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 It's always summer, under the sea - Mathias

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Juniper Seafold
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Devise : And those who were seen dancing were thought to be insane by those who could not hear the music.
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Message(#) Sujet: It's always summer, under the sea - Mathias Ven 20 Avr - 12:33

It's always summer, under the sea.
Juniper Seafold - Mathias Calloway
(Avril 1900)

Il fait toujours aussi froid, bien que la neige ait un peu fondu. Heureusement. La lune ne brille pas très fort derrière les nuages. La nuit est sombre. Tant mieux, j'aurais moins de chance de me faire repérer. D'ordinaire, je ne vais pas le chercher chez lui. Mais ça, c'était avant qu'il soit prisonnier. Là, je n'ai pas le choix. Et puis, il me doit bien ça, en plus.
Je marche donc jusqu'à l’hôtel particulier dans lequel est retenu le sorcier. Le fils Calloway, l'ainé. Si son tendre et cher papa savait à quel point je me suis foutu de lui, à quel point j'ai joué double jeu à mon profit et celui de Mathias alors qu'il me demandait toujours de lui courir après, de lui dégoter ce fils pour qui il ne semble avoir aucune affection. Eh ouais, désolé papa Calloway, mais tu paies moins bien que ton fiston. Assez ironique, parce que j'imagine bien que le fiston en question tient son argent de son papa chéri justement. Mais les marchés qu'on passe lui et moi sont bien plus intéressant. Parce qu'il me donne réellement ce-que-je-veux.
Bref, tout à ces joyeuses réflexions, un léger sourire aux lèvres, j'escalade sans peine la grille qui entoure le jardin pour me rendre sous la fenêtre de la chambre du sorcier. J'ai mis du temps à la repérer. J'extirpe les quelques cailloux que j'ai dans les poches et en lance un dans l'espoir d'atteindre la vitre. Raté. Évidemment, Corbeau n'est jamais là quand j'ai besoin de lui ! Sale bête, je vais t'arracher les plumes une à une quand je te recroiserais. Nah.
Deuxième caillou, deuxième échec. Troisième, quatrième, cinquième. Bon, ben je manque de force. Parce qu'en matière de visée, ça reste correct.
J'aperçois l'oiseau noir alors qu'il se pose sur le rebord de la fenêtre. Une ombre dans la nuit. Il penche la tête sur le côté pour me regarder, comme s'il attendait mon autorisation, puis pique du bec plusieurs fois sur le carreau, avant de croasser. Il était temps que tu arrives, toi ! Maintenant, reste plus qu'à espéré qu'il parvienne à réveiller le sorcier, à le tirer de ses doux -ou pas- rêves et de son lit moelleux aux draps joliment brodés d'initiales quelconques, probablement celles de Van Helsing puisque c'est lui qui l'héberge. Un médecin réputé tant dans son art qu'en tant que professeur. Presque aussi britannique qu'un véritable anglais malgré ses origines hollandaises. Pas très intéressant comme bonhomme.
Sauf pour sa morphine.
Alleeeeeeeeeeez Mathias, ouvre quoi ! Tu peux pas me planter là comme ça, j'ai besoin de mes doses.
Sauf si t'es mort ? T'es pas mort hein ?
Je fixe intensément Corbeau, qui tape de nouveau sur la vitre. Plus fort cette fois.
Ouvre, putain de sorcier de mes deux, j'ai pas envie de devoir escalader pour forcer ta fenêtre.

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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: It's always summer, under the sea - Mathias Lun 23 Avr - 14:11

It's always summer, under the sea.
Juniper & Mathias
Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller. Parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles. Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent c’est que quelqu'un les pousse du pied. Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus. On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé

J'avance dans les couloirs d'une demeure où les murs ne sont que des éclats d'un miroir immense, d'une fresque composée uniquement de reflets, qui sans cesse, bougent et dansent au rythme d'une atmosphère éthérée. Autour de moi, dans les fragments qui se refusent à me projeter le moindre indice sur cette réalité au milieu de laquelle j'évolue, je n'entends qu'un chant étrange, un qui provient non pas d'une cage thoracique mais des entrailles même d'un instrument dont aucun être humain ne pourrait jouer. Sur ma peau, un voile mouvant de sable rouge s'enroule autour mon corps, se faisant l'étrange et absurde costume qui recouvre ma peau, dansant par instants sur les courbes de mon être, donnant de ce fait l'impression qu'une tempête de sable m'accorde l'honneur de me servir de vêtement. D'entre mes lèvres, un soupir pourrait s'y échapper mais rien de tout cela ne vient tandis que je passe une porte immense, dévoilant ainsi à mes prunelles les quatre murs d'une pièce immense, dont au centre trône une silhouette nébuleuse, une ébauche de femme qui est prisonnière d'une nuée de papillons de nuit, dont les ailes sont en réalités des pétales de roses séchés. Pour moi, elle esquisse un sourire, puis me tend la main, m'invitant à la rejoindre dans son cauchemar, au sein même de ce cocon grouillant dans les battements frénétiques me font songer aux pulsations de mon coeur qui en cet instant n'est pas présent mais remplacé par un immense lotus noir qui ne cesse de fleurir pour celle qui fait naître dans les trous béants de mes poignets les crocs de loups qui cherchent à briser mon enveloppe charnelle pour mieux s'en échapper. Autour de nous, les murs se brisent, deviennent eux aussi des éclats d'une réalité qui n'a peut-être existé que dans le songe d'un autre, au son de tapotements qui affolent les papillons et force la belle inconnue à me murmurer des mots qui font flétrir le végétal qui jusque-là me permettait de rester en vie.

"Si tu pars, je ne peux promettre de te ramener ici."


Je bats des cils, au rythme des coups qui retentissent et dont le rythme, loin d'être aussi sublime que celui de cette musique étrange, arrive à disperser le sable autour de ma carcasse, le forçant à se faire plus distant, permettant de ce fait à ma vrai peau de reprendre le dessus, à retrouver sa teinte sombre et sa fourrure. Lentement, je lève un peu plus la tête, observe le plafond qui se façonne au gré de mes observations, devenant un instant un ciel étoilé pour ensuite se faire celui d'une demeure où j'ai l'impression d'avoir déjà été tandis que le long de mes membres, coule quelque chose d'aussi poisseux que le goudron. Et d'un dernier battement de cils, je croise alors mon reflet dans l'un des éclats, n'y voyant plus un homme ou un animal, mais une créature entre les deux, un monstre qui connaît la saveur de la chair humaine.

Je m'éveille sans hurler, sans crier, les muscles détendues mais la peau recouverte d'une fine sueur qui n'est que la conséquence de l'immense couette dans laquelle je suis enroulé et que j'ai exigé quand par la fenêtre, j'ai découvert un matin que le jardin était recouvert d'un épais manteau de neige. L'esprit encore ailleurs, à moitié entre le royaume des songes et cette réalité que je ne suis pas impatient de retrouver, j'erre difficilement dans mes propres pensées, qui en plus d'être encore bien brouillonnes, sont à moitié dévorées par les murmures incessants de la meute, qui au lieu de chasser les affres d'un rêve dont pourtant je n'arrive pas bien à me souvenir, ravivent les fragments d'une expérience douloureuse, d'une rencontre qui avait été heureuse jusqu'à ce qu'une danse prenne fin et n'apporte avec elle que les larmes et les regrets d'un père. Difficilement, je refais surface, émerge complètement de la semi-inconscience dans laquelle j'étais, la tête lourde de souvenirs et de songes, qui valsent et chantent sur mes rétines au rythme de ce tapotement agaçant qui m'arrache un grognement, puis un juron pâteux qui peine à franchir la barrière de mes lèvres. Une longue seconde, peut-être même une minute, je ne pourrais dire, j'oscille ainsi entre l'envie de me rendormir, de me réfugier dans une réalité qui n'est que le fruit de mon inconscient désireux de m'exprimer, et le besoin que j'ai de me glisser hors de l'étreinte de mon lit pour aller hurler contre l'origine de ce bruit énervant que j'arrive à identifier comme étant un tapotement insistant sur l'un des carreaux de ma fenêtre. Et si un instant, j'hésite, considérant sérieusement l'idée de simplement rouler de l'autre côté du lit pour m'en retourner à des rêveries plus ou moins douces, je finis par abandonner l'idée de me recoucher, quittant mon nid duveteux après un soupir, pour mieux m'approcher de la fenêtre, complètement nu, et découvrir ainsi derrière celle-ci un corbeau. A nouveau j'émets un grognement contrarié tandis que j'ouvre ma fenêtre, chassant de ce fait l'oiseau d'un geste de la main et de quelques mots prononcés d'une voix rauque et éraillée.

"Va te coucher. Tu viendras faire le nuisible quand le soleil sera levé."

L'animal pousse un croassement auquel je ne réponds qu'en montrant les dents, s'envolant pour mieux venir rejoindre l'intrus, qui au sol, semblait attendre ma venue. Un instant, je plisse les yeux, à la recherche de l'identité du visiteur nocturne au milieu de l’obscurité, avant de la trouver et d'ainsi esquisser un sourire qui pourrait facilement être une moue de contrariété. Au cadre de la fenêtre, je m'adosse alors, laissant ma peau nue se faire la victime du froid de cet hiver printanier tandis que mes prunelles se posent sur un ami que je ne pensais pas voir ici.

"Juniper. C'est un peu tard pour venir jouer le Roméo à ma fenêtre." Je marque une pause, le temps de passer ma langue sur mes lèvres puis de me redresser pour m'étirer légèrement. "J'espère que tu as de quoi fumer."

De la fenêtre, je m'éloigne après lui avoir fait signe de grimper, cherchant de ce fait de quoi couvrir ma nudité et masquer au regard de mon invité ce corps qui peine à se rétablir des offenses que je lui ai fait. Du bout des doigts, je tâtonne ainsi dans la pénombre, effleurant de mes doigts carnets, lettres, et autres bibelots jusqu'à trouver sur le dossier du fauteuil de ma chambre, un peignoir fait sure-mesure, un bijou de ma garde-robe, de soie fait, couleur crème, au col échancré qui permet de révéler mon torse jusqu'à mon coeur, et dont les manches évasées et la longue traîne m'aide à parfaire mon air princier. En un geste élégant, je l'enfile ainsi, m'enveloppant dans ce tissu qui a l'onctuosité du mercure, et qui est brodé dans mon dos, non pas de mes initiales ou du blason familiale, mais de glyphes de ma créations, un charme de protection contre les mauvaises intentions.
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Message(#) Sujet: Re: It's always summer, under the sea - Mathias Mer 25 Avr - 11:12

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(Avril 1900)
Il est pas là. Il est vraiment mort. Ou il est retourné chez son père ? Non, ça, j'aurais trouvé moyen de le savoir. Il doit encore avoir trop bu et doit ronfler comme un bienheureux dans des draps de soie en or massif et brodés en fil d'argent de statues grecques nues. Aaah, les nobles, j'vous jure...
Corbeau continue de taper sur le careau avec insistance, et mon coeur s'accélère brusquement quand je vois la fenêtre s'ouvrir enfin sur une silhouette que je connais plutôt bien. Quoiqu'amaigrie, ce me semble. Je souris de toutes mes dents. Mon oiseau, lui, est revenu se poser sur mon épaule.

-Il parait que l'amour n'attend pas, ma Juliette ! Et il me reste quelques cigarettes...

Shakespeare, mon amour...
Il me fait signe de monter et je laisse échapper un soupire agacé.

-Franchement... T'aurais pu descendre m'ouvrir une porte... je grogne juste assez fort pour qu'il m'entende.

Je chasse gentiment Corbeau de son perchoir. Je me rapproche du mur et commence une escalade périlleuse, m'aidant à la fois des aspérités des vieilles pierres et du lierre qui y court. Je suis léger, habile et habitué, heureusement. D'ailleurs, j'ai beau râler, en réalité, j'adore grimper. Même si ça me rappelle parfois le cirque. Et même si mon poignet cassé par ma chute au beau milieu des toits de l'autre fois me fait encore un poil souffrir.
Je me glisse finalement dans sa chambre par la fenêtre. Corbeau, lui, va se poser sur le manteau de la cheminée. Bien au chaud...

-Mathias.

Un léger sourire, puis je me précipite dans ses bras. Comme un enfant, je viens me blottir contre son torse. Je frissonne. Sentir la chaleur de sa peau, de son corps me fait réaliser que j'avais froid.

-Tu dormais.

Je ferme brièvement les yeux. Ou peut être pas si brièvement que ça en fait. Au bout d'un moment, je me détache de lui et lui tends mes cigarettes et mon briquet.

-J'ai plus grand chose. Alors ? Pourquoi je te trouve plus en ville, t'es vraiment prisonnier ici ? Toi ? Avec ta magie bizarre ? Il a réussi finalement...

Oui, j'ai peine à le croire. Alors je lui demande. Je m'allume une cigarette, jette un regard au lit puis m'assois dessus en m'enroulant dans une minuscule partie de sa couette. Manifestement pas du côté qu'il utilisait puisqu'elle est toute froide. Je risque de la salir, mais je ne crois pas qu'il m'en voudra.

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Message(#) Sujet: Re: It's always summer, under the sea - Mathias Lun 30 Avr - 15:20

It's always summer, under the sea.
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Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller. Parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles. Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent c’est que quelqu'un les pousse du pied. Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus. On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé

Alors que mon acrobate nocturne préféré s'échine à escalader la façade de la demeure du médecin chez lequel je suis assigné à résidence, je ne peux que sourire, m'amuser de reproches qui n'en sont pas alors que du bout des doigts, et désormais vêtu d'un simple peignoir de soie, j'attrape du bout des doigts une tasse de thé, au fond de laquelle gît les restes d'une infusion désormais froide que je bois pourtant d'une traite, non par envie de ne pas gâcher un breuvage qui m'arrache de toute manière une grimace, mais par besoin de faire taire la soif qui rend ma langue pâteuse. Ainsi, après un soupir qui n'en est pas un, j'abandonne la porcelaine sur la table d'où je l'ai saisis pour mieux me tourner vers Juniper, qui sans attendre et surtout sans se faire prier, vient trouver le confort de mes bras pourtant maigrelets, le temps d'une étreinte qui arrive à réchauffer d'une bien étrange manière le gouffre qui semble avoir remplacé mon coeur depuis quelque temps. Sur mes lèvres, il se dessine un léger sourire tandis que je referme mes bras autour de ses épaules, l'attirant un peu plus contre ma personne pour mieux délicatement caresser ses cheveux de mes doigts scarifiés là où un murmure m'échappe sous la forme de son prénom.

"Juniper."

En cet instant, c'est bien tout ce que je peux chuchoter sous le couvert de la nuit, tout ce qui peut remplacer ce que j'aimerais pourtant lui avouer. En cette soirée, dans cette chambre qui ne sera jamais la mienne, je me fais lâche, incapable de lui avouer que je suis heureux de le revoir et que cette étreinte est tout ce dont j'avais besoin depuis le début de ma captivité, que dans ses bras, je trouve en réalité non pas la fraîcheur d'une peau qui connait la liberté ou la douceur d'un être trop candide pour supporter la laideur de ce monde, mais la preuve que l'on peut encore tenir à moi et vouloir trouver en ma personne quelque chose que je dis ne pas posséder. En sa personne, qui durant de longues minutes ne fait que s'accrocher à la mienne comme si nous n'étions plus que les deux seuls être tangibles au milieu d'un univers qui n'est plus que de la poussière, je trouve en cet instant cette sensation tant désirée que je n'ai trouvé chez personne avant, à part chez mon frère avant qu'il perde l'amour qu'il avait pour moi en même temps que sa patience et sa tolérance. En Juniper, je redécouvre ce que cela fait de savoir que quelqu'un préfère ma présence à mon absence et que peut-être, lui serait désolé de me voir disparaître définitivement. Dans cette étreinte, je me perds un instant, oubliant les questions qui ont été les miennes à un moment pour simplement apprécier de sentir son corps contre le mien et d'entendre son coeur battre à un rythme anarchique, comme si celui-ci se refusait à calquer son rythme au mien, préférant à la place forcer mon myocarde à repartir et à sortir de la léthargie malsaine qui est la sienne. Ainsi, durant de longues minutes, je ne bouge pas, le gardant contre moi, les yeux clos et l'esprit enfin en paix, tandis que dans mes veines, la meute ronronne, s'apaise presque au contact de celui qu'elle perçoit comme un louveteau, un autre frère qui devrait sans cesse rester avec nous, en cette endroit qu'est la maison, ce lieu irréel et invisible qui n'existe que lorsque nous sommes l'un avec l'autre. A cette simple pensée, un soupir manque de m'échapper et afin de ne pas laisser échapper la moindre larme qui pourrait gâcher nos retrouvailles, je romps notre étreinte, laissant ainsi s'échapper mon invité, qui sans attendre finit par me tendre son paquet de cigarettes et son briquet. Du bout des doigts, j'en saisis une et la glisse entre mes lèvres avant de l'allumer et d'ainsi expirer une volute de tabac qui dans l'atmosphère danse un instant pendant que Juniper se faufile dans mon lit, se roulant dans une couette qui a déjà subie mes mauvaises habitudes et qui porte en elle l'odeur d'un tabac qui me jaunit les phalanges.

"Je dormais à peine. Ne t'en fais pas."

Je souris légèrement et viens ensuite m'installer à ses côtés, dans le lit, à l'endroit où le matelas est encore chaud et où l'odeur du sang, des larmes et de mon parfum imprègne encore un tissu qui se souvient des courbes de mon être. A ses côtés, je m'allonge pour fumer, laissant le silence se trouver une place entre nous deux le temps de choisir mes mots, de retrouver en mes entrailles l'envie de faire semblant, celle d'être fort pour quelqu'un qui compte et qui devrait ne jamais avoir à contempler l'épave répugnante que je suis devenu au fil du temps.

"Je me suis fait avoir en traître. Le fourbe a attendu que je sois ivre et tout juste bon à rouler sous une table ou dans un lit avec une femme et là il m'est tombé dessus comme un vautour."

J'esquisse une légère grimace tandis que du coin de l'oeil, j'observe l'oiseau qui sur la cheminée, profite du feu qui ronronne dans l'âtre.

"Et ensuite, il m'a enfermé ici en usant de charmes faits par mon père, histoire de s'assurer que je sois incapable d'user de ma magie."

Je termine en haussant d'une épaule, faisant entendre d'une certaine façon que je n'arrive pas totalement à être en colère contre cette décision, trouvant au contraire qu'ils ont été malin de ne pas me sous-estimer et d'admettre qu'étant loin d'être quelqu'un d'équilibré, je n'aurais pas hésité à user de ma magie pour blesser le médecin et qu'enfin j'aurais prouvé qu'il était temps pour moi de finir comme l'animal sauvage que je suis, à savoir muselé et anesthésié. Au bout de mes lèvres, la braise crépite un instant alors que je me redresse, offrant un sourire à Juniper.

"Mais bien que je sois coincé ici, je suis encore capable d'user de mes talents pour toi et toi seul."

Je lui glisse un clin d'oeil avant de me lever et me diriger vers l'immense armoire qui fait face au lit et qui loin d'être vide, déborde en réalité de vêtements et costumes qui furent à une époque parfaitement à ma taille et qui malheureusement aujourd'hui ne sont rien de plus que les parures d'un jeune homme qui n'existe, d'un Mathias que j'ai pris soin d'enfermer dans un recoin de mon être, juste pour le protéger d'un monde au sein duquel il n'avait pas sa place. Rapidement, afin de ne pas me perdre dans des regrets qui depuis trop longtemps font macérer mes entrailles dans une mer de souffrance et de peine, j'écarte mes manteaux pour mieux atteindre un coffret au coeur duquel se trouve bien des trésors mais surtout deux flacons que je saisis entre mes doigts pour mieux les dévoiler au regard de mon ami.

"Morphine. Prête à être injectée."

Dans l'ombre de mon armoire, je dissimule à nouveau mon coffret avant de revenir vers Juniper, lui tendant les deux flacons.

"Monsieur Van Helsing n'imagine pas comme je suis doué de mes doigts quand il s'agit de crocheter une serrure. Il pense que je ne suis bon qu'à être habile quand il s'agit d'obtenir les faveurs de la gente féminine mais honnêtement, c'est un crime qu'il ne voit pas ô combien je suis talentueux."

J'ajoute à cela un sourire, bien conscient cependant que si le médecin ignore tout cela, c'est justement parce que je fais en sorte de ne les montrer à personne et de préférer à la place hurler que je ne suis bon à rien et qu'il vaut mieux accepter de me laisser crever comme un chien sur les pavés d'une cité qui n'a que faire des êtres brisés.
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Message(#) Sujet: Re: It's always summer, under the sea - Mathias Mar 8 Mai - 15:32

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Enroulé dans un confort que je n'ai plus connu depuis trop longtemps, j'écoute attentivement son histoire. Je suis venu me blottir contre lui lorsqu'il s'est allongé, la tête sur son épaule. Mon corps n'a rien à envier au sien, je sens ses cotes qui saillent sous son peignoir.
Ainsi, Morgan avait finalement réussi. Quel chien. Celui-là, il mériterait bien d'être pendu au dessus de l'eau et brûlé comme le sorcier qu'il est. En fait non, ce n'est pas juste ce que je dis, parce que pas tout les sorciers ne sont comme lui. Lui c'est un fou dont la passion est d'écraser les plus petits et les plus faibles de son talon. Il respire le mépris et pue la noblesse, il dégouline de supériorité et transpire la méchanceté.
Avec moi, du moins. Peut-être parce qu'à chacun de nos rendez-vous, je trouve un moyen de l'humilier ou de le faire taire. Peut être parce que, même si je suis un petit et lui un grand, j'ai toujours réussi à avoir le dessus dans nos échanges. Étonnant que quelqu'un qui soit capable de lire dans les esprits n'ait jamais pu voir clair dans mon jeu. Étrange, même.

-Tu dois bien t'ennuyer...

Il sourit, comme si sa situation n'avait aucune importance, aucun impact sur lui. Mais j'ai bien vu son regard. Il brûle, il se consume de l'intérieur, un brasier de douleur sur un lit de braises de peine et de rêves brisés, qui ne demandent qu'à pouvoir sortir.
Mathias... Et tu penses vraiment que je ne m'aperçois de rien...
Mes yeux brillent soudain d'avidité alors que je le vois fouiller dans son armoire.

-Tu en as ? Beaucoup ?

Je me redresse, un sourire béat aux lèvres. Il est merveilleux. Un couinement m'échappe à la vue des deux flacons, que je récupère avec hâte.

-Merciiii... je souffle.

Je les serre entre mes doigts, comme si je voulais les empêcher de s'échapper.

-Van Helsing ne voit peut-être rien, mais toi, ne vas pas courir le risque inutile de lui montrer. Et puis il ne mérite pas de le savoir. Il a l'air bien ennuyeux. Certains disent qu'il va finir vieux garçon. Et à leur yeux, cela ternit un peu son image d'excellent médecin.

Je viens lui voler sa cigarette pour tirer longuement dessus.

-Voudrais tu que je te venge ? Une rumeur est si vite lancée et peut être si dévastatrice si l'on dose bien le vrai et le faux que l'on place dedans...

Je glisse le semblant de clope qu'il reste entre ses lèvres. Je lève la main et lui montre les flacons.

-On partage ?

Il est bien le seul avec qui j'ai le plaisir de faire cela. En réalité, ces flacons me sont bien trop précieux pour les gaspiller pour quelqu'un d'autre que lui.

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Message(#) Sujet: Re: It's always summer, under the sea - Mathias Jeu 10 Mai - 21:29

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Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller. Parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles. Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent c’est que quelqu'un les pousse du pied. Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus. On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé

L'étincelle dans ses prunelles et l'engouement dans sa voix suffisent à me faire presque oublier tout le mal que je pense de ma personne, me laissant au contraire avec la douce sensation d'être enfin utile à quelqu'un, voir vital pour celui qui vient chercher en ma personne ce dont il a besoin pour prétendre que tout va bien. Alors qu'à mes doigts, Juniper arrache les deux flacons de morphine, je ne peux que sourire, doucement réchauffé par l'impression d'être enfin capable de faire autre chose que de blesser mon être et de décevoir ceux assez idiots pour tenir à l'être dégénérescent que je suis. En silence, je la laisse donc s'émerveiller de la substance qui bientôt va déferler dans ses veines et l'aider à s'échapper de cette réalité qu'il doit détester au moins tout autant que moi pour tant vouloir s'ne préserver en s'enfermant dans les affres médicamenteuses d'une semi-conscience presque intangible. A ses côtés, je reviens, ne cherchant pas à récupérer ma cigarette pour à la place en glisser une autre entre mes lèvres, l'allumant rapidement avant de m'allonger de nouveau dans mon lit, ne cachant cette fois-ci mon corps amaigri sous la couette, préférant au contraire offrir ma peau à la douce chaleur du feu qui ronronne dans l'âtre. Bien vite, quelques volutes de tabac s'élèvent entre nous, se faisant autant hôtes que témoins curieuses de notre intimité, là où je laisse entre nous s'installer un silence que je ne chasse pas tout de suite, le temps peut-être, d'emplir mes poumons d'une fumée âcre qui poisse les fibres de mon être et fait de ma voix un murmure rauque, qui difficilement trouve sa place au sein même de cette pièce.

"Partageons, alors. Faisons de ça le verre que nous pourrions lever à l'avenir qui nous sourit."

Je souris quelque peu, et sans bouger, sans dédaigner me relever, je me contente de tirer du bout des doigts les pans de mon peignoir, dévoilant de ce fait au regard de mon jeune ami, l'une de mes cuisses, dont la peau translucide permet à Juniper de mieux admirer le parcours de mes veines et ainsi l'endroit où je désire que le produit me soit injecté, alors que d'un battement de cils, je chasse au loin mes pensées, ignorant de ce fait l'étrange voix qui dans ma tête me susurre que nuire au médecin serait le coup de grâce que je pourrais lui porter, l'estocade finale qui aurait raison de son envie de me garder sous son toit. D'entre mes lèvres, une autre arabesque de fumée s'échappe là où d'un geste de la main, je désigne ma table de chevet et son tiroir au sein duquel se trouve tout ce dont Juniper pourrait avoir besoin.

"J'ai envie de me venger." Mes pensées et réflexions se font des mots, des concepts que j'exprime au lieu de les réprimer, des aveux que je fais au rythme de l'embrasement du tabac. "De lui faire comprendre et entendre qu'il n'y gagne rien à s'acharner à me garder ici, que tout ce qu'il risque de connaître c'est l'infamie que mon père s'efforce encore de faire disparaitre. J'ai envie de te dire de le détruire mais... Je préfère à la place te demander de ne pas t'inquiéter pour moi et de simplement continuer à venir me rendre visite."

Je tente de sourire, de lui faire sentir qu'une promesse seul arrive à chasser l'ennui et la solitude, à les balayer dans les recoins sombres de mon inconscience pour mieux me permettre de me réchauffer auprès d'un espoir plus brillant encore que les souvenirs doucereux de mon enfance. Tout ça, j'essaye de lui transmettre mais échoue très certainement, alors qu'après un soupir, je reprends, les prunelles désormais perdues dans la contemplation du plafond.

"J'en ai assez de causer du tort à tout le monde. Qu'il s'acharne à me penser comme l'image qu'il s'est fait de moi, ça m'arrange au final, au moins il ne cherche pas à exploiter mes talents mais juste à..." Je hausse une épaule, presque sous l'impulsion d'un frisson. "... a faire je ne sais trop quoi. Il insiste très certainement parce qu'il n'a rien d'autre à faire de sa vie, à part donner des cours, s'occuper de patients et veiller sur moi." Je marque une légère pause. "Il me fait de la peine en réalité. De nous tous, il est si seul, enfermé dans sa grande maison à attendre que la fin vienne. Au fond, il est là à s'occuper simplement pour ne pas avoir à songer que comme nous tous, il va finir dans une boîte en bois au milieu de ses ancêtres, sous la terre."

En un geste lent, je tends le bras et cendre du bout des doigts ma cigarette sur le sol, indifférent à l'idée que je puisse abimer le tapis qui recouvre le plancher, plus occupé à la place de songer à cette fatalité qui finit toujours pas nous rattraper et qui en cet instant, me pousse à simplement juguler ce lyrisme inapproprié pour enfin me tourner vers mon ami et ainsi lui offrir mon autre main, afin qu'il y glisse si il le souhaite, ses doigts osseux dans le creux de ma paume.

"Mais n'en parlons plus..." Un sourire bien discret illumine cette fois-ci mes traits tirés. "Tu as l'air d'aller bien. Mieux que la dernière fois, du moins j'en ai l'impression... Je me trompe ?"

A mes yeux, il a l'air d'être plus rayonnant, comme si il avait enfin décidé de prendre soin de lui, de ne pas se laisser dévorer par les drogues qu'il consomme avec encore plus de frénésie que moi, donnant ainsi l'impression d'être animé par un besoin, ou une envie, de se faire mal, de s'abimer le plus rapidement possible, avant que ne vienne un temps que je ne suis même pas sûr d'un jour connaître, tant au fil des nuits, j'ai l'impression de ne me faire que de plus en plus le souvenir de moi-même, des fragments éparses de ce que j'ai un jour pu être, comme si dans le vent, je me dispersais un peu plus, me faisant autant poussière que sable que les autres laissent filer entre leurs doigts grand ouverts.
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Message(#) Sujet: Re: It's always summer, under the sea - Mathias Dim 8 Juil - 9:52

It's always summer, under the sea.
Juniper Seafold - Mathias Calloway
(Avril 1900)

L'avenir qui nous sourit. Quelle douce ironie. Je n'ai pas pu contenir la grimace moqueuse qui a étiré mes lèvres et déformé mon visage.
Je baisse les yeux sur la maigre cuisse qu'il dévoile. Il y a des choses que je ne comprends pas trop. Pourquoi tout les hommes sont poilus sur les cuisses, mais pas moi ? Je sais bien que les gens du cirque sous entendaient tous que j'étais bien plus qu'un simple humain, mais si c'est juste parce que j'ai moins de poils... C'est stupide.
Je tire sur le moignon de cigarette qu'il a bien gentiment voulu me laisser, avant de rouler et me pencher pour fouiller la table de nuit. Eh bien, si le médecin prenait la peine de fouiller dedans, il en ferait une attaque. J'en tire tout ce qu'il me faut, ainsi qu'un mouchoir en soie asiatique de la plus fine qualité, brodé aux initiales de mon ami. Propre en plus, c'est le grand luxe.

-Je peux le garder ?

Je le tords entre mes doigts, fasciné. Ce qui ne m'empêche pas d'écouter sa réponse.
Ne pas m'inquiéter ? Il dépérit à vu d'oeil, il est prisonnier et il est presque plus maigre que moi. Comment veut il que je ne m'inquiète pas. C'est fou comme il peut être stupide des fois ! J'ai beau l'aimer, il n'en reste pas moins un imbécile parfois. Souvent d'ailleurs, lorsqu'il s'efforce de me protéger de je ne sais quoi.

-Je viendrais. Et un jour, ce sera toi qui viendra, et nous vivrons libres tout les deux.

Même son sourire n'est pas convaincant. Mes doigts s'excitent sur le carré de tissu precieux, joueurs, curieux. Ma cigarette volée est finie, alors j'en machonne le bout. Je ne vais pas en voler une autre à Mathias quand même.

-Beaucoup de gens sont comme ça, a faire semblant de vivre alors qu'ils subissent et attendent inconsciemment la mort. La vie ici est tellement ennuyeuse... La ville pue la tristesse. Au cirque, c'était pas pareil, c'était la fête tout les jours, on s'amusait comme si on allait mourir le lendemain.

Oui, enfin, jusqu'à ce que ce gros dégueulasse de Loyal fasse de moi son pantin à peine vivant et conscient. Pourtant, je souris en repensant aux spectacles joyeux qui s'enchainaient et se ressemblaient tous sans pour autant être les mêmes.
Je pose ma petite main dans la sienne. Ma peau est froide, la sienne en est presque trop chaude. La différence entre les êtres qui ont la chance d'avoir un toit pour s'abriter, et ceux qui n'en ont pas.

-Tu te trompes. A vrai dire, même si je ne sais plus à quand remonte la dernière fois que l'on s'est vu, rien n'a changé. Enfin, si, j'ai rencontré un homme bizarre, un dragon soit disant. Pincé, obsédé par les vieilleries et qui boit au mois trois litres de thé toutes les demi-heures.

Je me redresse et lâche main et mouchoir pour m'emparer des flacons et de la seringue. En quelques mouvements habiles et rapides, je nous injecte à chacun une dose de magie liquide.

-A l'avenir. je lâche ironiquement, encore penché sur la cuisse pâle et poilue de Mathias.

Je reviens ensuite me lover à ses côtés. Je m'etire longuement en grognant, le creux du coude agréablement douloureux.

-J'ai faim.

Je récupère le mouchoir, le noue autour de mon poignet et enlace vaguement mon ami. Je me sens déjà mieux. Le souffle court, je savoure autant ce contact que la montée des effets de la drogue, un sourire béat aux lèvres.

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Message(#) Sujet: Re: It's always summer, under the sea - Mathias

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