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 hello, stranger (+ nikola)

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G. Sasha Ashton
Initié


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Tenir droite. Toujours.
Un petit mot ? : J'ai beau être une Lady, je tire très bien.
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Message(#) Sujet: hello, stranger (+ nikola) Sam 23 Juin - 18:25

hello, stranger
nikola tesla + sasha ashton

oh please, could you tell me, would you say it, will you answer me ; please speak to me, you who are not from here ; i just wanted to ask you, what are you ?
Un soupir éthéré quitte la chaleur rassurante de ma bouche pour tomber de mes lèvres dans ce grand bureau bien trop vide pour le niveau d'érudition prétendu de celui qui se trouve face à moi. Presque aucun livre, aucun tableau, à peine deux étagères recouvertes de plantes vertes, un bureau de bois sombre assorti de deux chaises et d'un fauteuil, dans lequel mon interlocuteur se tient, son regard faussement pénétrant fixé dans le mien.

« Encore une fois, monsieur, je ne vois pas pourquoi la Ligue s'entête à vouloir me travestir en demoiselle pour chacune des missions qui me sont confiées, ou presque. »

Face à l'impassibilité de l'homme enfoncé dans son fauteuil, de l'autre côté du bureau recouvert de dossiers et de notes volantes qui pourraient raconter en détail à qui prendrait la peine de les lire l'histoire de la Ligue et de ses agents, je me lève d'un mouvement fluide, passablement énervée mais ne souhaitant pas montrer mon agacement.

« Permettez que je me retire, monsieur. »

Un simple hochement de tête de sa part, et déjà il a replongé le regard dans les papiers qui traînent en désordre devant lui. N'ayant plus pour cet homme que l'importance vague que l'on accorde à une mouche qui tournerait trop autour de soi, je quitte la pièce d'un pas vif, et referme la lourde porte de chêne d'un geste peut-être un peu trop brusque, troublant le silence de ce couloir où personne ne passe à moins d'y être forcé. Je m'autorise un nouveau soupir, avant de songer à ce que je pourrais bien faire, maintenant que mon compte-rendu de mission a été délivré en main propre à son commanditaire. Je n'ai pas de cours avant la semaine prochaine, il est donc inutile que je rentre immédiatement chez moi pour étudier mes notes de littérature -matière que j'étudie uniquement pour que mon père accepte de payer également mes cours d'archéologie et de latin. Je décide donc d'explorer encore un peu les longs couloirs qui courent sous le bâtiment le plus important de Londres, et de descendre encore plus bas sous terre pour découvrir ce qui se cache après l'escalier dérobé sur lequel je suis tombée par inadvertance en venant ici. Ce sont sans doute les cellules dont Huck m'a parlées, ces pièces isolées physiquement et magiquement de la surface, et dans lesquelles des êtres aux pouvoirs bien trop dangereux et instables ont été enfermés par des membres de la Ligue. Peut-être pourrai-je même faire une rencontre intéressante... Presque de bonne humeur à nouveau, je me mets en route dans le labyrinthe de couloirs et de passages dérobés qu'est le quartier général de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Si, après des heures à quadriller l'étage principal, je commence à arriver à m'orienter dans les couloirs éclairés de lampes à huile et décoré de tableaux d'illustres personnages, aux colonnes ouvragées et aux alcôves habilement dissimulées, ce n'est pas le cas des étages inférieurs... Et je compte bien y remédier. Tout en essayant de retrouver le chemin qui mène à l'escalier secret que j'ai découvert par un complet hasard, je ne peux m'empêcher de songer que l'architecte qui a conçu ce lieu comme un refuge pour les membres de la Ligue et comme un piège pour les visiteurs indésirables n'a pas fait le travail à moitié... Voilà pourquoi je cherche à arpenter ces couloirs jusqu'à me souvenir de l'emplacement de chaque pièce, de chaque alcôve, afin qu'en cas de besoin je sois capable de sortir seule de ce labyrinthe ou au contraire, d'y semer un poursuivant dont la connaissance du bâtiment serait irrégulière. J'arrive bientôt à l'escalier que je cherche, et après avoir jeté un rapide coup d'oeil derrière moi, afin de vérifier si je suis seule -je ne suis pas entièrement certaine qu'une simple initiée comme moi ait réellement le droit de s'aventurer en bas de ces marches-, je fait pivoter le panneau de bois et m'engage dans l'obscurité. Je compte vingt-sept marches avant de buter contre un second panneau de bois, que je fais pivoter de la même manière que le premier, et je me retrouve enfin dans un couloir éclairé. Je le longe doucement, prêtant attention au moindre bruit, jusqu'à ce qu'enfin un son répété de pas m'indique que je suis sur la bonne voie -il y a de la vie, là-bas. J'avance encore, un peu plus rapidement cette fois, et m'arrête face à une cellule contenant un homme qui fait les cent pas. Ce n'est pas un homme -je le sens, comme je sentais la magie de Mathias lors de notre rencontre. Non, l'être qui à présent s'est arrêté de marcher et me fait face n'a d'humain que le corps, mais l'esprit que je vois briller au fond de ses yeux presque curieux n'a rien en commun avec l'âme qu'un homme porte en lui. Et puis, quel intérêt pour la Ligue de conserver en ce lieu tenu secret un simple humain, même le dernier des criminels ? Les hommes condamnés pour crime par la justice anglaise croupissent dans les geôles de Scotland Yard, pas dans les prisons protégées de la Ligue ! Je m'approche doucement, prudemment de la cellule, mais sans me coller aux barreaux, restant à distance raisonnable tout en me mettant à portée de voix de l'être qui se trouve de l'autre côté des barres de fer. Je suis... intriguée.

« Veuillez m'excuser si je vous parais indiscrète, mais... »

Je me mords la lèvre, hésitante. Ai-je vraiment le droit de poser des questions à un prisonnier aussi bien protégé ? Ou vaudrait-il mieux que je remonte, que j'oublie cette rencontre et que je me contente des missions que la Ligue accepte de me donner, plutôt que de chercher l'aventure là où je ne suis pas supposée aller ? Puis la curiosité prend le dessus sur le reste, alimentée aussi par le dédain de l'homme à qui j'ai remis le compte-rendu de ma dernière mission, l'interlocuteur que j'ai au sein de la Ligue pour recevoir mes ordres, et qui s'acharne encore et toujours à me déguiser en femme.

« Qui êtes-vous ? Ou plutôt, qu'êtes-vous ? »


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Nikola Tesla


Quelques petites choses sur moi:
Devise : Even though I walk through the darkest valley, I will fear no evil.
Un petit mot ? : Show me your teeth, baby
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Message(#) Sujet: Re: hello, stranger (+ nikola) Dim 24 Juin - 16:43

Hello, stranger
Sasha & Nikola
It's all or nothin' And nothin's all I ever get, Every time I turn it I burn it up and burn it out There's always something, There's always something going wrong. That's the only guarantee, that's what this is all about. It's a never ending attack. Everything's a lie and that's a fact.

Dans les ténèbres, je perçois l'écho de pas qui ne sont pas les miens, le bruit délicat d'une démarche qui n'est pas aussi répétitive et frénétique que la mienne, mais qui au contraire, se fait celle d'un être curieux, d'une petite chose perdu dans l'inconnu et qui ne craint pas l'aventure qu'il ou elle cherche à vivre en s'enfonçant ainsi dans les entrailles même de cette Ligue qui me tient prisonnière, et qui justement, par peur de me voir les détruire, a fait de moi une créature que l'on laisse croupir au milieu de l'humidité de la poussière et qu'on enchaîne, afin d'éviter de devoir subir la colère presque divine qui pourrait balayer Londres d'un souffle. Alors que je fais les dix pas de liberté que j'ai, poursuivant de ce fait cette marche frénétique, ce geste mécanique n'est en fait que le début de cette folie pernicieuse que l'enferment fait naître dans mon esprit déjà trop brillant pour ce monde,  j'écoute d'une oreille l'arrivée de l'humain qui semble avoir décidé en cette journée, ou soirée, je n'arrive plus réellement à dire, de venir jusqu'ici, se perdre au milieu du néant et de l'oublie, de laisser ses pas être guidé par l'instinct ou peut-être une certaine forme de destin, qui finit par mener l'étranger jusque devant cette antre pathétique qui est la mienne, ce recoin d'ombres et de poussière dans lequel je tente de faire germer des graines, qui pour l'instant, ne m'ont donné qu'une frustration certaine.  Ainsi, quand à moi il se présente, dans toute sa petitesse d'humain si fragile, je cesse de faire les cent pas, m'immobilisant à la place pour planter mes prunelles dans les siennes, et de ce fait m'autoriser quelques secondes pour m'intéresser à celui, ou celle, dont la présence se fait autant une agréable surprise qui trompe l'ennuie qu'une possible déception qui me fera un peu plus perdre foi en cette humanité qui ne parvient pas à gagner mon respect. En lui, en cet humain qui se décide à soutenir mon regard, je cherche en réalité une excuse pour m'occuper, pour oublier la faim qui affaiblit mon esprit et ce corps que je sens devenir de plus en plus difficile à tirer hors de cette paillasse sur laquelle je dors, qui peine de plus en plus à effectuer la moindre tâche. En sa personne, je nourris donc l'espoir étrange de distraire ma psyché trop active et bruyante pour accepter le silence et la lente agonie de l'inertie qu'induit la captivité. En sa personne, je place donc des espoirs que je pensais réservé aux humains pour mieux me contenter d'avoir une expiration presque dédaigneuse quand les questions tombent enfin, après avoir été introduite par une politesse obséquieuse qui me fait souvent croiser les bras sur mon maigre torse.

J'aurais dû me douter que comme les autres, mon étranger de ce jour n'aurait rien avec lui de nouveau ou d'intéressant, mais les mêmes questions, interrogations qui trahissent une forme d'ignorance presque candide, qui si la première fois est quelque peu charmante, se fait au fil du temps un défaut agaçant que j'aimerais pouvoir chasser et qui malheureusement se fera toujours l'apanage des êtres encore primaires qu'ils sont. J'aurais dû ne rien espérer de lui et ainsi m'épargner la déception de voir qu'aucun n'est capable d'être autre chose qu'une silhouette de plus hors de la masse, que pas un ne sait se faire suffisamment différent pour éveiller en moi l'étincelle d'une promesse de s'élever au-dessus des siens. De tout ça j'aurais dû me protéger, et c'est ainsi, que profondément las, je ne murmure qu'une réponse qui s'accompagne d'un rictus quelque peu moqueur.

"Tout dépends. Que réponds-tu quand on te demande si tu es un homme ou une femme ?"

Je ne m'embarrasse pas d'une politesse que je trouve, avec le temps, vaine quand il s'agit de m'adresser à eux, préférant de ce fait leur faire directement entendre que je me sais supérieur à ceux, qui au milieu de leurs songes ne m'opposent aucune résistance, et au contraire, m'accueillent à bras ouverts, comme si j'incarnais le vice le plus ultime auquel ils voulaient tous succomber. Ainsi à cette question, je n'offre qu'un silence, défiant de ce fait mon hôte d'insister, de tenter de m'arracher des informations que j'en ai asses éparpillés dans les esprits d'être qui n'ont rien fait pour moi, à part me laisser pourrir dans les entrailles glaciales de ce bâtiment que je rêve désormais de voir s'effondrer. Sous les entrailles de cette ville, tous me laissent dépérir, se targuant de protéger une ville de mon courroux quand ils sont ceux qui sont venu me chercher dans les fins fonds d'une Europe de l'est au milieu de laquelle, je tentais simplement de comprendre un monde au sein duquel j'évoluais pour la première fois. Ce sont eux les agresseurs, eux qui ont déclarés que j'étais une menace et qu'il valait mieux me traiter comme la bête que je ne suis pas. C'est eux qui ont crée cette menace qui plane désormais sur Londres. Eux qui ont façonné la fureur qui attend son heure au creux même des entrailles de ce corps normalement capable d’abriter en lui des tempêtes et orages qui feraient chuter des empires millénaires et des montagnes que les humains aiment à penser éternelles. C'est eux qui ont fabriqué ce danger que je représente aujourd'hui à leurs yeux, et malheureusement, plus je tente de le faire entendre à ceux qui viennent se perdre jusqu'ici, plus je me heurte à une étrange solidarité forgée par la crainte que rien ne puisse les protéger ou les sauver de ce que je pourrais faire, moi l'unique incube perdu dans les méandres de cette immense ville, moi l'espion, l'assassin de la vertu. L'idée me faisait un jour rire, mais j'admets qu'aujourd'hui, elle me laisse avec une amertume bien difficile à ravaler, surtout quand je constate que chaque nouvelle tête que je vois émerger des ténèbres arrive encore à s'étonner que je puisse exister, comme si là-haut, tous faisaient en sorte de garder ma présence secrète.
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Apocalypse 21:8
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G. Sasha Ashton
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Message(#) Sujet: Re: hello, stranger (+ nikola) Dim 24 Juin - 18:27

hello, stranger
nikola tesla + sasha ashton

oh please, could you tell me, would you say it, will you answer me ; please speak to me, you who are not from here ; i just wanted to ask you, what are you ?
Pendant le temps de silence qui suit ma question, je me prends à regretter de l'avoir posée, de ne pas être remontée aussi vite que j'étais arrivée, de ne pas avoir choisi d'oublier ce que j'avais vu pour reprendre le cours presque tranquille de ma vie partagée entre mes études et la Ligue. Puis, l'être que j'ai en face de moi -car ce n'est pas un humain, sa réponse le sous-entendait clairement- me pose à son tour une question, d'une voix au timbre indéfinissable, comme si elle venait d'un ailleurs trop lointain pour vraiment prendre pied dans la réalité. Cette question, cette interrogation concernant mon identité, il ne me la pose pas comme j'ai toujours redouté qu'on me la pose, mais d'une manière qui me perturbe un peu. Car il la formule de manière indirecte, et par là-même, me force à réfléchir à la réponse que je pourrais donner si cette question m'était posée. Je décide de rentrer dans son jeu, et de répondre à son interrogation par une autre question.

« Tout dépend qui pose la question. »

Car lorsque je suis à la Ligue, lorsqu'au cours de mes missions le partenaire qui m'a été assigné me demande en voyant mon habit de femme fourni par l'organisation à laquelle j'appartiens si je suis réellement un homme, je réponds par l'affirmative. En tous cas, de manière générale, et il faut vraiment que je fasse confiance à mon binôme pour lui révéler la vérité... Ce qui, pour le moment, n'est arrivé que deux fois depuis que j'ai atteint le statut d'Initié à la Ligue. Et au contraire, lorsqu'en femme je suis forcée de m'habiller pour assister aux cours que je suis à la faculté, personne jamais ne me pose cette question, alors je n'ai pas à y répondre.

Je m'autorise un léger soupir, avant d'observer plus attentivement l'être qui se trouve dans la cellule devant laquelle je suis. Il dégage quelque chose, mais je ne saurais pas expliquer quoi... Comme une présence autre que celle qu'un simple homme pourrait avoir, comme si, à l'instar de sa voix, il n'arrivait pas vraiment à s'établir dans la réalité qui est la mienne. Une présence un peu comme une absence... C'est la seule manière que je trouve pour expliquer, pour m'expliquer, pour formuler avec des mots ce que je ressens face à lui. Mon regard dérive légèrement, et je me rends compte que la cellule est meublée avec le strict nécessaire, à savoir seulement un lit qui me semble moins confortable que le sol pourtant humide. Et maintenant que j'y pense, l'air est glacial ici... La Ligue pourrait tout de même fournir aux occupants de ses geôles un peu de confort, au moins de quoi se protéger du froid et de l'humidité, et ce même s'il s'agit de créatures non-humaines !

« Je reviens. »

A peine ai-je dit ces mots que je repars en courant dans la direction de laquelle je suis venue. C'est une honte que l'organisation que je croyais vouée à la protection de toutes les espèces, humaines ou surnaturelles, traite ses prisonniers de la sorte ! Je remonte l'escalier dérobé, vérifie que personne n'est dans le couloir, mais d'après ma montre, il est un peu plus de midi, tout le monde doit être en train de manger quelque part -autre que les couloirs un peu cachés du bâtiment en tous cas. Je me glisse dans un passage bien pratique, qui débouche à quelques portes d'une salle de repos, et, après avoir jeté un coup d'oeil à l'intérieur, je rentre et referme la porte derrière moi. La cuisinière est allumée, parfait ! Je pose une bouilloire sur le feu, augmente l'intensité des flammes, et pendant que l'eau commence à bouillir, je prends dans un placard deux couvertures et deux oreillers, un de chaque pour lui, et un de chaque pour moi -si je dois rester en bas, dans ce couloir glacial, autant éviter d'attraper froid... Puis, une fois que l'eau est prête, je la verse dans un broc en métal, dans lequel je mets également deux cuillères de feuilles de thé et un peu de lait. J'espère que l'être que j'ai bien l'intention d'interroger plus avant aime l'Earl Grey... Une fois tout cela prêt, je sors la tête par la porte pour vérifier que je suis toujours seule, et retourne vers mon passage secret, puis vers l'escalier dérobé, avant de suivre de nouveau le couloir sombre, vaguement éclairé par quelques lampes qui n'ont pas dues être nettoyées depuis longtemps. J'arrive rapidement devant la cellule que je cherchais, et pose le broc contenant le thé sur le sol. Puis je tends un oreiller et une couverture au prisonnier :

« J'ai pensé que... Enfin peut-être que vous avez froid. Et j'ai fait du thé aussi. »

Je m'enroule dans la deuxième couverture et m'assois sur l'oreiller, un peu plus proche cette fois des barreaux qui retiennent l'être mystérieux prisonnier, de manière à pouvoir lui servir du thé sans avoir à me lever à chaque fois qu'il voudra remplir de nouveau sa tasse.

« C'est de l'Earl Grey. J'ai pris ce que j'ai trouvé, il n'y avait pas grand chose... J'espère que cela vous convient. »

Je verse un peu de thé dans l'une des deux tasses que j'ai rapportées -il faudra que je les remonte dans la salle de repos avant ce soir, sinon je vais avoir des problèmes à n'en pas douter-, et lui tend le breuvage brûlant avec un sourire.

« Je suis désolée d'être partie comme ça, c'est juste... Enfin j'ai connu le froid et... Je pense que la Ligue pourrait mieux vous traiter. »

Puis je remplis la deuxième tasse que je porte à mes lèvres. Je n'ai pas mis assez de sucre, mais j'espère que l'être que j'ai en face de moi ne s'en formalisera pas. Et, comme si je n'avais jamais quitté la place que j'occupe actuellement, je reprends le cours de notre discussion.

« Alors, qui demande si je suis un homme ou une femme ? »



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Nikola Tesla


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Message(#) Sujet: Re: hello, stranger (+ nikola) Lun 25 Juin - 18:00

Hello, stranger
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Sa réponse m'arrache une expiration que je ne tente pas de masquer, lui faisant ainsi l'honneur d'apprécier ce trait d'humour qui loin de témoigner un esprit aussi vif que le mien, se fait en réalité une surprise agréable, une excuse aussi pour me détendre et peut-être espérer, à nouveau, que tout n'est pas si sombre, et que dans les rangs de cette Ligue qui n'est pour l'instant à mes yeux rien de plus qu'un oppresseur tyrannique, un rassemblent d'inconscients qui ne voient pas dans ce calme apparent que j'affiche, l'ouragan à venir, se trouve encore des êtres doués d'une bonté qui n'est à mes yeux qu'un concept, qu'une vague idéologie que les hommes aiment à brandir comme symbole de leur supériorité face à nous, les simples démons dénués de coeur et de Passion. En l'inconnu, en ce petit curieux qui vient autant soulever des questions que s'amuser avec moi, de jouer avec les sens et autres significations des mots qui ne sont à mes oreilles qu'une traduction vulgaire des chuchotements de mon esprit peut-être trop peu habitué à devoir se contraindre au carcan de syllabes et d'une grammaire parfois vulgaire et grossière, je décèle un semblant d'intérêt, l'étincelle d'une promesse d'une rencontre qui ne se fera pas aussi décevant que les autres mais qui au contraire, pourrait avec elle ramener ce soleil qui me manque tant et sous les rayons duquel, j'aimerais parfois m'allonger pour simplement me baigner dans le mensonge de sa chaleur qui n'a rien à voir avec celle que dégage les brasiers éternels de ce plan dont un jour j'ai émergé. En lui, je crois percevoir un potentiel allié, mais malheureusement, avant que j'ai le temps de m'approcher, de me glisser hors des ténèbres glaciales dont je m'enveloppe depuis trop longtemps, voilà que l'inconnu disparaît, fuyant mon champ de vision prestement pour mieux m'abandonner avec la promesse illusoire et vaine de revenir. Ainsi, alors qu'au loin, sa silhouette se perd dans l'écho de sa course, je ne peux que soupirer en réalisant qu'à nouveau je me trouve seul et me laisser retomber sur cette paillasse, soulevant de ce fait au passage, quelques volutes de poussière qui dans l'air dansent avec grâce avant de tout bonnement s'étioler dans un néant, un vide qui est le compagnon que tout les prisonniers doivent un jour côtoyer. Un espace dénué de tout sens, de tout intérêt qui intangible, intraitable et cruel, prend la place de ceux qui pourraient être là, qui voudraient comme le soleil le fait certains jours, tenter de se glisser au travers des interstices de cette cage pour, un instant seulement, exister à mes côtés. Du bout des doigts, j'effleure ainsi un instant la courbe de ce qui n'a pas d'apparence en ce monde, me retrouvant de ce fait à faire danser les fines particules de saletés et de poussières entre mes maigres phalanges pour mieux oublier le temps qui passe sans moi et qui érode tout, sauf ce corps qui malgré la fin et le froid, tient encore debout.

Sous mes iris ternes, le temps cesse d'être et en un battements de cils, j'en oublie que le monde tourne et que les choses vont et viennent. Perdu dans une réalité qui existe en parallèle de celle où se trouve mon corps, dans cet espace temps qui n'existe que parce que je suis doué d'une psyché capable de penser et de se laisser aller aux divagations qui sont celles qui me mènent aux portes de cet autre lieu duquel je n'émerge que lorsque que l'écho de pas se fait entendre à nouveau, me fredonnant de ce fait un air familier qui me fait quitter mon lit de fortune et revenir à la frontière de ma cellule, à la lisière même de ce monde pour enfin apercevoir la silhouette de mon visiteur du jour, de ce petit être, qui chargé comme un âne, trottine presque jusqu'à moi, m'arrachant de ce fait un sourire qui et bien rapidement éclipsé par le bruit d'un broc posé au sol, puis par cette couverture qui m'est offerte, celle qui s'accompagne d'un oreiller. Un instant, je reste ainsi à contempler ce don avec perplexité, comme interdit face à ce geste qui ne demande rien en retour, cette charité étrange que je ne pensais être qu'un mythe dont ils font une valeur étalon, avant de finalement accepter son présent, abandonnant l'oreiller sur ma paillasse pour ensuite m'enrouler dans l'immense couverture, qui bien rapidement se fait la chape cotonneuse qui empêche le peu de chaleur que produit mon corps de ne pas s'échapper. Et à cette sensation seule, pour elle, je souris alors que je m'installe face à mon invité, étrangement disposé à me faire plus amical que je ne l'ai été jusque-là avec ses semblables, car touché par cette hospitalité qui aurait dû être une évidence et non un semblant de miracle qui se fait la réponse à des prières que je n'ai pas formulé.


Toujours mutique, je viens planter mes prunelles dans celles du jeune humain alors que j'accepte son thé, puis ses excuses, pour lesquelles il n'obtient tout d'abord rien de plus qu'un hochement de tête, puis un léger sourire qui devient un rire délicat et chaud, un son se faisant proche du roulement des vagues sur les plages rocailleuses ou des orages d'été qui sans prévenir, font cesser le règne d'une chaleur que seules les créatures de cette terre haïssent, quand il insiste à nouveau, proposant de ce fait, sans chercher à se faire particulièrement sournois ou malin, un échange d'informations, de banalités autour de ce thé qui entre mes paumes, dégage une aura brûlante que je ne peux qu'apprécier.

"Un incube pour qui cela n'a pas grande importance de connaître votre sexe."

D'un battement de cils, je cesse de contempler l'humain, préférant me perdre dans les nuances colorées de ce thé, qui sous mon nez, laisse s'échapper de longues et délicates arabesques volatiles, au sein desquelles je tente de trouver un schéma, une logique qui malheureusement s'avère n'être rien de plus qu'un phénomène soumis à un aléatoire chaotique et difficilement prévisible.

"Homme ou femme... Vous êtes ce que vous êtes. Ca ne change pas grand chose. Ca ne vous fait pas être moins humain et fondamentalement, je pense que l'univers n'en a pas grand chose à faire du sexe de ses habitants. A ses yeux, vous êtes un être humain et au sien, je suis un incube qui ne devrait pas se promener en ce monde qui n'est pas le sien."

Je marque une légère pause, le temps de porter à mon nez la tasse de thé, afin de mieux m'enivrer des arômes riches et délicats de cette infusion étrange qui loin de sembler être en mesure de calmer cette faim qui est la mienne, me promet au travers des saveurs qu'elle laisse sur ma langue, de faire taire ce dessèchement omniprésent sur ma langue et de réchauffer la moindre des parcelles de ce corps qui m'est encore étrangers et auquel, je ne trouve d'intérêt que parce qu'il se fait un reflet plutôt correct de cette beauté démoniaque qui est normalement la mienne. Puis, délicatement, après un silence partagé, un instant suspendu dans le temps, je reprends doucement, un léger sourire aux lèvres.

"Merci pour... Le thé et la couverture. Je commençais à désespérer, à penser que votre espèce n'était pas capable de donner quoique ce soit, à part des chaînes et des cages."
Du bout des lèvres, je viens siroter une gorgée du liquide encore brûlant, pour lequel j'émets un léger soupir de plaisir. "C'est délicieux... Il faudra m'expliquer comment vous faites." A nouveau, je souris et enfin, je tends une main au travers des barreaux, la lui offrant sans la moindre précipitations, mais au contraire, avec toute la prudence de quelqu'un d'assez malin pour savoir que les humains sont des bêtes qui mordent à la moindre occasion, par besoin surement, d'ignorer un peu plus cette faiblesse qui est la leur. "Nikola." dis-je doucement, mes prunelles de nouveau dans les siennes.
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Apocalypse 21:8
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Message(#) Sujet: Re: hello, stranger (+ nikola) Mer 27 Juin - 6:33

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Si je suis étonnée de la facilité avec laquelle l'être enfermé dans la cellule qui me fait face accepte la couverture que je lui propose et la tasse de thé que je lui tends, je n'en laisse rien paraître, préférant réserver mon léger mouvement de surprise lorsqu'un rire s'échappe de ses lèvres à peine ai-je posé de nouveau la question qui m'a fait revenir ici. Enfin je suppose que c'est un rire, de par la manière dont son visage bouge, mais le son qui empli soudain la pièce fait plus penser au grondement du tonnerre dans un ciel d'été, ou au fracas des vagues de tempête sur les rochers d'une crique tranquille. Et la curiosité m'envahit instantanément lorsqu'il m'avoue être un incube. Un incube ! Une créature qui, si j'en crois les quelques ouvrages que j'ai trouvé sur le sujet dans un recoin sombre et humide de la petite bibliothèque, couverts de poussière et de toiles d'araignées, vient d'une réalité qui n'est pas la nôtre, et a été invoqué sur cette Terre au moyen d'un rituel complexe -dont les détails peuvent donner à l'homme doté d'une âme sensible une sérieuse envie de rendre l'intégralité de ce qu'il a avalé au cours de sa vie. Je ne pensais pas avoir l'occasion d'en rencontrer un, un jour ! Un sourire se dessine sur mes lèvres, même si j'essaye de me contrôler afin qu'il ne s'étale pas trop sur mon visage, et l'excitation d'avoir face à moi un être aussi mystérieux et mystique se joint à ma curiosité bien trop grande pour mon propre bien. Et, lorsque de nouveau l'incube se met à parler, de sa voix grave, profonde, aux accents chaud et rocailleux à la fois, je ne peux retenir une moue de surprise d'apparaître sur mon visage, suivie d'un léger sourire, lorsqu'il me dit que mon sexe lui importe peu, comme il doit peut importer à l'univers dans lequel nous nous trouvons... Puis il confirme ce que j'ai pu apprendre dans les vieux livres au sujet des incubes : il n'est pas à sa place ici, dans ce monde que je connais et qui n'est pas sa réalité. Je l'observe attentivement alors qu'il s'intéresse maintenant aux volutes de vapeur qui s'échappent de sa tasse de thé -et l'intérêt qu'il porte à ce simple phénomène me confirme ce que je pensais : la Ligue traite bien mal ses prisonniers... J'en suis à la fois désolée pour l'être enfermé ici et révoltée que cette organisation qui se dit oeuvrant pour le bien refuse à ce point de traiter ses hôtes involontaires de manière correcte. Humaine. Même s'ils ne le sont pas. J'esquisse un sourire lorsqu'il me remercie, sourire qui se transforme bien vite en moue triste assortie d'un léger froncement de sourcils. Des chaînes et des cages ? Mais l'Homme est capable de tellement plus ! J'en viendrais presque à me demander si mes compatriotes de la Ligue sont pourvus d'émotions, de sentiments, d'un peu de bonté ou d'humanité... A part quelques exemples que je peux citer, j'ai l'impression que tous ici se murent dans des carcans froids et n'autorisent leur coeur à battre que pour alimenter en sang leur corps, et s'interdisent d'éprouver ces émotions qui feraient d'eux des êtres humains, bons et généreux. Un sourire cependant revient vite sur mes lèvres lorsque l'incube boit le thé, et me demande de lui expliquer l'art subtil de verser deux cuillères de feuilles dans un broc d'eau bouillante... Je suis à peine surprise lorsqu'il tend la main au travers des barreaux et se présente, et n'hésite pas une seconde à serrer ses doigts dans les miens.

« Je suis Sasha. Enchanté. »

Je souris doucement en lâchant sa main, et reprends une gorgée de thé que je laisse réchauffer ma bouche puis ma gorge, savourant cette chaleur douce et réconfortante au milieu de ce couloir glacé.

« Permettez-moi de m'excuser, si ce n'est au nom de la Ligue, au moins en mon nom d'Initié, pour les mauvais traitement dont vous semblez être l'objet. »

Tout en buvant encore du thé, je me demande si l'incube -Nikola, puisque c'est son nom- a faim. Les livres ne précisaient pas comment ces êtres se nourrissaient, alors je n'ai aucune donnée sur laquelle m'appuyer pour tenter de le deviner. Je sirote une autre gorgée de thé, puis me souviens de sa question, et tente d'y répondre de manière moins simpliste que simplement décrire les gestes que j'effectue maintenant sans même y penser lorsqu'il s'agit de préparer une infusion :

« Et pour ce qui est du thé... Les feuilles de l'arbre à thé viennent de Chine, du moins c'est de là qu'elles sont originaires. On y ajoute diverses épices, parfois des fleurs ou des fruits séchés, et on fait infuser ce mélange dans de l'eau bouillante. L'intensité du thé dépend de la dose de feuilles par rapport au volume d'eau utilisé, mais également du temps pendant lequel on laisse infuser. Le thé se boit nature en Chine, mais en Angleterre, on y ajoute un nuage de lait, parfois du sucre. Les enfants aiment bien le thé sucré... Le goût des feuilles est parfois trop fort pour eux. »

J'espère que ma réponse lui convient, ou du moins qu'il se sentira libre de me questionner plus avant s'il souhaite obtenir quelque information supplémentaire -à ce sujet ou dans un autre domaine. Je me rappelle avec un léger sourire le goût du thé que j'ai bu avec Huck en Chine, lors de notre premier voyage, et de la cérémonie qui l'accompagnait. Car si le britannique boit son thé à cinq heures du soir tapantes, avec un nuage de lait et quelques scones, le rituel de préparation du thé en Chine est un ballet fascinant, presque une oeuvre d'art vivante.

« Puis-je vous poser une question ? Je vous avoue que vous m'intriguez. Je ne savais pas que les vieux livres de la Ligue disaient vrai au sujet des incubes, et je suis curieuse d'en apprendre plus sur vous... En échange, je répondrai à vos questions sur ce monde -si vous en avez, et dans la mesure de mes capacités. »

J'hésite. Le regard qu'il pose sur moi est indéfinissable, je n'ai aucune idée de son état actuel. Curieux ? Fatigué ? Lassé déjà de ma présence presque incongrue en ce lieu ? Je devrais peut-être me taire, me fondre dans l'ombre, jusqu'à ce qu'il oublie ma présence et que mon départ ne soit pas perçu comme insultant par cet étrange personnage. Mais la curiosité qui m'anime est plus forte que toute la crainte que je peux ressentir, aussi, prenant mon courage à deux mains, j'ose enfin poser la question qui me brûle les lèvres depuis qu'il m'a révélé sa condition d'incube :

« Comment... Comment vous nourrissez-vous ? Je n'ai trouvé nulle part mention de vos, hm, habitudes alimentaires dans les rares ouvrages dans lesquels j'ai pu trouver des informations au sujet des incubes. »

Ta curiosité te perdra, ma pauvre Sasha, je pense en me mordant la lèvre. J'espère que je n'ai pas été trop loin, que mes questions -du moins, ma question pour commencer- n'ont pas dépassé les bornes ou énervé Nikola... Si la Ligue l'a enfermé dans une cellule aussi bien protégée, c'est que les pouvoirs dont je n'ai pour information sur la puissance doivent être trop dangereux pour être libérés en ce bas-monde. Je ne crains pas un déchaînement de la magie qu'il doit certainement porter en lui, car ces cellules ont été faites pour retenir les êtres disposants de pouvoirs phénoménaux, mais il a toujours une tasse de thé brûlant entre les mains et s'il décide de me jeter son contenu au visage, je risque d'avoir mal. Néanmoins, je ne bouge pas, ni ne me tend, décidant de manière presque téméraire de faire confiance à l'incube qui me fait face.



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