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 Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante !

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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante ! Mar 10 Avr - 2:42


Le 20 mars 1900, en soirée

Vous la voyez, n’est-ce pas ?

La porte dorée, au fond de son café crasseux. La porte vers l’Eden, la porte vers tout ce qui est merveilleux. Close, à vous qui êtes devant. Trois coups, deux coups, trois coups. La porte s’ouvre sur un homme sobrement vêtu, qui prendra de votre main la carte de visite au liséré doré qui y a été précédemment glissée par un lycanthrope malicieux. D’un geste large, il vous convie ensuite à l’intérieur de l’antre du loup.

Ambiance feutrée, entre les lampes qui brûlent discrètement et réchauffent le large salon où se dérobent les isoloirs. Quelques rires, quelques chuchotements. Un pianiste assure cette ambiance surréelle qui se dégage de l’endroit, la musique s’égrenant en notes discrètes qui s’étouffent contre les tentures de velours. Un bar large et patiné, où vous trouverez alcools et bières à déguster, même quelques tabacs et autres délices à fumer. Puis, même, contre un regard intéressé, contre de l’argent sonnant, peut-être même une demoiselle à romancer, pour une soirée. Après tout, qui est contre la vertu ?

***

Vesper a rapidement rejoint le Golden Lie, après s’être esquivé du garden party de Sa Majesté. Besoin de s’assurer que tout est en ordre à son établissement, avant que celui-ci soit ouvert pour la nuit. Que ses filles sont présentes, en bonne santé, son bar rempli, son personnel aimable. Un souci constant de l’expérience agréable qui fait revenir les clients plus d’une fois. Vraiment, quel hôte incroyable fait-il ! Sans fausse modestie (et même aucune modestie). À son barman, un dernier commentaire, avant que les festivités soient lancées : « Je vous indiquerai les clients qui pourront profiter de ces tarifs préférentiels. » Un signe de tête entendu. Un signe de la main au pianiste, qui aussitôt se met à une mélodie plus enjouée, même entraînée. C’est la fête, cette nuit, c’est le printemps, qui renaît et qui revit !

Spoiler:
 

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Message(#) Sujet: Re: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante ! Dim 15 Avr - 5:15


 
Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante !

Vesper, Calloway, Hook, Gottschalk et d’autres ?

 
Alors qu’une voiture nous emmène vers une soirée qui sera sûrement moins ennuyante que celle que Mathias et moi laissons derrière à Kensington Garden, je me remémore toutes les aimables paroles que m’a dit mon tendre ami. Il est comme mon frère : quelqu’un qui croit en moi et que me dit de foncer quand je doute… et qui ne semble pas voir les problèmes qui sont pour moi des montagnes. J’ai un petit sourire à son égard. Grand bêta qui ne sait pas les misères d’être née femme dans un monde d’hommes.

Pendant que les bruits des sabots des chevaux nous mènent vers cette destination qui m’est inconnue, j’en profite pour retirer les épingles de mes cheveux, défaire tresses et boudins pour laisser mes cheveux retomber sur ma taille. J’ai un soupir d’aise sans limite d’être déjà moins bridée. J’attache avec soin les petites fleurs de soie blanche au cœur de rubis scintillants sur mon corsage. Si j’en perds une je crois que Mère va m’écorcher vive. Avant de renfiler mes gants et ainsi dissimuler les nombreuses cicatrices qui décorent mes avant-bras, je crache au sol une épingle à cheveux que je tenais encore dans ma bouche et je m’adresse à mon ami de débauche.

« Tu pensais vraiment tout ce que tu as dit tout à l’heure ? Que peut-être un jour les gens verront autre chose en moi qu’une usine à bébés et une hématomancienne ? Et… que tu seras toujours là pour moi ? Mon frère m’avait promis un jour qu’il serait toujours là… pourtant il est parti vivre ses propres aventures, en me laissant toutes les responsabilités. Sympa le frère. »

Je soupire et je termine d’attacher la dernière satanée fleur à ma robe, que je lisse distraitement du bout des doigts. J’adore ce tissu vaporeux de blanc et de rose. Il me donne l’impression d’être une fée, au lieu d’une banale femelle enchaînée à sa condition dans un monde dominé par les hommes. Je chasse mon soupir par un large sourire que j’essaie de rendre joyeux et d’un bond je saute sur les genoux de mon faux fiancé, j’enlace son cou de me petits bras et je dépose un baiser sur sa joue.

« T’as été le meilleur ce soir ! Je me suis bien amusée parce que tu étais là et j’espère qu’on va s’amuser tout autant chez Monsieur Vesper ! »

Ouais, c’est à ce moment-là que la voiture s’arrête et j’ai à peine le temps de me relever que la portière s’ouvre. Parlez d’une situation qui pourrait faire jaser si on était pas au milieu de nulle part devant un endroit qui ressemble à un café à l’abandon. D’un bond je saute en bas du fiacre et je fais quelques pas, et me tourne vers Mathias avec l’air de celle qui pense s’être fait poser un lapin.

« Tu rigoles ? C’est fiesta à la décharge et on m’a pas prévenue ou quoi ? »

Bien vite je constate qu’un petit trésor se cache sous cette apparence négligée. Mathias me guide et je n’ai même pas le temps de constater qu’il semble être un habitué de la place que ma bouche forme un petit O de surprise. Il y a là des femmes plus belles que la lune qui déambulent avec une grâce que je ne pensais pas possible. Subitement je me sens le vilain petit canard, mais au lieu de me recroqueviller dans ma coquille je me redresse et entraîne Mathias par le bras d’un ton enjoué. Mon regard pétillant s’est déjà posé sur le bar qui promet des alcools avec beaucoup plus de corps que ce qu’on nous a servi au bal.

« Tu me fais visiter avant que je terrorise le barman pour la plus belle, douce et fraîche blonde de sa réserve ? »

Cette fois mon sourire est loin d’être feint. Bon sang, avoir su que Monsieur Charles avait un tel établissement, je crois que je l’aurais embrassé dès la première minute où il s’est présenté ! Dieu qu’on va s’amuser !

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante ! Lun 16 Avr - 23:03

Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante !
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We both know the history of violence that surrounds you but I’m not scared, there’s nothing to lose now that I've found you and we could cruise to the news. Pico Boulevard in your used. Little bullet car if we choose, Mr. born to lose

Je pourrais la rassurer, lui faire entendre que oui, je serais toujours avec elle, que mes mots sont rarement des promesses que je ne point tenir, mais durant le trajet, je préfère me faire silencieux, désirant rester l'observateur chanceux qui peut se permettre d’observer l'allégresse si naturelle de cet être qui a été encore relativement épargné et qui en cette soirée n'est animé qu'un besoin de vivre, une fureur salvatrice qui parvient à raviver en moi l'envie de voir demain se lever. Ainsi, en parfaite moitié qui est là, je ne suis avec elle que l'ancre dont elle peut avoir besoin, le compagnon qui sourit, rit pour elle et se fait ce que frère aurait dû être. Pour elle, oui je me fais autant le guide que l'ami, le faux amoureux transis qui éclate bien franchement de rire au milieu de l'établissement quand la belle vient demander une bière qui n'a rien du breuvage qui fait la réputation de cette établissement au sein duquel je passe bien trop de nuits à tenter de tuer les souillures que je pense rôder dans mes entrailles même. Pour elle, j'ai ainsi un éclat de rire qui se mélange aux vapeurs d'opiums et de décadence, devenant ainsi une simple sonorité brûlante qui semble avoir été forgée dans un des recoins les plus chaud de mon être.

"De la bière, vraiment ? Après le champagne ?"

Je ne lui glisse pas un regard, préférant à la place hocher de la tête tandis que de mes prunelles, je cherche à croiser le regard d'une des filles de Charles, qui une fois la curiosité passée, ne demandera qu'à satisfaire toutes nos envies.

"Ici tu te dois de boire de l'absinthe, hors de question de t'enivrer avec autre chose."

Délicatement, je reprends le contrôle de notre escapade, entraînant ma fiancée jusqu'à l'une des banquettes sur laquelle je la fais s'assoir avant de la rejoindre, gardant sa main dans la mienne pour lui faire sentir que je ne vais nulle part, tandis que s'approche de nous une délicieuse créature, une demoiselle charmante aux lèvres outrageusement sensuels qui ronronne e tente de nous arracher l'objet même de nos désirs. Et si un instant, je pourrais prendre le temps d'entrer dans sa danse, de me faire le cavalier de cette valse vaine et pourtant plaisante, je commande à la place les deux verres qui serviront d'introduction à Effie aux plaisirs éphémères et charnels qu'offrent ce tombeau de la décence et du puritanisme de notre époque.

"Deux verres d'absinthe, et ensuite, tu continues de remplir nos verres. Je n'ai pas envie que nous ayons le temps de songer à avoir soif."

Je n'offre qu'un sourire à la belle Faith qui s'éloigne déjà, me tournant ainsi vers Effie quand j'ai assez longuement étudié la chute de reins de la jeune femme.

"Et..." J'inspire quelque peu, étrangement presque nerveux. "Je le pensais... Tout ce que j'ai pu dire ou sous-entendre. Je ne suis pas bon à grand chose et je ne peux pas être une bénédiction dans la vie de qui que ce soit... Mais je serais toujours là. Alors n'hésite pas."

Mais tout ça n'a pas de valeur, rien qui ne puisse donner l'envie de me faire confiance. Mes promesses, mes paroles, tout en ce jour doit sembler être du vent, des propos qui n'existent que pour l'instant, que pour combler un silence qui est de toute façon bien relatif au sein de cet antre des plaisirs, de ce lieu qui n'est là que pour satisfaire les vices d'hommes comme moi, qui loin d'être capables de vivre parmi les autres, aiment à s'abimer tout en espérant qu'un jour, leurs fautes parviennent à panser les fêlures de leur personne. Et parmi eux, au lieu d'être celui qui prétend, je tente de me faire ce que je ne serais jamais, en promettant à celle qui mérite tout des choses que je ne pourrais lui offrir, non pas par manque de volonté ou par envie de lui nuire, mais simplement par conscience que demain peut-être, je ne serais plus car possiblement emporté par les conséquences de mes actes. Je me retiens de soupirer à cette simple idée et serre simplement un peu plus la main d'Effie de mes doigts tandis que vers nous, revient la jeune femme. Devant nous, elle pose les deux verres, ronronne un instant que je n'ai qu'un mot à dire pour qu'elle revienne avant de filer en un roulement de hanches presque félin, qui en plus d'attirer mon regard, me fait presque oublier ce qui occupait mon esprit il y a quelques minutes de cela. Sans attendre, je saisis mon verre et feins de trinquer avec ma fiancée.

"Essayes-donc. Ca te fera oublier le champagne que nous avons bu et ça te mettra dans de bonnes dispositions pour l'opium."

Un clin d'oeil est tout ce que je lui offre avant de vider mon verre d'une traite, permettant ainsi à l'alcool, qui sous les éclairages de l'établissement semble n'être rien de plus que le résultat de la distillation de la plus sublime des émeraudes, de brûler mes entrailles et de faire naître dans ma cage thoracique un brasier familier et réconfortant qui réveille ma magie et lui donne l'envie de danser dans mes veines, de faire son chemin au travers de mon épiderme pour mieux venir enlacer la magie d'Effie, de parfaitement la découvrir et peut-être de trouver la consolation de ne pas être complètement seul, de ne pas être la seule chose en ce monde qui prenne le temps de veiller à ce que je ne m'effondre pas. D'une inspiration, je tente de profiter de cette sensation, la laissant se faire un secret entre moi et le silence alors que j'attends la réaction de ma compagne, quelque peu curieux de voir si elle va apprécier la liqueur ou si, pour une raison qui m'échappe, va s'entêter à m'expliquer que la bière de chez elle est le seul alcool qui vaille la peine d'être apprécié.

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Dernière édition par Mathias Calloway le Lun 14 Mai - 11:41, édité 1 fois
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Charles Vesper
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Message(#) Sujet: Re: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante ! Mer 2 Mai - 4:42

Le lycanthrope a joint Temperance et son client du soir, tous trois abrités dans une alcôve située non loin de la porte d’entrée du Golden Lie. Juste dans son angle mort, afin de pouvoir en apercevoir ceux qui entrent, et d’un signe discret de la main, indiquer au barman qui sont les clients privilégiés pour cette nuit. Ils ne sont pas nombreux, les membres de la Ligue des Gentleman Extraordinaires, à fréquenter son lieu de perdition, et il ne risque alors pas d’y perdre beaucoup d’argent. Rien, en contrepartie du bon temps passé et d’encore plus de consommations commandées, afin de faire bonne mesure. Le tout est d’être fin renard… bon requin. Quelques hommes de sa connaissance - des habitués tentés par les prix compétitifs offerts pour quelques heures, deux-trois nouveaux venus dont les yeux dévorent les courbes de ses filles - déjà s’attardent autour du piano et du bar, mais pas ceux qu’il attend. Il en a invité d’autres, personnellement, et il est curieux de voir si ceux-ci ont accepté son invitation.
Ou même d’autres qui ne sont pas invités, mais qui pourraient représenter un certain… divertissement.

La discussion va bon train, lorsque la porte s’ouvre sur Mathias Calloway et sa fiancée. Charles voit bien la jolie demoiselle aux cheveux gris entrer et son visage se parer de la plus belle expression de surprise, même de ravissement. Son ego s’en retrouve flatté, il est toujours avide des réactions de ceux qui pénètrent dans son antre pour la première fois, surtout après être passé à travers l’endroit délabré qui cache le bordel. Il n’intervient pas tout de suite et observe plutôt les tourtereaux s’installer à une table et Faith, en hôtesse parfaite, s’occuper d’aller leur quérir quelques consommations et de leur offrir ses services. Il serait après tout fou de vouloir éviter un moment de bonheur avec ce couple de jeunes gens… lui-même pourrait même envisager la chose, être un peu plus libre. Un peu moins animal.

Il les laisse trinquer et discuter, pendant quelques minutes, avant de se lever de son siège et d’aller les rejoindre. Le pas feutré, la présence discrète, apparaissant juste au coin de l’oeil avant de tout à fait s’annoncer : « Mathias, Miss Fiona, je vous remercie d’avoir accepté mon invitation. Me permettez-vous de me joindre à vous et de vous offrir un autre verre ? Au goût de la dame, évidemment. Un signe de tête à chacun d’entre eux, avant qu’il prenne place sur la banquette. À distance raisonnable. Il n’a pas oublié son dernier entretien avec Mathias, le Vesper. Pensez-vous que votre ami capitaine nous rejoindra ? Je l'ai invité, il me semblait être le type d'hommes à apprécier ces divertissements, mais vous le connaissez tous deux mieux que moi. » Pas difficile : il ne le connaît pas. Pas encore.

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Edgar A. Poe
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Message(#) Sujet: Re: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante ! Mar 8 Mai - 22:30

Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante !
...


La vie est parfois un étrange recommencement... De la solitude, on revient irrémédiablement à la solitude. On part de rien dans l’existence, et on finira tous par retourner à la poussière. Parfois... C'est un constat bien dépriment. Enfin... Certains auront sans doute la chance de fonder un foyer, d'avoir des enfants, une femme aimante... Pour moi, c'est trop tard. Trop tard pour tout ça. Comment accepter une relation intime quand on sait qu'on quittera un jour ce monde ? Et d'un autre côté... Pourquoi s'en priver ? Je l'ignore. J'avance dans la vie sans savoir de quoi demain sera fait. Mon esprit se lance sans cesse dans une dualité entêtante entre le vivant, et l'homme condamné qui sait qu'il n'aura pas de fin heureuse. Je me sentais comme piégé, une épée de Damoclès au dessus du crâne, le tout était de savoir quand elle se déciderait à tomber. Je reposais la plume, sortant de mes pensées et de ma transe entêtante, regardant devant moi tous ces papiers noircis de ma main. Le flot d'encre, l'écriture à un rythme effrénée... Un miaulement me sortis de ma transe alors que je posais les yeux sur le félin qui vint me voir. Pluton était un chat noir, ses yeux étaient aussi vert que de beaux joyaux, des émeraudes, l'animal avait toujours un air de défi dans les yeux qui criait presque « alors, qu'est-ce que tu vas faire ? » ce à quoi je répondait à chaque fois : « Rien, je ne ferais rien. » Il était l'heure. Je me changeais, arborant un costume me rendant plus présentable, plus élégant. Ma barbe était peu fournie, mais élégamment taillée. Je finis de boutonner mon veston, puis attrapais ma canne, avant de mettre ma montre dans la poche qui était destinée. J'eus un regard pour le chat, avant d'arborer un rictus. Cet animal était mon fardeau, mais aussi ma bénédiction. Que d’ambivalence à son égard. J'avais d'ailleurs écris une nouvelle avec cette petite tête brûlée... Il se faisait éborgner puis pendre par son maître, maître qui finissait par tuer sa femme. Ironie du sort... C'était le chat tué quelques temps plutôt qui attira les policiers jusqu'au cadavre emmuré avec force et miaulement. Oh... Bien qu'elle fusse écrite à la première personne, elle n'était pas autobiographique. Je me refusais à faire du mal à ce pauvre animal, fusse t-il un démon déguisé, et sans doute le premier rouage de ma perte... J'avais vendu mon bien le plus précieux et on m'avais déjà laissé douze ans pour souffler, je purgerais ma peine, j'affronterai les conséquences de mes actes comme je l'ai toujours fais.

« Je sors, Pluton. »


L'animal prit finalement une teinte brumeuse, avant de s'engouffrer dans la montre. Je rangeais cette dernière bien au chaud sans un regard, elle m'étais inutile de toute façon... Enfin... Elle me rappelait juste ce qui m'attendais au bout du chemin. Je sortis finalement de ma maison. Les gens la disaient hantée. C'était sans doute l'effet que la maison d'Edgar Poe faisait au commun des mortels, en lisant mes textes, les gens se faisaient des tas d'idées, la plupart du temps fausses. Je sortis de ma poche le petit carton d'invitation qu'on m'avais remis, quelques jours auparavant, finissant par héler un fiacre. Ho... bien sûr... J'avais une magnifique Rolls Royce de modèle Sylver Ghost qui m'attendait bien sagement dans mon garage, mais j'avouais ne sortir le petit bijou qu'en de grandes occasions. Il ne servait à rien de s'afficher de la sorte. Je montais donc dans l'automobile, donnant l'adresse au chauffeur. Le trajet fut calme... Et j'eus le loisir de me perdre dans bien des pensées. La nuit était tombée, et le fog londonien était de sortit, il étendait ses longs doigts brumeux, couvrait de son manteau vaporeux une ville qui ne dormait jamais. Les lampadaires suivait une route bordée de maisons en tout genre, je me désintéressais finalement du paysage, ma main venant jouer avec mon collier, collier regroupant deux alliances, le souvenir d'une autre vie... Le fiacre s'arrêta finalement, et je descendis non sans avoir payé grassement mon conducteur. Les londoniens étaient discrets et silencieux, cela changeait et faisait un bien fou. Je finis par entrer dans la fameuse salle où j'avais été convié. Là bas, ambiance tamisée, quelques bruits de fond, mais surtout... le son d'une personne jouant à la perfection du piano. Il s'agit d'un air que je ne connais point. Je laisse ma canne ainsi que mon manteau à l'une des femmes venue m'accueillir avec un fameux et délicat sourire. Une charmante créature en somme. Je lui offre un léger sourire ainsi qu'un clin d’œil avant de m'avancer dans la salle d'une démarche assurée, même si dans le fond, je n'en mène sans doute pas large. Une autre déesse de ce palais d'opium et d'alcool vient s’enquérir de ce que je veux boire. Mon regard tomba sur un liquide d'un vert chatoyant.

« Un verre de fée verte, tout comme ces jeunes gens, je vous prie. »


L’absinthe. L'alcool qui rendait fou... Mais après tout, ne l'étais-je pas déjà bien assez ? Je reçu finalement mon verre plus vite que prévu, m'approchant d'un homme qui, comme j'avais cru le comprendre, était l'hôte de ce lieu.

« Bonjour, j'imagine que c'est à vous que je dois la petite invitation, laissez moi vous remercier. Je ne me suis pas présenté. Edgar Poe. Je dois avouer que je trouve pour l'instant l'ambiance vraiment agréable. »


Un petit sourire placé au bon moment me permis de donner une image de moi beaucoup plus reluisante que ce que j'avais déjà entendu me concernant. Je tournais finalement la tête vers les deux jeunes gens qui se trouvaient attablés, levant mon verre dans leur direction.

« Santé ! »

Je finis par siroter une gorgée, laissant l'alcool assez longtemps dans ma bouche pour que cette dernière se mette à picoter et à dégager une chaleur plus qu'agréable. J'avais l'impression, en buvant, de retirer un peu de la souillure que j'avais l'impression de traîner.
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante ! Lun 14 Mai - 18:13

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J'ai à peine le temps de contempler l'étrange moue qu'exprime ma fiancée face à son verre d'absinthe, que vers nous, je vois Charles arriver, fendant la foule des habitués avec une élégance qui n'appartient qu'à lui, et qui si d'ordinaire m'aurait arraché un sourire, me laisse aujourd'hui sur la réserve, avec sur la langue une étrange gêne que je n'arrive pas tout à fait à ravaler quand il vient s'installer avec nous, juste pour échanger quelques banalités avant d'en venir à la vraie raison de sa venue. Sur la table, j'abandonne mon verre, laissant mes prunelles folâtrer au milieu des visages des anonyme tandis que j'hausse quelque peu une épaule, offrant de par ce geste discret et à peine visible un début de réponse que je garde pour moi le temps de me montrer sous mon meilleur jour à notre hôte de ce soir.

"Je vous en prie, je pense que de toute façon, Effie va avoir besoin d'un autre verre pour être en mesure de pleinement se décider si elle aime ou non."

A cette boutade, j'ai le droit à un léger coup dans les côtes qui m'arrache cette fois-ci un rire avant que je ne reprenne, sourire aux lèvres et l'esprit moins encombré par la crainte que Charles ne cherche à m'éviter, ou tout du moins, à établir entre nous une distance qui aurait raison du peu de bien que je trouve en cet endroit, de cette paix qui n'existe qu'au sein même des banquettes et des verres de cet établissement, qui loin d'être un simple temple pour mes vices, est presque devenu un refuge pour mon âme souillée et ma carcasse mourante.

"Quant à James..." Je me tourne vers Effie, croisant son regard un instant. "Je pense qu'il va nous rejoindre une fois qu'il aura été en mesure de se débarrasser des tiques encore présentes au bal."

Ma compagne hoche vigoureusement de la tête, faisant même une remarque sur le fait que nous aurions peut-être dû l'emmener avec nous, m'arrachant de ce fait un hochement de tête qui se conclut par un autre sourire de ma part que j'offre à Charles.

"Donc en attendant son arrivée, je pense que nos pouvons boire un autre verre, il nous rattrapera."

Seulement voilà, ce n'est pas lui qui vient nous rejoindre mais un homme dont le physique si il est attrayant au premier coup d'oeil, a surtout un semblant de familiarité qui me fait délicatement froncer les sourcils et hésiter quant avec nous il lève son verre, après avoir dignement salué l'hôte de cette soirée. Ainsi, si les autres boivent en choeur avec lui, je reste pour ma part réservé, non pas que je sois dérangé par l'arrivée de ce fort sympathique étranger, mais plus par le doux ronronnement de ma magie, qui loin de chercher à s'imposer à moi comme à son habitude, tente plutôt de me faire sentir que ce n'est peut-être pas la première fois que je croise cet individu dont le prénom seul suffit à éveiller en moi une sensation malheureusement étouffée par l'alcool que j'ai dans les veines. Ainsi, en silence, je préfère le dévisager, tenter de trouver ce qui en lui attise tant ma curiosité, qui finit par me pousser à desserrer les lèvres pour enfin cesser de paraître pour l'homme qui ne voulait pas être dérangé.

"Pour l'instant ?" Je ris doucement. "Vous verrez, après cette nuit, l'une des banquettes deviendra votre seconde maison, Monsieur Poe. Enchanté de faire votre connaissance en tout cas... Même si... Pardonnez ma question, j'ai l'impression que ce n'est pas la première fois que j'entends parler de vous... Le seul problème est que je ne sais plus où et pourquoi."

Je pince les lèvres, comme pour réfléchir, ne réalisant pas forcément que je puisse paraître grossier envers un inconnu qui visiblement ne demandait qu'à tromper la solitude en notre compagnie, et qui en plus, semble être un hôte de marque vu que de Charles lui-même il détient une invitation. A la place, je préfère jeter un coup d'oeil à ma fiancée avant de tirer de ma poche mon étui à cigarettes pour fumer, attendant d'avoir expirer quelques délicates volutes de tabac pour de nouveau m'exprimer.

"Enfin, c'est surement un de vos amis, Charles, vous pourriez nous présenter."


Au tenancier, je glisse un sourire, faisant comprendre que loin de vouloir passer pour l'arrogant gamin que beaucoup aiment voir en moi, je souhaite simplement découvrir quel genre de personne notre hôte aime recevoir, outre les égarés de l'existence en mon genre, qu'on attrape bien souvent par la main pour s'assurer de les savoir à l'abri de la pluie et de leurs pulsions destructrices. Ici c'est d'ordinaire le refuge des âmes torturées de mon genre, des êtres que personne n'attend à la maison et qui errent dans l'existence en tentant de comprendre pourquoi ils sont encore là, à s'échiner à faire semblant d'être heureux, d'être autre chose qu'une perte de temps et d'énergie. De tout ça, je tente de me convaincre quand je me trouve ici, à noyer cette bête dans mes entrailles à l'aide d'un alcool puissant, d'une liqueur qui ronge mon sang et inhibe mon esprit au point de me donner l'impression de sans cesse chuter, de toujours m'égarer et d'être dévoré par des ténèbres que je suis le seul à percevoir. Et lui, dans toute sa splendeur d'inconnu, d'homme qui n'est rien de plus qu'un mystère nébuleux, il n'a rien de ça, rien de l'homme qui semble mourir mais tout de celui qui se berce de la mélancolie, qui semble osciller entre deux mondes, comme prêt à chuter dans les horreurs d'une folie lancinante. Il me semble trop différent pour n'être là que pour le besoin de se faire mal, trop heureux pour n'être là que pour danser avec les affres d'un plaisir illusoire.

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Message(#) Sujet: Re: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante ! Lun 21 Mai - 23:13


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Message(#) Sujet: Re: Lasciate ogni speranza, voi che'ntrante !

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