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 (Huck) - And I want you to be mine

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Ezéchiel Weiss


Quelques petites choses sur moi:
Devise : I love your silence, it is so wise. It listen. It invites to warmth.
Un petit mot ? : I am alone in the night been tryin' hard not to get into trouble, but I I've got a war in my mind
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Message(#) Sujet: (Huck) - And I want you to be mine Sam 28 Avr - 22:40

And I want you to be mine
Huck & Ezéchiel
Chez moi, y'a du soleil quarante jours par an. Tu peux passer la plupart de l'année à l'attendre. J'regardais par la fenêtre, enfermé dans ma chambre. J'priais pour la fin d'l'averse et aller faire d'la rampe. J'connais qu'le bruit d'la pluie, l'odeur du béton mouillé. Si j'suis parti, c'est parce que j'avais peur de rouiller. Trempé, j'aurais jamais pensé qu'le mauvais temps finirait par me manquer

Dans les ombres dansantes, dans l'obscurité d'une nuit qui est mon royaume, je me fais l'agent de ténèbres qui acceptent de se faire le voile impénétrable sous lequel je me dissimule et duquel je me fais une cape, une étoffe, un châle qui me fait n'être qu'une impression dérangeante, une sensation angoissante sur l'échine de l'humain que je traque entre les arbres aux cimes frémissantes et aux feuilles chantantes. Au rythme des murmures de la nuit, des fredonnements de la brise nocturne dans le feuillage d'arbres parfois centenaires, je navigue, mes pas dans ceux de l'humain à l'odeur alléchante, qui au milieu de ce dédale végétale cherche une certaine forme de paix, qui loin de m'étonner ou de me fasciner, m'amuse suffisamment pour que dans son ombre je me terre, me tenant à la limite de son être. En lui, je pourrais prétendre, mentir en disant que j'ai vu quelque chose de sublime, que j'ai senti un quelque chose d'envoûtant qui arrive à ranimer la flamme qui dans mon coeur n'avait pas brûlé depuis des siècles, mais las de jouer à un jeu qui n'est plus amusant depuis des années, je préfère admettre qu'il est suffisamment banale et anodin pour que sur lui, je me jette et exige de ses veines une charité qui le laissera, à l'aube, épuisé. En lui, je ne cherche pas à trouver quoique ce soit, à part la possibilité de tuer une faim que j'ai domestiqué et qui aujourd'hui n'est rien de plus qu'un désagrément de quelques instants, une corvée dont je dois m'occuper si je ne veux pas retomber dans les affres de travers qui étaient les miens. D'un battements de cils, je chasse ainsi au loin les souvenirs d'une vie où je n'étais qu'une créature déterminée à semer derrière moi un chaos qui brisait sans cesse un peu plus le coeur de celle qui avait fait l'erreur de m'offrir ce don dont aujourd'hui je ne fais plus grand chose, à part peut-être errer en ce monde, à la recherche peut-être ce qu'elle avait trouvé en ma personne. Un soupir pourrait m'échapper, mais ne voulant pas remplir mes poumons pour rien, juste pour une expiration qui pourrait révéler ma présence, je préfère à la place me glisser un peu plus près encore de ma proie, l'effleurant sans le toucher, ne lui offrant que la caresse de mon souffle dans sa nuque avant de disparaître à nouveau pour mieux me fondre dans l'angle mort dans sa vision, dans le coin imperceptible de son oeil.

Je pourrais mettre un terme à tout ça et simplement me jeter sur lui, lui voler son souffle, planter mes crocs dans sa chair, lui arracher un cri, faire couler son sang, pleinement profiter de cette danse des corps. Mais je n'en fais rien. Pire, je reste là, à attendre, patiemment, à espérer, même, qu'il remarque ma présence et qu'il tente de s'attirer une faveur ou tout du moins une réponse à des questions qu'il pourrait formuler, murmurer sous le couvert de ses bois qui n'accueillent que nous en cette nuit. Au lieu de tuer l'angoisse qui doit naître en lui, de faire taire cette voix qui dans sa tête doit lui murmurer que quelque chose ne va pas, que tout est trop calme, que la faune ne chantonne plus depuis mon arrivée, comme si celle-ci se faisait toute petite pour le prédateur que je suis. A cet homme qui semble fuir une civilisation à laquelle il appartient pourtant, je pourrais donner ce moment d'oubli qu'il semble chercher en compagnie d'une nature qui n'a pourtant rien de tendre avec ceux qui ne sont pas capables de s'affranchir de scrupules que bien trop d'humains ont, et que malheureusement, Bethsabée s'encombrait, mais préfère à la place me délecter de la mélodie que joue son coeur dans sa cage thoracique, attaquant entre deux battements de celui-ci. Sans un bruit, sans même un froissement qui pourrait indiquer qu'enfin je me révèle à lui, je prends corps dans son dos, lui fauchant les jambes sans peine pour mieux le faire chuter au sol, et ainsi l'immobiliser en posant sur son torse mon pied, appuyant suffisamment pour immobiliser sans fracturer ses côtes. Et là, au lieu de sourire, de me réjouir d'avoir ainsi l'ascendant et de retrouver cette allégresse qui autrefois me faisait tourner la tête et me poussait à chasser pour le simple plaisir de tuer, je me confronte une fois de plus à une indifférence qui me chagrine, une absence de sentiments qui me fait simplement pencher la tête sur le côté et plonger mes prunelles dans les siennes, comme si dans ses iris paniqués, j'espérais y trouver une réponse quelconque. Cette fois-ci, je fais l'effort de remplir mes poumons pour mieux en expirer un air dont je n'ai plus besoin alors que d'entre mes lèvres, se glisse un murmure plus délicat encore que le moindre fredonnement du vent entre les arbres.

"Rien."

Je bats faiblement des cils, puis laisse mes lèvres s'ourler d'une grimace agacée, dévoilant de ce fait la pointe de mes crocs saillants.

"Vous êtes de plus en plus banals."

En vérité, ils ne sont plus que des proies, des êtres sans visages que je ne prends même plus le temps de contempler, des silhouettes qui vont et viennent et qui parfois, me font songer aux feuilles automnales qui chaque années tombent et ne captent le regard qu'un instant, avant de ne devenir rien de plus qu'une banalité de saison, un quelque chose qu'avec le temps on ne remarque même plus. Au fond, j'aimerais qu'ils soient différents, que l'un d'entre eux m'offre ce que je désire tant. J'aimerais qu'un seul arrive à me donner ce que je ne sais pas encore vouloir. Sur mes lèvres, je passe rapidement ma langue alors que j'accentue quelque peu la pression sur son plexus.

"Tu vas rester sage, n'est-ce pas ? Je ne voudrais pas avoir à te briser quoique ce soit." Je souffle tandis que dans mes prunelles, danse un pouvoir dont la nature même m'échappe par instant et se fait un don qui jusque dans ma voix se glisse, donnant à celle-ci l'élégance d'une vipère aux couleurs chatoyantes. "Tu ne vas pas supplier, ni exiger la moindre pitié. Tu vas me laisser faire de toi ce que je veux et quand cela sera terminé... Tu te laisseras gentiment glisser dans l'inconscient. Quelqu'un prendra soin de toi demain."

Les mots sont vides de sens à mon oreille, ils sont des coquilles vides qui s'entrechoquent sans la moindre conviction, des syllabes qui n'ont pour mérite que de chasser un silence qui revient bien vite quand vers ma proie je me penche, arrachant sans peine son col pour mieux venir planter mes crocs dans la chair alcoolisée de ma victime, au creux même de son épaule.
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Huckleberry Finn
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Devise : There has been much tragedy in my life; at least half of it actually happened.
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Message(#) Sujet: Re: (Huck) - And I want you to be mine Dim 29 Avr - 20:34

And I want you to be mine.
Ezechiel Weiss - Huckleberry Finn
(Mars 1900)


Plus jamais. Plus jamais il me trainera dans un bal. Plus jamais. Je ne veux plus qu'il me plante comme il l'a fait au milieu d'une foule presque hostile, n'en déplaise à cette chère Mina, qu'il me lache comme ça, et elle, elle, cette salope de Jo, je ne veux plus jamais la voir, la croiser, ni penser à elle, je souhaiterai qu'elle n'ait jamais croisé ma route, qu'elle ne soit jamais venue au monde, qu'elle... qu'elle soit morte... que...

Je ne sais même plus ce que je veux...

Je erre, âme triste et solitaire, au beau milieu de Saint James Park. J'ai fuit le bal. J'ai traversé une minuscule partie de Hyde Park pour m'échouer dans un club un peu chic. Je me suis enivré jusqu'à ne plus avoir un seul penny sur moi -heureusement, je n'en avais pas tant dans les poches.
J'avais besoin de calme. Saint James Park. Magnifique. Désert. Même les animaux sont couchés, le chant des oiseaux s'est tut il y a une éternité. Un petit duc dans le lointain, seul et unique survivant au coucher du soleil, lance un appel désespéré.
Je frissonne dans la nuit. Elle est si obscure, si sombre, si mélancolique.
Et moi je la troue, je la perturbe, je la déchire, de ma demarche rendue gauche par l'alccol, de mon souffle rauque de peine et de larmes contenues. Comme si je n'étais pas vraiment de ce monde, comme si je n'y avais vraiment ma place, trublions des Ténèbres.

Des bruits, légers. Je m'arrête brièvement, à l'affut, mais rien. Le silence s'est alourdit. Même le hibou a disparu dans ses méandres poisseuses. Malgré la légère brise fraiche, je sens un filet de sueur dégouliner le long de mon échine. Quelque chose... On dirait... Comme si un prédateur approchait.
Je ne suis pas un prédateur. Du moins, pas ce soir. Peut être plus jamais.
Du regard, je fouille les ombres, qui semblent à la fois toutes immobiles et mouvantes, dansantes et fuyantes, engloutissantes et brutalement étouffantes.
Plus doucement, je reprends mon chemin, le pas mal assuré. Le malaise croît, m'emplit tout entier. Un son, un geste, toujours à la limite de mon ouïe, de mon regard. La panique monte, mon souffle et mon coeur se précipitent, s'emballent, affolés.

De l'air chaud, sur ma nuque. Ce n'est pas le vent. Je me retourne vivement, recule un peu.
Rien.
J'accélère. Et les lampes qui sont éteintes... La lune qui ne suffit pas, qui ne traverse pas les branchages de ses rayons...
Je laisse échapper un faible cri alors que le monde tourne autour de moi. Le choc, l'herbe humide sous mon crâne, mon cou, mes mains qui s'y sont enfoncées, à plat.
Je lève les yeux, osant à peine respirer. Un homme. La pression sur mon torse est juste assez forte pour m'immobiliser. Pourtant, ce n'est pas ça qui me gêne.
Ce qui me gêne, c'est ce qu'il dégage. Cette bestialité, cette soif, cette envie qui sourdent toutes de lui en une aura effrayante, imposante et fascinante.
Je frissonne lorsque sa voix brise le silence. Un long tremblement qui secoue mon corps entier, caresse ma peau, fait se dresser mes poils sur son passage.
Ses crocs luisent sous ses lèvres pourpres.

Un vampire.

Je gémis lorsqu'il accentue le poids qu'il fait peser sur moi. Son regard accroche le mien. Ses paroles sonnent comme une douce musique à mes oreilles. Quelques part, au fin fond de mon esprit qui s'embrume, une petite voix me murmure qu'il n'a aucun besoin de m'hypnotiser, que ce soir, j'aurais bien été capable de m'offrir à lui de mon plein gré si lui m'avais promis les ténèbres à jamais et le repos éternel.
Il se penche sur moi, et j'ai beau avoir peur, non, être terrorisé même, je reste immobile. Ses crocs déchirent mon épaule avec violence. Je hurle de douleur, arquant le dos et me rapprochant ainsi de son corps. Je tente de le frapper de ma main libre, mais abandonne l'idée bien vite.

Je suis las. Las de tout ça. Las de la Ligue, las de ces créatures, las de me battre alors que j'ai cette épée de Damoclès au dessus du crâne qui m'emportera un jour sous la forme d'une fièvre, las du jour, de la nuit, de la société, des gens, de la nature, de moi, d'eux, de tout.
Au lieu de se terminer en poing, en coup, mes doigts se portent aux vêtements du vampire, s'y aggrippent, comme si je ne demandais qu'une chose, une dernière étreinte, un semblant d'affection dans la mort qui m'attend, tandis qu'il me vide de mon sang, qu'il boit ma vie sans valeur, sans saveur.

-Prends tout... Je m'en moque... Je ne veux plus rien de tout cela... je souffle tristement, une once de souffrance physique vibrant au fond de ma voix.

Je tourne mon regard vers les arbres, à l'opposé du repas de la créature, de mon épaule déchirée par la douleur.

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Ezéchiel Weiss


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Message(#) Sujet: Re: (Huck) - And I want you to be mine Jeu 3 Mai - 15:51

And I want you to be mine
Huck & Ezéchiel
Chez moi, y'a du soleil quarante jours par an. Tu peux passer la plupart de l'année à l'attendre. J'regardais par la fenêtre, enfermé dans ma chambre. J'priais pour la fin d'l'averse et aller faire d'la rampe. J'connais qu'le bruit d'la pluie, l'odeur du béton mouillé. Si j'suis parti, c'est parce que j'avais peur de rouiller. Trempé, j'aurais jamais pensé qu'le mauvais temps finirait par me manquer

Sous mes crocs, sa chair se déchire avec une facilité qui fait croître en mon coeur cette soif et cette rage que je contenais jusque-là dans un coin de mon corps à jamais figé dans cette jeunesse presque ridicule. Pour la puissance de ma mâchoire, sa peau se délite, ses muscles se détachent sans résister, comme si ils avaient été attendris par une maladie, une infection qui avait fait de sa carcasse rien de plus qu'une ruine qui ne demandait qu'à être anéantie, là où son sang possède un goût étrange, une saveur exotique qui me fait pousser un soupir de plaisir, une expiration d'extase qui dans la nuit se perd, s'oublie au milieu de sa respiration hasardeuse et angoissée, qui loin de m'agacer, aide au contraire à chasser ce poids dont je n'avais jusque-là conscience, celui qui avait fait son nid dans ma poitrine et qui alors que je bois à même sa peau, avalant de grandes goulées de ce qui coulait autrefois dans ses veines sans la moindre grâce ou élégance, redevenant ainsi la bête que j'ai été depuis le premier jour de mon existence. Au fil des secondes, je perds mon charme surnaturelle, révélant mon vrai visage à l'homme qui sous moi panique et s'arque presque douloureusement, créant une tension en son être que je brise en l'attirant un peu plus à moi, en l'enlaçant avec une tendresse qui n'appartient qu'à mon espèce, et qui n'est rien de plus qu'une marque d'affection passagère, un doux mensonge murmuré à la chair pour mieux l'envoûter et lui faire miroiter un repos béni. A moi, je le fais donc venir, glissant dans la cambrure de ses reins l'une de mes mains tandis que l'autre trouve la courbe de sa nuque, me permettant ainsi de soutenir sa tête tout en l'autorisant à se débattre si il le souhaite. Ainsi, perdu dans cette étreinte charnelle presque sensuelle, je ferme les yeux et me perds dans la fureur des battements de son coeur, plongeant ainsi mes crocs toujours au plus profond de son être, cherchant presque à creuser sa chair pour y dénicher l'os de sa clavicule qu'un coup de crocs je pourrais briser. En un concert de bruits visqueux, je chasse le silence de cette nuit paisible et gorge ma peau glacée d'un sang nouveau et pourtant bien rapidement écœurant.

Je fronce les sourcils et émets un son presque obscène quand sur mes lèvres je passe ma langue, là où je réalise que mon palais est saturé d'arômes auxquels je n'ai plus envie de goûter. Un grognement m'échappe, guttural et menaçant avant que je ne tente à nouveau de me nourrir sur lui, plongeant ma dentition dans sa peau déjà abîmée par des années à subir les caresses d'un astre désormais mortel pour mieux m'arrêter quand je l'entends murmurer une demande qui me force à poser mes prunelles sur son profil fuyant. Un instant, je reste ainsi à l'observer, à me demander ce qui peut bien pousser un homme à ainsi supplier non pas pour ma pitié mais pour ma cruauté, comme si l'une avait une valeur insoupçonnée que jusque-là j'avais négligé. Délicatement, mes doigts quittent ses reins pour mieux trouver la courbe de sa joue que je commence à caresser, histoire d'attirer son attention que je finis par capter des quelques mots qui d'entre mes lèvres sanglantes s'échappent.

"Ce n'est pas prudent d'ainsi gâcher sa vie."


Et pourtant c'est grisant de l'entendre me demander de lui ôter la vie, de le faire disparaître de ce monde et d'ainsi posséder un pouvoir, un ascendant dont je me suis trop longtemps privé, simplement pour mener l'existence de l'ombre que je me dois d'être afin de ne pas attirer sur ma personne les foudres de fous qui pourraient avoir l'envie de m'offrir aux rayons d'un soleil impitoyable. Ainsi, au lieu de faire de ce conseil un doux cadeau, une offrande pour tenter de panser les plaies de son âme, je ne peux m'empêcher de le souiller d'un sourire carnassier, puis d'une caresse sur la courbe de ses lèvres.

"C'est m'insulter que d'exiger la mort si rapidement alors que de toi, je n'ai encore rien eu."

Du plat de ma langue, je viens lécher l'immonde plaie de son épaule, celle qui loin d'être une simple morsure, est plutôt un carnage sanglant, une insulte à ce qui fut un jour son corps, une meurtrissure qui laissera derrière-elle des souvenirs douloureux et des années à devoir masquer la laideur que j'ai façonné de ma bouche sur sa personne. Son sang, je goûte alors, grimaçant face à l'aigreur qu'il a bien soudainement et m'arrache un grognement agacé, qui loin de me décourager, me pousse simplement à retourner lacérer sa chair de mes crocs, pour le simple plaisir de sentir son hémoglobine réchauffer et couler le long de mon menton, pour mieux souiller ses vêtements et la terre humide. Méthodiquement, je m'acharne à arracher les fibres de ses muscles, les parties graisseuses de sa chair comme si je l'autopsiais dans l'espoir vain de découvrir ce qui peut bien rendre son sang si révulsant au fil des gorgées. Pendant de longues minutes, je ne fais que lui arracher d'autres cris, que malmener son coeur qui dans sa cage thoracique semble être prêt à éclater pour mieux me reculer quand la soif se calme et que la bête que je suis se lasse de ce jeu macabre, et ainsi croiser son regard et souffler.

"Je te promets de tout prendre... Mais pas ce soir. Ce serait trop simple."


A la faveur de la lune, je dévoile à nouveau mes crocs avant d'essuyer ma bouche du revers de ma main pour ensuite venir mordre mon poignet et ainsi aspirer un peu de mon sang. D'une main, je saisis à nouveau son visage, le forçant à me faire face et à ouvrir la bouche comme si il n'était qu'un animal soumis à ma volonté, afin de me permettre de laisser glisser entre ses lèvres le liquide vermillon que je recrache doucement sur sa langue, lui promettant ainsi par ce baiser étrange qu'un autre soir, oui, je serais là pour le libérer de tout ce dont il ne veut pas et qu'avec plaisir, je deviendrais cet ultime visage qu'il souhaite contempler, ce dernier souvenir d'une vie qu'il finira forcément par regretter.


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Huckleberry Finn
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Message(#) Sujet: Re: (Huck) - And I want you to be mine Jeu 10 Mai - 11:07

And I want you to be mine.
Ezechiel Weiss - Huckleberry Finn
(Mars 1900)

Tu ne vas pas supplier, ni exiger la moindre pitié. Tu vas me laisser faire de toi ce que je veux et quand cela sera terminé... Tu te laisseras gentiment glisser dans l'inconscient. Quelqu'un prendra soin de toi demain.

Les mots résonnent, tourmentent mon esprit, alors que notre étreinte se fait presque intime, plus douloureuse. Je tressaille à chaque contact de ses doigts sur ma joue, et, finalement, viens plonger mon regard dans le sien, sauvage, brillant d'un éclat malsain. Il est au delà de la prédation, du simple repas. Il veut jouer. Il veut faire souffrir. Il veut se faire plaisir.
Je fronce les sourcils. Qui est-il pour juger la façon dont je veux quitter ce monde ? Si je préfère mourir en proie plutôt qu'emporté par une fièvre délirante ? Si j'ai envie que cela s'arrête maintenant, et pas demain, dans vingt-sept jours, dans trois mois, dans douze ans ? Qui est il pour me refuser ce droit ? Lui ne s'est pas gêné pour me prendre de force ce qui m'appartient !

Le voilà qui sourit. Ses doigts courent sur mes lèvres et cette fois je tremble violemment entre ses bras. D'un mouvement sec de la tête, je me soustrais à cette caresse révulsante, laissant échapper un gémissement sourd, le coeur prêt à éclater. Honte, dégoût, terreur, horreur. Mes pensées alcolisées dérivent avec son geste vers un autre temps, une autre époque, un autre lieu, et je les étouffe avec tant de bien que de mal, comme je l'ai toujours fait, pour y échapper, ne plus avoir à revivre cela, à sentir leurs mains sur mon corps endolori, sur ma carcasse decharnée, ma bouche pleine de sable, la chaleur suffocante, la puanteur de leur peau, de leur sueur, leurs rires moqueurs, les consonnances dures de leur langue...
Les mots du vampire m'arrachent à cette vision. Je préfère encore subir ses assauts à lui que repenser à cela. Pourtant, une certaine colère prends naissance au creux de mon ventre, alors qu'il vient lécher la plaie béante de mon épaule.

Bouge pas. Ne supplie pas. Laisse toi faire.

Finalement, je voudrais me débattre, ruer sous son corps, le frapper de ma main libre, tenter de fuir cette douleur, surtout s'il rejette la délivrance que je souhaite... souhaitais, à peine quelques instants plus tôt, et qu'il me refuse cruellement.
Il grogne et ses crocs reviennent déchirer ma chair, l'arracher avec avidité.
Et moi je hurle. C'est tout ce que j'arrive à faire, paralysé par ses ordres, par la souffrance aussi. Je ne le repousse même pas, au contraire, plus ses canines s'enfoncent en moi, plus je m'aggripe à lui, comme si je pouvais en tirer du soulagement.

Lorsqu'il s'arrête enfin, je m'aperçois qu'il n'y a pas que la sueur qui trempe mon visage. Haletant, tremblant, je passe une main sur mes yeux, les paupières closes. La tête me tourne. J'ai peur de rendre le peu que mon estomac contient si je tente d'entrouvrir les yeux, si je vois la nuit danser autour de moi.
Pourtant, je le fais. Je pose un regard un peu flou et brouillé de larmes sur l'être qui me surplombe. Je déglutis douloureusement. Qu'est ce qu'il attend pour m'achever ?
Rien.
Il ne le fera pas. Pas tout de suite.
Je comprends ce qu'il en train de faire, ce qu'il est en train de créer. Je l'ai étudié. Pour la Ligue. Mon estomac se tord en un violent haut le coeur quand le goût cuivré et douceâtre du sang empli ma bouche.

Tu ne vas pas supplier, ni exiger la moindre pitié. Tu vas me laisser faire de toi ce que je veux et quand cela sera terminé... Tu te laisseras...

-Non.

Pas tout de suite.

-Puis je au moins connaitre le nom du vampire auquel je suis lié ?

Ma voix vacille, faible flamme de chandelle dans un courant d'air. J'aurais voulu être plus ferme. Mais je lutte contre les ténèbres qui tentent de s'abattre sur moi.

... et quand cela sera terminé... Tu te laisseras gentiment glisser dans l'inconscient. Quelqu'un prendra soin de toi demain.

Demain ?... Mes paupières se ferment petit à petit.

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Ezéchiel Weiss


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Message(#) Sujet: Re: (Huck) - And I want you to be mine Mer 16 Mai - 18:49

And I want you to be mine
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Chez moi, y'a du soleil quarante jours par an. Tu peux passer la plupart de l'année à l'attendre. J'regardais par la fenêtre, enfermé dans ma chambre. J'priais pour la fin d'l'averse et aller faire d'la rampe. J'connais qu'le bruit d'la pluie, l'odeur du béton mouillé. Si j'suis parti, c'est parce que j'avais peur de rouiller. Trempé, j'aurais jamais pensé qu'le mauvais temps finirait par me manquer

Au sein même de mes entrailles, je sens quelque chose se créer, se former et ainsi déverser dans les fibres de mon être une sensation nouvelle et pourtant familière qui pourtant arrive à me faire frissonner, à m'arracher un sourire qui exprime parfaitement le plaisir qui transcende mon âme, qui perce le voile qui jusque-là recouvrait ma capacité à apprécier l'instant, et qui semble presque jurer avec la douleur qu'il ressent. Les crocs dévoilés une fois de plus, les lèvres entrouvertes et les yeux presque clos, je savoure ainsi ce lien qui se crée et nous unit, soupirant presque d'extase tandis que sur mon échine, je sens ramper les émotions qui animent sa carcasse et qui loin de se faire un fardeau que je devrais porter avec lui, ont tout de la douce musique de son asservissement, le délicat chant de l'ascendance que j'ai désormais sur celui qui n'est rien de plus que mon agneau, que la frêle petite chose que je pourrais faire venir à moi et qui n'aura dans le regard que l'envie de me satisfaire, de savoir qu'à nouveau je ferais appel à lui, donnant de ce fait un sens à cette existence qu'il était prêt à troquer contre la promesse de savoir que demain ne viendrait jamais. Toujours au-dessus de lui, à abreuver sa langue de mon sang, je laisse les secondes filer, se faire des instants immortels alors que je rouvre les yeux, contemplant la détresse de celui qui se fait mien et qui parvient, malgré sa faiblesse à se refuser à moi, à gémir doucement que ce n'est pas ce qu'il veut, chose qui m'arrache un rire chaud et suffisamment grave pour venir s'infiltrer jusque dans ses os. En silence, je penche ainsi la tête sur le côté, passant ma langue sur mes lèvres pour mieux ravaler l'hémoglobine dont il n'a plus besoin, pour mieux l'observer, dévoré par une curiosité qui me fait me demander ce qu'il pourrait tenter pour briser ce qui a été forgé. Et loin de se montrer banal en tentant de me frapper, de hurler ou même de pleurer, mon petit humain préfère à la place murmurer, exiger mon prénom comme si les quelques syllabes qui formaient mon identité avaient une valeur et un pouvoir que je ne soupçonnais pas. D'un battement de cils, je fais part de mon incompréhension, de ce moment de doute que j'éprouve et qui me force à conserver le silence, à simplement faire courir mes phalanges le long de l'os de sa mâchoire tandis que son sang continue de pulser hors de sa plaie désormais immonde.

"Pourquoi veux-tu le connaître ?"

Je n'ai qu'un murmure pour sa personne, qu'un doux chuchotement qui se perd dans la nuit et se fait tout au plus un écho qui dans le monde ne laissera pas une trace, pas même un souvenir auquel quelqu'un pourrait se raccrocher.

"Penses-tu tirer quelque chose de ce prénom que j'use pour prétendre être vivant... ? Surement."


Mes doigts se perdent désormais sur sa chemise que je tente vainement de refaire, afin de recouvrir sa peau désormais exsangue qui frissonne non pas à cause de la fraîcheur nocturne mais de cette terreur que j'ai instillé dans ses veines, celle qui fait remonter à la surface de sa conscience cet instinct qui le pousse à s'effrayer face à la venue de la fin. Doucement, je me redresse, forçant entre nous une distance que je viens rapidement à regretter, déjà agacé de savoir que je vais devoir quitter celui dans les rêves duquel j'aimerais me glisser, afin de pouvoir faire de son esprit mon nouveau terrain de jeu, l'endroit où je pourrais façonner ses désirs et fantasmes pour qu'ils soient tous à mon effigie. Dans sa tête, j'aimerais m'installer pour mieux m'implanter et forcer ma personne à devenir l'empereur, la divinité auprès de laquelle il voudrait à jamais rester, mais prisonnier de ma propre incapacité, je ne peux qu'effleurer de mes prunelles son corps, rêvassant un instant sur ce que je pourrais découvrir sous sa peau et sa chair avant de tirer de ma poche un mouchoir  à la facture grossière que je viens poser sur sa plaie, dans l'espoir de juguler l'hémorragie.

"Mais tu as raison, tu mérites de le connaître."
J'esquisse un léger sourire. "Tu as été sage après tout..."

De son sang, le tissu s'imbibe rapidement tandis que je me redresse un peu plus, quittant l'étreinte étrange que nous formions jusque-là pour simplement l'aider à se relever, ou tout du moins à trouver sa place dans mes bras, sa tête contre mon épaule, afin de me permettre de le bercer et de murmurer doucement à son oreille, mes doigts eux se perdant dans sa chevelure.

"Ezéchiel... C'est le prénom que tu peux murmurer quand dans l'obscurité tu auras besoin que je vienne te chercher, t'arracher à ce que tu voulais tant fuir ce soir."

D'un battement de cils, à nouveau, je tente de croiser son regard et de le garder avec moi alors qu'il sombre déjà dans l'inconscience, me forçant de ce fait à devoir m'occuper de lui. Du bout des doigts, je caresse ainsi une dernière fois son visage avant de le soulever sans efforts, offrant de ce fait aux regards des créatures qui rampent peut-être dans les ténèbres, l'impression que je me fais le père qui porte son fils, le protecteur qui ramasse les faibles, l'archange qui s'occupe des tombés au combat. De cette image, je m'amuse un instant, osant même sourire avant d'humer quelque peu les fragrances que porte le vent jusqu'à nous, me permettant ainsi de m'enivrer des saveurs d'une vie à laquelle je me mêle par instants et mais qui à jamais ne sera rien de plus qu'une nébuleuse, qu'un voile opaque qui au fil des années se fait de plus en plus difficile à déchirer. A nouveau, je soupire, conscient que l'exaltation est passée, je murmure simplement, désireux pour l'instant de prendre soin de ma nouvelle acquisition.

"J'ai besoin de savoir où je peux te déposer... Puis de ton prénom, afin de ne pas te délaisser."


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(Huck) - And I want you to be mine
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