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 The Blood Is Love - Ezechiel & Bram

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Abraham Van Helsing
Gentleman Soigneur


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Message(#) Sujet: The Blood Is Love - Ezechiel & Bram Mar 8 Mai - 17:32




The Blood Is Love

Ezechiel & Abraham

Quand les gens ne sont pas forcément ce qu'on croit...

Je jette un coup d'oeil à l'amphithéâtre austère qui commence à se remplir, depuis l'arrière-salle réservée aux professeurs et au personnel. Petit à petit la petite armée de mes étudiants de troisième année se masse sagement derrière les tables étroites, s'asseyant sur les bancs polis par des décennies de postérieurs avides de culture qui se sont pressés dans les rangs de cette vénérable faculté. Et enseigner dans un tel lieu chargé de prestige et d'histoire me fait souvent me demander si je suis à ma place. Premier professeur à être entré aussi jeune dans l'enseignement, entouré d'hommes ayant tous au moins dix ans de plus que moi et me regardant souvent de haut, méprisant mes idées novatrices et mes pratiques modernes, car oui pour certains le terme de "moderne" est presque une insulte, il m'arrive en effet de me questionner sur le bien fondé de ma présence... Est-ce que je peux vraiment leur apporter quelque chose, à eux, ces jeunes gens qui souhaitent suivre le même chemin que moi et embrasser la même vocation : savoir sauver, savoir soigner, guérir et prolonger la vie des patients qui se présenteront à eux... eux qui veulent aussi prêter le serment d'Hippocrate comme je l'ai prêté il y a une dizaine d'années maintenant? C'est ce que je me demande avant chaque début de cours, en contemplant tous ces visages sérieux, cette farandole de carnets qui s'alignent sagement devant eux, ces plumes prêtes à prendre des notes, avant de me dire que si mes cours étaient si mauvais...comme ceux du professeur Chamberlain, même si j'aime bien l'homme, mon amphithéâtre serait aussi vide que le sien... J'inspire profondément et enfile ma blouse blanche avant d'entrer dans l'arène. Ils se lèvent tous en un léger bruit, et une fois le silence total revenu je prends la parole.

Messieurs bonsoir. Nous allons aujourd'hui voir comment résorber un anévrisme, chose qui peut être fatale, et surtout, imprévisible. Eh oui messieurs la rupture d'anévrisme est l'éclatement d'un vaisseau sanguin qui peut provoquer la mort immédiate d'un patient, ou le laisser dans un état végétatif. Il est important, si vous arrivez à repérer un anévrisme, d'être en mesure d'éviter son éclatement, et ainsi sauver la vie de votre patient.

Je plonge mes mains dans les cuvettes d'eau et d'alcool avant de me tourner vers la porte.

Monsieur Weiss, vous pouvez amener le patient. L'homme ici présent a été anesthésié pour les besoins de l'opération, bien entendu. L'anévrisme se situe dans son thorax, que nous allons d'abord dégager avant d'intervenir.

Un léger roulement accompagné de couinement se fait entendre alors que le brancard est apporté au milieu de l'amphithéâtre. Mes deux assistants déposent rapidement les tables à roulette autour de nous afin que tout soit à portée de main et facile d'accès. J'attrape un scalpel et commence à faire une longue entaille de la base du cou, le long du sternum jusqu'au dessus du nombril. Pendant un long moment je prépare simplement la zone d'opération, dégageant une voie jusqu'à l'artère malade.

Regardez messieurs, l'artère a à présent la taille d'une balle de criquet...

Des murmures parcourent la salle alors que je les entends se lever et se pencher pour mieux voir, commentant avec leurs voisins. Je me tourne vers un de mes assistants.

Andrew, touchez là du bout du doigt, très doucement. Que sentez-vous?
Elle a l'air sur le point de craquer à chaque pulsation...
Très juste. Et quelle serait la chose la plus judicieuse à faire?
Ligature de Hunter, section de la zone lésée et on recoud la plaie?
Ca pourrait être une bonne idée mais est-ce qu'il nous restera assez de tissu pour pouvoir faire la suture? C'est ce que nous allons voir. Pouls du patient?
110 pulsations par minute.


Je marque une pause, relevant le nez vers mes étudiants.

Une fois qu'on a clampé le pédicule, on joue contre la montre...

Je m'active, les deux mains dans le torse du patient, alors que les autres autour tiennent la plaie bien ouverte grâce à des pinces.

Ca se déchire comme du papier. 140 battements par minute.
Donnez moi un tube en caoutchouc. Passez le dans l'artère pendant que vous coudrez tout autour. Allez. Je vais ensuite retirer le tube et vous allez recoudre aussi vite que possible Andrew.
Je n'y arriverai pas.
Si. Sinon vous devrez expliquer à sa famille pourquoi ils devront aller voir les pompes funèbres ce soir au lieu d'aller fêter une guérison au pub. Je retire le tube. Allez... Je compte jusqu'à trois. Pour éviter les fuites utilisez de la solution saline avec le fil de soie Andrew.


Je compte puis retire le tube, avant d'aider mon assistant à recoudre la plaie le plus vite possible. Evidemment l'artère laisse échapper des giclées de sang mais petit à petit ça se calme et enfin plus rien. Je soupire de soulagement.

Ezechiel, la pompe je vous prie.

Il s'approche et après quelques coups de manivelle le sang superflu est aspiré de la cage thoracique jusqu'à une bouteille en verre, alors que je me recule.

Merci monsieur Weiss. Pourriez vous je vous prie faire passer l'anévrisme que nous venons de retirer aux étudiants afin qu'ils puissent l'observer? Pendant ce temps Andrew suturez ce monsieur.

Je souris, fatigué mais rassuré à l'idée que tout s'est bien fini. L'homme a de fortes chances de se remettre et c'est tant mieux... l'opération se termine bientôt et le patient est ramené à l'hôpital voisin où il sera sous surveillance jusqu'à ce qu'il soit en état de rentrer chez lui. Je m'incline légèrement sous les applaudissements qui concluent le cours, les partageant avec mon élève, et je regarde tout le monde se disperser avant de discuter avec un dernier élève. Puis, enfin seul, je me lave enfin les mains, rougissant la cuvette, et passe dans l'arrière-salle, où je m'immobilise en reconnaissant une silhouette familière...dans un geste des plus surprenants.

Ezechiel? Mais pourquoi vous... Alors comme ça c'est de cette manière que vous prenez votre dîner? Je ne l'aurais pas cru... pas venant de vous...
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Ezéchiel Weiss


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Message(#) Sujet: Re: The Blood Is Love - Ezechiel & Bram Ven 11 Mai - 16:13

The blood is love
Abraham & Ezéchiel
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Les lèvres pincées, j'écoute à peine les babillages d'Andrew, l'autre assistant, qui nerveux comme à chaque fois, tente d'expier son angoisse en paroles banales et dénuées de sens dont il fait un flot qu'il vomit presque, un déluge de consonances que je ne prends même pas la peine d'entendre, préférant à la place me concentrer sur les battements furieux du coeur du patient qui en cette nuit encore jeune, s'agite dans sa cage thoracique, malgré l'anesthésie et les promesses d'être pris en charge par l'un des meilleurs médecins de Londres. En silence, le regard porté non pas sur l'infortuné dont les entrailles vont être exposées aux regards curieux d'étudiants désireux d'un jour passer un serment qui fera d'eux des pratiquants dont le seul but sera de combattre l'ordre naturel des choses, mais plutôt sur l'assemblée en question, sur les jeunes hommes qui assis sur des bancs usés ont une chance d'un jour vieillir, mûrir et ainsi accéder à métier qui me sera toujours refusé à cause de mon jeune âge, de cette malédiction étrange qui m'oblige à rester à jamais un garçon à peine sorti de l'adolescence. D'entre mes lèvres, je pourrais laisser échapper un soupir, me forcer à inspirer pour mieux faire entendre au silence que j'en ai assez de devoir envier les autres pour leur mortalité, préférant à la place glisser un regard à Andrew et entrouvrir la bouche, prêt à lui siffler de se taire si il ne veut pas perdre ses molaires. Heureusement pour lui, l'intervention du docteur Van Helsing m'empêche de me montrer grossier envers mon collègue, le sauvant d'une humiliation verbale pour mieux nous forcer à entrer dans l'arène et à jeter en pâture aux curieux le patient que le médecin prend immédiatement en charge, afin de poursuivre au mieux son cours. Au centre de l’amphithéâtre, j'expose l'homme au coeur défectueux, me reculant pour mieux rester dans mon rôle de simple assistant, observant de ce fait l'opération de loin, conscient qu'une fois de plus, je me devrais de n'être qu'un spectateur pendant qu'eux, auront tout le plaisir d'user de talents qu'ils ne pensent pas trouver en ma personne de toute manière trop jeune selon eux. Les lèvres de nouveaux pincées, les crocs serrés et la gorge rendue sèche par les effluves sanglantes qui viennent charmer mes sens, je me fonds presque dans l'ombre, me faisant oublier tandis que le hollandais brille par son calme et son talent, démontrant une fois de plus que la réputation qui est la sienne n'est pas volée. A cela, je pourrais sourire si je n'étais pas agacé de constater que c'est Andrew qui a le droit d'opérer en sa compagnie, et non moi, qui loin d'être un idiot comme cet humain, pourrait rendre honneur à cet art qu'est la chirurgie et montrer une fois pour toute que je pourrais assurer des cours du soir. Mais conscient que ce n'est pas en cette époque que j'aurais cette reconnaissance, je reste à ma place, me réconfortant en me disant que tout ceci ne durera pas et qu'une fois la leçon terminée, je pourrais me consoler en chassant. Cette fois-ci, je fais l'effort d'emplir mes poumons d'un air que j'expire bien rapidement, avant de me joindre aux autres, quand sur un ordre du médecin, je viens m'occuper d'éviter toute hémorragie qui pourrait causer du tort au patient, en pompant un sang artériel à l'odeur si délicieuse que j'en sens mes pupilles se dilater violemment. D'un battement de cils, je tente de cacher ce phénomène troublant, préférant cesser d'humer la fragrance délicate de la chair exposée pour mieux m'éloigner de cette possible proie en allant naviguer entre les étudiants, le morceau d'anévrisme en main, que tous observent avec un intérêt que je trouve presque touchant, tant dans leurs prunelles, il est encore possible d'y déceler une candeur qui arrive à subjuguer mon instinct de prédateur et ainsi éveiller en mon coeur l'envie de faire d'eux des êtres dont je prendrais soin quand je ne serais pas occupé à les corrompre. Du regard, je caresse ainsi certains de leurs visages, captant quelques regards, quelques oeillades qui me font sourire avant que je ne tourne les talons, retournant m'enfermer avec Andrew et le patient désormais stable dans l'arrière-salle. Aux infirmières, nous confions l'homme et une fois tout les deux, je passe une main dans ma nuque là où l'insupportable humain recommence à m'abreuver de ses inepties, me forçant ainsi à siffler quelques sèches paroles.

"Tu devrais en profiter pour te reposer. Le médecin n'a pas terminé son cours et tu as l'air dans tout tes états." Andrew ouvre la bouche, tente de se défendre, de sûrement s'apprêter à m'expliquer qu'il va parfaitement bien et que je ne sais pas quoi je parle, mais afin d'éviter de lui sauter à la gorge, je reprends, l'empêchant de prononcer la moindre parole qui pourrait être malheureuse pour lui. "Alors va boire un thé, va te calmer et je m'occupe de nettoyer tout ça."

Un instant, je songe à user de mes pouvoirs sur lui pour le faire déguerpir, mais heureusement, il préfère à la place s'éclipser, me remerciant tout en me promettant de faire de même si un soir, j'ai moi-même besoin d'être un peu seul. A cela, je ne réponds qu'un sourire avant de grogner quand enfin il disparaît.

"Je le déteste, je le déteste..."


Je ferme un instant les yeux, roule des épaules pour faire craquer mes articulations et attrape ensuite entre mes doigts fins la fiole qui contient toujours le sang tiède du patient. A mes lèvres, je porte celle-ci, avalant d'une traite ce qui loin d'étancher ma soif la contente un peu et m'accorde encore une bonne heure de répit avant que je ne doive retourner chasser. Un sourire m'échappe, une fois mon repas terminée, pour mieux s'estomper quand dans mon dos, j'entends la voix familière du médecin, dont le ton calme ne semble pas aller de pair avec sa découverte. Agacé, je dépose la bouteille sur la table devant moi et prends le temps d'essuyer ma bouche avant de me tourner vers lui, mes prunelles se posant dans les siennes.

"Je pensais pouvoir vous tromper encore un peu... Même si je m'étonnais que n'ayez pas encore compris ce que j'étais. Enfin, ce n'était qu'une question de temps je suppose..."


En un geste faussement nonchalant, je m'adosse à la table désormais dans mon dos, tandis que du bout de mes doigts, je me saisis d'un scalpel que je glisse dans la manche de ma chemise, laissant le métal froid de l'outil se presser contre ma peau fraîche. La tête je penche sur le côté, pour mieux dévoiler la courbe de ma gorge alors que je reprends, ronronnant presque dans l'espoir d'endormir sa confiance et ainsi me donner l'avantage si il est assez idiot pour tenter de m'attaquer.

"Je pensais qu'ils allaient vous garder plus longtemps, que j'aurais le temps de me nourrir puis de reprendre mon rôle de gentil assistant bien discret."

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Abraham Van Helsing
Gentleman Soigneur


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Message(#) Sujet: Re: The Blood Is Love - Ezechiel & Bram Dim 20 Mai - 0:02




The Blood Is Love

Ezechiel & Abraham

Quand les gens ne sont pas forcément ce qu'on croit...

Je soupire, soulagé comme à chaque fois que tout se soit bien passé. Une opération est tout autre chose qu'un simple cours magistral au cours duquel j'aurais patiemment et le plus clairement possible expliqué les subtilité et les merveilles du fonctionnement du corps humain. Je sens les muscles de mes épaules et ma nuque se détendre, ainsi que ma respiration se faire plus libre maintenant que je sais que tout va bien et que le patient est hors de danger. Mes facultés peuvent se mettre en repos, et retrouver la routine confortable habituelle alors que j'entends le chariot transporter le patient hors de l'amphithéâtre. Du coin de l'oeil je regarde Ezechiel qui s'occupe d'installer notre sujet dans une des chambres de l'hôpital situé dans le bâtiment voisin et je souris en repensant à son attitude pendant l'opération... C'est un excellent assistant, qui fera un fameux médecin... Il a un instinct redoutable pour quelqu'un d'aussi jeune, meilleur que n'était le mien à son âge, et ses connaissances sont importantes pour son âge... Et plus encore que moi, il ne supporte pas l'incompétence ou tout simplement l'hésitation... j'avoue avoir dû me retenir de rire face aux regards assassins que j'ai surpris suite à certaines réactions ou réponses d'Andrews, mais je ne pouvais décemment pas m'esclaffer les mains plongées dans mon patient, et ce devant tous mes étudiants... même si j'étais d'accord avec lui. Mais par mesure d'équité je ne peux pas constamment en faire mon assistant principal, même si avec lui à mes côtés je sais que je n'aurais quasiment pas le moindre reproche à lui faire. Par moments c'est presque comme si nous n'avions même pas besoin de nous parler, alors que je le vois me tendre les instruments qu'il me faut avant même que je lui ai demandé... Le rêve de tout chirurgien, mais moins souhaitable en pleine leçon, car si aucun mot n'est prononcé, comment les élèves peuvent-ils savoir ce que j'utilise et ce que je fais. Et comme cela m'est déjà arrivé, j'essaie d'y être plus attentif.

Je me laisse ensuite happer par les diverses questions de mes étudiants, les conseils qu'ils veulent avoir et les précisions qui leur manquent par rapport à l'intervention de la journée et pendant une bonne dizaine de minutes je reste avec eux, avant qu'ils n'aient fini de se disperser enfin comme une volée de moineaux, me laissant enfin seul dans l'amphithéâtre. J'ai presque dit "mon amphithéâtre" même si je sais bien que je ne suis pas le seul à l'utiliser mais... cet endroit est un de ceux que je peux appeler la maison... car grâce à lui j'ai pu trouver ma place ici... et surtout goûter à ce fruit délicieux appelé la plénitude. Ici je suis bien, et toutes les facettes de mon existence me plaisent. Ma demeure si bien organisée et menée par Jenkins, mes collègues, mes amis, mes sorties londoniennes, et bien sûr la Ligue... former de jeunes esprits et sauver des vies... qu'est-ce qu'un homme pourrait demander de plus? Une fois la porte refermée sur le dernier d'entre eux je tourne les talons et retourne dans l'arrière-salle de l'amphithéâtre, pour trouver une silhouette penchée au-dessus du chariot d'instruments chirurgicaux...silhouette qui semble tenir... le récipient en verre qui contient le sang pompé de l'organisme de notre patient... et a l'air de visiblement s'en nourrir.

C'est là que je reconnais mon assistant et comprends en une seconde sa nature véritable... répondant également à plusieurs interrogations que je me formulais à son propos depuis son embauche, il y a deux ans maintenant. Le fait qu'il n'assiste qu'aux cours en fin de journée, sa pâleur... et son savoir, sans nul doute. Evidemment je suis surpris, mais pas choqué, car s'il se nourrit sur le sans prélevé là, c'est qu'il ne chassera pas plus tard, risquant de faire une victime... Un geste qui est tout à son honneur, et une précaution qui explique le fait que je n'avais jamais entendu parler de lui, ni même que je l'avais soupçonné...

Vous supposez bien... mais je suis admiratif quant à votre discrétion... si je ne vous avais pas surpris... il aurait pu s'écouler encore de longs mois, voir des années avant que je n'apprenne al vérité sur votre compte; Peut-être ne l'aurai-je jamais appris si vous vous étiez montré encore plus précautionneux...

Je croise les bras, un sourire aux lèvres, sourire qui s'agrandit en entendant le ton qu'il emploie pour me répondre, un peu comme un comédien qui aurait abandonné le rôle qu'il était en train de jouer et qui montrerait son vrai visage. Pourtant je ris doucement à ses remarques, avant de l'inviter à me suivre d'un petit geste de la main.

Oh l'un n'empêche pas l'autre... mais que diriez vous d'en discuter de façon un peu plus...privée dans mon bureau? Nous y serons plus tranquilles...

Je tourne les talons et traverse les couloirs avant d'arriver devant la porte sur laquelle figure une plaque à mon nom. Je l'ouvre et m'efface pour le laisser rentrer, la refermant derrière nous. Je désigne un fauteuil près de la cheminée, pendant que j'ouvre un petit guéridon duquel je tire une bouteille et deux verres. Je le rejoins, m'asseyant dans le fauteuil voisin du sien et une fois assis, je rouvre enfin la bouche.

Eh bien Ezechiel... si vous m'en disiez plus sur vous? Et je parle du vrai vous...

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Ezéchiel Weiss


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Message(#) Sujet: Re: The Blood Is Love - Ezechiel & Bram Mar 29 Mai - 16:48

The blood is love
Abraham & Ezéchiel
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Contre mon poignet, toujours dissimulé entre ma chair aussi fraîche que la première neige d'hiver et le drapé délicat de cette chemise, qui loin d'être de facture élégante ou coûteuse, n'a pour avantage que de mettre en avant cette silhouette juvénile qui est la mienne, et qui en plus de me permettre de m'attirer les faveurs de femmes désireuses de retrouver les affres d'une jeunesse plus libérée qui ne fut jamais la leur, endort la méfiance de ceux qui pourraient vouloir planter entre mes côtes un pieu, le scalpel réside, devenant cet invité indésirable, cet hôte et intrus qui aime se glisser dans les ombres et se fait la vipère qui frappera à l'instant opportun. Contre ma personne, l'outil patiente, se fait cette assurance dont je n'aimerais pas à avoir à user et autour duquel je resserre pourtant les doigts quand dans le silence de l'antichambre, sa voix s'élève à nouveau, se parant d'accents chantants et amusés qui loin de me me détendre, me donnent l'envie de montrer les crocs afin de faire disparaitre de ses lèvres ce sourire indolent et agaçant, qui au fil des secondes qui s'égrènent, me laisse sur la langue la saveur d'une humiliation certaine, d'une offense que je prends quand je viens à réaliser que c'est par un médecin bien arrogant et bien trop confiant que je me suis fait prendre la main dans le sac, comme le gamin maladroit que je n'ai jamais été. D'un battement de cils, je tente donc de chasser cette désagréable sensation alors que je me force à inspirer, à remplir mes poumons d'un air qui n'apporte rien à ce corps qui n'a besoin que du sang des innocents pour ne pas devenir la poussière d'ossements et de chairs que les siècles passés sur cette terre auraient dû faire de lui, avant d'être capable d'hocher lentement la tête et tuer la raideur qui s'était infiltré dans mon échine.

"Vous avez raison, la dernière chose que je voudrais c'est qu'Andrews revienne de sa pause thé et commence à se mêler de ce qui ne le regarde absolument pas."

Même si le ton de ma voix est calme, légèrement suave même, je ne peux que faire l'emphase sur l'avant-dernier mot de ma phrase, comme pour faire entendre au médecin quelque chose dont il doit sûrement déjà avoir conscience. Puis, comme porté par l'envie de ne pas perdre plus de temps, de ne pas complètement gâcher cette nuit, je quitte la table qui me servait de sanctuaire, d'ancre pour simplement m'approcher du hollandais, presque sur la pointe des pieds, comme si d'un roulement discret et sensuel de mes hanches, je tentais de semer dans sa psyché d'autres sensations, d'autres idées qui pourrait étouffer dans sa conscience des questions auxquelles je n'ai pas envie de répondre, non pas par contraire de réveiller des limbes de mon esprit quelques souvenirs douloureux mais simplement parce que l'envie n'y est pas ce soir, de me faire le recueil, le témoin d'époques passées et bien vite oubliées par les contemporains de son genre. En cette nuit, tandis que je me fais la délicate et élégante essence d'une jeunesse dorée, d'un jeune homme qui se sait suffisamment séduisant pour faire chavirer les coeurs et les principes moraux de ceux qui en cette période, en ce temps troublé par une économie florissante et pourtant inégalitaire, par une industrie qui fait du ciel étoilé rien de plus qu'une immense mer de charbon, j'admets par mon silence ne pas avoir la force ou la volonté nécessaire pour dévoiler l'homme qu'il ne connaîtra jamais et qui pour lui ne serait jamais autre chose qu'un mystère de plus, qu'un nébuleux concept qui finira par n'être rien de plus que de la poussière dans le vent, que des fragments incomplets que sa mémoire défaillante finira par chasser, afin de ne pas l'encombrer plus et de le laisser profiter de cette ignorance bénie qui sauve bien des hommes de la folie. En silence, je me glisse dans les pas du médecin, calquant son allure avec une minutie presque glaçante, afin de donner l'impression aux curieux qui pourraient tenter d'arracher quelques secrets aux murs, qu'une seule personne déambule au milieu des couloirs de la faculté. De cela, je m'amuse, mes doigts jouant toujours avec le scalpel alors que nous arrivons dans son étude et bureau, dans lequel je m'engouffre sans me faire prier avec la grâce d'un prince conquérant, d'un être qui sait qu'ici, il ne trouvera que l'attention d'un homme qui ne demande qu'à être bercé des histoires de celui qui a vu plus d'un empire s'effondrer. Du regard, j'observe ainsi la pièce, penchant quelque peu la tête sur le côté quand je réalise qu'ici il ne se trouve rien de plus que l'expression la plus sincère et la plus criante de cette solitude qui est son quotidien. Sur son bureau, aux murs, pas une photo, pas un tableau qui pourrait représenter le moindre être aimé, le moindre parent dont il pourrait encore espérer la reconnaissance ou la fierté, mais simplement des ouvrages de médecine, des carnets, des bibelots et quelques paquets de copies qu'il doit encore corriger. Ainsi, alors que le docteur me fait signe de m'assoir, j'hésite un instant avant de finalement me laisser tomber sur le fauteuil, m'y installant avec toute la grâce d'un adolescent à l'éducation douteuse, passant de ce fait l'une de mes jambes par-dessus l'accoudoir du siège, tandis que ma tête repose sur le dossier de celui-ci, là où finalement, après l'avoir observé tirer d'un guéridon deux verres, je m'autorise un rire pour répondre à sa demande.

"Du vrai moi ? C'est une étrange question que cela. Je me demande ce que vous espérez obtenir de moi ainsi."

Délicatement, je bats des cils, affichant de ce fait un rictus amusé, un sourire presque mauvais tant il est taquin, un qui ne dévoile pas encore la pointe des crocs que je désire encore cacher à la vue de celui que l'on dit réputé pour faire des créatures de mon genre, rien de plus que des cendres.

"Vous pensez que je fais semblant d'être quelqu'un que je ne suis pas ? Que j'ai l'envie de me cacher derrière un masque quand mon apparence elle seule se fait le parfait déguisement ?" Je me retiens d'ajourer que c'est une aussi une malédiction que j'aimerais briser, un frein à l'opportunité d'être autre chose qu'un adolescent à peine pubère, un jeune homme qui ne pourra jamais être autre chose qu'un enfant sauvage que l'on voudra domestiquer. "Et qu'est-ce qui peut bien vous faire penser que j'ai des choses à dire… ? Peut-être ai-je été changé il y a quelques nuits de cela ? Que je suis encore le protégé d'un ou d'une Sire qui veille à ce que je ne devienne pas une menace pour tout Londres ?" Le temps d'un battement de cils, je me permets de plonger mes prunelles dans les siennes, simplement pour lui permettre d'en saisir parfaitement la couleur vermeille, qui n'a en rien l'éclat d'une jeunesse fraîchement acquise. "Ezéchiel est ce qu'il est. Je suis ce que j'ai toujours été." Je pince les lèvres, osant alors hausser une épaule. "C'est une question étrange que vous me posez, Docteur, alors permettez-moi de vous la retourner. Pourquoi ne pas me parler de ce vrai Abraham, qui vit seul, loin de tout, loin des autres, qui habite avec une solitude qui ne le pleura pas quand il partira ? De cet homme qui n'a pas une photo, pas un tableau d'un être proche vers lequel se tourner et qui à la place… Préfère écouter les histoires d'une créature qu'il chasse d'ordinaire…"
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Message(#) Sujet: Re: The Blood Is Love - Ezechiel & Bram Sam 9 Juin - 18:36




The Blood Is Love

Ezechiel & Abraham

Quand les gens ne sont pas forcément ce qu'on croit...

Il faut croire que ce vieux docteur Van Helsing s'est fait berner depuis presque deux ans, à avoir un vampire sous son nez sans s'en douter une seconde. Sincèrement, je suis impressionné car je n'ai rien, absolument rien vu venir. Bien sûr maintenant que je le sais, maintenant que j'en ai la preuve bien des choses font sens, mais c'est comme agiter devant mes yeux un puzzle terminé alors que je ne m'étais pas imaginé qu'il y avait des pièces à rassembler, ni même qu'il y avait un puzzle. Mon Ezechiel un vampire...Evidemment, en tout bon scientifique, mais aussi en tant que patron, collègue et membre de la Ligue, une foule de questions se bousculent dans mon esprit, que je calme en leur disant d'attendre, le temps au moins d'arriver jusqu'à mon bureau où elles seront libres, et surtout loin des oreilles indiscrètes. Notre progression se fait en silence alors que nous remontons les couloirs jusqu'à la lourde porte sur laquelle se trouve la discrète plaque en métal portant mon nom et c'est derrière elle, à l'espace qu'elle préserve, que j'invite mon assistant à s'installer, nous servant deux verres. J'en bois une gorgée avant de l'encourager à m'en dire plus, rendu curieux par son adresse à ne me faire douter de rien, pas une seule seconde. Rien ne vient perturber notre tranquillité à part le discret tic tac de l'horloge, le crépitement du feu et le vent qui souffle dehors. Un écrin parfait aux confidences... Et j'ai un léger rire en le voyant se vautrer sur le fauteuil, donnant l'impression qu'il est déjà chez lui, et bien chez lui.

Je vois que vous faites déjà comme chez vous...

Et je l'observe à la lueur dansante des flammes. Son visage n'a plus du tout la même expression. Du jeune homme discret, poli et affable, toujours tiré à quatre épingles, j'ai l'impression de me retrouver face à une sorte de Mathias centenaire voire millénaire, mais qui pourtant semble se comporter comme un adolescent qui aurait oublié de grandir. Mentalement tout du moins. Alors ça aussi il me l'a caché depuis le début... le fait qu'au fond, il n'est pas du tout ainsi. Le fait que le numéro de gentil garçon n'était qu'une façade, et qu'il était autre, au fond. Et s'il agit comme un enfant gâté, je le trouve étrangement plus intéressant ainsi qu'à jouer le numéro du genre idéal, se révélant ainsi à moi. Un peu comme si tout ce temps j'avais travaillé aux côtés de quelqu'un de totalement différent...

Eh bien maintenant que vous n'êtes plus le simple médecin légiste qui travaille admirablement bien, je serais curieux de savoir pourquoi quelqu'un comme vous s'est retrouvé à devoir jouer cette comédie, monter ce stratagème... alors que votre pratique, qui doit être sans doute bien plus longue que la mienne, vous permettrait de vous illustrer de façon bien plus brillante. Cela m'intrigue vraiment...

Je bois une gorgée de whisky et savoure sa douce brûlure sur ma langue avant de croiser les jambes et m'asseoir plus profondément. Je souris en coin à sa remarque, hochant lentement la tête.

C'est précisément ça que j'avais en tête en effet. Comme si vous lisiez dans mes pensées... Et bien sûr que vous êtes un vieux vampire... Vous avez bien trop d'expérience et bien trop de maîtrise pour avoir été transformé récemment... Plus jeune vous n'auriez pas pu me berner à ce point. Enfin j'espère... ou alors je vais devoir renoncer à la Ligue...

Je souris, ouvrant le tiroir d'un petit guéridon placé à portée de main pour en tirer ma pipe et mon tabac, et quelques secondes plus tard j'expire une lourde bouffée de tabac épicé avant de reprendre le fil de la conversation.

Mais que vous ayez un ou une Sire cela je le conçois, très bien même... et le fait que je n'ai jamais entendu parler d'un vampire vous correspondant est un autre point en votre faveur, et confirme votre maîtrise, et donc, je suppose, votre âge avancé...

Sauf qu'au lieu de m'éclairer au moins un peu plus le voilà qui me retourne la question, et au lieu d'une simple curiosité j'y sens une attaque personnelle, qui semblerait être pour le simple plaisir de me faire du mal, de me faire souffrir... Mes dents mordent un peu plus fort sur l'embout de ma pipe, prenant une profonde expiration de tabac avant de la souffler doucement, le temps de trouver une réponse. Alors je souris, presque amusé maintenant que j'y repense, et réponds d'une voix calme.

Tout d'abord parce que je suis curieux, surtout que j'apprends que mon assistant dévoué et presque tombé du ciel s'avère être tout autre chose que ce à quoi je m'attendais... et de moi il n'y a pas grand chose à dire. J'ai grandi à Amsterdam où j'ai étudié, et après la mort de mon père je suis venu m'installer ici pour changer d'air. Depuis je sauve des vies et j'aide les autres, en tant que médecin mais aussi en tant que Traqueur. Et si je puis me permettre, ce n'est pas parce que je ne fais pas dans le sentimentalisme et que je ne suis pas entouré de mille bibelots que je n'ai pas dans ma vie des personnes à qui je tiens, ou que je ne fais pas des choses qui me passionnent... Je ne suis pas à plaindre Ezechiel... loin de là. La question maintenant est : pourquoi voudriez vous en savoir autant sur moi? Je ne suis qu'un médecin, rien d'autre...

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Message(#) Sujet: Re: The Blood Is Love - Ezechiel & Bram Mar 12 Juin - 15:37

The blood is love
Abraham & Ezéchiel
I survived because the fire inside me burned brighter than the fire around me.

C'est en silence que j'écoute le médecin, les lèvres closes et les yeux à peine ouverts que je me fais bercer par les aveux feutrés de l'homme qui une seconde auparavant, s'agaçait en silence de cette insolence qui était la mienne, de ce comportement indifférent qui est devenu autant la plus belle de mes qualités que le plus terrible de mes défauts. Un instant, en effet, le hollandais avait été la victime d'une bouffée de colère dont l'arôme subtile avait folâtré quelques secondes dans l’alcôve intime qui se fait le berceau de notre réunion secrète, avant de se débarrasser d'elle d'un simple battement de cils et d'une expiration qui ne laissa derrière-elle que les fragrances d'un tabac qui me fait plisser le nez et m'empêche ainsi donc d'humer plus longuement l'air pourtant chargé de bien des parfums dont je pourrais m'enivrer. Mais à la place, je me retrouve donc à me faire l'observateur, le témoin silencieux de cette confession à peine esquissé, qui loin de satisfaire mon besoin malsain d'obtenir des lèvres de cet homme que je jalouse par instant, me font à la place m'avachir un peu plus le fauteuil, comme si j'espérais trouver dans l'étreinte de celui-ci un soutien que je ne pourrais jamais trouver auprès d'humains qui sont de toute manière, bien trop occupés à envier cette jeunesse éternelle qui a fait de ma peau une porcelaine aussi sublime que mortelle. D'un battement de cils fugace, je fais de ces mots des présents que j'accepte sans pourtant leur donner le respect qu'ils méritent, restant donc mutique quand Abraham termine, ne lui laissant comme réponse qu'une incertitude troublante et un détachement profond qui devient presque insultant quand d'entre les poches de ma veste, je tire, non pas un paquet de cigarettes histoire de calquer son geste au sien et ainsi feindre l'envie de lui prouver que je suis encore un peu son égal, un paquet de cartes et le scalpel qui en réalité glisse de ma manche et se révèle enfin au médecin trop confiant que sous son toit je n'ose tenter de le blesser. Dans le bois tendre de la table qui nous sépare, je plante celui-ci, en faisant de ce fait un totem qui se dresse entre nous, un autel à cette chance qui est la sienne que la sagesse soit un enseignement que le temps ai bien voulu m'inculquer tandis que je me redresse quelque peu, quittant ma posture d'enfant sauvage pour adopter celle d'un homme plus raisonnable, là où ma voix seule se fait celle d'un admirateur secret au coeur rongé par des vices moraux que cette société ne peut accepter.

"Vous n'êtes pas qu'un médecin Abraham. A moins que vous n'enseignez à vos étudiants, durant la journée comment occire les vampires." Dans ses prunelles pleines d'une sagesse pourtant encore juvéniles, je pose les miennes, cachant sous l'éclat d'une taquinerie innocente les sifflements des vipères qui grouillent pourtant en mon être. "Je ne sais pas ce que je cherchais en vous posant la question... Surement rien. Allez savoir."

J'hausse une épaule, feignant un je-ne-sais-quoi qui ne prendra surement pas et qui est de toute façon une simple mascarade pour cacher mes réelles ambitions, celles qui ont faits de cette pique blessante, de cette question presque cruelle un moyen de voir si il était simple de briser un homme comme lui. Et si il aurait été amusant de le voir vaciller, j'admets préférer qu'il soit plus solide que je n'ai pu l'être à son "âge", oubliant de ce fait mon envie de casser mon employeur pour mieux me concentrer sur les cartes qui entre mes doigts, dansent sans trop de grâce, se mélangeant les unes aux autres sans la moindre élégance particulière.

"J'étais simplement curieux, comme vous l'êtes envers ma personne. Seulement il est plus facile pour vous de déterminer ce que je suis... Car à mes yeux, vous n'êtes rien de plus qu'un humain de plus, un homme que je peine à comprendre car cela fait bien trop longtemps que j'ai oublié ce que cela faisait de se sentir fragile." D'un mouvement de cils, je feins de chasser la poussière de ma prunelle tandis que je finis par faire sortir une carte que je saisis du bout de mes doigts. "Vous aviez raison sur le fait que je suis ancien... Pour ce qui est d'avoir un ou une Sire par contre... Je vous laisserais le plaisir de découvrir cela par vous-même." Même si je me doute qu'il trouve quoi que ce soit sur ma défunte épouse, sur cette mère qui après m'avoir bercé n'a eu aucun soucis à me demander de devenir son amant, celui qui entre ses draps et cuisses devait se glisser pour lui simuler un amour qui de toute façon se faisait le poison qui a eu raison d'elle. "Mais j'admets être déçu que vous n'ayez pas entendu parler de nous." Sans réellement m'en rendre compte, ma prononciation de ce dernier mot trahit un accent étranger que je ne tente pas de corriger tant je suis soudainement subjugué par cette carte qui danse au bout de mes doigts, cette dame de pique qui d'un coup révèle le valet de coeur qui était jusque-là son ombre. "Je n'ai pas toujours été aussi sage, j'ai même été sauvage, vous savez. Même elle... J'ai essayé de la dévorer à mon réveil. Malgré le goût de cendres qu'elle laissait dans ma bouche... J'ai dévoré sa chair comme le petit ingrat que j'étais." Je relève les yeux vers le médecin et fais disparaître les cartes dans ma manche avant de reprendre ma place dans le fauteuil, appuyant, cette fois-ci, mon dos contre le dossier de celui-ci. "J'avais si faim... Et ça a duré si longtemps. Je suis vraiment étonné que personne n'ai jamais pris le temps de consigner nos noms quelque part."

Je hausse une épaule et conclus ainsi mes divagations. Peut-être que nous n'avons jamais rien laissés derrière-nous à part un deuil que tous ont cherché à étouffer afin de ne jamais rendre éternel cette perte que nous leur avions imposés. Peut-être qu'effacer nos noms de l'histoire avait été pour eux, pour nos victimes, un moyen de nous punir, de nous prouver que nous ne retirions jamais de gloire et de reconnaissance, ou même de crainte respectueuse, à être les monstres que le monde veut voir disparaître sous le courroux de l'astre solaire.

"Et vous... C'est de famille cette dévotion à la chasse au vampire ? Ou c'est une façon aussi pour vous de ne pas faire de sentimentalisme ? D'être un peu moins humain pour ne pas être une proie facile ?"
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Message(#) Sujet: Re: The Blood Is Love - Ezechiel & Bram Dim 8 Juil - 15:20




The Blood Is Love

Ezechiel & Abraham

Quand les gens ne sont pas forcément ce qu'on croit...

J'avoue ne pas savoir ce qu'il cherche, quand j'entends son attaque contre moi, ce qui lui permet gracieusement d'éviter de répondre à ma propre question. Escrimeur de la parole, et sa langue est plus acérée qu'un fleuret, même si cela ne suffit pas à me désarmer. Cela m'a surpris, une seconde, mais il en faut plus pour que je m'avoue vaincu. Et je repousse ma colère, première réaction, primitive et immédiate qui a surgi, tel un chien de garde quand on s'approche de la clôture, avant d'envisager les choses plus rationnellement et sereinement. Cette attaque était trop brutale, et surtout, quel était son but? J'ai découvert son secret et la seule chose que je lui demande en échange est simplement de m'en dire plus, m'éclairer sur pourquoi il a cru bon, compte tenu de sa condition, de ''simplement" devenir médecin légiste, et mon assistant dévoué, plutôt que d'utiliser ses siècles et sa certaine fortune pour faire autre chose... Mais je lui réponds sans honte, ôtant un éventuel conflit de la table avant même qu'on sonne la première charge et inspire une profonde bouffée de tabac.

Je hausse légèrement les sourcils quand je le vois tirer un scalpel de sa manche, et le planter entre nous sur mon guéridon, comme une de ces pratiques des tribus primitives dont Huck m'a parlé, et qui signifient qu'un duel vient d'être lancé. Pourtant... pourtant ce n'est pas le cas ici. Il ne me défie pas non... au contraire, j'ai l'impression que c'est une façon, au sens propre comme au sens figuré de rendre les armes. Et là où certains auraient pu être offusqués d'un tel geste, je le vois plutôt comme un premier geste pour ne pas me cacher qu'il était armé. Je souris, laissant échapper un peu de fumée bleutée entre mes lèvres, et désigne le scalpel d'un léger geste de ma main tenant ma pipe.

Faites attention mon cher, ces choses là coupent. Et je compte sur vous pour le remettre à sa place une fois notre entrevue terminée, car je pense que nous pourrions tous les deux en avoir besoin dès demain...

Je plonge à nouveau mon regard dans le sien et j'ai l'impression d'y voir tant de choses... de ses prunelles neutres, voire innocentes dont j'avais l'habitude, voilà qu'une lueur de malice, mais aussi de... de quoi... de... peut-être de vice y scintille faiblement, comme si jusqu'à présent elle avait été obscurcie par un nuage paresseux qui aura pris deux ans pour révéler cet éclat. Deux hommes dans un seul corps, ou un comédien hors pair... Et j'ai un léger rire en entendant son espèce de conclusion brusque et hâtive.

Pourtant vous avez quand même posé la question, et voulu savoir... ou était-ce une simple manière de détourner ma propre curiosité de votre personne.

Je souris un peu plus quand il confirme que j'ai vu juste, et hoche la tête, inspirant à nouveau une profonde bouffée de mon tabac indien aux épices avant de reprendre.

Oh ça je l'imagine très bien... Au bout d'un certain temps les noms deviennent vides de sens et les visages flous... mais je ne suis pas contre passer du temps ensemble afin de vous faire reprendre pied avec la gent humaine... si vous le souhaitez, bien évidemment... et quant à avoir connaissance de vous... je ne suis malheureusement pas doté d'une mémoire aussi prodigieuse qu'Alix, notre archiviste. Lui se souvient de tout... mais mon cerveau est bien trop plein pour pouvoir tout garder et je dois malheureusement faire le tri. Ou alors est-ce que je vous connais bien, mais sous un autre nom... Est-ce possible?

Petit à petit je le sens se détendre, comprenant, ou confirmant que ce que j'ai annoncé comme une discussion informelle dans mon bureau en est et en demeure bien une. Peut-être abandonne-t-il le contrôle permanent et sûrement épuisant dans lequel il passe ses journées, et j'essaie d'en voir, d'en apprendre le plus possible sur lui, comme une mariée orientale à qui on enlève ses sept voiles. Il tire une carte de sa manche, avec laquelle il joue tout en parlant. Mais qu'est-ce qu'il peut bien y avoir encore caché là dedans? Il aurait dû se reconvertir prestidigitateur plutôt que médecin légiste... il en a le talent et la dextérité... Et après quelques secondes je remarque enfin sa carte, une dame de pique puis un valet de coeur... et je fronce légèrement les sourcils alors qu'il ote un nouveau voile, partageant de bien sombres secrets avec moi.

J'ai entendu que la transformation n'est pas que physique, mais qu'elle altère et transforme l'être tout entier... certains aiment ce qu'ils détestaient, font avec plaisir ce qui les répugnait avant et inversement... mais à vous entendre, malgré cette violence, vous avez quand même partagé quelque chose de long et fort avec votre Sire... sauf qu'au son de votre voix et vos paroles j'en déduis qu'elle n'est plus de ce monde... C'est suite à cette perte que vous avez voulu redevenir anonyme?

Ses doigts longs et fins cessent de jouer avec les cartes alors qu'il se rassied un peu plus correctement, penchant la tête en arrière, et le silence plane quelques secondes avant qu'il ne reprenne la parole, bottant en touche pour revenir s'intéresser à ma personne, sincèrement curieux ou juste pour s'offrir une distraction, je ne sais. J'ai un léger rire en l'écoutant avant de me rasseoir un peu plus confortablement dans mon fauteuil.

Navré de vous décevoir mais ma famille était avant tout et surtout spécialisée dans la chasse aux loup-garous, même si comme tout membre de la Ligue qui se respecte, nous avons appris à affronter tous les types de créatures. Et pourquoi parlez vous de sentimentalisme? Je ne m'attaque aux créatures que lorsqu'elles posent problème, tout comme je les défendrai contre une attaque injustifiée... c'est à cela que j'ai prêté serment et c'est ce que je m'efforce de faire, jour après jour. Pourtant je ne suis qu'un simple humain et il me faut souvent de l'aide car seul je ne peux pas grand chose... Je fais ce que je peux avec ce que j'ai comme on dit... Et vous alors, pourquoi vous être tenu loin des registres de la Ligue? Elle ne vous aurait pas du tout empêché de continuer votre emploi ici... bien au contraire...

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