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 (Sasha) - Cup of Loneliness

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Ezéchiel Weiss


Quelques petites choses sur moi:
Devise : I love your silence, it is so wise. It listen. It invites to warmth.
Un petit mot ? : I am alone in the night been tryin' hard not to get into trouble, but I I've got a war in my mind
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Message(#) Sujet: (Sasha) - Cup of Loneliness Sam 23 Juin - 15:43

Cup of Loneliness
Sasha & Ezéchiel
Oh my friends 'tis bitter sweet while here on earthly sod To follow in the footsteps that our dear Savior trod To suffer with the Savior and when the way is dark and dim To drink of the bitter cup of loneliness with Him

J'entends Andrew s'approcher bien avant que lui ne pense pouvoir me surprendre ou tout du moins me déranger alors que je suis en train de recopier quelques notes laissées par notre mentor, Van Helsing, qui en urgence à dû nous laisser pour cette nuit. De longues secondes, voir minutes avant qu'il ne franchisse le pas de l'arrière-salle dans laquelle nous entreposons les instruments et autres patients que le médecin décortique sous le regard de ses étudiants, j'entends les battements incertains de son faible coeur et surtout je perçois l'odeur pestilentielle de son arrogance, de son assurance à se penser mon supérieur, l'assistant numéro un, le préféré du médecin. C'est cet arôme révulsant qui agresse mes sens en premier et qui me fait retrousser les lèvres d'agacement et me prévient de l'entrée de celui, qui sans la moindre élégance ou grâce dépose devant moi un dossier décoré d'un petit mot à l'intention d'une demoiselle, une très chère amie. J'hausse fugacement un sourcil avant de n'émettre qu'un vague grognement pour celui, qui debout à mes côtés, tente désespérément de me dominer, dans le but surement de compenser une faille chez lui qui est bien trop apparente, à savoir son incapacité à ne pas être autre chose qu'un incompétent. Ainsi, durant un long moment, je feins d'attendre, ou plutôt de ne pas avoir réalisé qu'il se tient encore là, le laissant de ce fait mariner dans son propre agacement et de ce fait sourire quand dans le silence relativement feutré de ce début de soirée, sa voix nasillarde et insupportable s'élève.


"Monsieur Van Helsing a laissé ça."


Je me force à expirer, juste pour lui faire sentir à quel point je me fiche de ce que le médecin peu bien semer ou non derrière-lui, chose qui sans surprise, fait grincer des dents Andrew, qui sans la moindre délicatesse, pose sa main sur le dossier qu'il glisse un peu plus sous mon nez, froissant de ce fait les notes sur lesquelles j'étais en train de travailler.


"C'est urgent." dit-il en essayant de se montrer menaçant.


Cette fois-ci, je daigne lever les yeux vers lui pour mieux lui offrir un sourire qui suinte tout le mépris que je ressens pour celui dont je rêve de briser la nuque pour libérer tout Londres de sa présence et ainsi sauvegarder tout l'air qu'il gaspille pour rester en vie.


"Alors mon cher Andrew, je crois que tu devrais te mettre en route de suite, si c'est urgent."

Si les regards pouvaient tuer, je crois qu'en cet instant, je me retrouverais avec deux pieux dans le coeur, mais heureusement pour moi, le lâche n'est bien capable que de reculer et de s'éloigner, pour mieux me laisser avec cette tâche qui était la sienne.

"Pas le temps." dit-il. "Je dois assister le remplaçant de Van Helsing pour le cours de ce soir. Donc c'est à toi de t'en charger."

Entre mes doigts, je manque de briser ma plume mais j'attends d'être seul pour exprimer ma frustration en poussant un grognement qui n'a rien d'humain, et qui entre les quatre murs de cette pièce, résonne étrangement, donnant de ce fait l'impression que ce sont les ténèbres eux-même qui s'éveillent et promettent une punition douloureuse à celui qui vient d'ainsi les défier. De longues secondes, je tente de simplement retrouver mon calme avant d'attraper le dossier en question, sur lequel, en plus de la petite attention purement amicale pour la destinataire de toute cette paperasse, les instructions laissé par le médecin à Andrew. Rapidement, je les parcours avant de me lever et de finalement me décider à quitter mon étude, pour mieux commencer à déambuler dans les couloirs de la faculté, et ainsi croiser quelques étudiants, qui quand ils ne me saluent pas rapidement, d'un simple sourire transpirant une politesse inculquée par des parents exigeants, me considèrent avec une confusion qui est presque attendrissante à observer chez des êtres qui ne voient le monde que sous l'angle triste de leur existence courte et éphémère, et qui en cet instant, à chaque pas que je fais, ne peuvent que se dire que je n'ai pas ma place ici, que contrairement à eux, je n'ai pas l'élégance certaine d'un jeune homme qui mérite la plus stricte et la plus exigeante des éducations mais tout d'un gamin un peu bohème, d'un enfant sauvage et indiscipliné, qui loin de chercher à rentrer dans des cases, pousse au contraire le vice jusqu'à défier la bienséance en ne s'habillant pas correctement, en ne fermant pas ses chemises pour laisser libre cette gorge ornée d'une fine chaîne, à laisser les boucles brunes de sa crinière se faire l'ultime acte d'une liberté rebelle qui refuse le joug d'une mode passagère. Au milieu d'eux, alors que dans les couloirs je me fais comme l'ombre de cette mort que j'assiste, le parfait petit protégé d'une fatalité qui ne demande qu'à frapper, j'évolue en roi, confiant de ce pouvoir qui est le mien et surtout certain qu'un jour, quand ils ne seront tous rien de plus que de la poussière, moi je serais encore là, à pouvoir admirer des étoiles qui n'auront pas eu le temps de s'attacher aux carcasses qu'ils étaient. Parmi eux, j'ai conscience d'être cette constante que l'univers garde comme point de repère, l'immuable qui pourra un jour contempler le déclin de cette humanité qui entre dans la dernière heure de son règne, l'éternel qui pourra voir émerger des cendres une autre civilisation, un autre empire dont il sera peut-être le maître. A cette simple pensée, j'esquisse un sourire alors que j'arrive enfin à destination, sur le seul d'une classe de littérature, dont au travers de la porte close, je peux percevoir les bribes d'un cours magistral que j'écoute d'une oreille distraite, préférant à la place parcourir encore et encore la petite attention calligraphié du médecin dans l'espoir de trouver dans le tracé de celle-ci la promesse qu'un jour, à mon tour, je puisse trouver une proximité comme celle-ci avec quelqu'un qui serait capable de me supporter, d'accepter ce tempérament si particulier qui est le mien, celui d'un enfant bien trop grand, d'un adolescent qui se refuse à s'assagir. Du regard, je caresse ainsi les boucles et autres courbes que l'encre a formé sur le papier, m'y perdant un peu pour mieux y échappe quand les premiers étudiants quittent enfin la salle, passant à côté de moi sans m'adresser autre chose qu'un vague regard du coin de l'oeil, tandis que pour ma part, je chercher la douce au milieu des silhouettes masculines. Et si pendant un instant, je m'inquiète d'être au mauvais endroit, et d'avoir ainsi raté l'occasion de me débarrasser de cette tâche le plus rapidement possible, un soulagement immense m'envahit quand je perçois la douceur des traits de celle, dont l'odeur délicate au milieu de la cohorte bruyante de toute cette vie presque grouillante vient charmer mes sens et ainsi me donner la force de l'interpeller.

"Mademoiselle !"


Dans ce simple mot, une trace d'accent étranger se fait entendre formant ainsi entre mes lèvres un doux mélange de sonorités que je n'essaye plus de ravaler ou de masquer, et en cet instant, se fait une parfaite excuse pour me permettre d'approcher l'inconnue, un sourire aux lèvres et le dossier contre le coeur.

"Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous effrayer. Ezéchiel Weiss, enchanté." Je pourrais et devrais surement lui offrir ma main, mais à la place, je me contente d'un signe de la tête. "Je suis un des assistants du Docteur Van Helsing, qui je crois, devait vous remettre ceci." Délicatement, et d'un mouvement gracieux du poignet, je lui tends le fameux dossier avant de reprendre avec douceur. "Il aurait aimé le faire lui-même mais il a eu une urgence ce soir. Je suis navré et je me doute que lui aussi l'est."
Made by Neon Demon
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G. Sasha Ashton
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - Cup of Loneliness Sam 23 Juin - 20:46

cup of loneliness
ezechiel weiss + sasha ashton
j'ai imaginé le lien reliant la terre aux étoiles, et, dans l'inconnu de la nuit si lumineuse, je me suis envolée parmi les astres, dansant sur ce lien aussi fragile qu'un rêve
Il est à peine plus de midi lorsque je ressors du bureau d'Abraham, une pièce simple mais qui ressemble à l'image que je me fais du médecin et professeur à l'université, la même université dans laquelle je prends des cours de littérature, d'archéologie et de latin. J'avais des questions à lui poser, des interrogations sur les fragilités d'un corps à apparence humaine, en vue d'étoffer les quelques leçons de combat à main nues que j'ai pues prendre, et d'ainsi améliorer mes compétences en combat -que ce soit contre un homme, ou contre l'une des créatures surnaturelles dont j'ai tendance à croiser souvent le chemin ces derniers temps. Malheureusement, il m'a informée qu'il devait partir en urgence, mais qu'il tâcherait de rassembler avant de quitter Londres quelques documents qui pourraient constituer une base pour mes recherches, et me permettre d'étudier quelque peu ces faiblesses du corps humain, avant qu'il ne puisse me dispenser un cours particulier. Je décide de manger rapidement, sans me joindre aux quelques camarades de classe que je n'exècre pas à cause de leur suffisance et de leur mépris pour tous ceux qui ne portent ni titre ni fortune, et de rejoindre la bibliothèque de l'université pour finir ma dissertation à rendre pour mon cours de littérature de dix-huit heures. Malgré la haine tenace que j'éprouve envers cette matière, je suis bien obligée d'assister aux cours et d'exceller aux examens, sans quoi mon père me retirerait toute subvention pour mes études et me forcerait à rentrer à la maison. Mon rôle -bien que minime- au sein de la Ligue s'en trouverait compromis, et c'est quelque chose que je ne puis accepter. La liberté que m'apporte mon habit d'homme, le frisson de l'aventure lorsque je reçois une missive portant une mission de la Ligue, l'adrénaline qui m'envahit lorsque je suis sur le point d'affronter un danger... Tout cela fait partie de ma vie, et je refuse de renoncer à ce que je suis grâce au masque de Sasha. Lorsque j'arrive enfin à la bibliothèque, j'arrive malgré l'heure à trouver une petite table dans un recoin caché, et m'installe avant de parcourir les hauts rayonnages en espérant trouver ce que je cherche. Mon après-midi se passe silencieusement, seulement troublé par quelques murmures d'étudiants, le bruissement des pages que je tourne pour consulter les antiques ouvrages et le grattement de ma plume alors que je rédige cette fameuse dissertation. Lorsque sonnent dix-sept heures trente, je range mes affaires, après avoir essuyé l'encre à l'aide d'un buvard, et glisse mon document dans ma sacoche de cuir. Il est temps de me mettre en route pour mon cours, dont la salle se situe à l'autre bout de l'université par rapport à la position de la bibliothèque. Et si je ne doute pas que les deux heures à venir seront aussi longues et ennuyeuses que toutes celles qui ont précédé, de par le sujet étudié et le professeur inintéressant qui dispense les cours, je me hâte vers ma destination afin de pouvoir choisir ma place -pas complètement au fond mais presque, au bout d'un rang, afin de pouvoir partir rapidement si besoin. Les deux heures de cours me semblent durer une éternité, et lorsque la cloche retentit, je me presse de sortir, mais suis retenue par le professeur, qui me rappelle de rendre mon devoir. Je lui tends donc ma dissertation, et sors de la salle au milieu du flot d'étudiants qui ne souhaitent rien de plus que rentrer chez eux pour se reposer enfin après la longue journée d'aujourd'hui. Perdue dans mes pensées, je ne remarque pas tout de suite l'homme qui se trouve de l'autre côté du couloir, et qui semble guetter quelqu'un parmi mes camarades de classe. Mon regard le survole rapidement, cet homme presque trop jeune pour être un étudiant, à l'air trop sauvage en tous cas pour faire partie de ce cheptel de jeunes gens trop imbus de leur personne pour le remarquer. Je m'apprête à partir lorsqu'il interpelle une demoiselle. Curieuse -nous ne sommes que quatre dans ce cours du soir-, je ralentis un instant, et m'arrête complètement lorsque je vois que c'est vers ma personne que l'inconnu se dirige, un sourire sur les lèvres. Je m'écarte légèrement du passage, les yeux fixés que l'homme qui avance vers moi, et s'arrête à moins d'un mètre de mes jupes. La légère méfiance que je ressens doit se voir sur mon visage, car l'inconnu commence par s'excuser de m'effrayer avant de se présenter. Ezéchiel... Un prénom de prophète, si je ne me trompe pas. Et il se dit l'assistant du docteur Van Helsing. En tous cas, lorsqu'il me tend l'épais dossier qu'il tenait une seconde auparavant contre lui, je ne peux que reconnaître les courbes et les déliés propres à l'écriture d'Abraham. Ce doivent être les documents dont le médecin m'avait parlé, ceux qu'il devait tâcher de rassembler pour moi avant de quitter la capitale britannique.

« Merci beaucoup, monsieur Weiss. Je suis ravie que le docteur Van Helsing ait eu le temps de rassembler cela... »

Je baisse un instant le regard pour lire les quelques lignes notées sur le petit carton qui se trouve sur le dossier.

Ma chère Gabrielle,
Vous trouverez ici quelques notes et autres documents qui pourront constituer une base dans vos recherches. Je reviendrai vers vous aussi vite que possible pour la suite.
Votre ami dévoué,
Abraham van Helsing

Je relève les yeux vers l'assistant du médecin, et lui adresse un léger sourire avant de le remercier d'une voix timide :

« Ces documents me seront précieux... Merci d'avoir pris sur votre temps pour me les remettre, monsieur Weiss. Je me doute qu'en tant qu'assistant du docteur Van Helsing, vous m'avez pas la possibilité de le gaspiller. »

D'un mouvement souple, je ramène ma sacoche devant moi, avant de l'ouvrir pour tenter d'y glisser le dossier, mais le petit carton m'échappe et tombe au sol.


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Ezéchiel Weiss


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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - Cup of Loneliness Dim 24 Juin - 18:29

Cup of Loneliness
Sasha & Ezéchiel
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Sans se faire prier, heureusement, la jeune femme attrape le dossier en question, pour lequel elle me remercie rapidement tandis que son regard fuit déjà ma personne pour se perdre sur le petit message que lui avait laissé le médecin, une petite note qui à part m'apprendre le prénom de la demoiselle, n'avait eu pour intérêt que de me faire regretter l'absence à mes côtés de celle qui un jour, avait vu en moi une beauté qui a dû faner depuis, ou tout du moins disparaître pour être remplacé par ce charme étrange qui ne semble plus attirer que les êtres brisés, ceux que l'instinct guide naturellement vers un précipice qui n'aura pas un scrupule pour les entraîner vers une perte certaine, une fatalité qui n'est rien de plus qu'un facteur immuable avec lequel il faut composer. D'un battement de cils, je me perds ainsi dans les méandres de mes penser alors que face à moi, la jeune femme s'occupe de tenter de ranger ce présent pour lequel je me suis fait le messager si docile, avant de revenir à moi, quand justement, d'entre ses doigts, s'échappe cet amas de feuilles reliées qui menace de s'écraser au sol et de former un chaos qui mettrait au moins nos deux personnes face à un embarras certain, une gêne idiote que je nous évite en usant des réflexes qui sont les miens et qui ainsi, m'offrent la possibilité de saisir au vol le dossier, avant que celui ne termine sa chute à nos pieds. Du bout des doigts, je retiens ainsi la tranche du dossier et le ramène à moi sans trop d'effort pour mieux l'offrir à nouveau à la jeune femme à qui je fais don d'un sourire discret, un suffisamment ténu pour qu'il ne dévoile pas complètement cette dentition qui malheureusement trahit trop souvent ma condition.

"Je n'en doute pas... Si Monsieur Van Helsing a pris de son temps pour rassembler tout ça, c'est que ça doit en effet être précieux." dis-je d'une voix douce, presque mielleuse alors que j'ignore les convenances pour venir moi-même glisser dans sa sacoche les informations collectées et prisonnières de cet amas de papier. "Et ne vous en faites pas, j'ai tout le temps du monde à perdre quand il s'agit de rendre service."

Vers elle, à la conclusion de ce mensonge un peu aberrant que je lui offre simplement parce que je n'ai pas envie de directement retourner m'occuper de nettoyer le chaos qu' Andrew a provoqué en se délestant de ses responsabilités pour surement se faire disponible pour le remplaçant de notre mentor, dans le but de pouvoir lécher les bottes de quelqu'un d'autre et d'au passage confirmer l'incompétence qui se fait son seul talent, j'ajoute l'audace de croiser ses prunelles et d'ainsi faire luire dans ses iris l'impression, la sensation qu'elle puisse être importante, jouant de ce fait avec une émotion humaine qui fut un jour mienne, celle de se savoir observé, contemplé par un inconnu que le destin aurait placé là, non pas par hasard, mais par envie de voir quelque chose se construire sous son regard faussement indifférent. Un instant, je nourris ainsi un silence qui se fait la cape dont je m'enveloppe, le doux drapé qui s'ajoute à mon charme sauvage et qui murmure à ma place à l'oreille de la jeune demoiselle que j'ai étrangement, tout le temps du monde pour elle. Chose que je finis par formuler, toujours aussi délicatement, afin de chasser le silence le plus tendrement possible.

"Et puis vous savez... Le médecin n'étant pas là ce soir... Je peux au contraire me permettre de souffler un peu." Je me force à battre des cils, à même inspirer pour sembler humain au milieu du couloir désormais vide de tout étudiants, conscient qu'hors de la foule, mille et un détails chez moi font souvent naître dans le coeur des homme une impression étrange, un mal être qui donne souvent lieu à une méfiance que je ne peux combattre qu'en jouant si parfaitement le jeune homme vivant. "En plus cela me permet de quitter un peu la morgue dans laquelle je passe toutes mes nuits." Je tente un trait d'humour que j'accompagne d'une petite grimace qui n'est adorable que parce que j'ai encore l'air d'un adolescent. "On finit par oublier que le monde extérieur est plein de vie." Dans les poches de ma blouse, je glisse mes mains avant de reprendre. "Enfin... Je ne vais pas vous faire le déplaisir de m'entendre pleurer sur ô combien le soleil me manque mais... Par contre, je vais me permettre d'être un peu direct et vous demander si vous, vous avez un peu de temps à perdre en ma compagnie." Je tente un autre sourire, plus franc que je le précédent. "J'allais m'en retourner à mes notes avec un thé mais j'aimerais à la place vous proposer de me rejoindre. Comme ça... Nous pourrions..." Je marque une pause. "Discuter un peu ?"

Etrangement, je termine ma phrase sur un accent incertain, sur une affirmation qui se fait question et qui se fait la preuve d'une incertitude qui n'est que le résultat de ce besoin que j'ai de ne pas m'en retourner, seul, à mes occupations. Dans les méandres et dédales des lignes que je me dois de consigner, avec pour seule compagnie le silence et le résidu de la présence d'Andrew, à savoir les restes de son odeur écoeurante qui en cet instant, encore, sature mon odorat et m'empêche de pleinement profiter du doux parfum de celle qui me fait face et pour laquelle, je me racle rapidement la gorge avant de tenter d'ajouter quelque chose qui ne me fera pas complètement passer pour un jeune gamin qui essaye de se montrer charmant pour la première fois.

"Enfin, c'est uniquement si vous n'avez rien de mieux à faire et que ça ne vous dérange pas de me rejoindre pendant ma pause et de faire face à ma curiosité."


Car comment ne pas l'être ? Comment ne pas avoir bien des questions face à celle qui étudie les lettres et qui pourtant, semble suffisamment connaître Abraham pour lui demander des rapports, ou tout du moins ce que je pense être des cours supplémentaires.
Made by Neon Demon
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G. Sasha Ashton
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - Cup of Loneliness Dim 24 Juin - 20:29

cup of loneliness
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j'ai imaginé le lien reliant la terre aux étoiles, et, dans l'inconnu de la nuit si lumineuse, je me suis envolée parmi les astres, dansant sur ce lien aussi fragile qu'un rêve
Lorsque, par mégarde ou maladresse, le dossier que je viens de récupérer des mains de mon interlocuteur m'échappe, j'ai à peine le temps d'esquisser un mouvement pour le récupérer que déjà, l'assistant du docteur Van Helsing l'a rattrapé pour moi, m'évitant de m'embarrasser ainsi devant lui mais également devant tous les élèves présents dans le couloir -car même s'ils sont pressés de rentrer chez eux après une longue journée de cours, ils ont toujours l'oeil aux aguets pour repérer une faute commise par l'un d'entre eux. Je me fige un instant, surprise par ses réflexes si rapides, mais ne proteste pas lorsqu'il vient lui-même ranger les documents dans ma sacoche de cuir -il souhaite sans aucun doute éviter que le dossier m'échappe à nouveau des mains...

« Merci, monsieur Weiss. J'aurais été bien embarrassée s'il était tombé... »

Un léger sourire se dessine sur mes lèvres alors que je referme précautionneusement ma sacoche en prenant soin de ne pas plier les feuilles, mais il est rapidement remplacé par une moue étonnée lorsqu'il m'avoue avoir tout le temps qu'il faut pour rendre service -à qui, je l'ignore, mais je suppose qu'il parle d'Abraham ; après tout, il s'agit de son assistant ! Quelque chose dans sa voix, qui se fait plus douce à mesure qu'il s'adresse à moi, déclenche un léger frisson dans mon dos, et son regard pénétrant, qui me fixe comme si j'étais une fleur délicate, une pierre précieuse, un joyau rare, me déstabilise. Soudainement, au milieu de ce couloir trop peuplé, je me sens troublée... Jamais encore on ne m'avait regardée comme cela -et je ne doute pas que j'en porte entièrement la responsabilité, préférant me consacrer en tenue d'homme à servir la Ligue plutôt que de fréquenter, habillée en femme, les nombreux étudiants de l'université qui pourraient avoir un regard un peu plus appuyé envers moi que celui des professeurs. Je n'ai aucune idée de la manière dont je suis supposée lui répondre, et me mords timidement la lèvre, mais sans pour autant détourner le regard. Le silence s'étire, un peu, encore plus, mais l'assistant du médecin a la courtoisie de le rompre avant qu'il ne devienne embarrassant, pour lui comme pour moi. Je souris doucement lorsqu'il évoque une soirée de presque repos en l'absence d'Abraham, et si son immobilité précédente m'a quelque peu perturbée, l'impression me quitte immédiatement maintenant que son visage s'anime ; je n'arrive plus à décrire le sentiment que j'avais une seconde auparavant, la sensation m'échappe comme un filet de brume se délierait entre mes doigts. Mon instinct me souffle quelque chose, mais son murmure que je devine méfiant se perd dans les mots de l'assistant du médecin.

« Oh, vous travaillez à la morgue ? »

La question m'échappe, et je voudrais ne l'avoir pas posée à l'instant où les mots tombent de mes lèvres. Je ne suis pas aussi indiscrète d'habitude, mais je suis vraiment curieuse pour une fois ; l'assistant du docteur Van Helsing est quelqu'un que je pourrais qualifier de mystérieux, mais ce mot ne le décrirait pas entièrement ni avec justice. Il a l'air jeune, bien trop jeune pour travailler dans un endroit aussi sinistre qu'est une morgue telle que je me l'imagine...

« Excusez-moi, je ne voulais pas être indiscrète. »

J'ose un sourire lorsqu'il me confie que le soleil lui manque -je ne peux que le comprendre, surtout parce que j'ai été élevée à la campagne, dans de vastes espaces inondés de soleil en été, et que la lumière de l'astre du jour sur l'eau est un spectacle dont je ne me lasserai jamais. Et sa proposition de thé me surprend, car elle est arrivée sans crier gare, sans que je ne puisse l'anticiper... J'entrouvre les lèvres, trahissant la surprise que je ressens, et je sens mon souffle se tarir un bref instant, avant que je n'arrive à reprendre contenance, lorsque dans sa voix j'entends une légère hésitation, une pause à peine marquée, une nouvelle question posée. Et le sourire qui un instant auparavant se dessinait sur son visage s'est effacé, trahissant l'incertitude qu'il doit probablement ressentir. Je baisse une seconde les yeux, hésitante -après tout, même s'il est l'assistant d'Abraham, nous ne nous connaissons absolument pas, et mon éducation de jeune femme du monde comme mon instinct me conseillent vivement de refuser poliment mais fermement sa proposition, puis de rentrer chez moi au plus vite. Mais, lorsqu'il ajoute qu'il ne m'invite que si je n'ai rien d'autre à faire et que c'est dans le but de satisfaire sa curiosité, je relève le regard vers lui, intriguée. Sa curiosité ? De quoi pourrait-il être curieux à propos de moi ? Mis à part le fait que j'appartienne à la Ligue sous l'identité d'un jeune homme, ce que j'espère qu'il n'est pas en capacité de savoir, je ne suis qu'une jeune femme ordinaire, soumise pour la suite de ses études au bon vouloir d'un père qui n'a pour objectif que de me marier au plus offrant. Je croise à nouveau son regard, profond, presque trop, qui semble contenir en son sein une âme ancienne, éternelle, qui a vu des choses dont l'homme d'aujourd'hui ne peut qu'imaginer la grandeur et la beauté. Et c'est à mon tour d'être gagnée par la curiosité, aussi, allant à l'encontre totale de ce que me souffle mon instinct à l'oreille, je décide avec un léger sourire d'accepter la proposition de l'assistant du médecin.

« Monsieur Weiss, même si je ne vois pas vraiment ce qui chez moi peut attiser la curiosité de quelqu'un, j'accepte de partager un thé en votre compagnie. »

Je suppose que nous devons maintenant nous rendre au bureau d'Abraham, puisque je doute que son assistant possède une pièce dédiée, et c'est effectivement le chemin que prend monsieur Weiss. Nous traversons le bâtiment des lettres, puis l'une des pelouses de l'université, à présent plongée dans une obscurité qui ne fera que s'épaissir à mesure que l'heure avance vers minuit, et nous rejoignons finalement le bâtiment des sciences de la vie, où Abraham a son bureau.



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Ezéchiel Weiss


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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - Cup of Loneliness Mar 26 Juin - 16:35

Cup of Loneliness
Sasha & Ezéchiel
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J'admets être légèrement surpris qu'elle accepte, que d'un sourire simplement et d'un battement de cils, elle chasse la moindre crainte, la moindre once d'une méfiance qui est pourtant chez l'homme un outil nécessaire à sa survie, pour mieux m'offrir un peu de son temps et surtout des réponses à des questions dont elle ignore complètement la nature. Ainsi, quelque peu étonné qu'il ait été aussi simple de l'arracher à son quotidien et de m'octroyer si aisément le droit de lui voler un peu de son temps et de son attention, pour qu'au lieu de s'en aller vaquer à des occupations surement plus intéressantes que d'apprendre à connaître un homme qu'elle ne reverra jamais elle vienne avec moi, acceptant de se faire entraîner dans les recoins de la faculté qui lui sont normalement étrangers, je reste longuement silencieux, les lèvres entrouvertes comme si je m'apprêtais à inspirer un air qui ne m'ait de toute manière plus vital, et croise un instant son regard avant d'être capable de sourire, d'exprimer avec une candeur si rare chez ma personne, l'étrange soulagement que je ressens en sachant que je n'aurais pas à retourner m'enterrer au milieu de notes et de dossiers que j'aimerais en cette soirée, je l'avoue, jeter dans la gueule d'un brasier si ardent et vorace qu'il pourrait engloutir tout Londres.

"Permettez que je vous explique ce qu'il y a de fascinant chez vous autour d'une tasse de thé. Par contre je crains n'avoir rien à vous offrir à grignoter avec."


Dans le ton de ma voix, je laisse l'ombre d'une excuse non formulée s'y glisser alors que d'un geste délicat je lui fais signe de me précéder, pour mieux ensuite se faire ma cavalière le temps de cette danse qui ne sera rien de plus qu'un voyage au sein même des dédales de la faculté, un voyage dicté par le rythme délicat d'une marche tranquille, presque éthérée, qui en ce début de soirée, se fait presque un instant volé au reste du monde, un moment qui n'appartient que parce que nous sommes là, tout les deux, à vouloir une chance de s'évader, de prétendre quelques secondes, minutes ou heures que l'univers peut se passer de nous. Ainsi, aux côtés de la jeune femme, je reprends donc ma route, la guidant sur le chemin menant jusqu'à cette antre dont j'ai émergé, brisant alors le silence avec douceur, afin que celui-ci ne devienne pas un hôte non-voulu qui pourrait, à force, créer une certaine gêne entre nous.

"Gabrielle, c'est ça ?" Je souris légèrement avant de reprendre. "Pardonnez, je n'ai pu m'empêcher de parcourir le mot qu'il vous avait laissé." Je pourrais, et devrais peut-être ajouter que je suis heureux, voir honoré de faire sa connaissance, afin de perpétuer une certaine idée de la politesse qu'on les londoniens de cette époque, mais à la place, je préfère m'abstenir d'esquisser le moindre geste qui forcerait nos deux peaux à se trouver, préférant ainsi feindre de soupirer pour reprendre, alors que dans les couloirs de l'établissement, nous ne cessons de nous enfoncer.

"Et pour répondre à votre question que j'ai très grossièrement ignoré... Oui je travaille à la morgue. Enfin... Disons que j'ai le droit d'y travailler sous surveillance du Docteur Van Helsing. Je lui sers d'assistant, je l'aide pour les cours et de temps en temps... On accepte de me laisser prouver que je suis plus intelligent et doué que je n'en ai l'air."


Durant des heures, je pourrais lui conter, lui narrer tout le mal que j'ai eu à me faire prendre au sérieux par les idiots qui sont à la tête de cette institution, qui loin de vouloir laisser les nouveaux talents, les nouveaux génies et les esprits brillants de ce monde s'exprimer, ne voulaient pas d'un être comme moi entre leurs murs, trouvant que mon minois ne pouvait pas être celui d'un être savant mais d'un bellâtre pour qui les sciences ne sont qu'un obscur concept dénué de sens et réservé à une élite à laquelle il ne peut appartenir. Pour eux je n'étais qu'un gamin qui ne savait rien des coulisses de cet univers, un ignare candide qui n'avait dans le regard par l'étincelle recherchée, à savoir cette docilité à ne point trop remettre en question des dogmes, idéaux et autres règles établies par des anciens quasiment élevés au rang de saints, mais qui avait, au contraire, l'iris brûlante d'une envie, d'un besoin de faire parvenir à eux un savoir nouveau, un autre point de vue que bien évidemment, ils n'ont pas voulu connaître, me forçant ainsi à me faire le petit assistant discret, le gentil gamin qui sourit pour le médecin et qui dans l'ombre de ses "aînés", se fait la petite main bien utile quand il s'agit de s'éviter de s'encombrer d'une paperasse encombrante pour l'esprit et la raison. De tout ça, je me retiens de lui parler, préférant à la place entrouvrir la porte de la morgue, devant laquelle nous arrivons enfin, entrouvrant de ce fait à la vue de mon hôte, ce recoin du monde que les vivants évitent tous avec plus ou moins de conscience dont je ne dévoile pour l'instant qu'une pièce aseptisée et, si dénuée du moindre cadavre, ornée de nombreux bouquets placés là pour masquer l'odeur parfois entêtante et insistante de la carne. Et alors que je franchis le seuil de la porte, me glissant ainsi au sein même de ce royaume de la fin éternelle et des voyeurs en blouse blanche, je souris doucement à Gabrielle, essayant de la rassurer sur la raison de notre passage en ce lieu que je dois bien être le seul à parfois trouver reposant.

"Ne vous inquiétez pas, nous ne faisons que passer. Je veux simplement récupérer...." Je marque une pause le temps de trouver dans un des tiroirs du meuble qui me servait de bureau avant l'arrivée de mon collègue, le double des clés du bureau d'Abraham. "Ceci et aussi de quoi faire le thé..." Sans aucunement me soucier de savoir si cela peut la déranger d'attendre un peu en ce lieu que certains trouvent sordide, j'entreprends de rassembler de quoi faire chauffer un peu d'eau, attrapant de ce fait une bassine que je remplis d'eau et fais chauffer au-dessus de la flamme artificielle d'un bec de gaz qui n'est normalement là que pour nous permettre d'analyser certains échantillons qui nous sont apportés.

"Et vous ?" Le regard porté sur la surface encore tranquille de l'eau, je chasse à nouveau le silence de quelques intonations douces et voluptueuse de cette voix qui se fait plus caressant encore que ne l'est le tissu de la blouse qui glisse le long de mes épaules, dévoilant de ce fait cette chemise un peu ample au col négligé, qui loin de mettre en valeur ma personne, laisse surtout apparaître une gorge d'opale dont le tracé élégant dévoile surtout une absence de pouls à ceux qui voudraient l'effleurer du bout des doigts. "Qu'est-ce qui vous poussez à suivre des cours de littérature avec, si j'en crois les étudiants du médecin, l'homme le plus soporifique de Londres ?"
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G. Sasha Ashton
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Message(#) Sujet: Re: (Sasha) - Cup of Loneliness Mer 27 Juin - 9:30

cup of loneliness
ezechiel weiss + sasha ashton
j'ai imaginé le lien reliant la terre aux étoiles, et, dans l'inconnu de la nuit si lumineuse, je me suis envolée parmi les astres, dansant sur ce lien aussi fragile qu'un rêve
Devant le silence porté par l'assistant du docteur van Helsing, je ne peut m'empêcher un bref instant de regretter mes mots, mon acceptation probablement un peu trop rapide de sa proposition, qui n'était peut-être au fond qu'une banalité, une volonté de pure courtoisie, une réplique qu'il lance à tous ceux qu'il a le loisir de croiser et avec qui il peut échanger, mais pas une réelle offre. Je m'apprête à retirer mes mots et à enrober mon refus d'une excuse envers sa personne, pour le persuader que je peux très bien me passer de thé s'il n'a pas le temps ou l'envie de réellement m'en proposer un, lorsqu'il semble reprendre contenance pour me confirmer qu'il y a quelque chose de fascinant chez moi... et qu'il souhaite poursuivre sa discussion autour d'une tasse de thé. Je baisse rapidement les yeux, puis réponds d'une voix dans laquelle pointe un sourire :

« Je crois qu'il me reste quelques scones au fond de mon sac, s'ils n'ont pas été réduits en miettes. »

Suivant son geste de la main, je précède l'assistant d'Abraham dans les couloirs, quittant ce bâtiment pour en rejoindre un autre, d'une marche tranquille, aussi légère que ce que j'ai appris avec mes nombreux précepteurs, et pourvue d'autant de grâce que ce que m'a inculqué mon maître à danser. Le silence entre nous se déploie, commence à enfler, à se faire presque palpable, mais l'homme au prénom de prophète le brise avant qu'il ne devienne inconfortable. Un sourire en coin étire mes lèves et je baisse rapidement les yeux, avant de répondre :

« Oui. Gabrielle de Hauteville. Et je ne vous en tiens pas rigueur, monsieur Weiss. »

Alors qu'il me parle du travail qu'il effectue à la morgue, je sens dans sa voix une sorte de tristesse presque rageuse, comme une déception, et je sais que c'est parce qu'on ne lui accorde pas le crédit auquel il pourrait prétendre si on le laissait faire. Et je sais parfaitement ce qu'il peut ressentir, cette envie de prouver qu'il a des capacités qu'il serait facile d'exploiter si on le laissait faire, tout comme la Ligue me bride encore et toujours en me déguisant en femme alors que la liberté que me laissent des vêtements d'homme serait bien plus utile. Mais je ne relève pas, préférant simplement baisser les yeux avec une moue contrite, car je ne veux pas révéler à ce presque inconnu les raisons qui font que je le comprends si bien lorsqu'il me parle de sa situation.

Nous arrivons finalement à notre destination, enfin presque, puisqu'au lieu d'entrer dans le bureau d'Abaham comme je le pensais, nous pénétrons dans la morgue de la faculté. Aucun cadavre n'est en vue, à moitié ouvert sur une table, et je retiens un soupir de soulagement -je n'ai aucune affinité particulière avec les morts, et si la curiosité m'aurait poussée à poser des questions et à m'approcher d'un corps ouvert, en cours d'autopsie, je pense que l'odeur aurait été bien trop forte pour que je me sente à l'aise. Je laisse mon regard parcourir la pièce alors que l'assistant d'Abraham m'assure que nous ne faisons que passer, et remarque les nombreux bouquets qui sont disposés un peu partout dans la salle, sur toutes les étagères et certaines des tables. Et alors que mon hôte de la soirée fait chauffer de l'eau à l'aide d'une bassine et d'un bec de gaz, je me permets de lui demander d'une voix curieuse :

« A quoi servent les fleurs ? Je me doute qu'elles n'ont pas été installées ici juste pour la décoration... Pour masquer l'odeur des cadavres peut-être ? »

Je me rends compte que je réfléchis à voix haute, me mords la lèvre pour m'obliger à cesser mes élucubrations, et ainsi laisser la porte ouverte à la nouvelle question de l'assistant du docteur van Helsing, posée d'une voix douce, et qui s'interroge sur les cours de littérature que je suis.

« Les étudiants du docteur van Helsing ont bien raison... Cet homme n'a aucune vie en lui, on dirait presque un vampire... Enfin, si tant est que l'on est du genre à croire à l'existence de ces créatures. Mais je n'ai pas vraiment le choix, si vous voulez tout savoir. »

J'ai un petit rire. Qui pourrait se douter que l'élève la plus appliquée du cours de littérature anglaise du professeur Williams ne rêve que d'une chose, ne plus jamais avoir à remettre les pieds dans cette salle qu'il n'aère jamais, et où s'entassent trop d'étudiants pour que l'air ne soit pas étouffant ? Qui, parmi mes infortunés camarades de classe, pourrait un jour se rendre compte de mon manque d'intérêt absolu pour cette matière que j'abhorre ?

« Ce n'est pas par plaisir que je suis ces cours, mais mon assiduité en littérature anglaise et littérature française est la condition pour que mon père accepte de payer mes études. Et mes cours de latin et d'archéologie, qui sont deux sujets bien plus passionnants que Lord Byron ou Jean Racine ! »

Une nouvelle fois, un léger rire s'échappe de mes lèvres, et mes yeux se perdent au loin, malgré l'horizon fermé que constitue cette pièce si particulière.

« Et quant au professeur... C'est le seul à dispenser des cours du soir, à des horaires qui me permettent de vaquer à d'autres occupations en journée. Sinon, pensez bien que je ne l'aurais pas choisi... »

A peine ma phrase finie que je suis déjà en train de m'insulter mentalement. Mes autres occupations ? Vraiment ? C'est tout ce que j'ai trouvé à dire ? Je retiens un soupir exaspéré envers ma personne, et m'empêche de me mordre la lèvre, ce qui trahirait à coup sûr mon trouble. J'espère que l'assistant d'Abraham ne relèvera pas, mais je ne pourrais m'en prendre qu'à moi-même s'il le faisait. Quelle imbécile, vraiment... Il faut absolument que j'apprenne à réfléchir avant de parler, sinon je vais finir par dévoiler des informations confidentielles au premier passant venu. Entre ma première réponse où je parlais de vampire comme si l'homme en face de moi était un collaborateur de la Ligue et mes autres occupations, je vais finir par me trahir... Il semble que la fatigue commence à se glisser tout doucement en moi, malgré le fait que je me sois levée tard ce matin. La dissertation que j'ai terminée cet après-midi a certainement eu raison du peu d'énergie que j'avais réussi à récupérer...

« Dites-moi, monsieur Weiss, depuis combien de temps travaillez-vous avec le docteur van Helsing ? »



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