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 Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke

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Edgar A. Poe
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Message(#) Sujet: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Jeu 17 Mai - 22:45

Quoi de neuf Docteur ?
Zeke & Ed'
Je poussais un petit soupir. La lettre de mon éditeur était extrêmement déplaisante à lire. Je lui avais envoyé mon nouveau roman à la correction, et il avait souligné plusieurs passages de ce dernier. Me faisant remarquer que je manquais de connaissance médicalement parlant. Pourtant... C'était pas faute d'avoir cherché par tous les moyens un médecin légiste prêt à me recevoir. Je poussais un soupir, passant une main sur mon visage. Mon pacte avec le diable faisait que les romans que j'écrivais étaient vraiment sympathiques à lire et déchaînaient les passions... Mais des fautes aussi grossières ne devaient pas s'y trouver. Il me restait un unique hôpital où je ne m'étais pas rendu pour demander la permission d'y voir leur médecin légiste. Cette fois, je ne comptais pas faire comme les autres fois, je glissais une bourse bien fournie dans la poche de ma veste, enfilant mon chapeau et sortant ma plus belle canne. Mon démon personnel prit l'apparence d'une brume vaguement féline pour se glisser dans ma montre. A chaque fois, j'avais l'impression que cette dernière pesait beaucoup plus après qu'avant. Je supposais que la physique ne pouvait pas transformer un être en rien du tout. Il fallait bien un poids ajouté. Je sortis de chez moi, surprenant le regard de plusieurs curieux. Étant auteur de certains romans... Disons... Mystérieux et ésotérique... J'attirais les curieux, et ma dernière nouvelle n'arrangeait pas les choses. J'avais déjà retrouvé errant en pleine nuit autour de ma maison, un être vêtu d'un linceul noir et d'un masque rouge et sanglant. Sans compter qu'avec un fond de commerce aussi macabre... la rumeur courrait déjà comme quoi ma maison était la plus hantée du quartier, qu'un meurtre avait été perpétré là bas, et qu'il y avait des gens emmurés dans le sous sol. Les gens... oubliaient qu'il y avait les livres, et la réalité, et que la frontière entre les deux était bien réelle. Je fermais à clef ma porte, puis m'avançais. Toisant avec indifférence les badauds qui s'étaient agglutinés tel des vulgaires mollusques à ma grille.

« Mes chers amis, si vous voulez bien m'excuser, j'ai à faire. Et... il se trouve que vous m'empêchez d'ouvrir mon portail, alors... Merci de faire place. »


Ce fut la tête haute que je « fuis » mon domicile. Mais ce n'était qu'une facette, je n'aimais pas cette allure clinquante que prenait ma vie. Je ne parlais pas juste des idiots curieux, mais aussi des opportunistes qui se rapprochaient de moi dans l'espoir de pouvoir grapiller des miettes de succès et d'argent. L'argent... C'était ce que cherchait tout le monde ici. Si les gens voient que vous avez ce doux fumet et cette prestance qu'ont les gens qui ne sont pas dans le besoin, vous pouviez être sûr que vous aviez les vautours et les hyènes dans votre sillon. Mais... j'avais appris à me blinder, affronter le monde sans carapace, c'était courir à une mort certaine, c'était finir brisé, écartelé sur la place publique car, il n'y avait pas créature plus malsaine, violente et destructrice que l'homme. L'homme devait tout posséder, quitte à tuer pour l'avoir. L'homme tuait aussi pour des divergence d'opinion, l'homme tuait pour des territoires, et surtout... Surtout... l'homme tuait pour le plaisir... Cela me faisait froid dans le dos. Après une bonne demie heure de marche, j'arrivais à l’hôpital, où je glissais, par ci, par là, quelques shillings pour m'assurer un passage et une amnésie passagère des gens. La morgue était au sous sol. Les morgues, c'était toujours au sous sol.. Comme si en construisant les hôpitaux, les gens se disaient que la morgue devait forcément être au plus prêt de la dernière demeure de ses résidents... à deux pieds de l'enfer... Je descendais les escaliers nonchalamment, mon nez happant ces relents d'odeurs qu'ont tous les hôpitaux. Un mélange de miasme et de désinfectant sur une couche de puanteur humaine. Grand dieu... j'avais tout le respect du monde pour médecins et soignants. J'avais frappé à la porte de la morgue, patientant pour que quelqu'un puisse m'ouvrir, lorsque je vis finalement une tête sortir de l'embrasure de la porte. Mon regard ne put s'empêcher de glisser vers le petit interstice créer. Là... Se trouvait des sortes de casiers. Mais à défaut d'y trouver des vêtements ou des papiers... ils contenaient des gens. Ils attendaient leur dernière demeure, sans doute. Je fichais à nouveau mon regard gris dans celui de mon interlocuteur, retirant mon chapeau.

« Hm... bonjour, je... je me présente, Edgar Poe, je suis... Romancier. J'aurais besoin de vos services pour mon prochain livre. Je manque de connaissances médicales et... je me disais que je pourrais obtenir un peu d'aide de votre part et profiter de vos connaissances dans ce domaine. Si... Cela ne vous dérange pas. Il va de soit que.. une fois le travail finit, je vous ferais parvenir une copie du livre... »

Je n'étais pas vraiment à l'aise désormais avec les gens. Plus jeune... je l'avais été, mais ma période de dépendance à l'alcool m'avais laissé brisé, presque timide. J'eus quand même un vieux réflexe, laissant voir un sourire plein de charisme et d'assurance à mon interlocuteur.
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Ezéchiel Weiss
Enfant de le Nuit


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Message(#) Sujet: Re: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Dim 27 Mai - 19:35

What's new, Doc' ?
Edgar & Ezéchiel
Du bist das Schiff ich der Kapitän. Wohin soll denn die reise gehn'. Ich seh' im Spiegel dein Gesicht. Du liebst mich denn ich lieb' dich nicht. Ich tu dir weh. Tut mir nicht leid. Das tut dir gut. Hört wie es schreit

En parfait enfant de la nuit, en empereur des ombres rampantes d'une obscurité qui pourrait être immortelle si le règne de l'astre solaire arrivait à fin, je navigue au sein même des ténèbres de ce lieu qui n'est rien de plus qu'un autel à la gloire de la mort et de la putréfaction, un temple dédié à la beauté des chairs pourrissantes et des os grouillants  d'une vie qui n'existe que dans la décrépitude de ce qui un jour a eu le malheur de se penser éternel. Dans le néant, dans ce vide qui se fait l'espace, l'essence même de la morgue de cet hôpital au sein duquel je ne suis rien de plus qu'un invité qui vient s'y glisser pour récupérer quelques dossiers pour son employeur, je ne sème dans mon sillage pas un bruit, pas même un écho, un souvenir d'une respiration, pour mieux me faire l'agent de cet au-delà que tant craignent, cette apparition que certains pensent apercevoir au milieu de leurs rêves fiévreux, de leurs fantasmes interdits qui ne se révèlent à eux que lorsqu'ils sous l'emprise de substances qui permettent aux démons de mon genre de quitter leur torpeur pour mieux entreprendre de torturer les malheureux. Dans le silence, au milieu du vide, de cette nuit qui n'est pour moi que l'essence même d'une existence qui n'est sublimée que par l'éphémère nature de ceux qui croisent ma route, je me fais l'archange de l'instant, la Walkyrie qui quitte son royaume pour descendre au milieu d'un champ de ruine, l'amant de cette Faucheuse qui vient après elle, non pas pour consoler les âmes esseulées, mais pour profaner les carcasses inutiles de ceux qui ne laisseront derrière-eux que de la poussière et des souvenirs bien vite oubliés. En silence, je me fais en réalité le souverain de l'éternité, le dieu, presque, des trépassés. Du bout des doigts, après m'être assuré que je suis bien seul dans la morgue, je fais glisser le long de mes épaules mon manteau, l'abandonnant sur un porte-manteau pour mieux enfiler cette blouse qui pourrait presque être l'armure qui fièrement, se ferait l'étendards de mon savoir, la preuve qu'en ce monde, j'ai un pouvoir plus que divin. Pour cette réflexion, je ne peux retenir une esquisse de sourire alors que je m'approche d'un des casiers, l'ouvrant en grand pour tirer de son repos et de sa tranquillité, le cadavre d'une pauvre âme, d'une jeune femme visiblement, dont la gorge est dévorée par des cicatrices bleutées, que je viens effleurer du bout des doigts, presque tendrement, tandis que d'entre mes lèvres si délicieusement obscènes, il ne s'échappe qu'un murmure délicat.

"Pauvre enfant…"

Dans ma voix, il est difficile d'y déceler la moindre pitié, la moindre trace d'un réel attachement pour l'inconnue qui fut un jour, très certainement, une fille, une épouse, une mère et qui aujourd'hui n'est rien de plus qu'un amas de chair inutile, un assemblage complexe de muscles, de graisse, des nerfs et d'os qui forment la silhouette autrefois charmante d'une humaine qui a dû faire chavirer des coeurs, et pourtant, il est aisé d'y trouver une copie de cette tendresse qu'avait ma Sire pour ceux qui n'ont jamais été autre chose à mes yeux que des proies, ou des jouets qu'il était toujours amusant de briser. A ma manière, d'une façon bancale et peu convaincante, je tente de faire comme Bethsabée, d'être doux pour ceux qui ne sont plus, perpétuant de ce fait une habitude vaine qui comme à chaque fois, ne m'arrache ce soir qu'un soupir qui chasse mon sourire. J'ai longuement tenté d'être comme elle, de m'accrocher à cette humanité que j'ai délaissé lorsque j'ai accepté ce baiser glacé qui n'a laissé sur ma peau qu'un croissant de lune, que d'un vague revers de la main, je caresse furtivement la cicatrice au creux de mon coude avant de simplement retirer le draps sur le cadavre de la jeune femme, dévoilant de ce fait à mon regard son corps mutilé et déjà souillé de coutures et autres blessures qui forment des boursouflures le long des courbes de sa personne, donnant de ce fait l'étrange impression que tout ceci n'est que le résultats de baisers acides, d'attentions soufrées qui ont eu raison de sa beauté. Un instant, je me retrouve ainsi à contempler les offenses sur sa chair, à les effleurer du bout de mes doigts et à porter à mes lèvres ses phalanges comme pour lui promettre que je prendrais soin d'elle, qu'entre mes mains, elle ne sera jamais une simple commodité dont il faut percer les secrets, mais plutôt une occasion pour moi de tromper l'ennui, de trouver dans les entrelacs de ses entrailles, les réponses à des questions que personne ne peut avoir. Et quand mes excuses sont faites, murmurés au milieu d'un silence, d'un rien qui rendrait fou les vivants, je me saisis d'un scalpel, voilà que je suis interrompu par le bruit de phalanges contre la porte. D'un grognement, je fais part de mon mécontentement, et après quelques secondes à hésiter, je finis par abandonner ma patiente pour aller ouvrir la porte, ne l'entrouvrant que très légèrement afin de découvrir sur le pas de celle-ci, une silhouette étrangère, mais loin d'être désagréable à observer, qui de quelques mots, parvient à m'arracher un sourire, puis un haussement de sourcils que l'on trouve normalement chez les garnements qui aiment voir danser quelques flammes entre leurs doigts rongés par les erreurs du passé, avant de finalement déchirer le silence de ma voix feutré.

"Tout dépends… Pourriez-vous garder un secret ?"

Surement, dans ses prunelles, je perçois la détermination d'un homme qui n'a pas grand chose à perdre, ou qui plutôt, semble se savoir condamné d'une manière ou d'une autre, comme si dans les profondeurs de ses iris, se trouvaient les murmures de cet autre qui dans son ombre devait faire avec les choix douteux et douloureux de l'écrivain, qui face à moi, semble être écrasé par une timidité qu'en plus de ne pas comprendre, je tente de faire voler en éclats quand d'un clin d'oeil, je chasse ma dernière question, pour à la place, proprement me présenter au jeune homme.

"Nous allons dire que oui, je n'aimerais pas vous plonger un peu plus dans l'embarras, Monsieur Poe." J'offre ma main glacée à l'écrivain, sans me débarrasser du sourire qui loin de dévoiler ma dentition, est suffisamment charmant pour imprimer dans son esprit l'envie de ne jamais voir celui-ci se faner. "Ezéchiel Weiss. Doc…" De justesse, je me reprends. "Assistant du Docteur Van Helsing." D'un battement de cils, je tente de lui faire oublier ma maladresse alors que j'ouvre en grand la porte de la morgue, lui offrant ainsi la possibilité de contempler mon royaume. "Je vous en prie, entrez. Nous serons plus à l'aise pour discuter de ce dont vous avez besoin."

Sans plus attendre, sans chercher à l'attirer au sein même de mon antre, je recule ainsi, lui tournant le dos pour passer une main dans les boucles sauvages de ma crinière alors que j'écoute les battements de coeur de mon invité tout en m'empêchant d'humer son parfum, de crainte de trouver sur sa peau des fragrances délicates qui pourrait réveiller dans mes chairs des pulsions que je ne peux me permettre d'éprouver en cet instant. A nouveau, je me force à inspirer pour expirer avant de reprendre,  d'une voix faussement légère et enjouée.

"Je vais paraître grossier… Mais je n'ai pas l'impression d'avoir lu l'une de vos oeuvres Monsieur Poe. Peut-être pourriez-vous me donner quelques recommandations, afin que je rattrape mon impardonnable manque de culture."

Du coin de l'oeil, j'observe ma patiente, quelque peu curieux de voir la réaction à venir de l'âme sensible qui vient de se jeter dans l'étreinte de mes griffes.
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Edgar A. Poe
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Message(#) Sujet: Re: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Mar 5 Juin - 9:33

Quoi de neuf Docteur ?
Zeke & Ed'
J'ignorais encore si mon entreprise serait couronné de succès, ou sentirait à plein nez l'échec... En réalité, et pour la première fois depuis un bon moment, je me lançais dans l'inconnu. C'était comme retrouver une vieille connaissance, la redécouvrir, réapprendre les contours de son visage et tenter d'y trouver quelques similitudes. Oui... Cela faisait bien longtemps que je ne laissais plus de place à l'inconnu dans ma vie. J'étais assez réservé de base, et mes crises d'écritures m'empêchaient de sortir aussi souvent que je le voulais. J'avais pris mon courage à deux mains, et j'avais frappé à la porte. Sans grand espoir. J'avais été jeté partout où je m'étais présenté. Il fallait croire que c'était stupide, de chercher avant tout le réalisme. « Vous comprenez, les gens ne seront pas friand de ce genre de détail sordide » avait dit l'un des médecins à qui j'avais fais la requête. Alors que... pas du tout. Mon éditeur m'avais bien expliqué que c'était ce qui faisait vendre. Un meurtre, sur le papier, ce serait toujours... Sordide, peut importe ce que l'auteur y mettait. Un meurtre, dans un livre ou ailleurs, ça restait un meurtre, de quoi saisir d'épouvante et interloquer. Et... n'étais-je pas le maître de l'épouvante ? Le médecin entrouvrit la porte, ne laissant voir qu'un beau visage, délicat, et surtout relativement juvénile, malgré la légère pilosité faciale. Je lui fis ma requête en bonne et due forme. Usant de mots que j'avais répété cent fois devant mon beau miroir. Et ce n'était pas le fameux « ô miroir, mon beau miroir, dites moi que je suis le plus beau. ». J'eus une petite moue mi surprise mi penaude à sa réponse. Si je pouvais garder un secret ? Oui... De toute façon... A qui j'aurais pu le répéter ? Pluton ? Oscar ? Le squelette anatomique que je m'étais procuré pour comprendre un peu mieux le corps humain ? Non... Autant dire qu'à part un squelette dans mon placard, il n'y avait pas trop âme qui vive à qui j'aurais pu susurrer les plus inavouables des secrets. J'eus un petit sourire en coin.

« Ho... Si je vous dit que tombe est mon deuxième prénom, et muet mon premier... Cela vous conviendrait ? Plus sérieusement... Je ne vais pas vous dire que vous « pouvez avoir confiance en moi » vous ne me connaissez pas. Sachez juste que... je ne vois pas à qui je pourrais honnêtement raconter un quelconque secret. »


Et puis... à quoi bon s'intéresser aux petits secrets des autres ? Ma vie... S'écoule tellement vite... Elle semble me glisser entre les doigts. Et je sais... ô oui je sais, que d'ici huit petites années, il ne restera de moi qu'un corps sans vie, mort à l'âge canonique de quarante pauvres printemps. Moi ? J'étais à mi chemin entre la vie... Et la mort. Ce qui est positif quand on sait précisément quand on va mourir... C'est qu'on peut utiliser beaucoup plus d'énergie ailleurs, dans d'autres entreprises. L'homme perd... un temps incroyable à penser à l'heure de sa mort. La montre elle, n'attend pas qu'il ait finit de se perdre dans ses étranges introspections. Les aiguilles continuant de virevolter jusqu'au crépuscule de la vie. Je met un moment à retourner dans l'instant présent. Je suis assez rêveur, j'ai tendance à me perdre assez rapidement dans quelques rêveries idylliques, ou cauchemars conscients, selon le sujet.

« Vous êtes fort aimable. »


Il me tend sa main, que je serre dans la mienne, sa poigne est un tas de choses à la fois, on sent une force et une vigueur, mais aussi une certaine douceur... Et surtout... Sa main semble aussi froide que celle de la mort. C'est amusant... D'une certaine manière, pour un légiste, à croire que ces personnes ont... Un pied dans chaque plan, un dans la mort, et un autre dans la vie, piégé entre deux mondes, deux univers. Celui des vivants, et celui des morts. Il commence à se présenter comme docteur, puis finit par changer d'avis, se présentant comme assistant d'un docteur. En temps normal... cela aurait titillé ma curiosité maladive, et m'aurais questionné, j'aurais peut être farfouillé un peu de ce côté... Mais en le regardant... C'est comme si mon cerveau refusait de réfléchir à ça. Comme si il laissait s'éloigner cette idée... loin de moi, loin de tout, et qu'elle sombrait dans l'oublie. Je répond avec un sourire sincère, dans le fond.. Je suis relativement fier de moi. J'ai réussi à aller au devant des gens. Ce qui est... Une bonne chose ! Vraiment !

« Enchanté monsieur Weiss. »


Il m'ouvrit la porte de son antre mystérieuse, et je pu y voir des tables d'acier, ainsi que tout un matériel médical. Une odeur que j'apparentais à celle de la mort planait dans l'air, mais il n'y avait pas que cela. Les bouquets de fleurs disposés à quelques endroits me laissaient à penser qu'ils étaient positionné là pour que l'odeur omniprésente ne soit pas celui de la décrépitude. Il me reparle, je l'écoute, mais mon œil est déjà attiré vers le corps présent sur une des tables d'acier. Une jeune femme, du moins c'est ce que l'on devine. Un corps meurtri par la vie. Mais cette vision ne me choque pas vraiment. Son âme s'en est allé, et ne reste qu'une enveloppe charnelle, la même enveloppe qui restera, lorsque mon âme se sera envolé pour les tréfonds de l'enfer, je regarde ce corps avec une certaine rêverie pleine de mélancolie, avant de finalement regarder à nouveau mon interlocuteur.

« Ho... Non, vous n'êtes absolument pas grossier, je comprends. Je vais même faire mieux que vous donner quelques recommandations. »

Je sors de ma sacoche un petit livre relié de cuir, un ouvrage fin. Il s'agissait de mon recueil de Nouvelles histoires extraordinaires. Ce livre contenait un certain nombres de petites nouvelles, il avait reçu une bonne critique. Sur la couverture avait été découpé une silhouette de chat.

« Tenez, c'est mon dernier ouvrage. Je vous l'offre. Il est aussi extrêmement pratique pour caler les meubles bancales. »


Un petit sourire s'affiche alors sur mon visage, avant de finalement laisser mon regard vaquer vers la jeune femme, sans doute plus jeune que moi, et déjà revenue à l'état de carcasse vide. La légende du Golem n'était au final qu'une métaphore de la vie. Nous étions des cocons d'argile abritant la vie. Et quand elle nous quittait, nous redevenions argile.

« Excusez ma question, mais cela m'intrigue... Qu'est-ce qui a précipité cette pauvre enfant dans le repos éternel ? »




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Ezéchiel Weiss
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Message(#) Sujet: Re: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Lun 11 Juin - 16:14

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L'odeur du cuir envahit mes sens avant même que le jeune écrivain ne vienne placer entre mes doigts cet ouvrage qu'il dit être le condensé parfait de cette prose qui est le sienne. Dans le creux de ma paume, j'accueille le recueil sur la couverture duquel je laisse un instant mon regard courir tandis que j'esquisse un sourire pour celui qui cache derrière un trait d'esprit faussement léger, un manque flagrant de confiance en lui. Un instant, je fais je feuillette le livre, arrachant de ce fait aux nombreuses pages un chant discret tandis que d'entre mes lèvres, il s'échappe un ronronnement suave qui n'a pas sa place au sein de ce sanctuaire de l'au-delà.

"Allons, ne dîtes pas ça. Pas un meuble bancale ne mérite un ouvrage qui a été écrit par un coeur passionné qui ne demande qu'à s'exprimer." J'offre un léger sourire à mon invité de cette douce soirée alors qu'un instant, j'amène son oeuvre jusqu'à mon coeur, le remerciant au travers de ce geste étrangement enfantin. "Sans compter que pour mes meubles bancales, je préfère user des bibles qu'on ne cesse de vouloir me donner."

Soit-disant parce que j'ai l'air d'avoir le diable au corps quand ce n'est pas un mauvais présage à lui tout seul qui semble coller à ma peau d'opale. Mais cela, je le garde pour moi tandis que je me détourne de l'écrivain pour aller déposer son présent fort précieux sur une table, bien loin du sang et des entrailles de ceux qui reçoivent ici les dernières caresses des vivants, les derniers hommages de ceux qui ne peuvent prier de ne jamais se retrouver ici de manière prématuré. Ainsi, dos à l'homme, le temps de mettre à l'abri le livre, je lui laisse le plaisir de mieux embrasser du regard mon royaume, de mieux saisir de ses prunelles le respect qui doit d'ores et déjà frappé son âme avec une violence qui n'a rien de douloureuse et qui pourtant parvient à créer dans la chair un frisson d'humilité auquel on finit par s'habituer. De ce fait, j'admets presque être surpris quand la première réaction de monsieur Poe est de me demander la cause du décès de la victime et non de répandre sur le sol le contenu de son estomac, et si un instant j'en suis surpris, j'admets être à la seconde suivante ravi de rencontrer un humain attiré par ce qui fait l'essence même de son existence, cette fatalité désolante qui pourtant ne les empêche pas d'être. Vers lui, toujours vêtu de ma blouse, je reviens donc, me glissant dans son dos pour mieux permettre à mes mots de trouver leur chemin jusqu'à sa nuque.

"Difficile à dire. Facile à supposer cependant." Je penche la tête sur le côté alors que mon regard se porte à nouveau sur la pauvre femme qui en cet instant, perd toute humanité pour n'être rien de plus que l'objet de notre curiosité partagée. "Vous voyez les marques violacées autour de sa gorge, juste en dessous de son menton ?" Je sors de l'ombre de l'écrivain pour mieux venir me pencher sur le cadavre, dont je relève légèrement la tête du bout des doigts. "Ce sont des marques de strangulation. Et vu la forme de celles-ci... Je dirais que celui ou celle qui en est à l'origine devait se tenir au-dessus d'elle... Après... Je ne pourrais pas dire si c'est cela qui l'a tué." A cette réflexion, j'esquisse une petite moue boudeuse, une que l'on retrouve normalement chez les enfants qui se retrouvent face à une corvée loin d'être amusante. "Pour cela il faudrait vérifier si la trachée a été fracturée, si ses yeux sont gorgés de sang... Bref, il me faudrait l'examiner plus en détail..."

Il me faudrait défaire le travail d'un autre, arracher les sutures grossières pour apprendre ce que dont je pourrais m'informer en ouvrant un dossier surement rédigé à la va-vite par quelqu'un qui ne voulait pas perdre son temps avec une éclopée de la vie, une misérable, surement, qui dans la vie devait n'être rien de plus qu'un visage dans la foule et qui aujourd'hui n'est rien de plus qu'un numéro dans une pile de rapports d'autopsie. Du bout des doigts, j'effleure les différentes cicatrices en un geste presque songeur tandis que derrière la barrière de mes longs cils, je décortique la moindre nuance qui compose chacune des ecchymoses qui sont les siennes, cherchant dans les motifs abstraits de ses blessures, une beauté que peut son capables de voir, de déceler tant ils sont obnubilés par des canons factices et changeants d'une esthétique forcément biaisée. Durant de longues seconde, je conserve ainsi un silence presque religieux et teinté d'un respect que je n'éprouve qu'en compagnie des restes de ceux qui auraient pu être les miens si Bethsabée n'était jamais venue me chercher, avant de finalement rompre mon receuillement pour à nouveau me tourner vers cet invité que je délaisse sans réellement m'en rendre compte.

"Que diriez-vous de m'aider, Edgar ?"

La question est rhétorique, une fois de plus, et ainsi, sans attendre, je débarrasse mon hôte de ses affaires, faisant glisser le long de ses épaules son manteau avant de commencer à énumérer ce pour quoi je vais avoir besoin de sa présence. "Remontez vos manche, retirez le moindre bijou que vous pourriez avoir et... Je vais vous apporter une cuvette au cas-où." Je plisse un peu le nez avant d'ajouter. "J'espère que vous avez l'estomac plein. Oh et... Prenez une blouse. Je m'occupe du reste."

Sur une table, je dépose ses affaires avant d'aller préparer les instruments pour cette fine boucherie à laquelle nous allons nous adonner, déposant scalpels et crochets avec une douceur qui n'appartient qu'à l'être soucieux de faire proprement ce qui est tout de même une déviance de sa personne, un passe-temps étrange qui dégoûtait sans peine cette Sire qui a fini par disparaître, emportant avec elle peut-être, le peu d'humanité qui résidait encore dans son coeur. A cette pensée, je n'ai rien de plus qu'un pincement de lèvres alors que j'ajoute, plus doucement cette fois-ci.

"Au fait, vous disiez avoir des questions..."
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Edgar A. Poe
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Message(#) Sujet: Re: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Lun 18 Juin - 18:36

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Je lui offrit un de mes romans, c'était le minimum, pour tout dire... Celui là... je l'avais en cinq exemplaires différents, tous pourvus de couvertures différentes. Qu'est-ce que je pouvais bien faire d'autant d'exemplaires de mon livre ? Mon humble présent semble lui faire plaisir. Et c'est tant mieux. Si aucun de nous ne repartait bredouille de cette entrevue, ce serait tant mieux.

« Vous savez, ce n'est pas l'avis de tout le monde. Il paraît que mes écrits sont diablement peu orthodoxe à en croire certains, mais je suis ravis d'entendre que mon œuvre ne servira pas à caler une commode. J'aurais préféré une bibliothèque personnellement, histoire de rester dans le thème. »

J'eus un petit rire sans joie à l'évocation de la bible, notant cette habitude bien étrange qu'il eut de porter mon livre à son cœur. Étrange, mais aussi typiquement attachant. Il fallait croire que mon interlocuteur était expressif... D'un genre non verbal.

« Alors vous aussi vous faites collection ? Le révérant de l'église du coin ne cesse de me menacer d’excommunication et de m'offrir bibles sur bibles. Il paraît que j'emprunte le chemin du diable. Au moins... ça nous fait un point commun. J'imagine que vos pratiques de légistes vous exposent aux mêmes genres de critiques de la part des ecclésiastes et de leurs pairs. »


Alors qu'il s’éloignait, j'eus le loisir de tout observer, mon regard scrutateur se posait partout. Et moi, mon cadavre, dans quel état on le retrouverait ? Peut être que ce sera même cet homme que j'ai en face de moi qui pratiquera l'autopsie, qui sait... Tout y était froid, métallique... Le touché de la mort était partout, j'en avais l'impression, elle avait scellé les lèvres des occupants de ce lieu d'un doigt squelettique, les avaient forcés à garder les yeux ouverts pour regarder un tout dernier spectacle des plus surréels. Le commun des mortels devaient se sentir mal à l'aise avec cet endroit. Chez moi... il ne faisait pas naître grand chose. Un léger sentiment d'étrangeté, mais cela s'arrêtait ici. Je savais qu'il n'y avait rien qui allait me sauter au visage. Enfin... A part peut être le jeune assistant du légiste si il lui en prenait l'envie. Et puis ces yeux morts que j'observais depuis tout à l'heure... J'avais déjà vu des cadavres auparavant. Un peu trop pour être déstabilisé, j'avais du enterrer mon père, ma mère, mon frère, ma sœur, ma femme. Je semais la mort partout où je passais depuis bien trop longtemps malheureusement. Mais aussi étrange et surréel qu'est ce lieu, il y règne néanmoins une quiétude qui force le respect. Il faut conserver le repos des morts. Certains diront « ce ne sont que des corps sans vie ». Des coquilles vides, sans âmes. Mais j'avais été bien éduqué par ma mère adoptive. Il fallait respecter les morts et leur antre. Mais une question vient finalement déceler mes lèvres, et bien vite j'ai ma réponse. Je l'écoute attentivement. Il me parla de marque violacées, je m'en approchais pour les voir de mes yeux, relevant les mirettes pour observer mon interlocuteur, pouvant réellement les apercevoir que lorsque mon hôte soulève le menton du cadavre frai, effectivement, elles étaient là, zébrures violettes sur une peau pâle et froide, semblant imprimées sur sa peau. C'était comme si sa peau était d'argile et avait été creusée, travaillée, c'était intrigant. J'en avais déjà vues, des marques de strangulation avant. C'était un soir où j'avais particulièrement bu suite au décès de ma femme, je m'étais battu ce soir là, et j'avais faillis finir entre quatre planches lorsque mon adversaire m'avais étranglé.

« Hm... Si on l'avait étranglée à main nue, ce n'est qu'une supposition, mais... Ne pensez vous pas qu'il devrait y avoir la présence des mains du bourreau ? Aux vues des marques laissées, cela ne pourrait pas être une corde ? C... »


Je n'eus pas le temps de poser ma question que déjà il y répondait. Qu'est-ce qui montre que quelqu'un a succombé suite à une strangulation ? D'après notre cher ami, il suffisait de vérifier une fracture de la trachée, et l'état des yeux. Je sors de ma poche un petit carnet.

« Je me permet de noter ce que vous me dites. Il paraît que mes romans manquent de réalisme vis à vis du corps humain. C'est un reproche qui est souvent fait, d'après mon éditeur, par mes lecteurs. »


Je range le carnet sans rien dire, replongeant dans l'observation du corps. Certains seraient sans doute choqués, outrés, malades. Moi... Je ne me sentais pas particulièrement chagriné. Le silence étant ses longs bras, en ce début de soirée, prenant ses aises. Mais cela ne me dérange pas, je l'accueil à bras ouverts. Le silence... Il m'accompagne depuis que je suis tout jeune. Compagnon dans l'éternel. Le seul qui m'accompagnera sans doute dans la mort, et si mon interlocuteur fait silence, alors je respecte ce choix. Je lançais finalement un regard curieux sur lui quand il me demanda de l'aide. De l'aide pour quoi ?

« Je... »


Le reste de ma phrase s'étrangla au fin fond de ma gorge, alors que mes affaires m'étaient bien vites retirées sans que je m'en rende compte, exécutant ce qu'il me demandais, relevant mes manches. Pour les bijoux, c'était plus facile, je portais mon alliance et celle de ma femme sur une chaîne, autour de mon cou, et je n'avais aucun autre bijoux sur moi.

« Une cuvette ? »

J'eus un nouvel instant de silence, ne disant pas un mot, réfléchissant, cogitant pour savoir à quoi allait bien pouvoir servir cette diable de bassine. Avant de tirer une drôle de tête.

« Ha.. .Vous avez peur que je rende mon petit déjeuné ? J'ose espérer que je suis assez solide pour ne pas avoir à me servir de cela. »

Je fis comme il me demandais, j'enfilais une blouse que je fermais avec application, laissant mes mains habiles fermer méticuleusement chaque bouton, un petit rictus s'étala sur mon visage, un rictus sans joie lorsque je vis les ustensiles. C'était les mêmes que ceux que j'avais vu, quand on m'avais demandé d'aller à la morgue, bien des années plus tôt, pour reconnaître ma femme. Sortant de ma rêverie grâce aux mots magiques prononcés par l'hôte de ce lieu si particulier.

« Des questions... hé bien vous êtes en train d'y répondre. Grâce à vous je révise mon anatomie et... J'en apprend un peu plus sur la mort. C'est ce qu'il me fallait, alors... C'est parfait, en plus, je dois avouer que je suis très curieux. »


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Message(#) Sujet: Re: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Mer 20 Juin - 14:31

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Entre mes doigts, les différents instruments captent un instant l'éclat de cette lumière artificielle qui donne à ma peau une teinte lugubre, un nuance délicate qui loin de mettre en avant ce physique que Bethsabée disait avantageux, donne au contraire l'impression que de porcelaine je suis fait et qu'à tout instant, je ne transcende cette enveloppe humaine dans laquelle que je m'efforce d'exister, pour n'être rien de plus que cet agent de la mort que l'écrivain dit vouloir en percer le moindre secret. Sur mes lèvres, à cet aveu qui aurait peut-être dérangé plus d'un des médecins qui d'ordinaire travaillent ici, se dessine un sourire que je ne tente pas de ravaler et qui au contraire, devient même un léger rire, un gloussement discret et étrangement élégant, qui entre les quatre murs de ce royaume de l'au-delà, semble avoir sa place.

"Je vois. Vous êtes donc un vrai curieux..."


D'un battement de cils, je chasse la poussière qui tente de se poser sur la courbe de ma cornée tandis que je termine de déposer sur le plateau qui me fait face, l'ultime scalpel.

"C'est de plus en plus rare."

Je marque une légère pause, le temps d'apporter à la table d'opération tout le matériel dont nous pourrions avoir besoin. Ainsi, de nouveau aux côtés de mon assistant de fortune, je m'autorise à pousser un soupir des plus fictifs tandis que mes prunelles sombres se perdent sans la moindre discrétion sur la silhouette gracile et encore juvénile d'un homme qui pourtant, doit se penser mon aîné. Le temps d'une seconde, d'un instant trop court peut-être pour lui mais qui semble se faire une bien longue éternité à mes yeux, je me permets d'admirer la courbe de ses épaules, le tracé de cette mâchoire que j'aimerais tant effleurer du bout de mes doigts, me perdant ainsi dans un fantasme silencieux, une rêverie doucereuse, qui bientôt, imprime sur mes rétines les envies terribles qui sont les miennes, celles qui me murmurent qu'il ferait une belle victime. Un si beau spécimen que je pourrais  disséquer selon mes désirs, qui pour mes crocs qui se feraient les outils chirurgicaux d'une pulsion puissante, d'un acte charnel unique qui ne lui serait fatal qu'uniquement si il me suppliait de mettre fin à cette existence si vaine. Oh, pour ses lèvres, cet air torturé et pour la douceur de cette mélancolie qui se fait chez lui une aura dont je m'envelopperais presque, je pourrais tout faire, tout donner, tout exiger. Je pourrais tuer, m'abaisser à prétendre aimer, me faire violent et pourtant, en cette nuit, je ne fais rien de tout ça. A la place, je me contente d'esquisser un sourire et d'enfin murmurer quelques mots qui mettent un terme au règne du silence.

"Les gens deviennent de plus en plus pudique face à la mort vous savez... Ils aiment l'éviter, l'ignorer en espérant que celle-ci cesse d'être, se faisant ainsi comme des enfants qui se couvrent les yeux dans l'espoir de ne pas contempler la laideur de ce monde."

Du bout de mes doigts, j'attrape un scalpel dont le bout de la lame vient rapidement trouver la chair boursouflée de la patiente, pour ainsi déposer sur sa gorge un baiser sanglant, une douce attention qui devient bien vite une plaie qui ne saigne pas, une ouverture absurde sur son anatomie dans la laquelle je glisse bien rapidement la pointe de mes ciseaux pour mieux terminer de lacérer les tissus mous qui protègent cette trachée que je trouve finalement au milieu des sanguinolente couches de son être. D'un claquement de ma langue contre mes crocs, je fais part de l'étrange déception qui s'empare de moi quand je découvre, alors que j'ai mes doigts enfoncés jusqu'aux phalanges quand ce qui fut un jour la gorge d'une belle femme, ou tout du moins d'une charmante enfant, que la trachée est intacte. Contrarié, je grogne alors.

"La trachée n'a rien. Voyez ? C'est ce qui est juste là, entre les différents muscles. Ici il y a le sternothyreoideus, c'est un des muscles qui permet à notre tête de tenir sur nos épaules. Si vous remontez un peu..." Du bout des doigts je désigne une autre partie blanche dont l'éclat est bien dérangeant au milieu de ce sang, donnant l'impression que l'immense tube gélatineux, en plus d'être poisseux d'un sang qui s'est épaissis, ne demande qu'à quitter cet entrelacement de chair et de muscles en phase de décomposition à venir. "Vous trouverez le larynx... Et juste au-dessus... L'os hyoïde. Qui normalement, si il est fracturé est la preuve que la strangulation a été fatale. Et pour faire simple... C'est l'os qui soutient votre langue et tout les muscles dont vous avez besoin pour déglutir." Je retire mes doigts de la gorge de la jeune femme pour mieux effleurer le poignet de l'écrivain, et ainsi guider sa main jusque dans les profondeurs de cette chair offerte, permettant de ce fait à ses doigts se toucher cet os qui se trouve juste sous le menton. "Le seul moyen de le briser, bien sûr... C'est en se faisant étrangler. Et pas de la manière la plus plaisante." J'esquisse un léger sourire avant de lâcher sa personne et ainsi essuyer mes doigts sur ma blouse. "Ce qui est étrange, c'est qu'il n'est pas brisé. Tout est à sa place... Malgré les marques de cordes sur sa gorge... " Je me retiens de soupirer et à la place, pose mes prunelles sur mon assistant, laissant celles-ci glisser délicatement le long de son anatomie plus aguicheuse et alléchante que celle du cadavre autour duquel nous nous penchons. "Il est possible que son agresseur n'ait pas serré suffisamment fort. Ou alors..." Je prends un instant pour y songer. "Si il était face à elle... Il aurait serré les deux artères et c'est l'asphyxie qui aurait eu raison d'elle." Sur ma blouse, je continue d'essuyer le sang qui poisse mes phalanges alors que le regard désormais dans le vide, je songe à cette mort qui fut la sienne, à cette lente douleur qui a du l'étreindre et aux cris qu'elle aurait aimé poussé. Pour elle, j'ai une pensée tandis qu'au creux même de mon être, je me retrouve à subir le murmure étrange de cette faim qui s'éveille au rythme des battements de coeur de mon hôte.
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Message(#) Sujet: Re: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Mer 11 Juil - 22:19

Quoi de neuf Docteur ?
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Il n'y avait que nous de vivant en ce lieu, nous deux. Cela donnait à la pièce une impression de calme et de sérénité qu'il ne fallait absolument pas profaner, mais nous ne nous gênions pas pour le faire. Certains disaient que les âmes des défunts allaient sans doute nous poursuivre sur trois générations, moi je pensais surtout qu'à la mort, aucune âme ne subsistait.

« Oui, c'est mon plus vilain défaut d'après la femme qui m'a élevée. »


Un petit sourire vint flotter sur mes lèvres. La femme qui m'avait adopté était adorable et s'était efforcé de m'élever du mieux qu'elle pouvait. Aujourd'hui, son mari s'était remarié à une épouvantable femme qui aurait pu être ma petite sœur, et j'avais été chassé du foyer, ainsi que du testament du vieux fou, pour lui « je n'existait plus ». Parfois... C'était blessant d'être rayé de la vie de quelqu'un, et d'autres fois, ce n'était pas si mal. Alors que ma tête prend à elle seule mille direction, je ne le perd pas du regard, je voyant préparer avec milles précautions son matériel, poser scalpels après scalpels sur un simple petit plateau métallique qu réverbérait la lumière pâle qui traînait dans quelques recoins de la pièce. Il reprit la parole me parlant du regard du monde face à la mort, et alors que je me contentais de hausser les épaules, je finis par lui répondre de ma voix douce et calme.

« Les gens de nos jours ont une relation plus que spéciale avec elle, effectivement. Mais elle fait partie de notre vie... C'est une étape qu'on se doit tous de franchir. J'ai enterré trop de personnes pour réellement avoir peur d'elle. C'est un peu une vieille amie que je croise régulièrement. Les gens qui ne sont pas confrontés à « la laideur de ce monde » ne peuvent réellement prétendre vivre dedans, tout au plus, ils passent leur vie à rêver éveillés. »


En réalité, la vie ne m'avais pas épargné un seul instant, j'avais été plus de cinq ans dans l'armée, j'avais donc vu au cours des guerres mon lot de morts, j'avais également enterrer mon père et ma mère dans ma jeunesse, et plus tard, ma mère adoptive, mon frère et ma sœur. Puis pour finir... Ma femme. Certains diront que le sort s'acharne sur moi, d'autre que c'est ma destiné, moi j'ai fais front, et j'ai encaissé, j'ai finis par comprendre que quelque chose clochait peut être chez moi. Peut être quelque chose qui jouait et s'amusait bien de ma petite personne, et je m'amusais, moi, à ne rien lui montrer, à ne montrer aucune failles, certes, il m'arrivait de me noyer au fond de certains verres, des fois, mais pour le reste, je tenais bon. Je le vis soudain attraper un scalpel, la lame venant découper la chaire de la jeune femme. Le rouge pourpre de sa chaire contrastait incroyablement avec la pâleur de sa peau qui était par endroit couvert de sutures vraiment grossière, laissant sa peau bosselé, je savais que le soin donné aux morts était beaucoup moins poussé et chirurgical que celui donné aux vivants, et après tout... C'était sans doute normal. Les morts n'étaient que des corps d'une certaine manière
Le jeune homme sembla fort embêté lorsqu'il tâta ce qui se trouvait dans la gorge de la jeune femme. Il me donna quelques explications, et je dois avouer que j'étais tellement captivé, que j'avais renoncé à prendre des notes, la suite, je la rédigerai de mémoire. J'avais bonne mémoire, du moins en théorie. Il me montra la trachée, qui n'était pas écrasé, c'était étrange... C'était... La pâleur pure dans un océan de pourpre tragique, et les doigts du jeune médecin se déplaçaient sur le cartilage avec une infinie délicatesse. Le corps était tout de même impressionnant... Il m'explique encore de nombreuses choses sur le corps humain et les partes si nombreuses qui composent notre cou, sa main poisseuse de sang vient chercher mon poignet et je me laisse mener ma main dans cette gorge béante, sentant le fameux os sous mes doigts, je l’effleure du bout de ceux ci, le trouvant lisse et intacte.

« Elle n'est donc pas morte des suites d'une strangulation...Mais... Alors de quoi ? »


Je récupère ma main, l'essuyant distraitement à la blouse que l'on m'a prêté, réfléchissant, me plongeant dans mes pensées.

« Peut être... Qu'elle a été étranglée jusqu'à ce qu'elle manque d'oxygène et s'évanouisse. C'est une bonne méthode pour neutraliser quelqu'un non ? »

Je me fis songeur, mon cerveau partant dans tous les sens, attrapant une pensée, avant de la laisser filer, en prenant une deuxième, avant de faire de même. Mon regard curieux surpris un instant le regard du médecin posé sur moi, mais il ne s'en formalisa pas. J'étais observateur, je regardais les gens en permanence, cherchant des détails de leur anatomie qui les rendaient uniques, cherchant inspiration pour mes romans, alors mon regard était toujours porté sur les gens, cela ne me choquais pas de voir quelqu'un faire de même. Ainsi plongé dans les méandres de mon intellect, j'étais sourd au reste de l'univers, murmurant ensuite.

« Que doit-on vérifier pour la thèse de l'asphyxie ? Quelle partie du corps pourrait avoir été touchée ? »


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Message(#) Sujet: Re: Quoi de neuf Docteur ? |Ft Zeke Lun 3 Sep - 0:31

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"Une bonne méthode ? Oui..."

Les yeux désormais clos, je penche la tête sur le côté, tantôt à droite, tantôt à gauche alors que mon esprit vagabonde au loin, répondant lui aussi à l'appel de ce prédateur qui un instant a pris possession de mon corps pour offrir au jeune humain l'affirmation qui désormais flotte dans l'air et se fait rien de plus que l'écho d'une idée lugubre, d'un concept morbide qui effraie les vivants et qui en cette nuit réveille en moi le désir de ne plus jamais redevenir ce que je n'ai jamais voulu devenir, à savoir cet enfant trop sage qui accepte de vivre dans l'ombre d'une société humaine qui n'est au final qu'un troupeau voué un jour à tomber du haut de la falaise. Un instant, je vogue ainsi au milieu de différentes impressions, de nombreuses sensations qui toutes se mêlent pour mieux devenir ce son pensif qui s'échappe d'entre mes lèvres et qui finit par devenir autant une réponse à ses questions pertinentes qu'une ouverture sur tout ce qui peut exister au sein-même de ma frêle silhouette faussement innocente.

"La strangulation a ses avantages je dois avouer. Si elle ne tue pas, elle neutralise une proie pendant plusieurs minutes, la plongeant dans une inconscience presque bénie." De ma langue, je viens taquiner la pointe de mes crocs avant de reprendre. "Le corps et l'esprit ne réalisent pas qu'ils sont en danger, le coeur lui-même ralentit ainsi que la respiration… Et même si la victime se réveille, il lui faudra de longues minutes pour se remettre de l'évanouissement."

C'est une faiblesse mécanique de la chair qui est presque agaçante à observer régulièrement sur la peau de ceux qui ont le malheur de terminer sur l'une des tables de cet établissement, qui loin d'être le tombeau doré dont tout les hommes rêvent, n'est rien de plus qu'un temple érigé à la gloire même de la nécrose et de la décomposition. C'est un travers pour lequel je n'ai qu'un mépris que je me retiens de partager avec mon visiteur nocturne, préférant à la place feindre un soupir qui n'a rien de naturel alors que du bout de mon index ensanglanté, je désigne le visage livide de la jeune inconnue.

"Si l'asphyxie est mortelle, on cherche normalement pour du sang dans le blanc des yeux ou pour une cyanose des lèvres…" Je marque une légère pause. "Une coloration bleutée voir violacées de celles-ci. On peut l'observer là, sur sa bouche. Mais est-ce que ça prouve l'asphyxie ? Oui et non. Cela prouve simplement que la victime a eu, à un moment, un déficit d'oxygène dans le sang."

A nouveau, je retire ma main, restant ainsi là face à ce cadavre alors que sur ma peau d'albâtre, le sang commence déjà à sécher, incrustant de ce fait les pores de ma peau d'une odeur qui toute la nuit va me donner envie d'aller me rouler dans la terre battue pour enlever de ma personne la senteur cuivrée qui déjà sature mes sens et assèche mon palais. Ainsi, désormais mutique et visiblement plongé dans une réflexion presque intense, je m'efface presque aux côtés de l'écrivain, pour lequel j'ai finalement un murmure résigné.

"Les autopsies sont souvent frustrantes. Ce n'est pas si miraculeux que ça et parfois… Tout les signes ne sont pas là."


De la table je me détourne, afin de me saisir d'une aiguille et d'un fil épais afin de refermer cette plaie béante qui enlaidie cette gorge autrefois tentante. Du bout des doigts, je tente de forcer la chair à recréer ce qu'elle a été autrefois avant d'entamer mon long travail de couture, qui loin d'être complètement esthétique, se fait surtout une maigre tentative pour réparer ce qui n'est plus bon qu'à disparaître, qu'à s'effriter pour n'être rien de plus que les fragments d'une chair qui ne sera jamais plus que des souvenirs, qu'une vague silhouette dans l'esprit incertain de quelques personnes. Mon travail n'est en cet instant rien d'un art qui pourrait être apprécié ou admiré mais tout d'une pratique presque archaïque qui aujourd'hui se fait un privilège, un don enseigné à une élite humaine qui espère un jour vaincre cette mort qu'ils ne voient que trop tard comme une libération. Voilà c'est qu'est mon oeuvre ce soir, rien de plus qu'une offrande à cette fatalité qui un jour sera en mesure de me retrouver et de m'emporter à mon tour dans ce lieu au sein duquel m'attend très certainement Bethsabée. De ça, je pourrais m'inquiéter, ou peut-être me désoler mais je n'en fais rien, surement trop concentré sur la danse qu'exécute l'aiguille dans la chair déjà puante de la patiente ou trop effrayé par la simple possibilité qu'à la fin de ma longue existence je puisse affronter ceux que j'ai offensé, ceux qui ont pu souffrir pour satisfaire mes plaisirs les plus malsains. Tout ça, j'ignore alors que je chasse le silence de quelques mots dont le sens m'échappe presque tant ils sont volatiles entre mes lèvres, se faisant comme les volutes d'un tabac fumé ou les vapeurs d'un alcool fraîchement versé.

"Enfin, ils ne sont pas tous passionnants. Toutes les morts ne valent pas que l'on se penche dessus. Certains auraient dû juste..." Un ange passe tandis que je tire presque fermement sur le fil, afin de cacher cette trachée sanguinolente. "... Finir en terre et avoir les hommages qui n'appartiennent qu'à eux."

Les derniers points je pose sous le menton de la jeune femme avant de couper le fil et ainsi reculer pour poser un oeil critique sur mon travail de ce soir, ayant de ce fait rien de plus qu'une moue enfantine qui donne l'impression que je boude.

"Je ne sais pas ce que vous cherchiez réellement..." J'esquisse un léger sourire avant de me tourner vers l'écrivain. "... Pour votre prochain roman. Ou nouvelle. Peut-être vouliez-vous quelque chose de plus sanglant ? Ou peut-être de plus étrange..." Mon sourire s'élargit et bientôt c'est presque la pointe de mes crocs qui se dévoile au regard des curieux qui pourraient chercher à soulever le voile de cette fausse humanité que je m'efforce sans cesse d'endosser. "Dites-moi... Peut-être ai-je de quoi satisfaire votre besoin de réalisme."
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