu pour allumer l'une des cigarettes qu'il avait réussi à rattraper avant qu'elle ne roule sous le canapé, elle lâcha un petit soupir pour dissimuler le rouge qui lui montait aux joues, mais reposa sa tasse pour fouiller dans la poche de son veston. Huck lui avait recommandé de toujours avoir un briquet sur elle : offrir du feu à un inconnu pouvait de temps à autre mener à la découverte d'informations non négligeables, et allumer une flambée dans un bois sombre à la nuit tombée était un luxe fort agréable, particulièrement apprécié en hiver.
« Dans l'état dans lequel vous êtes, je doute fort que vous arriviez à vous servir de mon briquet. Ou alors, vous allez mettre le feu au tapis. Venez par là que j'allume votre cigarette. »
Tout en attendant que Calloway se rapproche, Sasha ne put s'empêcher d'essayer de se remémorer la dernière fois qu'un homme lui avait parlé de la sorte... Certes pas depuis qu'elle était entrée dans la Ligue... Mais à bien y penser, même son fiancé d'un temps ne lui avait jamais adressé pareil compliment. Elle se sentit toute chose rien que d'y penser, mais ce sentiment disparut bien vite lorsqu'elle posa à nouveau son regard sur le cadavre ambulant qui cuvait son vin sur le canapé.
Décidément, elle n'avait pas de chance avec les hommes...
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Mer 4 Avr - 13:47

Rencontre en eaux troubles
Sasha & Mathias
I pray for the wicked on the weekend. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah. Swear to God I ain't ever gonna repent. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah

Du rougissement que je fais naître sur ses joues, j'aurais pu dire des choses, ronronner des compliments et même écrire des poèmes pour tenter d'en capturer la nuance délicate. Des vers entiers, des pages, des ouvrages j'aurais pu noircir dans l'espoir de tenter de retranscrire l'élégance avec laquelle son sang se glisse sous sa peau diaphane pour en faire une douce surface voluptueuse que tout homme de cette ville aurait eu envie d'effleurer de ses doigts et de son regard, mais n'y serait parvenu, limité par un langage qui est encore trop primitif pour parfaitement cerner la beauté de ce monde. Sobre, j'aurais pu chercher à lui faire entendre tout ça, à jouer avec les ratés de son coeur pour mieux constater à quel point je suis charmant et enjôleur, mais en ce jour qui n'a rien de glorieux, je me contente d'observer un silence qui se fait un prélude au rire un peu maladroit qui s'échappe de mes lèvres, quand presque gentiment, la douce inconnue, m'ordonne de m'approcher afin qu'elle puisse allumer la cigarette qui patiente sagement au coin de ma bouche. Car c'est une femme, qui sous ces vêtements d'homme se cache, une amazone des temps modernes qui joue sur une ambiguïté de caractère pour mieux s'attirer, certainement, les faveurs d'hommes qui au lieu de la voir comme le gibier d'un soir, la traiteront en égale, du moins jusqu'au moment elle fera entendre de sa voix de rossignol.

"Ce que vous êtes charmante... A vous faire cette lumière dans ma journée..."


Difficilement, je parviens à m'extraire du canapé dans lequel j'étais échoué, titubant un instant quand je me retrouve sur mes deux pieds pour mieux contourner la table, sans manquer de parfois en sentir les coins dans mes genoux pour mieux venir me planter face à elle et me pencher, permettant à mon souffle aviné de caresser sa personne là où derrière sa tête, sur le dossier du fauteuil, je pose l'une de mes main afin de ne pas m'écrouler sur la charmante invitée du médecin.

"Désolé pour l'odeur. Si j'avais su que quelqu'un comme vous viendrait, j'aurais pris le temps de me changer."

Un sourire bien désolé vient compléter ma panoplie d'alcoolique un peu triste, se faisant mon seul remerciement tandis qu'entre ses doigts, je tente de contempler le briquet qu'elle transporte avec elle, un petit objet rare en cette époque et convoité par ceux qui ont de l'argent à perdre dans le simple but d'être toujours plus élégant.

"Ca vous fait pas bizarre vous ?" D'un léger coup de menton, je désigne l'objet métallique entre ses doigts tandis que ma voix ne devient qu'un murmure, un chuchotement presque craintif. "Ca change tout, le goût, l'odeur... L'expérience. Avec les allumettes ça semble plus naturel... Plus sensuel aussi. On a l'impression que c'est un cadeau presque que le feu nous fait. Avec ça par contre..." Je hausse une épaule, permettant à mon autre main de trouver la sienne, juste afin de pouvoir effleurer le briquet en question."On fait du feu un esclave, une petite chose qui dort dans une boîte... Ca retire l'unicité qui fait le plaisir de chaque cigarette... Ca fait de cette habitude un caprice de plus au lieu d'être un besoin que l'on nous accorde... Ca en dit long sur ce que l'humain est."

Je retiens un soupir, réfrénant mon envie d'être triste, de chasser mon sourire pour simplement battre des cils et accepter la nature profonde des choses. Après tout, je tords moi-même la réalité pour en faire mon terrain de jeu, pour faire venir à la vie des choses que cet univers ne voulait pas voir évoluer en son sein, faisant ainsi de moi le dernier homme sur terre qui devrait s'offusquer d'une innovation qui permet à ceux qui le souhaitent d'avoir dans leurs poches de quoi défier l'obscurité et le froid, et tout ça d'un claquement de doigts. J'inspire légèrement et vacille à nouveau, ma,quant de chuter sur la belle, me rattrapant par miracle sans réellement comprendre comment.

"Vous venez donc le voir pour affaires..." Je saute d'une conversation à l'autre, l'esprit de toute façon bien trop anesthésié pour qu'il soit rationnel ou capable de réaliser que bientôt, mon discours n'aura pas beaucoup de sens. "Vous n'avez pas l'air d'être une patiente, sinon vous ne seriez pas là..." J'ai un léger sourire. "C'est une affaire de coeur, c'est ça ?" Ce serait beau, voir merveilleux que je sois celui qui découvre sa fiancée, ou sa maîtresse, ou peu importe ce qu'elle est. Mais étrangement, je n'y crois pas, n'arrivant pas à me convaincre que lui puisse perdre de son précieux temps en la poursuite d'un amour volage qui ne lui apportera rien, à part l'angoisse peut-être de laisser derrière-lui un être aimé si quelque chose devait lui arriver sur le terrain.  Dans ses prunelles, j'ai pourtant décelé par instants, la fugace envie, le puissant désir d'être tendre, de prendre soin de quelqu'un qui pourrait le lui rendre mais j'y ai aussi vu la solitude de quelqu'un qui ne imposer le deuil à personne, et qui préfère se donner aux autres plutôt que d'être égoïste quelques secondes. Dans l'ombre de son iris, dans le creux de ses yeux, j'ai contemplé un être qui acceptait l'idée d'être seul, et si un instant j'avais été pris d'un vertige, aujourd'hui je ne peux éprouver qu'une certaine peine pour lui, que j'exprime d'un battement de cils, puis d'un murmure. "Non plus. Je ne sais pas ce que vous faites ici. C'est intriguant mais je me doute que vous n'allez pas me le dire... Ne serait-ce que parce que je suis ivre et qu'on ne se connait pas. Heureusement pour nous, ce sont deux choses temporaires que nous pouvons régler d'un peu de bonne volonté." J'ai un léger rire. "Et d'un café, si Jenkins accepte de m'en faire un pour me dessouler." L'hilarité légère vient me faire tourner la tête, et alors que je vacille, tout attendri par l'idée de passer un peu de temps avec quelqu'un d'autre que l'affable majordome de mon hôte, quelqu'un qui pourrait apprendre à apprécier le charme certain que je suis capable de distiller autour de moi quand je suis d'humeur à être socialement supportable.


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G. Sasha Ashton
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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Mer 4 Avr - 14:19

rencontre en eaux troubles
Sasha se troubla de plus en plus sous le regard que Calloway posait sur elle, avec ses yeux d'un bleu profond emplis de quelque chose que la jeune femme ne savait comment décrire. Et pour la millième fois, elle se maudit d'être une jeune fille effarouchée par la simple proximité d'un homme. Et elle en voulut immédiatement à sa mère de lui avoir transmis sa peau pâle, blanche comme de la porcelaine, enviée par toutes les jeunes filles de son rang, mais tellement inconfortable pour celle qui se faisait passer pour un homme depuis quatre ans.
Lorsque Calloway lui murmura d'un ton enjôleur qu'il la trouvait charmante, elle ne put retenir un mouvement de recul, mais choisit de ne pas relever. Il était sûrement encore trop soûl et ne se rendait certainement pas compte de ce qu'il disait.
Pourtant, lorsqu'il s'approcha d'elle pour lui permettre d'allumer sa cigarette, qu'il posa une main juste derrière la nuque de la jeune fille -certainement pour éviter de lui tomber dessus-, et qu'il s'excusa de ne pas s'être changé avant qu'elle n'arrive, Sasha ne put s'empêcher de remarquer que, pour un homme imbibé de vin, il avait la diction parfaite et le verbe facile. Elle se souvenait parfaitement d'amis de son ancien fiancé, soûls à ne plus tenir debout et incapables d'aligner deux mots sans bafouiller. Calloway, au contraire, semblait avoir l'habitude de boire, puisqu'il n'avait pas l'air d'être gêné par l'alcool qu'il devait avoir dans le sang.
Sasha l'écouta philosopher sur les vertus de l'allumette par rapport au briquet sans broncher, mais lorsqu'il lui effleura la main de ses doigts fins, elle ne put empêcher un frisson de parcourir son corps.
C'était donc ça, être touchée par quelqu'un qui n'en voulait pas qu'à votre argent ? Quelqu'un pour qui vous étiez charmante, quelqu'un dans le coeur de qui vous allumiez un brasier ?
Dès que l'invité d'Abraham se fut écarté, sa cigarette entre les lèvres, pour se réinstaller dans son canapé, la jeune femme se rappela de respirer. Et secoua légèrement la tête pour remettre ses idées en ordre. Elle avait une identité masculine, que diable ! Que ce parfait inconnu l'aie percée à jour, elle en était vexée, mais qu'il se joue ainsi d'elle, elle ne pouvait le tolérer. Il fallait qu'elle remettre les points -et les poings, si nécessaire- sur les i, afin d'ôter tout doute de la tête de Calloway sur l'identité qu'elle présentait au monde.
Et lorsqu'il remarqua qu'elle ne pouvait pas être « une patiente », la jeune femme s'accorda le droit de répondre vertement, d'une voix plus grave que le ton de carillon léger qu'elle avait produit lorsqu'elle lui avait proposé d'allumer sa cigarette :
« Je ne vous permets pas, monsieur. Mon nom est Sasha Ashton, et je suis un élève du Collège de Londres. Cessez donc de sous-entendre que je suis une femme, vous êtes parfaitement incorrect. »
La jeune femme regretta presque immédiatement ses propos. Et s'il arrêtait de lui parler comme à la demoiselle délicate qu'elle était sous ses vêtements d'homme ? Mais la survie de son secret passait avant tout, y compris les propos fort agréables d'un homme qu'elle soupçonnait d'être encore plus charmant une fois lavé et sobre.
« Je ne suis donc pas là pour une affaire de coeur, mais je ne puis vous informer de la teneur des affaires que je mène avec Abraham. Et ce, même si nous venions à nous connaître mieux et que vous envisagiez de dessoûler. »
Encore une fois, la jeune femme se maudit. Les hommes ne parlaient pas de la sorte lorsqu'ils étaient en privé ! Mais elle avait beau tenter de changer sa manière de s'exprimer, son éducation noble finissait toujours par la rattraper, surtout en présence d'inconnus. Elle se jura d'apprendre à s'exprimer comme un homme des cavernes -ou tavernes- le plus tôt possible, mais c'était peine perdue pour le moment.
« Si vous voulez vous rafraîchir et passer des vêtements propres, je vais prévenir Jenkins que vous souhaitez un café. »
La jeune femme se leva du canapé et attendit que le premier homme ayant jamais percé le secret de sa féminité lui réponde. Elle voulait bien attendre Abraham en discutant avec Calloway, mais il était hors de question qu'elle le fasse alors qu'il empestait le vin, la cigarette et la sueur.
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Ven 6 Avr - 9:47

Rencontre en eaux troubles
Sasha & Mathias
I pray for the wicked on the weekend. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah. Swear to God I ain't ever gonna repent. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah

Ma cigarette allumée, je ne prolonge pas plus l'intrusion que je fais dans son espace personnel, retournant m'affaler sur le canapé sans la moindre grâce ou élégance pour mieux l'entendre me reprendre, me gronder presque de m'être trompé quant à son identité. D'un haussement de sourcil, j'accueille ses réprimandes, me retenant de sourire pour ne pas paraitre désagréable, cachant ainsi mes lèvres derrière mes phalanges et le tabac qui se consume avec une allégresse que je ne décèle que dans l'ivresse, écoutant presque sagement sans réellement laisser le sens s'imprimer dans ma psyché fatiguée, hochant de la tête par politesse et non par réelle envie ou besoin de lui faire savoir que je respecte ce qui peut s'échapper de sa bouche à courbe bien gracieuse pour un homme. Ainsi d'un soupir, d'une expiration presque agacée, je lui réponds tout d'abord, ma cigarette au bout des doigts avant d'être capable de former quelques mots qui ne sont au final rien de plus que les inepties d'un jeune homme qui devrait cesser de se noyer dans l'alcool.

"Veuillez m'excuser. Je ne voulais pas paraître grossier... J'étais juste... Enfin je suis juste... Un peu ivre et... Vous êtes plutôt doté d'une beauté qu'il est difficile d'ignorer et je pensais..." Je grogne légèrement, arrachant rapidement une petite plainte à la braise avant de reprendre, le visage quelque peu dissimulé par la volute de fumée que je crache. "Enfin j'ai mal pensé. Excusez-moi."

J'entends qu'il m'en veuille, qu'il n'apprécie pas que j'ai pu le confondre avec une dame, et si sobre, j'aurais pris le temps de le complimenter, de lui réciter la prose poétique qu'écrit mon coeur d'artichaut en cet instant au sein même de ma cage thoracique fébrile, aujourd'hui je me fais mutique, ravalant mon romantisme et mon assurance pour simplement baisser les yeux et admirer le plancher à mes pieds, l'esprit désormais troublé par une honte certaine qui fait rougir à mon tour mes joues exsangues.  Je n'aurais pas dû ainsi assumer, penser que devant moi pouvait se tenir une femme mais au contraire me conforter dans l'idée que le médecin ne peut bien recevoir que des hommes qui ne créent pas ainsi de remous ou des murmures chez les curieux mal intentionnés. J'aurais dû songer à tout cela, tourner ma langue dans ma bouche plus d'une fois mais à cause de l'alcool, je me fais trop bavard, trop enclin à vouloir chasser le silence pour m'assurer que j'existe encore, que vivant je suis encore un peu et qu'ainsi, les autres dont le regard se fait parfois fuyant, sont encore capables de m'apercevoir. A cette simple pensée, je soupire, écrasant ma cigarette à peine fumé dans un cendrier, déclarant en ce geste symbolique que j'abandonne ma petite rébellion inutile, hochant de ce fait la tête pour confirmer à l'invité de Van Helsing qu'il serait en effet préférable que j'aille me changer avant que nous ne continuons.

"Si cela ne vous demande pas trop d'efforts... Ce serait appréciable et... Profitez de mon absence. J'essayerais de ne pas revenir trop vite."

Je conclus mon départ d'un sourire, d'une légère excuse gestuelle de plus qui disparait bien vite à l'instant où je m'extrais du canapé, chancelant une seconde avant de tituber au travers de la pièce, les doigts en alertes, prêt à se raccrocher au moindre centimètre de mur si la nausée qui est la mienne finit par prendre le dessus et à forcer une chute dont je n'aimerais pas être la victime. Ainsi, avec l'élégance d'un homme ivre, je quitte le salon, déambulant un instant dans le dédale de la demeure du médecin pour mieux aller me réfugier dans la salle de bain, où de longues minutes je passe, à simplement débarrasser de mon corps de l'odeur âcre du tabac et du vin, puis de cette barbe ridicule qui mangeait jusque-là mon visage, ce début de pilosité qui n'avait rien de charmant ou de plaisant à l'oeil mais qui avait tout d'une négligence qui malheureusement hurle à quiconque pose son regard sur ma personne que je n'essaye plus de prendre soin de moi, mais qu'au contraire je puni ce corps qui n'a rien fait de mal, à part peut-être d'exister. Sous l'eau chaude, je prends un instant pour me calmer, pour oublier les raisons qui m'ont poussé à ainsi me faire du mal, à boire jusqu'à en avoir la nausée, jusqu'à être incapable d'être décent envers un inconnu, chassant tout pour préférer un silence qui m'accompagne quand je retourne dans ma chambre et qui se fait l'aide dont j'ai besoin pour m'habiller, pour enfiler ce costume trop grand qui flotte autour de ma carcasse maigrelette sans la moindre élégance et qui au lieu de dévoiler des atouts dont je suis de toute manière dépourvu, ne fait que mettre en valeur le mal certain qui me ronge. Un instant, je croise mon regard dans le miroir de ma chambre, laissant mes prunelles se perdre sur mes traits tandis que mes doigts tremblants terminent d'ajuster à mes poignets mes boutons de manchettes. J'ai été un jour élégant, beau, séduisant, charmant... Et de ce Mathias il ne reste aujourd'hui plus grand chose, juste un souvenir, une ombre qui parfois se révèle à ceux qui parviennent à me faire sourire, à pénétrer dans ce coeur de verre brisé qui bat difficilement dans ma poitrine et qui à chaque battement ne fait que fredonner une mélodie proche d'un requiem, une chanson qui depuis trop longtemps résonne à mon oreille. A nouveau je soupire, regrettant l'instant présent avant de quitter ma chambre et de suivre l'odeur d'un café bien noir pour retourner au salon, où là je me présente avec un sourire délicat et une démarche moins bancale.

"Me revoilà. Je n'oserais pas songer que vous ayez pu vous désoler de mon absence mais je suis reconnaissant que vous ayez pris le temps de mander Jenkins pour le café."

Sans un bruit presque, comme si je n'étais devenu plus qu'une silhouette au poids semblable à celui d'une plume, je reviens m'assoir dans le canapé, saisissant entre mes doigts la tasse de café sur laquelle je vais doucement souffler, mon regard perdu dans la contemplation de la teinte du breuvage brûlant dont les arômes puissants arrivent à chasser l'ivresse et la sottise de ma personne, n'y laissant qu'une peine qui était déjà présente et que l'alcool n'a visiblement pas réussi à tuer. Mais plutôt que de me morfondre, que d'accepter que je ne peux bien que me draper d'un malheur que bien peu comprennent, je me contente de siroter un peu de café, et de grimacer avant de relancer une discussion qui j'espère sera plus légère.

"Vous êtes donc étudiant au Collège de Londres ? Qu'étudiez-vous ?"

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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Dim 8 Avr - 12:14

rencontre en eaux troubles
A la vue de l'embarras de l'invité d'Abraham lorsqu'elle le reprit sur son identité, Sasha se sentit presque mal pour lui. Il fallait dire que, bien que ses propos l'aient gênée, ils l'avaient aussi touchée, émue, remuée au plus profond d'elle, et qu'elle aurait tout donné pour que cela continue. Malheureusement, ne sachant pas si elle pouvait faire confiance à cet inconnu au cerveau encore embrumé de vapeurs d'alcool, elle avait préféré ôté toute ambiguïté quant à son sexe.
Et lorsqu'il accepta avec empressement sa proposition de café en échange d'un brin de toilette et d'un changement de vêtements, la jeune fille en fut presque touchée. Mais ce qui lui brisa presque le coeur, ce fut l'injonction de Calloway de profiter de son absence. Comme s'il s'excusait d'exister, de l'importuner, tout en ayant envie de revenir. Elle se rappelait beaucoup trop cette sensation ; elle l'avait vécue des années avec son père, et elle se promit de tout faire pour que l'homme qu'elle connaissait depuis moins d'une heure ne se sente pas de trop en sa compagnie.
Lorsque Calloway quitta la pièce, elle fit de même, cette fois pour se rendre à l'office et demander à Jenkins s'il lui était possible de préparer un café pour l'homme aviné qui avait rejoint sa chambre afin de se laver et de se changer.
Le majordome la regarda d'un air très surpris.
« Je ne sais quel maléfice vous avez usé pour faire se lever Monsieur Calloway, Monsieur, mais je ne serai pas contre que vous me donniez la recette ou la formule ! Je vais lui préparer un café fort. En souhaitez-vous un également ? »
Sasha retint une grimace en pensant au goût bien trop amer du breuvage revigorant, et secoua la tête négativement.
« Je prendrai simplement un thé, si cela ne vous dérange pas. Un Earl Grey, comme tout à l'heure, c'est possible ? »
« Tout à fait Monsieur. Je porterai les boissons dans le salon lorsque Monsieur Calloway redescendra. »
La jeune femme remercia le maître d'hôtel et sortit de la pièce pour retourner dans le petit salon. Une fois arrivée, elle ne put empêcher son regard de dériver vers les bibliothèques qui encadraient la pièce, et s'autorisa l'examen des ouvrages qui s'y trouvaient. Elle ignora les classiques de Shakespeare, survola des ouvrages de botanique et de finance sans y accorder la moindre attention, et s'arrêta sur un ouvrage d'archéologie, répertoriant les grandes découvertes archéologiques en Amérique du Sud.
Doucement, elle prit le livre avec elle et s'installa dans le canapé pour feuilleter l'ouvrage en attendant Mathias. Les illustrations étaient gravées avec une précision qui rendaient toute leur grandeur aux pyramides incas, aussi la jeune fille se perdit bien vite dans les pages du livre.
Jenkins posa son thé et le café de Calloway sur la table, et Sasha le remercia chaleureusement avant de replonger dans sa lecture.
Il fallut l'arrivée de l'invité d'Abraham pour que la jeune fille relève la tête des pages du livre et consente à le poser à côté d'elle.
Il prit sa tasse de café, et elle s'empara de sa tasse de thé pour boire avec lui, prenant le temps de savourer le breuvage avant de répondre à son voisin bien curieux :
« J'étudie la littérature anglaise et française, mais je prends également quelques cours d'archéologie et de langues anciennes. Mon père tient à ce que je sois un jeune homme cultivé, mais je suis passionné par le passé, les grandes comme les petites découvertes, la vie de ceux qui ont permis à la civilisation telle qu'on la connaît aujourd'hui de voir le jour. Récemment, j'ai eu la chance de partir en expédition en Amérique du Sud, à la recherche d'un temple maya. »
La jeune femme hésita un instant avant de continuer, mais après tout, si Calloway s'était permis de lui poser des questions sur sa vie personnelle, alors... Et puis, elle souhaitait faire connaissance avec le jeune homme qu'elle découvrait tout juste ! Rasé de près, avec des vêtements propres, il était vraiment séduisant. Sasha regrettait de plus en plus de l'avoir repris sur son identité, et se força à se sortir de l'esprit cette sensation à la fois troublante et si agréable qu'elle avait ressentie lorsqu'il avait effleuré sa main de ses doigts.
« Et vous, monsieur Calloway, que faites-vous dans la vie ? »
Il devait bien avoir une activité autre que cuver son vin sur le canapé d'un docteur dont la réputation flatteuse ne s'arrêtait pas aux frontières de Londres !
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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Jeu 12 Avr - 9:12

Rencontre en eaux troubles
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I pray for the wicked on the weekend. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah. Swear to God I ain't ever gonna repent. Mama, can I get another amen? Oh oh, it's Saturday night, yeah

La réponse du jeune homme, invité du prestigieux médecin hollandais, ne m'étonne pas, au contraire, elle fait naître sur mes lèvres désormais porteuse de la saveur amère d'un café serré, un sourire délicat, une esquisse enjôleuse qui s'estompe bien rapidement, n'existant qu'une seconde pour le regard de quelqu'un qui ne le verra pas et qui disparaît sans laisser le moindre souvenir sur mes traits tirés par une faiblesse certaine, une maladie de l'esprit qui dévore pourtant ma chair avec l'efficacité d'un prédateur affamé. Pour lui, dont la vie semble plus excitante, plus passionnante que cette parodie d'existence que j'ose mener, je n'ai qu'un mutisme qui existe au milieu des gestes mécaniques que j'effectue, préférant prétendre avoir réellement envie de terminer ma tasse et de laisser mon regard se perdre dans le lointain plutôt que de croiser son regard et de répondre à une question qui ne fait que me forcer à dévoiler à une personne de plus que je ne suis rien d'autre qu'un inutile de l'existence, un être qui erre dans le monde sans jamais y trouver sa lace, vivant de ce fait aux dépends de ceux qui pourraient avoir pitié de lui, un homme qui en parallèle des autres se doit d'admirer le bonheur et les réussites de ceux capables d'être talentueux. En silence, je considère un instant la possibilité de simplement fuir pour ne pas avoir à avouer que contrairement à lui, je ne fais rien et que je ne suis de toute façon bon à rien, mais alors que le fond de la tasse pointe le bout de son nez, je ne peux bien que soupirer, hésiter une seconde de plus avant de trouver le courage de presque murmurer avec honte ce qui est pourtant une réalité.

"Je n'étudie rien, si cela est votre question."


Avec une certaine délicatesse, je repose la porcelaine sur la table basse qui nous sépare, pour mieux ensuite me pencher et récupérer l'une des cigarettes qui est encore au sol, la glissant entre mes lèvres pour simplement sentir le tabac laisser sur ma langue une saveur certes familière mais écœurante en ce jour. Par soucis de ne point déranger Sasha, je tire cette fois-ci de mon veston un paquet d'allumettes, grâce auquel je parviens à embraser le tabac qui bientôt chante pour moi, crépitant doucement au rythme des inspirations que je prends et des volutes blanchâtre qui entament leurs danses dans l'air du salon, emplissant celui-ci d'un voile quelque peu opaque, d'arabesques éphémères que je sculpte du bout de mes lèvres.

"Je n'ai qu'une occupation, qu'un métier... Celui d'être le fils de mon père, d'être l'héritier d'une famille puissante de Londres." Je marque une légère pause, battant doucement des cils pour cacher derrière ceux-ci la peine que j'éprouve à l'idée de n'exister pour n'être que ça, qu'un enfant qui se doit de perpétuer un héritage qu'il n'a jamais demandé à recevoir. "Je suis l'aîné, celui qui se doit de faire selon les volontés de son père. Et croyez-le ou non, mais c'est un travail de tout les instants. Une tâche qui n'autorise pas d'avoir des loisirs ou des centres d'intérêts autres que celui de rendre son père fier."

A ceci, je n'ajoute qu'un rire amer qui se fait une expiration désabusée, une excuse pour souffler par le nez un peu plus de fumée tandis que la pièce, mes prunelles se perdent, s'accrochant aux bibelots et autres ouvrages que collectionne le savant Van Helsing. Je pourrais avouer avoir l'âme d'un artiste, lui confier qu'au piano j'excelle et qu'il m'arrive aussi d'écrire, de prendre le temps de noircir quelques pages pour conter des aventures qui n'ont d'importance qu'à mes yeux, mais par souci de ne point me dévoiler à quelqu'un qui ne retiendra que l'ivresse pour mieux oublier le reste de ma personne et les possibles passions qui pourraient encore animer ma pauvre carcasse, je préfère revenir à lui, n'entrouvrir les lèvres que pour poser plus de questions, pour lui faire passer l'envie de tenter de me comprendre ou d'appréhender la vague que je veux rester à ses yeux.

"Vous m'impressionnez en réalité. Ca doit être passionnant de se plonger dans les récits d'autres civilisations, de partir à l'aventure et de trouver au coeur même d'une jungle luxuriante un temple abandonné et oublié de tous." Je souris quelque peu, redevenant un instant l'enfant curieux et avide d'histoires que j'ai toujours été, posant de ce fait mes prunelles sur sa personne tandis qu'au bout de mes doigts, le tabac se fait cendres. "Racontez-moi. L'avez vous trouvé ce fameux temple ? Et au coeur de celui-ci qu'y avait-il ? Des trésors, des reliques, des fresques ? Dites-moi tout."

Des histoires des autres, des récits de ceux qui sont libres, je me suis toujours nourri, avide d'expérience que je ne pourrais jamais savoir mienne car à jamais enchaîné à cette terre, à cette ville que mon père a fait les frontières de mon monde, soit-disant pour protéger les autres de la bête qui coule dans mes veines, qui dans ma chair existe et ne connaît aucun maître, tolérant mes envies quand celles-ci ne contredisent pas ses désirs. Et pour cela seul, je suis condamné, puni car j'ai eu le malheur de naître avec des dons qui ne sont pas ceux de mon père mais au contraire avec une essence magique à la volonté indomptable, qu'au lieu de tenter de charmer, de comprendre, tous préfèrent la réprimander comme si c'était un enfant qu'on ne peut écouter. Pour tout ça, je suis voué à ne pouvoir qu'envier ceux qui comme lui, n'ont rien de spécial, rien de particulier pour les accabler, à part peut-être la chance d'être libre et de pouvoir mener leur vie comme bon leur semble, sans avoir à s'inquiéter de constater que le vaste du monde ne sera jamais rien de plus que des rêves qui ne prennent formes qu'entre les lèvres des autres. A eux, j'ai envie d'hurler de disparaître, de ne pas revenir en cette cité qui n'est qu'une cage mais d'au contraire continuer de toujours chercher la limite de l'horizon et de s'émerveiller de ce que mes yeux ne pourront jamais contempler. A eux, j'ai envie de murmurer mes supplications les plus vaines, de les excéder de mes demandes jusqu'à ce qu'ils finissent par céder et m'emmène au loin, jusqu'aux confins du monde.


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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Mer 18 Avr - 12:54

rencontre en eaux troubles
Sasha ressent un pincement au coeur lorsque Calloway évoque son activité à plein temps ; celle d'être le fils de son père. Les mots qu'il emploie, le ton de sa voix, tout lui rappelle les explications qu'elle a avancées à son maître au sein de la Ligue, juste avant qu'il n'accepte de prendre celle qui se ferait appeler Sasha sous son aile. Ce sentiment de ne jamais être à la hauteur, ce tiraillement entre une fuite le plus loin possible et l'envie malgré tout dévorante de rendre son géniteur fier, elle les connaît bien. Ce sont de vieux amis. Et même si elle a choisi la fuite, la disparition et l'abandon du nom de son père, elle brûle parfois d'envie de lui écrire, de lui raconter tout ce qu'elle fait, pour peut-être enfin mériter son approbation.
Le jeune homme qui lui fait face se perd quelques instants dans ses pensées, et la jeune fille se garde bien de l'interrompre. Elle ne peut que deviner les sentiments qu'il ressasse et qui se reflètent dans ses yeux si bleus.
Soudain, il semble se ressaisir, et, d'un ton enthousiaste, lui demande de lui raconter son expédition à l'autre bout du monde. Son regard brille, et un sourire lui réchauffe le visage, le rendant encore plus séduisant. Décidément, Sasha regrette de plus en plus de lui avoir affirmé ne pas être une fille !
Elle ferme un instant les yeux, appelant ses souvenirs à elle. L'odeur de la forêt amazonienne après la pluie. Le bruit continu des oiseaux et du vent dans la canopée. La chaleur étouffante qui les assommait en permanence.
Et elle raconte :
« J'ai rejoint un ami qui était déjà en Amérique du Sud, et nous sommes partis à l'aube pour la forêt. Elle est tellement dense qu'il faut avancer à coups de machette, même sur les chemins déjà tracés -les lianes et le feuilles repoussent très vite. Malgré la chaleur, nous avancions toute la journée, seulement munis d'une carte esquissée par mon ami sur un morceau de cuir, d'après les indications parfois imprécises d'un chef de village local. »
La jeune femme ne peut s'empêcher de sourire. Son maître avait tempêté à de nombreuses reprises à cause de l'imprécision des données dont ils disposaient, et qui leur faisaient parfois perdre une journée entière à cause d'un cours d'eau un peu trop tumultueux.
« Nous avons trouvé le temple au bout de douze jours. Nos provisions européennes -viande séchée, pain, biscuits, fromage- étaient terminées depuis deux jours, et nous avions commencé à nous nourrir de fruits exotiques et de poisson. Le temple était totalement enseveli sous la végétation, aussi n'avons nous pas immédiatement compris que nous l'avions trouvé. La terre s'est muée en pierres effondrées, et nous avons commencé à contourner l'obstacle. C'est là que nous avons trouvé l'escalier. »
Sasha se souvenait parfaitement de cet instant.
« Mon m... mon ami a choisi de monter le campement en bas des marches et de ne commencer l'exploration que le lendemain. Bien entendu, je n'ai pas réussi à fermer l'oeil de la nuit ! Nous nous sommes levés à l'aube et, après avoir nourri le lama qui portait nos provisions et nos affaires, sommes montés à l'assaut du temple. C'était une bataille contre les lianes et les plantes grasses, qui rendaient les marches glissantes, et contre le soleil duquel la canopée ne nous protégeait plus. Au bout d'une heure environ, nous étions au sommet, et avons pu admirer la mer d'un vert profond qui s'étendait à perte de vue. »
Un véritable instant de paix, après une heure de lutte pour tracer un chemin à peu près praticable au milieu des plantes qui avaient envahi l'escalier.
« Contrairement à ce que j'avais pu lire, nous n'avons pas trouvé d'autel en haut des marches. Cela me sembla curieux, mais mon ami n'avait pas l'air perturbé outre mesure, alors nous sommes entrés après avoir allumé les torches que nous avions fabriquées la veille. Et nous sommes descendus dans les profondeurs de la pyramide. Les fresques étaient immenses et colorées, comme ce que j'avais pu lire dans des récits de voyage, mais au fur et à mesure que nous descendions, le noir remplaçait les couleurs vives. Lorsque nous avons atteint l'autel de pierre noire, il n'y avait plus aucune couleur sur aucune des fresques. »
Un frisson parcourut la jeune fille, reflet de celui qu'elle avait ressenti là-bas. La réalité du lieu ne correspondait pas du tout à ce qu'elle avait pu lire sur les temples mayas, et la teinte sombre des fresques et de l'autel la mettaient mal à l'aise.
« Au centre de l'autel, nous avons trouvé une bague sertie d'un joyau taillé comme un diamant. »
Et froid comme de la glace.
« Apparemment, c'était le seul artefact qui se trouvait dans la pièce, puisque nous n'avons rien trouvé après deux heures de recherches méticuleuses. Nous sommes donc remontés à l'air libre, puis avons rejoint le campement. »
Son maître lui avait alors expliqué les pouvoirs de la pierre, et les raisons qui avaient poussé la Ligue à l'envoyer récupérer le joyau avant que quelqu'un de mal intentionné n'aie l'idée de l'utiliser à des fins peu recommandables.
« Nous avons passé le reste de la journée à retracer la carte pour coller au plus près à la réalité du terrain, et le lendemain, nous avons commencé à recopier les fresques. Je pourrais vous montrer mes croquis, il doivent être dans la sacoche que j'ai laissée dans l'entrée. »
Habituellement, la jeune femme ne se séparait jamais de la fameuse sacoche de cuir brun qu'elle tenait de sa mère, mais Jenkins avait insisté pour la débarrasser de son manteau et de son sac lorsqu'elle était entrée.
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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Dim 22 Avr - 7:45

Rencontre en eaux troubles
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En silence, en cet instant étrange où le temps ne semble plus décidé à continuer sa course, je me laisse porter par les débuts d'un récit qui m'autorise à m'échapper de ma prison, à abandonner un instant mon corps pour mieux me perdre dans les vagabondages de mon esprit, qui au loin, au sein même de cette jungle que Sasha me décrit, se perd, se fraye un chemin aux milieu des lianes et de la moiteur d'un climat qui aurait surement raison de moi. Les yeux clos, un léger sourire aux lèvres et ma cigarette au bout des doigts, j'entame ainsi ce voyage qui est le mien, voguant au fil de mots qui me sont offerts bien trop gracieusement par celui qui ne réalise pas qu'il est en train de charmer mon ivresse et de bercer mon âme, me plongeant de ce fait dans un semblant de songe au milieu duquel je somnole avec plaisir, et que je m'approprie pleinement, lui donnant la forme tant fantasmée de cette aventure que je n'aurais très certainement jamais la chance de vivre. Au fil des secondes qui s'égrènent et qui deviennent des minutes que les horloges même de la demeure ne prennent plus le temps de comptabiliser, je disparais un peu plus, fuyant cet endroit pour n'exister plus qu'au sein de ma psyché, dans un recoin de celle-ci, où le monde extérieur ne peut m'atteindre et me forcer à reprendre possession de ce corps que je tente de détruire depuis bien longtemps. Bien loin de lui, je fuis, m'enveloppant dans ses mots que ma magie susurre en rythme, sombrant dans une transe calme et paisible dont la fin arrive bien vite, avec celle du récit, et me force à rouvrir les yeux et à constater avec déception que je me trouve encore dans le salon du médecin. Les lèvres pincées en une moue presque enfantine, je me contente de battre de cils, puis de fumer pour la beauté seule d'un geste mécanique qui n'est plus une envie mais un réflexe, une habitude du corps pour laquelle je suis docile, tandis qu'entre nous, je laisse flotter cette proposition que je ne repousse pas tout de suite mais que je n'accepte pas pour autant, non pas lassitude ou mépris, mais à cause de cette jalousie bien sombre qui commence à me dévorer la chair et le coeur. Sur lui, je pose mes prunelles, expire un écran de fumée qui vient un instant masquer mon visage et ne laisser que mes yeux libres de ce voile blanchâtre avant de parvenir à esquisser quelques mots, quelques paroles qui dans le silence relatif de cette pièce et de ce moment, semblent étrangement être teintés d'une colère naissante.

"Et cette bague, quel était son pouvoir ?"

Dans mes veines, je sens ma magie s'agiter, ronronner presque de voir que j'ai moi-aussi perçu, dans le non-dit du jeune étudiant et aventurier, une faille dans son envie de partager un récit qu'il enjolive ou que tout du moins, il façonne dans le but de lui donner la forme souhaité, comme si celui-ci était un habile artisan du mensonge là où en réalité, il n'est rien de plus qu'un gamin qui maîtrise à peine l'art de l'omission. Sur le côté, je penche quelque peu la tête, inspirant quelque peu alors qu'à mes pieds chutent quelques cendres, doux fragments et vestiges d'une braise rougeoyante qui bientôt devra s'éteindre.

"C'est étrange de faire garder un tel objet si ce n'est qu'un bijou comme les autres. Ce ne sont pas les babioles que l'on enferme dans des coffres, et ce ne sont pas les simples objets brillants que convoitent les dragons. Bien au contraire, c'est ce qui est puissant, dangereux ou même précieux que l'on s'acharne à enterrer, à dissimuler à ceux qui pourraient vouloir mettre la main dessus ou à exiler bien loin d'un monde que cette chose pourrait détruire sans peine."
Je marque une légère pause, le temps de d’inspirer quelque peu et d'ainsi faire passer la nausée certaine dont le café est la cause. "Alors... Pourquoi aller chercher un tel objet au beau milieu d'une jungle hostile et visiblement déterminée à ne pas se faire docile pour les humains qui iraient s'y perdre ? Pourquoi, si ce n'est parce que vous cherchiez justement cette dangereuse petite chose..."

La meute ronronne désormais dans mes veines, se glisse jusqu'au bout de mes doigts, m'implorant d'effleurer à nouveau le jeune homme pour déterminer si celui-ci ne serait pas un être doué d'une particularité, d'une qualité aussi dangereuse que merveilleuse que la mienne. Pour cette horde lupine qui gronde dans mes nerfs et s'agite, je n'ai bien qu'un simple soupir, tandis que pour l'invité du médecin, j'ai un sourire presque dérageant, presque aussi mauvais que celui des prédateurs qui rôdent dans ma chair.

"Vous n'avez rien d'un simple étudiant Sasha... Mais tout d'un affreux menteur." Un léger rire se permet de ponctuer ma phrase alors que je croise élégamment les jambes pour mieux me prélasser dans ce canapé dans lequel je vais surement m'endormir une fois cette entrevue terminée. "Je sais pourquoi vous êtes là. Vous travaillez avec Van Helsing. Et pas pour apprendre les bases de la médecine, non... Vous êtes là pour le genre d'activités qui poussent parfois le bon docteur à sortir la nuit ou à partir dans des contrées lointaines pour chasser des mythes qui sont loin d'être de simples histoires pour nourrir l'imagination des enfants."

A la Ligue, je le soupçonne d'appartenir, tout comme moi je le suis, et suis presque insulté en réalité qu'il ose ainsi se moquer de moi, en m'abordant comme un simple alcoolique assigné à résidence quand mon père est l'un des hommes les plus influents de cette institution, un télépathe chevronné qui n'hésite pas à briser l'esprit de ceux considérés comme trop dangereux pour ce monde. Voilà ce que je suis en fait, outré qu'il me pense plus bête que je ne le suis, ou trop enivré pour penser correctement, et honnêtement, si la demeure n'était point sous le joug de charmes qui m'interdisent d'user de ma magie, le jeune Sasha aurait déjà eu le déplaisir de faire la connaissance des monstres qui vivent dans mes veines.


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Message(#) Sujet: Re: rencontre en eaux troubles (+ mathias) Mar 24 Avr - 11:22

rencontre en eaux troubles
La jeune femme, qui s'apprêtait à se lever pour aller chercher sa sacoche et le précieux carnet qu'elle contenait, anticipant la curiosité de l'autre invité d'Abraham, se figea.
A tous les qualificatifs qu'elle avait attribués à Calloway depuis leur rencontre -alcoolique, séduisant, mystérieux, aguicheur, curieux- s'ajoutait un nouvel adjectif.
Dangereux.
Et soudain, Sasha regretta d'avoir ouvert sa grande bouche. Comme d'habitude, elle parlait trop, beaucoup trop, et cette fâcheuse tendance à vouloir divertir ses auditeurs en leur racontant les folles aventures dans lesquelles son maître l'entraînait lui avait causé bien des ennuis par le passé. Pourtant, elle semblait ne jamais apprendre -et cela l'exaspérait au plus haut point. Toujours, elle se réprimandait après coup, se jurant de faire plus attention la prochaine fois. Mais le regard brûlant de Calloway, sa curiosité justement dosée, son intérêt pour la pauvre chose insignifiante qu'elle était, tout cela l'avait poussée, une fois encore, à se perdre dans le lyrisme de son récit.
Se maudissant intérieurement, elle ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul lorsque Calloway lui adressa un sourire de prédateur.
Il n'avait plus rien à voir avec le jeune homme avenant et courtois, fatigué de lui-même, qu'elle avait rencontré moins d'une heure auparavant. C'était un prédateur. Et, à la manière dont il évoqua les activités du médecin, Sasha le soupçonna instantanément d'avoir un lien quelconque avec la Ligue. En tous cas, il en savait assez pour être au courant des voyages qu'Abraham entreprenait aux quatre coins du monde.
S'efforçant de ne pas céder à la terreur pure qui coulait dans ses veines alors que Calloway fixait sur elle un regard empli d'une flamme qu'elle n'aurait su décrire de manière exacte, Sasha répondit à l'incongru, d'une voix qui se voulait ferme :
« Je vous prie, monsieur, de mesurer vos propos. Je suis réellement étudiant au Collège de Londres, et ce n'est pas parce qu'un ami que je respecte a l'amabilité de m'emmener en voyage archéologique en Amérique du Sud que je suis un affreux menteur. »
La jeune femme marqua une pause. Elle disait strictement la vérité : entre les voyages qu'elle effectuait soit avec son maître, soit avec Huck, soit seule pour le compte de la Ligue, elle était effectivement inscrite au Collège de Londres en littératures anglaise et française -pour que son père accepte de lui payer ses études-, ainsi qu'en archéologie et en langues mortes -parce qu'elle voulait servir la Ligue au mieux.
« Et si je travaille avec le docteur Van Helsing, ce n'est effectivement pas pour apprendre la médecine -et je ne vous ai jamais affirmé le contraire. Mais les affaires que je mène avec votre hôte ne vous regardent en rien. Toutefois, de manière à ce que cesse votre irritabilité et, je dois dire, votre légère agressivité, je tiens à vous préciser que ces affaires concernent un ami commun pour lequel je me fais du souci.  »
Là encore, la jeune femme disait vrai -d'une certaine manière. S'il était vrai que le médecin et elle avait un ami commun, et que celui-ci lui causait parfois quelque souci -Huck avait une fâcheuse tendance à ne pas prendre soin de lui de la manière la plus optimale qui soit, en plus de son paludisme-, ce n'était pas la raison première de sa visite. Mais cela, Calloway n'avait pas à le savoir.
« Quant à cette bague, sachez, monsieur, que si elle possède un pouvoir quelconque, je ne l'ai jamais su. Lorsqu'un archéologue que j'admire et respecte me propose de partir en voyage et d'explorer la jungle pour localiser un temple, j'accepte. Et je n'ai pas l'habitude de harceler mes compagnons de voyage de question pour connaître les plus infimes raisons qui auraient pu les pousser à entreprendre ledit voyage. »
C'était son seul et unique véritable mensonge depuis le début de leur conversation. Sasha avait la désagréable -pour les autres- manie de poser des questions en permanence, et ne s'arrêtait que lorsqu'elle était satisfaite -ou pour manger.
« Maintenant, puisque je suis quelqu'un de courtois et que je ne vous tiens pas rigueur de votre attitude déplacée, je vous propose à nouveau, monsieur, de regarder les croquis que j'ai fait des fresques du temple -si cela vous intéresse. »
Cette fois, la voix de la jeune femme s'adoucit un peu sur la fin, même si elle reste sur ses gardes.
Calloway, elle le sent, reste quelqu'un de dangereux.
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