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 Always speak politely to an enraged dragon [Pv : F. Sombreval

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Elizabeth Lavenza

Message(#) Sujet: Always speak politely to an enraged dragon [Pv : F. Sombreval Dim 20 Mai - 19:28


"Always speak politely to an enraged dragon" ft. Flavien Sombreval

Tu veux des pièces ? Des pièces de quel type ? De la monnaie ?

Victor secoue la tête et soupire légèrement, un fin sourire au coin des lèvres. Je penche la tête sur le côté, essayant en vain de comprendre l’expression sur son visage. Ses grands yeux me fixent, ils semblent brillants. Le sourire n’a pas quitté ses lèvres, toujours plissé sur le côté, lui traçant une ride sous la pommette. Ca lui donne d’avantage de charme selon moi. Je n’y connais pas grand chose en charme ou en beauté en réalité. Peut-être est-ce ainsi qu’il m’a faite, souhaitant que je ne vois que lui, comme le faisait ma "prédécesseur". Peut-être est-ce ce qu’Elizabeth ressentait pour lui qui influence ce que je pense. Je le vois comme un Sauveur, un être exceptionnel et de loin supérieur à quiconque. Je sais mon opinion biaisée malgré tout. J’hausse les épaules alors qu’il m’explique ce qu’il veut réellement. Il me donne le plus de détails possibles, comprenant que j’ai besoin de me faire une idée de précise de ce qu’il veut afin que je le lui ramène. Il veut des rouages, de petites plaques de métal, du zinc et d’autres choses encore qui pourrait servir pour créer un nouvel automate. Pendant qu’il note tout cela sur un morceau de papier, je garde la tête penchée sur le côté.

Ne fais pas cette tête, ce sont des pièces de remplacements pour toi. Je préfère être prévoyant, surtout après ta dernière mésaventure.

Je plisse les lèvres dans une moue coupable. Je sais parfaitement à quoi il fait allusion. Ma rencontre avec Monsieur Finn. Ou plutôt ma rencontre avec sa jument. Une rencontre des plus violentes. J’aurais pu sentir quelque chose que ça aurait été des plus douloureux, à n’en pas douter. Pour une fois, j’avais été heureuse de ne pas avoir de système nerveux.

Je me saisis du papier gribouillé et m’empresse d’aller dans la chambre pour me vêtir. J’enfile cette robe que j’ai choisi toute seule, comme une vraie personne. Victor avait confirmé qu’elle m’allait à merveille. Evidemment, il ne l’avait pas dit de cette façon, mais l’intention y était. Je souris à cette pensée alors que je me prépare rapidement. Le soleil n’est pas loin de se coucher et les boutiques ne tarderaient pas à fermer. Quelle idée de m’y envoyer une heure aussi tardive…

Prête, je le salue à travers la porte et enfile le manteau que je porte si souvent. Evidemment, je l’ai rafistolé avant de pouvoir le remettre. Sautillant presque de prendre de nouveau un peu l’air, je fais plusieurs boutiques afin de trouver ce que le scientifique m’a demandé. Chose pas si aisée. Finalement, je décide de trouver Juniper. Je sais qu’avec lui, je suis sûre de trouver tout ce dont Frankenstein a besoin. Même s’il n’a pas tout dans la seconde, je sais qu’il les trouvera rapidement et que je pourrais le solliciter de nouveau pour les récupérer. Ce jeune homme est très efficace malgré son apparence juvénile. Je parviens à le trouver à l’endroit habituel. Je lui explique mon problème qui n’en est pas réellement un et lui donne le morceau de papier que j’avais rangé dans la poche de mon manteau. Il prend un moment pour tenter de décoder l’écriture abominable de mon ancien fiancé. Voyant qu’il met plus de temps que prévu, je lui déchiffre le tout, précisant que j’avais déjà trouvé les plaques de métal. Il soupire comme soulagé que je lui fasse la traduction et acquiesce. Il m’informe que je pourrais le retrouver à cet endroit d’ici deux semaines et que j’aurais tout ce qui est marqué sur la liste. Je le remercie vivement, tapotant gentiment son épaule avant de partir dans la direction opposée de la sienne.

Tout de même préoccupée de ne pas avoir trouvé tout ce que Victor m’a demandé, je suis bien moins enjouée sur le chemin du retour. Je note quand même que le soleil s’est enfin couché et que les portes se ferment une à une sur mon passage. Je croise quelques passants qui s’empressent de retrouver la tiédeur de leur logement au plus vite. Un petit vent s’est levé et je décide de couper, empruntant une ruelle peu fréquentée. A peine ai-je fait quelques pas à l’intérieur que je me rends compte que j’ai pris là, une piètre décision. Un homme sort de derrière une poubelle, se place devant moi, me barrant la route. Comme si de rien n’était, je fais volte face pour pouvoir quitter la ruelle au plus vite. Impossible. Un autre homme est sorti de nulle part et me barre à présent l’autre chemin. Je me pince les lèvres. J’ai bien l’impression que je me suis mise en mauvaise posture. Je serre le petit sac de papier entre mes doigts et contre ma poitrine.

Que tiens-tu donc là ma jolie ?! N’aie pas peur, si tu coopères, on ne te fera aucun mal.

J’ai l’impression de me retrouver dans un de ces nombreux romans que j’ai lu plus d’une fois. Un roman de cape et d’épée. Le personnage se retrouve ainsi, acculé au mur ou un arbre, incapable de se défendre par ses propres moyens. Dans ces ouvrages, il est coutume qu’un troisième homme apparaisse. Ce dernier est empli de bonnes intentions et intervient avec une dextérité impressionnante pour sauver celui qui s’est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais je ne suis pas dans un roman. Ma vie ne vaut pas grand chose dans le sens littéral, pourtant je doute que Victor ne me pardonne cette imprudence. Est-il possible que l’on me fasse suffisamment de mal pour qu’il ne reste rien de moi ? Que je disparaisse de nouveau ? Je préfère ne pas le découvrir et regarde autour de moi, essayant de trouver une solution. Je ne suis ni une téméraire, ni une intellectuelle. Je doute que la solution apparaisse sous mes yeux comme par enchantement. Je serre d’avantage le petit paquet contre moi, souhaitant presque que lui et moi ne fassions qu’un pour que ces bandits ne me le dérobe pas. Je préfère qu’ils s’en prennent à moi, je ne sentirais rien de toutes façons.

Alors, tu réponds à mon copain ? A moins que tu souhaites qu’on te fasse du mal…

Un sourire bien trop lourd de sous-entendu apparait sur leurs lèvres à tous les deux. Un frisson aurait pu parcourir mon échine. J’aurais pu déglutir de peur. J’aurais pu faire tellement de choses. Mes prunelles sondent la ruelle, les briques de murs.

Au secours, commence-je à crier, Venez m’aider !

Impossible de ressentir de la peur et je ne suis pas sûre que mon alerte soit des plus convaincantes. Mais cela n’empêche pas les brigands d’accourir vers moi. L’un d’eux pose sa main sur ma bouche, m’empêchant ainsi de continuer à crier. L’autre tente alors de me dérober le paquet que je tiens si précieusement. Il use d’énormément de force, finissant par me faire lâcher. Le tout tombe au sol et des dizaines de plaques s’échappent du sachet. Je serre les dents et tente de donner un coup de genou dans les parties du premier. Il recule, les deux mains devant sa masculinité, me relâchant enfin. J’aurais pu en profiter pour m’enfuir, prendre mes jambes à mon cou et rentrer retrouver mon créateur qui n’est qu’à quelques kilomètres. Au lieu de cela, je m’accroupis sur le sol et ramasse une à une les plaques que j’ai échappées. Le « copain » ne s’en occupe plus et hésite un instant avant de se ruer sur moi sans retenue. Il me plaque sur le sol après m’avoir forcée à lui faire face. Bien immobile, il attend tout de même que son ami le rejoigne pour que l’un puisse me fouiller. Je n’invente rien, ce sont ses propres mots. Je m’agite. La bienséance veut que nul ne doit pouvoir me toucher en dehors de Victor. C’est ainsi que j’ai été élevée et créée. Ils n’ont pas le droit !

Vous n’avez pas le droit ! répète-je plus fort, si fort que ma voix résonne dans la ruelle. Lâchez-moi espèce de lâches ! Vous n’êtes pas des hommes digne de ce nom.

Je n’ai pas conscience que les énerver n’est pas la meilleure chose à faire dans l’immédiat.

HARLEY-
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Flavien Sombreval
Dragon

Message(#) Sujet: Re: Always speak politely to an enraged dragon [Pv : F. Sombreval Dim 27 Mai - 21:53


Always speak politely to an enraged dragon

Elizabeth & Flavien

Rencontre fortuite mais providentielle dans une ruelle sombre


 
Bon sang ça aura été compliqué de régler cette histoire de momie que cet idiot de Jérôme avait réveillée par mégarde en se trouvant une passion soudaine pour la lecture à voix haute des hiéroglyphes ornant un des sarcophages alors qu'on faisait le nettoyage de printemps au département d'Egyptologie. Le temps de réaliser que la foule en panique fuyait à cause d'une vraie momie, d'isoler la "chose" dans une pièce hermétique le temps que les gens de la Ligue rappliquent aussi vite que possible, ramenant un sorcier dans leurs valises de surcroit, et pas n'importe lesquels, un nécromant, à qui j'ai dû traduire l'ensemble du sarcophage en hiératique sur papier, bien sûr, parce qu'au vu de ce qui s'était passé n'importe quelle ligne ou le moindre cartouche qui franchissait des lèvres pouvait provoquer une catastrophe. Le ''spécialiste" a donc étudié avec une lenteur digne d'une nonagénaire reniflant ses massifs de roses les lignes obscures de texte ayant traversé les âges avant d'avoir enfin l'illumination et de savoir quelle partie de toutes les inscriptions je devais prononcer pour achever tout ça. Parce que là aussi, on ne savait pas ce que pouvait donner la moindre erreur de prononciation, et j'avoue que je n'étais pas vraiment enthousiaste à l'idée de confier une telle mission à mon apprenti sorcier.

J'ai donc fait rouler sous ma langue ces sonorités d'un autre âge, ramenant à la mort le vestige grinçant et grimaçant empêtré dans ses bandelettes qui faisait les cent pas en tâtonnant dans le vide, et qui par magie, littéralement, s'est en l'espace d'une seconde retrouvé raide comme une planche. Une fois certains que cette chose était redevenue inoffensive, nous l'avons sagement remise au sarcophage, en le bordant presque, avant que je n'efface un des symboles de la formule afin que cette mésaventure n'arrive plus. Et vu la complexité de la langue, je souhaite très sincèrement bon courage à quiconque se lancerait dans le défi de reconstituer ce puzzle pour occuper ses longues soirées d'hiver. Mais la momie envoyée au lit, tout n'était pas réglé. Il avait fallu les services d'un autre sorcier, télépathe, pour convaincre le directeur du musée que tout ceci était une farce, coup d'éclat destiné à attirer l'attention du public sur la réouverture de cette fameuse section et bla bla bla. Heureusement celui qui s'en est chargé connaissait son don car tout s'est passé ensuite comme sur des roulettes et notre cher directeur s'est félicité lui-même de son initiative tout à fait novatrice et tellement plaisante. Le London Times en a même fait un article saluant l'humour  de notre petite farce. Le soufflé est retombé aussi vite qu'il est monté, même si on est passés très près du drame. Heureusement qu'on a pu contenir la momie à temps et que tout est rentré dans l'ordre sans trop de casse.

Et dans tout ça voilà que j'avais aussi retrouvé mon vieux compère Yoon, ce gumiho qui avait traversé les siècles, comme moi. Pour une journée bien remplie... on peut dire que je n'avais pas chômé. Aujourd'hui, par chance, c'est plus calme. Les entrées au musée se sont multipliées suite à toute cette fausse publicité, mais heureusement les choses demeurent identiques dans mon antre, et je n'ai même pas pu passer un savon à Jérôme vu qu'il n'est pas censé savoir que les momies et la magie existent. La punition méritée mais non donnée la pire de mon existence. Ca m'a démangé les naseaux toute la mâtinée... mais je me suis rattrapé en lui hurlant dessus pour des choses et d'autres, comme maintenant. En effet, alors que je me perds dans le fameux article racontant nos ''exploits", mon apprenti se charge d'ouvrir le courrier. Sauf que je distingue bien vite une enveloppe bien loin d'être semblable aux autres.

Jérôme, posez ça.

Pourtant il veut bien faire, l'air concentré, le coupe papier en main et la langue entre les dents comme un écolier qui s'applique à écrire.

Ne vous en faites pas monsieur Sombreval, ça ne me dérange pas de m'occuper du courrier.
Je sais bien, c'est pour ça que je vous paie. Je vous dis juste de reposer cette enveloppe. Elle est pour moi.
Mais monsieur, j'ouvre toujours votre courrier.
Je sais! Sauf que celle-là est privée.
Oh euh...très bien très bien. Mais comment le savez vous?
J'ai reconnu l'écriture. Donnez-là moi.


Je soupire en sentant le petit bout de papier plié et scellé, la posant devant moi comme si ce n'était rien d'important et attends quelques minutes le temps que Jérôme se remette sagement au travail et classe mon courrier. Bien sûr que ce n'est rien de personnel, c'est simplement... par rapport à ma collection. Depuis longtemps maintenant j'ai bâti un réseau d'informateurs et de revendeurs capables de me tenir au courant des ventes un peu ''spéciales", ainsi que des antiquités particulières qui circulent sur le marché noir. Et pour communiquer rien de mieux que du gaélique médiéval, langue que j'ai apprise à certains d'entre eux, ce qui me garantit que personne à part les concernés ne mettra son sale museau dans mes affaires. Et à chaque fois une de ces lettres est la promesse d'une pièce de plus qui s'ajoutera à ma collection déjà vaste et inestimable...

Je déchiffre rapidement les signes rapidement tracés et un immense sourire éclaire mon visage. Heureusement que mon journal fait toujours barrière entre moi et mon assistant, car sinon il aurait sans doute vu la lueur jaune d'envie qui brille dans mes prunelles. Bon sang le diamant Hope... le plus maudit et le plus sanglant... Il me le faut.

Deux jours plus tard.

Me voilà prêt et à l'heure indiquée sur le petit bout de papier que j'ai immédiatement brûlé après avoir tout lu et mémorisé, je me dirige vers le lieu où va se conclure la fameuse transaction qui me fera rentrer avec cet artefact fabuleux dans ma poche. Le col de mon manteau est relevé alors que je progresse dans Londres qui se prépare à s'endormir. Je suis déjà en train de réfléchir à comment je pourrais placer cette nouvelle pièce dans ma collection, lorsque des cris me tirent de ma rêverie. En général je ne prête pas attention aux querelles d'ivrogne mais là c'est une panique qui anime une voix féminine... Je fronce les sourcils et après un regard à ma montre à gousset , je me dis que je peux perdre quelques minutes sur mon emploi du temps... Je jette un oeil à la ruelle d'où les cris proviennent et je vois une pauvre fille allongée sur le sol qui se débat, et deux ou trois types qui en ont après elle. Mais pour qui se prennent-ils? Quelle sous race que de devoir forcer une femelle de leur espèce à coucher avec eux... et la cour, la parade nuptiale hein? Ils n'ont pas l'air de connaître ça ces barbares.

En quelques pas je suis près d'eux et j'attrape le premier par les pans de son manteau crasseux, le projetant d'un mouvement sec contre le mur le plus proche en un bruit sourd. Et je souris en entendant sa nuque se briser alors qu'il retombe, mort, sur le sol mouillé. Un de moins. Je saisis le suivant qui a réalisé que j'étais là,et qu'il allait passer un sale quart d'heure. Il essaie de me toucher, ce qui me fait profondément rire, alors que je cale sa tête entre mes mains et fait claquer ses cervicales avant de le laisser retomber sur le sol comme une poupée de chiffon, du sang coulant de ses narines. Voilà. Je m'essuie les mains sur mon manteau en grimaçant avant de me pencher vers la jeune femme toujours sur le sol et lui tendre la main.

Tout est terminé demoiselle... ça va aller?
 

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