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 (Sasha) - The Fools Who Dream

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Mathias Calloway
Sugar Baby


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Cette vie n'est qu'un rêve. Le rêve du soir est notre vie.
Un petit mot ? : Dream a little, dream of me.
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Message(#) Sujet: (Sasha) - The Fools Who Dream Mer 13 Juin - 12:47

The Fools Who Dream
Sasha & Abraham & Mathias
Don't say you need me when You're leaving, you leave again I'm stronger than all my men Except for you Don't say you need me then You live last, you're leaving I can't do it, I can't do it But you do it best

Cinglé dans un costume qui fut un jour élégant sur ma personne, avec sur la langue les affres et autres arômes des mots de cette missive que j'ai réduite en cendres, c'est le regard fuyant que je délaisse les paysages de Londres et la compagnie de mon mentor, qui prisonnier avec moi de ce fiacre, tente de faire la discussion, de rassurer mon âme troublée que de quelques paroles, de doux encouragements qu'en cette nuit je ne saurais écouter. Le coeur délicatement serré, la gorge nouée, je me fais ainsi l'être farouche que le médecin pensait avoir domestiqué, cet être d'un passé qui semble redevenir un présent bien réel, une temporalité qui se fait tangible au fil des aiguilles qui semblent remonter au fil de cette course que nous menons, de ce périple dans les entrailles de Londres qui doit mener jusqu'au bal sanglant où je dois me rendre, un qui serait soi-disant empoisonné par la présence d'une créature que la Ligue veut voir périr. Du coin de l'oeil, j'observe à peine Abraham quand il ose souffler des mots qui font frissonner autant ma chair que la moelle de mes os. "Je te fais confiance, Mathias." dit-il avec un sourire beaucoup trop paternel pour ne pas susciter en moi l'envie de me jeter à genoux devant lui et supplier qu'il m'empêche d'y aller et ainsi me préserve d'un autre échec à venir. "Je sais que tu vas y arriver et au moindre problème, je serais là." J'ai envie d'hurler, de me mettre à sangloter pour qu'il entende que ce n'est pas pour m'apaiser. J'aimerais lui montrer ô combien cette confiance qu'il place en moi n'est qu'une lourde erreur qu'il commet, qu'une perte de temps qui ne lui apportera rien de plus qu'une déception qu'il pourra partager avec mon père, mais à la place, par lâcheté peut-être, je préfère à la place esquisser un sourire qui pue l'échec, qui se fait l'expression même du désastre que je suis et qui pourtant continue de faire semblant d'être heureux, parce qu'au fond, c'est bien plus simple de prétendre aller bien que de réellement prendre le temps de panser des plaies qui avec le temps ne cicatrisent plus d'elles-même.

"Bien sûr... Je sais que tu seras là."


Il le faut bien. Il faut bien que quelqu'un veille à ce que je ne devienne pas fou à nouveau, que je ne succombe pas au chant pernicieux et sauvage de cette entité mutilée et tordue qui dans mes veines, exige parfois que je prenne ma revanche sur ceux qui ont fait de nous le monstre que nous sommes en réduisant en cendres tout ce qui pourrait se trouver sur notre chemin. Pour cette mission qui pourrait se faire l'excuse parfaite pour que je dérape, pour que je cesse définitivement d'être humain, il faut bien qu' Abraham soit là, pour éventuellement planter dans mon coeur un carreau qui aura à jamais raison de la meute et de ses crocs. Il faut qu'il soit là pour tirer à tant sur ma laisse, pour me briser si la situation l'exige ou si je le supplie. Il doit être là, autant pour m'applaudir que pour m'abattre. Abraham est là, et pourtant je ne parviens pas à me réjouir, ou à me calmer, à la place, je tremble et j'angoisse, car incapable de faire venir à moi l'un de mes familiers, qui de toute manière n'aurait pas sa place ua milieu de la foule des invités. Et en silence, je ne peux que désespérer, que redouter notre arrivée qui se fait réelle en un claquement de doigts, en une fraction de seconde que je n'ai pas eu le temps de regretter. Bien rapidement, nous nous retrouvons sur les lieux des festivités, à descendre de notre berline pour nous présenter à l'entrée et ensuite nous mêler à la foule des inconnus, qui loin d'être tant des étrangers que cela, sont en réalité un ressac de cette bourgeoisie et noblesse que je connais trop bien, une marée de visages que je ne voulais plus avoir à contempler et qui presque, à tour de rôles, se tournent un à un pour observer la venue de l'héritier famélique qui quitte enfin son lit pour retrouver cette vie mondaine qui devrait être sa raison même d'exister.D'un regard, je tente d'ignorer la foule et me contente de laisser Abraham filer pour simplement à mon tour me fondre dans la masse, sans pour autant attraper le moindre verre, n'ayant pas le coeur ce soir à m'enivrer. A la place, donc, sous le regard peut-être du médecin, je me faufile parmi les différentes silhouettes qui composent ce miasme humain presque étouffant, au sein duquel j'ai pour devoir de trouver mon partenaire, Ashton, le "simple" étudiant qui lors de notre dernière entrevue n'a pas eu de mal à me faire avaler des couleuvres sur lesquelles j'ai bien l'impression de m'étouffer aujourd'hui, et cette créature, possiblement un vampire, qui dans ce genre de mondanités, aime se faire inviter pour blesser, abuser et parfois briser les pauvres âmes esseulées. Et au milieu de tout ça je me retrouve à devoir divaguer, dériver dans un inconnu qui me met à l'aise et me donne presque envie de retourner auprès de mon mentor pour le supplier de me faire sortir d'ici, je reste pourtant presque immobile, tournant en rond avec moi-même, avançant pour mieux reculer quand je réalise qu'ici je ne suis pas le bienvenue, que je ne suis rien de plus qu'un gamin trempé qui imbibe un tapis onéreux de ses larmes et de la pluie qui ruissellent sur sa tremblante personne. Perdu, confus et de plus en plus anxieux, je virevolte dans l'angoisse, perds mon souffle pour ne le retrouver que lorsque je heurte par mégarde le soleil lui-même.

"Pardo..."

Vers la céleste je me tourne, croisant de ce fait deux prunelles qui ont la douceur d'un jour d'été sans fin et d'un retour à la maison promis. Bêtement, j'inspire alors que je manque de lâcher mon verre, car intrigué par la subjuguante personne aux traits pourtant familiers et à l'air si doux, si puissant d'une paix presque rayonnant qui malheureusement s'échappe et se meurt à l'instant même où la délicate jeune femme pose son regard sur ma personne, me donnant de ce fait l'impression d'être cette impitoyable nuit qui tue le soleil chaque jours.
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G. Sasha Ashton
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Quelques petites choses sur moi:
Devise : Tenir droite. Toujours.
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Mer 13 Juin - 18:17

the fools who dream
mathias + sasha
laisse-moi, envole-moi, et dans cet horizon qui dessine ma nuit à venir, permet-moi de m'envoler, une dernière fois, de danser sous les étoiles d'un ciel trop noir pour être réalité
Lorsqu'elle reçoit ce matin-là une énième missive de la Ligue lui demandant de se travestir en femme, Sasha ne peut retenir un soupir exaspéré. Un de ces jours, elle va leur révéler qui elle est vraiment, histoire qu'on la laisse tranquille ! Elle n'a pas coupé ses cheveux, compressé sa poitrine pendant quatre ans et appris à se comporter en homme pour qu'à la moindre occasion, on décide de l’affubler d'une perruque et d'une robe !
Au moins, songe-t-elle en voyant la tenue qu'elle doit porte, celle-ci est moins traditionnelle que les précédentes. Et c'est une courte perruque blonde, comme celles qu'on peut voir dans les journaux américains, qui l'accompagne. Bon. Au moins, elle n'aura pas à se coiffer de manière compliquée -rajouter la prince décorée dans ses cheveux devrait être suffisant, surtout pour le genre de la soirée.
Elle prend son temps pour se maquiller, ajuster correctement la perruque sur sa tête, et une fois satisfaite du résultat, elle enfile la robe. Elle est magnifique, et très près du corps, comme ce qui commence à se faire en Amérique, dans les soirées mondaines. Et elle est fendue sur le côté. Parfait. Au moins, s'il y a un problème, elle sera capable de se défendre... Pas comme la dernière fois avec ce vampire...
Sasha secoue la tête pour chasser ces mauvais souvenirs, et enfile des escarpins assortis à la robe ainsi qu'un épais manteau de fourrure. Si elle sort comme ça, elle sera gelée avant même d'avoir atteint son fiacre ! Puis elle relit le carton qui détaille sa mission et hoquette.
Mathias Calloway.
Son partenaire pour cette mission est Mathias Calloway.
Celui qu'elle soupçonne d'être un sorcier de niveau supérieur, celui qui l'a pratiquement menacée de mort lors de leur précédente rencontre, celui qui l'a charmée de ses mots vaporeux avant de devenir noir comme l'orage.
Mathias Calloway.
Celui qu'elle a passé près d'une heure à convaincre qu'elle était bien un homme.
Elle soupire. Bien entendu, c'est toujours sur elle que ce genre de chose tombe ! Mais bon, maintenant qu'elle est là... Elle va y aller, elle n'a pas vraiment le choix... Elle a prêté serment après tout.

Lorsqu'elle arrive sur le lieu du bal, la fête bat son plein. Sasha descend de son fiacre la tête haute, l'air légèrement supérieur comme tous ceux qu'on croise lors de ces soirées. Elle tend son carton d'invitation sur lequel est marqué Mademoiselle Olivia Carter, baronne de Sussex, lui donne son manteau d'un air nonchalant afin qu'il s'en occupe, et entre dans l'immense salle de réception.
Partout, des lampes, des cristaux, des lustres. De l'or et de l'argent sur les tentures, les tables, la vaisselle. C'est presque trop -non, c'est trop. Sasha déteste ce genre de soirées, où le but n'est autre que d'étaler à la vue de tous ses richesses et sa notoriété.
Elle fait un rapide tour de salle, mais Calloway ne semble pas être arrivé, alors elle se dirige vers le buffet. Après avoir grignoté quelques toasts, elle s'autorise un verre de champagne -il va lui falloir du courage pour affronter le présumé sorcier, et une touche d'alcool pétillant ne peut que l'aider !
La jeune femme se mêle ensuite à la foule des invités, trinquant, riant, dansant ; en bref, elle essaye de se fondre dans le tas et de repérer le présumé vampire dont parle la missive de la Ligue. Mais ses recherches ne sont pas des plus concluantes...

Près d'une heure plus tard, alors qu'elle a depuis longtemps fini mon verre, elle est heurtée par un jeune homme, dont le "pardon" meurt sur les lèvres.
La jeune femme se fige.
C'est Calloway.
Et pourtant, quelque chose dans son attitude diffère grandement de leur dernière rencontre. Il semble... Fasciné. Oui, c'est ça, il a vraiment l'air fasciné par elle.
Il ne l'a pas reconnue !
Sasha ne sait pas si elle doit jouer de cela ou non, si elle doit faire mine de ne pas l'avoir reconnu non plus... Mais elle sait qu'à un moment où à un autre, il se rendra compte de la supercherie, ou elle devra lui révéler son identité pour le bon déroulement de la mission, et alors... Alors il pourrait entrer dans une colère noire, comme celle qui courait sous sa peau et électrisait l'air du salon d'Abraham... Et la mission serait un échec.
Mais d'un autre côté... Elle aime le regard que Calloway pose sur elle. C'est celui avec lequel il l'observait au début de leur rencontre précédente, celui qui la remuait au plus profond d'elle.
Alors elle prend une décision. Pas pour elle, mais pour la Ligue, cette Ligue a qui elle a prêté serment, celle à laquelle elle a choisi de se dévouer. La jeune femme prend une grande inspiration, se penche vers Calloway et lui murmure à l'oreille :
« C'est moi. C'est Sasha. Sasha Ashton. Sauf qu'ici, je suis Olivia Carter, baronne de Sussez. »




Dernière édition par G. Sasha Ashton le Sam 16 Juin - 7:49, édité 2 fois
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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Jeu 14 Juin - 15:39

The Fools Who Dream
Sasha & Abraham & Mathias
Don't say you need me when You're leaving, you leave again I'm stronger than all my men Except for you Don't say you need me then You live last, you're leaving I can't do it, I can't do it But you do it best

Face à l'astre qui se cache sous la peau d'une femme, je me tiens désormais, les doigts rendus gourds par cette stupéfaction qui est la mienne tandis qu'entre mes lèvres il s'échappe désormais un souffle régulier et profond, un hommage silencieux à cette beauté qui semble transcender le réel et réchauffer en moi cette petite chose de verre faite qu'est mon coeur. Jusque dans mes veines, je ressens l'influence et la puissance de son éclat, la sérénité qui se dégage de ses traits familiers et pourtant étrangers, qui loin de me donner l'envie de lui faire la cour ou de gagner son amour au suite d'une longue danse éprouvante, me pousse plus à me faire toujours plus petit pour cet être céleste qui de sa présence seule me frappe d'un respect plus puissant que n'importe laquelle des craintes religieuses que peuvent éprouver les croyants. Face à celle, cette sublime création d'un univers qui d'ordinaire préfère créer des monstres et non des constellations, je reste muet, car trop fasciné peut-être par l'esquisse des mots qui semblent vouloir traverser ses lèvres à la courbe subtile et par ce mouvement délicat qui fait naître sur ma peau un frisson à peine perceptible, un froissement d ma chair qui pousse la magie dans mes veines à s'éveiller pour mieux s'offusquer de la proximité de celle qui porte un lourd secret. Un aveu qui loin de me plonger dans les affres du confidence sensuelle ou d'un jeu taquin qui aurait été capable de me faire oublier mon devoir, m'arrache au contraire un cri de surprise, une exclamation qui mouche autour de nous toutes conversations pour n'y laisser à la place qu'un silence assourdissant.

"Quoi ?!"


L'assemblée semble retenir son souffle tandis que je me recule, fuyant d'un pas celui, ou celle, qui est en réalité ce compagnon d'infortune avec lequel je me devais de chasser l'indésirable que la Ligue veut voir mourir. Ainsi, noyé entre la surprise et la colère d'avoir été trompé, je titube et vacille en arrière, abandonnant mon verre où je le peux pour ne pas être tenté de l'envoyer au visage de celui ou celle dont je croise désormais le regard avec la certitude seule de ne pas aimer ce qui semble vouloir se tramer sous l'architecture moderne de ce bâtiment. Fugacement, je ferme les yeux et secoue légèrement la tête avant de porter à mes tempes une main, dans l'espoir surement de faire le tri dans mes pensées, qui loin de s'enchaîner avec la vivacité de quelqu'un de curieux, s'entrechoquent grossièrement pour créer un miasme de concepts, duquel je ne tire bien au final qu'une question, qu'une seule interrogation qui semble ridicule à l'instant même où je la prononce.

"Mais... Vous êtes un homme ou une femme ?"


Mes syllabes se font maladroites, quelque peu brutales mais restent tout de même éphémères tant je les chasse rapidement d'autres paroles.

"Laissez, ce n'est pas... Bref ce n'est pas important. Ce qui l'est par contre c'est que vous ne m'avez pas tout dit la dernière fois."

Et je pourrais m'en agacer mais à la place, je laisse simplement mes mots se faire les reproches que je ne formulerais qu'une fois tandis que je soupire et tente de domestiquer la meute qui dans mon coeur, gronde de s'être ainsi faite ignorer quand elle avait soulevé ce point lors de notre rencontre. En moi je la sens et je l'entends s'insurger, s'indigner presque qu'une fois de plus, j'ai pu être assez bête pour croire les mots d'un inconnu plutôt que ceux de mes familiers, des créatures que ma chair elle-même a engendrée pour me protéger. Mais loin de vouloir lui donner raison en cette soirée, je me contente de me fermer aux voix qui grondent dans mes nerfs pour mieux me concentrer sur la personne qui me fait face, sur cet homme qui veut être femme ou cette femme qui cherche à être homme. Lors d'une autre nuit, j'aurais pu avoir pour elle, ou lui, bien des questions, bien des envies de savoir quel corps était une cage pour son esprit, de découvrir ce qui pouvait pousser quelqu'un à vouloir appartenir à l'autre sexe mais en cette soirée bien nébuleuse, en cet instant qui ne doit être voué qu'à la réussite d'une mission, je préfère à la place expirer à nouveau et me pencher vers elle,juste pour m'assurer de protéger cette relative intimité que j'essaye de préserver. Et si un instant, je songe à murmurer à son oreille le moindre détail de notre mission, je me retrouve à esquisser un sourire et à lui offrir ma main.

"Accordez-moi une danse. Il nous sera plus aisé durant une valse de régler nos différences et vous de m'expliquer pourquoi vous vous échinez à passer pour un homme quand vous pourriez conquérir le monde en restant ainsi."

J'offre un sourire à la demoiselle, à Sasha, alors que vers le centre de la salle de réception, je l'entraîne, sous le regard d'une foule qui brise l'illusoire silence dans lequel elle se trouvait pour recommencer à murmurer des ragots qui à mon oreille, se font semblables au bruissement des feuilles face au vent. Avec délicatesse, j'étreins de ce fait sa silhouette, l'attirant à moi avec tendresse, presque, pour mieux entamer avec le soleil une danse au rythme lent mais à la grâce certaine, qui chasse sans peine la crainte d'être victime d'oreilles indiscrètes. Désormais à l'abri dans cette bulle que forme notre danse à la cadence presque parfaite, je laisse mon sourire se faner pour ne devenir qu'un souvenir qui disparaît quand enfin ma voix s'élève à nouveau entre nos deux corps.

"Vous auriez pu me dire, la première fois, que vous étiez vous aussi membre de la Ligue, cela nous aurait épargné mes maladresses. J'aurais peut-être eu moins envie de vous mordre... Même si j'admets être étonné que vous n'ayez pas fait le lien avec mon père." Le temps d'un instant, je penche la tête sur le côté, avant de laisser mon regard divaguer au-dessus de son épaule, dans le but de retrouver la silhouette du médecin. "Enfin, je dois tout de même admettre que vous êtes de charmante compagnie et qu'avec vous... La mission se passera surement mieux que je ne l'imagine."

Est-ce là une façon de lui dire que je compte sur elle pour que tout se passe bien ? Que je lui fais confiance malgré la haine que lui porte désormais la meute ? Peut-être, même si pour l'instant, je ne peux que vois mes mots que comme une manière de lui faire ignorer cette sensation qui court sur sa peau, celle qui doit lui donner l'impression que sur la surface de son être, des animaux s'y promènent, avec au coeur, une rage qui fait de leur salive écumeuse un poix corrosive qui ne demande qu'à la dévorer.
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G. Sasha Ashton
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Jeu 14 Juin - 17:34

the fools who dream
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laisse-moi, envole-moi, et dans cet horizon qui dessine ma nuit à venir, permet-moi de m'envoler, une dernière fois, de danser sous les étoiles d'un ciel trop noir pour être réalité
La réaction de Calloway ne se fait pas attendre, et bien que je ne sente pas de colère dans sa voix mais une surprise réelle et sincère, son interrogation faite cri résonne dans la salle et dans mon esprit. Mon esprit légèrement embrumé par le champagne, je me permets de lui adresser un regard que je souhaite plein de reproches mais pas trop sévère, pour ne pas risquer de provoquer sa colère.

« Chut ! »

Lorsque le silence soudain se fait autour de nous, lorsqu'il recule d'un pas incertain et que sur son visage passent mille questions, je regrette un instant d'avoir murmuré cette vérité, ma vérité, à l'oreille de celui que je pense sorcier. Puis, alors que je suis sur le point de parler pour énoncer quelque chose qui permettrait à tous de reprendre leurs conversation et de détourner leur attention de nous, il me pose la question que je redoute le plus, celle qui hante mes cauchemars, celle que je fais tout, jour après jour, pour éviter. Je lâche un soupir qui n'est que l'expression de ce que je ressens depuis que j'ai appris cette mission : la lassitude qu'au lieu d'exploiter les capacités de ma formation d'homme, on me travestisse en femme pour chacune ou presque des missions que l'on me confie. Et je m'apprête à répondre à Calloway, mais il chasse sa question d'un revers de la main, comme il se débarrasserait d'une mouche tournant autour de son visage. Je reste là, la bouche entrouverte, alors qu'il me fait un reproche non voilé, comme un maître d'école reprocherait à un élève de lui avoir caché qu'il n'avait pas fait ses devoirs. La tentation de baisser les yeux telle une enfant prise en faute est grande, mais je ne peux décemment pas montrer à celui que je pense sorcier une faiblesse, une peur ; ce serait comme ouvrir la porte de la bergerie pour y laisser entrer le loup... Alors je soutiens son regard. Et lorsqu'il se penche vers moi, je retiens un mouvement de surprise. Et pourtant, mon souffle s'accélère imperceptiblement, et je me tends légèrement, sur mes gardes. La raison souffle en moi que Calloway n'essayera pas de me nuire au milieu d'une soirée où, je le soupçonne, tout le monde le connaît ; mais mon instinct me murmure de me méfier de cet homme trop beau, trop envoûtant, et de maintenir entre lui et moi une distance raisonnable, qui me permettrait de tirer mon poignard d'argent si le besoin de me défendre tout à coup se révélait vital. Mais à ma grande surprise, il semble se raviser, se contenir, et me propose plutôt de l'accompagner pour une danse. Et mon souffle se tarit dans ma gorge comme une fontaine un jour de canicule lorsqu'il me murmure qu'en restant femme, je pourrais conquérir le monde. Je ne sais pas comment il s'est assuré que je n'étais pas homme, mais ses mots ont sur moi l'effet d'un délicieux nectar, et allument un brasier délicieux dans tout mon corps. Pour la première fois depuis quatre ans, depuis que mes longs cheveux sont tombés sous les coups de ciseaux rageurs d'une presqu'adulte aux envies de liberté, j'ai envie d'être femme. Et pas seulement dans l'apparence, mais au plus profond de moi... J'accepte la proposition de Calloway et prends sa main, qui est à la fois douce et puissante, main de fer dans gant de velours, alors qu'il m'entraîne vers la piste de danse et m'amène contre lui, m'entourant de son autre bras avec une douceur qui me fait chavirer encore davantage que ses mots, si c'est possible. Et lorsque nous commençons à danser, l'un contre l'autre, lorsque la musique étouffe le bruit des conversations alentours, je me laisse guider par le présumé sorcier avec légèreté et grâce, comme l'éducation que j'ai reçue me l'a appris. Après cela, il est fou d'oser espérer que je puisse continuer à prétendre être un homme... Doucement, comme la rose fane lorsque le soleil est trop ardent, son sourire s'efface de son visage, remplacé par un air plus sérieux, plus concentré, et je lui fais soudain davantage confiance pour mener cette mission à bien. Ici, au milieu de ces corps dansants, il n'est plus l'homme imbibé d'alcool que j'avais découvert sur un canapé, dans un salon de l'un des médecins les plus prestigieux de Londres. Non, ici, il est à sa place, se coulant parfaitement dans la foule, même si je perçois un certain malaise lorsque les yeux des convives nous regardent avec un peu trop d'insistance. Puis il reprend la parole, d'une voix qui, si elle n'est pas fâchée, ne dissimule pas entièrement son ton de reproche. Et je lui réponds en ne m'excusant qu'à moitié :

« Je ne vous savais pas membre de la Ligue, et j'ai pris pour habitude de ne pas révéler que j'y suis rattachée. Quant au lien avec votre père -il s'agit donc de Morgan Calloway ?-, je vous avoue que, ayant entendu les rumeurs disant que son fils était en cure loin de Londres, la possibilité que vous soyez son fils ne m'a pas effleuré. Permettez-moi de vous rappeler que vous n'étiez pas tout à fait à votre avantage lors de notre dernière rencontre... »

Je le vois pencher la tête pour chercher quelqu'un -ou quelque chose- du regard, mais à peine la pensée de l'interroger sur ce qu'il guette m'effleure, il murmure encore une phrase qui souffle sur les braises du feu qu'il a allumé de sa précédente déclaration. Je suis touchée par sa confiance, et c'est avec un léger sourire que je lui réponds :

« Ce n'est pas ma première mission dans ce genre de cadre, et avec ce genre d'objectif, aussi j'avoue avoir relativement confiance dans la suite de cette mission. »

Nous continuons à danser, au rythme de la musique, et je me surprends à me prendre totalement au jeu, à me laisser porter par Calloway, alors que nous évoluons sur la piste de danse, guidés par les gestes sûrs de mon cavalier d'un soir. Mise en confiance de la sorte, alors que celui que je soupçonne sorcier de plus en plus -que pourrait-il être sinon un sorcier, d'après ce que me dit son ascendance- m'a clairement exprimé qu'il était sinon ravi, au moins rassuré de m'avoir comme partenaire, j'en viens à me pencher doucement vers lui, sans rompre notre rythme, et à lui murmurer, comme l'on ferait une confidence à un ami de longue date :

« Il y a autre chose que je ne vous ai pas dit... Vous aviez vu juste. »

Sur ces paroles qui n'ont rien de mystérieux pour qui se rappelle du premier échange que nous avions eu lorsque je l'avais rencontré pour la première fois, je me laisse entraîner encore un peu, avant de suggérer à mon cavalier de nous diriger vers le buffet -je n'ai pas eu le temps de me sustenter avant de venir, et s'il continue à me faire tourbillonner de la sorte, je crains de perdre rapidement connaissance. Mais de cela, je ne dis rien.

« Quittons la piste, allons au buffet. Il y a une femme au teint très pâle qui observe les hommes d'un oeil que je trouve bien trop affamé pour être humain. »


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Mathias Calloway
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Sam 16 Juin - 15:59

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Don't say you need me when You're leaving, you leave again I'm stronger than all my men Except for you Don't say you need me then You live last, you're leaving I can't do it, I can't do it But you do it best

"Touché."

Voilà ce qui se mêle au rire bien léger et discret qui s'échappe d'entre mes lèvres, se faisant presque une mélodie supplémentaire qui vient se glisser au milieu de ce morceau qui sert de base à la danse à laquelle nous nous adonnons, à cette valse qui loin d'être aussi éthérée et propice à une insouciance que je ne suis même plus certain de pouvoir un jour ressentir, n'est qu'une excuse dont nous profitons pour échanger des secrets qui auraient pu être murmurés lors de cette rencontre qui semble aujourd'hui, à mes yeux, presque dater d'une autre vie et appartenir à un être que je ne suis plus certain d'être encore, à un homme fracassé qui ne voulait plus vivre et qui espérait en silence que l'on vienne faucher son souffle entre deux battements de coeur. De cette entrevue, je n'en garde que des impressions, des souvenirs qui en cette nuit font naître sur mon échine osseuse un frisson désagréable et une sensation tenace qui accompagne étrangement bien les soupirs et autres souffles de la jeune femme, qui sans honte, en s'amusant même de moi, viens susurrer à mon oreille une vérité qui loin de me surprendre, me fait au contraire esquisser un sourire amusé et exprimer une pensée que la meute semble détester.

"Vous avez un talent que je vous envie presque, Miss Ashton."

Celui, non pas d'être capable de changer de sexe ou d'être suffisamment en phase avec soi-même pour écouter les murmures les plus intimes de sa chair et ainsi voguer entre deux genres que le monde aime à séparer et à sans cesse mettre en compétition, mais celui de pouvoir tromper l'oeil et les sens de chacun avec une aisance qui pourrait lui permettre de disparaître pour n'être que la personne qu'elle souhaite. C'est cela que j'envie à la jeune Sasha, cette possibilité de se refaire, de remodeler son être à jamais et de tuer ce qu'elle est ou a été pour n'être que celui ou celle qu'elle désire, une personne tout autre qui aurait le droit de tout reprendre à zéro, d'effacer ses erreurs et ses maladresses pour mieux recommencer, et ainsi accomplir ce qui lui était peut-être jusque-là impossible à imaginer sans briser un peu plus son coeur. C'est tout cela que j'envie à la belle qui dans mes bras, se plie aux volonté de cette valse, de cette danse qui fait si délicatement virevolter sa robe et donne la cadence à ce carrousel humain qui autour de nous, répète avec absurdité un manège décadent que je préfère ignorer. Ainsi, les yeux dans le lointain et les prunelles pourtant dans celles de la jeune femme, je me laisse porter par une danse qui touche à sa fin, et qui à l'instant même de son agonie, est brusquement remplacer par l'envie soudaine de ma compagne de se rapprocher du buffet et de cette femme que Sasha dit avoir vu un peu plus tôt. Docile, donc, je la suis, malgré l'angoisse qui vient se glisser dans mon dos pour mieux murmurer à mon oreille que cette femme à la peau d'opale ne peut être que celle qui a terminé de briser l'être bancal que j'étais. A cette simple pensée, c'est tout mon corps qui se met à trembler tandis qu'aux côtés de Sasha, je m'approche du buffet avec toute l'envie que peut avoir une bête que l'on mène à l'abattoir. Dans la foule, je tente d'accrocher le regard du médecin mais ne trouve que les prunelles inconnues de la foule, que les visages indifférents de ceux qui se foutent de la douleur humaine et ne pensent qu'à s'étouffer sur des privilèges qu'ils n'ont pas mérité. Dans ce miasme, cette jungle de corps qui s'entassent, qui s'encrassent au rythme frénétique d'une surabondance qui sera un jour la perte de cette noblesse tout juste bonne à enfanter une jeunesse dorée vouée à l'auto-destruction, je ne trouve rien, pas une ancre, pas une main qui puisse se tendre vers moi. Au milieu de ce rien à visage humain, je ne vois que le reflet de mes propres angoisses, que l'incarnation parfaite d'une terreur déjà pourtant présente dans la moelle de mes os qui murmure à mon esprit paniqué des mots qui ne font que déclencher au sein de mes veines une rébellion que je ne suis pas sûr d'être en mesure d'étouffer.

"Y a-t-il seulement une menace à chasser ce soir Mathias ?"
dit-elle, chantonne-t-elle presque au grand déplaisir de ma magie.

Je ne pourrais dire. Je n'en sais rien à vrai dire. L'ordre de mission était si vague et c'est sans grande attention que je l'ai lu, sans grande envie de correctement en comprendre les enjeux que je l'ai parcouru. En réalité, je ne serais plus dire ce que nous sommes ordonnés de chasser, ou plutôt, l'angoisse me le fait oublier.

"Tu penses vraiment que la Ligue te laisserait revenir sur le terrain, comme ça, après des mois d'absences, après ta dernière performance ?" continue-t-elle, cette voix dans ma tête qui n'est pas la mienne.

Non. Les puissants de cette organisation auraient mieux fait de m'enfermer depuis longtemps, de m'enchaîner au fin fond d'une cellule le temps d'apprendre à laver mon esprit, à brider ma magie pour ensuite faire de moi un gentil pantin qui ne cherche plus qu'à satisfaire la demande de ses maîtres.

"Tu as trop de sang sur les mains, Mathias, pour être un jour pardonné. Tous savent et voient que tu es un monstre. Tous ne se laissent pas avoir par ce visage angélique qui est le tien." chuchote-t-elle.

Aux côtés de Sasha, face au buffet que j'ignore, je contemple un instant mes paumes, trouvant dans le creux de celles-ci d'immenses taches sombres.

"Tu sais... Peut-être que le seul monstre qu'il y a abattre ici... C'est toi, Mathias."

Cette fois-ci, je chancelle face à la violence du choc qui résonne jusque dans ma tête. Dans mes veines, mon sang se fait bouillant alors que par mes pores, je sens ma magie suinter, s'échapper pour mieux venir m'envelopper et ainsi prendre le contrôle de cette carcasse qui ne semble plus être la mienne depuis des années. "Un chasseur qui dit vouloir prendre soin de toi, et une menteuse qui te charme sont dans la même pièce, à ne voir que toi." gronde la meute, "Drôle de mission." conclue-t-elle avant d'inonder ma psyché par des images violentes et des sensations qui tétanisent mes muscles. Un grondement m'échappe alors tandis que mes doigts se referment presque trop violemment sur le poignet de la jeune femme, qui cette fois-ci ne peut que contempler les iris de la meute dans mes prunelles autrefois humaine.

"Je te tiens."
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Sam 16 Juin - 17:53

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laisse-moi, envole-moi, et dans cet horizon qui dessine ma nuit à venir, permet-moi de m'envoler, une dernière fois, de danser sous les étoiles d'un ciel trop noir pour être réalité
Lorsque Mathias se penche encore vers moi, sans laisser notre danse se déliter, lorsqu'il murmure contre ma peau qu'il envie ce talent que j'ai, je rougis légèrement, même si j'ignore de quel talent il parle... J'ose supposer qu'il mentionne mon aptitude travaillée au fil des années de me fondre à la fois dans un habit d'homme et dans une robe du soir, mais la lueur dans ses prunelles rend mes suppositions incertaines. L'homme que j'ai en face de moi, fils du puissant sorcier télépathe Morgan Calloway, et qui est très certainement un sorcier de niveau supérieur lui aussi, ne se laisse pas lire facilement... Et ne se livre pas aisément non plus. La phrase qui tient un compliment au creux de ses mots est sibylline, et je m'interroge sur la teneur exacte de son propos. Mais je ne relève pas... Et l'entraîne plutôt vers le buffet. Je garderais bien sa main dans la mienne, pour le guider, le rassurer, mais la foule est dense et nous sépare. Je me retrouve donc accolée au buffet, et me retourne pour chercher Mathias du regard. Il est là, à quelques pas de moi seulement, mais un mur humain qui me semble impénétrable nous sépare. Me hissant sur la pointe des pieds, je parviens à croiser son regard un instant, puis fait volte-face et tente de retrouver parmi les visages qui me sont maintenant presque familiers celui dont les yeux affamés m'ont alertée quelques minutes plus tôt. Elle n'est plus là... Et je me mords la lèvre, contrite, car encore une fois le cavalier que la Ligue m'a attribuée au cours de la chasse m'a déviée de mon but, détournée de mon objectif, et même si la faute est entièrement mienne, je ne peux m'empêcher de songer qu'une mission en solitaire me permettrait de me focaliser uniquement sur la proie que la Ligue m'a assignée plutôt que sur un compagnon d'infortune. Malgré cela, malgré mon incompétence flagrante qui à elle seule me garantit que je n'aurai pas de mission de la sorte en solitaire pendant encore bien longtemps, je tente de retrouver celle que je soupçonne être une vampire. Mais c'est le regard de Mathias que je croise. Ou plutôt, que je ne croise pas. Car les prunelles qui scintillent à présent sur le visage autrefois charmant ne sont pas celles d'un être humain, mais celles de loups, changeantes, brillantes, menaçantes. Je ne peux retenir un mouvement de recul pour tenter d'échapper à cet être que mon instinct me hurlait de fuir, mais à présent acculée contre le buffet, je ne peux plus disparaître dans la foule pour me soustraire à la menace qui suinte à présent de Calloway tout entier. Je sens bien malgré moi mes traits se déformer lentement sous l'effet de la peur, cette terreur presque animale qui me prend aux tripes et me donne envie de disparaître au plus vite. Puis je me rappelle où je suis à l'instant où la main du sorcier se referme sur mon poignet. Plus de gant de velours autour de la main de fer désormais, car les pouvoirs terribles que renferment l'esprit de Calloway ont pris possession de son corps, et l'éclat de vie dans les prunelles qui m'ont ensorcelée a disparu. Mon ventre se serre, mon corps se tend, et lorsque les mots du sorcier tombent, j'ai l'impression que plusieurs voix parlent en lui. C'en serait presque poétique si la menace portée par cette simple phrase n'était pas aussi puissante. Je prends une grande inspiration et laisse le masque de la terreur s'étendre sur mon visage pour me laisser le temps de réfléchir, peut-être celui de trouver une solution pour me sortir du pétrin dans lequel je viens de glisser jusqu'au cou. De ce que je peux voir, deux solutions s'offrent à moi, l'une dictée par mon instinct de survie défensif, qui consisterait à utiliser ce poignard d'argent habilement dissimulé dans le petit sac que j'ai à la main, et l'autre soufflée par les sentiments que j'ai éprouvés lorsque Mathias s'était qualifié de monstre lors de notre dernière rencontre, dont l'idée serait de calmer le sorcier pour éviter à la fois des morts autres que la mienne et la disgrâce totale de Mathias auprès de la Ligue. Car s'il y a un monstre en lui, ce n'est pas lui, ainsi que je lui ai assuré lors de notre première rencontre. Et l'élan d'affection et de compréhension qui m'a envahie m'interdit de considérer le danger comme venant de Mathias. Alors, sans tenter de me dégager de la prise de toutes manière bien trop forte du sorcier, je murmure d'une voix douce, comme si je m'adressais à un animal blessé mais restant dangereux, et peut-être rendu plus dangereux encore par ses blessures :

« Monsieur Calloway, je ne vous veux aucun mal. »

J'ignore pourquoi j'ai choisi ces mots, mais mon instinct me souffle qu'il est essentiel pour ma survie d'énoncer cette vérité entre toutes. J'ai eu plusieurs fois affaire à Morgan Calloway, et sa froideur comme sa manie d'écouter les pensées de tous ceux qui l'entourent m'ont laissée une forte impression désagréable, une envie de fuir au plus vite sa compagnie. S'il y a bien quelqu'un capable de transformer une personne en monstre, c'est lui. Et le Mathias que j'ai rencontré chez Abraham, celui qui m'a fait tourbillonner sans effort au milieu de cette piste de danse bondée, ce Mathias-là mérite le bénéfice du doute.

« Mathias. »

Je ne l'ai jamais appelé par son prénom -d'abord parce que je ne le connaissais pas, étant donnée qu'il ne s'était jamais présenté lui-même lorsque nous nous sommes rencontrée, et ensuite parce que, habillée en femme, la bonne éducation que ma mère a distillée en moi semble revenir à la charge.

« Je sais que tu m'entends. »

Ma voix reste douce, mais sans être mielleuse, et j'y glisse une légère dose de fermeté lorsque je reprends encore, m'adressant cette fois aux pupilles de loup sur le visage maintenant déformé du fils de Morgan Calloway :

« Nous avons une mission à accomplir. Et si je ne doute pas que vos pouvoirs soient d'une puissance rarement égalée, peut-être vaudrait-il mieux les mettre à profit de cette mission et retrouver la vampire qui tord le cou de ses cavaliers... »

Puis je me tais, me focalisant sur mon souffle -que je veux paisible, régulier, profond- et sur l'expression de mon visage, afin qu'elle ne reflète plus la peur que j'essaye de refouler mais un calme que je suis loin de ressentir.


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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Lun 18 Juin - 15:02

The Fools Who Dream
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Don't say you need me when You're leaving, you leave again I'm stronger than all my men Except for you Don't say you need me then You live last, you're leaving I can't do it, I can't do it But you do it best

A mes oreilles, le blizzard hurle de plus en plus fort, tempêtant, soufflant, crachant un bourdonnement puissant qui masque sans peine les quelques paroles qui glissent d'entre les lèvres de cette proie dont je ne sais que faire, de cette femme qui vacille sous ma poigne et tente surement, comme bien d'autres avant, de tempérer la bête, de lui souffler et murmurer des mots qui devraient la calmer, ou tout du moins, leur assurer une relative coopération. Comme tant d'autres, elle est là, à chercher à me ramener, à me faire de nouveau le maître d'un corps qui en cet instant n'appartient qu'au bon vouloir de cette meute qui s'est glissée dans mes prunelles et qui lentement, presque tendrement, déforme mon être pour en faire un monstre qui n'hésiterait pas une seconde à massacrer tout ce qui l'entoure si cela lui permet de rester en vie une nuit de plus, faisant de ce fait naître dans ma bouche, des crocs qui me forcent à retrousser les lèvres face à la douleur que me cause le déchirement de mes gencives. Sur ma langue, je goûte ainsi bien rapidement à mon propre sang tandis qu'autour de nous, le monde lui-même semble perdre de l'importance, ne devenant qu'un immense concept éthéré, un nuage de perceptions et de sensations duquel une seule voix s'échappe.

"Tu sens sa peur... Vois comme elle craignait que justement, tu te fasses le prédateur et non la proie ce soir. Vois comme elle tremble pour toi. Pour vous. Pour nous." chantonne cette voix qui arrache à ma meute un grondement fier et puissant, une ode à la violence à venir qui fait trembler la fibre même de mes os. "Tu n'es pas faible, tu n'es pas fait pour être abattu de la sorte, par des lâches qui craignent un pouvoir qu'ils ne peuvent comprendre et domestiquer. Fais lui voir que tel l'orage, tu ne peux être enfermé, que comme les torrents les plus violents, tu dois être respecté."

Sur mon échine, les mots, les douces paroles de cette entité qui n'existe que dans mon ombre et ma psyché, se font des murmures plaisants et familiers, des réminiscences d'un temps que je pensais détester, d'un moment, un instant, où yeux des autres, je n'étais plus humain ou sorcier car devenu l'archange même de cette mort qui semblait s'être incarné en ma frêle carcasse, comme décidé à faucher vertueux et pécheurs avec la même indifférence presque cruelle que les hommes viennent tous à craindre. Pour les mots de cette personne, de cette autre qui connait pourtant les désirs et envies de la meute comme si elle avait eu la chance d'un jour pouvoir effleurer du bout des doigts mon être. A cette simple pensée, je frissonne à nouveau et dévoile un peu plus mes dents qui ne sont plus que des crocs avant de simplement me figer quand enfin, à mes oreilles, résonne mon prénom, sous la forme presque d'une prière, d'une supplication à peine murmurée qui un instant, fait vaciller autant la meute que moi.

"Elle entend. Elle nous entend." La meute semble hésiter, s'inquiéter d'être subitement si vulnérable face aux prunelles d'une humaine qui n'a pour talent que sa capacité à tromper le regard des hommes. En chœur avec les battements de ce muscle brisé qui dans ma poitrine trouve encore la force de maintenir en vie ce corps décharné qui est le mien, je reprends alors mon souffle, desserrant mon emprise sur son poignet pour simplement murmurer quelques paroles qui seront bien vite effacées par celui ou celle qui déjà, bombarde mon esprit troublé d'images et de sensations qui attisent la soif de sang de mes familiers.

"Je t'entends." dis-je avec la douceur et détresses qui n'appartiennent qu'aux enfants perdus, qu'aux gamins qui dans la foule cherchent désespérément une main à attraper.

Je suis là, ai-je envie de dire, de hurler, de crier dans l'espoir de chasser à jamais la terreur que je crois encore lire dans ses iris si sublimes. Je suis là, je te vois, aimerais-je dire tandis que mes doigts pourraient cette fois-ci effleurer le tracé de cette joue déformée par cette tension dans sa mâchoire. En cet instant, je donnerais tout pour lui assurer que je suis bien là, que j'écoute, que depuis quelques secondes, je ne suis plus la victime d'une influence extérieure mais qu'au contraire, je lui fais face, les prunelles pleines d'une tristesse certaine, à écouter des mots qui ne touchent qu'un seul de mes familiers, qu'une partie de cette meute qui continue de grogner. D'un battement de cils, je tente ainsi de trouver le courage d'hocher la tête, de faire entendre que je suis prêt à reprendre ma mission, à dénicher celui ou celle qui nous fait ça mais ne parvient qu'à émettre une légère plainte qui se perd dans le murmure incessant de cette foule d'ignorants qui ne se doutent pas un instant que parmi eux, se trouve un monstre qui ne demande qu'à baigner dans le sang et les entrailles.

"Elle ment, tu ne le vois pas Mathias ? Elle est comme les autres... Comme ceux qui cette nuit-là ont tenté de nous faire du mal."


A cette remarque, à ce sifflement pernicieux, je n'ai pour réponse qu'un grognement qui n'est pas le mien, un son guttural qui provient en réalité d'Ulna, de la louve qui prend le dessus et repousse les autres pour être la seule à s'exprimer au travers de ma personne et ainsi mettre en garde la pauvre Sasha.

"Elle nous tient." J'inspire quelque peu, la gorge nouée alors que je réalise que je sais exactement qui se cache parmi les invités. "Mathias la connait. C'est elle." A mon coeur, je porte ma main, tirant de ma poche la montre à gousset qui contient le pétale qui fut une nuit, un cadeau de sa part. "Mathias est en danger." Le temps d'un frisson, la louve marque une pause, me permettant ainsi de ravaler le sanglot de terreur qui ne demande qu'à se glisser d'entre mes lèvres. "Tu es en danger. Cours." Car elle arrive, elle est même là, à quelques pas de nous, dans mon dos, à sourire, à darder ses prunelles sur ma pauvre cavalière tandis qu'elle murmure enfin à voix haute quelques mots qui se font à mon oreille, la plus belle déclaration d'amour.

"Tu en as mis du temps, mon tendre, à me retrouver."
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Mer 20 Juin - 19:15

the fools who dream
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laisse-moi, envole-moi, et dans cet horizon qui dessine ma nuit à venir, permet-moi de m'envoler, une dernière fois, de danser sous les étoiles d'un ciel trop noir pour être réalité
Une terreur vieille comme le monde m'envahit alors que, face à moi, les traits d'un loup terrifiant déforment le visage autrefois si charmant de Mathias. Alors que ses lèvres se retroussent comme les babines d'un canidé en colère, je remarque les crocs pleins de sang qui ont remplacé ses dents humaines, et dois lutter un peu plus chaque seconde contre mon instinct, qui me hurle de plus en plus fort de me servir de mon poignard d'argent pour repousser loin de moi l'être qui a maintenant pris la place de mon cavalier d'un soir. Pourtant, je sais que j'ai vu juste, que j'ai eu raison de lui accorder le bénéfice du doute, lorsque la poigne sur mon bras se desserre, que les prunelles lupines se font un instant humaines, que le ciel que j'ai pu contempler dans ses yeux quelques minutes plus tôt est de retour. Et la détresse dans ses mots, qui pourtant se voudraient rassurants envers ma personne, me touche en plein coeur. Il ne veut pas me faire de mal, j'en suis certaine maintenant, car la douceur de sa voix n'est pas celle qu'un prédateur utiliserait pour rassurer faussement sa proie avant de la dévorer, non ; elle est sincère et se veut réconfortante. Je m'apprête à répondre quelque chose, j'ignore quoi, mais soudain je remarque la tristesse infinie au fond de ses prunelles d'un azur tourmenté par les autres voix que j'ai entendues parler par sa bouche. Et lorsque tombe de ses lèvres une plainte, comme une supplication, je referme mon autre main sur son poignet, doucement, presque tendrement, pour le rassurer. Je suis là, moi aussi. Je suis là, et je t'entends, je sais que tu es là, j'ai envie de dire, mais je me tais parce que soudain, une nouvelle fois, ses yeux si parfaits sont remplacés par des pupilles de loup, alors qu'un grognement animal s'échappe de sa gorge et vient s'enrouler autour de moi. Et lorsqu'enfin il se met à parler, ce n'est pas sa voix qui porte les mots, mais celle d'une femme au timbre profond, qui serait rassurant s'il n'était pas porteur d'autant de détresse et de terreur. Je regarde la montre sans comprendre, ou plutôt ne cherchant pas à comprendre, déjà concentrée sur la suite des mots qui tombent de ses lèvres. Et j'ai l'impression qu'un torrent glacé coule dans mon dos alors qu'on me prévient du danger que Mathias court. Que je cours, aussi. J'en serais presque à remercier la magie qui pulse de mon cavalier comme un phare au milieu de la nuit, mais déjà la vampire est là. Juste là. Et si la terreur est toujours présente dans les prunelles lupines, lorsqu'un éclair bleu les traverse et qu'elle redeviennent humaines, c'est à mon tour d'être paralysée par la peur. Car les yeux de Mathias reflètent à présent une presque joie d'entendre la vampire lui murmurer une déclaration d'amour à l'oreille. J'essaye de réfléchir malgré le sang qui pulse contre mes tympans, de mettre du sens sur les mots qu'elle a énoncés malgré le manque d'air que je ressens soudain. Je ne sais pas, je n'arrive plus à penser de manière cohérente... Et pourtant je sens au plus profond de moi que mon aptitude à réagir vite et bien pourra sauver Mathias -ou le perdre définitivement. La main toujours sur le poignet du sorcier, je raffermis ma prise -il est temps de mettre en pratique le peu de leçons de combat à mains nues qu'Abraham a eu le temps de me donner. Je pivote rapidement sur moi-même, passant le bras de mon cavalier sur mon épaule, et l'entraîne avec moi dans mon tour, afin de me retrouver entre lui et la vampire, tout en sortant de mon sac le petit poignard d'argent enduit d'ail que mon instinct me hurle de tirer depuis que les prunelles de Mathias ont changé pour la première fois. Et je regrette immédiatement la décision que je viens de prendre lorsque les pupilles rouges comme le sang de la vampire se plantent dans les miennes. Elle est terrifiante, d'une beauté sculpturale mais aussi pâle que la mort qu'elle délivre à ses cavaliers d'un soir, et ses lèvres doucement se retroussent sur ses crocs alors qu'un grognement menaçant s'échappe de sa gorge. Si la terreur me tient toujours dans son étreinte glacée, au moins ma pirouette a eu le mérite d'activer la circulation de mon sang, qui cesse de bourdonner à mes oreilles et vient plutôt alimenter les muscles dont je vais avoir besoin pour la suite. Je sens toujours le crucifix que je porte sous ma robe, au bout d'une chaîne très fine, et sa présence me rassure quelque peu, sans me donner ce sentiment d'invincibilité qui serait fatal dans ma situation. Je ne sais pas d'où je la tire, mais je trouve la force de parler d'une voix sourde, qui à défaut d'être assurée, a au moins le mérite de ne pas trembler.

« Que voulez-vous ? »

Je réalise soudain que d'après les mots qu'elle a prononcés un peu plus tôt, quelques secondes plus tôt, une éternité plus tôt, elle est venue pour Mathias. Mon instinct me hurle d'écouter la voix presque maternelle qui s'échappait des lèvres du sorcier, et de prendre mes jambes à mon cou, mais je suis résolue à ne pas m'enfuir, et essaye de faire taire cette voix en moi en me concentrant sur mon souffle.

« Je ne vous laisserai pas approcher de lui. »

Je regrette ces mots bien trop téméraires à l'instant précis où ils sortent de ma bouche, mais ne peux malheureusement pas les reprendre, alors je me dresse bien droite, devant mon cavalier d'une nuit, et enlève le crucifix de mon cou d'un geste lent et assuré. La terrifiante vampire jette un regard à Mathias, et je me maudis immédiatement. Si ce que disent les vieux volumes poussiéreux de la Ligue est vrai, qu'elle a précédemment connu le sorcier, elle a pu établir un lien avec lui... Et je me trouve maintenant entre les deux amants, prise au piège d'une vampire et d'un sorcier qu'elle peut forcer à me tuer sur le champ. Pourtant, je ne bouge pas, et reste campée sur mes positions. Mathias voulait me protéger -même la magie qui m'a un jour terrifiée au fond de ses prunelles voulait que je fuie avant que la vampire ne prenne ma vie. Alors, j'estime avec mon coeur trop grand pour ma petite personne qu'il est de mon devoir de le protéger à mon tour.


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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Ven 22 Juin - 17:27

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Don't say you need me when You're leaving, you leave again I'm stronger than all my men Except for you Don't say you need me then You live last, you're leaving I can't do it, I can't do it But you do it best

Je bats un instant des cils, alors que je souris, et accueille le retour de ma tendre avec un frisson délicat, qui loin de me secouer, de me faire sortir de cette transe affreuse et pernicieuse dans laquelle je m'oublie, se fait la réponse délicieuse à cette amante, qui déjà, du bout de ses doigts, tentent d'effleurer mon échine, dans l'espoir peut-être, de révéler la bête qui se cache sous mon costume de chair, cette chose puissante et vorace qui habite dans mes os et qui ne cesse de fredonner l'ode à la destruction, à l'envie et à la désolation qui en cet instant, me fait totalement perdre la raison. Perdu et confus, j'erre dans les affres d'un état transitoire, une semi-inconscience qui n'est rien de plus qu'un épais brouillard, un voile de sensations, d'impressions et de pulsions qui sont autant les miennes que celle de la vampire qui ronronne toujours à mon esprit les mots qui furent un soir le sacrement même d'un amour qui se devait éternel. Pour elle, pour ses paroles et ce corps qu'elle dit être mien, je fuis le monde pour ne devenir que l'outil de ses envies, le docile instrument de ce chaos qu'elle dit vouloir répandre dans les rues de cette ville, afin de ne laisser sur la terre que les cendres d'une civilisation décadente incapable de nous élever, tout les deux, au rang divin qui est le nôtre.

"De leurs entrailles et ossements, nous forgerons les couronnes qui sont les nôtres, mon tendre Mathias. De la poussière, nous ferons de l'or et si eux ne veulent tomber à genoux et quémander notre pitié, le monde entier le fera."

D'entre mes lèvres, il s'échappe une expiration presque obscène, une manifestation audible de ce plaisir, de cette jouissance qui est plus celle de la meute que la mienne, à l'idée d'être enfin suffisamment craint pour être respecté, tandis qu'elle s'avance toujours, ses prunelles dardées dans le regard de l'inconscience Sasha, qui loin de courir, de fuir en compagnie de Van Helsing pour s'assurer d'échapper au carnage à venir, préfère à la place faire preuve d'un geste plein d'un courage que je n'aurais jamais. Un geste qui n'arrache qu'un murmure à la meute, qu'un souffle admiratif qui me permet de faiblement échapper à l'emprise de la vampire. "Brave." D'une inspiration, j’acquiesce tandis qu'après un mouvement fluide, une passe élégante qui arrive à me faire tourner la tête, je me retrouve derrière Sasha. Surpris, je reste une seconde à simplement m'émerveiller de cette grâce guerrière dont est capable l'humaine alors que la sublime dangereuse, elle, esquisse un sourire avant de répondre à cette question qui lui semble évidente.

"Ce que je veux ?" dit-elle en tirant sur ce lien étrange qui fait de nous un couple parfaitement dysfonctionnel. "C'est Mathias. Toi tu ne m'intéresses pas, petite."

Mon coeur rate un battement, et le temps d'une seconde, d'une fraction infime de cette temporalité linéaire et immuable, je me dois de fermer les yeux pour ne pas céder, pour ne pas complètement m'écrouler et simplement hurler que j'en ai assez de tout ça, que j'ai simplement envie que l'on me laisse en paix, qu'on accepte que je disparaisse et qu'avec moi j'emporte les secrets de cette magie violente et instable. Derrière Sasha, je tremble alors, baissant la tête pour ne plus avoir à croiser le regard de celle dont le prénom est scandé par la meute, sous la forme d'un chant furieux, un qui se hurle au rythme des tambours colérique d'une époque troublée. "Amélina, Amélina. Amélina." Malgré moi, je me retrouve à fuir à nouveau, à rompre le contact rassurant de Sasha pour m'isoler, pour chanceler en arrière au milieu des invités qui, autant curieux qu'inquiets, observent désormais notre échange en silence, comme si les idiots qu'ils sont étaient au théâtre et que devant eux, sur les planches, se jouaient un drame qui loin de les attendrir, aurait au moins le mérite de les divertir.

"Reste avec moi, mon tendre." D'un souffle, d'un murmure faussement peiné, elle tente de me retenir mais n'obtient de moi qu'un hochement furieux de la tête, puis un grognement sourd.

"Je ne veux plus... Je ne veux plus... J'en ai assez... Assez !"


Mon cri perce et déchire le silence avec une violence si rare que j'en manque de chuter et d'ainsi rencontrer le sol, mais de justesse retenu par cette chair qui se refuse à se déliter, je tiens  bon, montrant les dents, ou plutôt les crocs alors qu'autour de moi, sous l'effet de ce sang, qui d'entre mes lèvres goutte pour mieux former à mes pieds, quelques flaques sombres dont la surface vibre, l'air devient poisseux et se fait le porteur de ce qui dans mes veines prend déjà vie.

"Oh, regarde-le... Mon bel ange. Mon doux tendre."
Sans peine, elle me fait ravaler mes mots, se faisant la voix couvre mes grondements et ceux de la bête qui émerge difficilement du sang à mes pieds. "C'est ainsi qu'il est beau, quand il cesse de vouloir être fragile, quand il arrête de penser qu'il mérite un cage quand c'est un trône qu'il devrait avoir."

Et moi comme emporté par ce lyrisme qui est le sien, par cette envie de glorifier l'horreur et la laideur de ce monstre qui émerge du sol, je ne peux que pousser une plainte, un dernier gémissement qui n'est plus grand chose face aux saignements que ma magie provoque dans ma bouche, afin de pleinement se libérer et s'assurer qu'elle puisse abuser de cette vie que je sens presque s'étioler au fil des battements anormaux de mon coeur.

"Je ne te laisserais pas mourir." me dit-elle alors. "Je te l'interdis. Tu es à moi Mathias.  JE te garderais en vie, quoi qu'il arrive. Je ferais de toi le brasier dans l'éternel, l'immortel annonciateur et porteur d'une mort certaine. Je ferais de toi mon archange du chaos, mon Mathias. Et je prendrais si bien soin de toi."

Un grondement sourd s'échappe de la gueule immense de la bête qui émerge de mon sang, et dont le crâne, rappelant celui d'un loup, semble composé autant de fragments d'ossements que d'une poix sombre de laquelle émane une odeur de viscères trop longuement exposées au soleil, tandis qu'à la surface de son être, des filaments serpentent, meuvent telles des millions de tentacules, de ronces et autres lianes qui ne demandent qu'à se saisir de l'inconsciente qui nous sépare de  la vampire.

"Viens. Viens à moi, Mathias."

J'aimerais hurler, dire que non, je ne veux me rapprocher de celle qui n'a eu aucun scrupules à briser mon coeur pour ensuite me laisser pour mort dans la chambre d'un hôtel sur les murs de laquelle on doit surement pourvoir encore trouver les traces de ce sang que j'avais versé pour mieux payer de cette stupide candeur qui était la mienne. Mais impuissant, faible comme je l'ai toujours été, je fais un pas vers elle, suivit de près par ce monstre qui se fond dans mon ombre et donc les ronces sur son dos fouaillent l'air avec violence, pour mieux glisser repousser Sasha du bout de mes doigts quand à ses côtés je passe et ainsi murmurer une dernière fois.

"Je suis désolé."
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G. Sasha Ashton
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Quelques petites choses sur moi:
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Un petit mot ? : J'ai beau être une Lady, je tire très bien.
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream Ven 22 Juin - 19:35

the fools who dream
mathias + sasha
laisse-moi, envole-moi, et dans cet horizon qui dessine ma nuit à venir, permet-moi de m'envoler, une dernière fois, de danser sous les étoiles d'un ciel trop noir pour être réalité
Mon souffle se fait tremblant l'espace d'une seconde alors que je sens dans mon dos, sur mes bras, le vieux réflexe du prédateur acculé, le dressement de la fine toison qui recouvre ma peau, souvenir ancien d'un temps lointain où l'homme se découvrait enfin. La douceur de sa voix est telle qu'elle se fait irritante, écorchante, menaçante, porteuse d'une promesse de mort si je ne m'écarte pas sur le champ d'entre elle et sa proie. Pourtant, je ne bouge pas. Et cette fois, ce n'est pas parce que je ne le souhaite pas, mais parce que la terreur qui m'a envahie est bien plus forte que la volonté de bouger que j'essaye de toutes mes forces de lui opposer. Je ne veux pas mourir, pas encore, pas ce soir. Je tente d'apaiser mon souffle, car le manque d'oxygène ne me permettra pas de penser de manière cohérente et d'aider celui que je sens encore dans mon dos. Que je ne sens plus. Sans avoir besoin de jeter ne serait-ce qu'un coup d'oeil en arrière, je devine que Mathias s'est reculé, essaye de s'éloigner, mais je ne sais pas s'il tente d'échapper à la terrifiante vampire qui me fait face ou au contraire à ma présence, pour mieux retourner sa position contre moi. Et lorsque l'incarnation de la mort ordonne d'une voix déguisée d'une fausse tristesse à Mathias de rester avec elle, lorsqu'elle le gratifie d'un nom tendre qui a certainement eu un sens un jour, le cri que pousse le sorcier en réponse achève de me briser le coeur. Alors, encore une fois, je me dis que j'ai eu raison de tendre la main vers Mathias, que ce que mon instinct m'a soufflé n'aurait été qu'une signature apposée au bas de l'acte de mort du fils de Morgan Calloway. Et cette fois, si je reste campée sur mes positions, si le seul mouvement qui anime encore mon corps endolori par toute la tension que je ressens est ma respiration parfaitement maîtrisée, ce n'est plus parce que la peur m'étreint de ses bras glacés mais parce que je choisis de ne pas me détourner, de ne pas fuir cet affrontement qui n'est pas le mien, de ne pas laisser Mathias affronter la terrifiante vampire. Pourtant, lorsque l'air soudain se charge d'une poix épaisse, lorsque respirer me devient difficile, je me retourne lentement vers le sorcier, mon crucifix toujours brandi entre la vampire et moi. Et mon souffle se bloque dans ma gorge lorsque je vois le sang goutter des lèvres de Mathias, et peu à peu rejoindre la tache qui s'étend au sol, qui se meut, et dont les contours se modifient pour que d'elle se matérialise une bête terrifiante, un monstre qui ne ressemble à un loup que par la forme de son crâne et de ses crocs, un être fait de magie et de sang. Malgré la terreur que je ressens soudain, je ne peux m'empêcher de réaliser que Mathias n'est pas un télépathe comme son père, mais un hématomancien, un sorcier puissant issu d'une lignée que l'on croyait éteinte, dont le pouvoir est de tirer de son sang, en échange de son énergie vitale, des créatures des ténèbres vouées à obéir aux désirs les plus profonds du sorcier qui les invoque. Et dans mon dos, les mots de la vampire résonnent comme une prophétie des temps anciens que l'homme aurait voulu oublier, effacer, reléguer au statut de légende. Si je sens encore la peur se déployer en moi telle une toile d'araignée dans une maison vide, elle se heurte à la tristesse que je ressens en voyant Mathias lutter contre la puissance de la vampire. J'avais raison, elle a bien créé un lien avec lui, si j'en juge par le conflit sur son visage et les grognements sourds qui s'échappent de sa gorge. Et soudain je sais que le trône qu'elle veut offrir au sorcier est fait d'os humains, de ceux qui oseront se mettre en travers de la route qu'elle s'est choisie. Je suis presque rassurée de voir que le sang de Mathias ne goutte plus sur le sol, mais l'être qui en est sorti éteint en moi tout sentiment qui n'est pas une peur animale de la proie devant le prédateur. L'odeur qui émane de la créature à présent formée d'un corps presque humain, d'un crâne lupin et de lianes de sang poisseux est telle que je dois couvrir ma bouche et mon nez d'une main pour continuer à respirer l'air à présent vicié. Les mots de la vampire ordonnant à Mathias de la rejoindre sont porteur d'une telle menace de mort que je me retourne vers elle, crucifix brandi, poignard fermement tenu, prête à sauter à la gorge de celle qui est, à n'en pas douter désormais, entrée dans l'esprit de l'hématomancien et cherche à le contrôler. Mais, avant que je n'aie pu esquisser le moindre geste envers cet être de mort et de cruauté, je sens un frôlement dans mon dos, un geste presque tendre lorsque les doigts de Mathias se posent légèrement sur mon épaule et qu'il me contourne, lentement, avec dans le regard une désolation non feinte, et qu'il s'excuse envers moi. De quoi, je n'ai aucun moyen de le savoir encore, mais lorsqu'il rejoint la vampire et que le monstre qu'il a fait naître de son sang se place à ses côtés, je n'ai plus de doute sur ce qui va suivre. Alors je crie, je hurle pour prévenir les convives, dans l'espoir que je devine vain que quelques-uns s'en sortent, avertissent les autorités de ce qu'il se passe ici, et que le mot remonte jusqu'à la Ligue.

« FUYEZ ! FUYEZ TOUS ! »

Je vois la vampire esquisser un mouvement de surprise, jeter un rapide regard aux alentours, et en profite pour m'élancer vers elle d'un mouvement trop raide mais néanmoins efficace, puisque je parviens à la toucher avec mon crucifix et à la blesser superficiellement avec mon poignard enduit d'ail. Puis elle se ressaisit, et d'un grand geste de bras que j'avais deviné, me fait voler avant que je ne retombe lourdement au sol, en parvenant toutefois à ne pas lâcher ni mon poignard ni ma petite croix de frêne. Et, alors que l'adrénaline court dans mes veines, j'ose lever un regard fier et un léger sourire satisfait vers celle que j'ai réussi à toucher. Une estafilade déjà irritée par l'ail traverse son cou, et une  brûlure en forme de croix marque son épaule. Je sens la colère enfler en elle comme une éponge qui se gorgerait de sang, mais au moins j'ai réussi à détourner sur moi l'attention qu'elle aurait pu porter aux dizaines de proies potentielles qui se trouvaient dans la pièce, et qui sont en train de fuir par toutes les portes. Le serment que j'ai prêté en entrant dans la Ligue, la promesse de protéger les innocents avant de me protéger moi, je l'ai respecté, et j'en tire, malgré ma position de faiblesse manifeste, une certaine fierté. Je me relève rapidement, le souffle profond, la mâchoire serrée et le regard fixé sur la terrifiante vampire, la provoquant de la fierté contenue dans mes prunelles. Je n'ai pas fui.

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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - The Fools Who Dream

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